04 juillet 2015

Lettres d'amour en héritage

Le Festival de la Correspondance de Grignan vous propose, ce jour, une lecture-spectacle d'une oeuvre magistrale : "Comment j'ai vidé la maison de mes parents" de Lydia Flem 

Mise en lecture par Marie-Armelle Deguy, en partenariat avec Le Jeune Théâtre National et l'Ecole supérieure d'art dramatique,  la LS a lieu dans le Jardin du Mail, à 12h30, interprétée par Marie-Armelle Deguy, Zelda Perez et Alexandre Ruby.

L'occasion pour nous de  reproduire, à votre attention,  la chronique parue, en votre blog préféré, il y a quelques années:

Résultat de recherche d'images pour "comment j'ai vidé la maison de mes parents"

 « Je n’avais pas mis de point final à ma dernière phrase. Mon chagrin était encore trop vif, la perte trop écrasante. Je ne pouvais pas imaginer que ma peine se ferait petit à petit moins violente, qu’elle deviendrait une compagne apaisée, assourdie, faite de souvenirs et d’évocations réconfortantes. Le deuil n’était pas clos. J’en étais encore prisonnière. »                                                                                         C’est par ces phrases fortes que commencent Lettres d’amour en héritage, deuxième volet du somptueux Comment j’ai vidé la maison de mes parents, de Lydia Flem, dont je vous avais parlé en octobre dernier.    

   De trois boîtes découvertes dans le grenier de ses parents décédés, Boris Flem et Jacqueline, « Jacky » Esser, l’écrivain, psychanalyste, extraie  la correspondance amoureuse  - pas moins de sept cent cinquante lettres - qu’ils échangèrent, trois ans durant, principalement  de 1946 à 1949, au lendemain de la guerre, tandis qu’ils se promettaient l’un à l’autre et sa maman se battait contre une pleurésie purulente chronique contractée à Auschwitz.

  «  Je laissai passer de longs mois avant de me décider à ouvrir les boîtes et à commencer ma lecture. »   

   A travers ces échanges sur lesquels l’auteur se penche durant presque deux ans, avant de nous en livrer des extraits, de les commenter, elle revoit la relation qui l’a unie à ses parents et  perçoit  l’impact qu’aura eu leur couple sur son propre destin :  « Cet amour contrarié par la maladie, mythe fondateur du couple de mes parents, m’avait donné la conviction que l’amour se gagne de haute lutte, qu’il ne va jamais de soi, qu’il est hérissé de difficultés et de contretemps, qu’il faut s’armer de patience et d’intelligence pour les vaincre, mais que ces obstacles lui donnaient aussi toute sa valeur »Et un peu plus loin : « Pourtant, être née de l’amour donne de la force, prédispose sûrement à répéter, dans sa propre existence, cet élan de vie et de confiance. » (p 97)                                                                                             

C’est sans doute pour comprendre ses parents, les « apprivoiser », leur offrir une revanche sur « un traumatisme (reçu) en héritage »  que Lydia Flem a choisi la psychanalyse et nous offre, à nous lecteurs, de partager le fruit d’une réflexion, d’une maturité intense, nourrie.

  Pour notre plus grande édification.

Une lecture précieuse, essentielle.  

 

  Apolline Elter                                                                                     

 Lettres d'amour en héritage, Lydia Flem, Seuil, La Librairie du XXI e siècle, octobre 2006, 15 €.   

 

30 mai 2012

Hommage à Jacqueline Harpman

" Je mourus par un bel après-midi d'automne, m'épargnant ainsi l'hiver que j'ai toujours détesté. Les feuilles mortes tombaient avec grâce, je fis de mon mieux pour les imiter"

Dieu et moi, (Ed. Mille et une nuits, 2001)

C'est une radieuse journée de printemps qui vous emporta, Jacqueline Harpman, ce 24 mai, entraînant, en un mouvement ascensionnel cette plume que vous avez si bien maîtrisée. Ecrivain majeur de notre paysage littéraire - qui ne connaît, La plage d'Ostende, La dormition des amants, L'orage rompu, Orlanda, En toute impunité, Du côté d'Ostende, Ce que Dominique n'a jamais su... - vous vous assîtes, vous aussi à la table des  Madeleines de nos auteurs. (Ed Racine, 2008) Ce fut un grand honneur...un bonheur à l'avenant.

Et cette joie fébrile de recevoir, par courrier postal, le texte d'une madeleine - la vôtre - si joliment concocté.

Je me permets de le reproduire, ce jour, hommage à votre magnifique participation, aux Madeleines, à la vie.

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« Les petits gâteaux.

            J’étais  une petite fille sans appétit. Je ne dis pas anorexique car je pense que ce ne serait cliniquement pas correct, simplement la nourriture ne m’intéressait pas, sauf sous la forme des petits gâteaux et j’ai un souvenir radieux des fiançailles manquées de ma sœur.

            C’était à Casablanca et ma sœur n’était pas encore rentrée à Bruxelles. Je ne ferai pas le récit détaillé des raisons qui lui firent accepter la demande en mariage de son patron car ce récit lui appartient, mais je sais que lorsque, cet après-midi-là, je revins de l’école, la famille était en ébullition : toutes les deux minutes la sonnette retentissait  et un livreur apparaissait, chargé de flacons de parfum, de superbes sacs à main, de foulards de soie et de je ne sais quels autres cadeaux qu’un fiancé peut faire à sa bien-aimée. Tout cela me paraissait évidemment très plaisant, mais ne me concernait pas. Puis ce fut le pâtissier.

            Ah ! le pâtissier !

            Nous étions en 1942. Le rationnement sévissait déjà. J’ai raconté ailleurs que mes parents avaient emporté au Maroc l’argent dont ils disposaient, et que ce serait à qui durerait le plus longtemps, l’argent ou la guerre : il n’était donc pas question de dépenses inconsidérées. Nous nous nourrissions, mais nous ne sacrifions pas àla gourmandise. Lepâtissier apportait deux cartons qui contenaient bien vingt-quatre gâteaux chacun et nous n’étions, dans cette petite salle-à-manger, que six ou huit personnes. On ne faisait pas attention à moi. J’ai commencé à manger les petits gâteaux ; Autant que j’en voulais, et il s’avéra que j’en voulais beaucoup. J’étais une fille raisonnable et je fis attention à bien répartir ce que je laissais, de façon à dissimuler ma gloutonnerie : je suis sûre d’en avoir bien mangé la moitié, chose qui me serait impossible aujourd’hui où un éclair au chocolat me paraît trop et je le partage avec un de mes petits-enfants. Ce fut l’orgie. Le délice. L’extase. Et la meilleure digestion possible. Le fiancé de ma sœur me sembla l’homme le plus séduisant du monde, il m’avait prise par les sentiments et je fus profondément désolée lorsque le lendemain matin ma sœur rompit un si aimable nœud.

            Jamais plus, dans ma vie, il n’arriva qu’un homme mît devant moi quarante-huit petits gâteaux, et pourtant, je découvre que c’était le chemin le plus direct vers mon cœur… »

Jacqueline Harpman in Les madeleines de nos auteurs, A. Elter, Ed Racine, nov 2008

11 mars 2012

Grégoire Polet à la librairie Libris - Agora de la Toison d'Or

Grégoire Polet Agora -L TO 005.jpgInvité de la librairie Libris-Agora de la Toison d'Or, ce samedi 10 mars, après-midi, Grégoire Polet se prêta avec sa courtoisie habituelle mais aussi une fougue, animée de passion et d'une sincérité inxoydable au jeu des questions et réponses que votre dévouée lui posa.

Le présent compte rendu complète la chronique et le billet de faveur du 26 janvier (accessible en vitrine du blog)

 SomGrégoire Polet Agora -L TO 002.jpgmée d'accomplir l'appel d'un amour avorté, d'une vie exclusivement intérieure,  avec une même sincérité, Ariana échappe à l'ancrage terrien d'une vie programmée, par trop convenue. Cette plongée en elle l'isole du monde tel qu'il vit autour de lui, augmente sa détresse et semble rendre inéluctable l'échappée de la vie.

Le côté "nietzschéen" d'Ariana fit l'objet d'un long développement et d'une mise en parallèle avec le  Zarathoustra.

Riche, à l'instar du roman, d'une variété de lectures et de niveaux d'interprétation, le titre

"Grégoire Polet Agora -L TO 001.jpgBallons d'hélium" s'imposa à l'écrivain, sitôt achevée, l'écriture de pages et d'une pensée qui l' habitent  depuis plusieurs années. Un roman - qui semble s'inscrire dans le cyle "nocturne" amorcé avec Chucho -  et révèle, sans conteste, l'extraordinaire maturité d'un écrivain, qui, âgé de 33 ans, a déjà publié cinq romans auprès des Editions Gallimard, ainsi qu'un délicieux Petit éloge de la goumandise.

AE

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29 janvier 2012

Histoire de ma vie

théière high tea.jpgJe ne crois pas avoir revu cette maison de Chaillot depuis 1808, car, après le voyage d'Espagne, je n'ai plus quitté Nohant  jusqu'après l'époque où mon oncle vendit à L'Etat sa petite propriété, qui se trouvait sur l'emplacement destiné au palais du roi de Rome. Que je me trompe ou non, je placerai ici ce que j'ai à dire de cette maison, qui était alors une véritable maison de campagne, Chaillot n'étant point bâti comme il l'est aujourd'hui.
..........C'était l'habitation la plus modeste du monde, je le comprends aujourd'hui que les objets restés dans ma mémoire m'apparaissent avec leur valeur véritable. Mais à l'âge que j'avais alors c'était un paradis. Je pourrais dessiner le plan du local et celui du jardin tant ils me sont restés présents.[...]
..........Le jardin était un carré fort long, fort petit en réalité, mais qui me semblait immense, quoique j'en fisse le tour deux-cents fois par jour. Il était régulièrement dessiné à la mode d'autrefois; il y avait des fleurs et des légumes; pas la moindre vue car il était tout entouré de murs; mais il y avait au fond une terrasse sablée à laquelle on montait par des marches en pierre, avec un grand vase de terre cuite classiquement bête de chaque côté, et c'était sur cette terrasse, lieu idéal pour moi, que se passaient nos grands jeux de bataille, de fuite et de poursuite.
..........C'est là aussi que j'ai vu des papillons pour la première fois et de grandes fleurs de tournesol qui me paraissaient avoir cent pieds de haut. Un jour, nous fûmes interrompues dans nos jeux par une grande rumeur au-dehors. On criait "Vive l'empereur", on marchait à pas précipités, on s'éloignait et les cris continuaient toujours. L'empereur passait en effet à quelque distance et nous entendions le trot des chevaux et l'émotion de la foule. Nous ne pouvions pas voir à travers le mur, mais ce fut bien beau dans mon imagination, je m'en souviens, et nous criâmes de toutes nos forces: Vive l'empereur ! transportées d'un enthousiasme sympathique.

George Sand,
Histoire de ma vie (chapitre 11)
© Ed. Gallimard, "Bibliothèque de la pleiade"

27 novembre 2011

Histoire de ma vie

" théière high tea.jpgJe ne crois pas avoir revu cette maison de Chaillot depuis 1808, car, après le voyage d'Espagne, je n'ai plus quitté Nohant  jusqu'après l'époque où mon oncle vendit à L'Etat sa petite propriété, qui se trouvait sur l'emplacement destiné au palais du roi de Rome. Que je me trompe ou non, je placerai ici ce que j'ai à dire de cette maison, qui était alors une véritable maison de campagne, Chaillot n'étant point bâti comme il l'est aujourd'hui.
..........C'était l'habitation la plus modeste du monde, je le comprends aujourd'hui que les objets restés dans ma mémoire m'apparaissent avec leur valeur véritable. Mais à l'âge que j'avais alors c'était un paradis. Je pourrais dessiner le plan du local et celui du jardin tant ils me sont restés présents.[...]
..........Le jardin était un carré fort long, fort petit en réalité, mais qui me semblait immense, quoique j'en fisse le tour deux-cents fois par jour. Il était régulièrement dessiné à la mode d'autrefois; il y avait des fleurs et des légumes; pas la moindre vue car il était tout entouré de murs; mais il y avait au fond une terrasse sablée à laquelle on montait par des marches en pierre, avec un grand vase de terre cuite classiquement bête de chaque côté, et c'était sur cette terrasse, lieu idéal pour moi, que se passaient nos grands jeux de bataille, de fuite et de poursuite.
..........C'est là aussi que j'ai vu des papillons pour la première fois et de grandes fleurs de tournesol qui me paraissaient avoir cent pieds de haut. Un jour, nous fûmes interrompues dans nos jeux par une grande rumeur au-dehors. On criait "Vive l'empereur", on marchait à pas précipités, on s'éloignait et les cris continuaient toujours. L'empereur passait en effet à quelque distance et nous entendions le trot des chevaux et l'émotion de la foule. Nous ne pouvions pas voir à travers le mur, mais ce fut bien beau dans mon imagination, je m'en souviens, et nous criâmes de toutes nos forces: Vive l'empereur ! transportées d'un enthousiasme sympathique."

George Sand,
Histoire de ma vie (chapitre 11)
© Ed. Gallimard, "Bibliothèque de la pleiade"

16 novembre 2011

Un éclat de vie

9782859208745FS.jpg"Je suis en train d'écrire un livre sans pages dans un monde sans lecteurs"

Seule rescapée d'une apocalypse planétaire et d'un désastre dans sa vie privée, Eve tente d'accéder  aux portes de son passé au gré d'un trousseau de souvenirs dont  elle possède les clefs.

Eve de fin de monde, l'héroïne a vu sa vie éclater par la trahison d'un homme, "M.", le sien.

"Je suis la dernière femme du monde. Je ne sais pas où je suis, je ne sais rien de ce qui m'entoure mais qu'importe, quand on souffre d'amour, on est toujours l'ultime femme du monde."

Belle-au-bois-dormant d'une nuit hors temps, la narratrice revisite son enfance, sa famille, son couple,  avec un réalisme, truffé d'absurde, d'humour et nous concocte un de ces spirituels cocktails dont Marie-Eve Sténuit a le secret.

Apolline Elter

Un éclat de vie, Marie-Eve Sténuit, roman, Le Castor Astral, octobre 2011, 84 pp, 12 €


agenda.jpgMarie-Eve Sténuit et EdouardC. Peeters (L'Horizon des Evénement, roman, Le Castor Astral, oct 2011) seront, aux côtés de Francis Dannemark;  les invités de la librairie La Licorne (Uccle- Bruxelles) , le jeudi 17 novembre, à 18 heures 30



 

15 novembre 2011

Hommage à Hubert Nyssen

Hubert Nyssen n'est plus. Il s'est endormi dans la nuit de vendredi à samedi, tirant sur la vie qu'il a si bien (d)écrite, une dernière bouffée de pipe. Il avait participé avec conviction..et humour à l'aventure des "Madeleines de nos auteurs" (ed. Racine 2008) . Nous nous autorisons, en guise d'hommage, à reproduire le texte qu'il avait rédigé pour la circonstance.

LA HAINE DU CHOU-FLEUR

 

Tu les manges, petit, tes choux-fleurs ? J’avais six ans, ou sept, on m’avait envoyé dans un préventorium de l’Assistance publique. L’homme planté derrière moi au réfectoire, on l’appelait Simon, brandissait sa question comme un fouet. Tu les manges, hein, tu les manges ? Je ne trouvais pas de mots pour lui dire la nausée que me donnait la bouillie que nous avions dans nos écuelles. Tu les manges ? J’ai fait non de la tête, Simon m’a saisi par les cheveux pour me tirer le crâne vers l’arrière et, me coinçant d’un genou dans le dos, il a introduit entre mes dents une cuiller pleine du puant brouet qui m’a ruisselé sur le menton et dans le cou. Je me suis débattu, il a recommencé, je recrachais encore. J’eus droit à la raclée. Ce jour-là, Simon m’a injecté pour la vie la haine du chou-fleur.

Pour la vie ? La mienne est constellée de coïncidences comme d’étoiles filantes la nuit des Perséides. L’une d’elles me fit un jour découvrir à Chaillot, dans les années soixante, que la haine du chou-fleur avait un sens plus grave que je ne pensais. Jean Vilar avait mis en scène La résistible ascension d'Arturo Ui, la pièce de Bertold Brecht dont le sinistre héros contraint les détaillants de Chicago, par force et violences, d’acheter leurs choux-fleurs aux producteurs alors en difficulté. Que le chou-fleur eût ainsi à voir avec Hitler me fut une révélation. En le choisissant de manière symbolique pour stigmatiser “la bête immonde”, Brecht me révélait pourquoi dans les années trente j’avais pris en haine ce légume, et il jetait une lumière soudaine sur les circonstances dans lesquelles, au préventorium, un misérable Arturo Ui m’avait forcé à ingurgiter du chou-fleur comme son modèle brechtien en avait imposé l’achat aux détaillants chicagolains.

Nombre d’années plus tard, un soir, dans un petit bourg de Provence, une accorte maîtresse de maison, belle comme l’Arlésienne, posa devant moi une assiette. Consommé de chou-fleur, murmura-t-elle avec un sourire complice. Après un instant de stupeur, je me ressaisis, quarante ans avaient passé, le moment était sans doute venu de me débarrasser d’un infantile préjugé et d’admettre que, sous cette forme, avec cette couleur et préparé par une séductrice aux hanches si désirables, le chou-fleur était devenu consommable. Mais à peine en avais-je mis une goutte sur la langue, la révulsion revint, Arturo Ui reparut sous les traits de Simon, la nausée de jadis me reprit. Je pris la fuite.

Pour raconter ces souvenirs j’avais épinglé devant moi la photo d’un chou-fleur. Avec son cache-col de verdure fanée, ce légume est aussi grotesque qu’une gargouille. Et puis, ses inflorescences d’un blanc jaunasse ressemblent aux dégueulis pétrifiés de Gargantua que je vis un jour dans une cave de Chinon. Nous sommes irréconciliables, le chou-fleur et moi. Si d’aventure j’en retrouve un sur mon chemin, qu’il soit géant de Naples, demi-dur de Paris ou hâtif d’Erfurt, c’est promis, c’est juré, je l’enverrai valser d’un coup de pied à la Zidane.

 

 

 

© Hubert Nyssen

copyright photo: Bruno Nuttens

05 septembre 2011

André-Marcel Adamek n'est plus

Adamek.jpg"Ton café, il a l’odeur des fêtes et des matins de joie*. »

Vos (nombreux) romans aussi, cher André-Marcel Adamek. Votre décès nous attriste et nous rend orphelins des suites du Roman fauve que nous avions hâte de découvrir. Votre constante bienveillance, joyeuse courtoisie,  vont nous manquer.
Traduits en de nombreuses langues, vos romans échappent à la temporalité de présents éphémères.
Souffrez,  qu'en ce lundi, coutumier des légères pensées, je reproduise, gage d'estime et d'affection,  le texte...de votre madeleine proustienne** :

"L’oie aux queues de cerises

        (Recette régionale)

 

 Prenez une oie et jetez-la dans l’eau bouillante avec trois graines de tournesol, du sel de rivière et un filet de vinaigre bleu.

 

Au préalable, on aura pris la peine de couper les pieds du palmipède que l’on conservera à part dans du formol afin d’en confectionner de succulents potages.

 

Épluchez une tresse d’ail et la suspendez à votre fenêtre comme manière d’éloigner les vampires et autres insectes nuisibles du foyer.

 

Tandis que l’oie se morfond en son bouillon, préparez une farce, par exemple en téléphonant à vos amis pour leur annoncer que vous avez cessé de boire.

 

Dans une jolie casserole en cuivre, réservez 333 queues de cerise de la variété dite petites surettes de Sibérie que laisserez mijoter 33 heures dans une pinte de lait d’ânesse agrémenté de noix de muscade.

 

Servez-vous six décilitres de bon armagnac et versez le reste de la bouteille dans une poêle à bec de lièvre avec une livre de safran et une asperge blonde coupée en rondelles.

 

Quand l’oie a cessé de remuer, ajoutez l’armagnac, les queues de cerises et l’ail exposé à votre fenêtre. Touillez. Laissez réduire trois jours. Servir brûlant avec une purée de noisettes et un clafoutis de chardons.

 

Les meilleurs vins qui accompagneront ce plat sont un muscadet de l’Escaut ou un Merlot de Norvège.

 Adamek"




*Le fusil à pétales, André-Marcel Adamek,  Labor, coll.  « Espace Nord »,  2002, p. 33.

** Recette déclinée pour le recueil Les madeleines de nos auteurs (Ed. Racine, 2008)

 

 

04 avril 2010

Chanson pour un matin de Pâques - Colette Nys-Mazure

CHANSON POUR UN MATIN DE PAQUES 
 
Mes enfants sont dans les arbres.
J'ai ouvert la cage.
La maison respire dans la lumière
et le soleil pénètre par la porte
qui ouvre les bras.
La poussière chante dans les rayons obliques
de ce matin léger.
Le Seigneur s'est introduit dans ma maison
et  Il s'est assis : comme il fait bon chez toi !
Je travaillais, je ne L'avais pas vu entrer…
Alors j'ai posé mon ouvrage
Et je me suis assise près de Lui
Et j'ai regardé avec Lui l'éclat de ce jour.
Colette Nys-Mazure

27 septembre 2009

Qôta-Nih

L'actualité des auteurs de nos Madeleines...

 

Après un silence de 8 ans, dont il s'explique au micro d'Emond Morrel, Gérard Adam nous revient avec un nouveau roman, Qôta-Nih, publié aux Editions M.E.O

Je vous invite à en écouter l'interview, en cliquant sur le lien "Espace livres" qui vous attend au Nord-Ouest de ce blog...

Bon dimanche

 

Apolline Elter

22 septembre 2009

180 ans de la Maison Delvaux , rencontre des Madeleines

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La bibliothèque qui servit d'ingrédients aux "Madeleines", délicieusement ponctuée de tag, mails, dot, chat, tatoo, ...articles jubilatoires de la collection "Leather & Letters" créée par la Maroquinerie à l'occasion de son 180e anniversaire (Edition limitée)

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Anne Dubuisson (Maison Delvaux), Amandine Vandeputte (Mindshake) Apolline Elter

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Présentation des "Madeleines de nos auteurs" et et du principe des infusions littéraires, méthode de chronique des ouvrages et mémoire de leur lecture.

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Les participants furent ensuite invités à consigner des aphorismes sur une grande toile posée sur chevalet.

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Une dégustation de madeleines et d'infusions..scella la dégustation littéraire concoctée par Mesdames Anne Dubuisson, Amandine Mindshake et Annick Moies-Delval, responsable de la boutique de Namur.

 

A.E.

01 septembre 2009

La rentrée des Madeleines

 

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Après quelques mois d'accalmie, Les Madeleines célèbrent la rentrée, avec le sympathique bénéfice d'un coup de coeur décerné par Joëlle Rochette, critique gastronomique auprès du Vif/L'Express.

Un aperçu en cliquant sur le lien:

http://www.levif.be/weekend/fr/home/leblog/Blog-algemeen/...

Quelques événément sont prévus dont je vous parlerai avec plaisir. Et puis, surtout,  nos auteurs continuent à publier des petits bijoux que j'aurai la joie de vous présenter.

Rendez-vous pour une toute proche chronique consacrée au Roman fauve d'André-Marcel Adamek. Une perle.

 

Apolline Elter

29 avril 2009

Les Madeleines et le Forty Ladies

Peut-on rêver meilleur cadre que celui du Château Sainte-Anne, à Auderghem et une sympathique réunion du Forty Ladies pour une présentation des "Madeleines", ce mardi 28 avril midi...

 Entre plat et dessert d'un déjeuner exquis, un rapide survol du recueil  fut relayé par les questions des participantes dont certaines firent montre d'une connaissance assez exceptionnelle de notre paysage littéraire contemporain.

Que du bonheur.

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Mesdames Caroline Brondel, Brigitte Janssens, Anne-Françoise Decoster et Francesca Macchia

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Mesdames *, Caroline Osselaer et Véronique Jacobs

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Madame Yves Herinckx (à droite) merveilleuse instigatrice la rencontre, Madame Alexandre Diercxsens (milieu)

Créé fin des années 60, dans le sillage de Val Duchesse et d'une vie associative pour membres du Corps Diplomatique, l"International Club Château Sainte-Anne" compte aujourd'hui quelque 2000 membres et rallie autour d'activités culturelles, sportives, familiales et  professionnelles 36 nationalités différentes. Une vaste piscine, un hall multi-sports, une restauration raffinée et une direction avenante et dynamique participent au succès  du club.

 

Apolline Elter

22 avril 2009

Jubilatoires madeleines

Il est de ces moments bénis de l'existence où vous partagez, devant un public choisi, votre passion de la littérature - belge en l'occurrence.

Il est de ces amies, bénies, qui vous concoctent une soirée de rêve, réunissant quelque 25 lecteurs, dont vous pouvez accabler l'écoute bienveillante des fruits de votre gourmandise livresque...

Que nos hôtes d'hier soir, Katharina et Yves Herinckx, en soient particulièrement remerciés.

Apolline Elter

01 avril 2009

Vive les Rois et ... Patrick Weber


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Passionnant Patrick Weber, invité des "Madeleines du Méridien", ce mardi 31 mars, à l'occasion de la fraîche sortie de Vive les Rois (J-C Lattès - cfr chronique de samedi 28 mars).

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Interviewé par Nicky Depasse, l'écrivain, romancier, journaliste, homme de TV, historien de l'art, scénariste de BD, chroniqueur attitré de la Royauté belge et internationale..., se prêta au jeu des questions avec affabilité, simplicité et un don de communication assez exceptionnels. Conséquence obligée: la tablée, sympathique, fut d'emblée conquise à l'unanimité.

 

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 Monsieur Christian Leysen

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Madame Bernard Delforge

 

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                  Comtesse Paul de Meeûs d'Argenteuil

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Comte Paul de Meeûs d'Argenteuil et Monsieur Eric Tasté

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Monsieur Louis Jadoul - Madame Martine Levens

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Monsieur et Madame Michel Haes

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Nicky Depasse, reine, auto-proclamée - Apolline Elter

Si la passion monarchique de Patrick Weber semble prendre racine dans les longues heures de piquet endurées, durant son enfance, sous les portraits bienveillants de Baudouin et Fabiola, elle est aujourd'hui nourrie d'arguments solides et convaincants: en tête, les valeurs intemporelles et durables symbolisées par nos souverains, contre-pied d'une époque consumée de ...consumérisme, distraite de ses racines.

Fasciné par le règne et le côté visionnaire de Léopold II, l'historien souligna le génie de ce dernier, bien qu'il ne fût pas un saint. Et de mettre en garde la tablée contre une image déformée et par trop négative du souverain: "Quand on est historien, il faut éviter de juger des faits passés au prisme de la mentalité actuelle."

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 Après dégustation d'une "madeleine" constituée de sole au pesto de pistache - symbole de l'attachement de l'écrivain à la cuisine italienne,  la vraie,  déclinée dans ses innombrables variétés... - Patrick Weber partage sa résidence actuelle entre Bruxelles, Paris et Rome - le micro de Brice Depasse  embraya sur l'argument d' une autre oeuvre majeure : Le grand Cinquième. Le destin du cinquième Dalaï Lama, contemporain de Louis XIV,  entraîna une évocation contrastée du Tibet, du boudhisme et les récits d'un voyageur passionné.

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Clin d'oeil de lèse-majesté, une galette des Rois consacra une série de royautés quelque peu incongrues:

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Monsieur Bernard Delforge, heureux attributaire de la fève.

Le repas se conclut par le traditionnel tremper de madeleine dans une infusion de thé et le sentiment que la soirée avait eu bien trop courte carrière.

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 Apolline Elter.

Site vivement recommandé : www.patrick-weber.com

Découverte à la clef d'un chapitre inédit de l'essai Vive les Rois...

Galette des Rois

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La fève n'était pas un poisson..d'avril. Nous avons bien fêté les Rois, hier soir, avec Patrick Weber.

Compte rendu d'une soirée passionnante dans les prochaines heures....

Apolline Elter

31 mars 2009

Nicolas Sarkozy, souverain

"Le plus récent souverain d'Europe n'est autre que Nicolas Sarkozy qui est devenu coprince d'Andorre en accédant à l'Elysée"

"100 (petites et grandes) choses à savoir sur la monarchie... "in Vive les Rois, Partick Weber, JC-Lattès, mars 2009.

M'est avis que la Madeleine de ce soir va être passionnante...

http://editionsdelermitage.skynetblogs.be/post/6793529/

11 mars 2009

Patrick Weber : invité des Madeleines du Méridien

 

Patrick Weber, notre Stéphane Bern national...

Sera l'invité des "Madeleines du Méridien",  mardi 31 mars prochain, à 19 h 30.

Interview: Nicky et Brice Depasse - Apolline Elter

Spécialiste de nos royautés, journaliste, scénariste de bandes dessinées, chroniqueur auprès de Vivacité, Femmes d'aujourd'hui, C'est du belge (La Une -TV), ....romancier à succès - il vient de publier Cathares, la suite de Vikings, auprès des Editions Timée - Patrick Weber vit entre Bruxelles, Paris et Rome.

Il viendra nous parler de son tout nouvel ouvrage: Vive les Rois.(Editions Jean-Claude Lattès)

 Il sera bon et vivifiant de s'interroger sur la fonction monarchique, souvent mise en doute.

Pourquoi la monarchie donne un coup de vieux à la république.

Réponse à la lecture de ce bien attrayant essai.

 

 

 

Renseignements pratiques:

Lieu: Restaurant L'Epicerie (Hôtel Le Méridien, Carrefour de l'Europe, 3 - 1000 Bruxelles (face à la Gare Centrale))

Date: mardi 31 mars à 19h30.

Le repas sera composé selon le principe des "Madeleines de nos auteurs" (voir éditions précédentes ) et clôturé d'un tremper de madeleines dans une infusion vespérale.

Prix: 50 € / personne comprenant apéritif, plat, dessert, eau, vin (2 verres), café (ou infusion).

Inscription (nombre de places limité - avant le 27 mars) par mail : apolline.elter@skynet.be ou en téléphonant à Nicky Depasse: 0474.24.88.76

 

Site de l'auteur:   www.patrick-weber.com

Je vous engage à le visiter!

Apolline Elter

09 mars 2009

La Foire du Livre de Bruxelles ferme ses portes

Et je vous livre, quelques photos, glanées,  jeudi 5, vendredi 6 et samedi 7 mars, lors du café littéraire organisé par les Editions Racine, autour des auteurs des Madeleines.

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Jeudi 5 mars, au stand du Castor Astral: Marie-Eve Sténuit et Xavier Deutsch

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Elisa Brune (Stand de la Librairie Filigranes)

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 Vendredi 6 mars: Monique Thomassettie (Service du Livre Luxembourgeois)

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Colette Nys-Mazure (Bayard)

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Samedi 7 mars : Café littéraire  (café €...pa) - Reportage -photos : Sybille Jadoul

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Gérard Adam présente ses "madeleines" faites de biscuits militaires au lait concentré sucré.

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Et Genviève Bergé, d'évoquer le poulet à la mangue, futures madeleines de ses filles.

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Des difficultés de bien rater un pain d'épices...ou un gâteau au chocolat, selon Eva Kavian.

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La seconde partie de la rencontre sera consacrée à l'actualité littéraire de nos auteurs: Grégoire Polet trace l'argument de Chucho, roman poignant et magnifique (Gallimard)

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De gauche à droite: Geneviève Bergé (Un peu de soleil sur les planchers, Editions Luce Wilquin, Gérard Adam, Marie-Eve Sténuit (Le bataillon des bronzes, Le Castor astral), Nicky Depasse (journaliste) Apolline Elter, Eva Kavian (La dernière Licorne, Mijade et Le Square des héros, Castor Astral), Grégoire Polet (Chucho, Gallimard) et Jean-Luc Outers (Le Voyage de Luca, Actes Sud)

Public et participants furent ensuite conviés sur le stand des Editions Racine pour une dégustation de vraies madeleines proustiennes.

 

De notre envoyée spéciale...Apolline Elter.

 

 

03 mars 2009

Foire du Livre de Bruxelles

Elle aura lieu du jeudi 5 au lundi 9 mars, sur le site de Tours et Taxis.
L'occasion de rassasier à l'envi  son appétit de lectures, de débats, rencontres avec des écrivains de prestige, venus des cinq continents, des quatre coins de la Belgique.
Mais encore.

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Il vous sera loisible de déguster les vraies madeleines de Proust.

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De rencontrer quelques des auteurs des Madeleines (Gérard Adam,Geneviève Bergé, Eva Kavian, Grégoire Polet, Marie-Eve Sténuit, Monique Thomassettie...) lors du Café littéraire qui se déroulera samedi 7 mars à 16 heures (Lieu: Café Europa) Le débat sera mené par Nicky Depasse.
Je serai ravie de vous y accueillir, ainsi que lors de la séance de dédicaces qui suivra (stand 116 - des Editions Racine , samedi 7 mars, de 17 à 18 h).
Apolline Elter


18 février 2009

Foire du livre de Bruxelles

 

La Foire du Livre de Bruxelles aura lieu, cette année, du jeudi 5 au lundi 9 mars.

Adresse: Tours & Taxis - Avenue du Port, 86 C - 1000 Bruxelles

Sit web: www.flb.be

Rendez-vous samedi 7 mars de 16h  à 17 h au Café Europa, pour une rencontre autour des Madeleines, orchestrée par Nicky Depasse. Le café littéraire sera suivi d'une séance de dédicaces sur le stand Racine (116)

Ce sera une joie de vous y rencontrer.

Apolline Elter

11 février 2009

Madeleine essentielle

 

" Je me sens comme un jeune vieillard gagné par une douce nostalgie qui lui fait souvenir avec une précision sucrée des marques d'essence avec leur sigle qui défilent le long de la route: l'écusson rouge et vert d'Antar, les signes Azur, l'étoile Caltex, les initiales BP et sa demoiselle à taille fine comme une goutte d'huile, l'enseigne tricolore Esso, le marsouin Fina, Pegase le cheval ailé Mobil, les grosses lettres Total, la coquille Shell. Finies les rutilantes stations-services aux bonnes odeurs de garage, mes madeleines  à moi, où des hommes en blouson et casquette vérifient le niveau d'huile, nettoient le pare-brise, font le plein en sifflotant."

De Gaulle en maillot de bain, Gérard de Cortanze, Plon, 2007, 348 pp.

04 février 2009

Les "madeleines"' de Gérard de Cortanze

 "Ma véritable, mais véritable Madeleine, venant d'un milieu de coureurs automobiles, ce sont les odeurs de garage! Donc pour un déjeuner... Comme second choix ce sera donc: des gâteaux très fins, friables qu'on appelle des "tuiles" et qu'on servait chez ma grand-mère lors d'une très particulière cérémonie du thé..."

Vous admettrez, Gérard de Cortanze, qu'il n'était guère aisé de déjeuner d'un fumet d'huile échappé...d'un pot d'échappement; celui du pot-au-feu, concocté par l'hôtel Méridien, évoqua, de ses subtiles effluves, la célèbre spécialité de votre grand-mère.

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Et de famille, il fut question, au cours de cette nouvelle tablée des "Madeleines du Méridien". Par delà la présentation d'Indigo, son dernier roman, l'auteur se prêta avec une simplicité affable à un tour d'horizon de ses origines sociales - Gérard de Cortanze est petit-fils d'exilé piémontais, aristocrate ruiné - et de ses relations quelque peu "loupées" avec son père, germe de son accession à l'écriture: " Cette identité bizarre que m'a donnée mon père m'a permis de devenir écrivain".

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Gérard  de CORTANZE - Indigo

"L'indigo est son maître absolu, pour lui il serait prêt à mourir et à tuer" (p 155)

Si Gérard de Cortanze avoue ne pas connaître précisément le point de départ de ce roman, écrit ,de fluide traite, en six mois,  ni même nourrir un penchant particulier pour la couleur bleue, il insiste sur  sa valeur symbolique: la quête obsessionnelle qui habite Giobert, le héros, l'homme au visage bleu, vise la connaissance de soi,  qui donne sens à la vie.

Et l'auteur d'afficher une prédilection pour les périodes-charnières, pour les contextes historiques et économiques de cette fin  XIXe siècle , qui voit la Savoie rattachée à la France.

De se complaire dans l'ambivalence d'interprétation des personnages.

De peaufiner au gré de ses ouvrages, le portrait des protagonistes,ébauchés dans un roman précédent, conférant ainsi une continuité à ses écrits.

 Apolline Elter

Indigo, Gérard de Cortanze, Plon, janvier 2009, 374 pp, 21 e

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Nicky Depasse - Gérard de Cortanze

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 Jean Hartleyb, Apolline Elter, Brice Depasse, Catherine Tihon et Alain Trellu

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Marie-Christine Delforge - Nathalie Gennart

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24 janvier 2009

Déjeuner avec Gérard de Cortanze

Gérard de Cortanze sera l'invité des "Madeleines du Méridien", mardi 3 février prochain, à 12 h 15,  pour un lunch littéraire animé par Nicky et Brice Depasse. Je les assisterai avec joie et plénitude. Le débat sera diffusé, par la suite, sur les ondes de Liberty TV.

Il y sera, notamment, question de la sortie de son dernier roman, Indigo, qui vient de paraître, aux Editions Plon.

La rencontre avec cet écrivain haut en couleurs, qui compte à son actif plus de soixante ouvrages - dont Assam (Prix Renaudot 2002), De Gaulle en maillot de bain, Spaghetti, ... traduits dans une vingtaine de langues, dirige la collection "Biographies" auprès des Editions Folio (Gallimard), descend,  par voie maternelle, de Fra Diavolo, bandit napolitain et par voie paternelle d'une illustre famille aristocratique du Piémont, voue une fidèle amitié à Paul Auster dont il a rédigé la biographie,.... promet d'être des plus passionnante.

Informations pratiques:

Date : mardi 3 février, de 12 h 15, apéritif(12 h 30 à table)  à 13 h 30

Lieu : restaurant "L'Epicerie" de l'Hôtel Méridien (Carrefour de l'Europe, à Bruxelles, face à la Gare Centrale)

Prix: 30 € / pers. (apéritif, plat de résistance ("madeleine" déterminée par Gérard de Cortanze) , 1 verre de vin, café/infusion et madeleines) .

Inscriptions pour le 29 janvier, par courriel via le blog, ou apolline.elter@skynet.be  ou en téléphonant au 0474. 24.88.76 (Nicky Depasse)

On compte sur vous!

 

Apolline Elter

Indigo, Gérard de Cortanze, Plon, janvier 2009, 374 pp, 21 €

 Site officiel de Gérard de Cortanze: www.cortanze.com

12 janvier 2009

Pertinence astrologique

Ben mince, l'horoscope de Femmes d'aujourd'hui avait vu juste...

Quel magnifique cadeau d'anniversaire - en avance de quelques heures, je vous l'accorde - que de découvrir l'article de Corinne Bodart dans le Soir - Edition Namur-Luxembourg de ce jour (Les "madeleines" d'Apolline Elter).

C'est vrai, chère Corinne Bodart, que notre rencontre de vendredi fut des plus sympathiques, nous avions tant de propos à échanger, comme si nous nous connaissions depuis des années. Et cet entretien, pétri d'enthousiasme réciproque, vous l'avez merveilleusement brossé, de votre plume alerte, dans l'article que je découvre à l'instant...

C'est sûr, ma modestie (pas garantie...) en prend un coup. Du coup qui rendra la journée radieuse. Soyez-en publiquement remerciée!

Les lecteurs qui n'ont pas la faveur de pouvoir acheter l'édition Namur-Luxembourg du quotidien Le Soir, trouveront l'article, mis en ligne, selon le lien suivant: http://www.lesoir.be//regions/namur_luxembourg/publicatio...

 

08 janvier 2009

L'actualité des Madeleines


 Petit retour vers les Madeleines de nos auteurs, avec, ce jour, un très bel article, dans La Libre Belgique, signé, Camille Perotti, une fine analyse de l'ouvrage, ses motivations et son mode de lecture:

"Conviant vingt-sept écrivains belges contemporains à sa table, l'auteure de l'ouvrage mi-culinaire, mi-littéraire, a recueilli ainsi la confidence de leurs mets préférés ainsi que les précieuses recettes (...) On y retrouve un style propre à l'artiste, facétieux, humoristique, poétique ou fantaisiste."

Le reste, je vous le laisse découvrir dans La Libre de ce jeudi 8 janvier...à la page 18 (Culture)

Enregistrement, hier, dans les studios de Liberty TV, de la nouvelle émission "Livres de bord", animée par Nicky et Brice Depasse.  Un plateau détendu, sympathique, une présentation éclectique de livres, qui prouve, une fois de plus que professionnalisme et convivialité peuvent faire très bon ménage. 

L'occasion, la joie surtout, de revoir Jacques Mercier et de découvrir son dernier ouvrage, Proche des larmes, paru aux Editions Les déjeuners sur l'herbe.

ProchelarmesIl s'agit d'un recueil de poésies dont Jacques Mercier propose de partager les émotions avec le lecteur, dans cette notion de mise à disposition gratuite essence de la poésie..et de sa générosité. Je commande l'ouvrage et vous en parle plus finement dans une proche chronique.

 

Un prochain billet, aussi,  pour vous donner toute précision utile sur l'émission "Livres de bord". Son tempo alerte, la culture littéraire impressionnante de Nicky et Brice Depasse, cette façon de poser les questions qui vont direct au coeur du propos, ..laissent présager un audimat pointu. L'émission d'hier devrait être diffusée, la semaine du 19 janvier.

A suivre...

 

Apolline Elter

23 décembre 2008

Culture Club

Rendez-vous, ce midi sur La Première (radio de notre chaîne publique RTBF) , chers visiteurs,  pour l'émission Culture Club animée par Corinne Boulangier, Eric Russon et Laurent Dehossay.

"Chaque jour, Culture Club vous invite à suivre l'actualité culturelle de notre pays. Dans ce talk show quotidien, Corinne Boulangier, Éric Russon et Laurent Dehossay accueillent des artistes issus de tous horizons.
Leurs chroniqueurs échangent avec passion leurs opinions sur les derniers spectacles, expos, films, sorties CD et pièces de théâtre en tous genres
." (Source: site de l'émission) 

Et aujourd'hui, un invité de taille: Ken Follet, l'auteur célébrissime des Pilliers de la Terre viendra parler de son dernier roman, Un monde sans fin.(Laffont)

Il sera aussi question des ...Madeleines de nos auteurs, et surtout  des auteurs de nos Madeleines.

Soyez nombreux au rendez-vous. Percez les ondes hertziennes de votre écoute attentive. Vous m'en verrez ravie.

 

Apolline Elter

 

 

14 décembre 2008

Baptême des Madeleines de nos auteurs

C'est avec joie que nous vous proposons quelques photos issues du reportage "pro" du baptême des Madeleines de nos auteurs, mardi 9 décembre, à la Bibliothèque des Riches Claires. Le reportage est signé, Edouard SMEKENS. Qu'il en soit vivement remercié.:

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Mark EYSKENS

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De gauche à droite, Monique Thomassettie, Colette Nys-Mazure, Marie-Eve Sténuit, Apolline Elter, Jean-Luc Outers, Elisa Brune et Gérard Adam

 

Edouard Smekens - Freelance Photographer
Edouardsmekens@hotmail.com
0477.546.833

10 décembre 2008

Table ronde des Riches-Claires

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 Est-il un bonheur plus grand que d'écouter des auteurs lire des extraits librement choisis de leurs oeuvres?

Je ne pense pas.

Colette Nys-Mazure, Marie-Eve Sténuit, Mark Eyskens, Gérard Adam, Elisa Brune, Jean-Luc Outers et Monique Thomassettie ont régalé, hier soir, une assemblée choisie, d'infusions, gracieuses envolées de leurs plumes.

La soirée était organisée à l'initiative de la Bibliothèque des Riches-Claires, à Bruxelles, de Madame Dehaye, Directeur et de Madame Marie-Christine Jadot, qui portait Les Madeleines de nos auteurs sur les fonds baptismaux. Les Editions Racine, Nicky et Brice Depasse (Lire est un plaisir), Jean Jauniaux (Espace Livres) , ainsi que quelques autres personnalités venues en toute discrétion participaient d'un public particulièrement attentif et avenant.

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Après la présentation de la genèse des Madeleines et de ses ingrédients constitutifs, la parole fut donnée à Colette Nys-Mazure.

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L'écrivain présenta brièvement ses deux derniers ouvrages, A nous deux (cfr chronique sur ce blog) et Perdre pied (chronique à venir) avant d'offrir à l'auditoire quelques (trop courts) extraits de Singulières et Plurielles, poèmes en prose, dédiés aux femmes. Cédant généreusement à la consigne de convivialité qui proposait de parler d'autres auteurs, Colette Nys-Mazure lut des extraits de François Emmanuel, issus du recueil, La Lente mue des paysages. Un texte sublime, issu du Portement de ma mère, évoquait les souvenirs liés à la table réactivés par le deuil de la mère.

 

Marie-Eve Sténuit proposa une lecture truculente de son roman, Les frères Y, qui secoua le public d'ondes joyeuses et suscita l'envie immédiate pour ceux qui ne connaissaient pas encore l'ouvrage de le découvrir sans plus tarder. Sa description du "Poulet àRiches-Claires 002 la lyonnaise " d'Armel Job fut un joyeux clin d'oeil à la recette farfelue qui attend les lecteurs au sein des Madeleines.

 

Ce fut alors au tour de Mark Eyskens, qui balayant toute prérogative de Ministre d'Etat, ancien Premier Ministre,  se plut à évoquer la place de l'art, peinture, musique et écriture dans sa vision existentielle. Et de porter la musique et particulièrement le quintette D956 pour deux violons, violoncelles et un alto de Franz Schubert aux nues de l'expression artistique la plus aboutie.

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Médecin-militaire, Casque bleu en Bosnie milieu des années nonante, Gérard Adam, livra une lecture tonique, truffée d'expressions croates de la nouvelle En traduisant Mark Dizdar (issue du recueil La route est claire sur la Bosnie) qui vient d'être traduite, pour la seconde fois en croate:

 

 

 

Vint alors le  tour d'Elisa Brune qui, après avoir campé l'argument de son dernier ouvrage "Alors heureuse...croient-ils. La vie sexuelle des femmes normales" publié aux Editions du Rocher et développé le propos de façon précise et directe, se plut à lire les premières pages de L'Enlacement, de François Emmanuel.

 

L'absence regrettée de François Emmanuel, cloué par une grippe, fut ainsi quelque peu adoucie par les hommages qui lui furent rendus.

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Lauréat du Prix Rossel des jeunes 2008 pour son dernier roman, Le voyage de Luca, Jean-Luc Outers accepta d'en lire un passage, copieusement applaudi avant de lire l'extrait choisi - et truculent - de La Compagnie des Eaux.

 

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Monique Thomassetie clôtura ce beau panel gourmand par la lecture enchantée d'un conte - à connotation toute personnelle - issu de son recueil Mon beau cygne perlé.

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De gauche à droite: Monique Thomassettie, Colette Nys-Mazure, Marie-Eve Sténuit, Apolline Elter, Jean -Luc Outers, Elisa Brune et Gérard Adam

 

Une dégustation de madeleines - les vraies, celles de Marcel Proust - dont la recette figure p 8 des Madeleines de nos auteurs - réunit toute l'assemblée en une ingestion communielle tandis que les auteurs cédaient aimablement au rituel du "tremper "de madeleines dans une infusion de thé des écrivains et que lecture était faite du texte rédigé pour l'occasion, par Francis Dannemark , joyeuse prophétie de l'avenir gourmand de notre littérature.

Le drink offert par la Biblothèque des Riches-Claires se prolongea tard dans la soirée, qui permit à tous les participants d'échanger leurs riches... impressions.

 

Apolline Elter

05 décembre 2008

La madeleine de Jacques Mercier

Image non réduite

 

 

 

 

Un tout grand merci à Jacques Mercier pour la rubrique de ce jour, consacréé à la madeleine, aux Madeleines de nos auteurs.

Voilà qui me ravit.

Rendez-vous,  sans plus tarder, page 30 de La Libre Belgique, à la rubrique Monsieur Dico