17 octobre 2017

Quand Emile se fâche

Zola Pagès.jpgEmile Zola a le culte de l'amitié, celui de la transparence, de la loyauté.

Alors quand surgit un malentendu entre lui et son "cher Goncourt" - entendez Edmond de Goncourt, redoutez sa mauvaise langue -  Emile met les choses au point: 

 

" (...) Si je me décide à vous écrire, c'est que la situation n'est plus nette entre nous, et que votre dignité comme la mienne exige que nous sachions à quoi nous en tenir sur nos rapports d'amis et de confrères.

Cordialement à vous.

                                              Emile Zola"

conclut-il sa courte et offusquée missive du 13 octobre 1887.

Le motif du quiproquo, vous le découvrirez à la lecture de : 

 Zola. Correspondance. Choix de textes et présentation par Alain Pagès,Ed. Garnier Flammarion, février 2012, 382 pp

ou en assistant aux soirées du jeudi... au Pavillon

 

10 octobre 2017

Zoli Zola

IMG_0574 (002).jpgNous démarrons aujourd'hui dix octobre, le cycle d'étude de la  correspondance d'Emile Zola (1840- 1902) . Celle-ci est généreuse, abondante, obéissant la plupart du temps  au principe de transparence cher au grand écrivain.  Il nous invite à la découvrir; je vous invite à constituer de joyeux comités ( de 6 à 10 personnes) pour rejoindre les Salon des Marquises et Pavillon de la Littérature,  au gré de deux modules de deux heures et de jeudis vitaminés.

Nous apprendrons que la correspondance est

- vivier d'amitié

- laboratoire d'écriture

- complice de cette bigamie qui lui fera aimer deux femmes - Alexandrine et Jeanne - et ne jamais les renier.

Ses lettres ouvertes nous mènent au célébrissime " J'accuse" , (13 janvier 1898) et à l'accompagner dans son exil londonien.

Le père des Rougon-Macquart est gigantesque,  fascinant; l'épistolier ne l'est pas moins

Pour toute précision, contactez-moi, via l'onglet " Me contacter" 

Apolline Elter 

26 septembre 2017

Mardi-tes-moi , Charles

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 Nous évoquions, le 31 août dernier, les 150 ans du décès de Charles Baudelaire ( 1821-1867) (voir billet sur ce blog) 

L'anniversaire est prétexte à la publication d'une biographie aussi intéressante, que fouillée et instructive, sous la plume vivante de Marie-Christine Natta, spécialiste du dandysme.

Dandy, le poète l'était, dans son habillement, son comportement, sa quête du Beau.  Atteint de "déménagite" aiguë  -  pour échapper à ses créanciers - Baudelaire fut un prolixe épistolier. L'angle d'approche de la biographie fait généreuse part à sa correspondance pour la grande joie de notre blog. Les lettres à sa Maman, veuve en deuxièmes noces du Général Aupick, sont une source sûre et passionnante d'accès à l'âme d'un être complexe, souvent inquiet, toujours désargenté.

Précieux  et assez inédit aussi - je pense - ce focus sur l'amitié qui lie le poète à son éditeur,  Auguste Poulet - Malassis et le merveilleux dévouement de ce dernier à la cause de l'auteur controversé des Fleurs du Mal.

C'est dit, ce sera fait, nous plaçons l'étude de la correspondance du poète, critique d'art, et grand ami ..des Belges, au programme d'une prochaine année de cours épistolaires.

Soyez remerciée, Marie-Christina Natta, pour ce travail d'investigation colossal

Nous vous reviendrons

Apolline Elter

Baudelaire, Marie-Christine Natta, biographie, Ed. Perrin, août 2017, 896 pp

 

 

 

05 septembre 2017

Amitié transcendentale

Dernier volet de notre focus sur la sainte correspondance d'amitié entre Jeanne de Chantal, grand-mère de notre I-Moyenne-155995-correspondance-francois-de-sales-jeanne-de-chantal.net.jpgEpistolière et François de Sales,  penchons-nous sur l'unité indivisible qui lie à jamais les  co-fondateurs de l'ordre de la Visitation.  

Saint-François de Sales définit ainsi  les termes d'une amitié prête à tout transcender

 " Allons, ma chère Fille, puisque Dieu est l'unité de notre coeur, qui nous en séparera jamais? Non, ni la mort ni la vie, ni les choses présentes, ni les futures, ne nous sépareront jamais, ni ne diviseront notre unité. Allons donc, ma très chère Fille, avec un seul coeur, où  Dieu nous appelle "

  Extrait de la Lettre 1037 in François de Sales et Jeanne de Chantal, Correspondance, éditée et présentée par David Laurent - introduction par Max Huot de Longchamp, Ed Desclée de Brouwer, 2016, 900 pp

 

22 août 2017

Ame-mitié

I-Moyenne-155995-correspondance-francois-de-sales-jeanne-de-chantal.net.jpgC'est une amitié supérieure qui unit Jeanne, baronne de Chantal (1572- 1641) à  François de Sales (1567-1622) , évêque de Genève, son directeur de conscience. Une relation ancrée sur les cimes oxygénées de l'amour pur, désincarné. Une amitié "surnaturelle" Une relation d'âme à âme, tout simplement. Vécue dans une surprenante sérénité.

 Fraîche veuve du baron Christophe de Rabutin Chantal, inopinément tué  en 1601, lors d'une partie de chasse,  par la maladresse d'un de ses compagnons,  Jeanne Frémyot est elle-même issue de la noblesse de robe - de mortier -  fille de Bénigne Frémyot, Président ...à mortier du Parlement de Bourgogne.  La jeune femme assume un veuvage d'autant plus éprouvant qu'elle a la charge de quatre jeunes enfants, dont Celse-Bénigne, l'aïné, âgé d'à peine cinq ans au décès de son père. Vous aurez reconnu en lui le futur père de Marie de Rabutin- Chantal, future marquise de Sévigné mais ça c'est une autre histoire.

Lors du Carême 1604 e plus précisément en date du 5 mars, Jeanne fait LA rencontre spirituelle de sa vie. Elle assiste, à Dijon, aux sermons d'un jeune et charismatique évêque de Genève, nommé François de Sales. D'emblée les âmes se reconnaissent et savent qu'elles auront un destin commun: Jeanne et François fondent en 1610, à Annecy, l'ordre de la Visitation en un modeste couvent dont Jeanne sera mère supérieure.

 D"emblée aussi se génère une abondante correspondance qui permet aux scripteurs d'exprimer tant leur -sainte- affection, que des soucis matériels et de santé. Il semble, en effet que Jeanne ait été la proie de maux constants, constamment enjointe par François, son directeur de conscience, de se reposer, de prendre soin d'elle; De cette correspondance, il reste quelque trois cents lettres écrites de la plume de François, 46 seulement, de celle de Jeanne. A la mort  de François de Sales, fin 1622, Jeanne a entrepris de brûler la majeure partie de sa correspondance. C'est décidément un trait de famille.

 Une correspondance aux tournures vives, fraîches, assez spontanées, qui montre, si besoin est, que la sainteté n'est ni figée, ni exempte de doutes. Une sainteté toute simple, en somme. Elle fut éditée en un généreux volume de 900 pages, voici un an, telle " la chronique de la plus extraordinaire amitié de tous les temps. ".  

 " Ecrivez-moi donc, et souvent et sans ordre, et le plus naïvement que vous pourrez, j'en recevrai toujours un extrême contentement. "

 Soulignons également le côté pionnier de Saint François de Sales de la rédiger en français.  Un côté pionnier que l'on retrouve dans l'heureuse initiative du prélat de faire imprimer ses sermons pour les placarder à travers la ville, distribuer dans les habitations, ouvrant ainsi un large public à la voie de la méditation.  C'est ce qui a valu à Saint François de Sales de se voir décerner , en 1923, du titre de saint patron des journalistes ( NDLR et des écrivains), fêté le 24 janvier de chaque année...

 François de Sales et Jeanne de Chantal, Correspondance, éditée et présentée par David Laurent - introduction par Max Huot de Longchamp, Ed Desclée de Brouwer, 2016, 900 pp

 

27 juin 2017

Une bien curieuse machine que l'homme

product_9782710378013_195x320.jpg De Charlotte Brontë à son amie Ellen Nussey (27 mai 1854):

" (...)C'est une bien curieuse machine que l'homme, quand il manifeste - pour ainsi dire - toute la faiblesse - de sa prétendue force. N'importe quelle fillette de plus de huit ans serait en droit de lui reprocher ses caprices d'enfant gâté et ses entêtements absurdes (...)"

 Lettres choisies de la famille Brontë, 1821-1855,  traduites de l'anglais et annotées par Constance Lacroix, Ed. Quai Voltaire, avril 2017, 624 pp

20 juin 2017

Evitons la publicité

product_9782710378013_195x320.jpg De Charlotte Brontë à son père(5 décembre 1849)):

" (...) Je vais sans bruit mon chemin. Je soupçonne que la plupart des  gens savent qui je suis, mais ils sont trop bien élevés pour le laisser voir - de sorte que j'échappe au tumulte et à publicité qui me sont si désagréables. (...)"

 

 Lettres choisies de la famille Brontë, 1821-1855,  traduites de l'anglais et annotées par Constance Lacroix, Ed. Quai Voltaire, avril 2017, 624 pp

13 juin 2017

Lettres choisies de la famille Brontë

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 Belle découverte en cette fin d'année académique que la  sélection de ces quelque trois cents lettres, familiales, traduites et annotées  par Constance  Lacroix, principalement  jaillies de la plume de Charlotte, la troisième des cinq filles du pasteur Patrick Brontë. 

Charlotte est l'auteur de Jane Eyre, un roman qu'elle publie sous le pseudo de Currer Bell. 

Les nombreuses missives qu'elle envoie à son amie de pension Ellen Nussey - elle l'a connue, en 1831, à l'âge de quinze ans -  nous en disent long sur une vie par trop confinée en la cure d'Haworth, coupée de deux séjours à Bruxelles,  préoccupée de la santé de ses proches , frappée de deuils nombreux : son frère et ses quatre soeurs meurent vraisemblablement tous  de la tuberculose.

Elle se confie également avec simplicité et humilité à William S. Williams, l'adjoint de son éditeur Smith, soutien et découvreur de son talent:  

Je ne sais pourquoi la vie doit être si pauvre, si brève et si amère - je ne peux m'expliquer pourquoi des êtres plus
jeunes et plus nobles que moi sont ainsi fauchés avant l'heure, riches encore de tant de projets inaccomplis - mais
je crois que Dieu est sage - parfait - miséricordieux.

 Mariée avec plus de raison que de conviction au vicaire de son père, Arthur Bell Nicholls, Charlotte décède le 31 mars 1855,  neuf mois après ses noces.

Lettres choisies de la famille Brontë, 1821-1855,  traduites de l'anglais et annotées par Constance Lacroix, Ed. Quai Voltaire, avril 2017, 624 pp

06 juin 2017

Zola et la zymnastique

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Tandis que nous poursuivons l'examen de la correspondance ô combien généreuse  d'Emile Zola, nous découvrons, avec bonheur, une certaine aversion pour la gymnastique et la merveilleuse mauvaise foi d'un jeune homme de 20 ans . Zela nous plaît. Il s'adresse à son ami accidenté  Baille (non prénommé Corneille). 

                                                                            Paris, 2 juin 1860

               Mon cher Baille,

(...)

. J'ai toujours maudit de bon cœur les exercices gymnastiques; mais,  depuis ton accident, je suis encore plus courroucé contre eux. Se donner une blessure, une souffrance de toute la vie, et cela en grimpant à un trapèze! Mon pauvre vieux, je te plains et, en même temps, je suis un peu en colère contre toi.

Un début juin qui enjoint

 -Zola. Correspondance. Choix de textes et présentation par Alain Pagès,Ed. Garnier Flammarion, février 2012, 382 pp

30 mai 2017

Une seule lettre vous manque...

Tandis que l'année se termine, radieuse et active, je travaille d'arrache-clavier aux cours épistolaires de la rentrée...µ

Grande part sera faite à l'être de lettres, privées, amicales, ouvertes, engagées... que fut Emile Zola (1840-1902)

Nous avons découvert en lui un puits sans fonds mais non pas sans amour

Un amour qu'il partage avec les deux femmes de sa vie,  Alexandrine, as "Madame Zola" mais aussi et en même temps, Jeanne Rozerot, la mère de ses enfants.

Les séparations du couple Zola -  voyages et exil de l'un, cures de l'autre - généraient une correspondance quasi quotidienne. L'absence en signifiait souffrance

«  Je suis comme toi, lui répond-elle, lorsque ta lettre me manque, ma journée est stupide et désorientée"

s'exclame Alexandrine en cet extrait issu de la biographie que lui consacre Evelyne Bloch-Dano

Nous reviendrons sur le sujet, cela va sans dire

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Madame Zola, Evelyne Bloch-Dano, biographie, Ed Grasset,  1998 (nouveau dépôt légal, 372 pp

 

23 mai 2017

A Anne Frank

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 Il est des dédicaces qui sont promesses, qui sont lettres

Ainsi s'adresse Frédérique Hébrard à  Anne Frank, le 7 juin 2007, jour de ses quatre-vingts ans.

 

7 juin 2007

7 heures 18 dans la maison qui dort encore ...

Aujourd'hui, j'ai quatre-vingts ans.
Quatre-vingts ans, ça fait biblique,
ça fait mythologique.
.. ça fait rire la petite jille
que je suis encore, la petite jille qui se souvient
d'une autre petite jille qui, elle, hélas,
n'a jamais eu de rides.

C'est à elle, à toutes ses espérances massacrées,
que je pense en ce jour d'anniversaire,
à elle qui fait partie des jèmmes de ma vie
que ma mémoire convoque ce matin .
..
Ces jèmmes à qui je vais tout raconter.

C'est à toi, petite sœur, que je dédie ce livre
au moment même où je décide de l'écrire un jour.

À toi, Anne Franck.

  

La pétillante actrice, scénariste, romancière accomplit, dix ans plus tard sa promesse.

Nous vous en proposerons chronique le 7 juin

 Elle était une fois, Frédérique Hébrard, souvenirs, Ed Flammarion, mars 2017, 382 pp

16 mai 2017

Camille et Lucile

3DMotsFinBD_small.pngGlanée en cet ouvrage sympathique dont je vous fais chronique, jeudi 18 mai, voici l'extrait d'une lettre que Camille  Desmoulins adresse à son épouse Lucile, depuis  la prison du Luxembourg, juste avant son passage à l'échafaud , le 5 avril 1794

 "Mes bras entrelacés te serrent, mes mains liées t'embrassent, et ma tête séparée repose
encore sur toi ses yeux mourants. Je vais mourir.
»

Lucile est exécutée, une semaine plus tard;  le couple laisse un orphelin, Horace

Les mots de la fin, 200 adieux historiques, Catherine Guennec,  recueil, Ed de l'Opportun, avril 2017, 352 pp

09 mai 2017

Lettre ouverte à ma main gauche

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Pianiste amateur, Catherine David se voit soudain, lâchée, trahie par sa main gauche.

" Je n'avais jamais eu à me plaindre de toi jusqu'à cette étrange alerte"

S'adressant à ce membre,  par à coups défaillant, la romancière, essayiste, critique littéraire entame une longue et belle réflexion sur les effets de la musique - sensuels, thérapeutiques, et autres,- son éternité, la pérennité de chefs d'oeuvre du répertoire classique, les bienfaits de leur pratique. Partant, elle  invite mélomanes et simples lecteurs à une approche sensible et éclairée de cette "médecine de l'âme" qui jaillit des touches du clavier.

"Il y a ce moment de bascule où la musique fuse, s’embrase et roule ses  galets, quand le toucher, la vue et l’ouïe se retrouvent solidaires, entrelacés, indiscernables. Une musique étonnante sourd alors de nos doigts comme une liqueur impalpable, une musique qui nous veut du bien, une thérapeutique antimorosité qui remplace les petites pilules du soir. À consommer sans modération, car il n’y a aucun risque d’effets secondaires dans cette médecine de l’âme. Seul un certain niveau d’addiction à la drogue appelée musique est à redouter."

Lettre ouverte à ma main gauche et autres essais sur la musique, Catherine David, essai, Ed. Acte Sud, février 2017, 316 pp

02 mai 2017

Ce n'est pas La Pen

Lettre ouverte à nos amis français, 

 

France et Français, les Belges vous aiment.

Partant, nous avons oreilles et yeux rivés sur votre actualité politique

Une femme présidente, c'eût été tentant 

Mais à ce prix, ce n'est pas la peine

Marine Le Pen aime la France, peut-être; les Français, j'en suis moins certaine

 

 

Mardites-moi, chère France

04 avril 2017

Camille Claudel à Montdevergues

   

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Longue de trente années, du 10 mars 1913  au jour de sa mort, le 19 octobre 1943, la séquestration de Camille Claudel, la célèbre sculptrice, en institutions psychiatriques, asiles d'aliénés, émeut dès l'abord, l'opinion publique. Mais il faut davantage qu'une campagne de presse, aussi longue, aussi motivée, soit-elle pour infléchir la décisionde  Madame Claudel, mère, née Louise Cerveaux. Jamais cette femme rigide, bourrée d'aussi pieux principes que de peur du scandale, ne reverra sa fille.  Et même, elle sera la principale opposante à sa libération, lorsque proposition lui sera faite. Elle a peur de sa fille,  la tient au loin, très loin en ce Vaucluse si froid l'hiver, histoire de ménager sa quiétude. Sa conscience, elle la calme par l'envoi de colis que sa fille reçoit avec une joie d'enfant et une gratitude surprenante.

Décortiquant étape par étape, les signes avant-coureurs de la maladie,  le processus de l'internement, les courriers échangés et les quelque 16 rares visites que Camille Claudel reçu des siens et d'une amie durant  près de trois décennies de séquestration  à l'asile de Montdevergues, dans le Vaucluse,  le psychiatre Michel Deveaux offre un regard neuf et autorisé sur cette tragédie.

Si l'état de délabrement physique et sanitaire de la quinquagénaire nécessitait une prise en charge, sa paranoïa, un internement, il est certain que celle-ci ne devait se prolonger si longtemps. L'attitude de sa famille n'a pas été un adjuvant...

Une chronoscopie sidérante

Et bien intéressante

Apolline Elter

  Camille Claudel à Montdevergues. Histoire d’un internement, Michel Deveaux, essai, Ed. L’Harmattan, déc. 2014, 124 pp

28 mars 2017

Mar-dites-moi, Gabriel

Gabriel Metsu et les Maîtres de la peinture de genre

 

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  Nous évoquions, mercredi passé, la visite de l'expo-événement du Louvre, consacrée à Vermeer (voir chronique en ce blog)  L'occasion pour nous de découvrir la  merveilleuse huile sur panneau, signée Gabriel Metsu(1629- 1667) , compatriote et contemporain du "Sphinx de Delft", j'ai nommé, le Jeune homme écrivant une lettre ( dd+/- 1664-66) 

 

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 Je vous le recommande vivement à votre attention 

Tandis que vous visiterez l'exposition:

 

 Vermeer et les Maîtres de la peinture du genre

Du 22 février au 22 mai 2017

Renseignements et réservations sur le site du musée  Louvre :http://www.louvre.fr/expositions/vermeer-et-les-maitres-de-la-peinture-de-genre 

Entrée par la Pyarmide

21 mars 2017

Mar-dites-moi, Camille Claudel

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Correspondances de génies

Camille Claudel : les lettres du mal-être 

 

Reprise des tables rondes

Pavillon de la Littérature  

 

         L’inauguration du musée Camille Claudel, à Nogent-Sur-Seine, ce dimanche 26 mars,  nous offre l’occasion de nous pencher sur  le parcours d’art et de vie, d’une jeune fille impétueuse dont le destin croisa un temps, celui d’Auguste Rodin (1840-1917)  avant de sombrer dans le mal-être et l’isolement d’une séquestration de trente années,  en asile psychiatrique.

 L’examen de sa correspondance nous révèle tant ses faces. ..facétieuses que celles, bouleversantes,  d’une artiste incomprise de tous, y compris d’elle-même.

Pour connaître l'agenda des  conférence et  tables rondes, cliquer sur l'onglet: me contacter

Tous renseignements sur le musée de Nogent-sur-Seine: www.museecamilleclaudel.fr 

14 mars 2017

Mar-dites-moi, Johannes Vermeer

 S'il est un peintre bienvenu en notre rubrique épistolaire du mardi, c'est bien Johannes Vermeer (1632- 1675)

Contemporain de notre chère marquise (de Sévigné)  - il lui est cadet de six ans - le célèbre maître hollandais aime arrêter ses yeux, ravir les nôtres, de ces instants hors du temps que constituent la découverte d'une missive quand ce n'est son écriture.

Quelques toiles pour illustrer le propos et mieux vous revenir, jeudi, avec la chronique de l'essai que Jacques Darriulat et Raphaël Enthoven consacrent au peintre, Vermeer, le jour et l'heure, essai, Ed Fayard, février 2017, 304 pp et sous très peu, avec le compte rendu de visite de l'expo du Louvre

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La liseuse à la fenêtre ( +/- 1657) 

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Femme en bleu lisant une lettre (+/- 1663-64)

 

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La lettre d'amour ( vers 1669-70)

Sans oublier 

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Les (jeune) Femme écrivant une lettre, +/- 1665 et 1670, respectivement 

28 février 2017

Dans l'attente de toi- Lettre à une femme aimée

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"Les livres naissent de ce que l'on ne sait pas dire.

Si on savait,  on dirait, et il n'y aurait pas de livres;  on n’y penserait même pas. Mais voilà, on ne sait pas  dire, et c’est une inquiétude, puis très vite un manque,  et enfin un désir; et le livre vient, qui est tout entier l’effort pour dire, bien que l'on ne puisse pas. Cela  n’empêche pas d’essayer,  d'échouer toujours, et d'essayer encore ; le livre qui s'écrit est la trace de ces essais ."

Ains'INcipit une belle, picturale déclaration d'amour à la femme aimée . Nous y reviendrons mardi prochain

Dans l'attente de toi, Alexis Jenni,  Lettre, Ed L'iconoclaste, sept.2016, 272 pp

14 février 2017

Mar-dites-moi, Sire

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   Point n'est fortuit que de produire, en ce jour valentinesque,  l'extrait d'une lettre d'amour adressée par Henri IV à sa chère maîtresse Gabrielle d'Estrées (1573-1599) .

   Séduit par la beauté, la grâce et la fraîcheur de la jeune fille -  à l'heure de leur première rencontre, Gabrielle n'a pas 17 ans, Henri en a vingt de plus - le volage souverain en tombe éperdument amoureux, lui conçoit quatre enfants et songe à l'épouser.  La mort,en (suite de)  couches, de Gabrielle, le 10 avril 1599, l'empêchera de conclure l'union.

Séparé de ses "Belles Amours", le roi lui envoie des missives passionnées:

"J’ai vu par votre lettre la hâte qu’avez d’aller Germain. Je suis fort aise qu'aimiez bien ma sœur: c'est un des plus assurés témoignages que vous me pouvez me rendre de votre bonne grâce,  que je chéris plus que ma vie, encore que je m'aime bien. C'est trop causé, pour vous voir si tôt. Bonjour,  mon tout. Je baise vos beaux yeux des millions de fois.

              Ce douzième septembre,  de nos délicieux déserts de Fontainebleau."

 

 Gabrielle d'Estrées ou les belles amours, Isaure de Saint Pierre, Ed Albin Michel, février 2017, 400 pp

 

 

07 février 2017

Mar-dites-moi, Emile Zola

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Pédalant à travers la correspondance d'Emile Zola en ces jours peu grisants de grisaille - mais oui, je prépare activement les cours de la rentrée -  je découvre ses lettres de jeunesse - vous en reparlerai - dont la fameuse et infiniment longue "Lettre sur les écrans" qui lui permet de structurer sa pensée du moment. Le futur écrivain est âgé de 24 ans. Il affirme , un brin pontifiant, à son jeune ami Antony Valabrègue :

 "Les écoles n'ont jamais produit un seul grand homme; ce sont les grands hommes qui ont produit les écoles"

A creuser, c'est sûr; nous y reviendrons, cela ne fait pas un pli

-Zola. Correspondance. Choix de textes et présentation par Alain Pagès,Ed. Garnier Flammarion, février 2012, 382 pp

31 janvier 2017

Mar-dites-moi, Philippe Néel

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C'est parce qu'elle rencontre le bel et fringant Philippe Néel, ingénieur en chef des chemins de fer tunisiens, qu'Alexandra David succombe, mi-septembre 1900, à une folle nuit en L'Hirondelle, la garçonnière flottante de Philippe. Elle va alors  commettre l'impensable: s'unir à lui d'un "singulier mariage".  Papa David n'en revient pas, qui donne son accord mais point ne se déplace. Le mariage se conclut au consulat de Tunis le 4 août 1904.

Poète à ses heures, Philippe Néel envoyait à ses conquêtes d'un soir et du voilier, le même billet: 

 «  L’image d’un doux souvenir

Vient de s’offrir à ta pensée

Sur la trace qu’il a laissée

                                                              Pourquoi crains-tu de revenir ? «

Alexandra revient mais lorsqu'elle constate que son bien-aimé a envoyé même billet aux autres passagères du voilier., elle n'en ...revient pas.

Cet épisode constitue le premier volet de nos trois mar-dites- moi, spécialement consacrés aux plis d'amour (et leurs couacs) en vue de la Saint-Valentin

A Elter

 

24 janvier 2017

Point de vue matrimonial

 

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 Fraîche mariée avec le fringant Philippe Néel, Alexandra David réalise - on pouvait s'en douter - qu'elle n'est point faite pour le mariage. Elle s'en confie à l'intéressé, avec la franchise qu'on lui connaît:µ

 "Nous avons fait un singulier mariage, nous nous sommes épousés plus par méchanceté que par tendresse. Ce fut une folie, sans doute, mais elle est faite. La vraie sagesse serait d'organiser, maintenant, notre vie en conséquence, telle qu'elle peut convenir à des êtres de notre tempérament. Tu n'es pas le compagnon que j'aurais rêvé, je suis encore moins, peut-être, la femme qu'il t'aurait fallu ... Et quand nous gémirions sur cette constatation, la belle avance! ... Avec de la bonne volonté et de l'intelligence on remédie à bien des choses (…) »

    Paris, 3 octobre 1904

 Alexandra David-Néel. Correspondance avec son mari – Edition intégrale 1904-1941, Ed. Plon  sept. 2000, 946 pp

17 janvier 2017

L'excentricité du docteur Gachet vue par Vincent Van Gogh

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  "(...) J'ai vu monsieur le docteur Gachet qui a fait sur moi l'impression d'être assez excentrique, mais son expérience de docteur doit le tenir lui-même en équilibre en combattant le mal nerveux duquel certes il me paraît attaqué au moins aussi gravement que moi. "

 La  valse des arbres et du ciel,  Jean-Michel Guenassia, roman, Ed; Albin Michel, août 2016, 300 pp

03 janvier 2017

Le bon dos des versos de lettres

 

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 Les versos  de lettres ont parfois ... bon dos, sont de plaisants facteurs de..factures

Tel ce charmant envoi qu'écrit le célèbre François Villon (1431- 1463(?)) au dos d'une lettre quémandant quelque argent au duc de Bourbon.

 

Allez, lettre, faites un saut

Bien que vous n'ayez ni pieds ni langue

Faites comprendre en votre harangue comment

Je suis sans cesse en butte au manque d'argent.

 

"De moi, pauvre, je veux parler" Vie et mort de François Villon, Sophie Cassagne-Brouquet, biographie, Ed. Albin Michel, oct. 2016, 352 pp

27 décembre 2016

Mar-dites-moi, Marguerite

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 "En octobre 1939, l'Amérique commence à Bordeaux. Un Bordeaux sombre et encombré, obscurci comme à plaisir, qui semble envier à Paris ses ténèbres, et, dans ce duel entre deux noirceurs, la Gironde l'emporte sur la Seine."

Première des quatre lettres ouvertes que Marguerite Yourcenar adresse à son éditeur et néanmoins ami Emmanuel Boudot- Lamotte, cette "Lettre des Etats-Unis"  démontre, à l'envi, la qualité stylistique de la correspondance yourcenarienne/ Nous reviendrons amplement sur le sujet, à la rentrée ...2017

 En 1939, l'Amérique commence à Bordeaux. Lettres de Marguerite Yourcenar à Emmanuel Boudot-Lamotte (1938-1980). Edition établie, présentée et annotée par Elyane Dezon-Jones et Michèle Sarde, Ed. Gallimard, oct. 2016, 308 pp

 

20 décembre 2016

En 1939, l'Amérique commence à Bordeaux

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Emmanuel Boudot-Lamotte est l'éditeur, chez Gallimard, des Nouvelles orientales et du Coup de Grâce, de Marguerite Yourcenar. Il est aussi un fidèle ami. 

L'édition de leur correspondance -  du moins la partie rendue publique à ce jour,  compte tenu qu'une partie des archives yourcenariennes est consignée jusqu'en 2037 - révèle bien des faces de la célèbre académicienne. Celle d'un "exil" américain qui lui fait rejoindre,  dès 1939,  Grâce Frick, sa compagne et d'un regard porté, partant, sur l'Europe et la littérature française de l'après-guerre.  Celle de traductrice et de passeuse de littérature et de culture américaines.  

Le travail d'oeuvres demeurées à ce jour inédites - notamment le Dramatis Personae - son regard de critique d'art nourrissent une série de lettres de haute facture, de franchise mâtinée d'une courtoisie exquise.  Des modèles de savoir-faire épistolaire.

Et puis que dire de ces innombrables colis remplis de friandises et de denrées rares qu'elle expédie en France à haute cadence. Son souci constant de l'état de santé de la maman de "Nel" (Emmanuel Boudot-Lamotte)...

Pas de doute, nous reviendrons sur le sujet, dès l'an prochain, qui célèbrera,  le 17 décembre, les quarante ans du décès  de la grande écrivain. 

Lettres de Marguerite Yourcenar à Emmanuel Boudot-Lamotte (1938-1980). Edition établie, présentée et annotée par Elyane Dezon-Jones et Michèle Sarde, Ed. Gallimard, oct. 2016, 308 p

26 novembre 2016

Hommage à Emile Verhaeren

Depuis la mi-juillet, votre blog préféré a honoré la mémoire d'Emile Verhaeren (1855-1916) consacrant à ses vie, écrits et correspondance, un billet hebdomadaire (Mar-dites-moi, Emile Verhaeren) .

Il est temps de prendre congé en ce week-end tristement anniversaire - centenaire du décès accidentel, en pleine guerre, du poète. 

Je vous invite à (re)lire l'excellente biographie que lui consacrait , voici dix ans, Vincent Leroy et reproduis à votre intention la recension de l'ouvrage opérée, sur ce blog, en 2010

 

Publiée en 2006, cette biographie d'Emile Verhaeren est particulièrement agréable à découvrir: le style clair et concis qui parcourt les 108 pages de l'ouvrage donne envie de le lire d'une traite. Je ne m'en suis pas privée.

Né en 1855, au sein d'une famille aisée, le jeune avocat aura rapidement la liberté financière de se consacrer à sa seule plume: il commence sa carrière dans la revue La Jeune Belgique, collabore au "Cercle des XX"  - nous l'évoquions en parlant de James Ensor (voir billet de dimanche 3 janvier), avant de rejoindre la revue progressiste La Wallonie, fondée par Albert Mockel.

Ami de Georges Rodenbach, Camille Lemonnier , James Ensor - auquel il consacre une monographie - Stéphane Mallarmé, Stefan Zweig, du peintre Théo Van Rysselberghe (qui signe le tableau de couverture de l'ouvrage), socialiste de convictions, le poète sera également hautement estimé par le Roi Albert :  "Les oeuvres d'Emile Verhaeren ont magnifiquement glorifié le sol natal. Poète vraiment belge par la puissante expression de nos forces ataviques et des caractères de notre race, n'est-il pas en même temps un poète mondial célébrant la vie humaine dans ses manifestations les plus ardentes? "

Patriote ardent, il mènera sur le front verbal sa participation à la Première Guerre Mondiale, regrettant que l'âge l'éloigne du combat:

" Ce n'est qu'un bout de sol étroit

Mais qui renferme et sa Reine et son Roi

Et l'amour condensé d'un peuple qui les aime

Le Nord a beau y déchaîner le froid qui gerce et qui mord.

Il est brûlant ce sol suprême"

(Lambeau de Patrie)

Glissé sous les roues d'un train le poète ne survivra pas à l'amputation de ses deux jambes, brisant de sa mort, le couple heureux qu'il formait avec Marthe Massin.

La dernière partie de l'ouvrage de Vincent Leroy évoque les manifestations consacrées à la mémoire de l'écrivain et particulièrement celles qui célébrèrent, en 2005, le 150 e anniversaire de sa naissance.

" J'espère de tout coeur que toutes ces festivités, expositions, émissions de télévision et articles de presse rendront les Belges plus fiers de leur pays. Petite par la taille, la Belgique possède un remarquable patrimoine architectural, une vie associative très importante, de très nombreux talents notamment dans les arts plastiques et la littérature (dont Emile Verhaeren) et un folklore désormais soutenu par l'Unesco"

J'espère, quant à moi, que les élèves de Vincent Leroy et de nombreux lecteurs auront l'appétit de mieux connaître Emile Verhaeren et  la joie de savourer la qualité du travail accompli.

Apolline Elter

Le poète belge Emile Verhaeren, biographie, Vincent Leroy, Editions Azimuts, février 2006, 108 pp, 8 €

22 novembre 2016

Plus loin que les gares, le soir

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 Dernier billet de nos Mar-Dites-moi, Emile Verhaeren....

Le- 27 novembre célèbre en effet le centenaire du tragique accident ferroviaire qui coûta la vie de l'illustre poète

Nous l'aurons célébré six mois durant, honoré sa mémoire épistolaire de nombreuses tablées.

 Plongeons-nous en son recueil de La Multiple Splendeur (1906), au coeur d'un poème, d'allure prémonitoire, 

Plus loin que les gares, le soir

Je vous en livre les premières strophes:

L'ombre s'installe, avec brutalité ;
Mais les ciseaux de la lumière,
Au long des quais, coupent l'obscurité,
A coups menus, de réverbère en réverbère.

La gare immense et ses vitraux larges et droits
Brillent, comme une châsse, en la nuit sourde,
Tandis que des voiles de suie et d'ombre lourde
Choient sur les murs trapus et les hautains beffrois.

Et le lent défilé des trains funèbres
Commence, avec leurs bruits de gonds
Et l'entrechoquement brutal de leurs wagons,
Disparaissant - tels des cercueils - vers les ténèbres.

Des cris ! - Et quelquefois de tragiques signaux,
Par-dessus les adieux et les gestes des foules.
Puis un départ, puis un arrêt - et le train roule
Et roule avec des bruits de lime et de marteaux.

La campagne sournoise et la forêt sauvage
L'absorbent tour à tour en leur nocturne effroi ;
Et c'est le mont énorme et le tunnel étroit
Et la mer tout entière, au bout du long voyage.

(...)

15 novembre 2016

A deux plumes

Pour cet avant-dernier épisode de notre saga du mardi, je vous propose une charmante lettre écrite à deux plumes, deux langues, par Emile Verhaeren et son compère Zweig, alors en séjour au Caillou-qui-Bique. Nous sommes en août 1908. Il s'agit d'inclure le poète autrichien Rainer Maria Rilke dans ce bienfaisant sentiment d'amitié qui lie les écrivains.

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Émile Verhaeren et Stefan Zweig à Rainer Maria Rilke

                                                                                   [Roisin, 13 août 1908]

Mon cher Rilke

Zweig est chez moi, au Caillou[ Nous causons de vous – combien souvent & avec quelle sympathie ! - & c’est, parfois, comme si vous étiez ici, tellement votre présence y est évoquée. J’espère bien vous rencontrer en hiver, à Paris, souvent & vous envoie déjà, d’avance, la bonne poignée de main que j’espère vous donner bientôt. Très à vous

                                                                        Verhaeren.

Verehrter Herr Rilke, gerne wüBte ich, ob Sie Ende August noch in Paris sind. Es ist noch nichr ganz bestimmr, daB ich hinkornme, aber die Freude, Sie endlich zu sehen, würde mir den Entschluf leichter machen. Hoffentlich kommen Sie in diesem Jahre nach Wien, ich bin
bis Dezember und ab April dort – dazwischen lallt eine Reise nach Indien. Herzlich ergeben ihr

                                                                       Stefan Zweig

 

Verhaeren – Zweig. Correspondance. Edition établie par Fabrice van de Kerkhove, Ed Labor, 1996, coll. Archives du futur, 608 pp

06:27 Publié dans Mar-Dites-moi | Commentaires (0) |  Facebook |