24 mai 2017

Their Finest

 L'affiche, l'argument sont prometteurs.

their-finest.20170512101610.jpgTandis que la guerre mine Londres de ses bombardements incessants, le moral des troupes et des civils, le Gouvernement invite une société de production cinématographique à créer une fiction, au départ d'un fait réel, héroïque, pour rendre ardeur à une nation qui n'a ..guère de distractions et endure tant de privations.

On le sait, les salles de cinéma furent des puissants instruments de propagande, d'information et de désinformation. 

Surgit la ravissante Catrin Cole (Gemma Arterton), armée d'abnégation et d'une intuition hors du commun. Engagée comme secrétaire, elle révèle aussitôt ses talents de scénariste et de diplomate car il s'agit tant de respecter le cahier de charges des autorités que les velléités d'acteurs imbus de leur prestige (l'excellent Bill Nighy)

N'empêche, l'intrigue ne décolle pas et livre à nos regards  somnolents un scénario désuet, parfumé d'eau de rose légèrement périmée. 

Tel est mon sentiment

J'espère qu'il n'est pas trop partagé

Sans doute en ai-je raté le second degré, la subtilité.

A Elter

Their Finest, un film de Lone Scherfig (UK) actuellement en salles; durée : 117 min.  A voir en VO

 

20 mai 2017

Les Macron

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Il semble qu'on ait tout dit déjà - le vrai et son contraire - sur le couple hors normes, nouveau résident de l'Elysée.

 Vous connaissez mon professionnalisme - merci -  il fallait que je me fisse une opinion perso; et ce  côté "incorruptible", qui m'enjoint d'acquérir certains ouvrages de mes deniers,  pour garder pleine liberté... de penser.

Résultat: je suis entrée en sympathie avec le couple et particulièrement Brigitte Macron, as "Bibi" , une personne vraie, joyeuse, généreuse, .. amoureuse, maman de trois enfants, grand-mère de sept bambins. Il me semble que le célèbre palais présidentiel n'a plus connu un couple aussi fort, aussi soudé, depuis Claude et Georges Pompidou.  Féru, fiévreux de lettres, il saura imprimer une marque personnelle, fraîche et efficace sur le quinquennat entamé.

Tel est mon credo.

Pour l'heure penchons-nous sur ces éléments de portraits "vrais", teintés de bienveillance.

 "Elle, se présente, libre, franchement drôle, truffant ses phrases de termes anglais, dans ce monde si normé, où quelque statisticien en économie l’aurait déjà rangée côté seniors."

C'est de la Première dame qu'il s'agit.  Sexygénaire radieuse, Brigitte Macron enseignait le français et le latin à l'institut de la Providence d'Amiens, en ce début de la décennie '90 qui vit surgir dans la troupe de théâtre amateur qu'elle animait, un adolescent brillant, fougueux, "stratosphérique".... 

"La passion est insidieuse, le terrain glissant. Emmanuel et elle pressentent ce qui se joue, mais n’en disent rien."

Si elle tente d'apaiser la flamme du jeune homme - et la crise qui s'ensuit pour le couple qu'elle forme avec André-Louis Auzière -  et d'appuyer  son exil scolaire à Paris,  la quadragénaire ne résistera pas à cette passion, au pouvoir de conviction du jeune Macron.

Et les journalistes Caroline Derrien et Candice Nedelec d'illustrer le cursus académique d'un jeune homme hors normes, époustoufflant,  insensible au clivage de l'âge - il entretenait avec sa grand-mère maternelle une relation riche et constructive -   doté d'un optimisme forcené.

Un optimisme qui lui vaudra mariage, en 2007 avec l'élue de son coeur et l'accession, dix ans plus tard, à la fonction suprême de l'Etat, avec toutes les péripéties abondamment commentées par les media.

Un "réflexe de séduction automatique"

L'électron  n'a pas froid aux yeux,- bleus - ces yeux qu'il plante dans les vôtres  pour y enraciner une vérité, à laquelle il ne consent que de "légers arrangements".

Avec une totale liberté pour seul guide, Emmanuel Macron ne résiste pas à casser tous les codes. Tout est bon pour faire avancer un dossier. Il n’a d’ailleurs pas son pareil pour marcher sur les plates-bandes d’autres ministres et envoyer, in petto, à ceux qui s’en émeuvent, un provocateur « Je suis désolé ma poule ! » en pianotant, rigolard, sur son portable. Une aisance qui le fait aussi déraper, même s’il ne juge pas une seconde l’avoir fait…

En un mot, comme en cent, il est séduisant. Affiche une telle confiance en lui, qu'elle en est contagieuse.

Et rend rapidement caducs les commentaires désobligeants.

C'est une force

Une force qui va, dirait Victor Hugo, une force.. en marche.

Puisse-t-elle rayonner

Apolline Elter

Les Macron, Caroline Derrien et Candice Nedelec, essai, Ed. Fayard, mars 2017, 234 pp

  

18 mai 2017

Les mots de la fin

3DMotsFinBD_small.pngCatherine Guennec aime les répertoires.

Au gré de lectures nombreuses et d'une curiosité insatiable, elle collectionne les histoires d'amour ( Le petit livre des grandes histoires d'amour), les mots doux ( Mon petit trognon potelé) , les  insultes (Espèce de savon à culotte), tous savoureux recueils répertoriés sur votre blog préféfé.

Aussi est-ce avec une joie sans... fin que nous avons lu, d'une traite - mais oui - les quelque deux cents adieux historiques, légendaires ou avérés , qu'ont prononcés des personnages célèbres, restitués, dans leur contexte d'émission, par ordre alphabétique des patronymes.

D'Honoré de Balzac qui aurait réclamé à son chevet le docteur Horace Bianchon,  acteur de sa Comédie humaine à Stefan Zweig, qui en sa lettre testamentaire révèle son impatience à en finir avec la vie, les sentences défilent, souvent sobres, factuelles  " Je ne me sens pas bien " ( Maria Callas), " C'est comme cela que l'on meurt " (Coco Chanel),  " Tout est bien " ( André Gide)  " C'est fait!" (Prince de LIgne) gourmandes " Il y a longtemps que je n'ai mangé avec tant de plaisir" (Denis Diderot) , "J'ai faim" (Philippe Pétain)   élégantes " Tu leur diras, toi, que j'ai eu une belle vie" (Charlotte Delbo)  , litotes " Ce n'est rien" ( d'Henri IV, poignardé)  quand elles ne sont simple soupir (Chopin, Stendhal) 

Une lecture instructive qui nous rappelle, finement, que toute existence connaît son terme.

Apolline Elter

Les mots de la fin, 200 adieux historiques, Catherine Guennec,  recueil, Ed de l'Opportun, avril 2017, 352 pp

17 mai 2017

17

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"Si on n'a pas attendu 2014 pour commémorer 14-18, j'ai vu arriver 17 sur le tard. Alors, il m'a paru que je n'avais pas le droit de laisser filer un anniversaire pareil, ce coup de cymbales sidérant. Oui, j'ai vu arriver 17 et 17 brillait d'une lumière étrange avec son étoile rouge toute déglinguée. Et jamais nous n'aurions cru qu'elle pût pâlir à ce point, ne plus émettre qu'une espèce de rayonnement fossile."

 Centenaire des révolutions russes de février et d'octobre, de l'exécution de Mata-Hari, 2017 rend hommage, par la plume virevoltante de Bernard Chambaz, à 17..+2 personnages historiques, célèbres ou inconnus au régiment.

D'Alexandre Kerenski, porteur des espoirs de la Révolution  russe de février à Suzy Delair, qui, née un 31 décembre, "devra patienter tout 17 pour devenir centenaire.", l'écrivain nous emmène d'un pas alerte et de chapitres courts, à travers une galerie de portraits saisis dans leur rapport avec le nombre premier.

Bicentenaire de la mort de Jane Austen, de Germaine de Staël, 2017 célèbre aussi celui de la naissance de Pierre Larousse et le harassant et ruineux travail qui l'a conduit à nous léguer son Dictionnaire universel . Jean Le Rond, dit d'Alembert - ami, un temps de Denis Diderot - naissait voici tout juste trois cents ans, tandis qu'un siècle plus tôt mourait Pocahontas.  Dieu ait son âme.

Le tricentenaire du décès d'Anna Maria Sibylla Merian ne devra pas non plus échapper à votre attention, non plus que le souvenir de son glorieux essai scientifique, relatif à la Métamorphose des insectes du Surinam.

Le survol est brillant, la plume, maîtrisée, qui donne à cet essai une allure bien engageante

Nous avons élu 17 mai pour vous le recommander

Apolline Elter

17, Bernard Chambaz, Ed. Seuil, mars 2017, 144 pp

13 mai 2017

Ma part de Gaulois

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 La lecture par Magyd Cherfi himself de ce récit autobiographique est un vrai événement de l'actualité littéraire. L'audiolivre figure,  à bien juste titre,  dans la sélection du Prix Audiolib 2017.

" Ne promettez jamais à vos parents d'être leur avenir."

Né en 1962, à Toulouse, au sein d'une famille d'origine algérienne,  Magyd se voit investi d'une puissante, oppressante ambition maternelle. Sa mère, en effet,  se saigne, se dévoue,  fait fondre ses bijoux, sacrifie quelque peu le reste de la fratrie afin que Magyd obtienne le bac,  en 1980. Pareille pression n'est pas facile à vivre, d'autant que la confrontation avec son entourage rend sa position d'"intello" passablement inconfortable.

Quête d'identité, clivage des cultures algérienne et française, le récit du chanteur du groupe Zebda est riche, coloré, pétri d'humour et d'autodérision, passant sans vergogne de la langue de Voltaire, au parler beur, cru, savoureux, truffé d'argot de la meilleure facture.

Un récit qui lui a valu quelques ennuis de la part de protagonistes peu ravis de se voir peindre ainsi.

Teinté d'un accent toulousain "beuré", le récit restitue de façon vivante, saisissante,  la violence verbale de la confrontation, l'inconfort vital, existentiel de l'appartenance hybride.

Un récit haut en couleurs, que je vous recommande.

Apolline Elter

Ma part de Gaulois,  Magyd Cherfi, récit,Ed. Acte Sud, août 2016, 272 pp. Audilolib, avril 2017, texte intégral lu par Magyd Cherfi, durée : 6h 14 minutes

 

11 mai 2017

La lanterne des morts

 

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 " Je décide d'oublier, tout en sachant que je n'y parviendrai pas"

 Tandis qu'Adèle  Mercoeur fête ses sept ans, ce vendredi 16 août, elle assiste au décès de sa Maman. Inopiné. Inquiétant.

Elle l'ignore encore, sa cellule familiale, ainsi fissurée,  va lentement s'intoxiquer du poison de la méfiance, de l'alerte à la vigilance. En point de mire, le portrait haut en couleurs et contrastes de Lila, sa soeur,  belle et fantasque, au tempérament bipolaire.

Promenade gourmande dans le Périgord noir,  l'exploitation truffière  des Mercoeur et celle, viticole, du domaine Saint-Sernin, leur voisin, le nouveau roman de Janine Boissard prend rapidement l'allure d'un thriller, appelant de concert, protagonistes et lecteurs, à une vigilance de chaque instant.

Il constitue à la fois une observation sociologique - comme l'écrivain les aime- , une radioscopie des liens de fratrie et une approche psychologique  de la bipolarité.

La plume est alerte, efficace,  le rythme, soutenu.

Apolline Elter

La lanterne des morts,  Janine Boissard, roman, Ed. Fayard, mars 2017, 352 pp

10 mai 2017

Et tu trouveras le trésor qui dort en toi

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Conseillère en communication, Alice retrouve Jérémie, son ami d'enfance, qui fut un temps amoureux d'elle.  Depuis, il  est entré dans les ordres. 

Les sermons de Jérémie résonnent dans le (presque) vide d'une église cruellement privée de pratiquants. Le jeune prêtre ne semble guère épanoui. 

Bien que non croyante, Alice tente alors de l'aider à drainer de nouveaux fidèles, adaptant, pour ce faire, sa propre pratique professionnelle aux usages des fidèles,  astreignant son esprit à une lecture intensive des paroles d'Evangile . Les résultats sont surprenants qui invitent Alice à une quête spirituelle imprévue.

"L'ego est à l'inconscient ce que le dentifrice est au tube: quand on l'a fait sortir, essayez donc de l'y faire rentrer à nouveau."

Epris de différents courants de pensée,    Laurent Gounelle établit, une nouvelle fois, des liens syncrétiques de spiritualité, sous la forme bien ficelée d'un roman à rebondissements, d'une observation psycho-sociologique rondement menée.

Une écoute audiolivresque plaisante.

A Elter

 

Et tu trouveras le trésor qui dort en toi, Laurent Gounelle, roman,  Ed Kero, 2016, texte intégral lu par Ingrid Donnadieu, Ed. Audiolib, 2017, durée: 6h 46 min.

09 mai 2017

Lettre ouverte à ma main gauche

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Pianiste amateur, Catherine David se voit soudain, lâchée, trahie par sa main gauche.

" Je n'avais jamais eu à me plaindre de toi jusqu'à cette étrange alerte"

S'adressant à ce membre,  par à coups défaillant, la romancière, essayiste, critique littéraire entame une longue et belle réflexion sur les effets de la musique - sensuels, thérapeutiques, et autres,- son éternité, la pérennité de chefs d'oeuvre du répertoire classique, les bienfaits de leur pratique. Partant, elle  invite mélomanes et simples lecteurs à une approche sensible et éclairée de cette "médecine de l'âme" qui jaillit des touches du clavier.

"Il y a ce moment de bascule où la musique fuse, s’embrase et roule ses  galets, quand le toucher, la vue et l’ouïe se retrouvent solidaires, entrelacés, indiscernables. Une musique étonnante sourd alors de nos doigts comme une liqueur impalpable, une musique qui nous veut du bien, une thérapeutique antimorosité qui remplace les petites pilules du soir. À consommer sans modération, car il n’y a aucun risque d’effets secondaires dans cette médecine de l’âme. Seul un certain niveau d’addiction à la drogue appelée musique est à redouter."

Lettre ouverte à ma main gauche et autres essais sur la musique, Catherine David, essai, Ed. Acte Sud, février 2017, 316 pp

06 mai 2017

Le dernier jour d'un condamné

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Victor Hugo est à la littérature, ce que De Gaulle est à la France affirmait.. je ne sais qui; après tout c'est peut-être moi. C'est peut-être aussi, le climat électoral qui me poursuit jusque dans mes lectures les plus classiques...

Si le texte hugolien reste actuel, singulièrement vivant et surtout émouvant, n'y voyez  aucun rapport avec le week-end qui condamnera l'un des candidats à  gouverner l'énorme paquebot appelé France et l'autre, à s'effacer.. enfin,  plus ou moins.

Publié en 1829,  le texte revêt la forme d'un journal intime, celui d'un condamné, qui attend le prononcé de sa sentence et son passage sous le tranchant de la lame. Aucun détail n'est épargné, de ses espoirs, angoisses, réactions maladroites ou cyniques de sa garde rapprochée, de l'affreuse banalisation de son exécution.

Le débat ne porte ni sur le crime commis par le condamné, ni sur les circonstances de son jugement. Il condamne seulement la barbarie de l'application de la peine de mort. Partant, il n'en revêt que plus de force.

Portée par la voix de Bernard Métraux, cette lecture -sublime - saisit d'empathie et de compassion l'auditeur.

Un monument de la littérature.

Je vous en conseille vivement l'écoute (ou la lecture)

Apolline Elter

Le dernier jour d'un condamné, Victor Hugo, récit, 1829, texte intégral lu par Bernard Métraux, Ed Gallimard/ Ecoutez lire,  mars 2017, durée d'écoute: 3h15minutes

 

04 mai 2017

Haussmann

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"Contrairement à ce qu 'Haussmann laissa entendre par la suite, Napoléon III ne lui confia pas tout d'un coup, comme sous l'effet d'une illumination, la conduite de la mission la plus personnelle qu'il se soit jamais assignée. Il comptait pour cela s'entourer d'une commission chargée de mettre en forme, d'évaluer et de planifier systématiquement -les projets qu'il caressait pour sa capitale. Les Mémoires en font état, succinctement-, ainsi que de la contrariété que ressentit leur auteur à ce sujet: "L'Empereur avait jugé bon de constituer une commission, composée de divers personnages qu'il me désigna (<< commission officieuse », dont le préfet de la Seine faisait partie de droit), pour étudier, avec lui, chacun de ces projets et arrêter le plan du réseau général de toutes les nouvelles voies publiques à ouvrir successivement dans Paris.(...) "

Conscient du "clair-obscur" qui subsiste mordicus autour des personne et oeuvre du célèbre préfet de la Seine, du côté idéalisé, bien approximatif, de ses propres Mémoires, Nicolas Chaudun entend leur restituer vérité, évaluer la part exacte de l'action d'Haussmann dans la transformation radicale de Paris,  entamée sous le Second Empire. La tâche est colossale; elle est sensible tant l'oeuvre d'urbanisme et d'édification d'immeubles, créations de parc, d'un réseau d'égoûts, ....fonde l'identité de la Ville Lumière, exécution d'une vision d'ensemble et de travaux pharaoniques impulsés par l'empereur Napoléon III.

 Un essai de haute facture, qui soutient, à l'évidence, la visite de l'exposition, au Pavillon .. de l'Arsenal, évoquée, ce lundi 1er mai (voir billet), conclu d'une précieuse chronologie et d'un index des personnages cités.

Nous laissons à l'auteur le mot de la fin :

"Bourgeois ordinaire, fonctionnaire exemplaire, exemplaire de la carrière comme de la lente émergence d'une technocratie, Haussmann est le pur produit de son temps. Il en incarne à la fois les conquêtes et les rigidités. Rallié à la monarchie de Juillet, il se fait l'adepte d'un matérialisme libéral, fondé sur la communication et les échanges, et qui seul, selon lui, peut guérir le royaume de ses tentations réactionnaires. Le triomphe de l'argent contre la race, du progrès contre la pérennité, de la science contre la conscience, Haussmann l'assume donc, et crânement, mais dans les limites que lui fixent bientôt des réflexes de classe."

 Haussmann, Georges Eugène, Préfet-baron de la Seine, Nicolas Chaudun, essai, Ed. des Syrtes, 2000 (1re publication), Actes Sud 2009, Babel, 2013, 366 pp

03 mai 2017

Chez Dalida - Le temps d'aimer

004585378.jpgOn se rappelle sa chevelure, flamboyante, son regard, doté d'un subtil strabisme-  magnétique- ses Paroles, paroles, aux "r" roulés, en duo avec Alain Delon, .. Bambino  et compagnie, ...  et la façon brusque dont Dalida quitte la vie, le 3 mai 1987, lestée d'une importante dose de barbituriques.

L'hommage que lui  rendent Fabien Lecoeuvre et Philippe Lorin ( merveilleuses illustrations et portraits) , à l'occasion de ce poignant  trentenaire, nous permet de remonter le cours de la vie Yolanda Gigliotti, depuis sa naissance, près du Caire, le 17 janvier 1933, son élection au titre de "Miss Egypte", en 1954, sa montée à Paris, ses premiers amours, amants, succès, qui la mènent de l'Olympia aux galas en USA jusqu'à ses deux tentatives de suicide, en 1967 et 1987

"Faussement forte", la diva a-t-elle succombé à ses doutes, angoisses existentielles, à la peur de se voir vieillir, celle de la solitude, au suicide de trois de ses anciens compagnons,  à l'impossibilité d'avoir pu enfanter, après un avortement? 

Une chose est sûre, le public n'oublie pas, qui l'entend encore déclarer, de son timbre velouté: " Pour moi, le public a le visage de l'amour" 

Apolline Elter

Chez Dalida- Le temps d'aimer, Fabien Lecoeuvre, Philippe Lorin (illustrations), beau livre, Ed. du Rocher, janvier 2017,  120 pp

29 avril 2017

En son absence

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Au coeur de Montange, un village ardennais, comme l'écrivain les affectionne, disparaît Bénédicte, une adolescente de quinze ans,  paisible, sans histoire. 

Plutôt, elle s'évapore

Nous sommes mi- mars 2005. Le  spectre de l'affaire Dutroux qui meurtrissait la Belgique, dix ans auparavant, enflamme aussitôt les consciences et l'interprétation des coïncidences. L'aiguillage des soupçons ravive, en effet, bien des rancoeurs, mesquineries, secrets enfouis.

Armel Job excelle et se complaît dans l'observation des âmes en demi-teintes. D'une longue scène d'exposition, il place les pions et entraîne le lecteurs dans les méandres d'un thriller rondement mené.  L'écriture est nette, précise, alerte,  en un mot addictive.

"Sans doute l'amour des coeurs purs est-il insupportable. Que deviendrions-nous si nous nous laissions aimer par eux? "

 En son absence, Armel Job, roman, Ed. Robert Laffont, mars 2017, 312 pp

27 avril 2017

Blockbuster

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Certains spectacles vous saisissent de stupéfaction, d'hilarité.. tant est grande, remarquable, leur créativité

Le fait est rare, il est précieux.

Tel Blockbuster, basé sur un écrit de notre compatriote Nicolas Ancion, interprété de façon épous-tou-flante par Le Collectif mensuel. 

 Puisant quelque 1400 plans au sein de 160 films -cultes (enfin pas tous) hollywoodiens, Le Collectif en détourne les paroles au service d'une intrigue socialisante,  belgo-belge des plus loufoques: il s'agit d'empêcher Mortier, le patron des patrons, de ruiner le peuple, de ses agissements sordides et sans scrupules, il s'agit tout simplement de lui déclarer la guerre, à lui et à tous ses sinistres sbires.

 Interprétations parfaitement synchro, bruitages en direct, d'une inventivité qui évoque le mythique Kiss & Cry ( de Jaco van Dormael) , humour, dérision.. font de ce spectacle un chef d'oeuvre.

Vous l'aurez compris, nous en sommes sortis bluffés.

Il se joue au théâtre de Namur, ce soir et demain encore - à bureaux fermés, je le crains.; ensuite, il faudra vous rendre à Bourge  - il en vaut la peine et puis, vous ne risquez pas de vous ..embourgeoiser

Apolline  Elter

 http://www.collectifmensuel.be/spectacles/blockbuster

Avec Sandrine Bergot, Quentin Halloy, Baptiste Isaia, Philippe Lecrenier, Renaud Riga

25 avril 2017

L'encrier de Madame de Sévigné

L'encrier.jpgVous savez, chers visiteurs, comme la célèbre Epistolière est chère à notre blog et aux séjours en cette  Drôme grignannaise que nous partageons avec elle.

 Aussi fûmes-nous attirée par l'angle d'approche biographique de Barbara Lecompte - bien engageant - à savoir les bureau chinois et encrier de la célèbre marquise.

Nous ne fûmes pas déçue.

" Réchappé des profondeurs océanes, le bureau chinois de madame de Sévigné peut se flatter d'être aujourd'hui un meuble vedette, une star à bichonner. "

 Fascinée par le destin du secrétaire laqué, conservé au musée Carnavalet, estampillé aux doubles armes Rabutin et Sévigné, la biographe mène enquête et restiitue, à travers les objets fonctionnels de son écriture, un portrait alerte de la trépidante marquise, si vivant que cette dernière aurait mauvaise grâce de le renier.

 Oui mais son encrier?

 " Mais à Carnavalet, son encrier manque à l'appel."

 Et l'enquêtrice de se lancer sur les traces du "fantôme", symbole paroxystique de la pérennité de madame de Sévigné.

Mais la marquise n'est pas qu'une mère, non plus qu'une seule épistolière.  Les chapitres se suivent qui étudient son rapport à l'eau, aux cures,  à la Cour, à la religion, à cette Bretagne qui lui tient encore grief de certains propos jugés désobligeants , à ce Grignan , pour nous, si important.

 Un portrait saisi, pétillant,  judicieusement frappéà l'instar de ce vin de champagne que Marie de Sévigné affectionnait.

 Apolline Elter

 L'encrier de madame de Sévigné, Barbara Lecompte, essai, Ed. Arléa, janvier 2017, 140 pp

22 avril 2017

Tous

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En ce week-end qui verra tous yeux rivés sur les résultats du premier tour de l'éléction présidentielle française, il fait (très) bon se pencher sur le nouveau roman de Grégoire Polet. Pré-texte à un passionnant débat d'idées, la révolution pacifique que suggère l'auteur offre aux citoyens européens les clefs de leurs gouvernances. Il rejoint en cela les thèses tout aussi convaincantes d'un David van Reybrouck ou Alexandre Jardin (Laissez-nous faire,  Ed. Laffont 2015, chronique sur ce blog) . Nous ne manquerons pas d'y revenir.

Pour l'heure, penchons-nous sur le propos:

Tandis que d'Espagne et de moult autres places d'Europe, jaillissent les voix - pacifiques - des Indignés, une jeune Liégeoise, Carolina Gracq, gravement amputée suite à l'attentat de la place Saint-Lambert, le 13 décembre 2011,  fédère  et active, avec ses amis Romuald  Solis et Rémy Thiers , les mouvements citoyens EO et Tous, qui feront boule de neige à travers l'Europe et  porteront Romuald à la présidence de la ..VIe République française.  Qui dit gouvernance citoyenne,  impose en effet un changement de Constitution.

 La deuxième partie de la fiction  prend la voix d'un diplomate grec Elefthérios Viridis, celle de son fils Iannis et la voie du salut économique de leur patrie

La dernière partie soutient le deuil d'un citoyen polonais, orphelin de son fils autiste Adam, asphyxié par une marée toxique pendant qu'il effectuait une plongée avec son amie Anna...

IMG_0084.JPGUne fiction politique  nourrie de tant de pistes de réflexions, mûrement étayées de cette culture abyssale,constitutive de l'écriture polétienne , facteur de tant d'ouvertures pour un monde meilleur..que nous n(v)ous promettons de vous revenir et de  vous en rendre compte,  à la  ferveur du dense bouquet de post-it jailli de ses pages.

 

Tous, Grégoire Polet, roman, Ed. Gallimard, février 2017, 352 pp

 

20 avril 2017

La course à l'oubli

J'ai failli concourir à cette Course à l'oubli....  Voici un an paraissait ce prodigieux roman; je ne l'ai pas lu,  chroniqué dans les temps : Mea maxima culpa

Qu'à cela ne tienne, c'est décidé, je crée une rubrique "rétro-liseur' - pour les dix ans de votre blog préféré - le roman de Philippe Langenieux en sera l'initiateur


téléchargement (3).jpg La grande force d'Ahmed, c'est cette joie de vivre, cette infinie gentillesse qui s'offre sans calcul ni réserve à tous ceux qu'il rencontre. Il a la victoire généreuse comme d'autres l'ont orgueilleuse. Ce petit champion a un coeur de géant.

 Silhouette fragile, l'agile Algérien Ahmed Boughera El Ouafi débarque en métropole à la fin de la Grande Guerre pour y servir sa mère-patrie, cette France grande, grasse et grise. Il est pur, loyal, d'humeur joyeuse et d'une gentillesse à tout crin.

Engagé comme ouvrier à la chaîne dans les usines Renault de Boulogne-Billancourt, il se découvre une aptitude à la course qui mène le champion inattendu, en 1928 sur la plus haute marche du podium du marathon olympique. Si ce n'est, qu'en ces temps-là, la médaille  d'or lui est décernée à la va-vite dans les vestiaires de l'exploit.

Ses choix de vie, par la suite, ne seront pas heureux, dictés par une confiance trop absolue dans les hommes - ils ne partagent pas tous sa pureté.

 C'est ce destin tragique, poignant, bouleversant que l'essayiste Philippe Langenieux-Villard, ressuscite, comblant de sa plume - soignée- de romancier, les vides nombreux du peu d'archives subsistantes sur la vraie vie de l'athlète.

 Une lecture qui mériterait mention dans les écoles

Et une adaptation au cinéma.

 La course à l'oubli, Philippe Langenieux-Villard, roman, Ed. Héloïse d'Ormesson, avril 2016, 160  pp

 

19 avril 2017

Mobutu

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 "Ses deux ressorts, la violence et l’argent, ont terrorisé et corrompu deux générations de Zaïrois. On rêve à ce qu’aurait pu devenir son pays si Mobutu avait réussi son rendez-vous avec l’histoire en canalisant, pour le meilleur, l’énergie positive et le génie créatif hors pair du peuple congolais."

Mobutu Sese Seko décédait  d'un cancer, le 7 septembre 1997. Ce vingtième anniversaire offre l'occasion au journaliste français  Jean-Pierre Langellier de se pencher sur le parcours  politique et de vie du président zaïrois , en un essai passionnant, d'une maturité confondante.

Jeune journaliste malin et vif, Mobutu - qui signifie "poussière" en dialecte Ngbandi, de sa tribu natale - s'adjoint rapidement le titre de Sese Seko, gage d'éternité.  Tout frais trentenaire - il est né le 14 octobre 1930 - il se rend rapidement indispensable aux instances politiques qui vont gérer la toute fraîche indépendance du Congo ( 0 juin 1960) .  Ami de Lumumba, il prend bientôt ses distances et oeuvre, discrètement, à son assassinat.

Il s'arroge le pouvoir suprême fin 1965, en organisant un coup d'Etat dont il nie le nom. S'instaure alors une dictature faite de répressions - cruelles et sanglantes - de manipulations, sophismes et d'une confusion entretenue entre l'information et la propagande. 

"Mobutu utilise le passé récent du pays, chaotique et sanglant, comme un repoussoir légitimant sa remise en ordre autoritaire."

Le Président s'enrichit à outrance tandis que l'Etat sombre dans la banqueroute; il  élimine ses ennemis , d'une simple sentence " Faites disparaître" sans souiller ses mains poncepilatiennes du moindre sang.

S'il parvient, avec entregent et dépenses somptuaires , à placer son  pays sur les devants de la scène internationale,  il rate l'opportunité de s'en retirer dignement, après l'"échec fracassant" de la zaïrisation, et doit à l'hospitalité de son ami, le Roi Hassan II du Maroc, son ultime salut.

Richement étayée de recherches et de sources livresques de haut vol - dont les études de notre compatriote David van Reybrouck - cette biographie est remarquable.

Apolline Elter 

Mobutu, Jean-Pierre Langeliier, biographie, Ed. Perrin, mars 2017, 450 pp

15 avril 2017

Le père prodigue

 

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 Il n'est pas courant de  confronter, de mêler paraboles, paroles d'Evangile; c'est le choix- réussi - que pose André Querton, offrant au personnage du jeune homme riche - celui à qui le Christ demande d'abandonner famille et biens matériels pour l'accompagner sur  son chemin spirituel - la destinée du père ..du fils prodigue. Et le croisement fonctionne bien, offrant à notre réflexion des pistes nouvelles, vivifiantes.

Je vivais donc en pleine satisfaction avec moi- même et si je souris maintenant en y songeant, ce sourire n'est pas d'ironie, mais d'allégresse et de reconnaissance. Mes familiers étaient également satisfaits. Mais mon père était sans doute celui qui était le plus heureux. Je portais son nom et il en était fier comme je l'étais. Chaque fils est pour son père la preuve qu'a été tenue une promesse faite à son propre père; celui qui engendre rend ainsi hommage à celui-là même qui l'a engendré."

Le portrait est d'une actualité patente...

C'est celui d'un rendez-vous manqué, ou du moins, reporté.

Et le jeune homme, d' "[aller] donc, jeune et souple, sans tourment",   sans rimbaldienne bohême,   de se muer, selon lignée et destinée en père  digne et aimant de ses deux fils.

Devenu adulte, son fils cadet rompt la chaîne des générations , quitte maison et famille, nanti de la bénédiction paternelle, des angoisses nocturnes corollaires et de sa part d'héritage...

La fable est belle; la réflexion ne l'est pas moins qui interroge les pères sur les limites des voies  et trames familiales tissées dès le berceau.

" Des nouvelles vies commençaient pour chacun et nous nous en réjouissions."

A Elter

Le père prodigue, André Querton,  essai, Ed. Mardaga, février 2017, 60 pp

13 avril 2017

Le songe d'Anton Sorrus

134319_couverture_Hres_0.jpg"Depuis le début, c'est-à-dire depuis qu'il n'arrivait pas à  dormir, Anton pensait - bien qu'il n'y accordât jamais vraiment  crédit -, il pensait que cette chose, ce phénomène, ce ' son qui lui chatouillait les sens (et le ravissait parfois aussi) . sans être totalement chimérique, avait peut-être à voir  avec un défaut de l'audition - un défaut de l'oreille interne, du labyrinthe, de sa cochlée, ou des petits osselets de  l'équilibre. Et cette idée, sans l'indisposer, sans le chagriner ou le terroriser, le chiffonnait."

En proie à une insomnie, Anton Sorrus passe en revue le fil de sa vie , ses démons, obsessions .. tandis que son épouse, Cécile, dort tranquillement à ses côtés. 

Un son étrange meuble ses pensées, qu'il cherche à identifier.

Ponctué de paragraphes vifs, courts, sautillants, à l'instar de l'esprit d'Anton,  ce deuxième roman confirme une plume raffinée

A Elter

Le songe d'Anton Sorrus, Aram Kebabjian, roman, Ed Seuil, mars 2017, 160 pp

11 avril 2017

L'abbé Mugnier

" Que mon âme se trouve dépaysée en ce monde de soutanes."

 

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Avec sa houppe et sa soutane élimée, Arthur Mugnier (1833-1944)  semble infirmer l'étiquette d'"abbé mondain" qui colle à son sacerdoce.  Passionné de lettres,  épris des génies de Châteaubriand, Georges Sand, Joris-Karl Huysmans, ami des comtesses Greffulhe, de Noailles, de Castries, .. de la Princesse Marthe Bibesco, de Jean Cocteau,  le prêtre est la coqueluche du Tout-Paris, affiche de déjeuners en dîners, son sens inaltérable  de l'écoute et de la répartie : " Jamais prêtre ne mangea plus en ville que moi. Je dissipe mon âme à pleine assiette."

Un peu trop ouvert d'esprit pour sa hiérarchie, prompt à la sympathie, l'enthousiasme et... l'imprudence, l'abbé Mugnier se fourvoie parfois. Mais il faut avoir l'esprit retors - les jaloux l'ont  qui l'offenseront - pour chercher querelle à un homme qui n'est que bienveillance, indulgence plénière.

S'il se complaît au sein d'un milieu qui n'est pas celui de ses origines - modestes - le bon abbé n'en oublie pas pour autant les êtres pauvres, esseulés. Il consigne ses nombreuses et précieuses observations en un Journal désormais célèbre, adoucissant les rigueurs d'un sacerdoce effectué loyalement par l'assouvissement de ses passions pour la Nature, les voyages, la culture, la rencontre de l'Autre.

La sainteté peut donc être mondaine et ...sympathique.

Biographe de notre chère Sophie de Ségur, Ghislain de Diesbach signe là un portrait des plus attachants.

Apolline Elter

 L’Abbé Mugnier, Ghislain de Diesbach, biographie, Ed. Perrin, 2003 ( réédition en coll. Tempus, 2013, 404 pp

08 avril 2017

Le dimanche des mères

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"Étrange coutume que ce dimanche des mères en perspective, un rituel sur son déclin, mais les Niven et les 5heringham y tenaient encore, comme tout le monde d'ailleurs, du moins dans le bucolique Berkshire, et cela pour une même et triste raison: la nostalgie du passé. Ainsi, les Niven et les Sheringham tenaient-ils sans doute encore plus les uns aux autres qu'autrefois, comme s'ils s'étaient fondus en une seule et même famille décimée."

Le dimanche 30 mars 1924 est frappé d'une douceur printanière inattendue. L'occasion pour quelques familles patriciennes du Berkshire d'organiser un pique-nique tandis que leurs bonnes respectives profitent de leur jour de congé hebdomadaire pour aller voir leurs mères...

Quand elles en ont.

Jane, la bonne attachée à la famille Nirven, n'a "que sa liberté, avec en prime une demie-couronne". Elle rejoint donc son amant, le séduisant Paul Sheringham, fiancé,  bientôt marié à Emma Hobday, qu'il doit retrouver pour le déjeuner....

Censé réviser ses cours de droit, le (futur) avocat a décidé d'honorer Jane, une  fois encore. ll ignore que ce sera la dernière.

Guère plus avisée du cours des choses, la jeune bonne observe les us d'un milieu qui n'est pas le sien, investit,  le temps d'un matin,  la demeure de son amant, transgressant de la sorte les barrières sociales les plus infranchissables.

" C'était là [NDLR : dans la bibliothèque] qu'elle se sentait le plus proche d'une petite voleuse à la fois innocente et bienvenue."

Devenue romancière à succès, Jane gardera , gravé dans sa mémoire, au-delà de ses quatre-vingts printemps- elle en vivra 98- , le déroulé exact de ce fatal dimanche de la fin mars et de son avènement à l'écriture.

Le dimanche des mères, Graham Swift, roman traduit de l'anglais par Marie-Odile Fortier-Masek, Ed Gallimard, janvier 2017, 144 pp

06 avril 2017

Le vertige des falaises

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"Mon nom est Mamie de Mortemer. J'ai quatorze ans. Mon  pays n'a rien à voir avec celui des Merveilles. Sur un globe terrestre, il n'apparaît pas. Même pas une tête d’épingle ! C'est dire si on est insignifiants. Et pourtant mon île me ressemble et je ne m'en irai jamais. Nous sommes aussi  imprévisibles l'une que l'autre. Nos maisons ont été construites par grand-père Aristide au-dessus des falaises. Prudence et sa fille Jane se sont installées dans la plus petite, une maison sans étage, avec une porte d'entrée identique à la nôtre, à l'opposé des falaises pour éviter que le vent d'hiver ne les fasse voler en éclats. La mienne s'élève sur deux étages et mène au grenier avec de vieux meubles et des malles remplies de déguisements."

Rousse, rebelle et bientôt orpheline, Marnie est l'héroïne de ce roman choral à forte densité dramatique,  féminine, si ce n'est matriarcale. Des falaises de son île et d'une adolescence sauvage, elle observe la vie, en huis clos, de son entourage tandis que Rose, sa Maman, se meurt d'un cancer du pancréas.

" Les hommes sont des enfants qui grandissent malgré eux. Et Dieu sait combien leur bêtise est sans limites. Certes, ils ne cassent plus de jouets. Ils brisent le coeur des femmes" assène Olivia de Mortemer, dont le journal intime révèle le drame d'une femme battue.

L'acier de la maison de verre- la bien nommée "Glass"-  bâtie par Aristide de Mortemer, recèle bien des drames, des secrets enfouis sous la dignité imparable d'une transparence en trompe l'oeil. Et Marnie, telle Anne Franck et son amie Kitty,  de concevoir une confidente, complice et témoin  d'un monde adulte par trop cruel.

" Je ne sais pas sourire. On ne m'a pas appris."

Tel est le drame d'une adolescence fracassée au gouffre abyssal d'un monde adulte par trop cadenassé.

Un roman...vertigineux

Apolline Elter

Le vertige des falaises, Gilles Paris, roman, Ed. Plmon, avril 2017, 248 pp

04 avril 2017

Camille Claudel à Montdevergues

   

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Longue de trente années, du 10 mars 1913  au jour de sa mort, le 19 octobre 1943, la séquestration de Camille Claudel, la célèbre sculptrice, en institutions psychiatriques, asiles d'aliénés, émeut dès l'abord, l'opinion publique. Mais il faut davantage qu'une campagne de presse, aussi longue, aussi motivée, soit-elle pour infléchir la décisionde  Madame Claudel, mère, née Louise Cerveaux. Jamais cette femme rigide, bourrée d'aussi pieux principes que de peur du scandale, ne reverra sa fille.  Et même, elle sera la principale opposante à sa libération, lorsque proposition lui sera faite. Elle a peur de sa fille,  la tient au loin, très loin en ce Vaucluse si froid l'hiver, histoire de ménager sa quiétude. Sa conscience, elle la calme par l'envoi de colis que sa fille reçoit avec une joie d'enfant et une gratitude surprenante.

Décortiquant étape par étape, les signes avant-coureurs de la maladie,  le processus de l'internement, les courriers échangés et les quelque 16 rares visites que Camille Claudel reçu des siens et d'une amie durant  près de trois décennies de séquestration  à l'asile de Montdevergues, dans le Vaucluse,  le psychiatre Michel Deveaux offre un regard neuf et autorisé sur cette tragédie.

Si l'état de délabrement physique et sanitaire de la quinquagénaire nécessitait une prise en charge, sa paranoïa, un internement, il est certain que celle-ci ne devait se prolonger si longtemps. L'attitude de sa famille n'a pas été un adjuvant...

Une chronoscopie sidérante

Et bien intéressante

Apolline Elter

  Camille Claudel à Montdevergues. Histoire d’un internement, Michel Deveaux, essai, Ed. L’Harmattan, déc. 2014, 124 pp

01 avril 2017

Une drôle d'histoire

Pouvait-on rêver meilleure date qu'un premier avril pour le témoignage d'une poignante mystification ...

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C'est par une pudique litote que Line Renaud narre, avec la complicité du réalisateur et scénariste Bernard Stora, une récente mésaventure qui l'a meurtrie, celle d'un abus de confiance perpétré par l'une de ses fans, voici bientôt cinq ans.  La célèbre actrice, chanteuse, femme généreuse et engagée,  repasse en son esprit, la séquence de l'imbroglio,  le fil d'événements qui ont anesthésié sa vigilance, celle de sa garde rapprochée,  et nous livre, ce faisant, un récit passionnant.

La prime rencontre avec  "Jenny"-  Jennifer Lange - date de novembre 2002. La jeune fille a 17 ans. Fan intégrale, obsessionnelle de Line Renaud, elle la retrouve dans sa loge du théâtre du Palais Royal,  au terme d'une représentation de Poste restante . Jenny est accompagnée de sa mère, Odile,  et soumet à Line le dossier - volumineux - de tous les articles, photos, documents rassemblés sur son idole.  Discrète, intelligente, efficace, Jenny entre ainsi  dans la vie de Line, dans son intimité,  s'y meut, dix ans durant, à la manière d'un "agent dormant"...

"Jenny n'était pas ma fille, je n'étais pas sa mère,  ne souhaitais pas l'être, n'y pensais même pas. Elle tenait sa place, moi la mienne, j'appréciais sa discrétion, nos rapports excluaient toute ambiguïté. C'est assurément la réponse que  j'aurais faite si on m'avait questionnée sur ce point.

La suite allait amplement démontrer mon erreur."

 C'est en 2012 que tout se corse.  Affaiblie par quelques soucis de santé, la désormais octogénaire songe peu à peu à sa succession, à la dévolution de La Jonchère - la demeure lui est chère, elle l'a aménagée avec Loulou Gasté - et de sa fondation Line Renaud-Loulou Gasté. Attributaire d'un héritage aussi inattendu que colossal , Jenny propose, partant, d'acheter la maison et en garantit à son occupante, l'usage à vie....On ne peut rêver plus grande dévotion, plus extrême délicatesse. Et c'est ainsi que rassérénée, Line Renaud se laisse totalement berner, tant il est vrai que le jeu de la confiance permet d'avaler des couleuvres, de ne pas remarquer de discrets changements d'attitude dans le chef de la future propriétaire...

Une manipulation qui relève de la pathologie plus que de la malveillance.

Un récit addictif, assurément.

Apolline Elter 

Une drôle d'histoire, Line Renaud, récit écrit avec Bernard Stora, Ed. Robert Laffont, janvier 2017, 250 pp

31 mars 2017

Sur les chemins noirs

Entorse à nos vendredis d'agenda, je vous propose, ce jour, chronique d'une très belle écoute audiolivresque, laquelle pourrait bien accompagner la route de vos vacances pascales..

C'est tout le bonheur que je vous souhaite

 

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«Il m'aura fallu courir le monde et tomber d'un toit pour saisir que je disposais là, sous mes yeux, dans un pays si proche dont j'ignorais les replis, d'un réseau de chemins campagnards ouverts sur le mystère, baignés de pur silence, miraculeusement vides.
La vie me laissait une chance, il était donc grand temps de traverser la France à pied sur mes chemins noirs.
Là, personne ne vous indique ni comment vous tenir, ni quoi penser, ni même la direction à prendre.»

Berezina ( Ed. Guréin, 2015)  n'aura jamais si bien porté son nom.  La mère de Sylvain Tesson décède au moment où il entreprend sa rédaction; l'écrivain chute d'un toit de dix mètres de haut,  le 21 août 2014, à peine en a-t-il soumis le texte en vue de  la publication. Coma, revalidation, .. le miraculé décide aussitôt de concentrer sa soif d'espaces, de conquêtes, à celles de la France rurale, de découvrir sa patrie dans son "hyperruralité" selon le terme qui sévit alors. Ce faisant, il va à la rencontre des gens et de lui-même, tant il est vrai que la marche à pieds, hors des sentiers battus et du temps, ouvre à pleins battants, l'accès à notre intériorité.

Cédric Gras, l'écrivain voyageur, rejoint un temps, son compagnon des grands espaces.

Je vous conseille vivement cette lecture, porteuse de merveilleux horizons, merveilleusement portée par la voix de Grégori Baquet.

Apolline Elter

Sur les chemins noirs, Sylvain Tesson, récit, Ed. Gallimard, oct 2016, Ecoutez/Lire, mars 2017, texte intégral lu par Grégori Baquet, durée: 4h

 

30 mars 2017

Un saint homme

product_9782070107124_195x320.jpg" Son coup de téléphone vient de tout balayer."

 De fait, on voudrait tous l'avoir connu, côtoyé le Père Deau.

Professeur d'Anne Wiazemski et de son frère,  au Collegio Francia de Caracas (Venezuela), l'ecclésiastique renoue avec son élève, quelques décennies  plus tard, après avoir reconnu sa voix sur les ondes radiophoniques de France Inter.  Il est rentré en France et vit à Bordeaux une retraite méritée.Les souvenirs d'une relation hors du commun, d'estime et de confiance, jaillissent dans la mémoire de l'écrivain, relation malencontreusement dissoute par l'effet d'une tierce malveillance.

"Nous n'évoquions jamais ce rendez-vous matinal, c'était tacite. Une sorte de rituel que nous avions établi sans jamais le décider et qui nous réjouissait autant l'un que l'autre. Le père Deau me traitait comme une égale, je trouvais cela naturel et de fait, lors de ces discussions, c'était comme si nous avions le même âge. Très animés, nous remontions et descendions l'allée jusqu' à ce que la cloche du collège annonce le début des Cours."

Honni soit qui mal en pense.  

L'hommage que l'écrivain rend à son ancien professeur - elle le retrouve à Bordeaux, fief de la famille Mauriac , échange avec lui coups de fil et correspondance - restitue sa bienveillance, sa pureté rayonnante.

On aimerait l'avoir côtoyé

Un portrait bienfaisant

Apolline Elter

Un saint homme, Anne Wiazemski, récit, Ed. Gallimard, janvier 2017, 120 pp 

 

29 mars 2017

Rock & Roll

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 Saisi d'une sorte de démon de midi (moins le quart) et surtout d'une crise aiguë de la quarantaine, Guillaume Canet - qui joue son propre rôle -  multiplie les initiatives - pas très heureuses - pour rester dans le coup de cette jeunesse qui semble le quitter.  Interpréter le rôle du père de Camille Rowe , herself, dans le film produit par son ami Philippe Lefèvre lui a décidément mis le moral en berne. Ajouté à cela que Marion (Cotillard)  a la tête ailleurs,  la langue toute absorbée par la répétition d'un rôle  à fort accent canadien et qu'elle revient de la cérémonie des Oscars avec un quatrième trophée, qui fera, lui aussi office de pied pour leur table de salon... le spectateur comprend que l'acteur aux yeux rieurs vit un moment de désarroi

Et c'est très drôle

Mais  il est un peu trop long tout de même, ce film, dont le réalisateur - Guillaume C, toujours, exploite les ficelles , étincelles de génie, jusqu'à la lie, versant dans les tentatives de jeunisme, chirurgie esthétique, body building, les plus loufoques mais aussi les plus  lamentables

Hommage chevaleresque au talent et travail de Marion Cotillard, narcissisme auto-déridé autour de la personne de Guillaume Canet, le film eût gagné de limiter sa verve à celle de sa première partie

A Elter

Rock & Roll, un film de  Guillaume Canet . En salles depuis le 15 février 

25 mars 2017

Elle, Edmonde

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 " (...) la vieillesse l’a rayée de ses listes. Sa vivacité intellectuelle est absolue, un modèle du genre. On la dit féroce mais j’avoue que je suis tombé amoureux. La conversation, qui a duré quatre heures, fut ponctuée d’éclats de rire. Edmonde incarne pour moi une certaine idée de la littérature française, une Germaine de Staël."

Ce serait faire injure à Edmonde Charles-Roux( 1920 -2016) que de tracer d'elle un portrait de complaisance. Jean-Noël Liaut lui rend un vrai hommage qui révèle,  de sa vie,  les lignes de force - elles sont nombreuses - sans rien occulter de son tempérament, des paradoxes d'une "femme oxymore"  , libertine, libre.

Issue d'une famille patricienne d'origine marseillaise,  infirmière, résistante de guerre, Edmonde entre , en 1948, au siège français du magazine Vogue, pour y assister Michel de Brunhoff - l'oncle de... Babar - qui en est rédacteur en chef depuis 1929.

Grand bien fera au célèbre magazine dont la jeune femme prend les rênes en 1954

"Edmonde est la messagère d’un autre univers, elle comprend les règles de l’élégance traditionnelle, qui est le sceau de la revue, mais elle sait aussi que les priorités des femmes ont changé depuis la guerre."

 Belle, intellectuelle, déterminée,  Edmonde pratique"l'amphibie sociale" qui lui confère pareille aisance quelle que soit l'extraction sociale de son interlocuteur. Elle épouse, le 30 octobre 1973, son amant, Gaston Deferre et se consacre tout à lui, à  son engagement politique, marquant de sa touche personnelle, l'aboutissement de plusieurs projets culturels. 

Biographe de Don Juan d'Autriche, de Coco Chanel - c'est la lecture de L"Irrégulière qui suscite en  Jean - Noël Liaut sa propre vocation - et d'Isabelle Eberhardt, sa soeur "edmondienne", Edmonde Charles-Roux est élue à l'Académie Goncourt, le 13 septembre 1983. Sentant ses forces décliner - elle a 93 ans. - elle renonce à sa présidence du Prix, fin 2013. C’est Bernard Pivot qui prend sa succession.

Premier biographe de cette femme hors du commun, Jean-Noël Liaut réalise un portrait passionnant, au  souffle d'écriture remarquable

Une lecture vivement conseillée

Apolline Elter

Elle, Edmonde, Jean-Noël Liaut, biographie, Ed Allary, janvier 2017, 200 pp

 

23 mars 2017

Désorientale

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C'était un roman fort et -phare de la rentrée d'août. Il paraît ce printemps en version audioliovresque

Plus que temps de vous en faire résumé, ou du moins le tenter..

A l'instar de l'auteurE, Kimia, la narratrice, est née en Iran, au sein d'une famille d'opposants aux régimes successifs du Shah et de Khomeiny  - Voilà qui nous rappelle vivement le merveilleux Nous trois ou rien ( un film de Kheiron - chronique sur ce blog) -  Elle arrive en France au début des années '80.

 Ca c'est pour les composantes autobiographiques; la narration va prendre son propre envol...

 A savoir

Tandis qu'elle patiente dans une salle d'attente de l'hôpital Cochin pour recevoir l'insémination artificielle qui lui permettra de devenir mère,  malgré son homosexualité, Kimia Sadr repasse en esprit, tous les événements de sa vie,  la généalogie, l'épopée de sa famille, à travers tout le XXe siècle, avec, en filigranes, le spectre de L'EVENEMENT, le drame qui a eu raison de la santé mentale de sa mère Sara.

 Les récits s'enchaînent, s'enchâssent, à la manière volubile d'un conte, celui d'un Orient pétri de sons, d'images et de couleurs.....

" L'Iranien n'aime ni la solitude ni le silence - tout autre bruit que la voix humaine, même le vacarme d'un embouteillage, étant considéré comme silence. Si Robinson Crusoë était iranien, il se laisserait mourir dès son arrivée sur l'île et l'affaire serait réglée.

Cette tendance à bavarder sans fin, à lancer des phrases comme des lassos dans l'air à la rencontre de l'autre, à raconter dcs histoires qui telles des matriochkas ouvrent sur d'autres histoires, est sans doute une façon de s'accommoder d'un destin qui n'a connu qu'invasions et totalitarisme."

Je ne vous en dis pas davantage, vous engageant vivement à découvrir, entendre, vous immerger en  ce roman puissant, cinématographique,  qui d'un regard subtilement décalé confronte les mentalités orientale et occidentale, sur fond d'événements historiques.

Apolline Elter 

Déoorientale, Négar Djavadi, roman, Ed Liana Levi, août 2016, 352 pp- Ed Audiolib, 22 mars 2017 - texte intégral lu par Lila Tamazit, durée: +/- 11h30

A noter que ce merveilleux roman a été doté du Prix Première 2017, attribué, le jeudi 9 mars, lors de la 47e édition de la Foire du livre de Bruxelles et que Négar Djavadi honorera de sa présence le Festival Passa Porta, qui se déroule en Bruxelles, ce week-end.... Que de bonnes nouvelles 

22 mars 2017

Vermeer et les Maîtres de la peinture du genre


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C'est l'expo-événement de la rentrée de janvier,  au musée du Louvre. Elle est donc très visitée.... et pour la voir, il faut s'accrocher - Normal, me direz-vous, puisqu'il s'agit de tableaux....

En l'occurrence, douze tableaux de Johannes Vermeer (1632-1675), s'offrent aux yeux des visiteurs,  soit un tiers de la production du  célèbre maître hollandais , toutes scènes de genre, qui présentent la société- élégante-  de l'époque, dans la sphère privée de ses loisirs.  Une section est ainsi consacrée aux épistolières et missives amoureuses, nous l'évoquions, il y a très peu.

Parti est pris de confronter l'art du "Sphinx de Delft"-  ainsi fut qualifié Vermeer par le critique d'art français Théophile Toré -  à celui de ses pairs, peintres de genre également, de sortir son oeuvre de l'isolement dans lequel il fut par trop confiné. Le parcours de l'exposition - assez court - est scindé en sections thématiques de Pesée, Correspondances amoureuses, Epistolières, Duos, Invitation à la musique, Cordes sensibles,  Jeunes beautés, Variations, Mal d'Amour, Perroquets,  Dentellière,  Sublimation, La Nuit et le jour, Profils perdus et Tributs. 

Si le visiteur découvre, ébahi, les merveilles d'effets de lumière et de drapés des Lettre, Lettre interrompue, Jeune femme assise au virginal, Laitière et Géographe  il réalise que Vermeer n'est guère l'inspirateur de ces thèmes que l'on retrouve, notamment sous le pinceau de son aîné, Gérard Ter Borch (1608-1681)

Il le reconnecte - c'est le parti voulu - à ce Grand Siècle qui nous est si cher

Nous reviendrons sur le sujet, mardi prochain, nous pencherons sur le tableau de Gabriel Metsu, Jeune homme écrivant une lettre qui nous a pareillement séduite

 Vermeer et les Maîtres de la peinture du genre

Du 22 février au 22 mai 2017

Renseignements et réservations sur le site du musée  Louvre :http://www.louvre.fr/expositions/vermeer-et-les-maitres-de-la-peinture-de-genre 

Entrée par la Pyarmide