20 mai 2012
Lettre à Ilse Conrat-Twardowski

"...l'oeuvre de l'architecte subit un sort complètement différent, du moins chez nous; plus elle est bonne plus elle trouve des occupants qui s'imaginent en sincérité avoir à l'améliorer; à y mettre leur grain de sel et souvent..quel grain et quel sel!
En sorte que la joie de créer chez nous est tôt tarie et qu'on se prend par moment à regretter les efforts que l'on a faits"
Lettre de Victor Horta à Ilse Conrat-Twardowski, 14 mars 1938,
Extrait cité par Michèle Goslar in
Victor Horta. 1861-1947. L'Homme- l'Architecte - L'Art nouveau, Michèle Goslar, monographie, Fondation Pierre Lahaut, Fonds Mercator, beau-livre, mai 2012, 566 pp, 150 €
17:00 Écrit par Apolline Elter dans High Tea dominical, Infusions, L'Epistolière | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |
14 mai 2012
Le goût des lettres
"Ne me parlez plus des mes lettres, <ma fille>. J'en viens de recevoir une qui enlève, <tout aimable, toute brillante, >, toute pleine de pensées, toute pleine de tendresses: un style juste et court, qui chemine et qui plaît au souverain degré, je dis même sans vous aimer comme je fais. Je vous le dirais plus souvent, ma bonne, sans que je crains d'être fade en vous renvoyant les louanges que vous me donnez quelquefois avec profusion; mais je suis toujours charmée de vos lettres sans vous le dire. Mme de Coulanges l'est aussi toujours des endroits que je lui fais voir, et qu'il est impossible de lire toute seule. Il y a un petit air de Dimanche gras répandu sur votre dernière lettre, qui la rend d'un goût nonpareil. "
Paris, mercredi 9 mars 1672
Extrait de Madame de Sévigné - Correspondance (I) (mars 1646-juillet 1675) - texte établi, présenté et annoté par Roger Duchêne, Gallimard, La Pléiade (1972)
06:17 Écrit par Apolline Elter dans Gourmandises, Infusions, L'Epistolière, Les lundis de la marquise | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |
13 mai 2012
L'ampleur du saccage
Notre High Tea de ce dimanche 13 mai infusera tout naturellement un passages d'un des six romans, en lice pour l'attribution du prix, décérné ce jour à Marche-en-Famenne, par un jury du deuxième roman, présidé par Armel Job. Nous vous préciserons l'heureux attributaire du prix dans une de nos prochaines éditions.

" Nour dans l'eau nue nage, consciente des jalouses qui voudraient l'éloigner du village alors elle agite ses bras sous les branchages ombrageux et trace autour d'elle des cercles élargis qui signent son futur départ.."
L'ampleur du saccage, Kaoutar Harchi, roman, Actes Sud, août 2011, 120 pp, 15 €
17:03 Écrit par Apolline Elter dans High Tea dominical, Infusions, Jurys littéraires | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |
06 mai 2012
Sophie Horay ou l'art de l'édition
Notre "High Tea" de ce dimanche 6 mai aura ceci d'extra -hor (ay)-dinaire qu'il infusera le souvenir d'une belle rencontre - ce jeudi 3 mai- avec Sophie Horay, éditrice de la maison fondée en 1946 par son père, Pierre Horay.
Tapissé de livres - les éditions Horay fêtaient en 2004, leur millième publication - le bureau de Sophie Horay reflète le charme chaleureux de son occupante et d'une sélection éclectique, hors des sentiers battus de l'édition classique.
Des célèbres "Laurence Pernod" qui assistent aujourd'hui encore des millions de jeunes mamans aux délicieux recueils de la collection des écrivains "En verve" -particulièrement prisée par notre blog - la Maison édite ces "perles", ouvrages buissonniers, guides de voyages insolites, cabinets de curiosités,... avec rigueur et respect des auteurs. Et si Sophie Horay parle si bien des livres qu'elle édite, c'est parce qu'elle les aime et.... qu'elle les as lus!
D'une générosité sans faille notre hôtesse muscla nos bras de quelques publications de derrière les fagots - nous vous les dévoilerons lors de prochains billets- offrant à notre appétit les toute fraîches, nouvelles, quatrièmes et ....conjointes éditions de L'Art d'être grand-mère (Claude Aubry et Claire Laroche) et L'Art d'être grand-père (Claude Aubry- dessins d'Eugène Collilieux)
Nous est avis que ces ouvrages tendrement illustrés, mine de complicités entres les générations, constitueront des dons idoines en ces proches fêtes des (grands-)mamans et papas....Nous ne manquerons pas de vous en livrer le billet de lecture.
AE
Editions Horay - 22 bis Passage Dauphine - 75.006 Paris
17:00 Écrit par Apolline Elter dans Actu-éditoriale, Infusions | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |
29 avril 2012
Le tombeau du guerrier

" Un thé rouge sombre arriva. Un seul regard au verre me fit regretter mon choix: la cuillère en fer blanc tenait droit dans le verre tant la boisson était sucrée. Dès la première gorgée de ce sirop avalée, le peu d'eau qu'elle contenait me ressortit par les pores. Je regardai, fascinée,ma sueur tomber en gouttes épaisses sur le chapiteau corinthien de la reine de Palmyre. Je voulus les essuyer, un peu gênée; le temps de sortir un mouchoir, elles s'étaient déjà évaporées, comme si je les avais rêvées."
Le tombeau du guerrier, Marie-Eve Sténuit, roman, éd. Serge Safran, mars 2012, 192 pp, 17 €
17:00 Écrit par Apolline Elter dans Gourmandises, High Tea dominical, Infusions | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |
08 avril 2012
Perles de la littérature

Notre High Tea de ce dimanche pascal se ravira de quelques Perles de la Littérature:
" L'intr
oduction accidentelle d'une impureté dans un coquillage est à l'origine de la formation des perles. Dans la nacre d'une oeuvre littéraire, un grain d'étourderie, une goutte d'inadvertance donneront également naissance à une perle."
Sont-elles savoureuses ces incongruités langagières (pléonasmes, catachrèses..) que l'on découvre sous la plume des plus grands écrivains. Etoffant l'ouvrage de feu Pierre Ferran de quelques récoltes personnelles, David Jacob opère un parcours de la Littérature sous un angle légèrement décoiffant..
A Victor Hugo qui "applaudit des deux mains" ert admire "commes les Belges parlent flamand en français et Jules Goncourt qui espère serrer la main de vive voix s'ajoutent Stendhal et sa fameuse "lettre anonyme signée Gordon", une princesse, précédée de sa suite, des gardes du corps qui n'ont ni armes à feu, ni l'idée de s'en sevir...
Et un sublime Cid (Pierre Corneille) :
"Son flanc était ouvert; et, pour mieux m"émouvoir,
Son sang dans la poussière écrivait mon devoir."
AE
Perles de la Littérature, Pierre Ferran, Dominique Jacob, recueil, 132 pp, 5,99 €
17:00 Écrit par Apolline Elter dans Evénements littéraires, High Tea dominical, Infusions, Les chroniques d'Apolline Elter | Commentaires (2) | Envoyer cette note |
Facebook |
01 avril 2012
Perle facétieuse
1er avril oblige, notre High-Tea se fera facétieux
...puisant dans le délicieux recueil des Perles de la Littérature* un splendide anachronisme, signé Alexandre Dumas, père..
" Holà, mon bonhomme! cria d'Artagnan à un paysan qui travaillait à son champ de pommes de terre."
in Les Trois Mousquetaires (1844)
Que celui qui n'a jamais sauté de siècles lui jette la première pomme de terre!
A ...Elter
* Rendez-vous dimanche (pascal) 8 avril (même blog, même heure) pour un High Tea spécial, consacré aux Perles de la littérature, Pierre Ferran et Dominique Jacob, Ed. Horay, 28 mars 2012, 132 pp, 5,99€
17:00 Écrit par Apolline Elter dans High Tea dominical, Infusions | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |
25 mars 2012
Une collection très particulière

"Urgences de Gould: Autre scène vue: Gould dans un dîner se tortille sur sa chaise en serrant les mâchoires visiblement mal à l'aise; à la maîtresse de maison qui lui propose discrètement de le conduite à la salle de bains, il répond en chuchotant: "N'auriez-vous pas plutôt une chambre, un crayon et une feuille blanche? Un poème me vient que je ne retiendrai pas très longtemps."
Une collection très particulière, Bernard Quiriny, nouvelles, Seuil, mars 2012, 190 pp, 17 €
17:00 Écrit par Apolline Elter dans High Tea dominical, Infusions | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |
18 mars 2012
Au pays des kangourous et du salon du livre de ...Paris

"Je suis une chaussure qui attend le pied de Carole Ravine. Toutes mes jumelles m'ont assuré que son pied était fait pour moi. Parfois la vendeuse me sort de ma boîte pour une cliente qui a remarqué mon double en vitrine. Je n'ai pas d'yeux pour voir, mais un odorat très puissant me dit que la cliente n'est pas celle que j'espère. Je déforme son pied, j'arrive même à la faire trébucher jusqu'à ce que la vendeuse me range à nouveau dans mon lit. Et le jour où Carole Ravine est entré dans notre magasin, elle m'a choisi sans hésiter. Elle a glissé son pied avec élégance et je l'ai accueilli en connaisseuse. Mes jumelles avaient raison. Ce pied-là est fait pour moi."
Au pays des kangourous, Gilles Paris, roman, ed. Don Quichotte, janvier 2012, 250 pp, 18 €
En cette heure précise de notre high tea dominical, Gilles Paris dédicace son roman au Salon du Livre de Paris ( Ed. Don Quichotte, N15, de 16h à 17 heures)
17:00 Écrit par Apolline Elter dans High Tea dominical, Infusions | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |
26 février 2012
Ce siècle avait deux ans

"Ce siècle avait deux ans ! Rome remplaçait Sparte,
Déjà Napoléon perçait sous Bonaparte,
Et du premier consul, déjà, par maint endroit,
Le front de l'empereur brisait le masque étroit.
Alors dans Besançon, vieille ville espagnole,
Jeté comme la graine au gré de l'air qui vole,
Naquit d'un sang breton et lorrain à la fois
Un enfant sans couleur, sans regard et sans voix ;
Si débile qu'il fut, ainsi qu'une chimère,
Abandonné de tous, excepté de sa mère,
Et que son cou ployé comme un frêle roseau
Fit faire en même temps sa bière et son berceau.
Cet enfant que la vie effaçait de son livre,
Et qui n'avait pas même un lendemain à vivre,
C'est moi. -"
C'est en effet le 26 février 1802 que naquit l'écrivain - poète - journaliste (engagé) - dramaturge - mari - amant - père - grand-père - ...grand homme tout simplement, j'ai nommé VICTOR HUGO. Les événements festifs se multiplient en 2012 qui célèbre à la fois les 210 ans de sa naissance et les 150 ans de publication des Misérables.
A suivre
AE
17:00 Écrit par Apolline Elter dans High Tea dominical, Infusions | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |
19 février 2012
La Liste de mes envies
" Ma mère me manque autant qu'au jour de sa chute. J'ai toujours froid autour d'elle"
La Liste de mes envies, Grégoire Delacourt, roman, JC Lattès, février 2012, 188 pp, 16 €
17:00 Écrit par Apolline Elter dans High Tea dominical, Infusions | Commentaires (1) | Envoyer cette note |
Facebook |
12 février 2012
Quand les insultes n'en sont pas


"Dans sa correspondance (...) Clémenceau réservait encore d'autres qualificatifs aussi savoureux que ce "cher hérisson sinistre" à son ami Monet comme: "mon vieux complice", "mon vieux Maboul", "cher bon vieux bipède".."
Georges Clémenceau à son ami Claude Monet. Correspondance. Ed. Réunion des Musées nationaux, 2008
in Espèce de savon à culotte !… et autres injures d’antan dérobées à droite et à gauche recueillies pour l’instruction des générations présentes et à venir, dédiées aux artichauts, aux astrologues et aux Roger-Bon-Temps., Catherine Guennec, recueil, Editions First, fév.2012, 272 pp, 13,5 €
17:00 Écrit par Apolline Elter dans High Tea dominical, Infusions, L'Epistolière | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |
05 février 2012
Virginia et Vita

" Virginia n'avait ni le charme d'une courtisane, ni celui d'une femme du monde, et certainement pas celui d'une Lily Langtry, d'une Maxime Elliott, ces beautés de Hyde Park, figure de proue pour bateaux de Vikings. Toute sa vie tournait autour du travail. Le temps n'apportait pas le talent, c'était le talent qui demandait du temps."
Virginia et Vita, Christine Orban, roman, Albin Michel, janvier 2012, 234 pp, 17 €
17:00 Écrit par Apolline Elter dans High Tea dominical, Infusions | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |
29 janvier 2012
Histoire de ma vie
Je ne crois pas avoir revu cette maison de Chaillot depuis 1808, car, après le voyage d'Espagne, je n'ai plus quitté Nohant jusqu'après l'époque où mon oncle vendit à L'Etat sa petite propriété, qui se trouvait sur l'emplacement destiné au palais du roi de Rome. Que je me trompe ou non, je placerai ici ce que j'ai à dire de cette maison, qui était alors une véritable maison de campagne, Chaillot n'étant point bâti comme il l'est aujourd'hui.
..........C'était l'habitation la plus modeste du monde, je le comprends aujourd'hui que les objets restés dans ma mémoire m'apparaissent avec leur valeur véritable. Mais à l'âge que j'avais alors c'était un paradis. Je pourrais dessiner le plan du local et celui du jardin tant ils me sont restés présents.[...]
..........Le jardin était un carré fort long, fort petit en réalité, mais qui me semblait immense, quoique j'en fisse le tour deux-cents fois par jour. Il était régulièrement dessiné à la mode d'autrefois; il y avait des fleurs et des légumes; pas la moindre vue car il était tout entouré de murs; mais il y avait au fond une terrasse sablée à laquelle on montait par des marches en pierre, avec un grand vase de terre cuite classiquement bête de chaque côté, et c'était sur cette terrasse, lieu idéal pour moi, que se passaient nos grands jeux de bataille, de fuite et de poursuite.
..........C'est là aussi que j'ai vu des papillons pour la première fois et de grandes fleurs de tournesol qui me paraissaient avoir cent pieds de haut. Un jour, nous fûmes interrompues dans nos jeux par une grande rumeur au-dehors. On criait "Vive l'empereur", on marchait à pas précipités, on s'éloignait et les cris continuaient toujours. L'empereur passait en effet à quelque distance et nous entendions le trot des chevaux et l'émotion de la foule. Nous ne pouvions pas voir à travers le mur, mais ce fut bien beau dans mon imagination, je m'en souviens, et nous criâmes de toutes nos forces: Vive l'empereur ! transportées d'un enthousiasme sympathique.
George Sand,
Histoire de ma vie (chapitre 11)
© Ed. Gallimard, "Bibliothèque de la pleiade"
17:00 Écrit par Apolline Elter dans High Tea dominical, Infusions, Les madeleines de nos auteurs | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |
22 janvier 2012
Le lecteur inconstant

" J'ai commencé à écrire il y a vingt-huit ans, dans un cachot. Comme je n'avais rien pour écrire, je me suis mis à rédiger un roman mental. Moi, il me semblait que cette activité était normale. Ou que du moins elle ne détonnait pas avec la situation où je me trouvais: isolement, silence, manque de lumière et d'eau, crasse et sueur, absence de visages, de voix. Quelques mois plus tard, lorsque je suis passé du cachot à une cellule et que j'ai eu de quoi écrire, j'ai entrepris de coucher sur papier ce roman mental."
Le Lecteur inconstant suivi de Vie du Corbeau blanc, Carlos Liscano, trad. de l'espagnol par Martine Breuer et Jean-Marie Saint Lu, Belfond étranger, septembre 2011, 372 pp, 21 € (
Chronique sur ce blog: 7 septembre 2011
17:00 Écrit par Apolline Elter dans High Tea dominical, Infusions | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |


































































































