26 juillet 2017

Des dieux sans pitié

 

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Notre exploration des quatrièmes de couverture aimablement fournies par les éditeurs , nous offre l'argument Des dieux sans pitié, 

 

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Âmes sensibles, s'abstenir !

Sauvages, puissants, dérangeants, crus, quinze textes portés par l'écriture rageuse de l'enfant terrible des lettres australiennes, pour continuer à nous interroger sur une société multiculturelle et décadente où couvent haine, racisme et frustration et où nous avançons, tels des dieux sans pitié.
Serait-ce ça, la vie ? Des amitiés d'antan qui se brisent et laissent place à la vie d'adulte, aux contacts sporadiques et lointains ; l'être aimé qui apparaît soudain sous un tout autre jour, la colère laissant place à l'amertume, puis aux remords et à la peur d'être seul.

Ce serait ça, la vie. Des gens qui s'éloignent et qui s'aiment malgré tout, comme cette mère, troublée de voir son enfant devenir un homme ; comme ce fils qui lave le corps de son père, malade d'Alzheimer...

C'est ça, la vie, des étincelles d'humanité dans la noirceur et la violence.
 
Des dieux sans pitié, Chistophe Tsiolkas,  nouvelles traduites de l'anglais (Australie) par Jean-Luc Piningre, Ed. Belfond, mai 3017, 288 pp

 

25 juillet 2017

Dieu, Allah, moi et les autres

Le récit  paraissaitproduct_9782070179602_195x320.jpg à la rentrée de janvier; c'est un de nos regrets de n'avoir pas eu l'occasion de le lire,tant nous avions aimé Le dernier été d'un jeune homme, Le Consul, ..

Voici l'argument de lecture qu'en propose l'éditeur; je la crois valeur sûre

«Comme tous les gamins d’Algérie, je vivais dans la crainte de ne pas être assez bon pour échapper au châtiment du Grand Méchant Allah. À l’école non plus, je n’échappais pas à la question. En classe, nous apprenions l’arabe en récitant le Coran. Pour lire le Coran, il fallait connaître l’arabe et pour connaître l’arabe, le Coran… un cercle arabo-islamo-vicieux. Je n’y entendais bientôt plus rien, ni à l’arabe ni au Coran… alors je recevais des coups de règle sur les doigts parce que je m’étais trompé pendant ma récitation de la sourate qui nous promettait l’enfer, elles nous le promettaient toutes. Je ne sais combien de fois reviennent les mots Djahanem et châtiment dans le Coran, mais c’est impressionnant. Tout le Livre tourne autour de ces deux mots : enfer et damnation.»
Ainsi débute le récit d'une libération, celle de l’auteur. Celui-ci finira par rejeter la religion de ses ancêtres, l’islam, se détachera de la nation où il est né et refusera tous les endoctrinements pour trouver refuge dans les livres et la littérature."

Dieu, Allah, moi et les autres, Salim Bachi, récit, Ed. Gallimard, janvier 2017, 192 pp

 

24 juillet 2017

Hôtel du Grand Cerf

 

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Poursuivons nos découvertes des quatrièmes de couverture avec  L'Hôtel du Grand Cerf.

Voici ce que nous en dit l'éditeur:

À Reugny, petit village au cœur des Ardennes, plane depuis cinquante ans le secret de la mort de Rosa Gulingen. La star mondiale de cinéma avait été découverte noyée dans la baignoire de sa chambre à l’Hôtel du Grand Cerf, qui accueillait l’équipe de son prochain film ; du bout des lèvres la police avait conclu à une mort accidentelle. Quand Nicolas Tèque, journaliste parisien désœuvré, décide de remonter le temps pour faire la lumière sur cette affaire, c’est bien logiquement à l’Hôtel du Grand Cerf qu’il pose ses valises. Mais à Reugny, la Faucheuse a repris du service, et dans le registre grandiose : le douanier du coin, haï de tous, est retrouvé somptueusement décapité. Puis tout s’enchaîne très vite : une jeune fille disparaît ; un autre homme est assassiné. N’en jetons plus : l’inspecteur Vertigo Kulbertus, qui s’est fait de l’obésité une spécialité, est dépêché sur place pour remettre de l’ordre dans ce chaos.

« Le noir, pour peindre les mœurs, c'est une bonne couleur », dit l’auteur. Écrite dans un style impeccable, cette enquête faussement classique verra tout un village passé au crible de la plume si particulière de Franz Bartelt, toujours entre burlesque et mélancolie. Dans Hôtel du Grand Cerf, on rit énormément, mais tout est élégant, et rien n’est banal

Hôtel du Grand Cerf, Franz Bartelt, roman, Ed Seuil, coll. " Cadre noir", mai 2017, 352 pp

 

21 juillet 2017

Un été invincible

Renalut déserr.jpgtout été, tout honneur, entamons nos quatrièmes de couverture par le roman d'Alice Adams

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En voici l'argument, fourni par l'éditeur:

 Benedict, Eva, Sylvie et Lucien sont inséparables depuis leurs années de fac à Bristol. Leur diplôme en poche, ils vont, pour la première fois, se disperser. Eva part à Londres où l’attend un poste dans la finance ; Benedict reste à Bristol pour suivre son doctorat. Quant à Sylvie et Lucien, fidèles à leurs rêves, ils entament une vie plus bohème, faite d’art et d’aventure.
À l’approche de la trentaine, leurs liens autrefois si forts se distendent. Le temps qui passe les éloigne les uns des autres, leurs routes divergent. Pourtant, leurs chemins vont à nouveau se croiser et faire revivre le souvenir de l’« été invincible » qui les a liés à jamais.

Entre Dona Tartt, David Nicholls et Jane Austen, un premier roman fin et juste sur ce doux bouleversement de la vingtaine, puissant hommage à l’amitié. 

Un été invincible,  Alice Adams, roman traduit de l'anglais par Anouk Neuhoff, Ed. Albin Michel, mai 2017, 352 pp

20 juillet 2017

Quatre-quatre.. de couverture

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C'est le mode quatre-quatre qu'adopte votre blog, quatre semaines durant, tandis que la rentrée et son colossal  lot de lectures attendent nos lunettes (de soleil) 

Alors pendant que je lis - pour vous, pour eux, nos auteurs chéris - je publierai chaque jour la quatrième de couverture d'ouvrages passés en mes mains , que  je n'ai eu le temps de lire, happée par une circulation par trop dense. - j'en remercie les éditeurs et reproduis leurs arguments de lecture -

Je vous retrouve, of course, dès la rentrée pour un démarrage sur les chapeaux de roues de nos 4 L (les fameux (Ladies) Litt & Lunchs du Lundi,  désormais également déclinés en mode soirée,  les autres jours de la semaine, ouverts à ces messieurs... on n'arrête pas le progrès

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Bon été

Bonnes lectures

Visiteurs estimés

Apolline Elter

19 juillet 2017

Sévigné - Epistolière du Grand Siècle

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A qui appartient cette main qui nous invite si gracieusement à franchir la porte de l'exposition ? 

A la marquise de Sévigné, pardi ! Vous aurez reconnu son portrait, peint vers 1665 par Claude Lefebvre, l'aurez admiré maintes fois en l'Hôtel Carnavalet où l'huile règne en maître, en maîtresse des lieux.

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Nul besoin de vous rappeler que le musée Carnavalet (Paris III - Marais)  est fermé au public pour une durée de deux ans et demi encore - il rouvrira ses portes fin 2019 - et les besoins d'un chantier de rénovation drastique.  Alors ne boudons pas notre plaisir ni celui d'huiles aimablement prêtées par le musée parisien et célébrons les  retrouvailles, à Grignan, dans le beau château des Adhémar, des familles Bussy-Rabutin-Sévigné et Grignan et de leurs aimables compagnies 

 

 Si la marquise est le sujet de nombreux portraits exposés - venus des quatre coins de France - elle retrouve avec joie , du moins nous l'espérons,  ceux d'Henri, son mari, de Charles, leur fils (ci-dessous) , arrachés,  le temps de l'expo, à leur château des Rochers ( Vitré en Bretagne)

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 Françoise et François, dépêchés du Carnavalet, retrouvent leur beau "château d'Apollidon"

Il y fait frais, il y fait bon

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Attardons-nous, le temps d'un moment - émouvant - sur les différentes éditions de la correspondance de notre chère marquise.  Vous le savez - ou je vous l'apprends avec précautions.. - il ne reste guère de lettres autographes, jaillies de la plume alerte de l'épistolière .. une quarantaine tout au plus, si je ne m'abuse.

En voici l'une:

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L'instant est précieux et même  si,  graphologie oblige,  vous brûlez d'envie d'émettre des commentaires, prenez garde à l'anachronisme et aux conditions matérielles de l'écriture, qualité du papier, de l'encre, de la plume, modèle calligraphique de l'époque.. qui vous interdisent de  juger de votre oeil de XXIe siècle un écrit plus que trois fois centenaire.

 N'empêche...il y a de l'envahissement dans l'air...

Grandement émouvant est de découvrir l'édition des lettres dite de La Haye, photocopiée et annotée de l'écriture vive et précise de Roger Duchêne, LE spécialiste de la marquise.  C'est à son travail titanesque - et celui de son épouse Jacqueline Duchêne que nous devons l'édition des lettres, en trois volumes, dans la bibliothèque de la Pléiade. Ma lecture de chevet, comme vous le ...chavez.

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  Une vitrine d'éditions des lettres, soigneusement réunies, soutient sagement le regard vigilant de Roger de Bussy-Rabutin, fieffé coquin, lointain cousin de la marquise - à la mode de Bourgogne  - et de Pauline de Simiane, fille cadette du couple Grignan. Si cette dernière autorisa  une certaine édition des lettres de sa grand-mère, elle aurait sans doute  fait disparaître celles de sa propre mère!  Dans tous les cas, c'est la seule des enfants Grignan qui assura une descendance au couple.

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Au sortir de cette exposition à la scénographie parfaitement étudiée, vous ne manquerez de visiter les appartements de la marquise -  la chambre où elle résidait lors de ses séjours à Grignan. Sise au deuxième étage, elle jouxte le lieu de l'exposition

Vous visionnerez avec bonheur également le film d'une dizaine de minutes consacré à l'art épistolaire de la marquise, dûment commenté par Cécile Lignereux.

L'expo, je l'ai déjà visitée deux fois; Gageons qu'il y en aura une troisième

Apolline Elter 

Sévigné, Epistolière du Grand Siècle - au château de Grignan (Drôme), à visiter, du 25 mai au 22 octobre 2017

14 juillet 2017

Festival de la correspondance de Grignan: une 22e édition réussie

 De retour de Grignan...

En guise de bilan 

Centrée sur Grignan-2017.jpgles Lettres familiales, la 22e édition du Festival de la correspondance de Grignan, s'achevait, ce samedi 8 juillet, auréolée d'un franc succès.

Gradins, chaises et strapontins plus que combles accueillaient un public fervent, heureux de rencontrer écrivains, journalistes et  comédiens,  lesquels avaient, le plus souvent, sacrément bien préparé leurs interventions.

L'adaptation de la plupart des correspondances par Agnès Akerib et Virginie Berling  (ed. Triartis ) confirme, une nouvelle fois, le sérieux de l'entreprise . Une valeur sûre croyez- m'en. Des extraits choisis se dégage une ligne de conduite, d'atmosphère qui rend le portrait des correspondants particulièrement éloquent.

Jugez-en...

Portée par le poignant duo père-fille de Richard et Romane Bohringer, la correspondance de Jack London à sa fille - de 12 ans - Joan , captive d'une ex-épouse "stupide"  suscita grande émotion dans les rangs.

La rencontre des Tesson, père et fils - Philippe et Sylvain - se fit  joute verbale de toute haute volée. Reliés par un scepticisme, un relativisme,  cultivés au sein du cercle familial, Philippe et Sylvain les déclinent de façon différente,  à la mode de Voltaire et du siècle des Lumières pour le premier,  sur un mode plutôt stoïcien pour le second, "resté  [selon ses propres dires]dans l'obscurité".  Maniant le verbe et les paradoxes jusqu'à plus soif - il faisait en effet caniculaire en cette cour des Adhémar - père et fils ont incarné une correspondance à ce point intime et suprême qu'elle se passe ....d'expression . N'est-ce pas là paradoxe suprême pour une lignée de "bavards " assumée. Et Sylvain Tesson de s'exclamer  : " Nous aimons tellement parler qu'il nous est arrivé de dire n'importe quoi plutôt que des vérités. " .

Grand(iose) moment fut également la lecture  - dépêchée dans la salle des fêtes - des lettres de Mozart aux siens. Un Mozart, très jeune,  incarné par un Lorenzo Lefebvre de génie.  Les extraits étaient ponctués de morceaux de piano et violons et d'aria sublimement interprétés par la soprano Jeanne Zaepfel.

 La journée de vendredi 7 juillet  fut celle des mères .quelque peu indignes, Calamity Jane,  Jeanne Forestier (mère de Paul Léautaud)  et Madame Claudel, en filigranes, qui laissa végéter sa fille Camille en l''asile de Montdevergues.

Saluons la belle prestation de Laurence Côte, en Calamity Jane désarmante de coeur, d'amour et de solitude, celle de Judith Chemla, en Jeanne Forestier , aux présence et diction remarquables.

La lecture-performance baroque des premières lettres de séparation de  la marquise de Sévigné d'avec sa fille , surprit l'assistance d"un art déclamatoire ..déconcertant. Il fallait oser, tenir sur la longueur. Julia de Gasquet et Louise Moaty relevèrent le défi, qui incarnaient en grâce et alternance une marquise pleine de verve.  Une conversation s'engagea ensuite  avec l'assistance qui démontra toute la mesure du travail de "réactivation" baroque et la maîtrise de ses interprètes..

Quelques moments choisis, de nombreuses, joyeuses rencontres, sous le soleil omniprésent et l'accueil chaleureux des habitants de Grignan.

Une édition de toute haute volée, portée par l'enthousiasme de son président-fondateur, Bruno Durieux,  maire de Grignan, la direction artistique de Julia de Gasquet, celle,  logistique et de tous les fronts de Marie-Josèphe Baquet,  efficacement assistée d'une centaine de bénévoles de la bourgade.

Vive la correspondance ....

Rendez-vous est pris pour 2018 et une nouvelle édition, dédiée .. aux lettres belges !

Apolline Elter 

 

11 juillet 2017

The Girls

9782367622965-001-X.jpegA l'évidence, le roman se base sur les tristement célèbres filles du clan de Charles Manson - ci représenté par un certain Russell - qui aliénées par une vie de violence, de drogue et  de communauté perpètrent des crimes sauvages, en août 1969, dont l'un cause la mort de Sharon Tate, l'épouse de Roman Polanski, enceinte de huit mois et demi...

Simon Liberati célébrait la même tragédie, avec ses Californan Girls, parus en cette même rentrée 2016

L'histoire est trash, elle est dense et sa lecture doit beaucoup de sa qualité à  l'excellente interprétation qu'en réalise Rachel Arditi

The Girls, Emma Cline, roman traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Jean Esch, Ed. de la Table ronde, août 2016, Audiolib, avril 2017, durée d'écoute 9h20

10 juillet 2017

Excipit

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On ne tombe jamais deux fois dans le même abîme. Mais on tombe toujours de la  même manière, dans un mélange de ridicule et d'effroi. Et on voudrait tant ne plus tomber qu’on s'arc-boute, on hurle. À coups de talon, on nous brise les doigts, à coups de bec on nous casse les dents, on nous ronge les yeux.


L'abîme est bordé de hautes demeures. Et l'Histoire est là, déesse raisonnable, statue figée au milieu de la place des Fêtes,
avec pour tribut, une fois l'an, des gerbes séchées de pivoines, et, en guise de pourboire, chaque jour, du pain pour les oiseaux.

  L'ordre du jour, Eric Vuillard, récit, Ed. Actes-Sud, mai 2017, 156 pp

08 juillet 2017

Nietzsche - Je suis en guerre

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En cette dernière journée du Festival de la correspondance de Grignan (2017),  pointons  la lecture "Grain de voix" de 12h30 au Jardin Sévigné.

Elle se base sur la correspondance de Nietzsche à sa soeur Elisabeth

 Voici ce qu'en révèle le programme:

NIETZSCHE : « JE SUIS EN GUERRE. » 
LETTRES À SA SŒUR ELISABETH (1885-1888)

Adaptation libre Virginie BERLING
Mise en voix et lecture Erwan COEDELO

Dans les années 1885-1888, Nietzsche est à un tournant dans sa production 
intellectuelle : il publie son ZarathoustraPar-delà le bien et le mal et finalement Ecce Homo. Il doit affronter en même temps les critiques et la célébrité. Tandis qu’il se coupe définitivement de l’Allemagne et de ses théories antisémites, Elisabeth fonde avec son époux une colonie de « purs Aryens » au Paraguay.

Pendant cette période de grande solitude et de profonde dépression, Nietzsche écrit à sa sœur, qu’il appelle son « lama », du nom de cet animal résistant et têtu, qui crache pour se défendre. Les lettres du frère, toujours bienveillantes, montrent pourtant que la guerre se prépare… Elisabeth prendra sa revanche

Découvrons-en une extrait:

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Nice 14 décembre 1887

 

Mon cher Lama

(...)

Sans le vouloir presque, mais pour obéir à une nécessité impitoyable, je suis en train de régler mes comptes avec les gens et les choses, d'en finir avec tout ce qui a été « mien» jusqu'ici. Presque tout ce que je fais actuellement est une manière de « tirer- un-trait-sur ».

Je prends conscience de mon isolement radical. Dans la douleur et l'impatience, je coupe l'un après l'autre mes liens avec les hommes. Tout mon passé s'émiette autour de moi. Quand je fais le compte de ce que j'ai accompli les deux dernières années, cela m'apparaît comme un seul et même travail pour m'isoler de mon passé, pour trancher le cordon ombilical entre lui et moi. (...)

NIETZSCHE : « JE SUIS EN GUERRE. » LETTRES À SA SŒUR ELISABETH (1885-1888) Adaptation libre Virginie BERLING, Ed. Triartis, juin 2017, 60 pp

07 juillet 2017

André Gide - Hors de la lignée

Grignan-2017.jpg Le spectacle de 19 h, hier, en  la cour du château de Grignan, avait pour thème  le rapport d'André Gide à sa mère,à sa lignée

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Ecoutons Juliette Gide parler à son fils:

 

"         Paris, jeudi 27 septembre [1894]

Mon cher fils,

Ne me cache pas ce qui se passe dans ton esprit. Ne comprends-tu pas tout l'intérêt que toutes ces questions ont pour moi, ne comprends-tu pas à quel point je m'identifie avec toi et la génération qui monte pour nous remplacer? Non que j'accepte ou partage toutes les idées qui ne sont encore qu'en ébullition ou en formation
en vous, mais parce que ce travail est palpitant d'intérêt dans le présent et pour l'avenir."

André Gide - Hors de la  lignée,  Correspondance entre André Gide et sa mère, adaptée par Virginie Berling, Ed. Triartis, juin 2017, 52 pp

06 juillet 2017

Silencieuse

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Saluons la présence, ce jour, de Michèle Gazier, au Festival de la correspondance de Grignan, pour une rencontre, à 12 h, en la cour des Adhémar, animée par Judith Sibony, avec le soutien de la Fondation de la Poste La rencontre a pour titre " Le lourd héritage immatériel"

L'occasion de nous pencher sur le dernier roman de l'écrivain, Silencieuse (Ed. Seuil) et de vous en livrer chronique. 

La vie s'écoule, monotone, étriquée, dans  le village de Saint-Julien des Sources. Seuls 
Silencieuse.jpgdérogent à cette grisaille autochtone, Annie Dollet,  caissière de la supérette, Louis, sorte de Polonais, sans âge,  jailli de nulle part, Hans Glawe, un peintre allemand de notoriété universelle et Claude Ribaute, sociologue, natif du cru, monté à Paris et revenu en son village pour publier une étude  sur l'oeuvre du peintre.  Observateur de nature et de métier,  il endosse le rôle de narrateur de la  deuxième partie du roman

 " Quand sa belle-soeur qu'elle connaissait à peine lui avait annoncé sa venue, Annie avait d'abord été surprise."

 Et de cette surprise naît l'action, si l'on peut dire, de ce roman d'atmosphère:  Sofia Dollet, superbe Italienne, est accompagnée de Valentina,  sa fille de quatre ans, résolument muette.

 " Valentina ne répondait à aucune injonction, pas même à son prénom. Et pourtant entre elle et sa mère on sentait un magnétisme, une sorte d'accord primitif. "

 Et la narration d'épouser le mystère de la fillette, ses élections affectives qui l'aimantent  ver  Louis, Claude,...tous  êtres singuliers dont elle révèle l'humanité.

 Une subtile approche de la différence dans ses déclinaisons psychologiques, artistiques, amoureuses et même politiques

 A Elter

 Silencieuse, Michèle Gazier, roman, Ed Seuil, mars 2017, 214 pp

 

05 juillet 2017

Je deviendrai parfaite sur la fin de ma vie

Sévigné.jpgRassurez-vous, je ne parle pas de moi ni d'une quelconque mission impossible; je préfère pointer à votre attention, la lecture-spectacle de ce soir, qui se déroulera à 22 heures, en l'amphithéâtre du château de Grignan. Notre très chère marquise de Sévigné y sera incarnée par Marie-Christine Barrault l'espace de cette soirée.

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Et cette mater dolorosa éplorée par le départ de sa fille à Grignan, de déplorer que ce dernier génère une meilleure entente que lors de leur cohabitation parisienne.

                                                 Paris, le 6 mai 1671

"Je vous prie, ma chère bonne, ne donnons point à l'absence le mérite d'avoir remis entre nous une parfaite intelligence et, de mon côté, la persuasion de
votre tendresse pour moi (...)"

Madame de Sévigné " Je deviendrai parfaite sur la fin de ma vie", Adaptation des lettres à sa fille, la comtesse de Grignan (1668-1686), Virginie Berling, Ed. Triartis, juin 2017, 52 pp

 

04 juillet 2017

Chères familles : Vincent & Théo Van Gogh, Frères jusqu'à la folie

Grignan-2017.jpgC'est ce mardi que démarre la 22e édition du Festival de la correspondance de Grignan. Le thème en est " Chères Familles..", ainsi que nous l'avions évoqué.

Je vous invite à en découvrir le programme si ce n'est déjà fait.

Pour ma part, je me rendrai, ce soir,  à 22 heures, à la lecture par Romane et Richard Bohringer  des Lettres du grand Jack London à une fille de douze ans; le texte est adapté par Virginie Berling 

Demain et toujours en l'amphithéâtre installé face au château, je me fais une joie d'écouter des extraits de lettres de Vincent et Théo Van Gogh, Frères jusqu'à la folie, librement adaptées par Agnès Akérib.

La dynamique maison d'édition Triartis m'ayant aimablement offert le beau livret du spectacle, je ne résiste à vous en ..livrer un court extrait, en guise d'apéritif. A noter que si la prime correspondance entre les deux frères était en néerlandais , elles empruntent la langue française dès 1888.

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 De VINCENT À THEO

 

                                                       Arles, 30 avril [1889]

 

Mon cher Theo,

Ta bonne lettre m'a fait du bien aujourd'hui. Le principal, c'est de se sentir bien unis.

Physiquement, c'est épatant comme je me porte mieux, pas suffisamment pour me croire guéri mentalement.

Mais, même dans l'épreuve, il ne faudra pas oublier de blaguer toi et moi.

Si je me jette dans le travail en plein, c'est bon, mais je reste toujours toqué. Peut-être que si je pouvais m'engager dans la Légion pour cinq ans, je guérirais considérablement

(...)

Vincent & Théo Van Gogh, Frères jusqu'à la folie, Adaptation libre de leur correspondance par Agnès Akérib, Ed Triartis, juin 2017, 62 pp

 

01 juillet 2017

Médan - un second Nohant

L'hospitalité des Zola à Médan est légendaire. Comme celle de George Sand, à Nohant

Aussi, Emile se morfond-il lorsque, à  court de chambre, il doit refuser l'hospitalité - du moins la postposer -  à son ami, Paul Cézanne.

Découvrons la lettre qu'il lui adresse. Prenons-en graine pour .. nos maisons de vacances

Des vacances que je vous souhaite, fabuleuses

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À PAUL CÉZANNE

Médan, 2 juillet 1885

Mon vieil ami, je suis désolé. La mère de Charpentier, qui ne devait pas venir, s'est décidée au dernier moment, et cela va me faire deux personnes de plus, elle et une domestique. Je vais avoir neuf personnes à coucher, toutes mes chambres seront prises; sans compter que je suis menacé des Daudet et de Goncourt.

Je sais combien tu as le désir de venir tout de suite, et moi-même je me faisais un plaisir de t'écrire d'arriver. Mais il va falloir que tu attendes que tout ce monde soit parti, maîtres et valets. Ce qui me console, c'est que nous serons mieux ensuite, plus libres, plus entre nous. J'espère qu'ils ne resteront pas plus d'une dizaine de jours, et je t'écrirai tout de suite, suite, de façon à ce que tu sois ici le soir, s'ils partent le matin.

Ne m'en veuille pas, je viens de chercher toutes les combinaisons imaginables, sans parvenir à te caser convenablement. C'est une invasion qui dépasse ce que j'avais prévu. A bientôt, n'est-ce pas? et vives amitiés de ma part et de celle de ma femme.

(...)

                                                                                                                             Emile Zola

 

 

Paul Cézanne- Emile Zola, Lettres croisées, 1858-1887, Edition établie, présentée et annotée par Henri Mitterand, Ed. Gallimard, sept. 2016, 460 pp [ abrév. PCEZ]

 

23 juin 2017

Poésie noire au musée Emile Verhaeren

 Tout n'est que vers - enfin presque - auprès de notre cher Emile Verhaeren.

Mais notre vert poète connut aussi sa période noire, nourrie d'angoisses , de "spleen" et d'un mal-être physique. Il produit alors sa "trilogie noire" , de 1888 à 1891,  persuadé de cette source d'imagination prodigieuse que constitue la souffrance. Et ce n'est pas l'ami Baudelaire qui le contredira. Le mariage avec Marthe Massin, scellé le 31 août 1891, mettra un terme à ce sombre état

Le musée provincial Emile Verhaeren, situé à Sint-Amands, lieu de naissance du célèbre écrivain, consacre une exposition au sujet. Elle se déroule du 18 juin au 26 novembre

Vous en trouverez tous renseignements pratiques sur le site dont voici les coordonnées:

Emile Verhaerenmuseum

Verhaerenstraat 71, B-2890 Sint-Amands, + 32 (0)52 33 08 05

verhaerenmuseum@skynet.be - www.emileverhaeren.be

 Pour l'heure je vous livre le communiqué de presse aimablement fourni par Rik Hemmerijckx, conservateur du musée et commissaire de l'exposition.  Vous pourrez en inscrire la visite, ainsi qu'une balade à vélo, au programme de l'été.

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Scan0001.jpg"En tant que poète, Emile Verhaeren a su jouer sur différents registres : allant d’une poésie de la grande ville jusqu’à une poésie d’amour, en passant par la Flandre et l’Escaut. Mais, dans les années 1888-1891, il a également pratiqué une poésie noire et tourmentée, en concordance avec l’atmosphère de fin de siècle. Les titres de cette trilogie noire sont assez parlants : Les Soirs (1888), Les Débâcles (1888) et Flambeaux noirs (1891). Toutes sortes d’angoisses, d’obsessions, de traumatismes et de cauchemars y font leur apparition. La mort, la maladie et la folie sont très présentes et le poète s’adonne même à un certain masochisme : “Sois ton bourreau toi-même!”. La trilogie noire est mise en rapport avec la neurasthénie de Verhaeren, mais elle était aussi liée avec le décadentisme, très en vogue dans le monde artistique de cette époque. Avec cette poésie sombre, particulière, Verhaeren s’est lancé comme une des figures de proue du courant symboliste en littérature.

La présente exposition est focalisée sur cette poésie noire dont elle présente les éditions originales, devenues assez rares, et les images d’Odilon Redon, baignant dans la même ambiance. Il y a également quelques dessins de Fernand Khnopff et de Théo Van Rysselberghe. Pour cette exposition, plusieurs artistes contemporains - Franklin, Sanne De Wolf, Vigdis De Cauter, Martha Verschaffel, Vladimir Ivaneanu, David Verstraete, Ben Kockelkoren – ont créé spécialement des œuvres qui se rapprochent de l’atmosphère de cette poésie noire."

 

21 juin 2017

Voyager

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Le thème est de saison.

Célébrons, avec la venue de l'été, le récit de voyages et de vie - riche de quatre mariages - que nous propose le célèbre écrivain américain.

"Depuis l'âge de dix-huit ans, comme emporté par un courant océanique, j'ai dérivé en direction du sud et de Miami, entraîné vers le golfe du Mexique et les Caraïbes, par un fantasme érotisé que le garçon blanc et protestant de la Nouvelle-Angleterre que j'étais entretenait sur l'histoire, la géographie, le climat, la culture et les races des pays semi-tropicaux."

De Cuba - et l'ombre "tutélaire" d'Ernest Hemingway- aux chaînes de l'Himalaya dont l'ascension est une école de vie,  Russell Banks convoque le lecteur dans un voyage dans l'espace, le temps, sa vie intime et l'oeuvre en marche de son destin

Voyager, Russell Récits de voyages traduits de l'anglais(USA) par Pierre Furlan, Ed Actes-Sud, mai 2017, 320 pp

 

16 juin 2017

Chères familles

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Vous êtes nombreux à m'interroger sur l'édition 2017 du Festival de la correspondance de Grignan

Le Festival se déroulera du mardi 4 au samedi 8 juillet, avec pour thème "Chères familles"

Je vous invite à consulter le programme sur le site du Festival : www.grignan-festivalcorrespondance.com 

A réserver vos places via la billetterie : 
Au 04 75 53 63 21, de 11h à 12h et de 14h-17h, en action depuis ce jeudi 15 juin

 Je vous reviens, sous peu, avec quelques lectures apéritives aimablement fournies par la maison d'édition Triartis 

27 septembre 2016

Emile Verhaeren par Stefan Zweig

 

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Admirateur de la première heure d'Emile Verhaeren - nous avons déjà largement évoqué le sujet dans la rubrique consacrée à l'écrivain autrichien- Stefan Zweig lui consacre, en 1910 ( pour la traduction française) une biographie  élogieuse, très engagée. 

Certains Français la lui reprocheront, estimant qu' à trop insister sur les racines et mentalité germaniques du poète, Stefan Zweig l'a amené à lui,  attiré en sa propre culture,  plutôt que d'en démontrer l'ouverture, le côté résolûment européen.

C'est un débat.

Dédiée à Camille Lemonnier, la biographie voit en Verhaeren,  un homme aussi visionnaire de son temps que poète indispensable à l'époque. Et le fougueux Viennois de s'exclamer:

"Toute notre époque se reflète dans l'oeuvre de Verhaeren"

"Ainsi Verhaeren, visionnaire enthousiaste est le plus grand poète d'aujourd'hui, parce qu'il est le poète nécessaire et le poète de la nécessité."

Sa vitalité exceptionnelle prend source dans ce qui fait la force de la nation belge: ses racines  mixtes, latines et germaniques.

Ainsi: 

"Verhaeren proclame le triomphe de la race belge" 

Et Zweig de s'extasier sur le rapport de Verhaeren aux humbles, son contact physique vrai, avec les êtres et la nature, .. d'expliquer, par une sorte de psychanalyse, ses moments de crise, minimiser le rôle de l'amour, la valeur de la dramaturgie, dans l'oeuvre verharenienne...

"L'Europe entière parle par sa voix, et cette voix s'élève au-dessus du siècle présent."

Une bio engagée, jaillie de la plume d'un passionné, sorte d'épopée qui place le héros dans la vitrine de l'Histoire.

Du Zweig, pure facture.

Apolline Elter

 Emile Verhaeren, sa vie, son œuvre, Stefan Zweig, 1910 (plusieurs éditions dont en livre de poche et numériques)

30 août 2016

L'été des rats

téléchargement (16).jpgSous ce titre - surtout ne fuyez pas - se cache un charmant "polar dédié à Prévert"

Il est signé Martine Cadière 

Et conclut bien aimablement nos lectures estivales...

Avertissement: s'il est probable que Jacques Prévert ait séjourné en Dordogne en  1955, les faits qui lui sont prêtés sont pure fiction.

*****

" Etrange, la mémoire. Cet été-là, tout se préparait."

Dynamique sexagénaire, Blanche Chardavoine-Fanlac dirige le "Vieux Manoir" une résidence de luxe pour seniors. Il fut naguère "Lion d'Or" hôtel de prestige géré par sa grand-mère. Et la narratrice de se remémorer le séjour de Jacques Prévert, en cet établissement, durant l'été 1955, "l'été des rats", particulièrement nombreux ces mois-là....Le poète accueillait avec bienveillance la petite fille qu'était Blanche, lui enseignait son art, sa vision de la vie... 

L'été 2010 - présent de la narration - va semer l'émoi et bientôt l'effroi parmi les résidents du Vieux Manoir: une série de meurtres sont commis dont le modus operandi épouse singulièrement un poème de Prévert, consigné dans le livre d'or de l'hôtel......

Que s'est-il donc passé, cinquante-cinq ans plus tôt qui pousse le meurtrier à venger son passé? 

Je vous laisse le découvrir, vous souhaitant une belle fin ...d'été

A Elter

L'été des rats, Polar dédié à Prévert, Martine Cadière, Ed. Mols, mai 2016, 250 pp

27 août 2016

En route avec Robert Solé

Ainsi clôt, clôt, clôt, notre programme estival

Il est temps désormais de songer à la rentrée

Pour conclure ainsi de manière optimale

Des billets d'été

Ensoleillés

Nous avons interrogé

Robert Solé

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Souvenez-vous du très étoilé Hôtel Mahrajane (Ed. Stock,  oct. 2015) - BIllet de faveur en vitrine du blog .

Qu'emporterait Robert Solé comme lecture, si d'aventure, il devait réaliser un tour du monde pédestre? 


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product_9782070734269_98x0.jpgRobert Solé: 

   "Je ne sais pas si je les emporterais dans un tour du monde à pied, car ils font environ 2 600 pages. Mais les volumes II et III du Journal de Roger Martin du Gard (Gallimard), couvrant la période 1919-1949, que j’ai découvert par hasard cette année, m’ont enchanté. Il est rare de trouver des textes d’une telle qualité. L’auteur des Thibault y expose au jour le jour ses difficultés et ses bonheur d’écriture, ses relations avec quelques amis très chers dont André Gide, les tourments que lui causent sa femme et sa fille unique…  Un bijou."   

 

 

21 août 2016

Portes ouvertes sur les sables

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Le viatique choisi par Charif Majdalani- nous l'en remercions - nous inspire Le High Tea de ce dimanche 21 août, extrait d'Exil (I) - de Saint-John Perse , particulièrement d'actualité

Portes ouvertes sur les sables, portes ouvertes sur l’exil,
Les clés aux gens du phare, et l’astre roué vif sur la pierre du seuil :
Mon hôte, laissez-moi votre maison de verre sur les sables…
L’été de gypse aiguise ses fers de lance dans nos plaies,
J’élis un lieu flagrant et nul comme l’ossuaire des saisons,
Et, sur toutes grèves de ce monde, l’esprit du dieu fumant déserte sa couche d’amiante.
Les spasmes de l’éclair sont pour le ravissement des Princes en Tauride.

 

 

20 août 2016

En route avec Charif Majdalani

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Villa des femmes (Ed. Seuil) fut un gros coup de coeur de la rentrée passée.

Si vous ne l'avez lu, je vous engage à vous amender,  à consulter le billet de faveur que l'écrivain nous avait aimablement consenti (cliquer sur la couverture en vitrine droite du blog)

Pour l'heure, nous avons interrogé Charif Majdalani, lui posant la question désormais récurrente de nos Estivales du Pavillon, dont le week-end marque l'avant-denier rendez-vous de la saison...:

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"Concernant donc l'ouvrage que j'emporterais comme viatique pour un tour du monde à pied : j'ai opté pour le volume de la collection Poésie  chez Gallimard regroupant les premiers textes de Saint-John Perse, à savoir Eloges, la Gloire des Rois, Anabase et Exil. 

Pour un tour de la planète et une longue marche au coeur de la prose du monde, il m'a semblé que la poésie était plus propice qu'un autre genre, et même une poésie ample, au mouvement large comme celle de Perse. De surcroît, ces livres du début de l'oeuvre du poète traitent de ce qui pourrait précisément travailler un voyageur : l'appel de l'espace, le nomadisme, la fondation de villes et puis la lassitude devant l'errance, la poésie de la sédentarité, le chant à la gloire des métiers humains, et puis à nouveau l'envie du monde et des départs."

16 août 2016

Agatha nous revient en force

Demain, mercredi 17 août, sonne l'envoi de la rentrée littéraire

Un peu tôt me direz-vous: je partage votre avis, moi qui dévore, depuis les premiers jours de juin, les ouvrages qui assailliront les librairies dès cette mi-août...

Mon dévouement vous est acquis: je vous recenserai mes coups de coeur avec la sincérité que vous me connaissez, multipliant, plus que jamais, les rencontres d'actualité littéraires, au Pavillon, extra muros, .. aux fins de vous tracer une voie parmi les 560 parutions prévues...

Le glas de nos Estivales ne résonne pas pour autant - septembre se pointe déjà such early et si tôt  - celui de nos lectures audiolivresques non plus qui nous offrent une rentrée prometteuse elles aussi.

Pour le jour et pour l'heure, je vous propose de conclure notre semaine audiolivresque par le pointé de trois célèbres "Agatha Christie" dont Audiolib signait, en mars dernier, "la première version audio intégrale en français". Quand je vous dirai que les lectures de  Mort sur le Nil et du Crime de l'Orient-Express sont revêtues de la voix de Samuel Labarthe ,  celle de Dix petits nègres, de celle de Grégory Gadebois, vous comprendrez que rien n'a été laissé au hasard et que la route de v9782367620862-001-X_1.jpegos (retours de) vacances peut s'offrir des moments d'exception...

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15 août 2016

Un 15 août vous serez charmés...

Il vaoût saoûtvient, je n'en daoûte, su sublime Charmer, s'égarer, mourir (Ed. Albin Michel) que la romancière Christine Orban consacrait au portrait intime, fabuleux de la Reine Marie-Antoinette

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Je vous invite à cliquer sur la couverture en vitrine du blog pour (re)découvrir le billet de faveur, par l'auteur consacré. A nous rejoindre en novembre au salon "Ecrire l'Histoire" mais ça, c'est une autre histoire... nous aurons tout le loisir d'en reparler.

 Si elle devait entreprendre le tour du monde, à pied, Christine Orban nous a confié qu'elle emporterait à coup sûr l'oeuvre de René Girard. Et de préciser: " Mensonge romantique et vérité romanesque."

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Décédé fin 2015, le célèbre anthropologue avait notamment écrit le célébrissime essai La violence et le sacré, décrit le phénomène du Bouc émissaire, ...élaboré la "théorie mimétique" 

(Photo issue de Photomag.com) 

 

13 août 2016

Sur la route avec Gaëlle Nohant

Se profile la rentrée - je vous l'annonce engageante - et pour ce long week-end du 15 août, le choix de lecture "tour du monde" de deux auteurs qui nous ont valu, l'année écoulée, un bonheur de lecture majeur....

A savoir Gaëlle Nohant, ce jour; Christine Orban, le 15 août.

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La part des flammes (Ed. Héloïse d'Ormesson) a enchanté des milliers de lecteurs - z'ont eu raison - dont un bon nombre de participants du Prix Horizon. Je vous engage à cliquer sur la couverture sise en vitrine du blog et accéder au billet de faveur que Gaëlle Nohant nous avait accordé. La bonne nouvelle est la publication du roman en édition de poche, l'incitation à en faire votre lecture de (fin) de vacances.

A la question de notre "feuilleton" estival: qu'emporteriez-vous comme lecture essentielle si vous deviez entreprendre un tour du monde pédestre, Gaëlle Nohant répond:

product_9782070754274_195x320.jpg "Si je devais partir faire un tour du monde à pied, j'emporterais avec moi les œuvres complètes de Robert Desnos dans la collection quarto.

D'abord, parce que j'aime infiniment ce poète qui m'accompagne depuis que j'ai seize ans. S'il a peu voyagé lui-même, en raison de sa grande pauvreté, il adorait les voyages et a tiré profit de tous ceux qu'il a faits, y compris de son voyage douloureux et forcé dans les camps de concentration, où il a été envoyé pour faits de résistance pendant la deuxième guerre mondiale.

Ensuite, parce que je sais que je trouverais dans sa poésie tout ce qu'il faut pour me nourrir durant ce long voyage, et que ses mots mettraient en lumière mes émerveillements et mes rencontres. Cette belle édition quarto qui réunit l'essentiel de sa poésie serait donc la compagne idéale pour m'accompagner autour du monde."

 

12 août 2016

Dernière lettre à Théo

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" La police m'enfermer à l'hôtel-Dieu. Mon atelier est mis sous scellés. J'ai mangé mes tubes pour me déguiser en tableau et voilà que mes tableaux deviennent dérangeants, eux aussi, comme s'ils pouvaient aller au café de la Gare boire cinq absinthes d'affilée et faire du scandale !"

La mort, conséquence du suicide supposé de Vincent Van Gogh, le 29 juillet 1890, aura fait couler bien de l'encre, nourri bien des supputations. La rentrée littéraire nous en propose une nouvelle interprétation, des plume et conviction de Jean-Michel Guénassia, La valse des arbres et du temps  (Ed. Albin Michel) - Vous en aurez chronique sur votre blog préféré..

La vraie dernière lettre de Vincent à son frère Théo date du 24 juillet; il ne l'a pas envoyée. Elle est retrouvée sur son corps, en pleine agonie,  le 27 juillet.

Qu'à cela ne tienne, le romancier Metin Arditi, s'est plu à la réécrire voici quelque huit ans, la nourrissant de son propre imaginaire, d'éléments purement fictifs - tel ce portrait de Marguerite Gachet, buste dénudé, .. - et des pensées, blessures enfouies, .. qu'il prête au célèbre peintre.

Il convia son cousin, Pierre Arditi, à en faire lecture, de sa voix chaude et .. convaincante. 

Dernière lettre à Théo, Metin Arditi, livre audio lu par Pierre Arditi, Actes Sud, 2009 - 44 pages - 22 plages - durée :47' 33''

09 août 2016

Royal hommage

J'évoquais à votre attention, mardi passé, l'estime, l'amitié que nourrissait le couple royal - LM le Roi Albert et la Reine Elisabeth de Belgique à l'égard du "Maître" - entendez, Emile Verhaeren, l'invité de nos mardis

220px-Albert_I_of_Belgium_1910.jpgPeu après son introisation - qui eut lieu le 23 décembre 1909 - le Roi Albert revient sur un événement marquant de novembre 1908.  Il assistait alors, discret, princier, à l'une des cérémonies d'hommage au poète: 

 

                « [ ••• ] Il est une fête dont j’aime garder la mémoire, elle eut lieu, il y a un an environ, à l’Hôtel de Ville de Bruxelles, où, sans distinction de parti et de classe, l’élite de la capitale célébra les lettres belges et acclama l’une des gloires de notre littérature d’expression française. Spectacle inoubliable ! Qui me fit comprendre combien une nation s’élève en protégeant l’essor d’une littérature puisant sa force dans les sentiments et les aspirations de tout un peuple [ ... ] » [S : Worthing]

 Emile Verhaeren, 1855-1916, Béatrice Worthing, biographie traduite de l’anglais par Renée Wegge, Ed.  Mercure de France, 1991, 365 pp

 

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Mar-dites-moi, Emile Verhaeren

Du 12 juillet au 27 novembre 2016 (centenaire du décès du poète) , vous aurez rendez-vous chaque mardi pour des billets, infusions,, extraits de lettres ,  chroniques , ....relatifs au chantre du vitalisme.

06 août 2016

En route avec Julia Kerninon

Découverte majeure, 16-sissante de la rentrée de janvier, la lecture du Dernier amour d'Attila Kiss  (Ed. du Rouergue) a ravi durablement mon esprit.

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Je vous engage à cliquer sur la couverture de l'ouvrage en vitrine du blog, découvrir le billet de faveur que Julia Kerninon nous a si aimablement accordé et SURTOUT à déguster ce bijou d'écriture. Hâtez-vous, vous ne serez pas déçus.

La merveilleuse écrivain s'est également prêtée à la question de nos Estivales du Pavillon, nous confiant ses lectures majeures, l'ouvrage qu'elle emporterait, si d'aventure, elle entreprenait le tour du monde à pied..

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Julia Kerninon: "C'est difficile de dire quel livre m'a le plus marquée, parce qu'il y existe, heureusement, un nombre conséquent de bons livres. Je pourrais par exemple choisir Requiem, de Rainer Maria Rilke, pour apprendre tous les poèmes par coeur jusqu'à les posséder - ou alors un roman de Faulkner, Si je t'oublie Jérusalem, pour en percer enfin le mystère. Mais si je devais choisir un seul livre pour faire le tour de monde, je crois qu'il faudrait que ce soit non seulement un grand livre, mais aussi un gros livre. Alors je pense que je choisirais Finnegans Wake, de James Joyce.  Parce que c'est énorme et nourrissant, conçu pour être lu en boucle puisque la dernière phrase enchaîne sur la première, parce qu'il y a des mots venus de partout, des mots inventés, et parce que le fait qu'un homme ait un jour eu l'idée de faire une chose comme celle-là me ravit complètement. Je ne prétends pas comprendre ce livre - mais c'est précisément parce que je le comprends pas que je l'aime. "

 NDLR: Finnegans Wake, James Joyce, roman, Faber & Faber, 1939, traduit de l'anglais  (Irl- 1982) par Philippe Lavergne (Ed. Gallimard); Folio 1997 (n°2964)

02 août 2016

Le Prince Léopold écrit à Emile Verhaeren

 Août se poursuit en nos "Mar-dites-moi, Emile Verhaeren"..

Découvert pour vous en la lecture de la biographie rédigée par Beatrice Worthing , cette lettre écrite de la main du Prince, futur Roi Léopold III, encore enfant, pour remercier Emile Verhaeren de la copie manuscrite d'un de ses poèmes. La famille royale belge avait nourrissait grand estime, sincère amitié, pour le "Maître".

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« Monsieur Verhaeren,

C’est sur la table, vers midi, que j’ai appris votre belle poésie ; j’ai eu beaucoup de plaisir quand j’ai vu que je la comprenais et j’ai été très heureux de vous la réciter.

Je suis très fier d’avoir reçu cette poésie écrite par vous, je vous en remercie beaucoup. Je veux en apprendre encore d’autres.

Votre bien respecteux  [sic]
Léopold »

Source: Emile Verhaeren, 1855-1916, Béatrice Worthing, biographie traduite de l’anglais par Renée Wegge, Ed.  Mercure de France, 1991, 365 pp

 

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Mar-dites-moi, Emile Verhaeren

Du 12 juillet au 27 novembre 2016 (centenaire du décès du poète) , vous aurez rendez-vous chaque mardi pour des billets, infusions,, extraits de lettres ,  chroniques , ....relatifs au chantre du vitalisme.