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04 décembre 2017

Nos Litt & Lunchs des prix littéraires

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Notre deuxième cycle de présentation de la rentrée littéraire  de septembre met le focus sur la neige de prix tombée au mois de novembre.

Voici la liste des ouvrages présentés autour, au cours de nos tablées, depuis la mi-novembre. Je vous en souhaite bonne dégustation

 Côté romans:

  • Une mère, Stéphane Audeguy
  • Un certain M. Piekielny, François-Henri Désérable
  • Frère et sœur, Esther Gerritsen
  • La disparition de Josef Mengele, Olivier Guez
  • Tiens ferme ta couronne, Yannick Haenel
  • La serpe, Philippe Jaenada
  • Le sympathisant, Viet Thanh Nguyen
  • L’abandon des prétentions, Blandine Rinkel
  • Mécaniques du chaos, Daniel Rondeau
  • La vengeance du pardon, Eric-Emmanuel Schmitt
  • Les rêveuses, Frédéric Verger
  • L’ordre du jour, Eric Vuillard

   Essais – biographies – beaux livres

 

  • Gabriële, Anne et Claire Berest
  • Che Guevara- Le temps des révélations, Jean Cormier
  • Le rêve de ma mère, Anny Duperey
  • Une’Apparition, Sophie Fontanel
  • L’évêque Cauchon et autres noms ridicules de l’histoire, Bruno Fuligni
  • Yourcenar en images, Michèle Goslar
  • Gauguin, David Haziot
  • Ma mère avait raison, Alexandre Jardin
  • Baudelaire, Marie-Christine Natta
  • La nostalgie de l’honneur, Jean-René Van der Plaetsen
  • Chez Barbara- La dame brune, Alain Vircondelet ( Ph. Lorin)
  • J’accuse, Emile Zola (Folio + Collège – Ph. Delpeusch)

  Audio-livres

 

  • Rebecca, Daphné du Maurier
  • Le jour où les lions mangeront de la salade verte, Raphaëlle Giordano
  • Lettre ouverte aux animaux (et à ceux qui les aiment), Frédéric Lenoir
  • Te laisser partir, Claire Mackintosh

 Rétro-liseur ( Prix Horizon) 

  • Frère des astres, Julien Delmaire
  • Majda en août, Samira Sedira,

  Convenez qu'il y a du pain sur la planche de nos réunions...

30 novembre 2017

La Disparition de Josef Mengele

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 Il était des principales listes de présélections des prix littéraires.Et c'est sans doute le prix Renaudot qui  lui sied le mieux, reconnaissance d'un roman de facture journalistique par un jury qui se revendique du fondateur de la presse-  j'ai nommé Théophraste Renaudot  (1586-1563) , concepteur de la Gazette ( fin mai 1631)

 Sobre, factuel et précis, le  récit revêt davantage l'allure d'un documentaire  que d'un roman. Le journaliste Olivier Guez a mené une enquête approfondie, nourrie de voyages d'investigation  sur le sujet- l'évaporation de Josef Mengele, le bourreau d'Auschwitz, sitôt la défaite du Reich, sa  vile soustraction aux procès de l'Après-Guerre

La confusion du genre - roman / récit me laisse, je l'avoue, un peu perplexe.

Soit.

Focus donc sur le débarquement en Argentine d'un prénommé Gregor, sorte de dandy moustachu dont le lecteur réalise illico qu'il s'agit du docteur Mengele, l'"ingénieur de la race aryenne" ,  assez  bienvenu, ainsi que ses congénères au pays de Perón : 

"À la fin des années 1940, Buenos Aires est devenue la capitale des rebuts de l'ordre noir déchu. S'y croisent des nazis, des ouachis croates, des ultranationalistes serbes, des fascistes italiens, des Croix fléchées hongrois, des légionnaires roumains de la garde de fer, des vichystes français, des rexistes belges, des phalangistes espagnols, des catholiques intégristes; des assassins, des tortionnaires et des aventuriers: un Quatrième Reich fantôme."

Quelle surprise - oserions-nous parler de déconvenue - de constater la lâcheté, l'insignifiance intrinsèque d'un homme traqué par la crainte d'être démasqué. Le contraste avec l'indicible inhumanité des exactions perpétrés dans le camp d'Auschwitz par un être dépourvu de toute humanité défie l'entendement . " Sous-merde basanée"  le monstre termine sa vie en 1979 - il a 68 ans-  mystérieusement échoué sur une plage brésilienne.

Les jours, les semaines, les mois défilent, ainsi stagne la vie confinée de Mengele au Brésil dans son cachot ouvert sur l'infini et loin des hommes, une vie figée dans un bourdonnement incessant, dans l'alternance des saisons sèches ou bien humides, les ouragans, les chaleurs hermétiques, les pluies languides, cernée de mille-pattes et de serpents, de scorpions et de vers parasites, d'eucalyptus et de jacquiers aux racines entrelacées, monstrueuses pattes de dinosaures.

 A. Elter

La disparition de Josef Mengele, Olivier Guez, roman, Ed. Grasset, août 2017, 240 pp

20 novembre 2017

Petit bilan des prix littéraires de l'automne

A l"ordre du jour du billet de ce lundi 20 novembre, une bref focus sur l'attribution des principaux prix littéraires de l'automne, catégorie : romans 

Des Mécaniques du chaos, bien nommées ( Daniel Rondeau, éd. Grasset) se sont vu décerner le  grand prix  du roman de l'Académie française, tandis qu' Ordre du jour flamboyant  (Eric Vuillard, ed. Actes Sud) emportait le Goncourt,  à juste  et même titre, nous semble-t-il que Bakhita de Véronique Olmi (Ed. Albin Michel)  notre grand favori. Le Prix Goncourt des Lycéens revient à l'Art de perdre, d'Alice Zeniter. Nous l'avons commencé et vous en livrerons chronique sous peu.

Un Renaudot attribué à une sorte de documentaire, La disparition de Josef Mengele (Olivier Guez, ed. Grasset), ça se défend puisque le prix, décerné par des journalistes, honore le fondateur de la célèbre Gazette (1631), j'ai nommée Théophraste Renaudot.

Couronné par le Médicis - qui a pour vocation de promouvoir un romancier méconnu- le Tiens ferme ta couronne, de Yannick Haenel ( Ed. Gallimard) eût gagné ..d'un peu plus de fermeté, tandis que le par trop bavard La Serpe, de Philippe Jaenada (Ed Julliard)- attributaire du Femina,  eût supporté d'être ...tranché de la moitié de son nombre de pages...

Nous attendons les résultats de l'Interallié, ce sera ce mercredi 22 novembre, pour voir si décidément, nous pouvons nous rallier à un palmarès 2017 pas vraiment emballant, jusqu'à présent. Gageons que le titre L'art de perdre (Alice Zeniter, Ed. Flammarion) n'aura rien de prémonitoire et que la Nostalgie de l'Honneur (Jean-René Van der Plaetsen, Ed. Grasset) glanera le présent d'une bel avenir.

Grande et très regrettée absente reste le Bakhita, qui méritait, nous persistons et signons, le prix Femina.

Ne le ratez pas!

 

Apolline, Les pensées primées du lundi

18 novembre 2017

La Serpe

Oserais-je un avis tranchant sur le sujet:  ce "roman vrai" par trop bavard, eût gagné d'être allégé de moitié. Simple question d'embonpoint.

A la ligne

La serpe.jpgSon argument est intéressant, traité avec une méticulosité absolue, célébrant, à sa manière, le centenaire de la naissance de l'écrivain Georges Arnaud (1917-1987)  concepteur du  Salaire de la peur,  rendu célèbre par son adaptation cinématographique, le trentenaire de son décès et une tentative de résolution d'un triple et sanglant meurtre perpétré fin octobre 1941 dans le château d'Escoire (Dordogne) 

Mais encore.

Nous sommes le matin du 25 octobre 1941

Le futur Georges Arnaud, nommé alors Henri Girard contacte les services d'urgence: un triple meurtre a été commis durant la nuit - un massacre à la serpe - qui a entraîné la mort atroce de Georges Girard, son père, de sa tante Amélie et de la bonne, Louise Soudeix. Seul rescapé , Henri fait illico figure de suspect : il a emprunté la serpe assassine à Yvonne, une voisine; rien n'a été volé dans le château, lequel n'a subi aucune trace d'effraction... Il paraît, en outre, peu mortifié à  l'évocation des faits

Magistralement défendu par l'avocat Maurice Garçon , Henri Girard est acquitté, le 3 juin 1943, après avoir purgé dix-neuf mois de prison préventive. 

Le jeune homme de 26 ans  va dès lors changer de nom, de vie,pourfendre les injustices, défendre la veuve et l'orphelin, ...sans que jamais ne soit élucidée la vérité de la fatale serpe.

Ami d'Emmanuel Girard, petit-fils d'Henri, Philippe Jaenada enfourche une voiture de location - aux pneumatiques incertains - se fend d'un séjour d'investigation dans les lieux mêmes des faits -savourant le confort moelleux des oreillers de l'hôtel Mercure - examinant du microscope impitoyable d'un Cluedo ..puissance 4 tous les éléments du dossier Henri Girard et nous propose une résolution nouvelle de l'affaire, dûment, croyez-m'en, étayée d'argumetns.

Est-ce à dire que Philippe Jaenada est dépourvu d'esprit de synthèse? Que du contraire. le résumé parfait  de ce portrait, vous le trouvez, p 141

Une drôle de vie, avec le recul. Ce que j'en sais, je l'ai appris dans les livres. Sale gosse, sale type, des claques, insupportable, il ne mue, instantanément, qu'en anéantissant la fortune familiale, et se transforme en nomade combatif qui ne possède rien et vient en aide à ceux qui en ont besoin. Un bon gars, finalement.

 Il ne vous reste dès lors que 507 pages à savourer.

 A Elter

La serpe, Philippe Jaenada, roman, Ed Julliard, août 2017, 648 pp

Roman attributaire, faut-il le rappeler, du Prix Femina 2017

16 novembre 2017

Les Rêveuses.

Les rêveuses.jpg

 

Juin 1940.  L'armée française est en déroute.

Dérouté aussi, Peter Siderman, " jeune homme, plein d'amertume et d'innocence".  Engagé dans l'armée française, il pressent que sa nationalité allemande ne va pas plaire aux assaillants...  Tant qu'à être fait prisonnier,  mieux vaut utiliser l'identité d'un Français. C'est ce qu'il fait, troquant l'identité d'un frais cadavre français-  celle d'Alexandre d'Andelange-  contre la sienne.

Capturé, il passe de camps (allemands) en camps,  bénissant l'imposture qui lui a sans doute sauvé la vie.

" Mais au début de l'hiver il fut convoqué chez le commandant du camp qui lui annonça que, par faveur exceptionnelle, l'autorité militaire avait accepté la requête de sa mère mourante et qu'on allait immédiatement le ramener auprès d'elle.

Le roman est lancé,  grevé d'une intrigue, certes un peu compliquée,  de l'intervention du journal intime d'Alexandre et  de religieuses cloîtrées, gravé d'une écriture maîtrisée, du souffle romanesque qui révèle l'étoffe d'un vrai écrivain

Un deuxième roman

A Elter

Les Rêveuses,  Frédéric Verger, roman, Ed. Gallimard, août 2017, 448 pp

10 novembre 2017

Prix Horizon 2018 - La sélection d'un jury de choc

téléchargement (4).jpg La semaine fut chargée en attributions prestigieuses et  multiples des principaux prix littéraires:  les jurys  Goncourt, Renaudot, Femina et Médicis ont proclamé leurs choix, sitôt entériné celui de l'Académie française.

Il est donc temps de vous révéler à vous et en avant-première la sélection des six romans retenus par le jury de présélection du Prix Horizon. Lequel prix,  généreusement organisé par la ville de Marche -en-Famenne ( Belgique) , efficacement, magistralement présidé par Armel Job,  entend promouvoir les auteurs d'un deuxième roman..

Voici la liste des romans retenus:

 

  - Frères des astres, de Julien DELMAIRE   (Ed Grasset) 

 Le dernier amour d'Attilla Kiss,  de Julia Kerninon, (Ed Rouergue) 

-   L'ombre de la lune,  de  Agnès Mathieu-Daudé (Ed Gallimard) 

-  Défaite des maîtres et possesseur, de Vincent Message ( Ed Seuil) 

Le meilleur des amis,   de Rose Sean (  Ed. Actes-Sud) 

-  Majda en août,  de Sedira Samira ( Ed. Rouergue) 

 

 Nul doute que vous ne résisterez pas à cette sélection  - z'avez raison - et  inscrirez illico votre joyeux comité - si ce n'est fait, il est plus que grand temps - en vous rendant d'un clic d'ordi sur le site du Prix Horizon : https://www.marche.be/2eroman/

Nous vous y attendons

Apolline Elter 

09 novembre 2017

Majda en août

 Majda.jpg

La pluie tombait, tiède et fine. Elle tirait sa petite valise à roulettes dans les flaques, sur le bord de la route; ses pieds étaient nus; ses joues noires de crasse. Le délire l'avait menée vers les rivages salés de son enfance, l'aveuglante lumière du Sud. À toutes les personnes qu'elle avait croisées ce jour-là, elle avait demandé: Babylone, c'est encore loin?

Ains’Incipit  un roman poignant. 

Sa lecture ne vous laissera pas de marbre.

  Aînée d’une fratrie nombreuse – constituée de seuls garçons -  Majda subit, à l’entrée de l’adolescence, les  persécutions de son entourage,  puis le viol perpétré par une bande amie de son frère Aziz. Aussitôt, elle en est salie au regard des autres et  le sien .Sa vie ne sera dès lors qu’une tentative de fuite – par les études et une maîtrise en sociologie  - d’oubli, « suite vertigineuse de petits hauts et de grands bas. »

Des crises de délire vont se succéder qui lui vaudront de retourner –  en ce torride mois d’août 2014 – chez ses parents.  Brave couple  maghébin, Fouzia, tunisoise, et Ahmed algérois, venus s’établir dans le sud de la France dans les années soixante, se sentent désarmés face à la déchéance de leur fille …

Le roman est court, qu’importe :  il est dense. L’’écriture, puissante,  fait vivre et vibrer les scènes poignantes, transpirer l’instant, la souffrance.

Un roman remarquable

Un deuxième roman…

Apolline Elter

Majda en août, Samira Sedira, roman, Ed du Rouergue 2016, 138 p

 

08 novembre 2017

Prix Goncourt à Eric Vuillard

 A l'ordre du jour ... un retour sur le prix Goncourt

Nous en avions souligné le côté flamboyant,  l'écriture magistrale et reproduisons, ci-dessous,  à votre intention la chronique publiée le 3 juin sur votre blog préféré

Le sympathique destinataire du prix littéraire le plus prestigieux a dû vaincre quatre obstacles externes et de taille pour l'obtention de la récompense : 

                - une date de parution prématurée (premier semestre 2017)

                -  une  facture de récit plutôt que de roman

               - la concurrence du merveilleux Bakhita ( Véronique Olmi)  dont nous souhaitons qu'il obtienne le prix Femina 

                 - la nomination de Françoise Nyssen - qui dirige les Editions Actes Sud  - au Ministère de la culture

 

 Il les a vaincus.  Inclinons-nous avec joie devant la décision du Jury du Prix Goncourt

D'autant que le récit est dense, il est court

Ca fait du bien par les temps qui courent

Vive la littérature, promise à de beaux jours

Apolline Elter

 

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 Après un 14 juillet qui avait enflammé, à la rentrée,  notre gastronomie livresque( voir chronique sur ce  blog) Eric Vuillard nous revient avec un récit tout aussi flamboyant et nous plonge, d'entrée de pages, au coeur d'une réunion historique qui vit, le 20 février 1933, vingt-quatre patrons d'entreprise - les plus prospères d'Allemagne - accorder leur soutien à Hitler.

" Et ils se tiennent là, impassibles, comme vingt-quatre machines à calculer aux portes de l'enfer."

 Et le lecteur subjugué d'assister à la montée en puissance méthodique d'Hitler et des siens, Goebbels, Goering et charmante compagnie, à la singulière cécité de Lord Halifax, surdité du président Lebrun,  humiliation de Schusshnigg, le chancelier autrichien qui voit imposer à son pays des mesures insoutenables tandis que l'Allemagne interdite de fabrication de chars depuis le traité de Versailles (1918) reconstitue, hors frontières, son équipement d'assaut.

"Une armée en panne, c'est le ridicule assuré."

L'annexion de l'Autriche  par l'Allemagne nazie, le 12 mars 1938, relève tant du machiavélisme que du rocambolesque, avec la congestion des chars d'assaut, à la frontière, pour panne technique, la fureur du ...Fürher et  l'interminable dîner londonien  qui empêche  Chamberlain de vaquer aux affaires d'Etat pour la simple raison qu'il n'arrive pas à se débarrasser de l'encombrant Ribbentrop ...

On se croit au cinéma tant l'auteur nous fait vivre les événements, les destins particuliers,  avec brio, juste tempo et un humour confondant. 

La farce est tragique: elle a coûté la vie à des millions d'Européens.

La fresque est grandiose, soutenue d'une plume, d'une écriture remarquables.

Apolline Elter

  L'ordre du jour, Eric Vuillard, récit, Ed. Actes-Sud, mai 2017, 156 pp

06 octobre 2017

A l'horizon des deuxièmes romans

téléchargement (4).jpgLes jurys se suivent et ne se ressemblent pas

Il me faut ce jour évoquer celui du Prix Horizon, le fabuleux prix de lecteurs  organisé par la ville de Marche (-en-Famenne - Belgique) et  présidé par Armel Job .

42 "deuxièmes" romans publiés en français et à compte d'éditeur sont soumis aux lectures attentives de douze jurés, comité de toute haute volée, dont je fais partie.. en toute modestie, cela s'entend.

Une sélection rendue ardue par l'extrême qualité des textes - songez que nous (re)lisons Chanson douce, de Leila Slimani, délicieuse attributaire du Prix Goncourt 2016 - aboutira début novembre à l'élection de six romans finalistes

Lesdits romans, achetés par la ville de Marche seront offerts gracieusement - mais oui - à tous les comités de six lecteurs et plus - qui se seront inscrits auprès des organisateurs du prix. 

Je vous invite à consulter règlement du prix et conditions de participation sur le site et à vous y inscrire avant le 15 novembre

https://www.marche.be/2eroman/accueil/prix-2e-roman-2018-deja-quarante-textes-deposes-520  et à visiter régulièrement le Facebook qui lui est dévolu, régulièrement nourri de chroniques de lecture

Je serai ravie de vous retrouver à Marche, le samedi 19 mai prochain pour la journée festive,  rencontre des écrivains et d'attribution du prix 2018

Il fera beau - il fera chaud et radieux

Apolline Elter 

 

 

22 septembre 2017

A vos plumes - Concours de nouvelles 2018

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Estimés visiteurs à la plume affûtée. 

J'ai la joie de vous annoncer que je rallie le jury de sélection du sympathique concours de nouvelles organisé par la maison d'édition Triartis, chère à notre blog, à notre amitié.

J'en suis honorée.

Et vous engage partant, à participer - en imagination  - à cette tuerie de textes qui feront exploser la boîte e-mail desdites éditions

Comment procéder? 

Vous êtes francophone, majeur ( plus de 18 ans) et résidez en un point de la planète Terre.

Vous rédigez un texte répondant au thème, dont l'action se déroule dans les 48 heures qui entourent la Saint-Valentin. L'arme du crime, le nombre des victimes et de leurs meurtriers sont laissés à votre libre arbitre.  

La nouvelle ne dépassera pas les 3500 mots (24.000 caractères) . Vous l'envoyez par mail aux éditions Triartis : triartis@gmail.com avant le 20 décembre à 23h59 - le cachet de messagerie faisant foi  . Il vous faudra respecter les normes de police - classique,  en cas de meurtre(s)  - et de mise en page prescrites par les organisateurs du concours, leur envoyer formulaire d'inscription et chèque de 5 euros au 19 rue Pascal  - 75.005 Paris avant le 1er décembre.

Sélectionnés par un jury hautement qualifié, les six meilleurs textes seront voués à un destin des plus enviables, lors d'une soirée festive organisée par et en la maison d'édition, au début du printemps.

Tous détails pratiques et bien d'autres vous sont exposés sur le site de la maison d'édition - sous l'onglet "événements' : http://www.triartis.fr/evenements.html

Il va sans dire qu'On compte sur vous!

 

Apolline Eler 

13 juillet 2017

La Vivaldi

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La lecture des deuxièmes romans à nous confiés pour la sélection du Prix Horizon 2018 m'a permis d'arrêter le cours du temps pour me pencher, sur celui  va-et-vient entre l'enfance et le présent, d'une octogénaire, fraîche pensionnaire en la nouvelle maison de retraite des Arpèges.

Désignée par le seul  nom de sa chambre - c'est  par le nom du compositeur dont est affublée leur chambre que chacun des pensionnaires de la maison est identifié...- "la Vivaldi" relate événements et affects qui meublent son quotidien, tandis que jaillit chaque fois à son esprit, l'enfance qui fut la sienne et son refuge, durant la guerre, dans la ferme  de Gaston. Ce dialogue avec la jeune fille - juive et donc privée de vraie liberté - qu'elle était alors fait surgir à l'esprit du lecteur quelques subtiles ressemblances avec sa condition actuelle, en même temps qu'une même faculté de ne pas s'en laisser affecter.

"Voir la vie en Vivaldi, c'est la voir limitée à une chambre, quelques murs et deux ou trois couloirs. Mais voir la vie en Vivaldi, c'est aussi bien la voir par un simple regard dans le regard des autres."

La Vivaldi, Serge Peker, roman, Ed. M.E.O, février 2017, 136 pp

02 juillet 2017

Lapidation

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En réponse-miroir à notre chronique de vendredi 30 juin, savourons cette infusion dominicale, chapitre condensé d'argument,  assez.. lapidaire

"C’est  l'histoire d'une barre médiane qui n'arrive pas à trouver  une autre barre à laquelle s'accrocher en toute confiance."

 

 

Des pierres dans ma poche, Kaouther Adimi, roman, Ed. Seuil, mars 2016, 176 pp

30 juin 2017

Des pierres dans ma poche

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" Je suis une barre médiane: bien au milieu, pas  devant, pas derrière, pas laide, pas magnifique. Coincée entre Alger et Paris, entre l'acharnement de ma mère à me faire revenir à la maison pour me marier et ma douillette vie parisienne

Être une barre médiane c'est comme un intégriste sans  barbe, un  policier sans moustache, un chanteur de raï sans cheveux. C'est incohérent."

Rappelée à Alger pour le mariage de sa soeur cadette, la narratrice convoque les souvenirs liés à sa famille,  àson enfance, toutes ces " pierres" qui meublent la poche de son habit devenu parisien.  Et de s'interroger sur son identité et la pression maternelle exercée sur son célibat de trentenaire jugé indécent.

On rejoint en là bien des observations autobiographiques jaillies de la plume de Magyd Cherfi et sa "Part de Gaulois"' (chronique sur ce blog) .

Le texte est porté par une plume fluide, coupé de chapitres courts, vifs et parfois lapidaires.

Un deuxième roman soumis également à notre lecture pour le jury du Prix Horizon 2018

Des pierres dans ma poche, Kaouther Adimi, roman, Ed. Seuil, mars 2016, 176 pp

29 juin 2017

Petite fantôme

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 Deuxième roman de Mathilde Alet, Petite fantôme figure parmi les quelque quarante ouvrages soumis à notre jury du Prix Horizon 2018  et à ce titre, une belle découverte.

"Les quelques jours deviennent semaine,  les semaines  s'enchaînent, une, puis deux, puis trois. Elles sont
remplies de mercredis: les avant-mercredis, les après- mercredis et les mercredis. Même les week-ends quittent le calendrier. Les avant-mercredis sont essentiellement consacrés à la crainte du mercredi, et les après-mercredis aux regrets. Le mercredi lui-même est aussi terrifiant qu'un troisième lundi de janvier"

Le mercredi est jour de rendez-vous entre Gil (berte) et Jo(séphine), deux soeurs aux physiques et tempéraments assez dissemblables.. Un projet commun les réunit - mais peut tout autant fissurer leur relation -  qui va générer un contrat incongru:  après s'être vu refuser son premier roman, Gil va en écrire un deuxième qu'elle signera du pseudonyme d'Esther Egova, tandis que Jo, belle et médiatique endossera toute la promotion du roman. Autrement dit, le soeurs fusionnent, le temps de la publication,  leurs identité sous  une seule, celle d'Esther,  avec interdiction à Gil d'apparaître au public. Jo est le "visage" d'Esther, Gil en est la "petite fantôme"

" Mais l'inéluctable destin d'une fissure, c'est l'effondrement"

Analyse intéressante du milieu littéraire, ses us, ses réactions et des mécanismes qui procèdent de la genèse d'une oeuvre, le roman est porté par une écriture sobre, factuelle, agréable.

Petite fantôme, Mathilde Alet, roman, Ed. Luce Wilquin, oct.2016, 152

 

 

13 avril 2017

Le songe d'Anton Sorrus

134319_couverture_Hres_0.jpg"Depuis le début, c'est-à-dire depuis qu'il n'arrivait pas à  dormir, Anton pensait - bien qu'il n'y accordât jamais vraiment  crédit -, il pensait que cette chose, ce phénomène, ce ' son qui lui chatouillait les sens (et le ravissait parfois aussi) . sans être totalement chimérique, avait peut-être à voir  avec un défaut de l'audition - un défaut de l'oreille interne, du labyrinthe, de sa cochlée, ou des petits osselets de  l'équilibre. Et cette idée, sans l'indisposer, sans le chagriner ou le terroriser, le chiffonnait."

En proie à une insomnie, Anton Sorrus passe en revue le fil de sa vie , ses démons, obsessions .. tandis que son épouse, Cécile, dort tranquillement à ses côtés. 

Un son étrange meuble ses pensées, qu'il cherche à identifier.

Ponctué de paragraphes vifs, courts, sautillants, à l'instar de l'esprit d'Anton,  ce deuxième roman confirme une plume raffinée

A Elter

Le songe d'Anton Sorrus, Aram Kebabjian, roman, Ed Seuil, mars 2017, 160 pp

10 décembre 2016

Histoire du lion Personne

133178_couverture_Hres_0 (1) - Copie.jpg"Si les lions parlaient, nous ne pourrions pas les comprendre. Ou du moins pas davantage que nous ne comprenons les hommes."
 
L'année se clôt - enfin presque - sur un très beau récit. Sorte de conte centré sur la vie d'un lion, le dénommé " Personne", sa relation avec les hommes, les âmes belles, l'histoire emporte le lecteur du Sénégal, pays de sa naissance,en 1786,  à Versailles où il  (dé)périt, dix ans plus tard, privé de ses amis humains et surtout d'Hercule, le chien, son fidèle compagnon.
 
 L'écriture est magistrale, soignée dans son expression, dans sa culture du mot juste, le rythme est harmonieusement cadencé, les descriptions, parfaitement agencées. Le jury du Prix Wepler-Fondation de la Poste ne s'est pas fourvoyé qui lui a décerné son prix 2016.
 
Si Personne vit à une époque où il ne  fait pas bon être roi - fût-ce des seuls animaux - l'auteur n'évoque guère la Révolution française que par ses conséquences - la disette - en subtil filigrane d'une narration avant tout centrée sur le respect des êtres que la Nature sépare ou leur funeste maltraitance.
 
Un roman fabuleux
 
Apolline Elter
Histoire du Lion Personne, Stéphane Audeguy, roman, Ed Seuil, août 2016, 224 pp

 

24 novembre 2016

Le garçon

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Ampleur, maîtrise, infinité du temps... caractérisent ce roman-fleuve distingué par le prix Femina 2016. S'il pêche par sa longueur, les méandres de descriptions et de listes ludiques, sortes d'alluvions à la Yann Moix-  pour poursuivre notre métaphore fluviale - le texte révèle néanmoins une écriture accomplie, dotée d'une vraie tension narrative, ce n'est pas moindre exploit.

 Enfant sauvage, sorte de résurgence du célèbre héros de  François Truffaut, le "garçon"  se trouve seul au monde après le décès de sa mère.

Nous sommes en 1908, l'enfant a quatorze ans.

"(..) la mère était seule sur terre à connaître son existence et la mère est morte"

Roman initiatique, qui observe cliniquement, artistiquement, longuement- vous l'aurez compris- l'accès au monde, à la civilisation,  de l'enfant, définitivement mutique, le récit prend le lecteur à témoin de ses expériences progressives de l'amour, de la guerre, du bagne, tandis que le siècle débutant -  focus majeur sur les années 1908-1918 -  vibre d'innombrables événements.  Et de l'englober - le lecteur, si vous me suivez -  dans son travail d'écriture, sa poétique particulière en une  amène complicité

L'auteur prend le temps, le vôtre, le sien,  celui de l'intégration provisoire  du "garçon" à la communauté d'un hameau, celui  du merveilleux, pur amour que lui voue Emma, celui de l'apocalypse d'une guerre barbare et de l' envoi au bagne de Cayenne, suite à une rixe absurde...

 " Voilà, l'essentiel est dit.

Bien qu'il lui reste vingt années à vivre, celles-ci ne formeront en définitive que l'unique et dernière strophe,délayée, de sa chanson d'automne."

Et pour nous, la découverte d'un écrivain. Un vrai.

Le garçon, Markus Malte, roman, Ed. Zulma, août 2016, 544 pp

28 octobre 2016

Coup double pour Grasset: Grand prix du roman de l'Académie- Prix femina de l'essai

 Ca y est, c'est parti

La saison des prix

A commencé

Coup double pour Grasset

Avec le prix Femina de l'essai

Et de l'Académie

Le grand prix...

 

C'est Adélaïde de Clermont-Tonnerre qui remporte le grand prix du roman de l'Académie française.

Il lui fut décerné, hier

Je vous invite à en relire chronique sur ce blog, en ouverture première de la rentrée littéraire: http://editionsdelermitage.skynetblogs.be/archive/2016/06/28/le-dernier-des-notres-8623901.html

 

Mais encore: 

 

9782246859956-001-X.jpeg Le jury du Prix Femina, ouvrait, ce mardi 25 octobre, l'aimable fiesta des prix littéraires d'automne.

Tandis que je découvre Garçon ( Marcus Malte- Ed. Zulma) à votre intention,  je vous livre déjà l'argument du Prix Femina de l'essai, attribué à Ghislaine Dunant, extrait du site de l'éditeur (Grasset) 

« Je rencontrais une écriture qui crevait la surface protectrice de la vie pour toucher l’âme, le corps qui souffre ce qu’un être humain ne doit pas souffrir. Les mots peuvent dire ce qu’il est à peine supportable de voir, et de concevoir. Et ils peuvent ramener l’amour que Charlotte Delbo avait eu pour toutes celles, ceux qu’elle avait vu souffrir. La lucidité, la capacité de dire et d’écrire était là. Une langue pouvait rendre ce qui avait eu lieu. Le trou que faisait dans notre humanité la catastrophe d’Auschwitz, un écrivain me donnait le moyen de le raccommoder avec une œuvre qui en faisait le récit. Elle avait cherché la beauté de la langue dans le terrible des mots ciselés en arrêtes coupantes. Elle les disait avec la douceur qui prend quand l’au-delà de la douleur est atteint.
Elle l’écrivait des années plus tard, ouvrait les images restées, elle interrogeait avec liberté les souvenirs au moment où elle les écrivait, elle découvrait la vie retrouvée »

 

Charlotte Delbo, La vie retrouvée, Ghislaine Dunant, essai, Ed. Grasset, août 2016, 608 pp

22 mai 2016

Prix Horizon 2016- A l'ombre d'un soleil généreux

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Tandis que l'accès à mon blog m'est enfin rendu..., j'ai le plaisir de vous annoncer le nom de la lauréate de l'édition 2016 du désormais célèbre Prix Horizon (du deuxième  roman) , à savoir, Marie-Laure de Cazotte, pour son très bel  A l'ombre des vainqueurs  (Ed. Albin Michel, 2014 - retrouvez le billet de faveur que l'écrivain nous avait consacré, en vitrine du blog) 

Que cette auteur, au demeurant très sympathique, en soit dûment félicitée.

C'est vers 20 heures, hier, heure de Marche-en-Famenne qu'Armel Job, Président du Prix,  proclamait le résultat du vote d'un jury de près de 1700 lecteurs. Vous lisez bien...1700 lecteurs , venus, la journée durant, écouter les interviews des six auteurs en lice . Les salles  du centre de la mignonne ville étaient combles qui firent des trente-six rencontres -  six rendez-vous de 50 minutes,  autour de chaque écrivain- une vraie fête du livre.

J'eus pour ma part la joie d'animer les séances de l'après-midi autour d'une Gaëlle Nohant, affable,  généreuse, prodigieusement intéressante et d'Une part des flammes (Ed. Héloïse d'Ormesson - chronique sur ce blog: http://editionsdelermitage.skynetblogs.be/archive/2015/03/13/la-part-des-flammes-8401775.html des plus ardente... Exercice inédit, que d'enchaîner ainsi coup sur coup, trois entretiens au sujet d'un même roman.  Un exercice rendu  heureusement plus aisé par l'effet d'une sympathie mutuelle.

Tandis que se dépouillaient les bulletins d'un vote très serré - tel le voulait la qualité des romans retenus, la chaleur des rencontres organisées, un spectacle s'offrait à plus de deux mille spectateurs, (en la salle du WEX)  animé par le fabuleux Bruno Coppens, soutenu des arias de Julia Bailly et de l'accompagnement pianistisque de Michel Lambert.

A retenir de cette journée : 

- que la littérature est une fête si on lui en donne les moyens (en l'occurrence André Bouchat, bourgmestre de Marche-en-Famenne)  sans ménager efforts... titanesques et assistance d'une pléiade de bénévoles. Je nous en remercie vivement.

-  qu'une vraie et charmante complicité peut unir des écrivains de facture supérieure.  J'en veux pour preuve l'ambiance chaleureuse qui animait leurs échanges

N'hésitez pas à vous rendre sur le site du Prix Horizon pour découvrir les comptes rendus de la journée du 21 mai.

Apolline Elter 

 

20 mai 2016

A l'horizon de ce week-end

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Le soleil et quelque 1500 lecteurs venus de Belgique et Champagne-Ardennes se donnent rendez-vous , ce samedi 21 mai, dès 9h30, en la petite et charmante ville de Marche-en-Famenne (province de Namur)

L'enjeu: élire le lauréat du Prix Horizon 2016.

Pour ce faire, rien n'a été laissé au hasard.

Les lecteurs ont lu les six romans que nous, courageux jurés - mais oui, il en fallait du courage (de l'inconscience?) pour ingurgiter la bonne quarantaine de deuxièmes romans offerts à notre appréciation - avons retenus pour la sélection 2016.

La lutte sera serrée, jugez-en:

Qui élire de Christian Astolfi (Une peine capitale, Ed. Flammarion), Marie-Laure de Cazotte (A l'ombre des vainqueurs, Ed. Albin Michel), Jean Bofane In Koli ( Congo Inc., Ed Actes Sud), Aude Le Corff (L'importun, Ed. Stock) et Michaël Uras (Nos souvenirs flottent dans une mare poisseuse, Ed. Christophe Lucquin) ? 

Les lecteurs trancheront

Je serais bien en peine de le faire.. 

Si André Bouchat, bougmestre de la ville a offert les six romans à chacun des comités constitués, nous leur avons octroyé une sélection particulièrement intéressante....

Une qualité hors pair

C'est ce que me révèlent les nombreux participants que je côtoie.

Vous trouverez sur le site du prix (www.2eroman.be  , tous les détails de la journée et des rencontres - six sont prévues - avec les auteurs. Le vote a lieu, au WEX, entre 16 et 17h45. Il est suivi d'un spectacle gracieux, gratuit, gratos, concocté par le merveilleux Bruno Coppens (sur base des ouvrages de la sélection) avant proclamation du lauréat et la séance de dédicaces.

J'aurai perso la joie d'animer les rencontres de l'après-midi, autour de Gaëlle Nohant et sa Part des flammes (Ed. Héloïse d'Ormesson) au lieu dit "La Source": je vous y attends nombreux et ardents

Votre 

Apolline Elter 

17 mai 2016

Congo Inc.

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"L’entité commerciale jouissait d'une particularité qui déstabilisait psychologiquement les troupes rivales: ses unités étaient non seulement cornposées de tous les fils de salauds que pouvait compter le Gondavanaland,mais elles étaient aussi constituées pour une bonne part d'amazones recrutées parmi les femmes des  nations Mongo, Bashi, Amazigh et Ashanti. Les sections pouvaient être positionnées partout et elles étaient  toujours là pour nettoyer comme il fallait. "

Infusion d'un court extrait du roman de Jean Bofane In Koli,  satyre assumée de la mondialisation, de l'histoire du Congo,  terre aussi magique, souterrainement riche qu'enjeu ininterrompu de concupiscence, corruption,  extrême violence...

Le meilleur moyen de dénoncer l'absurde n'est-il pas l'humour, voire le cynisme ? 

C'est la voie qu'a choisie le romancier belgo-congolais, par la voix de son protagoniste, Isookanga, demi-pygmée ekonga incirconcis.... 

Doté d'une très belle écriture et d'un déjà riche palmarès à son actif, le roman a été retenu pour la sélection du Prix Horizon 2016, lequel sera attribué, ce samedi 21 mai, à l'issue de la journée de rencontres et de liesse organisée à Marche-en-Famenne

Congo Inc., Le testament de Bismarck,  In Koli Jean Bofane, roman, Ed. Actes Sud, avril 2014, 304 pp (réédité en coll. Babel) 

03 novembre 2015

Prix Horizon 2016 - six finalistes en lice

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Tandis

que se réunit

aujourd'hui,

chez Drouant, à Paris,

Du Goncourt, le jury

 Je ne résiste, chers visiteurs, à vous communiquer la liste des 6 fina- listes en lice pour le prix Horizon 2016. 

Une magnifique sélection, j'en réponds (et pour cause quatre de mes favoris y figurent) 

Réuni en séance plénière, présidé par l'exceptionnel Armel Job,  loyalement soutenu par les autorités de la ville de Marche-en-Famenne, Messieurs André Bouchat, bourgmestre et Christian Ngongang, échevin de la culture, le comité du jury, trancha, ce samedi 31 octobre, parmi la bonne quarantaine de deuxièmes romans, soumis à sa lecture. Un travail d'envergure, je vous le certifie, point question de "survolure"

A savoir :

 

Astolfi Christian

Une peine capitale

Flammarion

2014

de Cazotte Marie-Laure

A l’ombre des vainqueurs

Albin Michel

2014

In Koli Jean Bofane

Congo Inc. Le testament de Bismarck

Actes Sud

2014

Le Corff Aude

L’importun

Stock

2015

Nohant Gaëlle

La part des flammes,

H. d’Ormesson

2015

Uras Michael

Nos souvenirs flottent dans une mare poisseuse

Christophe Lucquin

2014

 

Nombre de comités se sont déjà inscrits, depuis toute la Belgique et la région Champagne- Ardennes

Il vous reste quelques jours pour vous décider à votre tour

Pour ce faire, consultez le site web du Prix

https://www.marche.be/2eroman/

Ou sa page Facebook: https://www.facebook.com/Festival-et-Prix-Horizon-du-2e-roman-de-Marche-en-Famenne-301037583275175/

Je vous le recommande des plus ardemment

Apolline Elter (membre du jury, vous l'aurez compris)

 

Photo de famille

 

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                                                   ©JBil/L'Avenir

15 octobre 2015

Les nouvelles enquêtes de Monsieur Proust

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Noël, jeune coursier - né un 25 décembre - s'est lié d'une amitié respectueuse avec Monsieur Proust, le célèbre auteur de La Recherche, tandis que ce dernier séjourne à Versailles, en l'hôtel des Réservoirs.

L'année d'après, en 1907, l'écrivain convoque son jeune ami à Paris, pour lui confier de nouveaux devoirs d'enquêtes.

L'occasion pour le narrateur d'observer d'un oeil neuf, étonné, ...admiratif les us, manies et coutumes du  précieux (presque) quadragénaire et  pour le lecteur d'en revisiter la biographie:

" Les retards sans nombre de Monsieur Proust correspondaient à sa position sociale et à sa nature, le bébé jouait avec les nerfs de ceux qui l'entouraient, l'adulte s'assurait de son pouvoir sur les gens mais tentait aussi de prolonger beaucoup plus que nos attentes et les siennes, la Durée elle-même."

L'occasion, enfin, de porter sur les fameuses insomnies proustiennes et sa notion de temps, un regard  assez convaincant:

" Chez celui qui s'endormit de plus en plus tard pour pouvoir écrire la phrase initiale la plus célèbre de la littérature "Longtemps, je me suis couché de bonne heure", la passion du plus tard  fut également un art d'écrire (...) Consacrant  à l'écriture les heures qui semblent les plus brèves, celles du sommeil, quand on dort, mais qui semblent plus longues si l'on veille, celles de la nuit, Marcel Proust n'eut pas que l'impression de les avoir allongées, il en fit effectivement des instants comme sans fin, dont il communiqua l'étrange extension à ses lecteurs. "

 

CQFD

 

Les nouvelles enquêtes de Monsieur Proust, Pierre-Yves Leprince, roman, Ed Gallimard, mai 2015, 415 pp

23 septembre 2015

La simplicité du coup de massue

 

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" Marion n'arrivait plus à rentrer dans le jeu.  Le monde extérieur l'agressait. "

La vie bourgeoise et rangée de Marion Descotes, épouse exemplaire  - Thomas mène une brillante carrière d'avocat - et maman dévouée à ses bibounets, Anaïs, Marcus et Tancrède,  va basculer au décès inopiné de sa soeur jumelle, Viviane.  Un double (gemellaire? ) naït en elle , une violence aussi- celle qui n'a pu s'exprimer sous la bienséance d'un deuil courageusement assumé - qui lui fait épouser les causes  et manifestations plus ou moins pacifiques d'un aimable gang d'anarchistes et d'un charismatique jeune homme prénommé Ludo.

"Ludo avait fabriqué Barbatruc, Ludo devait gérer Barbatruc"

Son élégance naturelle, un manteau de fourrure, un carré Hermès et... sa colère déchaînée face à un portique de métro qui  lui refuse son billet périmé feront de la photo prise par la caméra de surveillance la une du Nouvel Obs et de Marion, promue "Barbatruc"", l'icône  du malaise sociétal et de la bourgeoisie en furie.

Tout cela vaut-il de mettre en péril  un destin déjà tracé, l'honorabilité  professionnelle de son mari, une paisible et confortable vie de famille? 

En parallèles, bientôt ....convergentes,  le roman trace les faits et  destins de Claudine Planté,  caissière chez Rondpoint  de sa petite famille de banale banlieue,  ceux d'Huguette, Mona et Solange , adorables et énergiques  vieilles dames éprises de communicatoin avec l'Au-Delà et d'Inès Perrier, stratège carriériste, punaise  de la pire espèce...

D'une plume alerte, épicée d'images percutantes, de formules choisies, la comédienne Elise Tielrooy  signe un deuxième roman de belle facture. Les situations s'enchaînent avec brio et un tonus cinématographique ou délicieusement théâtral...

 Une bien aimable découverte.

Apolline Elter

 

La simplicité du coup de massue, Elise Tielrooy, roman, Ed Belfond, mai 2015, 442 pp

30 août 2015

Le triangle d'hiver

 

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theiere-design-eva-solo-1l-rouge-1.jpg«  J’ai frappé à la porte. Elle s’est ouverte comme s’ils m’attendaient, et tout à coup, nous avons formé un triangle parfaitement équilatéral. Mes vis-à-vis mesuraient à peu près la même taille, lui très grand, elle juchée sur ses talons, et leurs regards devaient opérer des zigzags verticaux pour passer aux deux autres, tandis que le mien se contentait de glisser horizontalement d’elle à lui. Il m’a semblé qu’ils s’étaient disputés. »

 

Le triangle d'hiver, Julia Deck, roman, Les éditions de Minuit, septembre 2014, 176 pp

29 août 2015

Le triangle d'hiver

Petit délice de la rentrée littéraire

De l'année dernière...

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 «Vous avez, mettons, une trentaine d’années. Cela fait environ trois cent mille heures que vous apprenez à vous connaître, en comptant le temps de sommeil qui n’a guère moins de raisons fournir des informations sur la personne du dormeur que les instants de veille. Ainsi, vous possédez de vous-même une certaine idée, fondée sur une pratique quotidienne, des habitudes,  une manière d’éprouver les émotions, de telle sorte que vous êtes non pas bien dans votre tête – il n’y a que les magazines de salles d’attente pour aspirer à de tels sommets -, mais comme à la maison dans votre crâne. Et voici que vous êtes contrainte d’en changer. De vous extraire de votre abri le plus intime pour élire domicile ailleurs, dans la tête de Bérénice Beaurivage, dont vous ne savez rien sinon qu’ elle paraissait, I’ écran, une femme que cela la peine  d’être, avec une vie facile, un bel  amant, beaucoup d’argent. »

Le ton est donné, le propos campé: "Mademoiselle", mi- héroïne, mi-narratrice vit de chômage (plus guère...), de petits larcins (vestimentaires)  et d'imposture (en plein) : elle sillonne les villes portuaires: Le Havre, Saint-Nazaire et Marseille, accrochée aux basques et au portefeuille d'un séduisant ingénieur, inspecteur des chantiers navals. 

Décidée à faire table rase d'un passé - qui ne nous est guère révélé - et d'un monceau de dettes - dont elle est criblée - "Mademoiselle" décide de se refaire un nom - Bérénice Beaurivage -  partant, une nouvelle et personnalité: auto-promue romancière, elle joue avec ce faux air d'Ariane Dombasle dont la nature l'a gâtée, entre autres avantages.  Le vernis conjoint du mystère et de la séduction résistera-t-il à la confrontation avec Blandine Lenoir, la journaliste, amie de l'Inspecteur...

Incisif, factuel - avec ses descriptions qui ont une précision verbale digne d'un entomologiste - ce court roman sort des sentiers battus de l'actuelle littérature. Il concourt, avec 44 autres, à l'attribution du prix Horizon - prix du deuxième roman.

Et mérite à ce prix, toute notre attention.

Un auteur qui a un vrai potentiel

 

Apolline Elter

Le triangle d'hiver, Julia Deck, roman, Les éditions de Minuit, septembre 2014, 176 pp

12 août 2015

L'Euphorie des places de marché

Résultat de recherche d'images pour "l'euphorie de la place des marché"Je l'ai raté à sa sortie, en janvier 2014, voici qu'il me revient par le biais des lectures imposées - une quarantaine......admirez - au jury de présélection du Prix Horizon.

Vous l'aurez compris, c'est un deuxième roman...

Et un délice d'humour corrosif, décapant... de sens de la formule, comique de situation... On en redemande.

Norbert Langlois, nouveau patron de Buronex- notez qu il l'est depuis cinq ans- auditeur maniaque des flash-radio économiques, des scoops perfusés  par les agences de notation et déclinologues avertis,  a hérité d'Agathe Pichenard, une assistante aussi grasse que de franche mauvaise foi.  Une vraie punaise. Leur relation vire au désastre et surtout distille en Norbert la furieuse envie de la ...viirer. Surtout que Ludivine, la mignonne stagiaire, est un modèle de conscience professionnelle...

Mais  vous ne pouvez pas aisément à la porte une personne qui oeuvre depuis plus de vingt ans au bien de votre société.  Norbert décide dès lors  de lui confier l'aboutissement d'un dossier complexe:celui d'une vente d'équipements aux américains  Harrington .  Pas de doute, Agathe va se planter et cette incompétence marquée signera enfin a fin de son contrat....

A ceci près que:

"Agathe ne s'émut pas qu'on l'associe au contrat Harrington et la charge d'une mission hautement périlleuse. Tout cela était vétille et petite bière."

Et que la morale professionnelle n'a pas toujours le dernier mot..

Quand je vous dis que c'est un petit roman féroce,  jubilatoire....

Apolline Elter

 

L'Euphorie des places de marché, Christophe Carlier, roman, Ed. Serge Safran, janvier 2014, 190 pp

29 juillet 2015

Une peine capitale

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" Ce n'était pas la guillotine qui me faisait le plus peur, mais l'ordonnancement strict  dans lequel les choses se déroulaient. Je découvrais les exécutions dans ce qu'elles avaient de plus violent: leur rapport au temps. Dès lors que la sentence était prononcée, le recours rejeté, se mettait en route une mécanique dont l'horlogerie ne se déréglait plus. Je l'avais toujours su mais cette fois, elle me sautait aux yeux. "

Roman saisissant que ce récit de découverte filiale du métier d'un père assez effrayant,  bourreau maniaque et ordonné, à la manière d'un fonctionnaire

Un deuxième roman doté d'une plume et d'une puissance romanesque assez exceptionnelles.

Gageons qu'on en reparlera...

Je l'espère

Apolline Elter

Une peine capitale, Christian Astolfi, roman, Ed Flammarion, janvier 2014,  142 pp

 

22 avril 2015

Personne ne peut arrêter une fille qui rêve

Résultat de recherche d'images pour "persone ne peut arrêter une fille qui rêve" Le roman a une inspiration autobiographique avérée. Il offre à son auteur, Brigitte Hemmerlin, une sorte de catharsis d'événements vécus il y a trente ans.  Paru en mars 2014, il ne répond de la stricte actualité littéraire que répercute le blog, mais d'un deuxième roman en lice potentielle pour le Prix Horizon 2016....

"Des pas. La porte s'ouvre. Il est là, devant elle. La photo s'anime. La statue prend vie. La lippe boudeuse, les pommettes hautes, le nez droit, les yeux frangés de cils très sombres, tout est là. Tout est différent pourtant."

Fascinée par la personnalité de Gabriel Doré, un avocat pénaliste morfondu d'avoir laissé guillotiner un client qu'il défendait, Claire, avocate stagiaire, s'immisce peu à peu dans sa vie professionnelle, dans son cabinet. De son côté, Gabriel ne lui prête qu'une attention bougonne, jusqu'au jour où il sera lui-même appelé à la défendre...

Tracé d'une écriture précise, factuelle, syncopée, incisive, maîtrisée,  le récit résonne de descriptions et de souvenirs arides. L'univers carcéral y déploie sa sordidité , le roman, celui d'une vie "fracassée pour un fantasme."

AE

Personne ne peut arrêter une fille qui rêve, Brigitte Hemmerlin, roman, Ed. Calmann-Lévy, mars 2014, 240 p

27 octobre 2014

Prix audiolib 2014

L'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea, de Romain Puértolas, lu par Dominique Pinon Vous souvient-il de la sélection du Prix Audiolib 2014 et d'un "concours de circonstances"  relayés par notre blog, une semaine estivale durant ? 

J'ai le plaisir de vous en annoncer le résultat: le prix a été attribué à L'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikéa, un premier roman de Romain Puértolas (chronique sur notre blog) lu par Dominique Pinon

Félicitations à l'heureux élu.. et à l'heureux attributaire de l'audiolivre via notre blog.

AE