23 mai 2017

A Anne Frank

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 Il est des dédicaces qui sont promesses, qui sont lettres

Ainsi s'adresse Frédérique Hébrard à  Anne Frank, le 7 juin 2007, jour de ses quatre-vingts ans.

 

7 juin 2007

7 heures 18 dans la maison qui dort encore ...

Aujourd'hui, j'ai quatre-vingts ans.
Quatre-vingts ans, ça fait biblique,
ça fait mythologique.
.. ça fait rire la petite jille
que je suis encore, la petite jille qui se souvient
d'une autre petite jille qui, elle, hélas,
n'a jamais eu de rides.

C'est à elle, à toutes ses espérances massacrées,
que je pense en ce jour d'anniversaire,
à elle qui fait partie des jèmmes de ma vie
que ma mémoire convoque ce matin .
..
Ces jèmmes à qui je vais tout raconter.

C'est à toi, petite sœur, que je dédie ce livre
au moment même où je décide de l'écrire un jour.

À toi, Anne Franck.

  

La pétillante actrice, scénariste, romancière accomplit, dix ans plus tard sa promesse.

Nous vous en proposerons chronique le 7 juin

 Elle était une fois, Frédérique Hébrard, souvenirs, Ed Flammarion, mars 2017, 382 pp

16 mai 2017

Camille et Lucile

3DMotsFinBD_small.pngGlanée en cet ouvrage sympathique dont je vous fais chronique, jeudi 18 mai, voici l'extrait d'une lettre que Camille  Desmoulins adresse à son épouse Lucile, depuis  la prison du Luxembourg, juste avant son passage à l'échafaud , le 5 avril 1794

 "Mes bras entrelacés te serrent, mes mains liées t'embrassent, et ma tête séparée repose
encore sur toi ses yeux mourants. Je vais mourir.
»

Lucile est exécutée, une semaine plus tard;  le couple laisse un orphelin, Horace

Les mots de la fin, 200 adieux historiques, Catherine Guennec,  recueil, Ed de l'Opportun, avril 2017, 352 pp

09 mai 2017

Lettre ouverte à ma main gauche

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Pianiste amateur, Catherine David se voit soudain, lâchée, trahie par sa main gauche.

" Je n'avais jamais eu à me plaindre de toi jusqu'à cette étrange alerte"

S'adressant à ce membre,  par à coups défaillant, la romancière, essayiste, critique littéraire entame une longue et belle réflexion sur les effets de la musique - sensuels, thérapeutiques, et autres,- son éternité, la pérennité de chefs d'oeuvre du répertoire classique, les bienfaits de leur pratique. Partant, elle  invite mélomanes et simples lecteurs à une approche sensible et éclairée de cette "médecine de l'âme" qui jaillit des touches du clavier.

"Il y a ce moment de bascule où la musique fuse, s’embrase et roule ses  galets, quand le toucher, la vue et l’ouïe se retrouvent solidaires, entrelacés, indiscernables. Une musique étonnante sourd alors de nos doigts comme une liqueur impalpable, une musique qui nous veut du bien, une thérapeutique antimorosité qui remplace les petites pilules du soir. À consommer sans modération, car il n’y a aucun risque d’effets secondaires dans cette médecine de l’âme. Seul un certain niveau d’addiction à la drogue appelée musique est à redouter."

Lettre ouverte à ma main gauche et autres essais sur la musique, Catherine David, essai, Ed. Acte Sud, février 2017, 316 pp

02 mai 2017

Ce n'est pas La Pen

Lettre ouverte à nos amis français, 

 

France et Français, les Belges vous aiment.

Partant, nous avons oreilles et yeux rivés sur votre actualité politique

Une femme présidente, c'eût été tentant 

Mais à ce prix, ce n'est pas la peine

Marine Le Pen aime la France, peut-être; les Français, j'en suis moins certaine

 

 

Mardites-moi, chère France

04 avril 2017

Camille Claudel à Montdevergues

   

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Longue de trente années, du 10 mars 1913  au jour de sa mort, le 19 octobre 1943, la séquestration de Camille Claudel, la célèbre sculptrice, en institutions psychiatriques, asiles d'aliénés, émeut dès l'abord, l'opinion publique. Mais il faut davantage qu'une campagne de presse, aussi longue, aussi motivée, soit-elle pour infléchir la décisionde  Madame Claudel, mère, née Louise Cerveaux. Jamais cette femme rigide, bourrée d'aussi pieux principes que de peur du scandale, ne reverra sa fille.  Et même, elle sera la principale opposante à sa libération, lorsque proposition lui sera faite. Elle a peur de sa fille,  la tient au loin, très loin en ce Vaucluse si froid l'hiver, histoire de ménager sa quiétude. Sa conscience, elle la calme par l'envoi de colis que sa fille reçoit avec une joie d'enfant et une gratitude surprenante.

Décortiquant étape par étape, les signes avant-coureurs de la maladie,  le processus de l'internement, les courriers échangés et les quelque 16 rares visites que Camille Claudel reçu des siens et d'une amie durant  près de trois décennies de séquestration  à l'asile de Montdevergues, dans le Vaucluse,  le psychiatre Michel Deveaux offre un regard neuf et autorisé sur cette tragédie.

Si l'état de délabrement physique et sanitaire de la quinquagénaire nécessitait une prise en charge, sa paranoïa, un internement, il est certain que celle-ci ne devait se prolonger si longtemps. L'attitude de sa famille n'a pas été un adjuvant...

Une chronoscopie sidérante

Et bien intéressante

Apolline Elter

  Camille Claudel à Montdevergues. Histoire d’un internement, Michel Deveaux, essai, Ed. L’Harmattan, déc. 2014, 124 pp

28 mars 2017

Mar-dites-moi, Gabriel

Gabriel Metsu et les Maîtres de la peinture de genre

 

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  Nous évoquions, mercredi passé, la visite de l'expo-événement du Louvre, consacrée à Vermeer (voir chronique en ce blog)  L'occasion pour nous de découvrir la  merveilleuse huile sur panneau, signée Gabriel Metsu(1629- 1667) , compatriote et contemporain du "Sphinx de Delft", j'ai nommé, le Jeune homme écrivant une lettre ( dd+/- 1664-66) 

 

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 Je vous le recommande vivement à votre attention 

Tandis que vous visiterez l'exposition:

 

 Vermeer et les Maîtres de la peinture du genre

Du 22 février au 22 mai 2017

Renseignements et réservations sur le site du musée  Louvre :http://www.louvre.fr/expositions/vermeer-et-les-maitres-de-la-peinture-de-genre 

Entrée par la Pyarmide

21 mars 2017

Mar-dites-moi, Camille Claudel

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Correspondances de génies

Camille Claudel : les lettres du mal-être 

 

Reprise des tables rondes

Pavillon de la Littérature  

 

         L’inauguration du musée Camille Claudel, à Nogent-Sur-Seine, ce dimanche 26 mars,  nous offre l’occasion de nous pencher sur  le parcours d’art et de vie, d’une jeune fille impétueuse dont le destin croisa un temps, celui d’Auguste Rodin (1840-1917)  avant de sombrer dans le mal-être et l’isolement d’une séquestration de trente années,  en asile psychiatrique.

 L’examen de sa correspondance nous révèle tant ses faces. ..facétieuses que celles, bouleversantes,  d’une artiste incomprise de tous, y compris d’elle-même.

Pour connaître l'agenda des  conférence et  tables rondes, cliquer sur l'onglet: me contacter

Tous renseignements sur le musée de Nogent-sur-Seine: www.museecamilleclaudel.fr 

14 mars 2017

Mar-dites-moi, Johannes Vermeer

 S'il est un peintre bienvenu en notre rubrique épistolaire du mardi, c'est bien Johannes Vermeer (1632- 1675)

Contemporain de notre chère marquise (de Sévigné)  - il lui est cadet de six ans - le célèbre maître hollandais aime arrêter ses yeux, ravir les nôtres, de ces instants hors du temps que constituent la découverte d'une missive quand ce n'est son écriture.

Quelques toiles pour illustrer le propos et mieux vous revenir, jeudi, avec la chronique de l'essai que Jacques Darriulat et Raphaël Enthoven consacrent au peintre, Vermeer, le jour et l'heure, essai, Ed Fayard, février 2017, 304 pp et sous très peu, avec le compte rendu de visite de l'expo du Louvre

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La liseuse à la fenêtre ( +/- 1657) 

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Femme en bleu lisant une lettre (+/- 1663-64)

 

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La lettre d'amour ( vers 1669-70)

Sans oublier 

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Les (jeune) Femme écrivant une lettre, +/- 1665 et 1670, respectivement 

28 février 2017

Dans l'attente de toi- Lettre à une femme aimée

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"Les livres naissent de ce que l'on ne sait pas dire.

Si on savait,  on dirait, et il n'y aurait pas de livres;  on n’y penserait même pas. Mais voilà, on ne sait pas  dire, et c’est une inquiétude, puis très vite un manque,  et enfin un désir; et le livre vient, qui est tout entier l’effort pour dire, bien que l'on ne puisse pas. Cela  n’empêche pas d’essayer,  d'échouer toujours, et d'essayer encore ; le livre qui s'écrit est la trace de ces essais ."

Ains'INcipit une belle, picturale déclaration d'amour à la femme aimée . Nous y reviendrons mardi prochain

Dans l'attente de toi, Alexis Jenni,  Lettre, Ed L'iconoclaste, sept.2016, 272 pp

14 février 2017

Mar-dites-moi, Sire

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   Point n'est fortuit que de produire, en ce jour valentinesque,  l'extrait d'une lettre d'amour adressée par Henri IV à sa chère maîtresse Gabrielle d'Estrées (1573-1599) .

   Séduit par la beauté, la grâce et la fraîcheur de la jeune fille -  à l'heure de leur première rencontre, Gabrielle n'a pas 17 ans, Henri en a vingt de plus - le volage souverain en tombe éperdument amoureux, lui conçoit quatre enfants et songe à l'épouser.  La mort,en (suite de)  couches, de Gabrielle, le 10 avril 1599, l'empêchera de conclure l'union.

Séparé de ses "Belles Amours", le roi lui envoie des missives passionnées:

"J’ai vu par votre lettre la hâte qu’avez d’aller Germain. Je suis fort aise qu'aimiez bien ma sœur: c'est un des plus assurés témoignages que vous me pouvez me rendre de votre bonne grâce,  que je chéris plus que ma vie, encore que je m'aime bien. C'est trop causé, pour vous voir si tôt. Bonjour,  mon tout. Je baise vos beaux yeux des millions de fois.

              Ce douzième septembre,  de nos délicieux déserts de Fontainebleau."

 

 Gabrielle d'Estrées ou les belles amours, Isaure de Saint Pierre, Ed Albin Michel, février 2017, 400 pp

 

 

07 février 2017

Mar-dites-moi, Emile Zola

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Pédalant à travers la correspondance d'Emile Zola en ces jours peu grisants de grisaille - mais oui, je prépare activement les cours de la rentrée -  je découvre ses lettres de jeunesse - vous en reparlerai - dont la fameuse et infiniment longue "Lettre sur les écrans" qui lui permet de structurer sa pensée du moment. Le futur écrivain est âgé de 24 ans. Il affirme , un brin pontifiant, à son jeune ami Antony Valabrègue :

 "Les écoles n'ont jamais produit un seul grand homme; ce sont les grands hommes qui ont produit les écoles"

A creuser, c'est sûr; nous y reviendrons, cela ne fait pas un pli

-Zola. Correspondance. Choix de textes et présentation par Alain Pagès,Ed. Garnier Flammarion, février 2012, 382 pp

31 janvier 2017

Mar-dites-moi, Philippe Néel

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C'est parce qu'elle rencontre le bel et fringant Philippe Néel, ingénieur en chef des chemins de fer tunisiens, qu'Alexandra David succombe, mi-septembre 1900, à une folle nuit en L'Hirondelle, la garçonnière flottante de Philippe. Elle va alors  commettre l'impensable: s'unir à lui d'un "singulier mariage".  Papa David n'en revient pas, qui donne son accord mais point ne se déplace. Le mariage se conclut au consulat de Tunis le 4 août 1904.

Poète à ses heures, Philippe Néel envoyait à ses conquêtes d'un soir et du voilier, le même billet: 

 «  L’image d’un doux souvenir

Vient de s’offrir à ta pensée

Sur la trace qu’il a laissée

                                                              Pourquoi crains-tu de revenir ? «

Alexandra revient mais lorsqu'elle constate que son bien-aimé a envoyé même billet aux autres passagères du voilier., elle n'en ...revient pas.

Cet épisode constitue le premier volet de nos trois mar-dites- moi, spécialement consacrés aux plis d'amour (et leurs couacs) en vue de la Saint-Valentin

A Elter

 

24 janvier 2017

Point de vue matrimonial

 

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 Fraîche mariée avec le fringant Philippe Néel, Alexandra David réalise - on pouvait s'en douter - qu'elle n'est point faite pour le mariage. Elle s'en confie à l'intéressé, avec la franchise qu'on lui connaît:µ

 "Nous avons fait un singulier mariage, nous nous sommes épousés plus par méchanceté que par tendresse. Ce fut une folie, sans doute, mais elle est faite. La vraie sagesse serait d'organiser, maintenant, notre vie en conséquence, telle qu'elle peut convenir à des êtres de notre tempérament. Tu n'es pas le compagnon que j'aurais rêvé, je suis encore moins, peut-être, la femme qu'il t'aurait fallu ... Et quand nous gémirions sur cette constatation, la belle avance! ... Avec de la bonne volonté et de l'intelligence on remédie à bien des choses (…) »

    Paris, 3 octobre 1904

 Alexandra David-Néel. Correspondance avec son mari – Edition intégrale 1904-1941, Ed. Plon  sept. 2000, 946 pp

17 janvier 2017

L'excentricité du docteur Gachet vue par Vincent Van Gogh

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  "(...) J'ai vu monsieur le docteur Gachet qui a fait sur moi l'impression d'être assez excentrique, mais son expérience de docteur doit le tenir lui-même en équilibre en combattant le mal nerveux duquel certes il me paraît attaqué au moins aussi gravement que moi. "

 La  valse des arbres et du ciel,  Jean-Michel Guenassia, roman, Ed; Albin Michel, août 2016, 300 pp

03 janvier 2017

Le bon dos des versos de lettres

 

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 Les versos  de lettres ont parfois ... bon dos, sont de plaisants facteurs de..factures

Tel ce charmant envoi qu'écrit le célèbre François Villon (1431- 1463(?)) au dos d'une lettre quémandant quelque argent au duc de Bourbon.

 

Allez, lettre, faites un saut

Bien que vous n'ayez ni pieds ni langue

Faites comprendre en votre harangue comment

Je suis sans cesse en butte au manque d'argent.

 

"De moi, pauvre, je veux parler" Vie et mort de François Villon, Sophie Cassagne-Brouquet, biographie, Ed. Albin Michel, oct. 2016, 352 pp

27 décembre 2016

Mar-dites-moi, Marguerite

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 "En octobre 1939, l'Amérique commence à Bordeaux. Un Bordeaux sombre et encombré, obscurci comme à plaisir, qui semble envier à Paris ses ténèbres, et, dans ce duel entre deux noirceurs, la Gironde l'emporte sur la Seine."

Première des quatre lettres ouvertes que Marguerite Yourcenar adresse à son éditeur et néanmoins ami Emmanuel Boudot- Lamotte, cette "Lettre des Etats-Unis"  démontre, à l'envi, la qualité stylistique de la correspondance yourcenarienne/ Nous reviendrons amplement sur le sujet, à la rentrée ...2017

 En 1939, l'Amérique commence à Bordeaux. Lettres de Marguerite Yourcenar à Emmanuel Boudot-Lamotte (1938-1980). Edition établie, présentée et annotée par Elyane Dezon-Jones et Michèle Sarde, Ed. Gallimard, oct. 2016, 308 pp

 

20 décembre 2016

En 1939, l'Amérique commence à Bordeaux

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Emmanuel Boudot-Lamotte est l'éditeur, chez Gallimard, des Nouvelles orientales et du Coup de Grâce, de Marguerite Yourcenar. Il est aussi un fidèle ami. 

L'édition de leur correspondance -  du moins la partie rendue publique à ce jour,  compte tenu qu'une partie des archives yourcenariennes est consignée jusqu'en 2037 - révèle bien des faces de la célèbre académicienne. Celle d'un "exil" américain qui lui fait rejoindre,  dès 1939,  Grâce Frick, sa compagne et d'un regard porté, partant, sur l'Europe et la littérature française de l'après-guerre.  Celle de traductrice et de passeuse de littérature et de culture américaines.  

Le travail d'oeuvres demeurées à ce jour inédites - notamment le Dramatis Personae - son regard de critique d'art nourrissent une série de lettres de haute facture, de franchise mâtinée d'une courtoisie exquise.  Des modèles de savoir-faire épistolaire.

Et puis que dire de ces innombrables colis remplis de friandises et de denrées rares qu'elle expédie en France à haute cadence. Son souci constant de l'état de santé de la maman de "Nel" (Emmanuel Boudot-Lamotte)...

Pas de doute, nous reviendrons sur le sujet, dès l'an prochain, qui célèbrera,  le 17 décembre, les quarante ans du décès  de la grande écrivain. 

Lettres de Marguerite Yourcenar à Emmanuel Boudot-Lamotte (1938-1980). Edition établie, présentée et annotée par Elyane Dezon-Jones et Michèle Sarde, Ed. Gallimard, oct. 2016, 308 p

26 novembre 2016

Hommage à Emile Verhaeren

Depuis la mi-juillet, votre blog préféré a honoré la mémoire d'Emile Verhaeren (1855-1916) consacrant à ses vie, écrits et correspondance, un billet hebdomadaire (Mar-dites-moi, Emile Verhaeren) .

Il est temps de prendre congé en ce week-end tristement anniversaire - centenaire du décès accidentel, en pleine guerre, du poète. 

Je vous invite à (re)lire l'excellente biographie que lui consacrait , voici dix ans, Vincent Leroy et reproduis à votre intention la recension de l'ouvrage opérée, sur ce blog, en 2010

 

Publiée en 2006, cette biographie d'Emile Verhaeren est particulièrement agréable à découvrir: le style clair et concis qui parcourt les 108 pages de l'ouvrage donne envie de le lire d'une traite. Je ne m'en suis pas privée.

Né en 1855, au sein d'une famille aisée, le jeune avocat aura rapidement la liberté financière de se consacrer à sa seule plume: il commence sa carrière dans la revue La Jeune Belgique, collabore au "Cercle des XX"  - nous l'évoquions en parlant de James Ensor (voir billet de dimanche 3 janvier), avant de rejoindre la revue progressiste La Wallonie, fondée par Albert Mockel.

Ami de Georges Rodenbach, Camille Lemonnier , James Ensor - auquel il consacre une monographie - Stéphane Mallarmé, Stefan Zweig, du peintre Théo Van Rysselberghe (qui signe le tableau de couverture de l'ouvrage), socialiste de convictions, le poète sera également hautement estimé par le Roi Albert :  "Les oeuvres d'Emile Verhaeren ont magnifiquement glorifié le sol natal. Poète vraiment belge par la puissante expression de nos forces ataviques et des caractères de notre race, n'est-il pas en même temps un poète mondial célébrant la vie humaine dans ses manifestations les plus ardentes? "

Patriote ardent, il mènera sur le front verbal sa participation à la Première Guerre Mondiale, regrettant que l'âge l'éloigne du combat:

" Ce n'est qu'un bout de sol étroit

Mais qui renferme et sa Reine et son Roi

Et l'amour condensé d'un peuple qui les aime

Le Nord a beau y déchaîner le froid qui gerce et qui mord.

Il est brûlant ce sol suprême"

(Lambeau de Patrie)

Glissé sous les roues d'un train le poète ne survivra pas à l'amputation de ses deux jambes, brisant de sa mort, le couple heureux qu'il formait avec Marthe Massin.

La dernière partie de l'ouvrage de Vincent Leroy évoque les manifestations consacrées à la mémoire de l'écrivain et particulièrement celles qui célébrèrent, en 2005, le 150 e anniversaire de sa naissance.

" J'espère de tout coeur que toutes ces festivités, expositions, émissions de télévision et articles de presse rendront les Belges plus fiers de leur pays. Petite par la taille, la Belgique possède un remarquable patrimoine architectural, une vie associative très importante, de très nombreux talents notamment dans les arts plastiques et la littérature (dont Emile Verhaeren) et un folklore désormais soutenu par l'Unesco"

J'espère, quant à moi, que les élèves de Vincent Leroy et de nombreux lecteurs auront l'appétit de mieux connaître Emile Verhaeren et  la joie de savourer la qualité du travail accompli.

Apolline Elter

Le poète belge Emile Verhaeren, biographie, Vincent Leroy, Editions Azimuts, février 2006, 108 pp, 8 €

22 novembre 2016

Plus loin que les gares, le soir

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 Dernier billet de nos Mar-Dites-moi, Emile Verhaeren....

Le- 27 novembre célèbre en effet le centenaire du tragique accident ferroviaire qui coûta la vie de l'illustre poète

Nous l'aurons célébré six mois durant, honoré sa mémoire épistolaire de nombreuses tablées.

 Plongeons-nous en son recueil de La Multiple Splendeur (1906), au coeur d'un poème, d'allure prémonitoire, 

Plus loin que les gares, le soir

Je vous en livre les premières strophes:

L'ombre s'installe, avec brutalité ;
Mais les ciseaux de la lumière,
Au long des quais, coupent l'obscurité,
A coups menus, de réverbère en réverbère.

La gare immense et ses vitraux larges et droits
Brillent, comme une châsse, en la nuit sourde,
Tandis que des voiles de suie et d'ombre lourde
Choient sur les murs trapus et les hautains beffrois.

Et le lent défilé des trains funèbres
Commence, avec leurs bruits de gonds
Et l'entrechoquement brutal de leurs wagons,
Disparaissant - tels des cercueils - vers les ténèbres.

Des cris ! - Et quelquefois de tragiques signaux,
Par-dessus les adieux et les gestes des foules.
Puis un départ, puis un arrêt - et le train roule
Et roule avec des bruits de lime et de marteaux.

La campagne sournoise et la forêt sauvage
L'absorbent tour à tour en leur nocturne effroi ;
Et c'est le mont énorme et le tunnel étroit
Et la mer tout entière, au bout du long voyage.

(...)

15 novembre 2016

A deux plumes

Pour cet avant-dernier épisode de notre saga du mardi, je vous propose une charmante lettre écrite à deux plumes, deux langues, par Emile Verhaeren et son compère Zweig, alors en séjour au Caillou-qui-Bique. Nous sommes en août 1908. Il s'agit d'inclure le poète autrichien Rainer Maria Rilke dans ce bienfaisant sentiment d'amitié qui lie les écrivains.

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Émile Verhaeren et Stefan Zweig à Rainer Maria Rilke

                                                                                   [Roisin, 13 août 1908]

Mon cher Rilke

Zweig est chez moi, au Caillou[ Nous causons de vous – combien souvent & avec quelle sympathie ! - & c’est, parfois, comme si vous étiez ici, tellement votre présence y est évoquée. J’espère bien vous rencontrer en hiver, à Paris, souvent & vous envoie déjà, d’avance, la bonne poignée de main que j’espère vous donner bientôt. Très à vous

                                                                        Verhaeren.

Verehrter Herr Rilke, gerne wüBte ich, ob Sie Ende August noch in Paris sind. Es ist noch nichr ganz bestimmr, daB ich hinkornme, aber die Freude, Sie endlich zu sehen, würde mir den Entschluf leichter machen. Hoffentlich kommen Sie in diesem Jahre nach Wien, ich bin
bis Dezember und ab April dort – dazwischen lallt eine Reise nach Indien. Herzlich ergeben ihr

                                                                       Stefan Zweig

 

Verhaeren – Zweig. Correspondance. Edition établie par Fabrice van de Kerkhove, Ed Labor, 1996, coll. Archives du futur, 608 pp

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08 novembre 2016

Comment Paul Léautaud voit Vehaeren

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  Tandis qu'il se livre, en 1912,  à un compte rendu du drame verhaerenien, Hélène de Sparte, l'écrivain et critique dramatique Paul Léautaud (1872-1956) , nous livre son regard sur son confrère aîné:

 "Sans souci de plaire ou de déplaire, il a parlé selon sa voix. C'est une voix forte, rude, souvent même un peu rauque, qui secoue plus qu'elle ne caresse, qui crie plus qu'elle ne chante. Ce que fut Constantin Meunier en sculpture, on pourrait dire que M. Verhaeren l'est en poésie, et sans doute cela est-il parfois un peu fruste pour nos yeux et pour nos oreilles habitués à plus de finesse, - une finesse qui n'est d'ailleurs souvent que de la fadeur."

  Nous devons cet extrait à: 

Des lueurs du fleuve à la lumière de la peinture, Emile Verhaeren et les siens, Marc Quaghebeur et Christophe Meurée,  volume composé dans le cadre de l'exposition "Emile Verhaeren. Lumières de l'Escaut, Lumière des Arts, Musée des Beaux-Arts de Tournai, septembre 2016, 148 pp

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01 novembre 2016

Du côte de chez Rilke

Novembre s'amorce qui nous invite aux derniers épisodes de notre série "Mar-dites-moi, Emile Verhaeren"  dédiée au centenaire de sa disparition, le 27 novembre 1916

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Initiée en 1905 tandis que Rainer Maria Rilke (1875-1926) résidait à Meudon - il était , pour un temps, secrétaire d'Auguste Rodin - l'amitié nouée avec Emile Verhaeren, perdure malgré l'entrée en guerre de 1914 qui les place en factions opposées. Ce ne sera pas le cas, on l'a vu, déploré, de la belle amitié liée avec  Stefan Zweig et  même Richard Dehmel,....

Les deux poètes nourrissent leur correspondance d'échanges d'oeuvres personnelles, de compliments sentis . Mais il arrive aussi qu'ils se conseillent l'une ou l'autre lecture...

 Rainer Maria Rilke à Émile Verhaeren

Paris, 17, rue Campagne-Première
ce 28 Janv. Mercredi [1914]

Mon cher Verhaeren,

             Je vous envoie le Proust [ NDLR Du côté de chez Swann, que Rilke vient de découvrir] car il me semble que ce sera un livre qui vous occupera très agréablement ces jours où vous sortez encore peu.


             J’ai remarqué que Gide estime beaucoup la seconde partie (l’histoire amoureuse de Swann) moi je la trouve plus faible que le reste, c’est à dire plus « roman» dans le sens courant de ce mot - ; mais vous verrez.

            Hier, en sortant de chez vous,  j’ai trouvé le ciel si beau, que je suis entré encore un instant au parc ; j’ai failli d’y laisser mes chaussures, mais j’ai gagné plus à la tête que je n’aurais pu perdre du côté opposé. Après j’ai abandonné la moitié de mon billet et je suis rentré par le tram, ce qui était parfait

(...)


Vous voyez que vous m’avez rendu l’âme meilleure, merci à vous et à Madame Verhaeren,

                                     et tout à vous

                                         Votre

                                      Rilke

                        

 S: Verhaeren – Correspondance II Rilke et Dehmel (1905-1925), Edition établie par Fabrice van de Kerckhove, AML, Editions, 2012, 238 pp

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25 octobre 2016

Marthe, dites-moi

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Nous l'avons vu, Emile Verhaeren a trouvé en Marthe Massin, l'âme soeur, fée  de son destin. La correspondance des fiancés révèle les états d'âmes du poète et quelques Mea Culpa des plus émouvants.

Tel cet extrait de lettre angoissée, rédigée le dimanche 5 janvier 1890, à 5h du matin.....

 "(...) Ma si douce et si inébranlablement aimée, quel être impossible je suis !  Comme vous devez avoir du regret de nous être rencontrés. Je ne vous serai jamais  qu’une cause d’ennui et  d’agacement ; je suis à charge de moi- même et des autres ; des fous comme moi, dites, pourquoi existent-ils ? Enfin vous avez toujours le droit, oh le droit absolu ! de me laisser de côté et – je vous l’ai déjà dit -  de ne faire  aucun cas de la débâcle qui en résultera. Non, mais quel assemblage grotesque de contraires je suis, dites ?  A de certaines  heures je me sens bon, doux, naïf, enfant, j’ai pour vous une inépuisable tendresse, une joie d’aimer folle et -  à force d’intensité – presque neuve. Et puis, tout change – et je deviens morne, irascible, détestable, brutal ! et cela non pas spontanément, mais à la longue, par réflexion,  par rangement, par en dedans. Je vous avoue tout cela parce  qu’il me semble que j’atténue tout, en me confessant,  mais encore faut-il que vous soyez bien généreuse  pour l’écouter.  (…)"

iLes  jeunes gens se marieront, à Bruxelles, le 24 août 189.

 A Marthe Verhaeren, Deux cent dix-neuf lettres inédites 1889-1916, présentées par René Vandevoir, Ed. Mercure de France, 1951, 462 pp

 

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Mar-dites-moi, Emile Verhaeren

Du 12 juillet au 27 novembre 2016 (centenaire du décès du poète) , vous aurez rendez-vous chaque mardi pour des billets, infusions,, extraits de lettres ,  chroniques , ....relatifs au chantre du vitalisme.

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18 octobre 2016

Le regard d'Eugène Demolder sur Verhaeren

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 Gendre de Félicien Rops - nous étudierons sous peu ce fameux épistolier -  l'écrivain Eugène Demolder rend cet hommage posthume à Emile Verhaeren:

"Verhaeren? Un mâle agissant. - Sa moustache est comme un drapeau sur sa face striée de rides. - Sa chevelure est lisse et luisante. Son verbe est chaud et sec. Ses yeux luisent derrière
un binocle. Il est légèrement voûté sur des jambes arquées. C'est un grand poète, le plus grand sans doute qui existe. Ses vers sont des tisons ardents, des flammes embrasées, des métaux en fusion. Il se drape dans le drapeau flamand comme dans un vêtement bien à lui et son geste se dresse fièrement sur le ciel patrial."

Eugène Demolder,  Impressions (1918)

  Nous devons cet extrait à: 

Des lueurs du fleuve à la lumière de la peinture, Emile Verhaeren et les siens, Marc Quaghebeur et Christophe Meurée,  volume composé dans le cadre de l'exposition "Emile Verhaeren. Lumières de l'Escaut, Lumière des Arts, Musée des Beaux-Arts de Tournai, septembre 2016, 148 pp

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11 octobre 2016

Des lueurs du fleuve à la lumière de la peinture

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J'évoquai mardi passé, à votre intention,  l'exposition du Musée des Beaux-Arts de Tournai, consacrée à Emile Verhaeren. Penchons-nous, ce jour, sur le très bel ouvrage qui l'accompagne, la soutient, la révèle.

"Tout Verhaeren est dans la tension au coeur des contrastes de la lumière" affirme Marc Quaghebeur, Directeur des Archives et Musée de la Littérature, Commissaire de l'exposition. 

Centrée sur la nature "consubstantielle" de la peinture dans  l'univers et donc l'oeuvre littéraire du célèbre poète, l'exposition fait part belle à la "perception charnelle du monde" à  la lumière scaldienne, particulière et différente de sa consoeur méditerranéenne, qui traduit le regard de Verhaeren, l'expression de son art, de son être.

Illustré de belles reproductions de portraits, tableaux, sculptures, .. issus pour bon nombre des collections du Musée des Beaux-Arts de Tournai, l'ouvrage déploie poèmes , extraits d'oeuvres littéraires et de correspondances de l'écrivain, en une multitude de registres, qui vont du tendre, amical,  flamboyant, à celui tumultueux, farouchement patriote de la guerre.

" Fruit d'un travail scientifique mené depuis des décennies par les Archives du Musée de la Littérature, ce livre n'entend pas accabler le lecteur de références mais l'amener à entrer de plain-pied, et dans la Joie, au coeur d'une Oeuvre-Vie qui fut celle du dialogue des Arts et des Mots."

Apolline Elter

Des lueurs du fleuve à la lumière de la peinture, Emile Verhaeren et les siens, Marc Quaghebeur et Christophe Meurée,  volume composé dans le cadre de l'exposition "Emile Verhaeren. Lumières de l'Escaut, Lumière des Arts, Musée des Beaux-Arts de Tournai - Archives et Musée de la Littérature, Bruxelles, septembre 2016, 148 pp

04 octobre 2016

Exposition Emile Verhaeren au musée des Beaux-Arts de Tournai

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L'approche du centenaire du décès d'Emile Verhaeren, le 27 novembre 1916, favorise les initiatives commémoratives. Nous avons déjà évoqué l'exposition du musée Verhaeren de Sint-Amands et  relayons bien volontiers le communiqué de presse de l'exposition inaugurée, la semaine passée, au Musée des Beaux-Arts de Tournai.

Nous n'avons pas encore pu nous y rendre..

"La ville de Tournai et les Archives et Musée de la Littérature proposent, à cette occasion, l’exposition

Émile Verhaeren"Lumières de l’Escaut, Lumière des Arts"

Musée des Beaux-Arts de Tournai du 28 septembre au 18 décembre 2016

L’occasion de mettre en valeur les collections picturales du Musée de la Ville de Tournai, qui possède de nombreuses œuvres de la fin du XIXe siècle, commentées par le poète, mais aussi celles qui appartiennent à la Bibliothèque Royale et aux Archives et Musée de la Littérature. Elles sont exposées dans le seul Musée conçu par Victor Horta, un contemporain de Verhaeren.

Né à Saint-Amand sur les bords de l’Escaut, Emile Verhaeren grandit dans une famille aisée où l’on parlait français. L’espace de la courbe du fleuve le marque, comme les contrastes de ses lumières. Critique d’art et de littérature, il est bouleversé par la découverte de Manet puis de Seurat et sera le soutien constant de l’école belge, Théo Van Rysselberghe, James Ensor, Willy Finch ou Constantin Meunier. Auteur d’un nombre impressionnant de recueils de poèmes, il est l’ami d’Auguste Rodin, Edgar Degas, Stéphane Mallarmé, André Gide, Rainer Maria Rilke ou Stefan Zweig…. Il est aussi proche du roi Albert 1er et de la reine Elisabeth. Surnommé le « Grand barbare doux », Emile Verhaeren sut donner voix au vent et à l’horizon, aux clairs obscurs de l’âme et de la vie, aux tensions sociales ainsi qu’à la grandeur de son pays.

Un livre intitulé Des lueurs du fleuve à la lumière de la peinture accompagne l’exposition. Il fait se répondre poèmes, tableaux et correspondance. Il s’achève par un poème écrit par Laurence Vielle, la poétesse nationale 2016. Il incite à découvrir ou redécouvrir ce grand poète, à percevoir aussi toute la dimension de sa personnalité d’écrivain d’Art."

Je vous reviens Mardi-tes-moi, prochain pour évoquer le très beau livre que Marc Quaghebeur, consacre à l'exposition

A Elter

 

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27 septembre 2016

Emile Verhaeren par Stefan Zweig

 

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Admirateur de la première heure d'Emile Verhaeren - nous avons déjà largement évoqué le sujet dans la rubrique consacrée à l'écrivain autrichien- Stefan Zweig lui consacre, en 1910 ( pour la traduction française) une biographie  élogieuse, très engagée. 

Certains Français la lui reprocheront, estimant qu' à trop insister sur les racines et mentalité germaniques du poète, Stefan Zweig l'a amené à lui,  attiré en sa propre culture,  plutôt que d'en démontrer l'ouverture, le côté résolûment européen.

C'est un débat.

Dédiée à Camille Lemonnier, la biographie voit en Verhaeren,  un homme aussi visionnaire de son temps que poète indispensable à l'époque. Et le fougueux Viennois de s'exclamer:

"Toute notre époque se reflète dans l'oeuvre de Verhaeren"

"Ainsi Verhaeren, visionnaire enthousiaste est le plus grand poète d'aujourd'hui, parce qu'il est le poète nécessaire et le poète de la nécessité."

Sa vitalité exceptionnelle prend source dans ce qui fait la force de la nation belge: ses racines  mixtes, latines et germaniques.

Ainsi: 

"Verhaeren proclame le triomphe de la race belge" 

Et Zweig de s'extasier sur le rapport de Verhaeren aux humbles, son contact physique vrai, avec les êtres et la nature, .. d'expliquer, par une sorte de psychanalyse, ses moments de crise, minimiser le rôle de l'amour, la valeur de la dramaturgie, dans l'oeuvre verharenienne...

"L'Europe entière parle par sa voix, et cette voix s'élève au-dessus du siècle présent."

Une bio engagée, jaillie de la plume d'un passionné, sorte d'épopée qui place le héros dans la vitrine de l'Histoire.

Du Zweig, pure facture.

Apolline Elter

 Emile Verhaeren, sa vie, son œuvre, Stefan Zweig, 1910 (plusieurs éditions dont en livre de poche et numériques)

20 septembre 2016

Maman Marthe-Poule, suite et fin

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J'évoquais mardi passé, les recommandations maternelles que Marthe Massin fait à Stefan Zweig dans le soin à apporter à son cher mari, Emile. 

La tournée de conférences en Allemagne et Autriche fut un succès, Emile est bien rentré, Marthe est soulagée

Elle écrit à Stefan (depuis Bruxelles, le 19 mars 1912) :

 Mon cher Zweig,

             Verhaeren est rentré avant-hier, avec un gros rhume, mais très bien portant quand même.

            Il raconte son voyage avec beaucoup cl’ enthousiasme, et il ne cesse de me redire, ce que chacune de ses lettres m’avaient déjà dit : que vous avez été pour lui un ami sûr, dévoué et aimant, et que si son séjour en Allemagne a été exempt de toute corvée, et de tout ennui, c’est surtout à vous qu’il le doit.

             Tout cela, je l’avais pressenti, mais je comprends que vous avez fait plus encore que ce que mon affection – si exigeante quand il s’agit de lui – avais osé vous demander.

Et notre chère Marthe d'inviter dès que se peut Stefan Zweig au "Caillou" (-qui-bique) pour le gâter à son tour et lui prouver leur amitié "grandie"....

    Source: Verhaeren – Zweig. Correspondance. Edition établie par Fabrice van de Kerkhove, Ed Labor, 1996, coll. Archives du futur, 608 pp

 

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Mar-dites-moi, Emile Verhaeren

Du 12 juillet au 27 novembre 2016 (centenaire du décès du poète) , vous aurez rendez-vous chaque mardi pour des billets, infusions,, extraits de lettres ,  chroniques , ....relatifs au chantre du vitalisme.

 

13 septembre 2016

Maman Marthe-Poule

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Emile Verhaeren et Marthe Massin, son épouse, formaient un couple fusionnel.

Ils n'eurent pas d'enfants.

Dévouée corps et âme à son poète de mari, Marthe était un peu du genre mère-poule.

Voici ce qu'elle écrit à Stefan Zweig, le 25 février 1912, à la veille de la tournée de conférences en Allemagne - Autriche, que l'écrivain autrichien organise pour son confrère belge:  

Mon cher Zweig, 

Verhaeren vient de partir, dans deux jours, c’est vous qui aurez la joie de vivre à côté de lui.

 J’espère que vous lui trouverez assez bonne mine, malgré cette dernière indisposition qui l’a assez amaigri et pâli. Je vous avouerai même qu’un moment, j’ai cru ne pas le quitter, et le suivre, sans qu’un autre que vous le sache, à travers tout son voyage. Mais songeant à vous qui alliez le rejoindre, j’ai vite abandonné ce projet. Déjà je devine tout ce que votre grande affection pour lui va imaginer pour lui éviter le plus de fatigues possibles, et pour écarter de lui tout ce qu’il appelle «corvée ».

Et Marthe d'insister pour que Stefan Zweig interrompe le circuit dès le premier signe de fatigue, de l'en remercier d'avance, ainsi que du repos qu'elle goûtera, elle-même, en l'absence d'Emile, le sachant en si bonnes mains....

Touchant n'est-il pas? 

Rendez-vous mardi prochain pour le feedback de l'expédition

 Source: Verhaeren – Zweig. Correspondance. Edition établie par Fabrice van de Kerkhove, Ed Labor, 1996, coll. Archives du futur, 608 pp

 

Mar-dites-moi, Emile Verhaeren

Du 12 juillet au 27 novembre 2016 (centenaire du décès du poète) , vous aurez rendez-vous chaque mardi pour des billets, infusions,, extraits de lettres ,  chroniques , ....relatifs au chantre du vitalisme.

06 septembre 2016

Emile Verhaeren, L(homme des lettres - démarrage des tables rondes

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RAPPEL DE  RENTREE

 

2016 célèbre le centenaire du décès tragique d’Emile Verhaeren, le 27 novembre 1916.

La gloire de l’illustre poète dépassait largement les frontières de notre pays. Le survol de sa correspondance  encrée d’amitié pour Théo Van Rysselberghe, Stefan Zweig, Richard Dehmel, Rainer Maria Rilke,  LM le Roi Albert et la Reine Elisabeth de Belgique, …,  ancrée d’amour pour  Marthe Massin, son épouse, nous révèle l’homme de lettres sous un jour particulièrement vivant...

Des tables rondes, oblongues, conférences, ... s'organisent dès à présent, qui vous permettront d'approcher, en son intimité,  l'homme des lettres, de parcourir les pages d'un  vert livret , spécialement pour vous concocté ( Illustration :dessin de Félix Valloton) 

Pour tout renseignement, cliquer sur l'onglet: Me contacter.

Point ne le regretterez.