23 février 2012

Pommes de terre - 100 délicieuses recettes

preview.jpgVous parler pommes de terre

Sur un blog littéraire?

Va falloir argumenter.

Je l'avoue, je n'ai pu résister:

- à l'historique qui vit apparaître les premiers tubercules, il y a de cela quelque 8000 années, aux "papas" incas, à la parmentière de d'Antoine-Augustin jusqu'à cette "frite" qui colle à notre belgitude comme un chewing-gum sur le revers d'une chaise

- à la nomenclature délicieuse, féminine (et parfois inconnue) de nos céciles, francelines, gourmandines, charlottes, nicolas, annabelles, plate de Florenville, victorias, milvas, marabels, exemplas, bintjes, ukamas...et prodigieuses vitelottes.

- à l'énoncé de leurs qualités nutritives et d'un label "Terra Nostra" dûment protégé,  si clairement exposé , judicieusement illustré, par l'auteur de l'ouvrage, Michel Boreux, ardent défenseur de la gastronomie ardennaise, propriétaire du complexe hôtelier, l'Auberge de la Ferme (à Rochehaut-sur-Semois), animateur de l'émission Table & Terroir, diffusée sur les ondes hertziennes de la région.

- à celui des recettes, fondantes, séduisantes, incontournables, provocantes...dans leur présentation photographiques.

A nous, à vous, les potiquet de moules, croustillants, tortillas,dauphines  et javanais de bintjes, rattes en sucettes, cannelloni, millefeuilles, velouté de vitelottes, madeleines, boulettes, brioches craquettes de victorias ou leurs samosas farcis aux ris-de-veau, sushis de cécile - elle en sera consolée - francelines soufflées -il me semblait bien -  et tarte tatin de foie gras.

Il ne fait pas de doute, la pomme de terre a recouvré ses lettres de noblesse

Apolline Elter

Pommes de terre - 100 délicieuses recettes par Michel Boreux - éditions Weyrich, février 2012 -  livre cartonné 226 pp - 29 €

22 février 2012

Veuf

9782234070899FS.jpg" Sylvie est partie discrètement sur la pointe des pieds , en faisant un entrechat et le bruit que fait le bonheur en partant"

A son épouse dont il a partagé la vie durant 40 ans, Jean-Louis Fournier rend l'hommage d'une longue, très longue lettre, rythmée de courtes apostrophes. Tendre, percutant, lapidaire mais surtout très affligé par le départ de Sylvie, l'auteur évoque les situations inévitables, ironiques ou absurdes, auquel un veuf est confronté mais aussi la nostalgie des bons moments passés ensemble.

 " J'ai des moments de répit dans mon chagrin quand j'écris. J'ai l'impression de t'écrire et que tu lis par-dessus mon épaule.

 J'espère que mon livre va te plaire. Je voudrais que ce soit un livre en couleurs. J'ai l'impression de raviver nos souvenirs.

  Avec le temps, les couleurs avaient un peu pâli."

Veuf,  Jean-Louis Fournier, récit, Ed Stock, octobre 2011, 160 pp, 15, 5 €

06:52 Écrit par Apolline Elter dans Les chroniques d'Apolline Elter | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

18 février 2012

La Liste de mes envies

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"Parce que l'amour ne résisterait pas à la vérité"

C'est bien l'enjeu de ce deuxième et tout frais roman de Grégoire Delacourt.

Nous l'attendions quelque peu au tournant, ce sympathique auteur, après le succès colossal de L'écrivain de la famille (cliquer sur la couverture du livre en vitrine du blog). Allait-il creuser la même veine d'inspiration - avec le risque du réchauffé - s'en écarter radicalement - avec le risque du sans filet ..? En fait, la question ne se pose pas,  La Liste de me envies est un très bon roman, tout simplement, qui revêt, cette fois, l'allure d'un conte philosophique.

Jocelyne Guerbette, 47 ans, est mercière à Arras et anime un blog consacré à la couture, fort d'un succès de 2000 visites par jour... . Elle et mariée à Jo(celyn) - Guerbette - technicien chez  Häagen-Dazs. Le couple a deux enfants devenus adultes et vit une union paisible et monotone, après la crise conjugale provoquée par la mort de leur bébé Nadège.

" Il y avait une chance sur un million pour que j'épouse un Jocelyn et il a fallu que ça tombe sur moi. Jocelyne et Jocelyn."

Il y avait "une chance sur soixante-seize millions" que Jocelyne remporte la cagnotte de l'Euro-Millions  - surtout qu'elle y jouait pour la première fois - "et ça tombait sur moi" ...

Véritable pavé jeté dans une petite vie bien établie,  le chèque de 18.547.301 euros et 28 centimes va remettre en question le fonctionnement du couple et ses principes philosophiques les plus fondamentaux.

Analyse brillante du paradoxe du bonheur, le roman de Grégoire Delacourt entraîne le lecteur à considérer d'un œil neuf la hiérarchie des besoins, folies et simples ..envies.

Avec tendresse, humour -non dénué de cynisme - l'écrivain confirme sa maîtrise du style,  de l’enchaînement des situations et des images bien distillées.

Un roman placé sous le signe d’un nouveau succès.

Mérité.

Apolline Elter

La Liste de mes envies, Grégoire Delacourt, roman, JC Lattès, février 2012, 188 pp, 16 €

Billet de faveur

AE: Grégoire Delacourt, ravie de vous retrouver sur ce blog. Pour votre nouveau roman, vous vous glissez dans la peau d'une femme - Jocelyne - en prise avec des problèmes de surpoids - séquelles des maternités - de violence conjugale - Jo a essuyé sur elle sa culpabilité d'alcoolique - et les préoccupations palpitantes d'un commerce de mercerie. Avez-vous bénéficié de conseils en la matière?

Grégoire Delacourt: Merci (pour ces retrouvailles). Et non, je n’ai pas bénéficié de conseils pour me glisser dans la peau d’une femme comme vous dites, ni faire face en son nom à quelques kilos de trop et une conjugalité parfois délicate. J’ai par contre bénéficié de l’amour de ma mère qui disait qu’un homme pouvait pleurer, qu’il n’en était pas moins homme ; qu’il avait le droit d’avoir et surtout de faire savoir ses sentiments. Ce fut un cadeau dont je me suis souvenu en écrivant ce personnage de Jocelyne. Oser l’impudeur. Oser la tendresse. Et pour la mercerie, je me suis souvenu du magasin que mon père tenait à Valenciennes, où les vendeuses parlaient de boutons, de guipures et autres cordons tressés avec une bouleversante passion.

AE: Le drame - et le ...fil conducteur - du roman est l'absence de communication, cristallisée par le silence qui enveloppe le chèque. Vous travaillez précisément dans le secteur de la communication, si je ne m'abuse...

Grégoire Delacourt: Oui, je travaille dans la réclame. C’est un endroit assez passionnant où les mots s’usent vite parce qu’ils disent souvent la même chose. Alors il faut les ré-assembler, les ré-inventer en permanence pour qu’ils retrouvent leur force, leur efficacité.
Dans mes deux romans, c’est vrai qu’on est confronté à des problèmes de la communication. De la relation. De la parole. Dans le premier Dumbo ne veut rien entendre. Dans celui ci, Jocelyne ne veut rien dire. J’aime bien ces moments délicats, où se tromper de mot peut faire se tromper de route. C’est dangereux. Excitant.

AE: Et puis, il y a ce poignant portrait du père de Jocelyne. Suite à un AVC, il ne dispose que d'une mémoire de 6 minutes... Cet état crée des situations frustrantes dont la révélation comique frise le cynisme.. Nouveau drame de la (non-)communication?

Grégoire Delacourt: Exactement. Lorsque j’ai appris que ce genre de symptôme existait, j’ai tout de suite pensé à en accabler un personnage. Une mémoire de six minutes, c’est la possibilité romanesque extraordinaire de renaître toutes les six minutes, de tout effacer, tout recommencer, tout rendre possible. C’est se reconnecter à l’enfance. La vraie. J’aime bien que dans cette relation, ce soit le père qui est l’enfant et Jocelyne l’adulte.

AE : Quelques scènes du récit se passent à Bruxelles. Vous avez vécu quelques années en notre Capitale, n’est-ce pas ?

Grégoire Delacourt : En effet, j’ai eu la chance d’étudier une année à Saint-Luc et surtout d’y trouver en 1982 mon premier emploi chez Intermarco-Farner (agence de publicité devenue Publicis). J’y ai passé plusieurs années heureuses, malgré le souvenir noir du Heysel (que j’évoque dans « L’Ecrivain de la Famille »). J’aime retourner à Bruxelles, pas assez souvent à mon goût….

AE : Ferez-vous une présentation de votre roman, à la Librairie Tropismes ?

Grégoire Delacourt : J’adorerais. D’autant que je cite cette magnifique librairie dans le livre…

05:52 Écrit par Apolline Elter dans Les chroniques d'Apolline Elter | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

16 février 2012

Je t'aime...toi non plus!

La guerre des Rose frappe à la porte 9782226240125FS.jpgdes couples de légende, unis pour le meilleur et pour le rire - grinçant - de la déconvenue.

Traquant les anecdotes, les bons mots, les règlements de compte incisifs, Marc Pasteger publie en ce temps valentin une "petite anthologie irrésistible de l'amour vache."

Savourons:

"Lady Astor, première femme à avoir siégé au Parlement britannique,  n'aimait pas Churchill qui le lui rendait bien. Elle lui lança un jour:

- Si vous étiez mon mari, je mettrais du poison dans votre thé.

Ce à quoi le grand homme répliqua du tac au tac:

- Si vous étiez ma femme, je le boirais certainement."

Je t'aime...toi non plus! Petite anthologie irrésistible de l'amour vache, Marc Pasteger, Albin Michel, février 2012, 178 pp, 10 €

05:23 Écrit par Apolline Elter dans Les chroniques d'Apolline Elter | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

15 février 2012

A la découverte des lettres d'amour des grands écrivains

7da9d2772e78b6a8f163684483f01519-300x300.jpgLe billet d'hier vous a donné la furieuse envie de poursuivre l'aventure et la découverte des lettres d'amour des grands écrivains.

Je vous invite à découvrir le recueil collectif, coordonné par Brigitte Lancien

 Présentés de façons chronologique, thématique, didactique, les extraits révèlent le contexte de leur écriture et l'influence de époques respectives sur la rédaction des missives.

Ils posent la question -cruciale- de la légitimité de publication de certaines correspondances.. entendu que la lettre d'amour est avant tout destinée à un unique ..destinataire

" Doute du bonheur, fruit mortel,

Doute de l'homme plein d'envie,

Doute du prêtre et de l'autel,

Mais crois à l'amour, ô ma vie!"

Ainsi écrivait Victor à Juliette, Hugo à Drouet.

A la découverte des lettres d'aomour des grands écrivains, Coll.coord par Brigitte Lamelen, Ed. Réseau, coll. Ellpses, 176 pp, 2006.

 

14 février 2012

Je vous aime

1123390_4322453.jpgVous saviez que je ne vous laisserais tomber en ce jour de Saint V...Même si, je ne vous le cache pas, le thème est à ce point galvaudé qu'il ne nous donne que l''envie de nous ...terrer.

Elevons le propos aux termes de ces lettres d'amour que les grands de la Littérature et de l'Histoire écrivirent aux élu(e)s de leurs coeurs.: d'Héloïse à Abélard, de Gabrielle d'Estrées à Henri IV, Victor Hugo à Juliette Drouet, George Sand à Alfred de Musset  Honoré de Balzac à Madame Hanska, l'Etrangère..Irène Frain propose un florilège de quelque trente lettres, sources d'inspiration potentielle de vos propres missives de la journée..

" J'ai la joie du ciel dans le coeur; vos bontés me ravissent et c'est de l'enthousiasme aujourd'hui que j'éprouve pour vous."

(Gérard de Neval à Jenny Colon - 1838)

AE

Je vous aime. Les plus belles lettres d'amour présentées par Irène Frain, Librio 2 €, déc.2002

11 février 2012

Espèce de savon à culotte

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 … et autres injures d’antan dérobées à droite et à gauche recueillies pour l’instruction des générations présentes et à venir,  dédiées aux artichauts, aux astrologues et aux Roger-Bon-Temps.

 Et à vous, estimés visiteurs…

 Le roman de Sophie Arnould ( JC Lattès, mai 2010 - cfr chronique http://editionsdelermitage.skynetblogs.be/archive/2010/07/15/le-roman-de-sophie-arnould.html) nous avait déjà ouvert l’appétit de métaphores et d’expressions du Siècle des Lumières.  Passionnée par un XVIIIe siècle, effronté et plutôt… libéré,  Catherine Guennec nous revient avec un recueil étoffé et exquis de noms d’oiseaux de l’époque : Les ahuris de Chaillot, bigresses, bougresses, claudes, croquefredouilles, arpenteurs de guinguette, Marie Jacasse, Jean-fesse.. disputent la vedette aux lessivés (ondulés) de la toiture, cuisinières d’archanges, pisse-verglas et autres auteurs..mal reliés, hérités d’une certaine « littérature poissarde ».

 « Crus, osés, grossiers, imaginatifs, drôles, indélicats, ..ces « gros mots » appartiennent bien sûr à la langue populaire et sont essentiellement portés par l'oral. Difficile dès lors de les retrouver. Difficile mais pas impossible. Surtout que le cœur du XVIIIe siècle nous offre avec Vadé, "le Corneille des ruisseaux", et ses imitateurs (le plus souvent anonymes), son incroyable littérature poissarde. Un genre méconnu qui a largement nourri cet ouvrage et mérite à plus d'un titre qu'on s'y attarde."

 Un recueil trrrrrrrrrès savoureux.

 Qui coiffera, sapristi, plus d’un anthropopithèque !

 Pas de doute, on en redemande.

 Apolline Elter

 Espèce de savon à culotte !… et autres injures d’antan dérobées à droite et à gauche recueillies pour l’instruction des générations présentes et à venir,  dédiées aux artichauts, aux astrologues et aux Roger-Bon-Temps., Catherine Guennec, recueil, Editions First, fév.2012, 272 pp, 13,5 €

 

 Billet de ..saveur

 AE: Préfaçant votre ouvrage, Philippe Delerm vante l'insolence et la liberté  qui souffle sur le français du XVIIIe siècle: " Au XVIIIe, sûre de ses fondamentaux, la langue française prend un grand coup de frais" . Voilà qui fait du bien après un XVIIe siècle plutôt classique.  Ce vent de fraîcheur va-t-il s'essouffler ou s'amplifier au XIXe siècle?

 Catherine Guennec: Le XIXe siècle, c’est le français moderne. Avec l’apparition de nouveaux termes (politiques, sociaux, scientifiques…) Les dictionnaires se font de plus en plus gros. La langue populaire et l’argot s’immiscent en littérature. Soit. Et la langue fait preuve comme toujours d’une capacité de création et de renouvellement mais moi, je n’y retrouve pas cette petite « musique », ces petites folies… qui me font préférer le siècle des Lumières où à côté des préciosités mondaines des salons apparait une prose incisive, mordante qui s’affirme avec les philosophes. Le Français devient une grande langue diplomatique internationale, parlé dans toutes les cours des rois et les ambassades quand parallèlement il se fait drôle, imaginatif, débridé, provocateur… avec notamment le genre poissard qui reprend sans fausse pudeur les mots de la rue et des halles. Pour exploser de bonne humeur, d’insolence, d’incongruités «  qui sonnent dru, qui sonnent vrai, qui disent l’amour de la vie » comme l’écrit si justement Philippe Delerm.

  

AE: Certains mots  ont évolué et semblent avoir changé de connotation au cours du temps. Je songe à "astrologue", qui n'est plus une injure aujourd'hui ou à "arsouille" dont la connotation est plus tendre désormais que celle de "mauvais sujet, fêtard, voyou". Ce doit être passionnant d'étudier, aussi, l'évolution sémantique des vocables:

 Catherine Guennec: Oui, le sens de beaucoup de mots glisse au fil des ans. Et c’est très amusant de voir les changements de signification pour un même mot : c’est vrai pour astrologue, artichaut, bestiole, cupidon, cœur, charrue, arbalétrier…

  L’intérêt de cette recherche est triple en fait, indépendamment du plaisir  de croiser de succulentes expressions :

  -         Elle fait découvrir des mots et des expressions anciennes qui ont su traverser les années et rester en usage

  -         Elle met en avant leur changement - ou pas-  de sens

  -         Elle remet enfin en lumière des mots complètement oubliés.

  Mon travail peut aussi se résumer par un «  à la recherche des mots perdus »… Qui se souvient encore de gogurlu, béjaune, rigri, coquefredouille, ramasse-ton-bras, Nicolas tac tac, Roger bon temps, Perrette à l’oignon…

 AE: Vos recherches sur les injures - étayées par une impressionnante bibliographie - ont dû vous mettre sur la voie de délicieux mots doux... Pourriez-vous en évoquer certains, en cette période de Saint-Valentin?

 Catherine GuennecMes recherches m’amènent effectivement à faire de jolies rencontres. Des trésors de vocabulaire oublié qui m’ont  d’abord séduite pour leur musique, leur joliesse et qui m’ont aussi fortement intriguée. Parce que leur sens m’échappait. Que voulait dire par exemple : un endormeur de mulot, un soupir du Danemark, un cataplasme de Venise ? Que voulait dire encore faire un trou à la lune ou la prendre avec ses dents ? s’amuser à la moutarde ? avoir le soleil qui luit dans le ventre ? voir des anges violets ?  rêver à la Suisse ?...  Je traque  tous ces mots, ces expressions. J’en ai une collection impressionnante ! Les gros mots et les insultes d’autrefois qui paraissent aujourd’hui ne sont qu’un volet de mes recherches qui comportent, aussi,  bien entendu, l’incontournable thématique de la douce chose…

 Pour la Saint Valentin, soyons donc « tournés à la friandise » et préparons-nous, heureux pélerins de Cythère,  à  faire la carpe pâmée, à jouer de la harpe…  et recevoir en pluie nourrie  tous les cachets de l’amour (des baisers) Refusons de  mourir comme les citrouilles  (disparaitre sans avoir connu l’amour). Ne faisons pas trois queues d’une cerise  (se refuser sous de futiles prétextes). Préférons mourir tout debout ! (avoir fortement le béguin)

 Autres jolis petits mots encore :

 Voici l’entendourinette (une petite curieuse qui écoute aux portes les secrets des amoureux au risque de se mettre le feu aux oreilles), les bagatelles de la porte (les préliminaires)…

 Finissons par de plus « salés »  comme : passer du B dur au Bémol (perdre de sa vigueur…), folichonner l’as de trèfle, saigner une femme entre les orteils (lui faire l’amour), trinquer du nombril, faire du potage à quatre genoux, faire zon…

 Les expressions sont nombreuses et croustillantes. Une petite dernière encore et pas des plus laides : faire les yeux en coulisses (faire les yeux doux). Joli, non ?

 

09 février 2012

Je suis la femme la plus heureuse du monde

9782268072708FS.jpgSacrée Soeur Emmanuelle. Voici trois ans que vous nous avez quittés, à l'aube de votre (premier) centenaire...et nous avons dans l'oreille cette voix haut perchée, convaincue, convaincante qui ajoutait  un timbre mémorable au charme irrésistible de votre grand âge et de votre - fameuse- personnalité.

"Quelle grâce de n'avoir rien d'autre à faire que d'être la "soeur universelle" de tous ceux que je rencontre chaque jour: je n'ai rien d'autre à faire que de les écouter, les regarder, leur souhaiter tout le bien possible, comme une soeur attentionnée et affectueuse. Je n'ai rien d'autre à faire que d'aspirer l'amour du coeur de Dieu pour le respirer et l'expirer autour de moi! Quelle chance d'être vieille!"

Transcrivant de manière thématique et structurée une série d'entretiens qu'elle eut, entre 2004 et 2006 avec Soeur Emmanuelle, Angela Silvestrini, membre de la communauté laïque et romaine de Sant'Egidio,  réactive le témoignage vital de la célèbre chiffonnière du Caire.

Vieillesse, pauvreté, mort, éternité, prière, dialogue oecuménique..arborent vigueur et lettres de noblesse dans les propos d'une femme qu'une vie d'amour universel  et  22 ans passés au sein des bidonvilles du Caire on rendue " la femme la plus heureuse du monde".

Consacrée à l'héritage de Soeur Emmanuelle, la dernière partie de l'ouvrage fait le point sur les projets en cours en France et en Egypte. Pour chaque livre acheté, 1 € sera versé à Asmae, association des amis de Soeur Emmanuelle. [Ndlr: 25.000 ouvrages ont  déjà été vendus, en date du 19 février,  un mois après la parution de l'ouvrage] 

Puissiez-vous, chère Soeur Emmanuelle, désormais tutoyer Dieu avec l'entrain que nous vous connaissons.

Apolline Elter

Soeur Emmanuelle. Entretiens avec Angela Silvestrini. Je suis la femme la plus heureuse du monde.Document. Editions du Rocher, janvier 2012 (traduit de l'italien par Sylvie Garoche), 236 pp, 17 €

 

 

06:58 Écrit par Apolline Elter dans Les chroniques d'Apolline Elter | Commentaires (3) | Envoyer cette note |  Facebook |

08 février 2012

Une vie meilleure

19865515.jpgLe film de Cédric Kahn est à l'affiche depuis deux semaines. Une merveille de justesse et de (dure) réalité.

Pitch: Yann (Guillaume Canet) et Nadia (Leïla Bekthi) décident, d'un coup de foudre, de faire route ensemble. Ils achètent une bâtisse en bord de lac, se ruinent.. de travaux et  du projet d'y installer un restaurant. La sauce ne prend pas, les travaux de restauration ne respectent pas les normes de sécurité. Interdiction d'ouvrir.

Leur précarité financière a raison de ce bel édifice de vie. C'est la dégringolade - les solutions prises pour en sortir ne sont pas les bonnes, les interlocuteurs, non plus, qui se révèlent tantôt maladroits, tantôt véreux.  Pourtant, ils ont du courage, ces deux-là, la rage ... et sur les bras, Slimane, le fils de Nadia, un délicieux bambin de 8 ans.

Fresque saisissante d'une guigne très réaliste, le film happe le spectateur du jeu très juste des acteurs:  Guillaume Canet  habite l'écran, d'un bout à l'autre du film, prodige de juste ton, de révolte et d'une paternité poignante. Révélée dans La source des femmes (Radu Mihaileanu), Leïla Bekthi poursuit sa lumineuse carrière. Quant à Slimane (Slimane Khettabi), il est ..craquant.

Apolline Elter

06:46 Écrit par Apolline Elter dans Les chroniques d'Apolline Elter | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

07 février 2012

Apologie des petites corvées

9782709636841-G.jpg"Je pense,  donc j'essuie"

Balayées les images poussiéreuses de la ménagère du siècle écoulé, l'entretien du nid familial devient une activité branchée, bénéfique pour la santé physique, mentale, le moral, le bien-être perso et, pourquoi pas, celui de son entourage.

Du "win-win" en quelque sorte.

Promu instrument de pouvoir, de domination,  d'abdominaux et de fessiers, le balai remplit à l'envi la mission qui lui est confiée: faire place nette,  s'instituer berceau de créativité.  Vermeer l'a bien compris qui  place l'instrument au premier plan de sa célèbre Lettre d'amour. (+/- 1669-1670)

Moyen idoine pour ancrer la vie et ses dérives virtuelles dans une activité terre-à-terre, gratifiante et sensorielle, le ménage est devenu l'apanage des stars, des écrivains, des conjoints et des familles.

Que demander de plus?

Un petit nid propre et cosy.

Aspirons-y!

Pardi.

Apolline Elter

Apologie des petites corvées- Les plaisirs secrets du ménage , Anne de Chalvron, essai, JC Lattès, janvier 2012, 228 pp, 12,5€

06:51 Écrit par Apolline Elter dans Les chroniques d'Apolline Elter | Commentaires (2) | Envoyer cette note |  Facebook |

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