18 mai 2012
Festival de la correspondance de Grignan - 17e édition
Tandis que Grignan et l' équipe de programmation du Festival de la correspondance, dirigée par Anne Rotenberg met la dernière main à la plume en vue du lancer de sa 17e édition (4-8 juillet 2012), il est temps pour nous de vous ouvrir l'appétit de quelques rencontres particulièrement engageantes....
Notons que le programme est donné sous réserve de modifications, jusqu'à la mise en place de la version définitive sur le site du Festival: www.grignan-festivalcorrespondance.com
Placée sous le thème de la correspondance des philosophes, l'édition 2012 sera inaugurée par Bruno Durieux, maire de Grignan et Président fondateur du Festival, en présence de Régis Debray et de Claire Chazal, hôte fidèle du Festival. L'ouverture aura lieu sur la place de la mairie, mercredi 4 juillet à 17h30. Il fera beau, il fera chaud.
Tricentenaire (de naissance) oblige, Jean-Jacques Rousseau est l'invité des lectures de la première soirée, avec un focus sur son aversion pour... la correspondance et "le combat du siècle" qui l'oppose à Voltaire.
Les rencontres, lectures et spectacles des quatre jours suivants feront la part belle à Diderot, Senèque, Descartes, Simone Weil, Hannah Arendt, Spinoza, Althusser, Erasme, Schopenhauer, Rachel Bespaloff, Nietzche, Kierkegaard, Galilée, Vladimir Jankelevitch..., dont les écrits seront servis par une riche palette de metteurs en lecture, comédiens et écrivains, parmi lesquels vous reconnaîtrez Laure Adler, Ariane Ascaride, Marie Bunel, Claire Chazal, Fanny Cottençon, Regis Debray, Julia de Gasquet, Sylvie Germain, Didier Goupil, Françoise Harmel, Irène Jacob, Sam Karmann, Samuel Labarthe, Martin Lamote, Didier Long, Anne Rotenberg, Eric-Emmanuel Schmitt, Gérald Stehr et Carole Thibaut, pour ne citer qu'eux.
Vous l'aurez compris, l'édition 2012 s'annonce sous les auspices les plus avantageux. N'hésitez pas à cliquer sur le lien: http://www.grignan-festivalcorrespondance.com/images/pdf/... qui vous donnera un aperçu de l'avant-programme
Vous pourrez, dans le courant du mois de juin, réserver vos spectacles via la billetterie du Festival, conscients que les réservations sont généralement prises d'assaut.
Le traditionnel petit déjeuner de L'Espistolière aura lieu le 4 juillet, en prélude à l'ouverture du Festival, avec, cette année, une invitée particulièrement prestigieuse....
Précisions et invitations via le magazine l'Evénement de juin.
A suivre...
AE
05:36 Écrit par Apolline Elter dans Agenda, Festival de la Correspondance de Grignan, Les Estivales de l'Ermitage | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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24 août 2011
Bajazet
Bajazet
Cékisa?
Héros radical, racinien si vous préférez - aux prises avec un dilemne cornélien - le turc Bajazet doit choisir entre son amour pour la douce Atalide et la gloire (assortie d'unevie sauve) que lui apportera son mariage avec la fière Roxane. Roxane, la sultane. Cela s'entend.
La situation est compliquée, la fin, tarabiscotée, les quelque 1800 alexandrins, un peu lourds en pieds.
La pièce fut un triomphe lors de sa Création, le 5 janvier 1672.
Et bien tant mieux.
Notons que la présentation du texte, annotations et commentaires réalisés par Marie-Claude Canova-Green pour les Petits Classiques Larousse est avenante, tant qu'à faire, conseillée: claire et structurée, elle cadre le propos dans l'ambiance de l'époque, et pose les questions qui mûrissent les réflexions.
Ce billet conclut - pour cette année - nos "Estivales de l'Ermitage". On ne peut vous donner meilleure envie d'aborder la rentrée....
Apolline Elter
Bajazet, Racine, 1672 - texte intégral présenté, annoté et commenté par Marie-Claude Canova-Green, Petits classiques Larousse, 2009
07:24 Écrit par Apolline Elter dans Les Estivales de l'Ermitage | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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13 août 2011
Le XVIIIe au goût du jour
D'Amboise à Versailles, il n'y a que quelques lieues, ...si peu.. C'est donc à Versailles que je vous propose de - bientôt - conclure notre escapade de l'été..
Le Grand Trianon y accueille, en effet, depuis le 8 juillet (et jusqu'au 9 octobre) une exposition sur quelques parures de la Haute couture (contemporaine) , directement inspirées de la mode du siècle des Lumières....
Une façon élégante de rendre hommage à Marie-Antoinette et à sa chère Rose Bertin.
Un pacours agréable à travers des matières chatoyantes soutenues de baleines, rehaussées de soie, d'hermine, de moire, velours,dentelles ... de vocables délicieux, livrées, minaudières, pieds-de-coq...et de signatures prestigieuses: Karl Lagerfeld, Christian Dior, Vivienne Westwood, Alexander Mc Queen (Givenchy), Nicolas Ghesquière (Balenciaga), Christian Lacroix, Jean-Paul Gaultier, Thierry Mugler, Yohji Yamamoto.. et de clins d'oeil aux tenues d'époque exposées en regard.
Renseignements: site du château de Versailles : www.chateauversailles.fr (à 20 minutes à pied, du château, via le parc)
07:35 Écrit par Apolline Elter dans Agenda, Bon plan, Les Estivales de l'Ermitage | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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12 août 2011
La forêt des livres 2011

Grande manifestation annuelle de Touraine, la Forêt des livres revêt un avant-goût de rentrée littéraire. Avec quelque 150 auteurs, écrivains et artistes invités, le dernier dimanche d'août voit la paisible bourgade de Chanceaux-près- Loches et ses trente communes partenaires, pacifiquement assiégées de dizaines de milliers de visiteurs. L'édition 2010 en comptait près de 60.000.
Créée à l'initiative de Gonzague Saint-Bris, la manifestation fête sa seizième édition - heureuse coïncidence (avec ...le Festival de la Correspondance) - et réunit, sous l'allée de platanes et dans le parc du château de Chanceaux, des plumes marquantes de notre actualité littéraire: Alain Baraton, Janine Boissard, Patrick de Carolis, Françoise Chandernagor, Gérard de Cortanze, Michel de Decker, Didier Decoiin, Stéphanie des Horts, Irène Frain, le Prince consort Henri de Danemark, Catherine Hermary-Vieille, Kénizé Mourad, Patrick Poivre d'Arvor, Bernard Werber...ont déjà confirmé leur présence, le dimanche 28 août, et se prêteront, de 14h à 18h, aux séances de dédicaces, aux côtés de personnalités du monde du spectacle et du petit (grand) écran, Nikos Aliagas, Charles Aznavour, Michel Delpech, Marie Drucker, Patricia Kaas, Claude Lelouch, Francis Perrrin...pour ne citer que ces derniers.
Vous l'aurez compris, une manifestation d'envergure et de contacts à la fois, déclinant des conférences et lectures-spectacles en marge des rencontres-dédicaces, qui restent un moment fort, dans l'approche d'une oeuvre et de son auteur.
Le regret de ne pouvoir m'y rendre personnellement trouvera consolation dans les commentaires que vous me ferez de l'événement.
Dimanche 28 août, de 9h (messe en mémoire des écrivains défunts) à 21h30
A 18h30 : remise des prix littéraires » Les Lauriers Verts de la Forêt des Livres » à une vingtaine d’auteurs présents (ou priés de l’être)
Informations :
Site web : www.laforetdeslivres.com
AE
06:40 Écrit par Apolline Elter dans Agenda, Les Estivales de l'Ermitage | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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11 août 2011
En passant par la Touraine..au château d'Amboise
Exit ..à regret .. la belle Ile de Ré...
Vos roues - votre route - vous mènent en Touraine.
L'occasion de faire un saut dans l'altier château - royal! - d'Amboise et un plongeon rafraîchissant dans l'Histoire de France. Une visite guidée vous y attend, incluse dans le tarif des billets.

Si le château était au XVIe siècle cinq fois plus important qu'aujourd'hui, il n'en garde pas moins, présente et forte (grâce à la guide..) l'ombre de ses occupants. L'ombre de Charles VIII, décédé aprè s'être malencontreusement cogné le front dans la salle du Jeu de Paume - restez vigilants - celle de sa veuve, Anne de Bretagne, dont le contrat de mariage (1491) stipulait qu'elle devait épouser le successeur de Charles VIII si celui-ci mourait sans descendant.... Des trois fils que le couple avait conçus, il ne restait aucun survivant. L'union de la Bretagne et de la France se consolida donc du mariage d'Anne avec son beau-frère, Louis XII. Las, le bilan de la bonne douzaine de grossesses jaillies de ces deux unions se solda par la survie de deux ..filles, dont la future reine Claude. Laquelle épousera François 1er et fera passer le trône aux Valois.
Guère prisé d'Henri II et de Catherine de Médicis, qui lui préfèrent Blois, ni d'Henri III qui espace, de guerre lasse, ses séjours, Amboise sera définitivement déserté par Henri IV et la Cour, au profit de l'Ile de France.
Il faudra attendre le XIXe, Louis-Philippe et la montée du groupe au second étage pour retrouver l'ombre d'une présence et le contraste saisissant d'une décoration Empire.
Le château aura connu aussi d'autres affectations: prison d'Etat, usine de confection de boutons et de casques, maison de retraite.... Sans oublier le séjour (forcé) , en ses murs, de l'émir algérien, Abd El Kader, assigné à résidence, avec famille et suite - soit quelque 80 personnes - durant quatre ans, au château. Prisonnier d'Etat, il sera libéré en 1852 par Louis Napoléon Bonaparte.
Et vous, libres de visiter des jardins en tous points zadmirables.

AE
06:25 Écrit par Apolline Elter dans Les Estivales de l'Ermitage | Commentaires (4) | Envoyer cette note |
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10 août 2011
Sur les traces de Celse-Benigne de Rabutin-Chantal

Impossible de quitter l'Ile de Ré, sans une pensée émue pour Celse-Benigne de Rabutin-Chantal, papa de notre chère marquise (de Sévigné), y décédé, le 22 juillet 1627 - il a 31 ans, la petite Marie n'a que dix-sept mois - tandis qu'il combat les Anglais, débarqués sur l'Ile, la veille (cfr Siège de la Rochelle).
Il s'agit pour le fils de Sainte-Jeanne de Chantal, flambeur, joueur et duelliste impénitent, de se racheter une conduite en servant sa patrie.Il la rembourse au prix de sa vie. Sa veuve, Marie de Coulanges, trouvera quelque réconfort dans les sentiments qui la lient au marquis de Toiras, ami de son défunt époux et figure héroïque du combat. Elle mourra, à son tour, six ans plus tard, laissant sa fille unique désormais orpheline...
AE
06:19 Écrit par Apolline Elter dans L'Epistolière, Les Estivales de l'Ermitage | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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09 août 2011
Ecomusée du marais salant

Promesse tenue, je vous emmène à l'écomusée du Marais Salant (Loix - en l'Ile de Ré) pour une visite qui ne manquera pas - c'est le but (jeu de mot facile, je vous l'accorde) - de... piment.
Proximité de la mer oblige, composition argileuse du sol aidant, les marais salants se sont mutlipliés en Ré, depuis la nuit des temps, favorisant dès le XVe siècle, l'essor d'une activité florissante: la saliculture. L'activité atteint son apogée au XIXe siècle : les marais salants occupent alors près d'1/5 de la surface de l'Ile, pour une production de 30.000 tonnes l'an. 1850 amorcera le déclin de l'activité, sauvée in extremis de l'extinction par le dynamisme de sauniers, il y a une vingtaine d'années. On estime actuellement la production à 2.000 tonnes par an.
Comment récolte-t-on le sel?
L'eau de la mer contient une certaine quantité de sel.
Il s'agit d'augmenter la densité de cette dernière.
Comment?
Par évaporation naturelle de l'eau. Venant de la mer, l'eau s'écoule dans des bassins, selon un circuit établi qui voit sa concentration en sel augmenter en proportion du parcours effectué. La saturation de l'eau en sel est telle, dans les derniers bassins, qu'elle provoque une cristallisation de ce dernier.
Et la fleur de sel, me direz-vous?
C'est la (fine) couche de cristaux qui se forme à la surface des marais, les jours de (grande) chaleur, l'eau ayant été évaporée par l'action du vent. Il s'agit dès lors de la récolter , dès qu'elle se forme, et de la poser en tas conique sur le côté du bassin. Vous aurez dès lors compris que la récolte se fait en été, quand l'air est sec et chaud. Vous comprendrez tout aussi bien que l'humidité que nous subissons cet été ne réjouit pas les sauniers...
Je vous ai mis l'eau à la bouche?
Je vous invite à consulter le site de l'écomusée: www.marais-salant.com
AE
06:48 Écrit par Apolline Elter dans Bon plan, Les Estivales de l'Ermitage | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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08 août 2011
Point de vue


Mina-Ré
Apolline, Les points de vue rétais du lundi
06:26 Écrit par Apolline Elter dans Les Estivales de l'Ermitage, Les pensées d'Apolline | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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07 août 2011
Infusion au caramel salé
Est-il meilleur "High tea", en ce dimanche d'escapade en Ile-de-Ré que de vous proposer une dégustation de caramels à la fleur de sel, qu'offrent (à la vente) la plupart des boutiques de l'Ile ou de l'essayer, version glacée, en vous postant dans la file qui pointe de son estivale attente le célèbre glacier "La Martinière" ....
Et de vous tendre quelques photos d'un reportage, signé Louis Jadoul.



17:00 Écrit par Apolline Elter dans Les Estivales de l'Ermitage | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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06 août 2011
Petite histoire de l'Ile de Ré
Notre périple de fin juillet en Ile de Ré, Touraine & Versailles (compte rendu au programme de notre blog, du 5 au 14 août...) commence, à l'évidence, par un historique de l'Ile de Rê(ve)...
Ardent passionné de l'Ile - on peut le comprendre - David Canard nous en trace, de façon claire, vivante et didactique, la destinée, remontant pour ce faire, à ses origines paléolithiques.
Enjeu de convoitise et de rivalités franco-anglaises répétées, l'île coiffera les deux couronnes, scindée de surcroît, jusqu'à la Révolution de 1789, selon une division Nord (les seigneuries d'Ars, Loix et Les Portes) - Sud (la Baronnie de Saint-Martin).
Le siège de 1627 reste présent dans les annales et mémoire de l'Ile, comme un haut fait de résistance envers l'Occupant anglais - incarné par le duc de Buckingham. Notre billet de mercredi 10 août s'en fera l'écho, car il consacre le décès de Celse Bénigne de Rabutin-Chantal, père de notre chère marquise.
Spécialisé en poliorcétique*, Sébastien Le Prestre de Vauban (1633- 1703) - Vauban pour les intimes - dota Saint- Martin d'une citadelle apte à recevoir les habitants de l'Ile en cas de siège, au prix d'un immense chantier qui dura de 1681 à 1685. Cinquante-trois ans passés au service du Roi permirent à ce génie du siège de créer quelque 130 places-fortes et de participer à une cinquantaine de sièges. Si l'on songe aux 108.000 km que le Maréchal parcourut, on ne peut que s"incliner...Pas de doute, nous reviendrons sur son portrait.
Le nombre des habitants de l'Ile, de 17.000, lors de la Révolution française, n'a guère changé : il flotte, aujourd'hui encore dans les mêmes eaux.
Note plus douloureuse dans le passé de l'Ile: la citadelle de Saint-Martin fut l'antichambre des départs pour le bagne, de la fin du XVIII au milieu du XXe siècle .: "Au fil des années, ce ne sont pas moins de 70000 futurs forçats qui firent résonner leurs sabots sur les pavés du port. Parmi eux des personnages célèbres : "Albert Dreyfus, accusé de haute trahison fut incarcéré à Saint-Martin, du 18 janvier au 21 février 1895. Guillaume Seznec, Henry Charrière dit Papillon, Eugène Dieudonné passèrent également par Saint-Martin."
[ Ndlr: devenue un centre pénitentiaire pour "séjours long", l'actuelle prison de Saint-Martin est pressentie pour un éventuel regroupement avec d'autres centres de la région]
Reliée à la terre rochelaise depuis mai 1988 par un gigantesque pont qui divisa quelque peu l'opinion locale et dont la construction fut entamée " dans la plus parfaite illégalité" , l'Ile n'en est plus tout à fait une si ce n'est qu'elle entretient, admirablement, le secret insulaire de son charme [ndlr]
L'année 2010 fut marquée, en son début, par le passage dévastateur de la tempête Xynthia (28 février 2010). Les traces en sont à ce jour généralement résorbées.
Apolline Elter
Petite Histoire [de l'] Ile de Ré, David Canard, Geste éditions, 2010, 116 pp, 8 €
* Art des sièges (militaires) . NB les informations contenues dans ce paragraphe ont été croisées avec celles, glanées lors de la visite du musée Ernest Cognacq ( Hôtel de Clerjotte - Saint-Martin de Ré) : Une très belle exposition "Ré, les facettes d'une île" s'y tient, depuis avril 2011. Je vous la conseille comme une belle clef de compréhension de l'Ile.
06:06 Écrit par Apolline Elter dans Les chroniques d'Apolline Elter, Les Estivales de l'Ermitage | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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02 août 2011
Franchise postale
"Je préfère assimiler chaque événement de la vie à une bonne bouteille de vin. On peut se donner une idée en lisant l'étiquette, on espère, on salive, mais on ne sait jamais ce qu'on va trouver. Si on l'ouvre trop tôt, elle est éventée. Si on l'ouvre au dernier moment, on ne lui laisse pas le temps de s'étirer, de prendre sa place."
Franchise postale, Autoportrait par correspondance, Pierre Richard, Christophe Duthuron, Le Cherche midi, août 2010, 264 pp, 17 €
06:17 Écrit par Apolline Elter dans Gourmandises, Infusions, L'Epistolière, Les Estivales de l'Ermitage | Commentaires (2) | Envoyer cette note |
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27 juillet 2011
Diderot en Russie

Des soucis financiers contraignent Diderot (1713-1784), le célèbre philosophe et encyclopédiste, à se séparer de sa bibliothèque. Catherine II, Impératrice de Russie, l'acquiert et l'invite à Saint Pétersbourg. Le philosophe y séjournera 5 mois, d'octobre 1773 à mars 1774.
De la correspondance qu'ils échangent durant cette période, Gérald Stehr tirera matière à une lecture à deux voix, en une adaptation libre dont la création eut lieu, à Grignan, le samedi 9 juillet, à l'occasion du Festival de la Correspondance. Jean-Pierre Malo interprétait un Diderot, philosophiquement débraillé, dans toute la pertinence de son ..impertinence, Christiane Cohendy, une très crédible Catherine II. En filigranes, la figure de Potemkine, ministre et amant de l'impératrice.
"Diderot et Catherine II se sont certainement beaucoup plus appréciés dans un moment d'oubli de ce qu'ils étaient vraiment."
Le philosophe pourra-t-il convaincre la despote - éclairée - des méfaits de son absolutisme?
"Il n'y a rien de si dangereux, qu'un despote juste, ferme et éclairé!"
La correspondance cède rapidement la place à la conversation qui, sous l'habilité des propos, prend un surprenant tour de sincérité.
" Monsieur Diderot, j'ai entendu avec le plus grand plaisir tout ce que votre brillant esprit vous a inspiré mais, avec tous vos grands principes que je comprends très bien, on ferait de beaux livres et de mauvaise besogne."
"Je me souviens d'avoir dit à Votre Majesté que j'avais l'âme d'un esclave dans le pays de ceux qu'on appelle libres, et que j'avais l'âme d'un homme libre dans le pays de ceux qu'on appelle des esclaves."
Diderot en Russie, Adaptation libre de la correspondance de Diderot et de Catherine II, Gérald Stehr, Triartis, Scènes Intempestives à Grignan, juin 2011, 64 pp, 10 €
06:14 Écrit par Apolline Elter dans Festival de la Correspondance de Grignan, L'Epistolière, Les chroniques d'Apolline Elter | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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26 juillet 2011
Franchise postale

Pour cet autoportrait par correspondance, Pierre Richard s’est adjoint la complicité de Christophe Duthuron, fan de l’acteur, au premier salto du berceau.
« C’est donc tout naturellement que, arrivé à la fac, j’ai ambitionné de faire un travail sur tes films. Je les plaçais désormais dans une filiation burlesque et m’intéressais à ta création, à ton personnage de Pierrot, solaire, celui-là, parachuté dans l’hostilité d’un monde absurde. »
Au départ des lettres « plus folles les unes que les autres » que le Grand Blond reçoit en sa boîte aux lettres noire, les compères concoctent des réponses qui , sous le couvert de la plaisanterie et du fameux faciès farfelu et fécond qui nous est familier , se révèlent de vraies leçons de vie.
« Je tiens, comme toi, la gravité pour une faute de goût »
« J’ai appris à être égoïste à plusieurs »
Treize lettres et leurs réponses qui affranchissent un Pierre Richard du « jugement des autres » et du regard résolument …distrait qu’on lui prête.
« C’est toujours un peu triste, ces gens qui courent après leur image. Il est décidément bien dangereux d’avoir une trop haute idée de soi-même. Il arrive forcément un moment où l’on ne peut plus l’attraper. »
Apolline Elter
Franchise postale. Autoportrait par correspondance, Pierre Richard, Christophe Duthuron, Le cherche-midi, août 2010, 264 pp, 17 €
06:27 Écrit par Apolline Elter dans L'Epistolière, Les chroniques d'Apolline Elter, Les Estivales de l'Ermitage | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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22 juillet 2011
Le chantier médiéval de Guédelon

A l'agenda de ce vendredi estival - par la date - je vous propose un saut de géant dans le temps: retrouvons-nous au coeur du Moyen Age - au XIIIe siècle plus précisément - et du fabuleux chantier de Guédelon (Yonne - Puisaye) .
A l'origine de ce projet incroyable, le cerveau enfièvré- et.... fou- d'un aventurier. Celui de Michel Guyot, propriétaire et conservateur du château de Saint-Fargeau, situé à quelques lieues de là.. Son idée: construire un château selon le modèle efficace du château philippien (XIIIe siècle) qui connut quelque douze mille réalisations...et s'obliger à n'utiliser que les techniques et matériaux de l'époque. Pas de doute, il faut être un peu félé pour se lancer dans pareille aventure. Il aura cependant fait légion, puisque depuis la pose de la première pierre, le 20 juin 1997, le chantier ne désemplit pas d'oeuvriers et de visiteurs.
Un peu de scénographie: nous sommes en 1243, au début du règne de Louis IX ( Saint-Louis), petit-fils de Philippe-Auguste. Le temps est à la construction de châteaux raisonnés: plus rapides à construire, moins chers et néanmoins efficaces. Les tours s'arrondissent, offrant une meilleure résistance au temps et aux attaques. Entamée en 1229, la construction devrait être achevée en '54 (traduisons: en 2022 - 2023..) Il nous faut toutefois tempérer l'optimisme de ce planning. En effet, les quelque cinquante oeuvriers qui s'affairent sur le chantier de Guédelon ont plus d'un obstacle à franchir: le genre de construction qui les occupe n'est plus vraiment dans l'air du temps et le purisme archéologique qui préside aux gestes, techniques employées et organisation du chantier oblige à des recherches fouillées. Pas facile de renoncer ainsi à nos acquis technologiques. Les seules concessions faites à l'époque actuelle concernent les normes de sécurité:
Arrêté, chaque année, durant les saisons froides, le chantier subit aussi les lenteurs de sa vocation didactique: dévoués aux nombreux scientifiques et visiteurs qui le viennent parcourir, les maçons, charpentiers, forgerons, tuiliers, tailleurs de pierre, ...voient leur rendement horaire passablement diminuer. Pour notre plus grande édification.

Apolline Elter
Site recommandé: www.guedelon.fr
Guédelon - Chantier médiéval - D 955 - F- 89 520 Treigny
06:55 Écrit par Apolline Elter dans Bon plan, Les Estivales de l'Ermitage, Sites web recommandés, Z'ados -reront | Commentaires (2) | Envoyer cette note |
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19 juillet 2011
Festival de la correspondance de Grignan 2011 - Un bilan très positif
Les billets et comptes rendus parus sur le blog vous l'auront révélé: la seizième édition du Festival de la correspondance de Grignan (6-10 juillet) fut un nouveau et vrai succès. Elle emporte notre entière adhésion. Notre enthousiasme plénier.
Le défi était pourtant de taille, qui opposait aux rayons parfois torrides du soleil de Grignan, la fraîcheur, par moments sibérienne, de la littérature russe.
Le charme combiné de la délicieuse bourgade drômoise, d'une organisation hors pair, implication bénévole de nombreux acteurs, rencontres en toute simplicité avec des personnalités prestigieuses, ambiance imparable des lectures-spectacles, rencontres, interviews, ..rassemblés, sous l'égide de notre chère marquise, par la magie de l'art épistolaire, fait du Festival un moment fort de l'année. Un rendez-vous primordial de notre blog.

Le public? Majoritairement féminin, à première vue, dont l'âge - relativement mûr - et l'éducation, permettent à Grignan de conserver une vraie tranquilllité malgré l'affluence et les files nombreuses à l'entrée des spectacles. Un public passionné - une Parisienne avouait avoir acheté pour 500 € de billets d'entrées (pour 3..) - qui n'hésite pas à converser et échanger ses impressions à qui les veut entendre, contribuant de la sorte à l'amène convivialité des rencontres.
La lecture, par Claire Chazal, d'une correspondance librement adaptée d'Ariadna Efron à Boris Pasternak, les rencontres avec André Marcowicz revenaient sur toutes les lèvres comme des moments d'émotion extraordinaires. La lecture par Norah Krief de lettres de Marina Tsvetaeva - "Une lettre, ce ne sont pas des mots mais une voix"(billet du 8 juillet) fut un autre moment fort du Festival. Tel aussi le Voyage épistolaire dans la Russie de 1839, décliné par un Bernard Yerlès, élégant de modestie sous les traits d'Astolphe de Custinne.
Parti, à bord du Nicolas Ier, là la découverte de Pétersbourg et de Moscou, le célèbre marquis avait pour intention d'y puiser un enseignement politique. Des précepts susceptibles d'être reproduits en France. Il constatera, stupéfait, la tyrannie du système, les germes d'un totalitarisme inscrit dans les gênes de la nation et le fétichisme monarchique d'un peuple d'"automates volontaires " et de fonctionnaires trop zélés: "Le climat, lui-même, est complice de cette tyrannie."
Le petit déjeuner de "L'Epistolière " (L'Evénement - reportage sur ce blog) autour de Geneviève Brisac et de Véronique Olmi restera inscrit dans les esprits comme une rencontre vraie, radieuse, intense. La découverte de chambres d'écriture, celle des Deux Terres, en particulier ( http://editionsdelermitage.skynetblogs.be/archive/2011/07...) suscite bien des envies et le germe de concrètes réalisations.
Félicitations appuyées à tous les acteurs du Festival, Bruno Durieux, son fondateur, les habitants de Grignan, et Anne Rotenberg, qui en assure la programmation cullturelle et artistique.
Une Direction qui nous fait l'honneur d'un bilan à brûle-pourpoint, de cette très belle édition.
Anne Rotenberg: "C'est toujours très gratifiant lorsqu'on sait que le public passe un moment agréable et surtout qu'il rencontre des textes, des auteurs...Cette édition 2011 me réjouit en ce sens qu'elle suscite de la part du public une grande curiosité, et apporte à sa connaissance des textes et des auteurs nouveaux. C'est un public toujours fidèle et qui résolument nous fait confiance. L'affluence me semble constante peut -être même en augmentation ( j'attends le bilan chiffré). La générosité d'André Markowicz et des artistes en général a illuminé une partie de cette édition mais c'est surtout l'âme russe sortie de ces lettres qui restera en mémoire"
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La 17e édition du Festival se profile à l'horizon de l'été 2012 - elle sera dévolue aux philosophes et se déroulera du mercredi 4 au dimanche 8 juillet prochain. Rendez-vous sur ce blog, dans le courant du mois de mai pour un aperçu de la programmation.
06:40 Écrit par Apolline Elter dans Festival de la Correspondance de Grignan | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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