19 juillet 2017

Sévigné - Epistolière du Grand Siècle

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A qui appartient cette main qui nous invite si gracieusement à franchir la porte de l'exposition ? 

A la marquise de Sévigné, pardi ! Vous aurez reconnu son portrait, peint vers 1665 par Claude Lefebvre, l'aurez admiré maintes fois en l'Hôtel Carnavalet où l'huile règne en maître, en maîtresse des lieux.

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Nul besoin de vous rappeler que le musée Carnavalet (Paris III - Marais)  est fermé au public pour une durée de deux ans et demi encore - il rouvrira ses portes fin 2019 - et les besoins d'un chantier de rénovation drastique.  Alors ne boudons pas notre plaisir ni celui d'huiles aimablement prêtées par le musée parisien et célébrons les  retrouvailles, à Grignan, dans le beau château des Adhémar, des familles Bussy-Rabutin-Sévigné et Grignan et de leurs aimables compagnies 

 

 Si la marquise est le sujet de nombreux portraits exposés - venus des quatre coins de France - elle retrouve avec joie , du moins nous l'espérons,  ceux d'Henri, son mari, de Charles, leur fils (ci-dessous) , arrachés,  le temps de l'expo, à leur château des Rochers ( Vitré en Bretagne)

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 Françoise et François, dépêchés du Carnavalet, retrouvent leur beau "château d'Apollidon"

Il y fait frais, il y fait bon

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Attardons-nous, le temps d'un moment - émouvant - sur les différentes éditions de la correspondance de notre chère marquise.  Vous le savez - ou je vous l'apprends avec précautions.. - il ne reste guère de lettres autographes, jaillies de la plume alerte de l'épistolière .. une quarantaine tout au plus, si je ne m'abuse.

En voici l'une:

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L'instant est précieux et même  si,  graphologie oblige,  vous brûlez d'envie d'émettre des commentaires, prenez garde à l'anachronisme et aux conditions matérielles de l'écriture, qualité du papier, de l'encre, de la plume, modèle calligraphique de l'époque.. qui vous interdisent de  juger de votre oeil de XXIe siècle un écrit plus que trois fois centenaire.

 N'empêche...il y a de l'envahissement dans l'air...

Grandement émouvant est de découvrir l'édition des lettres dite de La Haye, photocopiée et annotée de l'écriture vive et précise de Roger Duchêne, LE spécialiste de la marquise.  C'est à son travail titanesque - et celui de son épouse Jacqueline Duchêne que nous devons l'édition des lettres, en trois volumes, dans la bibliothèque de la Pléiade. Ma lecture de chevet, comme vous le ...chavez.

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  Une vitrine d'éditions des lettres, soigneusement réunies, soutient sagement le regard vigilant de Roger de Bussy-Rabutin, fieffé coquin, lointain cousin de la marquise - à la mode de Bourgogne  - et de Pauline de Simiane, fille cadette du couple Grignan. Si cette dernière autorisa  une certaine édition des lettres de sa grand-mère, elle aurait sans doute  fait disparaître celles de sa propre mère!  Dans tous les cas, c'est la seule des enfants Grignan qui assura une descendance au couple.

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Au sortir de cette exposition à la scénographie parfaitement étudiée, vous ne manquerez de visiter les appartements de la marquise -  la chambre où elle résidait lors de ses séjours à Grignan. Sise au deuxième étage, elle jouxte le lieu de l'exposition

Vous visionnerez avec bonheur également le film d'une dizaine de minutes consacré à l'art épistolaire de la marquise, dûment commenté par Cécile Lignereux.

L'expo, je l'ai déjà visitée deux fois; Gageons qu'il y en aura une troisième

Apolline Elter 

Sévigné, Epistolière du Grand Siècle - au château de Grignan (Drôme), à visiter, du 25 mai au 22 octobre 2017

05 juillet 2017

Je deviendrai parfaite sur la fin de ma vie

Sévigné.jpgRassurez-vous, je ne parle pas de moi ni d'une quelconque mission impossible; je préfère pointer à votre attention, la lecture-spectacle de ce soir, qui se déroulera à 22 heures, en l'amphithéâtre du château de Grignan. Notre très chère marquise de Sévigné y sera incarnée par Marie-Christine Barrault l'espace de cette soirée.

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Et cette mater dolorosa éplorée par le départ de sa fille à Grignan, de déplorer que ce dernier génère une meilleure entente que lors de leur cohabitation parisienne.

                                                 Paris, le 6 mai 1671

"Je vous prie, ma chère bonne, ne donnons point à l'absence le mérite d'avoir remis entre nous une parfaite intelligence et, de mon côté, la persuasion de
votre tendresse pour moi (...)"

Madame de Sévigné " Je deviendrai parfaite sur la fin de ma vie", Adaptation des lettres à sa fille, la comtesse de Grignan (1668-1686), Virginie Berling, Ed. Triartis, juin 2017, 52 pp

 

01 juillet 2017

Médan - un second Nohant

L'hospitalité des Zola à Médan est légendaire. Comme celle de George Sand, à Nohant

Aussi, Emile se morfond-il lorsque, à  court de chambre, il doit refuser l'hospitalité - du moins la postposer -  à son ami, Paul Cézanne.

Découvrons la lettre qu'il lui adresse. Prenons-en graine pour .. nos maisons de vacances

Des vacances que je vous souhaite, fabuleuses

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À PAUL CÉZANNE

Médan, 2 juillet 1885

Mon vieil ami, je suis désolé. La mère de Charpentier, qui ne devait pas venir, s'est décidée au dernier moment, et cela va me faire deux personnes de plus, elle et une domestique. Je vais avoir neuf personnes à coucher, toutes mes chambres seront prises; sans compter que je suis menacé des Daudet et de Goncourt.

Je sais combien tu as le désir de venir tout de suite, et moi-même je me faisais un plaisir de t'écrire d'arriver. Mais il va falloir que tu attendes que tout ce monde soit parti, maîtres et valets. Ce qui me console, c'est que nous serons mieux ensuite, plus libres, plus entre nous. J'espère qu'ils ne resteront pas plus d'une dizaine de jours, et je t'écrirai tout de suite, suite, de façon à ce que tu sois ici le soir, s'ils partent le matin.

Ne m'en veuille pas, je viens de chercher toutes les combinaisons imaginables, sans parvenir à te caser convenablement. C'est une invasion qui dépasse ce que j'avais prévu. A bientôt, n'est-ce pas? et vives amitiés de ma part et de celle de ma femme.

(...)

                                                                                                                             Emile Zola

 

 

Paul Cézanne- Emile Zola, Lettres croisées, 1858-1887, Edition établie, présentée et annotée par Henri Mitterand, Ed. Gallimard, sept. 2016, 460 pp [ abrév. PCEZ]

 

27 juin 2017

Une bien curieuse machine que l'homme

product_9782710378013_195x320.jpg De Charlotte Brontë à son amie Ellen Nussey (27 mai 1854):

" (...)C'est une bien curieuse machine que l'homme, quand il manifeste - pour ainsi dire - toute la faiblesse - de sa prétendue force. N'importe quelle fillette de plus de huit ans serait en droit de lui reprocher ses caprices d'enfant gâté et ses entêtements absurdes (...)"

 Lettres choisies de la famille Brontë, 1821-1855,  traduites de l'anglais et annotées par Constance Lacroix, Ed. Quai Voltaire, avril 2017, 624 pp

20 juin 2017

Evitons la publicité

product_9782710378013_195x320.jpg De Charlotte Brontë à son père(5 décembre 1849)):

" (...) Je vais sans bruit mon chemin. Je soupçonne que la plupart des  gens savent qui je suis, mais ils sont trop bien élevés pour le laisser voir - de sorte que j'échappe au tumulte et à publicité qui me sont si désagréables. (...)"

 

 Lettres choisies de la famille Brontë, 1821-1855,  traduites de l'anglais et annotées par Constance Lacroix, Ed. Quai Voltaire, avril 2017, 624 pp

17 juin 2017

Veuve mais pas inconsolable - lettre d'un 17 juin

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Notre chère marquise de Sévigné est veuve à 25 ans. C'est jeune, surtout que sa fortune a fondu et qu'elle a la charge de deux jeunes bambins, Françoise-Marguerite, quatre ans et demi et Charles presque trois ans, en cette date fatale du 6 février 1651.  Veuve mais pas inconsolable, comme elle l'écrira, bien des années plus tard, le 17 juin 1687, à son cousin, Roger de Bussy-Rabutin:

 « Je n'avais retenu de dates que l'année de ma naissance et celle de mon mariage, mais sans augmenter le nombre, je m'en vais oublier celle où je suis née, qui m'attriste  et qui m'accable, et je mettrai à la place celle- de mon veuvage, qui a été assez douce et assez heureuse, sans éclat et sans distinction mais elle finira peut-être plus chrétiennement que si elle avait eu de plus grands mouvements, et c'est en vérité le principal » 

 

Extrait de Madame de Sévigné - Correspondance (III) (sept 1680- avril 1696) - texte établi, présenté et annoté par Roger et Jacqueline Duchêne, Gallimard, La Pléiade  (1972)

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16 juin 2017

Chères familles

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Vous êtes nombreux à m'interroger sur l'édition 2017 du Festival de la correspondance de Grignan

Le Festival se déroulera du mardi 4 au samedi 8 juillet, avec pour thème "Chères familles"

Je vous invite à consulter le programme sur le site du Festival : www.grignan-festivalcorrespondance.com 

A réserver vos places via la billetterie : 
Au 04 75 53 63 21, de 11h à 12h et de 14h-17h, en action depuis ce jeudi 15 juin

 Je vous reviens, sous peu, avec quelques lectures apéritives aimablement fournies par la maison d'édition Triartis 

14 juin 2017

Sévigné - Epistolière du Grand Siècle

Le château de Grignan (Drôme) est le siège d'une exposition d'envergure,  re-mar-quable, si j'en juge par le catalogue qu'il m'en a été donné de lire.

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Il va sans dire que j'y cours, j'y vole dès juillet et vous en fais rapport

Inaugurée le 23 mai dernier, l'exposition couvre l'été et le début de l'automne,  jusqu'au 22 octobre; elle attend quelque 50.000 visiteurs.

Pour l'heure penchons-nous sur les passionnants  portraits multi-faces de L'Epistolière, rédigés par un comité scientifique de haut vol.

De sa ville natale - et essentielle - de Paris, où elle naît, le 5 février 1626 et occupe onze résidences toutes situées dans le quartier du Marais - dont le célèbre Hôtel Carnavalet -  au château de Grignan,  où elle séjourne à trois reprises - pour une durée cumulée de quatre années - auprès de sa fille Françoise, de son gendre, François, comte de Grignan, la pétillante marquise a également séjourné à seize reprises au château breton des Rochers, fief des Sévigné.

Ces différents séjours sont prétextes à une correspondance abondante, vive et spirituelle, dont la plus connue est celle qu'elle adresse à sa fille,  dont elle se voit séparée, le 4 février 1671; jeune mariée, fraîche accouchée, Françoise rejoint son mari en Provence, au grand dam de sa possessive maman.

C'est à Grignan que Marie de Sévigné  décède, le 17 avril 1696, au cours de son troisième séjour. Elle était venue pour soigner  Françoise-Marguerite; ne résiste aux perfides froids et attache, à son corps défendant,  son nom au superbe château des Adhémar, rejetant de la sorte, une nouvelle fois, sa fille  dans l'ombre de sa postérité.

L'évolution de cette  "femme d'esprit", les aléas de sa vie - elle perd jeune son mari - , les usages de son temps, le cercle de ses famille et amis,  le mythe qui suit son décès et la publication souvent remaniée de sa correspondance font l'objet de chapitres thématiques passionnants - et je pèse mes mots - nourris des sciences et publications de Jacqueline Duchêne, Christian Trézin,  David Brouzet, Cécile Lignereux, pour ne  nommer qu'eux..

Une lecture hautement recommandée

Apolline Elter

Sévigné - Epistolière du Grand Siècle -  collectif - beau livre illustré - catalogue de l'exposition du château de Grignan ( du 25 mai au 22 octobre 2017) , Co-édition  Ed. Libel - Département de la Drôme, Mai 2017,  140 pp, 22 €

13 juin 2017

Lettres choisies de la famille Brontë

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 Belle découverte en cette fin d'année académique que la  sélection de ces quelque trois cents lettres, familiales, traduites et annotées  par Constance  Lacroix, principalement  jaillies de la plume de Charlotte, la troisième des cinq filles du pasteur Patrick Brontë. 

Charlotte est l'auteur de Jane Eyre, un roman qu'elle publie sous le pseudo de Currer Bell. 

Les nombreuses missives qu'elle envoie à son amie de pension Ellen Nussey - elle l'a connue, en 1831, à l'âge de quinze ans -  nous en disent long sur une vie par trop confinée en la cure d'Haworth, coupée de deux séjours à Bruxelles,  préoccupée de la santé de ses proches , frappée de deuils nombreux : son frère et ses quatre soeurs meurent vraisemblablement tous  de la tuberculose.

Elle se confie également avec simplicité et humilité à William S. Williams, l'adjoint de son éditeur Smith, soutien et découvreur de son talent:  

Je ne sais pourquoi la vie doit être si pauvre, si brève et si amère - je ne peux m'expliquer pourquoi des êtres plus
jeunes et plus nobles que moi sont ainsi fauchés avant l'heure, riches encore de tant de projets inaccomplis - mais
je crois que Dieu est sage - parfait - miséricordieux.

 Mariée avec plus de raison que de conviction au vicaire de son père, Arthur Bell Nicholls, Charlotte décède le 31 mars 1855,  neuf mois après ses noces.

Lettres choisies de la famille Brontë, 1821-1855,  traduites de l'anglais et annotées par Constance Lacroix, Ed. Quai Voltaire, avril 2017, 624 pp

06 juin 2017

Zola et la zymnastique

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Tandis que nous poursuivons l'examen de la correspondance ô combien généreuse  d'Emile Zola, nous découvrons, avec bonheur, une certaine aversion pour la gymnastique et la merveilleuse mauvaise foi d'un jeune homme de 20 ans . Zela nous plaît. Il s'adresse à son ami accidenté  Baille (non prénommé Corneille). 

                                                                            Paris, 2 juin 1860

               Mon cher Baille,

(...)

. J'ai toujours maudit de bon cœur les exercices gymnastiques; mais,  depuis ton accident, je suis encore plus courroucé contre eux. Se donner une blessure, une souffrance de toute la vie, et cela en grimpant à un trapèze! Mon pauvre vieux, je te plains et, en même temps, je suis un peu en colère contre toi.

Un début juin qui enjoint

 -Zola. Correspondance. Choix de textes et présentation par Alain Pagès,Ed. Garnier Flammarion, février 2012, 382 pp

30 mai 2017

Une seule lettre vous manque...

Tandis que l'année se termine, radieuse et active, je travaille d'arrache-clavier aux cours épistolaires de la rentrée...µ

Grande part sera faite à l'être de lettres, privées, amicales, ouvertes, engagées... que fut Emile Zola (1840-1902)

Nous avons découvert en lui un puits sans fonds mais non pas sans amour

Un amour qu'il partage avec les deux femmes de sa vie,  Alexandrine, as "Madame Zola" mais aussi et en même temps, Jeanne Rozerot, la mère de ses enfants.

Les séparations du couple Zola -  voyages et exil de l'un, cures de l'autre - généraient une correspondance quasi quotidienne. L'absence en signifiait souffrance

«  Je suis comme toi, lui répond-elle, lorsque ta lettre me manque, ma journée est stupide et désorientée"

s'exclame Alexandrine en cet extrait issu de la biographie que lui consacre Evelyne Bloch-Dano

Nous reviendrons sur le sujet, cela va sans dire

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Madame Zola, Evelyne Bloch-Dano, biographie, Ed Grasset,  1998 (nouveau dépôt légal, 372 pp

 

26 mai 2017

Intimité publique

 Il est un Festival,  il est trois dates - les 9-10 et 11 juin - que je vous invite à noter en vos agendas

J'ai nommé, Intimité publique - bel oxymore -  fête de lectures de correspondances,  carnets, journaux intimes,  .. jaillis de la plume d'écrivains prestigieux - voyez l'affiche, consultez le programme - portés par les voix et interprétations de comédiens hors pair.  La direction du Festival est assurée par Anne Rotenberg, dûment entourée, chaleureusement assistée. Sa signature est gage d'exigeance, de respect du public, de supérieure qualité, je vous le certifie.

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Nous  reviendrons sur le Festival; nous nous y rendrons

Pour l'heure, je vous invite à consulter le site du théâtre La Pépinière (Paris- Opéra)  www.theatrelapepiniere.com/intimite_publique.html  et à réserver vos places sans tarder..

Apollline Elter

 

 

 

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23 mai 2017

A Anne Frank

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 Il est des dédicaces qui sont promesses, qui sont lettres

Ainsi s'adresse Frédérique Hébrard à  Anne Frank, le 7 juin 2007, jour de ses quatre-vingts ans.

 

7 juin 2007

7 heures 18 dans la maison qui dort encore ...

Aujourd'hui, j'ai quatre-vingts ans.
Quatre-vingts ans, ça fait biblique,
ça fait mythologique.
.. ça fait rire la petite jille
que je suis encore, la petite jille qui se souvient
d'une autre petite jille qui, elle, hélas,
n'a jamais eu de rides.

C'est à elle, à toutes ses espérances massacrées,
que je pense en ce jour d'anniversaire,
à elle qui fait partie des jèmmes de ma vie
que ma mémoire convoque ce matin .
..
Ces jèmmes à qui je vais tout raconter.

C'est à toi, petite sœur, que je dédie ce livre
au moment même où je décide de l'écrire un jour.

À toi, Anne Franck.

  

La pétillante actrice, scénariste, romancière accomplit, dix ans plus tard sa promesse.

Nous vous en proposerons chronique le 7 juin

 Elle était une fois, Frédérique Hébrard, souvenirs, Ed Flammarion, mars 2017, 382 pp

16 mai 2017

Camille et Lucile

3DMotsFinBD_small.pngGlanée en cet ouvrage sympathique dont je vous fais chronique, jeudi 18 mai, voici l'extrait d'une lettre que Camille  Desmoulins adresse à son épouse Lucile, depuis  la prison du Luxembourg, juste avant son passage à l'échafaud , le 5 avril 1794

 "Mes bras entrelacés te serrent, mes mains liées t'embrassent, et ma tête séparée repose
encore sur toi ses yeux mourants. Je vais mourir.
»

Lucile est exécutée, une semaine plus tard;  le couple laisse un orphelin, Horace

Les mots de la fin, 200 adieux historiques, Catherine Guennec,  recueil, Ed de l'Opportun, avril 2017, 352 pp

09 mai 2017

Lettre ouverte à ma main gauche

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Pianiste amateur, Catherine David se voit soudain, lâchée, trahie par sa main gauche.

" Je n'avais jamais eu à me plaindre de toi jusqu'à cette étrange alerte"

S'adressant à ce membre,  par à coups défaillant, la romancière, essayiste, critique littéraire entame une longue et belle réflexion sur les effets de la musique - sensuels, thérapeutiques, et autres,- son éternité, la pérennité de chefs d'oeuvre du répertoire classique, les bienfaits de leur pratique. Partant, elle  invite mélomanes et simples lecteurs à une approche sensible et éclairée de cette "médecine de l'âme" qui jaillit des touches du clavier.

"Il y a ce moment de bascule où la musique fuse, s’embrase et roule ses  galets, quand le toucher, la vue et l’ouïe se retrouvent solidaires, entrelacés, indiscernables. Une musique étonnante sourd alors de nos doigts comme une liqueur impalpable, une musique qui nous veut du bien, une thérapeutique antimorosité qui remplace les petites pilules du soir. À consommer sans modération, car il n’y a aucun risque d’effets secondaires dans cette médecine de l’âme. Seul un certain niveau d’addiction à la drogue appelée musique est à redouter."

Lettre ouverte à ma main gauche et autres essais sur la musique, Catherine David, essai, Ed. Acte Sud, février 2017, 316 pp

02 mai 2017

Ce n'est pas La Pen

Lettre ouverte à nos amis français, 

 

France et Français, les Belges vous aiment.

Partant, nous avons oreilles et yeux rivés sur votre actualité politique

Une femme présidente, c'eût été tentant 

Mais à ce prix, ce n'est pas la peine

Marine Le Pen aime la France, peut-être; les Français, j'en suis moins certaine

 

 

Mardites-moi, chère France

25 avril 2017

L'encrier de Madame de Sévigné

L'encrier.jpgVous savez, chers visiteurs, comme la célèbre Epistolière est chère à notre blog et aux séjours en cette  Drôme grignannaise que nous partageons avec elle.

 Aussi fûmes-nous attirée par l'angle d'approche biographique de Barbara Lecompte - bien engageant - à savoir les bureau chinois et encrier de la célèbre marquise.

Nous ne fûmes pas déçue.

" Réchappé des profondeurs océanes, le bureau chinois de madame de Sévigné peut se flatter d'être aujourd'hui un meuble vedette, une star à bichonner. "

 Fascinée par le destin du secrétaire laqué, conservé au musée Carnavalet, estampillé aux doubles armes Rabutin et Sévigné, la biographe mène enquête et restiitue, à travers les objets fonctionnels de son écriture, un portrait alerte de la trépidante marquise, si vivant que cette dernière aurait mauvaise grâce de le renier.

 Oui mais son encrier?

 " Mais à Carnavalet, son encrier manque à l'appel."

 Et l'enquêtrice de se lancer sur les traces du "fantôme", symbole paroxystique de la pérennité de madame de Sévigné.

Mais la marquise n'est pas qu'une mère, non plus qu'une seule épistolière.  Les chapitres se suivent qui étudient son rapport à l'eau, aux cures,  à la Cour, à la religion, à cette Bretagne qui lui tient encore grief de certains propos jugés désobligeants , à ce Grignan , pour nous, si important.

 Un portrait saisi, pétillant,  judicieusement frappéà l'instar de ce vin de champagne que Marie de Sévigné affectionnait.

 Apolline Elter

 L'encrier de madame de Sévigné, Barbara Lecompte, essai, Ed. Arléa, janvier 2017, 140 pp

11 avril 2017

L'abbé Mugnier

" Que mon âme se trouve dépaysée en ce monde de soutanes."

 

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Avec sa houppe et sa soutane élimée, Arthur Mugnier (1833-1944)  semble infirmer l'étiquette d'"abbé mondain" qui colle à son sacerdoce.  Passionné de lettres,  épris des génies de Châteaubriand, Georges Sand, Joris-Karl Huysmans, ami des comtesses Greffulhe, de Noailles, de Castries, .. de la Princesse Marthe Bibesco, de Jean Cocteau,  le prêtre est la coqueluche du Tout-Paris, affiche de déjeuners en dîners, son sens inaltérable  de l'écoute et de la répartie : " Jamais prêtre ne mangea plus en ville que moi. Je dissipe mon âme à pleine assiette."

Un peu trop ouvert d'esprit pour sa hiérarchie, prompt à la sympathie, l'enthousiasme et... l'imprudence, l'abbé Mugnier se fourvoie parfois. Mais il faut avoir l'esprit retors - les jaloux l'ont  qui l'offenseront - pour chercher querelle à un homme qui n'est que bienveillance, indulgence plénière.

S'il se complaît au sein d'un milieu qui n'est pas celui de ses origines - modestes - le bon abbé n'en oublie pas pour autant les êtres pauvres, esseulés. Il consigne ses nombreuses et précieuses observations en un Journal désormais célèbre, adoucissant les rigueurs d'un sacerdoce effectué loyalement par l'assouvissement de ses passions pour la Nature, les voyages, la culture, la rencontre de l'Autre.

La sainteté peut donc être mondaine et ...sympathique.

Biographe de notre chère Sophie de Ségur, Ghislain de Diesbach signe là un portrait des plus attachants.

Apolline Elter

 L’Abbé Mugnier, Ghislain de Diesbach, biographie, Ed. Perrin, 2003 ( réédition en coll. Tempus, 2013, 404 pp

04 avril 2017

Camille Claudel à Montdevergues

   

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Longue de trente années, du 10 mars 1913  au jour de sa mort, le 19 octobre 1943, la séquestration de Camille Claudel, la célèbre sculptrice, en institutions psychiatriques, asiles d'aliénés, émeut dès l'abord, l'opinion publique. Mais il faut davantage qu'une campagne de presse, aussi longue, aussi motivée, soit-elle pour infléchir la décisionde  Madame Claudel, mère, née Louise Cerveaux. Jamais cette femme rigide, bourrée d'aussi pieux principes que de peur du scandale, ne reverra sa fille.  Et même, elle sera la principale opposante à sa libération, lorsque proposition lui sera faite. Elle a peur de sa fille,  la tient au loin, très loin en ce Vaucluse si froid l'hiver, histoire de ménager sa quiétude. Sa conscience, elle la calme par l'envoi de colis que sa fille reçoit avec une joie d'enfant et une gratitude surprenante.

Décortiquant étape par étape, les signes avant-coureurs de la maladie,  le processus de l'internement, les courriers échangés et les quelque 16 rares visites que Camille Claudel reçu des siens et d'une amie durant  près de trois décennies de séquestration  à l'asile de Montdevergues, dans le Vaucluse,  le psychiatre Michel Deveaux offre un regard neuf et autorisé sur cette tragédie.

Si l'état de délabrement physique et sanitaire de la quinquagénaire nécessitait une prise en charge, sa paranoïa, un internement, il est certain que celle-ci ne devait se prolonger si longtemps. L'attitude de sa famille n'a pas été un adjuvant...

Une chronoscopie sidérante

Et bien intéressante

Apolline Elter

  Camille Claudel à Montdevergues. Histoire d’un internement, Michel Deveaux, essai, Ed. L’Harmattan, déc. 2014, 124 pp

28 mars 2017

Mar-dites-moi, Gabriel

Gabriel Metsu et les Maîtres de la peinture de genre

 

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  Nous évoquions, mercredi passé, la visite de l'expo-événement du Louvre, consacrée à Vermeer (voir chronique en ce blog)  L'occasion pour nous de découvrir la  merveilleuse huile sur panneau, signée Gabriel Metsu(1629- 1667) , compatriote et contemporain du "Sphinx de Delft", j'ai nommé, le Jeune homme écrivant une lettre ( dd+/- 1664-66) 

 

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 Je vous le recommande vivement à votre attention 

Tandis que vous visiterez l'exposition:

 

 Vermeer et les Maîtres de la peinture du genre

Du 22 février au 22 mai 2017

Renseignements et réservations sur le site du musée  Louvre :http://www.louvre.fr/expositions/vermeer-et-les-maitres-de-la-peinture-de-genre 

Entrée par la Pyarmide

22 mars 2017

Vermeer et les Maîtres de la peinture du genre


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C'est l'expo-événement de la rentrée de janvier,  au musée du Louvre. Elle est donc très visitée.... et pour la voir, il faut s'accrocher - Normal, me direz-vous, puisqu'il s'agit de tableaux....

En l'occurrence, douze tableaux de Johannes Vermeer (1632-1675), s'offrent aux yeux des visiteurs,  soit un tiers de la production du  célèbre maître hollandais , toutes scènes de genre, qui présentent la société- élégante-  de l'époque, dans la sphère privée de ses loisirs.  Une section est ainsi consacrée aux épistolières et missives amoureuses, nous l'évoquions, il y a très peu.

Parti est pris de confronter l'art du "Sphinx de Delft"-  ainsi fut qualifié Vermeer par le critique d'art français Théophile Toré -  à celui de ses pairs, peintres de genre également, de sortir son oeuvre de l'isolement dans lequel il fut par trop confiné. Le parcours de l'exposition - assez court - est scindé en sections thématiques de Pesée, Correspondances amoureuses, Epistolières, Duos, Invitation à la musique, Cordes sensibles,  Jeunes beautés, Variations, Mal d'Amour, Perroquets,  Dentellière,  Sublimation, La Nuit et le jour, Profils perdus et Tributs. 

Si le visiteur découvre, ébahi, les merveilles d'effets de lumière et de drapés des Lettre, Lettre interrompue, Jeune femme assise au virginal, Laitière et Géographe  il réalise que Vermeer n'est guère l'inspirateur de ces thèmes que l'on retrouve, notamment sous le pinceau de son aîné, Gérard Ter Borch (1608-1681)

Il le reconnecte - c'est le parti voulu - à ce Grand Siècle qui nous est si cher

Nous reviendrons sur le sujet, mardi prochain, nous pencherons sur le tableau de Gabriel Metsu, Jeune homme écrivant une lettre qui nous a pareillement séduite

 Vermeer et les Maîtres de la peinture du genre

Du 22 février au 22 mai 2017

Renseignements et réservations sur le site du musée  Louvre :http://www.louvre.fr/expositions/vermeer-et-les-maitres-de-la-peinture-de-genre 

Entrée par la Pyarmide

21 mars 2017

Mar-dites-moi, Camille Claudel

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Correspondances de génies

Camille Claudel : les lettres du mal-être 

 

Reprise des tables rondes

Pavillon de la Littérature  

 

         L’inauguration du musée Camille Claudel, à Nogent-Sur-Seine, ce dimanche 26 mars,  nous offre l’occasion de nous pencher sur  le parcours d’art et de vie, d’une jeune fille impétueuse dont le destin croisa un temps, celui d’Auguste Rodin (1840-1917)  avant de sombrer dans le mal-être et l’isolement d’une séquestration de trente années,  en asile psychiatrique.

 L’examen de sa correspondance nous révèle tant ses faces. ..facétieuses que celles, bouleversantes,  d’une artiste incomprise de tous, y compris d’elle-même.

Pour connaître l'agenda des  conférence et  tables rondes, cliquer sur l'onglet: me contacter

Tous renseignements sur le musée de Nogent-sur-Seine: www.museecamilleclaudel.fr 

14 mars 2017

Mar-dites-moi, Johannes Vermeer

 S'il est un peintre bienvenu en notre rubrique épistolaire du mardi, c'est bien Johannes Vermeer (1632- 1675)

Contemporain de notre chère marquise (de Sévigné)  - il lui est cadet de six ans - le célèbre maître hollandais aime arrêter ses yeux, ravir les nôtres, de ces instants hors du temps que constituent la découverte d'une missive quand ce n'est son écriture.

Quelques toiles pour illustrer le propos et mieux vous revenir, jeudi, avec la chronique de l'essai que Jacques Darriulat et Raphaël Enthoven consacrent au peintre, Vermeer, le jour et l'heure, essai, Ed Fayard, février 2017, 304 pp et sous très peu, avec le compte rendu de visite de l'expo du Louvre

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La liseuse à la fenêtre ( +/- 1657) 

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Femme en bleu lisant une lettre (+/- 1663-64)

 

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La lettre d'amour ( vers 1669-70)

Sans oublier 

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Les (jeune) Femme écrivant une lettre, +/- 1665 et 1670, respectivement 

07 mars 2017

Lettre à une femme aimée

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Le nom d'Alexis Jenni vous évoquera, à coup sûr, le Prix Goncourt 2011 pour son roman, L'art français de la guerre ( Ed Gallimard) 

Nous le retrouvons dans un contexte différent. ...

Parce qu'il ne trouve pas les mots, l'expression juste, pour qualifier les sensations qu'il éprouve  à la vue, au contact de la femme qu'il aime, le narrateur lui écrit une longue lettre, convoquant la peinture -  Pierre Bonnard (et Maria Boursin..) , Pablo Picasso, Georges  de la Tour, Jean-Honoré Fragonard et même quelque esquisse d'Auguste Rodin, .... au secours de sa plume .

Et de la beauté

"Le sentiment de la beauté est très particulier, il donne à boire et étanche la soif, il entretient la soif et il redonne toujours à boire. La beauté emporte dans un ravissement profond et paradoxal, qui reste identique à lui-même, et n'arrête jamais."

Dans l'attente de toi, Alexis Jenni,  Lettre, Ed L'iconoclaste, sept.2016, 272 pp

28 février 2017

Dans l'attente de toi- Lettre à une femme aimée

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"Les livres naissent de ce que l'on ne sait pas dire.

Si on savait,  on dirait, et il n'y aurait pas de livres;  on n’y penserait même pas. Mais voilà, on ne sait pas  dire, et c’est une inquiétude, puis très vite un manque,  et enfin un désir; et le livre vient, qui est tout entier l’effort pour dire, bien que l'on ne puisse pas. Cela  n’empêche pas d’essayer,  d'échouer toujours, et d'essayer encore ; le livre qui s'écrit est la trace de ces essais ."

Ains'INcipit une belle, picturale déclaration d'amour à la femme aimée . Nous y reviendrons mardi prochain

Dans l'attente de toi, Alexis Jenni,  Lettre, Ed L'iconoclaste, sept.2016, 272 pp

14 février 2017

Mar-dites-moi, Sire

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   Point n'est fortuit que de produire, en ce jour valentinesque,  l'extrait d'une lettre d'amour adressée par Henri IV à sa chère maîtresse Gabrielle d'Estrées (1573-1599) .

   Séduit par la beauté, la grâce et la fraîcheur de la jeune fille -  à l'heure de leur première rencontre, Gabrielle n'a pas 17 ans, Henri en a vingt de plus - le volage souverain en tombe éperdument amoureux, lui conçoit quatre enfants et songe à l'épouser.  La mort,en (suite de)  couches, de Gabrielle, le 10 avril 1599, l'empêchera de conclure l'union.

Séparé de ses "Belles Amours", le roi lui envoie des missives passionnées:

"J’ai vu par votre lettre la hâte qu’avez d’aller Germain. Je suis fort aise qu'aimiez bien ma sœur: c'est un des plus assurés témoignages que vous me pouvez me rendre de votre bonne grâce,  que je chéris plus que ma vie, encore que je m'aime bien. C'est trop causé, pour vous voir si tôt. Bonjour,  mon tout. Je baise vos beaux yeux des millions de fois.

              Ce douzième septembre,  de nos délicieux déserts de Fontainebleau."

 

 Gabrielle d'Estrées ou les belles amours, Isaure de Saint Pierre, Ed Albin Michel, février 2017, 400 pp

 

 

07 février 2017

Mar-dites-moi, Emile Zola

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Pédalant à travers la correspondance d'Emile Zola en ces jours peu grisants de grisaille - mais oui, je prépare activement les cours de la rentrée -  je découvre ses lettres de jeunesse - vous en reparlerai - dont la fameuse et infiniment longue "Lettre sur les écrans" qui lui permet de structurer sa pensée du moment. Le futur écrivain est âgé de 24 ans. Il affirme , un brin pontifiant, à son jeune ami Antony Valabrègue :

 "Les écoles n'ont jamais produit un seul grand homme; ce sont les grands hommes qui ont produit les écoles"

A creuser, c'est sûr; nous y reviendrons, cela ne fait pas un pli

-Zola. Correspondance. Choix de textes et présentation par Alain Pagès,Ed. Garnier Flammarion, février 2012, 382 pp

31 janvier 2017

Mar-dites-moi, Philippe Néel

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C'est parce qu'elle rencontre le bel et fringant Philippe Néel, ingénieur en chef des chemins de fer tunisiens, qu'Alexandra David succombe, mi-septembre 1900, à une folle nuit en L'Hirondelle, la garçonnière flottante de Philippe. Elle va alors  commettre l'impensable: s'unir à lui d'un "singulier mariage".  Papa David n'en revient pas, qui donne son accord mais point ne se déplace. Le mariage se conclut au consulat de Tunis le 4 août 1904.

Poète à ses heures, Philippe Néel envoyait à ses conquêtes d'un soir et du voilier, le même billet: 

 «  L’image d’un doux souvenir

Vient de s’offrir à ta pensée

Sur la trace qu’il a laissée

                                                              Pourquoi crains-tu de revenir ? «

Alexandra revient mais lorsqu'elle constate que son bien-aimé a envoyé même billet aux autres passagères du voilier., elle n'en ...revient pas.

Cet épisode constitue le premier volet de nos trois mar-dites- moi, spécialement consacrés aux plis d'amour (et leurs couacs) en vue de la Saint-Valentin

A Elter

 

24 janvier 2017

Point de vue matrimonial

 

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 Fraîche mariée avec le fringant Philippe Néel, Alexandra David réalise - on pouvait s'en douter - qu'elle n'est point faite pour le mariage. Elle s'en confie à l'intéressé, avec la franchise qu'on lui connaît:µ

 "Nous avons fait un singulier mariage, nous nous sommes épousés plus par méchanceté que par tendresse. Ce fut une folie, sans doute, mais elle est faite. La vraie sagesse serait d'organiser, maintenant, notre vie en conséquence, telle qu'elle peut convenir à des êtres de notre tempérament. Tu n'es pas le compagnon que j'aurais rêvé, je suis encore moins, peut-être, la femme qu'il t'aurait fallu ... Et quand nous gémirions sur cette constatation, la belle avance! ... Avec de la bonne volonté et de l'intelligence on remédie à bien des choses (…) »

    Paris, 3 octobre 1904

 Alexandra David-Néel. Correspondance avec son mari – Edition intégrale 1904-1941, Ed. Plon  sept. 2000, 946 pp

17 janvier 2017

L'excentricité du docteur Gachet vue par Vincent Van Gogh

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  "(...) J'ai vu monsieur le docteur Gachet qui a fait sur moi l'impression d'être assez excentrique, mais son expérience de docteur doit le tenir lui-même en équilibre en combattant le mal nerveux duquel certes il me paraît attaqué au moins aussi gravement que moi. "

 La  valse des arbres et du ciel,  Jean-Michel Guenassia, roman, Ed; Albin Michel, août 2016, 300 pp