05 mai 2013
Une personnalité riche et rare

"Anthony Caro m'a dit un jour: vous êtes comme un homme de la Renaissance! Je me suis senti très flatté"
En effet, Bruno Durieux, maire de Grignan, ancien Ministre, Président du CNCCEF (Comité national des Conseillers du commerce extérieur de la France), musicien, sculpteur , Président fondateur du Festival de la correspondance de Grignan , époux, père de famille ... est une personnalité rare et chaleureuse, naturellement intime de l'excellence.
Je ne vous cache pas mon admiration.
A l'occasion de notre "High Tea" dominical, je vous propose une rencontre virtuelle avec lui et la lecture du superbe portrait que lui consacre Nathalie Marchal dans votre Eventail de mai....
Radieuse fin de week-end
AE
Copyright photo: CNCCEF
17:00 Publié dans Festival de la Correspondance de Grignan, High Tea dominical, L'Epistolière, L'Eventail | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |
03 mai 2013
L'Eventail de mai - Grignan - Toscane française

Chers, très estimés visiteurs,
La couverture, la thématique de L'Eventail de mai, vous donnera la mesure de l'allégresse qui me saisit, ce matin, et que je veux de toute urgence partager avec vous.
Pleins feux, pas moins de 30 pages, sont consacrés à la "Toscane française", Grignan, sa région, son festival, .. terroir de découvertes littéraires et gastronomiques saisissantes.
Rencontre avec Bruno Durieux, Maire de Grignan, ancien Ministre d'Etat, .., interview de Claire Chazal, marraine du Festival de la correspondance et programme extraordinaire de ce dernier, consacré, pour sa 18e édition, aux Lettres d'Amérique, des surprises et des articles magiques...
Une thématique qui m'est très chère.
Une région vraie, riante et accueillante, à découvrir absolument si ce n'est déjà fait, tant il est vrai que beaucoup de Belges y ont déjà ancré leur coeur.
Je ne vous en dis pas plus ce jour: guettez le facteur, bienheureux abonnés ou réservez votre exemplaire en kiosques et librairies - rupture de stock entamée - inscrivez-vous sans tarder au traditionnel petit déjeuner de L'Epistolière (détails dans l'article consacré au Festival et inscription exclusive par le magazine) . Il aura lieu, le mercredi 3 juillet, autour de Bruno Durieux, notre invité d'honneur.
Notre week-end entier sera consacré à cet événement extraordinaire - vos commentaires sont plus que bienvenus (par le biais du blog, du courriel ou sur le site du magazine)
Comme un bonheur arrive rarement seul, je vous invite aussi à participer, le jeudi 23 mai, au déjeuner littéraire, organisé autour d'Armel Job et de son roman, Le bon coupable (Ed. Robert Laffont) au siège de L'Eventail. Ne tardez pas, les inscriptions sont ouvertes qui seront prises d'assaut.
Votre bienheureuse Apolline Elter
28 février 2013
François Mauriac - Correspondance intime
" L'oeil était noir, perçant. Il voyait tout d'abord ce qui n'allait pas. (...) François Mauriac écrivait de miel auprès de ce qu'il modulait de sa voix blessée"
Dans Histoire de ma vie ( Ed. Gallimard, janvier 2013 - voir chronique d'hier sur notre blog) Françoise Giroud brosse de l'illustre écrivain un portrait pétri d'admiration et ...de terreur : "La dent était dure. A l'entrendre broyer les autres - ceux qu'il aimait, veux-je dire - , je préférais ne pas imaginer de quelle formule il m'habillerait pour l'éternité si par malheur mon nom lui venait aux lèvres."
Une belle invitation - s'il en fallait - pour nous pencher sur la correspondance intime et la publication de lettres inédites à ce jour, patiemment rassemblées par sa bru, Caroline Mauriac, au lendemain du décès de l'écrivain, le 1er septembre 1970.
Récemment décédée, Caroline Mauriac "guidée par une véritable passion pour l'homme et pour l'oeuvre" avait traqué, au départ des lettres conservées par son beau-père le nom de ses correspondants. Partant, elle avait récupéré nombre de lettres qui leur furent adressées. Elle nous offre de la sorte un florilège riche d'un millier de missives, étalées sur une période de 70 ans, de 1898 à 1970, parmi lesquelles les noms de Maurice Barrès, Henri Bergson, Gilbert Cesbron, Albert Camus, le Général de Gaulle, Paul Claudel, Georges Duhamel, Julien Green, Henry de Montherlant, Marcel Proust, Anna de Noailles et Françoise Giroud ..côtoient ceux de la famille, en un monument de style - maîtrisé, tonique, tranchant - et de sincérité.
Nul doute que cet épistolier majeur a inscrit en sa correspondance les clefs d'une personnalité complexe, ambigüe, exigeante,ironique, passionnée, aimante, ...singulièrement attachante, les clefs de son âme, en quelque sorte
AE
François Mauriac, Correspondance intime. Réunie et présentée par Caroline Mauriac, Ed Robert Laffont, coll. Bouquins, 756 pp
06:53 Publié dans Correspondance d'écrivains, Les chroniques d'Apolline Elter | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |
13 février 2013
George (Sand) ou l'art de rompre
Quand il est encore temps......
Poursuivons notre thématique valentine par un extrait sublime, lettre datée du 12 mai 1834, qui voit George Sand tenter de changer en amitié, les liens orageux intenables qui consacrent la fin de sa liaison avec Alfred de Musset.
" Non mon enfant chéri, ces trois lettres ne sont pas le dernier serrement de main de l'amante qui te quitte, c'est l'embrassement du frère qui te reste. Ce sentiment-là est trop beau, trop pur, et trop doux, pour que j'éprouve jamais le besoin d'en finir avec lui. Es-tu sûr, toi mon petit, de n'être jamais forcé de rompre? Un nouvel amour ne lte l'imposera-t-il pas comme une condition? Que mon souvenir n'empoisonne aucune des jouissances de ta vie, mais ne laisse pas ces jouissances détruire et mépriser mon souvenir. Sois heureux, sois aimé. Comment ne le serais-tu pas? Mais garde-moi dans un petit coin secret de ton coeur et descends-y dans tes jours de tristesse pour y trouver une consolation ou un encouragement."
O mon George, ma belle maîtresse - Alfred de Musset - George Sand, Folio 2 €, janvier 2011
07:19 Publié dans Correspondance d'écrivains, George Sand | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |
12 février 2013
Lettres au marquis de Sévigné
€
Après le point de vue de la marquise - voir notre extrait d'hier - penchons-nous sur celui de sa chère rivale, Ninon de Lenclos, experte déclarée en matière d'amour.
La célèbre romancière, épistolière et grande prêtresse de l'Amour avait trois sortes d'amants: les martyrs, les payeurs et les caprices; ces derniers, les plus chanceux, recevaient leçons et faveurs sans se ruiner (je n'oserais dire, sans bourse manier)
Quant au caprice féminin, notre chère agrégée a théorie précise sur le sujet. Et de rétorquer à l'assertion de La Bruyère que "le caprice était dans les femmes tout près de la beauté pour être son contre-poison" :
" Je combattis cette opinion avec tant de vivacité, qu'on put aisément reconnaître que la maxime contraire était mon sentiment, et je suis en effet très persuadée que le caprice n'est près de la beauté que pour en ranimer les charmes, pour les faire valoir, pour leur servir d'aiguillon et d'assaisonnement." (Lettre IV)
Le débat est ouvert
Ninon de Lenclos. Lettres au marquis de Sévigné ou l'Art de se faire aimer , L'Arche, sept 1999, 160 pp, 15,
06:04 Publié dans L'Epistolière | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |
11 février 2013
LA passion amoureuse. LE point de vue de la Marquise
"Vous me demandez les symptômes de cet amour. C’est premièrement une négative vive et prévenante ; c’est un air outré d’indifférence qui prouve le contraire ; c’est le témoignage des gens qui voient de près, soutenu de la voix publique ; c’est une suspension de tout le mouvement de la machine ronde ; c’est un relâchement de tous les soins ordinaires pour vaquer à un seul ; c’est une satire perpétuelle contre les vieilles gens amoureux :« Vraiment, il faudrait être bien fou, bien insensé. Quoi, une jeune femme ? Voilà une bonne pratique pour moi ! cela me conviendrait fort ! <J’aimerais mieux m’être rompu les deux bras> "A cela on répond intérieurement : « Eh oui, tout cela est vrai, mais vous ne laissez pas d’être amoureux. Vous nous dites vos réflexions, elles sont justes, elles sont vraies, elles font votre tourment, mais vous ne laissez pas d’être amoureux. Vous êtes tout plein de raisons, mais l’amour est plus fort que toutes les raisons. Vous êtes malades, vous pleurez, vous enragez, et vous êtes amoureux."
Paris, mercredi 9 mars 1672
Extrait de Madame de Sévigné - Correspondance (I) (mars 1646-juillet 1675) - texte établi, présenté et annoté par Roger Duchêne, Gallimard, La Pléiade (1972)
07:00 Publié dans L'Epistolière, Les lundis de la marquise | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |
05 février 2013
Lettres d'Amérique
Clairement planifié, le suicide conjoint de Stefan et Lotte Zweig, le 22 février 1942, a bouleversé, au-delà de l'entourage proche, ce Brésil qui fut leur terre d'accueil et les innombrables lecteurs de l'écrivain de génie.
La publication de lettres que le couple écrivit, à deux plumes, principalement à Manfred Altmann, frère de Lotte et son épouse Hannah, de 1940 à 1942, révèle les états d'esprit successifs de gratitude et d'abattement qui étaient leurs.
Conscient et coupable de la vie privilégiée qu'il connaissait au Brésil, loin de la guerre que se livrait l'Europe et de ses repressions antisémites, le célèbre écrivain, "épistolier invétéré", se tourmentait continuellement pour ses proches restés en Europe.
L'isolement que s'imposa le couple, le retrait progressif des mondanités et de l'accès à la culture, les violentes crises d'asthme de Lotte, la morosité inattendue de l'hiver brésilien, la perspective "terrifiante" du soixantième anniversaire de Stefan, les nouvelles désastreuses concernant le conflit armé, leur impuissance à aider leurs proches, l'aliénation ressentie.....eurent raison de leur dernière confiance en la vie.
Du Brésil et de Petropolis qui fut leur dernière demeure, mais aussi d'Argentine et de New York où le couple séjourna de janvier à août 41, les lettres révèlent le quotidien du couple, leur altruisme, l'élégance généreuse et courtoise de Stefan Zweig et le tempérament de Lotte si injustement occulté par la postérité.
Le recueil se referme sur les lettres du 21 février et l'hommage que leur rendit leur voisin et ami, le Docteur Ernest Feder.
Un témoignage poignant.
AE
Stefan et Lotte Zweig - Lettres d'Amérique - New York, Argentine, Brésil 1940-1942, Edition établie et préfacée par Darién J; Davis et Olivier Marshall - traduit de l'anglais par Adrienne Boutang et Baptiste Touverey, Grasset, novembre 2012, 306 pp, 22 €
06:30 Publié dans Correspondance d'écrivains, L'Epistolière, Les chroniques d'Apolline Elter | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |
22 janvier 2013
Une lettre après l'autre avec Madame de Sévigné
C'est à une relecture de lettres de la célèbre Marie de Sévigné, éclairée des travaux de recherche et d'érudition entrepris avec son mari, feu le Professeur Roger Duchêne, que Jacqueline Duchêne nous convie.
Une invitation gracieuse puisqu'il suffit de rélécharger sur votre IPad (équipé d'Ibooks, téléchargeable tout aussi gracieusement) l'ouvrage que vous obtiendrez sous le lien : https://itunes.apple.com/fr/artist/jacqueline-duchene/id5....
Soustraites à leur chronologie, les lettres sont prétextes à de brillantes analyses, telle la relation de la fameuse lettre du vendredi 6 février 1671, qui consacre le début d'une correspondance de 25 ans, entre la marquise et sa fille, Françoise de Grignan.
"Dès la première lettre, le pli est donc pris"
Mère éplorée, aimante, moqueuse - vis-à-vis de Charles -, belle-mère, gazetière, "patronne des journalistes", estivante, percluse de rhumatismes, curiste, spectatrice passionnée des pièces de Molière..... la marquise est présentée sur plusieurs de ses nombreuses faces. L'on découvre aussi la place importante de ses écrits auprès de la postérité et notamment les nombreuses références que fait le célèbre dictionnaire Littré aux lettres de la marquise. Le point, évidemmment, sur les différentes éditions des célèbres lettres et le travail d'érudition mené par les époux Duchêne pour offrir une édition de la Pléiade ( 3 volumes édités entre 1973 et 1978 - réédités en 2005) la plus conforme possible aux écrits d'origine.
Un éclairage passionnant que je vous invite à télécharger sans tarder
Une lettre après l'autre avec Madame de Sévigné, Jacqueline Duchêne, Orphéus Books, janvier 2013, 172 pp (téléchargement gratuit)
06:42 Publié dans L'Epistolière, Les chroniques d'Apolline Elter | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |
10 janvier 2013
A l'origine du savoir-faire épistolaire de Mme de Sévigné. Les lettres de l'année 1671

Conçu comme un cours magistral, suivi d'exercices et de leurs résolutions, l'opus de Cécile Lignereux, maître de conférences à l'Université Stendhal - Grenoble 3, analyse avec une précision scientifique précieuse le "protocole épistolaire singulier" mis en place par la marquise dans son commerce avec sa chère fille, Françoise de Grignan, lors de leur première année de séparation, à savoir 1671.
S'affranchissant sagement du carcan formel de l'époque - en pleine mutation du reste - la marquise entend imprimer à ses missives la relation authentique de ses sentiments. Elle sait aussi qu'elle doit en modérer l'expression pour ne pas indisposer Françoise.
S'inspirant des codes d'amitié du Tendre - chers à Madeleine de Scudéry - la marquise tente d'instaurer, au-delà de la relation biologique mère-fille, une certaine égalité dans leurs rapports. Elle adopte une "identité discursive parfaitement adaptée à sa destinataire" espérant que cette dernière, en retour, adoptera son style, les mêmes codes d'écriture.
Plutôt empirique, cette régulation de la communication se décline en une série de tournures, d'effets et accidents syntaxiques.. que la marquise assume, quoi qu'elle en dise, avec une joyeuse confiance en son talent. L'espace épistolaire devient ainsi celui d'une intimité recouvrée.
Par cette analyse...magistrale, Cécile Lignereux justifie la pérennité d'une correspondance, au départ, privée..
AE
A l'origine du savoir-faire épistolaire de Mme de Sévigné. Les Lettres de l'année 1671, Cécile Lignereux, cours, Presses universitaires de France & Centre national d'enseignement à distance, octobre 2012, 160 pp, 19,5 €
06:46 Publié dans L'Epistolière, Les chroniques d'Apolline Elter | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |
18 décembre 2012
Sido - Lettres à Colette
Parmi les belles parutions de cette fin d'année, réjouissons-nous de l'édition, par Gérard Bonal, de quelques 400 lettres que Sidonie Landoy - la fameuse "Sido", mère de Colette - envoya à sa fille, de 1903 à 1912, année de son décès.
Si la célèbre romancière a puisé dans la correspondance de sa mère pour retranscrire certaines lettres dans ses romans - voir La Naissance du jour, notamment - quitte à en dénaturer le sens, elle a aussi créé un mythe de sa personnalité, qu'il est intéressant de confronter à la vraie tonalité de ses écrits.
"Sido écrit facilement, vite, labourant son papier de grandes balafres énergiques, boucles des D, barres des T, l'écriture penchée d'une dame du XIXe siècle: (...)"
Mère attentive, affectueuse, interventionniste, sévignéenne par moments, Sido cultive dès sa jeunesse - bruxelloise..! - cette culture littéraire et musicale, cette ouverture d'esprit et même libre-pensée qu'elle transmettra à sa fille cadette.
Et puis, surtout, la surprise majeure de ce recueil est de constater que si Sido écrit dans l'urgence de l'instant, de sa spontanéïté, négligeant quelque peu l'orthographe et la ponctuation, ... elle le fait bien et même très bien.
Bon sang ne veut décidément mentir!
AE
Sido. Lettres à Colette (1903-1912) suivies de vingt-trois lettres à Juliette, Texte établi, présenté et annoté par Gérard Bonal, Ed. Phébus, septembre 2012, 568 pp, 25 €
07:05 Publié dans Correspondance d'écrivains, L'Epistolière, Les chroniques d'Apolline Elter, Rentrée littéraire | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |
15 décembre 2012
Lettres du dimanche
Est-il besoin de vous expliquer pourquoi nous publions, ce jour, le billet...
Il est encore temps de rejoindre le Musée des lettres et manuscrits de Bruxelles et la dernière table ronde que j'animerai en 2012, consacrée à la correspondance d'Antoine de Saint-Exupéry.
Notre HIgh Tea dominical infusera, de même, un extrait du recueil, paru en 2001.

Lorsqu'Antoine (de Saint-Exupéry) rejoint Alger, au printemps 1943, il fortifie, d'une séparation douloureuse, les liens qui l'unissent à Consuelo. Cette dernière prend le... pli, de lui adresser une missive chaque dimanche - qu'elle n'enverra pas - sorte de journal qu'elle lui lira à son retour. Las, le pilote jamais ne reviendra. Consuelo abandonne la tenue du journal quelques mois après la confirmation officielle du décès de son mari; elle le reprend en 1951. Impatience (du retour), angoisse (du non-retour), vérité de l'amour s'expriment sous forme d'un dialogue fictif, truffé de menus propos.
- " Il me semble, oui, que quand je t'écris ainsi, je sauve quelques parcelles du beau et du bon que tu m'as confiés en dépôt." (juillet 1943)
- " Je suis bien récompensée de vous avoir dit oui. Je suis vôtre. Et je continue à être votre compagne de toutes les heures. Habillée d'un manteau brodé de larmes, je pense toujours à vous." été? 1943
Des lettres qui traduisent aussi l'inconfort matériel de l''incertitude: " C'est toujours encombrant , la femme d'un homme porté disparu, c'est quelqu'un qui n'est pas en ordre, avec lequel on ne peut pas traiter comme une vulgaire veuve. On n'a pas le droit d'être tout à fait triste ni en deuil et on ne doit pas non plus rire ni embrasser les dernières feuilles de l'automne. Je me sens rejetée comme un objet perdu. Je me dis que je suis aussi perdue que toi mais qu'on finira bien par se retrouver."
Lettres du dimanche, Consuelo de Saint-Exupéry, préfacées d'Alain Vircondet, Plon, 2001, 186 pp
05:32 Publié dans Correspondance d'écrivains, L'Epistolière | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |
29 novembre 2012
An open Letter to Frenchmen everywhere

L'Histoire a de criants accents d'actualité.
Il y a 70 ans, jour pour jour, Antoine de Saint-Exupéry, publiait dans le New York Times, une longue lettre ouverte, appelant les Français, gaullistes et pétainistes, à mettre de côté leurs dissensions, au seul profit du salut de la France. Le message ne sera guère entendu de ses compatriotes...
Ci-dessous, l' extrait d'un texte long de 6 pages. Je vous invite à en poursuivre la lecture, par simple quête Internet...
"Nos litiges valaient-ils nos haines ? Qui peut jamais prétendre avoir absolument raison ? Le champ visuel de l'homme est minuscule. Le langage est un instrument imparfait. Les problèmes de la vie font éclater toutes les formules. Nous étions tous d'accord sur notre foi. Nous souhaitions tous sauver la France. Mais il se trouve que sauver la France c'était sauver la France dans son esprit et dans sa chair. Que vaut l'héritage spirituel s'il n'est plus d'héritiers ? A quoi sert l'héritier si l'Esprit est mort ?"
(NY Times, 29.11.1942 - Le Canada de Montréal, 30.11.1942)
06:19 Publié dans Correspondance d'écrivains, L'Epistolière | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |
27 novembre 2012
Verlaine emprisonné

Ca c'est passé près de chez nous....: le 10 juillet 1873, à Bruxelles, Paul Verlaine, 27 ans, blesse de deux balles de revolver son ami et amant, Arthur Rimbaud, âgé de 17 ans à peine. Le couple avait passablement bu et s'était querellé toute la journée. Les choses en seraient peut-être restées là - Arthur n'aurait pas déposé plainte - si son aîné n'avait récidivé....utilisant à nouveau contre lui l'arme qu'il avait acheté le matin, aux fins de se suicider, auprès de l'armurier Montigny, de la galerie de la Reine...
S'ensuivra un séjour de 555 jours en nos belges prisons, une peine purgée plus pour le délit d'homosexualité ( et même de pédérastie puisqu'Arthur Rimbaud est mineur) que pour l'emploi du revolver. Un emprisonnement qui permettra, paradoxalement, au poète de se libérer de certains démons intérieurs, notamment de sa dépendance à l'alcool.
Publié à l'occasion des expositions "Verlaine emprisonné" de Bruxelles 2012 et Paris 2013 (voir le billet d'agenda de vendredi 23 novembre, consacré à l'exposition) auprès des éditions Gallimard, l'ouvrage de Jean-Pierre Guéno et de Gérard Lhéritier est tout simplement ..magistral.
Focalisé sur le joyau que constitue le manuscrit de "Cellulairement", ensemble de poèmes rédigés en prison, acquis par le musée des lettres et manuscrits en 2004, l'ouvrage éclaire de façon précise les circonstances du drame, la chronologie des événements et l'impact qu'ils ont eu sur l'oeuvre et la pensée du poète maudit.
Rédigé par Jean-Pierre Guéno, le texte adopte le tutoiement, reflétant "cette fraternité des âmes que Paul Verlaine parvient à développer avec chacun de ses lecteurs". Un procédé que l'auteur avait déjà utilisé, du reste, dans la somptueuse Mémoire du Petit Prince, dédié à Antoine de Saint-Exupéry (Ed. Jacob -Duvernet, 2008)
De nombreuses pages manuscrites, issues des collections du musée des lettres et manuscrits et de la Bibliothèque royale de Bruxelles, illustrent le propos de manière tangible et poignante, épousent la scénographie de l'exposition, tandis que les photos, dessins et représentations picturales retracent les relations de Verlaine avec ses proches, l'atmosphère d'années marquées par un "psychodrame éthylique permanent."
"Ce n'est pas lui qui incarne une menace pour la société, mais la société qui représente un danger pour lui et fait de lui un tigre en cage"
L'hommage d'une plaidoirie plantée dans l'âme du poète.
AE
Verlaine emprisonné, Jean-Pierre Guéno et Gérard Lhéritier, Gallimard/Musée des Lettres et manuscrits, beau livre, novembre 2012, 244 pp, 29 €
10:00 Publié dans Correspondance d'écrivains, L'Epistolière, Musée des lettres et manuscrits, Rentrée littéraire | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |
04 novembre 2012
Madame Proust

" Elles partagent le même culte pour Mme de Sévigné dont Adèle cite des passages entiers au fil de la conversation. Or, qu'est-ce que la correspondance de Mme de Sévigné, sinon les lettres d'une mère passionnément éprise de sa fille - qui a eu l'instinct salvateur de partir vivre avec son mari à l'autre bout du pays? Cet extraordinaire monologue amoureux dont Jeanne et Adèle se repaissent est la mise en abyme de leurs propres sentiments maternels. Adèle, Jeanne et Marcel: variations autour de la dépendance entre mère et fille, mère et fils."
Madame Proust, Evelyne Bloch-Dano, biographie, Grasset, 2004, 384 pp
17:00 Publié dans High Tea dominical, Infusions, L'Epistolière | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |
03 novembre 2012
Madame Proust

.S'il est une vérité patente à la lecture de la biographie de Jeanne Proust, maman du célèbre écrivain, c'est que Marcel lui doit son avènement à l'écriture .
La relation fusionnelle qui unit le jeune Marcel à sa maman, a plusieurs motifs: l'enfant ne semblait guère viable à sa naissance, il contractera un asthme sévère, quelques années plus tard. Et puis, et surtout, en bonne mère juive, Jeanne Weil reproduit la relation qui l'unit elle-même, à sa maman, Adèle Berncastel.
Ces ferventes admiratrices de la marquise de Sévigné supportent mal d'être séparées de leur progéniture. En témoigne l'abondante correspondance qu'alimente Jeanne lorsque son fils chéri accomplit, en 1889, son service militaire. Une correspondance largement perdue hélas qui évoque par bien des aspects le chagrin de la marquise lors du départ de Françoise pour Grignan.
A travers ce portrait de Jeanne et du couple qu'elle forme avec Adrien Proust, médecin hygiéniste réputé, c'est la statut de Marcel qui est défini, celui d'enfant malade, assez immature dans ses relations familiales. C'est le portrait aussi d'une élite juive parisienne désireuse de s'intégrer à la " bonne société" par le biais du mariage.
Une lecture intéressante et riche.
AE
Madame Proust, Evelyne Bloch-Dano, biographie, Grasset, 2004, 384 pp
06:47 Publié dans Correspondance d'écrivains, Les chroniques d'Apolline Elter | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |



























































































































