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17 avril 2018

Pauvre (De) B (1/2)

correspondance cover.jpgAprès avoir dûment célébré le centenaire du décès de Claude Debussy, le 25 mars 1918, il nous faut fustiger quelques propos bien peu amènes sur les Belges.

Suivait-il en cela les traces de son cher Baudelaire? 

Il se peut mais ce n'est pas à porter au crédit de son intelligence....

Séjournant en l'hôtel Métropole, à Bruxelles, en ce pluvieux mois de janvier 1907, le compositeur assiste aux répétitions de Pelléas et Mélisande, qui va enfin être créé à La Monnaie.  Il n'en est pas du tout satisfait, comme il l'écrit à son éditeur  et ami Jacques Durand, en date du 3 janvier 

Je passe des après-midi à me ronger les nerfs après un orchestre qui manque de tact et de goût, Quant à M' Sylvain Dupuis il tient plus bœuf que du chef d'orchestre ... il a une façon spéciale de déformer le plus simple des rhythmes  qui, je l'espère, n'appartient qu’à lui

Nous tairons de notre côté l'orthographe de "rythmes" qui n'appartient qu'à lui

Et le père de Pelléas  -hélas- de poursuivre:

(...)  du reste, les Belges parlent et promettent beaucoup pour se dégager ensuite avec la plus tranquille hypocrisie. Au surplus ce petit peuple ressemble aux petits hommes par une prétention boursouflée qui n'est que ridicule en général  mais qui devient dangereuse quand il s'agit du sort d’une œuvre d’art.

On croirait entendre Charles..

Et de conclure:

(...) car malgré tout, je suis volontaire, jusqu'à  en être très mal élevé  quand il est question de musique, et il est bien difficile, même à des Belges, de ne pas faire ce que je veux.

 

 On peut difficilement être plus aimable à notre égard

Rendez-vous mardi prochain pour la suite de ce feuilleton épistolaire 

 Claude Debussy, Correspondance(1872-1918) , édition établie par François Lesure et Denis Herlin et annotée par François Lesure, Denis Herlin et Georges Liébert, Ed. Gallimard, juillet  2005, 2332 pp

 

14 avril 2018

Le Pavillon battra littérature avec une ardeur accrue

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     Chers visiteurs, 

 

 Nous voici frais revenus d'une escapade précipitée..de pluie, dans la Drôme et d'une rencontre extra-or-di-naire avec Marie-Madeleine Peyronnet, gardienne du temple de Samten-Dzong (Digne-les-Bains) et de la mémoire d'Alexandra David-Néel.  Nous reviendrons maintes fois sur le propos, dès la rentrée et mois à venir qui célébreront,  respectivement , les 150e et 50e anniversaires de la naissance et du décès de l'exploratrice et d'une personnalité hors pair.

   Pour l'heure, nous sommes invités à exporter, d'ici fin mai, le blog du Pavillon de la Littérature et ses quelque 3576 chroniques qui vous ont enchantés dix ans durant. Nous mettrons tout en oeuvre pour que vous n'en subissiez pas d'inconfort, et nous non plus....car ces billets sont la mémoire d'un travail considérable et quotidien.

   Si d'aventure, vous éprouvez quelques difficultés à nous rejoindre, persévérez ..ces dysfonctionnements ne seront pas de notre cru. Nous saisirons cette opportunité contrainte pour vous ravir mieux encore.

   Puisse Proximus notre futur ex-hôte rester  digne de notre confiance; il nous le garantit.

   Quant au vrai Pavillon... de la Littérature, il reprend printanière vigueur et accueille dès le 23 avril, en  son écrin de verdure, ses tables d'actualité littéraire, de découverte épistolaire, centrées sur la correspondance de Félicien Rops (1833-1898) et des invités du Festival de la correspondance de Grignan (Drôme provençale) qui déclinera, du 3 au 7 juillet prochains, nos belges lettres.

Je vous souhaite un lumineux printemps

Votre Apolline   

10 avril 2018

Quand Achille écrit à Henri

correspondance cover.jpgIl arrive qu'on adresse une lettre à un destinataire pour en toucher un autre. C'est le truchement qu'opère le jeune Claude (et encore "Achille" à ce moment) Debussy pour signifier à sa maîtresse,  Marie Vasnier, comme il s'ennuie d'elle, tandis qu'il s'exile dans la Ville Eternelle, pour honorer l'attribution du Prix de Rome.

Marseille, le 28 [janvier] 1885

Cher Monsieur Vasnier,

 Je n'ai que peu de choses à vous dire, surtout parce que je craindrais, de vous ennuyer, de mon ennui et je vous assure, que je fais tout ce  que je peux pour avoir du courage, voire même vous oublier. Ce n'est pas de l'ingratitude, allez, puis, soyez tranquille, je n'y arriverais pas.

Je vous écrirai plus longuement en arrivant à Rome, et croyez-moi,

votre ami bien sincère

Ach. Debussy

 Faites je vous prie, mes amitiés, à Madame Vasnier, et embrassez Marguerite et Maurice pour moi.

 Claude Debussy, Correspondance(1872-1918) , édition établie par François Lesure et Denis Herlin et annotée par François Lesure, Denis Herlin et Georges Liébert, Ed. Gallimard, juillet  2005, 2332 pp

 

06:47 Publié dans Mar-Dites-moi | Commentaires (0) |  Facebook |

03 avril 2018

Félicien Rops - Joséphin Péladan - correspondance

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L'étude de la correspondance ropsienne nous amène à découvrir un bien curieux personnage: Sar Merodack Joséphin Péladan (1858-1918) comme il se fait appeler, écrivain, critique d'art, occultiste ... un peu "givré", si vous voulez que je vous livre le fond de ma pensée. 

Nous reviendrons sur son portrait, le 27 juin prochain, jour centenaire de son décès. 

Ce sera l'occasion de l'extraire  quelque peu de l'oubli dans lequel il a sombré..

 Pour l'heure, intéressons-nous à sa rencontre avec le "Compère Fély" , comme il le nomme, enfin entré en une certaine intimité avec le célèbre illustrateur.  Lyonnais de naissance,  Joseph-Aimé Péladan a 25 ans quand il entre en contact avec Félicien Rops, de 25 ans son aîné.  Pétri d'admiration pour l'oeuvre de ce dernier, il s'en sent l'obligé, instaurant dans leurs rapports un mode de subordination qu'il ne quittera guère.

" Enfin ma plume est aux ordres de votre burin" affirme-t-il d'entrée de correspondance, en avril 1883

Témoin privilégié de la mutation de Rops dans le registre symbolique illustré notamment par la série des Sataniques,  Joséphin Péladan entend utiliser cette féconde amitié au service de son propre développement artistique. Rops crée quatre frontispices pour les publications de Péladan, lesquelles sont certainement nourries des échanges entre les deux hommes. Une précieuse stimulation que révèlent, pour partie, leurs propos épistolaires.

"J'ai vu de vous des eaux-fortes magistrales & d'une perversité si intense, que moi qui prépare le traité de la perversité , e me suis épris de votre extraordinaire talent." affirme le fougueux jeune homme, lequel ne publie pas le traité annoncé.

Notons le caractère soigné, littéraire, facétieux, créatif, ... d'une correspondance étalée sur dix ans, de mars 1883 à mars 1893 . Passant progressivement du "Cher Monsieur" au "Cher Ami" , témoin d'une réelle complicité dans leur "perversité moderne" , les compères se plaisent à créer des termes neufs, jouer sur leurs acceptions, ... alternant les missives - fleuves - riches d'informations sur leur travail  mais aussi état moral ou de santé, respectifs - et les lettres courtes, écrites "au galop",  'au débotté", "en steeple chase". Certains extraits sont des modèles du genre. Nous reviendrons sur le sujet. Côté Rops, on ne peut que souligner la qualité de plume d'un artiste qui "pratique autant la plume que le burin."

Les annotations de Joséphin sur le courrier de Rops font office de réponse interne, rappelant à notre esprit la manie yourcenarienne des annotations.

Si elle se fissure de quelques malentendus - dus en partie, à la distance géographique qui les sépare -  cette correspondance d'estime et d'amitié est une mine pour qui veut approcher, mieux cerner,  l'ami Fély, en son ultime maturité.

Apolline Elter

Félicien Rops - Joséphin Péladan - Correspondance réunie, présentée et annotée par Hélène Védrine, Ed. Séguier, 1997, 266 pp

30 mars 2018

Un long week-end pascal

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Tandis que Pâques célèbre la Résurrection du Christ et celle de la Nature, votre blog préféré se met au vert.. et jaune (d'oeuf) trois jours durant pour un week-end studieux, aux côtés de Claude Debussy, Félicien Rops et Alexandra David-Néel.

Le trio est étonnant, sans doute ..détonnant. 

Sa correspondance - chacun pour son compte et les oeufs seront mieux couvés - constitue la matière de nos cours de la rentrée; Les inscriptions ont déjà commencé, qui s'activeront bon TGV, dès le mois de mai...

Début ds cours, dès la mi-septembre

Contact et précisions: via l'onglet " Me contacter"

A toutes et tous, je vous souhaite une joyeuse fête de Pâques.

Apolline Elter 

07:05 Publié dans Agenda, L'Epistolière | Commentaires (0) |  Facebook |

27 mars 2018

Mardi-tes-moi, Mary Cassatt

J'évoquai, il y a très peu- le 16 mars exactement, l'exposition des oeuvres impressionnistes et autres de l'Américaine Mary Cassarr, au musée Jacquemart- André

Je ne résiste, partant, à intégrer en notre rubrique épistolaire du mardi, cette pointe sèche, fort à propos intitulée " La Lettre". Elle date de 1890-91 et provient de la collection Jacques Doucet

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L"'Américaine" - elle vécut cependant quelque soixante ans à Paris, soit la majorité de sa vie - entretenait une correspondance avec Paul Durand-Ruel, le célèbre marchand d'art. Il nous plairait éminemment de la consulter.

 Mary Cassatt - Une impressionniste américaine à Paris,  Nancy Mowll Mathews (dir), Flavie Durand-Ruel Mouraux et Pierre Curie,  beau livre publié à l'occasion de l'exposition, Co-édition, Musée Jacquemart- André, Institut de France, Culturespaces et Fonds Mercator, mars 2018, 180 pp, 

Exposition: du 9 mars au 23 juillet 2018 - Musée Jacquemart-André,  158 Bd Haussmann - 75.008 Paris

Toutes précisions sur le site : http://www.musee-jacquemart-andre.com/ 

24 mars 2018

Debussy

 

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   Ce samedi célèbre le centenaire du décès du célèbre compositeur .

   Et signe pour nous l'occasion d'évoquer la biographie qu'Ariane Charton lui consacre.

   Généreusement étayé d'extraits de correspondance - faut-il le rappeler,  Achille-Claude Debussy était un prolixe et fin épistolier -  et du célèbre essai Monsieur Croche, le récit nous mène au coeur de l'intime, du travail laborieux, méticuleux et musicalement révolutionnaire du compositeur.

   Chroniquement désargenté, épris de femmes mais surtout de l'Amour, le musicien rebelle doit à la générosité de nombreux mécènes - dès lors amis - de pouvoir travailler son art, sa vocation.  S'il a toujours besoin d'un confident, il n'hésite pas à en changer, à se brouiller...

  Quelques missives sont des modèles dans l'art de quémander, de se faire pardonner. Nous reviendrons sur le sujet.

  Pour l'heure, recueillons-nous sur un parcours de vie, interrompue par un cancer, le 25 mars 1918, tandis que la Grande Guerre  explosait encore le nombre des victimes de sa barbarie

  A. Elter

Debussy, par Ariane Charton, biographie, Ed. Gallimard/ Folio biographie, inédit, avril 2012, 340 pp 

23 mars 2018

Voir Rome et puis partir

3139aRATjRL._SX298_BO1,204,203,200_.jpg Claude Debussy résida deux années à Rome ( de 1885 à 1887), pensionnaire de la célèbre Villa Médicis.

Il ne garde pas de la Ville Eternelle un souvenir impérissable, c'est le moins qu'on puisse dire .

Voyons ce qu'il en dit, fin novembre 1886, à son confident le libraire parisien Emile Baron

"Vous dirai-je que j'ai trouvé Rome, de plus en plus: salement laid, c’est étonnant  comme cette ville de marbre et de puces est peu sympathique, on s'y gratte et on s'y ennuie. La Villa est toujours la fabrique de produits  spleenitiques que je vous ai décrite trop souvent. Donc, passons. "

Passons et partons...

 

 Claude Debussy, Correspondance(1872-1918) , édition établie par François Lesure et Denis Herlin et annotée par François Lesure, Denis Herlin et Georges Liébert, Ed. Gallimard, juillet  2005, 2332 pp

22 mars 2018

... j'ai bêtement faim

 

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Debussy ne voulait pas sacrifier son ambition créatrice  à des contraintes strictement alimentaires. il abhorrait la banalité, conscient dans le même temps de sa singularité. Aussi traversait-il des périodes de disettes, telle celle qui en 1890, lui fait demander prêt à un proche ami, peut-être Etienne Dupin ? 

  Une lettre écrite au crayon

DEBUSSY À UN AMI

[1890]

Cher Ami: Pardonne-moi, mais peux-tu me prêter 20 f jusqu'à la fin du mois; argent nécessaire à mes premiers besoins.

 Je suis très honteux de l'avouer mais j'ai bêtement faim
Je t'écris, craignant que tu ne sois pas seul.

Ton

                                                                                                                                    Cl. ADebussy

 

 Claude Debussy, Correspondance(1872-1918) , édition établie par François Lesure et Denis Herlin et annotée par François Lesure, Denis Herlin et Georges Liébert, Ed. Gallimard, juillet  2005, 2332 pp

 

21 mars 2018

Quand la lettre se fait substitut de présence

3139aRATjRL._SX298_BO1,204,203,200_.jpg Semaine d'hommage à Claude Debussy, décédé le 25 mars 2018

 Claude Debussy avait la déclaration d'amour ardente. En témoignent les missives passionnées  qu'il adresse à Lilly Texier, au début de leur relation. Et si Lilly ne peut combler l'artiste de sa présence, celui-ci parvient à se consoler de la matière épistolaire. La lettre se fait alors substitut de présence. De quoi ravir un blog dévolu à l'épistolaire , réchauffer une première journée à vocation printanière..

 Nous sommes le samedi 27 mai 1899

Ma Lilly  chérie, 

 Je ne peux pas te dire la joie que m'a donnée ta lettre... 

(...) 

Oui, c’est comme si pendant un moment je t'avais tenue dans mes bras, telles phrases de ta lettre me donnaient le même frisson que me donne ta bouche …

(...)

Alors, cette nuit, j'ai embrassé ta lettre comme une personne vivante,  tant j’avais besoin de sentir quelque chose de toi sur ma bouche, un peu de frais parfum de tes lèvres est monté vers moi et j'ai tendu les bras à ce rêve, fait de tout ce que tu as laissé en moi d'impérissable amour.

Il paraît que  le geste d'embrasser une lettre est démodé et romance ?  Eh bien, tant pis pour ceux qui trouvent cela, je pense d'ailleurs que c'est la jalousie qui les fait parler ainsi, Moi, je m'en déclare, très fier ! ….

(...)

Claude Debussy, Correspondance(1872-1918) , édition établie par François Lesure et Denis Herlin et annotée par François Lesure, Denis Herlin et Georges Liébert, Ed. Gallimard, juillet  2005, 2332 pp [ Corr]

 

20 mars 2018

Mardi-tes-moi, Achille Claude

 

3139aRATjRL._SX298_BO1,204,203,200_.jpgDebussy était un prolixe épistolier, il avait, de tout temps, besoin d'un confident.

Le compositeur Ernest Chausson (1855-99) exerce, du printemps 93 à celui de 94 ce rôle de témoin privilégié:

« Je crois décidément, qu’en musique, j’aimerais à être mon petit-fils ! " s'exclame le fougueux trentenaire dans une lettre du 7 mai 1893, adressée à son aîné

                                              

  Claude Debussy, Correspondance(1872-1918) , édition établie par François Lesure et Denis Herlin et annotée par François Lesure, Denis Herlin et Georges Liébert, Ed. Gallimard, juillet  2005, 2332 pp

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NB toute la semaine durant et jusqu'au 25 mars révolu, nous rendons hommage à Claude Debussy, à l'occasion du centenaire de son décès, le 25 mars 1918

 

13 mars 2018

Mar-dites-moi, Marceline Loridan-Ivens

9782246812432-001-T.jpeg Découvrant, quelque 50 années après l'avoir emmenée en tous ses lieux de résidence, une valise d'Amour  remplie de lettres, souvenirs, documents,.... Maceline Loridan-Ivens, s'interroge sur les critères qui lui ont fait conserver des missives, à ce jour, complètement oubliées...

C'est une question qui trouve belle place, en notre rubrique épistolaire du mardi.

"Pourquoi avoir gardé ce mot? Pour un jour le glisser dans la machine à lire des mal-voyants, poser la demi -feuille jaunie sur la surface vitrée, mon encre noire sous la forte lumière, mes mots secrets sous la puissante loupe, et me dire: J'ai continué. J'ai même fini par écrire ce qui m'est arrivé. Alors tu vas continuer, jeune femme, te laisser porter par les courants, les combats, le désir des hommes. Et le jour où tu deviendras une vieille dame aveugle, tu seras plus forte que n'importe qui, tu trouveras un jeune homme pour te faire danser."

 L'amour après, Marceline Loridan-Ivens, témoignage recueilli par Judith Perrignon, Ed. Grasset,  janvier 2018, 160 pp

09 mars 2018

Centenaire du décès de Claude Debussy

correspondance cover.jpg Le célèbre compositeur décédait, voici bientôt cent ans, le 25 mars 1918

C'était un prolixe et habile épistolier

Aussi lui rendons-nous hommage, toute la semaine du 20 mars durant, avec en point d'orgue, si j'ose dire, une infusion épistolaire, le dimanche 25 mars à  17 heures, à l'occasion de notre High Tea hebdomadaire.

 

 Claude Debussy, Correspondance(1872-1918) , édition établie par François Lesure et Denis Herlin et annotée par François Lesure, Denis Herlin et Georges Liébert, Ed. Gallimard, juillet  2005, 2332 pp

 

07 mars 2018

Le retour du héros

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 Il est fier, il est beau, le - forcément - preux capitaine Neuville (Jean Dejardin) , hussard de l'armée napoléonienne.

Napoléon peut compter sur son ardeur, au même titre que Pauline  Beaugrand(Noémie Merlant) , sa toute fraîche fiancée, sur ses missives passionnées, tandis que le capitaine s'en va combattre les Autrichiens

Las, notre homme n'est qu'un imposteur, doublé d'un déserteur

Alors pour ne pas décevoir de sa petite soeur,  l'ardeur - et même la survie  - Elisabeth ( Mélanie Laurent) imagine de rédiger elle-même le courrier des exploits de son indigne promis. Et d'en imaginer la fin aussi héroïque que tragique.

L'aventure prend  de ce fait un tour épistolaire d'élégante facture

Las notre homme revient, auréolé de cette gloire, en toutes lignes inventée

Il va falloir assurer. Assumer le mépris d'Elisabeth, laquelle a tout compris.

Fin  pastiche des épopées héroîques, romantiques à souhait, sur fond de  musique de western (signée Mathieu Lamboley, ponctuation idoine de l'atmosphère cherchée) ,le film nous invite à dévisser joyeusement tous les poncifs du genre

Il suffit de se brancher second degré, ne pas se prendre la tête et de passer un excellent moment

Le retour du héros, Un film de Laurent Tirard

En salle, depuis le 9 février 

 

06 mars 2018

Modestie félicienne

 

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 L'ami

Fély...

Mais oui,

il me séduit,

brillait plus par son libre esprit

que par sa modestie.

Ce n'est pas injure que de le constater

 

Il affirmera cependant , en une lettre adressée  à Emile Bergerat ( ni datée, ni localisée) 

 «  J’ai eu cette singulière fortune, d’être moi, rien du tout & personne & n’ayant point mérité de l’être, presqu’un confident des derniers jours, de François Millet & de Baudelaire ! »

S www.ropslettres.be

27 février 2018

De l'intérêt de publier la correspondance des écrivains

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Tous les écrivains ne sont pas nécessairement de bons épistoliers, mais toutes les correspondances publiées sont éloquentes par ce qu'elles nous disent tant du monde des lettres que du combat de l'écrivain avec la page blanche

 

André Breton - Correspondance avec Tristan Tzara  et Francis Picabia 1919-1924, présentée et éditée par Henri Béhar,  Ed. Gallimard, déc. 2017, 256 pp 

20 février 2018

Mar-dites-moi, cher Fély

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"D’autres viendront qui accompliront ce que j’espère, parfois, de moi. Je n’ai pas de petites vanités"

s'exclamait Félicien Rops en une lettre d'anthologie, adressée à l'avocat Edmond Picard.

La lettre est datée du 17 février 1887. Je vous engage à la découvrir dans son intégralité en vous rendant sur le site www.ropslettres.be 

Quant à moi, (sur)prise de passion pour le génie graph(olog)ique, créatif et littéraire de cet épistolier hors du commun, je vous annonce l'inauguration officielle, ce mardi 20 février de la rubrique CorROPSpondance qui relaiera, désormais, quelques missives de derrière les fagots..

Votre Apolline Elter

 La plupart des lettres évoquées sont accessibles sur le merveilleux et dynamique site www.ropslettres.be 

Une mine d'or, dans toutes ses acceptions.

  

15 février 2018

Le lendemain de la veille

Alexis.jpgEn ce lendemain de 14 février, vous souhaitez peut-être rompre à tout prix les engagements, par trop imprudents, que vous auriez contractés .

Souvenez-vous alors d'Alexis et de  (très) longue lettre ..de rupture adressée à Monique, ainsi conclue:

"J'avais pris envers vous d'imprudents engagements que devait protester la vie: je vous demande pardon, le plus humblement possible, non pas de vous quitter, mais d'être resté si longtemps.

Lausanne, 31 août 1927 - 17 septembre 1928."

Un texte asséné en son édition Folio d'un judicieux Coup de Grâce  

  • Alexis ou le Traité du Vain Combat, suivi de Le coup de Grâce, Marguerite Yourcenar, romans, Ed. Au Sans Pareil, 1929 (Alexis) et Gallimard 1939 (Grâce), - Folio N° 1041, sept. 2016, 254 pp [abrév. Folio 1041]

13 février 2018

Le cahier rouge des plus belles lettres de la langue française

cahier rouge.jpg Nous vous reviendrons sur le contenu et quelques lettres à épingler de ce précieux carnet rouge. Pour l'heure, voyons rouge ...amour et pointons cette gourmandise, signée Juliette Drouet. Son amant, le célèbre Victor Hugo, lui aurait posé un lapin. Cela ne se fait pas. Juliette le .. gourmande.

La lettre est datée du 18 décembre 1839

  Oh! par exemple, mon Toto, voilà un tour pendant que vous venez de me jouer avec votre petit air St Nitouche: me faire habiller, me faire mettre en quatre pour être prête en même temps que vous et vous me laissez là. Toto,
Toto, lajoue vous démange mon amour et j'ai bien envie de vous la gratter avec un bon baiser orné de griffes et de dents. Je suis furieuse contre vous. C'est très mal à vous d'attraper une pauvre femme confiante qui ne vous
a jamais fait de mal. Fi. Fi. Fi. Il faudra que vous veniez diantrement déjeuner cour sur coup pour vous faire pardonner la cacafouille de tout à l'heure. Aussi vous ne serez pas nommé demain, ce sera Casimir qui le sera. C'est bien fait et je vous tire la langue ainsi que vous voyez.

 

Toto ne l'a pas volé, vous en conviendrez

Le cahier rouge des plus belles lettres de la langue française, anthologie constituée par Arthur Chevallier, Ed. Grasset, nov. 2017, 250 pp

06 février 2018

André Breton - Correspondance avec Tristan Tzara et Francis Picabia

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La recherche d'une esthétique nouvelle, au sortir de la Grande Guerre, va susciter les élans d'amitié d'un André Breton (1896-1966), jeune et fougueux envers le "dadaïste"  roumain Tristan Tzara (1896-1963), son contemporain,  et le peintre-  poète Francis Picabia (1879-1953), son aîné.

Si les lettres demeurent assez policées pour ces hommes qui "avaient dada au coeur" - ils auraient pu davantage s'éclater dans leur correspondance - elles révèlent, de façon éloquente, débats à l'appui, la constitution du mouvement dada et les prises de distances postérieures.

Tel un Emile Zola, André Breton est fédérateur d'amitié et d'échanges artistiques. Il n'hésite pas à placer ces derniers sur un plan affectif déclaré, parfaitement assumé.

"Vous savez que vos lettres sont ce qui m'arrive de meilleur"  affirme André Breton à Tristan Tzara ( 8 nov. 1919) 

 Dûment annotés et mls en perspective par Henri Béhar, les échanges entre Breton et Tzara s'étalent sur une période de  plus de quinze ans  - de début 1919 à  fin 1934. Ils sont suivis par la correspondance échangée entre Breton et Picabia, de fin 1919 à mai 1924.

André Breton - Correspondance avec Tristan Tzara  et Francis Picabia 1919-1924, présentée et éditée par Henri Béhar,  Ed. Gallimard, déc. 2017, 256 pp

 

 

30 janvier 2018

Mardi-tes-moi, Fély

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  J'évoquai, il y a peu et plus précisément, le 2 janvier, une lettre de Charles Baudelaire à Félicien Rops (ci en portrait) 

Ce dernier, artiste renommé - peintre, illustrateur, aquafortiste - était aussi prolixe épistolier.

N'avait pas son pareil pour solliciter l'indulgence de ses amis, correspondants, ...

Telle cette belle formule, adressée au juriste - écrivain Edmond Picard (1836-1924) en une lettre datée de septembre 1879. Je vous la livre, elle peut servir.

Excusez moi & trouvez encore quelqu’indulgence en votre amitié.

Je suis comme la Lesbos de Baudelaire :

Je tire mon pardon de l’excès de mes fautes !

 

Nous reviendrons, of course, amplement, sur la correspondance d'un artiste de génie

Apolline Elter

S: www.ropslettres.be 

23 janvier 2018

De Marguerite Yourcenar à Henry de Montherlant: la fève sur le gâteau

Lettres à ses amis et à quelques autres.jpgMar-dites-moi, Henry de Montherlant

Notre rendez-vous épistolaire du mardi, se dote, ce jour, d'un très beau rendez-vous.

Nous le devons à Henri de Meeûs, spécialiste de l'oeuvre  et de la vie de l'écrivain Henry de Montherlant (1895- 1972)

Je vous engage à découvrir le site consacré au célèbre académicien www.montherlant.be et la magnifique lettre que Marguerite Yourcenar lui adresse en date du 6 janvier 1969: 

" Votre lettre reçue ce matin aura été pour moi la fève du gâteau des rois. (...)

La suite, vous la savourerez en cliquant sur le lien: http://www.montherlant.be/article-133-yourcenar.html

Henri de Meeûs, soyez vivement  remercié pour cette très merveilleuse "épisto-piste" extraite de :  

 Marguerite Yourcenar – Lettres à ses amis et quelques autres, Edition établie, présentée et annotée par Michèle Sarde et Joseph Brami, Ed. Gallimard,  mars 1995, 724 pp

 

 

16 janvier 2018

Lettres à Dominique Rolin

product_9782070197613_195x320.jpgPhilippe Sollers a vingt-deux ans quand il rencontre,  le 28 octobre 1958, notre compatriote, Dominique Rolin (1913- 2012)  Cette dernière a quarante-cinq ans, elle est veuve, depuis plus d'une année, de Bernard Milleret.

Un amour passionné, total, absolu unit dès lors les deux écrivains, qui ne passera pas par la case 'mariage"  Quand ils ne se retrouvent à Paris - en l'appartement de la rue Verneuil, où vit Dominique Rolin - ou à Venise,  les amoureux s'écrivent.  Leur riche correspondance, entre 1958 et 2008,  s'élève à des milliers de lettres  - il leur arrivait de s'écrire plusieurs fois sur une même journée, après  ..échanges téléphoniques. Elle fut acquise en 2013 par la Fondation (belge)  Roi Baudouin et fait l'objet d'une édition prévue en trois volumes, auprès des éditions Gallimard.

Le premier volet de cette trilogie rassemble 256 lettres écrites de la plume de Philippe Sollers, entre 1958 et 1980. On peut regretter le parti-pris de sens unique, attendre avec ferveur le volume suivant qui contiendra les lettres de Dominique Rolin, mais il faut admettre que cette dernière est déjà présente en filigranes, attributaire d'un amour incandescent, vital  dans le chef de Philippe Sollers.

 

" (...)il n'y a que toi qui me retienne de ce côté-ci de la vie " s'exclame-t-il fin février 1962

Présente en filigranes aussi dans les réactions "sollersiennes" à ses lettres, dans leurs échanges intellectuels,  et dans la construction de l'esthétique que l'écrivain expose à son âme soeur.  Et c'est là un grand intérêt du recueil, que de voir Philippe Sollers affirmer ses positions, ses postures d'écrivain, à la veille, notamment, de publier Le  Drame, lui dédié.

" Tu ne peux pas savoir combien et à quel point je t'aime. C'est effrayant".

C'est assez exaltant...

A Elter

 Philippe Sollers - Lettres à Dominique Rolin 1958-1980 - Edition établie, présentée et annotée par Frans De Haes, Ed. Gallimard avec le soutien de la Fondation Roi Baudouin,  oct. 2017, 392 pp

09 janvier 2018

Vous avez dit "enveloppe"?

 
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Dans la postface de son roman, Jean-Christophe Rufin évoques les Mémoires et Voyages, rédigés par Auguste Benjowski et comment il en a traité la matière :

"Au fond, il nous a livré une enveloppe.

Libre à chacun d'y glisser ce qu'il veut.

J'ai respecté cette enveloppe "

 Le tour du monde du roi Zibeline, Jean-Christophe Rufin, roman,  texte intégral u par Caroline Breton, Pierre-François Garel et Mathurin Voltz, Ed Gallimard, Ecoutez lire, nov.2017 1 CD MP3 , durée d’écoute : +/- 9h

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05 janvier 2018

En cet an neuf + 9, le Pavillon met les bouchées doubles

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S'il est, ces jours, revêtu davantage d'un ciré de pluie, fracassé de la chute intempestive d'une branche assassine - voir notre billet navré de la semaine passée  - votre  Pavillon est bien résolu à ne point se laisser abattre. Il a décidé de mettre les bouchées doubles, en cette année nouvelle,  et de multiplier les tables longues et les rencontres d'actualité littéraire, de correspondance d'écrivains et de génies.

Partant, il portera focus, l'année durant, sur les correspondances de:

- Emile Zola ( janvier) 

- Marguerite Yourcenar ( de janvier à mars)

- Félcien Rops, à partir du mois d'avril

La rentrée de septembre - mais oui, déjà elle frappe au pavillon... de notre ouïe-  portera attention sur les correspondances de: 

- Charles Baudelaire 

- Alexandra David-Néel  octobre fête les 150 de la naissance de l'illustre exploratrice)

- Guillaume Apollinaire  dont du décès, célébrerons le centenaire.

 Il vous est loisible, recommandé,  de constituer un comité (6 à 10 participants) et de vous inscrire à un cycle de quatre rencontres ou d'une rencontre ponctuelle sur thème concerté.

A cette fin, veuillez me contacter (via l'onglet du blog ou le Facebook  attachant, lié  au Pavillon de la Littérature

Je vous souhaite un bel an neuf +9

Apolline Elter 

 

02 janvier 2018

Mardi-tes-moi, Charles

Le mardi est jour de correspondance sur votre blog préféré

2018 ne va pas y déroger

Aussi, si vous souffrez quelque paresse à établir votre courrier

Songez à l'ami Charles (Baudelaire) pour vous justifier...

 

 

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A FELICIEN ROPS

                                                                                        Bruxelles, 1er Janvier 1866.

                          Mon cher Rops,

       J’avais juré cette année de protester, par une vigoureuse abstention, contre l'usage des cartes du Jour de l'An, et vous êtes déjà le second ami, aujourd'hui, qui m'oblige à me contredire.

   Avez-vous donc besoin de ma carte pour deviner que je ne vous vous oublie pas,  et que je désire pour vous mille prospérités ?

   Présentez, je vous prie, mes respects bien affectueux à votre beau-père et à Madame Rops.

   En voyant votre nom, j’ai d’abord supposé que vous étiez à Bruxelles. Mais je suis parvenu à déchiffre le timbre Namur.

   Qu’est devenue la Danse macabre ?

   Tout à vous.

S: https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Baudelaire_-_Lettres_1841-1866.djvu/490

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31 décembre 2017

Une lettre - madeleine de Nouvel An

Lettres à ses amis et.jpgJe ne vois pas plus idoine façon de clôturer 2017 que de reproduire la missive exquise que Marguerite Yourcenar ( 1903-1987) adresse à Claude Gallimard, voici tout juste soixante ans. 

La célèbre écrivain nous quittait, voici trente ans, le 17 décembre 1987

Elle nous offre par cette lettre, une percée sur une madeleine proustienne - celle du chocolat de son enfance - ainsi qu'un très beau modèle de carte de voeux et de remerciements

Que la nouvelle année vous soit aussi délicieuse.

 

 

 

A CLAUDE GALLIMARD

Petite Plaisance
Northeast Harbor
Maine USA

31 décembre 1957

Cher Monsieur,

 

   Tous mes remerciements pour vos bons vœux et pour la noble boîte de chocolats aux armes de la N.R.F., si inattendue et littéralement  tombée du ciel. Elle m'apporte cette saveur particulière qui est  celle de Paris. Un de mes plus vieux souvenirs d'enfant est cette espèce  de solennité qui consistait à aller choisir avec mon père chez Boissier  les cadeaux de Nouvel An; l'étiquette de cette boîte m'a fait l’effet  d'une «petite madeleine ».

    Croyez, je vous prie, à mes meilleurs vœux pour 1958 ainsi qu'à expression de mes très sympathiques souvenirs,

                                                                                               Marguerite Yourcenar

Marguerite Yourcenar – Lettres à ses amis et quelques autres, Edition établie, présentée et annotée par Michèle Sarde et Joseph Brami, Ed. Gallimard,  mars 1995, 724 pp

 

 

 

16 décembre 2017

Marguerite Yourcenar - Croquis et Griffonnis

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 Marguerite Yourcenar annotait volontiers ses écrits - de quelque nature qu'ils fussent -  d'observations diverses, de dessins..  Ce qu'on appelle ses marginalia. 

 

 Une base de comparaison avec les dessins de Marcel Proust, ceux de Jean Cocteau et, dans le chef des cours que nous dispensons,  ceux que les artistes Félicien Rops et René Magritte introduisaient dans leur courrier.

Spécialiste de la littérature anglo-saxonne (Brontë, Wilkie Collins, …) -  elle enseigne à Harvard - l'Américaine Sue Lonoff de Cuevas s'est penché sur ces "griffonnis" , non pour leur qualité artistique - soulignons qu'il y en a de très beaux  - mais pour les valeurs symboliques qu'ils véhiculent et les précieux (r)enseignements littéraires et biographiques de ce "journal graphique

"  Pourquoi (...) leur accorder cette importance? Parce qu'ils peuvent éclairer ses centres d'intérêt, élargir le champ de ce que nous savons de ses préoccupations, apporter des clés sur ses méthodes de travail, ses premiers jets et leurs corrections,  et même inciter des lecteurs à reconsidérer leurs  hypothèses à propos de son œuvre. Au-delà des implications sur son écriture, ces dessins offrent une base de comparaison."

Si l'on peut évoquer pour ces derniers le concept de Mail-Art, d'art épistolaire, ce n'est pas le cas pour Marguerite Yourcenar : ses illustrations visent davantage ses manuscrits, tapuscrits, dédicaces .. que son courrier proprement dit.

N'empêche, c'était chez elle une vraie manie que de tout annoter 

A travers ses dessins, l'ordonnance esthétique, calligraphique, ....et même créative -  songeons à cet abat-jour décoré de textes -  de ses productions graphiques, c'est l'inconscient de Marguerite Yourcenar que nous pénétrons. Au-delà du simple enseignement sur sa méthode de travail, nous est offerte une fenêtre sur son âme. Il serait dommage de s'en priver , d'autant que l'écrivain en jaillit plus humaine, moins académique.

Nous nous pencherons - la découverte de l'essai nous y invite - sur l'évolution graphologique de son écriture.  L'étude procédera de la même logique

 

Apolline Elter 

Marguerite Yourcenar – Croquis et griffonnis, Sue Lonoff de Cuevas, essai traduit de l’américain par Florence Gumpel, Ed. Le Promeneur, novembre 2008,  192 pp

15 décembre 2017

Question de style

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Dans son étude  «  De la pragmatique du courrier à la poétique de la lettre dans la correspondance de Marguerite Yourcenar » ,  Bruno Blanckeman souligne:

 « (…)par-delà sa fonction première de communication, le feuillet épistolaire est engagé en sa qualité même de trace bio-intellectuelle dans un processus de création littéraire auquel il n'est pas extérieur.

Nous ne pouvons que souscrire à cette assertion...

Les styles de Marguerite Yourcenar – Textes réunis et présentés par May Chehab , collectif,  Société internationale des études yourcenariennes, Clermon-Ferrand, 2015, 290 pp

 

06:05 Publié dans L'Epistolière | Commentaires (0) |  Facebook |

14 décembre 2017

Hospitalité paradoxale

 Marguerite Yourcenar cultivait certaines amitiés, guère les mondanités. Ce n'est pas lui faire offense que de le constater. Elle avait du reste la brouille assez aisée.... Rappelons-nous son courroux de se voir déranger en son antre par Elvire de Brissac, jeune écrivain en 1977  et surtout , crime de lèse- courtoisie, de découvrir la description peu amène que son invitée indélicate opérera  de Grace Frick, sa compagne.

D'aucuns sont plus discrets, plus modestes, tel le Canadien Yvon Bernier, véritable aficionado de l'écrivain qui, se rendant à Monts-Déserts, n'ose signaler sa présence à son idole.  Il le lui signifie après son séjour de 1974 dans les parages. Marguerite Yourcenar l'en gourmande aussi gentiment qu'elle l'en félicite. Ils deviendront amis à vie.

  Yvon Bernier et MY.jpg

«  Je ne puis trop vous dire combien j'ai apprécié les sentiments de discrétion et de véritable modestie (pour moi suprêmes vertus, en quoi je ne suis pas d'accord avec mon siècle) qui vous ont incité à ne pas me faire signe pendant votre séjour à Northeast Harbor où vous étiez pourtant venu voir "mon décor". [ ... ] Néanmoins, puisque vous aviez pris la peine de venir, j'ai un peu regretté que vous ne m'ayez pas donné un coup de téléphone. Nous aurions trouvé le temps d'un moment de conversation et d'une tasse de thé ou d'un verre de bière au jardin-.»

 Extrait de Marguerite Yourcenar, Archives d’une vie d’écrivain,  Achmy Halley, beau livre, catalogue d’exposition, Ed. Snoeck, nov. 2015, 120 pp