15 février 2012
A la découverte des lettres d'amour des grands écrivains
Le billet d'hier vous a donné la furieuse envie de poursuivre l'aventure et la découverte des lettres d'amour des grands écrivains.
Je vous invite à découvrir le recueil collectif, coordonné par Brigitte Lancien
Présentés de façons chronologique, thématique, didactique, les extraits révèlent le contexte de leur écriture et l'influence de époques respectives sur la rédaction des missives.
Ils posent la question -cruciale- de la légitimité de publication de certaines correspondances.. entendu que la lettre d'amour est avant tout destinée à un unique ..destinataire
" Doute du bonheur, fruit mortel,
Doute de l'homme plein d'envie,
Doute du prêtre et de l'autel,
Mais crois à l'amour, ô ma vie!"
Ainsi écrivait Victor à Juliette, Hugo à Drouet.
A la découverte des lettres d'aomour des grands écrivains, Coll.coord par Brigitte Lamelen, Ed. Réseau, coll. Ellpses, 176 pp, 2006.
07:00 Écrit par Apolline Elter dans L'Epistolière, Les chroniques d'Apolline Elter | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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14 février 2012
Je vous aime
Vous saviez que je ne vous laisserais tomber en ce jour de Saint V...Même si, je ne vous le cache pas, le thème est à ce point galvaudé qu'il ne nous donne que l''envie de nous ...terrer.
Elevons le propos aux termes de ces lettres d'amour que les grands de la Littérature et de l'Histoire écrivirent aux élu(e)s de leurs coeurs.: d'Héloïse à Abélard, de Gabrielle d'Estrées à Henri IV, Victor Hugo à Juliette Drouet, George Sand à Alfred de Musset Honoré de Balzac à Madame Hanska, l'Etrangère..Irène Frain propose un florilège de quelque trente lettres, sources d'inspiration potentielle de vos propres missives de la journée..
" J'ai la joie du ciel dans le coeur; vos bontés me ravissent et c'est de l'enthousiasme aujourd'hui que j'éprouve pour vous."
(Gérard de Neval à Jenny Colon - 1838)
AE
Je vous aime. Les plus belles lettres d'amour présentées par Irène Frain, Librio 2 €, déc.2002
06:47 Écrit par Apolline Elter dans L'Epistolière, Les chroniques d'Apolline Elter | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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11 février 2012
Espèce de savon à culotte

… et autres injures d’antan dérobées à droite et à gauche recueillies pour l’instruction des générations présentes et à venir, dédiées aux artichauts, aux astrologues et aux Roger-Bon-Temps.
Et à vous, estimés visiteurs…
Le roman de Sophie Arnould ( JC Lattès, mai 2010 - cfr chronique http://editionsdelermitage.skynetblogs.be/archive/2010/07/15/le-roman-de-sophie-arnould.html) nous avait déjà ouvert l’appétit de métaphores et d’expressions du Siècle des Lumières. Passionnée par un XVIIIe siècle, effronté et plutôt… libéré, Catherine Guennec nous revient avec un recueil étoffé et exquis de noms d’oiseaux de l’époque : Les ahuris de Chaillot, bigresses, bougresses, claudes, croquefredouilles, arpenteurs de guinguette, Marie Jacasse, Jean-fesse.. disputent la vedette aux lessivés (ondulés) de la toiture, cuisinières d’archanges, pisse-verglas et autres auteurs..mal reliés, hérités d’une certaine « littérature poissarde ».
« Crus, osés, grossiers, imaginatifs, drôles, indélicats, ..ces « gros mots » appartiennent bien sûr à la langue populaire et sont essentiellement portés par l'oral. Difficile dès lors de les retrouver. Difficile mais pas impossible. Surtout que le cœur du XVIIIe siècle nous offre avec Vadé, "le Corneille des ruisseaux", et ses imitateurs (le plus souvent anonymes), son incroyable littérature poissarde. Un genre méconnu qui a largement nourri cet ouvrage et mérite à plus d'un titre qu'on s'y attarde."
Un recueil trrrrrrrrrès savoureux.
Qui coiffera, sapristi, plus d’un anthropopithèque !
Pas de doute, on en redemande.
Apolline Elter
Espèce de savon à culotte !… et autres injures d’antan dérobées à droite et à gauche recueillies pour l’instruction des générations présentes et à venir, dédiées aux artichauts, aux astrologues et aux Roger-Bon-Temps., Catherine Guennec, recueil, Editions First, fév.2012, 272 pp, 13,5 €
Billet de ..saveur
AE: Préfaçant votre ouvrage, Philippe Delerm vante l'insolence et la liberté qui souffle sur le français du XVIIIe siècle: " Au XVIIIe, sûre de ses fondamentaux, la langue française prend un grand coup de frais" . Voilà qui fait du bien après un XVIIe siècle plutôt classique. Ce vent de fraîcheur va-t-il s'essouffler ou s'amplifier au XIXe siècle?
Catherine Guennec: Le XIXe siècle, c’est le français moderne. Avec l’apparition de nouveaux termes (politiques, sociaux, scientifiques…) Les dictionnaires se font de plus en plus gros. La langue populaire et l’argot s’immiscent en littérature. Soit. Et la langue fait preuve comme toujours d’une capacité de création et de renouvellement mais moi, je n’y retrouve pas cette petite « musique », ces petites folies… qui me font préférer le siècle des Lumières où à côté des préciosités mondaines des salons apparait une prose incisive, mordante qui s’affirme avec les philosophes. Le Français devient une grande langue diplomatique internationale, parlé dans toutes les cours des rois et les ambassades quand parallèlement il se fait drôle, imaginatif, débridé, provocateur… avec notamment le genre poissard qui reprend sans fausse pudeur les mots de la rue et des halles. Pour exploser de bonne humeur, d’insolence, d’incongruités « qui sonnent dru, qui sonnent vrai, qui disent l’amour de la vie » comme l’écrit si justement Philippe Delerm.
AE: Certains mots ont évolué et semblent avoir changé de connotation au cours du temps. Je songe à "astrologue", qui n'est plus une injure aujourd'hui ou à "arsouille" dont la connotation est plus tendre désormais que celle de "mauvais sujet, fêtard, voyou". Ce doit être passionnant d'étudier, aussi, l'évolution sémantique des vocables:
Catherine Guennec: Oui, le sens de beaucoup de mots glisse au fil des ans. Et c’est très amusant de voir les changements de signification pour un même mot : c’est vrai pour astrologue, artichaut, bestiole, cupidon, cœur, charrue, arbalétrier…
L’intérêt de cette recherche est triple en fait, indépendamment du plaisir de croiser de succulentes expressions :
- Elle fait découvrir des mots et des expressions anciennes qui ont su traverser les années et rester en usage
- Elle met en avant leur changement - ou pas- de sens
- Elle remet enfin en lumière des mots complètement oubliés.
Mon travail peut aussi se résumer par un « à la recherche des mots perdus »… Qui se souvient encore de gogurlu, béjaune, rigri, coquefredouille, ramasse-ton-bras, Nicolas tac tac, Roger bon temps, Perrette à l’oignon…
AE: Vos recherches sur les injures - étayées par une impressionnante bibliographie - ont dû vous mettre sur la voie de délicieux mots doux... Pourriez-vous en évoquer certains, en cette période de Saint-Valentin?
Catherine Guennec: Mes recherches m’amènent effectivement à faire de jolies rencontres. Des trésors de vocabulaire oublié qui m’ont d’abord séduite pour leur musique, leur joliesse et qui m’ont aussi fortement intriguée. Parce que leur sens m’échappait. Que voulait dire par exemple : un endormeur de mulot, un soupir du Danemark, un cataplasme de Venise ? Que voulait dire encore faire un trou à la lune ou la prendre avec ses dents ? s’amuser à la moutarde ? avoir le soleil qui luit dans le ventre ? voir des anges violets ? rêver à la Suisse ?... Je traque tous ces mots, ces expressions. J’en ai une collection impressionnante ! Les gros mots et les insultes d’autrefois qui paraissent aujourd’hui ne sont qu’un volet de mes recherches qui comportent, aussi, bien entendu, l’incontournable thématique de la douce chose…
Pour la Saint Valentin, soyons donc « tournés à la friandise » et préparons-nous, heureux pélerins de Cythère, à faire la carpe pâmée, à jouer de la harpe… et recevoir en pluie nourrie tous les cachets de l’amour (des baisers) Refusons de mourir comme les citrouilles (disparaitre sans avoir connu l’amour). Ne faisons pas trois queues d’une cerise (se refuser sous de futiles prétextes). Préférons mourir tout debout ! (avoir fortement le béguin)
Autres jolis petits mots encore :
Voici l’entendourinette (une petite curieuse qui écoute aux portes les secrets des amoureux au risque de se mettre le feu aux oreilles), les bagatelles de la porte (les préliminaires)…
Finissons par de plus « salés » comme : passer du B dur au Bémol (perdre de sa vigueur…), folichonner l’as de trèfle, saigner une femme entre les orteils (lui faire l’amour), trinquer du nombril, faire du potage à quatre genoux, faire zon…
Les expressions sont nombreuses et croustillantes. Une petite dernière encore et pas des plus laides : faire les yeux en coulisses (faire les yeux doux). Joli, non ?
06:02 Écrit par Apolline Elter dans Billet de faveur, Gourmandises, Les chroniques d'Apolline Elter | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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09 février 2012
Je suis la femme la plus heureuse du monde
Sacrée Soeur Emmanuelle. Voici trois ans que vous nous avez quittés, à l'aube de votre (premier) centenaire...et nous avons dans l'oreille cette voix haut perchée, convaincue, convaincante qui ajoutait un timbre mémorable au charme irrésistible de votre grand âge et de votre - fameuse- personnalité.
"Quelle grâce de n'avoir rien d'autre à faire que d'être la "soeur universelle" de tous ceux que je rencontre chaque jour: je n'ai rien d'autre à faire que de les écouter, les regarder, leur souhaiter tout le bien possible, comme une soeur attentionnée et affectueuse. Je n'ai rien d'autre à faire que d'aspirer l'amour du coeur de Dieu pour le respirer et l'expirer autour de moi! Quelle chance d'être vieille!"
Transcrivant de manière thématique et structurée une série d'entretiens qu'elle eut, entre 2004 et 2006 avec Soeur Emmanuelle, Angela Silvestrini, membre de la communauté laïque et romaine de Sant'Egidio, réactive le témoignage vital de la célèbre chiffonnière du Caire.
Vieillesse, pauvreté, mort, éternité, prière, dialogue oecuménique..arborent vigueur et lettres de noblesse dans les propos d'une femme qu'une vie d'amour universel et 22 ans passés au sein des bidonvilles du Caire on rendue " la femme la plus heureuse du monde".
Consacrée à l'héritage de Soeur Emmanuelle, la dernière partie de l'ouvrage fait le point sur les projets en cours en France et en Egypte. Pour chaque livre acheté, 1 € sera versé à Asmae, association des amis de Soeur Emmanuelle.
Puissiez-vous, chère Soeur Emmanuelle, désormais tutoyer Dieu avec l'entrain que nous vous connaissons.
Apolline Elter
Soeur Emmanuelle. Entretiens avec Angela Silvestrini. Je suis la femme la plus heureuse du monde.Document. Editions du Rocher, janvier 2012 (traduit de l'italien par Sylvie Garoche), 236 pp, 17 €
06:58 Écrit par Apolline Elter dans Les chroniques d'Apolline Elter | Commentaires (2) | Envoyer cette note |
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08 février 2012
Une vie meilleure
Le film de Cédric Kahn est à l'affiche depuis deux semaines. Une merveille de justesse et de (dure) réalité.
Pitch: Yann (Guillaume Canet) et Nadia (Leïla Bekthi) décident, d'un coup de foudre, de faire route ensemble. Ils achètent une bâtisse en bord de lac, se ruinent.. de travaux et du projet d'y installer un restaurant. La sauce ne prend pas, les travaux de restauration ne respectent pas les normes de sécurité. Interdiction d'ouvrir.
Leur précarité financière a raison de ce bel édifice de vie. C'est la dégringolade - les solutions prises pour en sortir ne sont pas les bonnes, les interlocuteurs, non plus, qui se révèlent tantôt maladroits, tantôt véreux. Pourtant, ils ont du courage, ces deux-là, la rage ... et sur les bras, Slimane, le fils de Nadia, un délicieux bambin de 8 ans.
Fresque saisissante d'une guigne très réaliste, le film happe le spectateur du jeu très juste des acteurs: Guillaume Canet habite l'écran, d'un bout à l'autre du film, prodige de juste ton, de révolte et d'une paternité poignante. Révélée dans La source des femmes (Radu Mihaileanu), Leïla Bekthi poursuit sa lumineuse carrière. Quant à Slimane (Slimane Khettabi), il est ..craquant.
Apolline Elter
06:46 Écrit par Apolline Elter dans Les chroniques d'Apolline Elter | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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07 février 2012
Apologie des petites corvées
"Je pense, donc j'essuie"
Balayées les images poussiéreuses de la ménagère du siècle écoulé, l'entretien du nid familial devient une activité branchée, bénéfique pour la santé physique, mentale, le moral, le bien-être perso et, pourquoi pas, celui de son entourage.
Du "win-win" en quelque sorte.
Promu instrument de pouvoir, de domination, d'abdominaux et de fessiers, le balai remplit à l'envi la mission qui lui est confiée: faire place nette, s'instituer berceau de créativité. Vermeer l'a bien compris qui place l'instrument au premier plan de sa célèbre Lettre d'amour. (+/- 1669-1670)
Moyen idoine pour ancrer la vie et ses dérives virtuelles dans une activité terre-à-terre, gratifiante et sensorielle, le ménage est devenu l'apanage des stars, des écrivains, des conjoints et des familles.
Que demander de plus?
Un petit nid propre et cosy.
Aspirons-y!
Pardi.
Apolline Elter
Apologie des petites corvées- Les plaisirs secrets du ménage , Anne de Chalvron, essai, JC Lattès, janvier 2012, 228 pp, 12,5€
06:51 Écrit par Apolline Elter dans Les chroniques d'Apolline Elter | Commentaires (2) | Envoyer cette note |
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04 février 2012
Virginia et Vita
"Je ne veux plus quitter le monde du vrai pour celui du faux. J'aimerais oser la première personne, ne plus me perdre, ni me tromper. Je crois aux histoires inventées mais je crains le roman et les héros de papier. Au-delà du point final, le roman continue d'exister " écrit Virginia (Woolf) dans son Journal.
De la relation amoureuse, complexe et nourrie de jalousie qui la lie à Vita Sackeville-West, aristocrate fantasque, écrivain elle aussi, Virginia Woolf façonne son célèbre Orlando.
"(...) Orlando existait par sa faute, et ce héros bâti sur des indiscrétions et des commérages était le fruit de sa faiblesse."
Et celui de sa rédemption.
C'est un voyage au coeur de la création littéraire que nous propose Christine Orban, rééditant, en ce début d'année, le texte d'Une année amoureuse de Virginia Woolf (1990). Décortiquant le processus d'écriture jusque dans sa composante graphologique et celui d'un d'amour en trio - Léonard, mari et éditeur de Virginia, aura la bienveillance suprême de laisser la relation des deux femmes suivre son cours - la romancière scrute les mouvements de l'âme woolfienne, les blocages de sa vie sexuelle et sociale, leur résolution virtuelle.
Et puis, il arrive que les héros se rebiffent, s'affranchissent de l'autorité de la plume, entamant ainsi un dialogue aussi surréaliste que fondamental avec l'auteur:
" - Je m'appelle Orlando..J'ai trente ans et j'aimerais vivre la vie normale d'un garçon de mon âge.
Virginia étendait sa couleur sans attention ni précaution particulière. Orlando l'exaspérait. Comment répondre au caprice d'un héros de papier quand il demande l'impossible? Depuis quelque temps, les raisonnements et les comportements étaient ceux d'une femme. Il n'a plus envie de cravacher son cheval, ni de chevaucher à cru sa monture, il veut être obéissante, parfumée, revêtue de délicieux atours, fatale pour conquérir."
AE
Virginia et Vita, Christine Orban, roman, Albin Michel, janvier 2012, 234 pp, 17 €
Billet de faveur
AE : Christine Orban , thème et écriture de l’ouvrage sont d’une actualité singulière. Avez-vous retravaillé le texte d’Une année amoureuse de Virginia Woolf ?
Christine Orban : Cela peut être une épreuve de se relire… On peut se décevoir, Zelda Fitzgerald écrivait à Scott « Tantôt je me sens un Titan, tantôt je me sens un avorton de trois moi », je l’ai échappée belle, j’ai été « l’écrivain confirmé qui relit la jeune romancière » et j’ai corrigé les trois premiers chapitres, à vrai dire j’étais heureuse de redécouvrir des détails concernant la vie de VW que j’avais oublié , d’apprendre de la « jeune romancière », de constater avec plus de recul que le sujet tenait la route et me passionnait toujours…
« Vita n’était pas l’inspiratrice d’Orlando : la détonatrice seulement. »
AE : La relation de Vita et de Virginia est-elle, au fond, libératrice ?
Christine Orban: Un écrivain est toujours porteur du sujet, la rencontre agit comme un détonateur . Vita a joué ce rôle. Mais Orlando est un homme qui se transforme en femme, qui va vivre quatre siècles…on est loin de la réalité et en même temps grâce à cette distance romanesque, Virginia va se permettre d’en dire plus que dans une biographie classique, tout en l’utilisant, tout en la vampirisant, tout en la couchant sur une feuille de papier …
AE : un héros qui change de sexe, au cours du récit, ce n’est pas courant. Quelle place revêt Orlando dans le parcours de la célèbre romancière. ?
Christine Orban : C’est un livre révolutionnaire pour l’époque, on pourrait dire une biographie imaginaire dont le héros androgyne est réfractaire à la société patriarcale, Virginia Woolf, parlait de « Livret », c’est un roman d’aventure à la manière de VW, c’est à dire que c’est aussi un roman psychologique grâce à la capacité extraordinaire de Virginia de peindre les sentiments et les relations entre les êtres humains.
Ne pas oublier que Vita s’est reconnue…
05:59 Écrit par Apolline Elter dans Billet de faveur, Les chroniques d'Apolline Elter | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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02 février 2012
Un refrain sur les murs
"...c'est pourquoi j'ai la conviction que le drame de maman n'était pas de ne pas avoir de personnalité, mais de se complaire à l'étouffer dans une parodie de normalité."
Fraîchement divorcée, Isabelle est une personnalité éteinte. Elle s'apprête à vivre un mois d'août - 1987 - solitaire, tandis que ses deux enfants Adrien et Romane sont confiés à la garde de leur père.
Son chemin croise alors le trottoir de So What, jeune musicien des rues. A ses côtés, la vie va imperceptiblement renaître de ses cendres.
Alternant les prises de vie - Isabelle, en 1987, Romane, en 2010 et en 2057 - le roman polyphonique de Murielle Magellan est quête existentielle. "Fileur de comètes", l'énigmatique So What - Pourquoi pas? - permet à Isabelle de (re)naître à son corps, à la vie.
Graffant la signature de So What, refrain non réfréné, sur les murs endormis de la ville, Romane s'ouvrira à la vie, quelque vingt ans plus tard, scellant,de la sorte, à son tour, son destin.
"Le fer
Il a l'air
Comme avant
Mais non
Différent
Même si
Le fer
A l'air
Encore
De Fer"
S'il ne démarre pas pleins feux, le roman de Murielle Magellan attise bientôt l'intérêt du lecteur au foyer bienfaisant d'une très belle histoire et d'une écriture maîtrisée.
Une heureuse découverte.
Apolline Elter
Un refrain sur les murs, Murielle Magellan, roman, février 2011, 248 pp, 18 €
Il a été retenu pour la sélection du prix du 2e roman (13 mai prochain)
Renseignements en vitrine du blog.
06:30 Écrit par Apolline Elter dans Jurys littéraires, Les chroniques d'Apolline Elter | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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01 février 2012
Une année studieuse
Et ..limpide.
" Si Jean-Luc avait fait de moi une femme, loin de lui, je redevenais une adolescente et je contemplais avec inquiétude mon reflet dans le miroir."
Il est des dates qui façonnent votre destin, tel ce jour de juin 1966 qui voit la jeune Anne Wiazemskyi - 19 ans - adresser à Jean-Luc Godard une lettre d'amour "sans réaliser la portée de certains mots - et entreprendre Francis Jeanson, personnage, célèbre pour son soutien au FLN, afin qu'il lui donne des leçons de philo.
"Ma lettre postée, je me rendis pour la première fois de ma vie, au cocktail d'été des Editions Gallimard. Je venais d'échouer en partie à mon baccalauréat de philosophie et devais passer un oral de rattrapage, en septembre. Malgré cet échec, malgré ma timidité, j'étais animée, ce jour-là, d'une étrange énergie"
Une énergie qui scelle le début d'une relation amoureuse, fougueuse, passionnelle et.. étouffante avec le cinéaste, de 17 ans son aîné.
Tiraillée entre sa famille et son amant - l'hostilité maternelle, la tyrannie patriarcale, finalement bienveillante, de François Mauriac, son grand-père, frappent l'idylle d'une clandestinité romanesque - Anne tente de mener de front, une première année de philo à la fac de Nanterre, l'exploration du milieu cinématographique, une certaine vie sociale au sein de sa génération et le mariage rocambolesque qui l'unit à Jean-Luc Godard, le 21 juillet 1967.
" Je n'aurais pas su l'exprimer à l'époque , mais dans mon amour pour Jean-Luc, il y avait l'amour de son métier, de ses films et de ses amis; j'étais autant amoureuse de lui que de son univers"
Plongeant le lecteur dans une chronique singulièrement actuelle, précise et vivante de la fin des années 60, Anne Wiazemsky restitue de façon sobre, limpide et passionnante, l'atmosphère de sa relation avec le cinéaste. Des souvenirs qui (re)prennent leur juste place, sans fioritures, ni l'interprétation filtrée d'un éclairage postérieur.
Apolline Elter
Une année studieuse, Anne Wiazemsky, roman, Gallimard, janvier 2012, 262 pp, 18 €
07:37 Écrit par Apolline Elter dans Les chroniques d'Apolline Elter | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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31 janvier 2012
Conversation avec Claude Askolovitch
Entrer de plain-pied dans une conversation un peu décousue peut - un brin- agacer... Zauraient tout de même pu formater le texte avant de nous le présenter...
Cela est vrai. Mais vous oubliez vite cette petite humeur réalisant qu'il n'y a sans doute pas meilleure méthode pour aborder Patrick Bruel, le saisir, d'un ping-pong verbal, dans sa sincérité...plénière.
Une conversation saisie au moment du tournage du film "Le Prénom" (sortie en salle le 25 avril 2012 - voir billet sur ce blog) et du "martyre " de la préparation d'un prochain album
Retour sur une vie bien animée - l'artiste a roulé sa bosse avec entrain, depuis cette Algérie que le jeune Patrick Benguigui quitte à l'âge de 3 ans - la conversation menée de façon amicale et tonique par son ami, le journaliste Claude Askolovitch dévoile, dans le désordre, les facettes multiples d'un être chaleureux, doué, qui fonctionne à l'instinct, au coup de coeur, décuplant, avec les années, le capital de sympathie qui est son carburant premier.
Jeune père attentif - il affiche l'âge des parents des amis de [ses] enfants - il partage sa vie entre Oscar, Léon, sa nouvelle compagne Céline [Bosquet], le cinéma, le théâtre, le poker, les chansons, ..rendant un hommage appuyé à, tous ses "référents", toutes ces personnalités - Patrick Sébastien, Alain Souchon, Jean-Jacques Goldman, Michel Drucker,ses jeunes frères David et Fabrice, sa maman Augusta - Nathalie, son grand-père Elie, son (beau) grand-père, René Moreau.. - qui ont balisé sa route. Impressionnante, la liste de ses amitiés bouclerait à elle seule l'annuaire d'un fan-club. Car Bruel "invite la générosité des autres pour pouvoir exister, (...) s'offre tout entier pour recevoir ceux qu'il choisit."
Conscient de la responsabilité qu'implique son image , l'acteur-chanteur-pokériste -touche-à-tout de génie fait le point sur ses doutes, sur certains sujets politiques et délicats ... accentuant , au fil d'une conversation et de confidences bien aiguillées, ce sentiment de proximité qu'il sait si bien donner...
Sincère, direct, grand garçon, Gontran Bonheur du succès...bougrement sympathique, Patrick Bruel a la séduction généreuse et enthousiaste, bougrement..fondante.
Apolline Elter
Patrick Bruel - Conversation avec Claude Askolovitch - éd. Plon, novembre 2011, 286 pp, 18,9€
05:32 Écrit par Apolline Elter dans Les chroniques d'Apolline Elter | Commentaires (2) | Envoyer cette note |
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