12 février 2012
Quand les insultes n'en sont pas


"Dans sa correspondance (...) Clémenceau réservait encore d'autres qualificatifs aussi savoureux que ce "cher hérisson sinistre" à son ami Monet comme: "mon vieux complice", "mon vieux Maboul", "cher bon vieux bipède".."
Georges Clémenceau à son ami Claude Monet. Correspondance. Ed. Réunion des Musées nationaux, 2008
in Espèce de savon à culotte !… et autres injures d’antan dérobées à droite et à gauche recueillies pour l’instruction des générations présentes et à venir, dédiées aux artichauts, aux astrologues et aux Roger-Bon-Temps., Catherine Guennec, recueil, Editions First, fév.2012, 272 pp, 13,5 €
17:00 Écrit par Apolline Elter dans High Tea dominical, Infusions, L'Epistolière | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |
05 février 2012
Virginia et Vita

" Virginia n'avait ni le charme d'une courtisane, ni celui d'une femme du monde, et certainement pas celui d'une Lily Langtry, d'une Maxime Elliott, ces beautés de Hyde Park, figure de proue pour bateaux de Vikings. Toute sa vie tournait autour du travail. Le temps n'apportait pas le talent, c'était le talent qui demandait du temps."
Virginia et Vita, Christine Orban, roman, Albin Michel, janvier 2012, 234 pp, 17 €
17:00 Écrit par Apolline Elter dans High Tea dominical, Infusions | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |
29 janvier 2012
Histoire de ma vie
Je ne crois pas avoir revu cette maison de Chaillot depuis 1808, car, après le voyage d'Espagne, je n'ai plus quitté Nohant jusqu'après l'époque où mon oncle vendit à L'Etat sa petite propriété, qui se trouvait sur l'emplacement destiné au palais du roi de Rome. Que je me trompe ou non, je placerai ici ce que j'ai à dire de cette maison, qui était alors une véritable maison de campagne, Chaillot n'étant point bâti comme il l'est aujourd'hui.
..........C'était l'habitation la plus modeste du monde, je le comprends aujourd'hui que les objets restés dans ma mémoire m'apparaissent avec leur valeur véritable. Mais à l'âge que j'avais alors c'était un paradis. Je pourrais dessiner le plan du local et celui du jardin tant ils me sont restés présents.[...]
..........Le jardin était un carré fort long, fort petit en réalité, mais qui me semblait immense, quoique j'en fisse le tour deux-cents fois par jour. Il était régulièrement dessiné à la mode d'autrefois; il y avait des fleurs et des légumes; pas la moindre vue car il était tout entouré de murs; mais il y avait au fond une terrasse sablée à laquelle on montait par des marches en pierre, avec un grand vase de terre cuite classiquement bête de chaque côté, et c'était sur cette terrasse, lieu idéal pour moi, que se passaient nos grands jeux de bataille, de fuite et de poursuite.
..........C'est là aussi que j'ai vu des papillons pour la première fois et de grandes fleurs de tournesol qui me paraissaient avoir cent pieds de haut. Un jour, nous fûmes interrompues dans nos jeux par une grande rumeur au-dehors. On criait "Vive l'empereur", on marchait à pas précipités, on s'éloignait et les cris continuaient toujours. L'empereur passait en effet à quelque distance et nous entendions le trot des chevaux et l'émotion de la foule. Nous ne pouvions pas voir à travers le mur, mais ce fut bien beau dans mon imagination, je m'en souviens, et nous criâmes de toutes nos forces: Vive l'empereur ! transportées d'un enthousiasme sympathique.
George Sand,
Histoire de ma vie (chapitre 11)
© Ed. Gallimard, "Bibliothèque de la pleiade"
17:00 Écrit par Apolline Elter dans High Tea dominical, Infusions, Les madeleines de nos auteurs | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |
22 janvier 2012
Le lecteur inconstant

" J'ai commencé à écrire il y a vingt-huit ans, dans un cachot. Comme je n'avais rien pour écrire, je me suis mis à rédiger un roman mental. Moi, il me semblait que cette activité était normale. Ou que du moins elle ne détonnait pas avec la situation où je me trouvais: isolement, silence, manque de lumière et d'eau, crasse et sueur, absence de visages, de voix. Quelques mois plus tard, lorsque je suis passé du cachot à une cellule et que j'ai eu de quoi écrire, j'ai entrepris de coucher sur papier ce roman mental."
Le Lecteur inconstant suivi de Vie du Corbeau blanc, Carlos Liscano, trad. de l'espagnol par Martine Breuer et Jean-Marie Saint Lu, Belfond étranger, septembre 2011, 372 pp, 21 € (
Chronique sur ce blog: 7 septembre 2011
17:00 Écrit par Apolline Elter dans High Tea dominical, Infusions | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |
15 janvier 2012
Le système Victoria
" C'est la réunion de ces différentes appréciations qui constituait pour moi la réalité de Victoria, et l'attirance que j'éprouvais pour cette jeune femme se nourrissait de leur contraste.
Le système Victoria, Eric Reinhardt, roman, Seuil, août 2011,
17:00 Écrit par Apolline Elter dans Infusions | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |
20 décembre 2011
Histoire du pied et autres fantaisies
" Schopenhauer, dans un essai tonique, Misère de la littérature, affirmait qu'il existe trois sortes d'écrivains. La première, faite d'auteurs qui n'ont rien à dire, et qu'il ignorait. Les deux autres catégories motivées, disait-il, par la nécessité d'affirmer quelque chose. Toute la différence vient de ce que dans un cas, l'auteur se lance à l'aventure et risque, comme le chasseur inexpérimenté, de revenir bredouille. Dans l'autre, l'écrivain réfléchit à ce qu'il doit dire, comme le chasseur rassemble le gibier grâce aux rabatteurs, et n'entame son oeuvre qu'au terme de calcul. Dirai-je que, contrairement au philosophe, ma sympathie va au chasseur aventureux. Ne sachant pas exactement ce qu'il cherche, il se laisse entraîner par le hasard et il lui arrive souvent de trouver une surprise inappréciable."
Histoire du pied et autres fantaisies, J.M.G Le Clézio, recueil de nouvelles, Gallimard, novembre 2011, 348 pp, 22 €
05:26 Écrit par Apolline Elter dans Infusions | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |
18 décembre 2011
Equipage d'un même navire


" Pourquoi nous haïr? Nous sommes solidaires, emportés par une même planète, équipage d'un même navire. Et s'il est bon que des civilisations s'opposent pour favoriser des synthèses nouvelles, il est monstrueux qu'elles s'entredévorent."
Antoine de Saint-Exupéry, Terre des Hommes
Cité par:
La Terre en héritage. Antoine de Saint-Exupéry: Sauver la planète du Petit Prince, Jean-Pierre Guéno (Mise en image Jérôme Pecnard), beau livre, Editions Jacob-Duvernet, oct. 2011, 144 pp, 25,5 €
17:00 Écrit par Apolline Elter dans High Tea dominical, Infusions | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |
11 décembre 2011
Sigmund Freud et Albert Einstein
Notre High Tea de ce dimanche, infusera une bien rassurante pensée, exprimée par Sigmund Freud, dans la lettre qu'il adresse, depuis Vienne, le 27 septembre 1931 au professeur Ludwig Hopf :

" Je romprai avec vous si vous vous glorifiez d'avoir converti Einstein à la psychanalyse. Une longue conversation que j'ai eue avec lui il ya quelques années m'a montré que l'analyse lui était tout aussi hermétique que peut m'être la théorie de la relativité."
La lettre autographe (écrite en allemand de l'écriture grande, lancée, enchevêtrée ...du père de la psychanalyse) est présentée à la section "Sciences" du Musée des lettres et manuscrits de Bruxelles.
Florilège. Musée des lettres et manuscrits de Bruxelles, collectif, Beau-Livre, co-édition Racine- MLMb, sept.2011, 340 pp, 39,95 € (voir chronique en vitrine du blog)
17:00 Écrit par Apolline Elter dans High Tea dominical, Infusions, L'Epistolière | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |
04 décembre 2011
Nohant

"Nohant est une demeure qui vit au rythme des générations, des amours et des ruptures, des amis et des hôtes, ainsi que du personnel, cuisinières, filles de cuisine, femmes de chambre, femmes de ménage, domestiques, cochers, jardiniers, ...La cuisine est simple et solidement provinciale. Fruits et légumes du jardin, volailles de la ferme, gibier et champignons des bois à l'automne, morilles et truffes en saison, desserts berrichons tels le poirat, un chausson aux poires. Mais George Sand raffole aussi des huîtres et des coquillages! A l'image de sa propriétaire, la maisonnée allie bonne éducation et manières bohèmes. Seule règle: vers onze heures ou minuit, la maîtresse de maison prend ses quartiers, elle passe une partie de la nuit à écrire, et s'endort au matin. On ne la voit qu'au déjeuner du lendemain. Sauf cas exceptionnels..."
Le dernier amour de George Sand, Evelyne Bloch-Dano, biographie, Grasset, septembre 2010, 320 pp, 20 €

17:00 Écrit par Apolline Elter dans George Sand, Gourmandises, High Tea dominical, Infusions | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |
27 novembre 2011
Histoire de ma vie
"
Je ne crois pas avoir revu cette maison de Chaillot depuis 1808, car, après le voyage d'Espagne, je n'ai plus quitté Nohant jusqu'après l'époque où mon oncle vendit à L'Etat sa petite propriété, qui se trouvait sur l'emplacement destiné au palais du roi de Rome. Que je me trompe ou non, je placerai ici ce que j'ai à dire de cette maison, qui était alors une véritable maison de campagne, Chaillot n'étant point bâti comme il l'est aujourd'hui.
..........C'était l'habitation la plus modeste du monde, je le comprends aujourd'hui que les objets restés dans ma mémoire m'apparaissent avec leur valeur véritable. Mais à l'âge que j'avais alors c'était un paradis. Je pourrais dessiner le plan du local et celui du jardin tant ils me sont restés présents.[...]
..........Le jardin était un carré fort long, fort petit en réalité, mais qui me semblait immense, quoique j'en fisse le tour deux-cents fois par jour. Il était régulièrement dessiné à la mode d'autrefois; il y avait des fleurs et des légumes; pas la moindre vue car il était tout entouré de murs; mais il y avait au fond une terrasse sablée à laquelle on montait par des marches en pierre, avec un grand vase de terre cuite classiquement bête de chaque côté, et c'était sur cette terrasse, lieu idéal pour moi, que se passaient nos grands jeux de bataille, de fuite et de poursuite.
..........C'est là aussi que j'ai vu des papillons pour la première fois et de grandes fleurs de tournesol qui me paraissaient avoir cent pieds de haut. Un jour, nous fûmes interrompues dans nos jeux par une grande rumeur au-dehors. On criait "Vive l'empereur", on marchait à pas précipités, on s'éloignait et les cris continuaient toujours. L'empereur passait en effet à quelque distance et nous entendions le trot des chevaux et l'émotion de la foule. Nous ne pouvions pas voir à travers le mur, mais ce fut bien beau dans mon imagination, je m'en souviens, et nous criâmes de toutes nos forces: Vive l'empereur ! transportées d'un enthousiasme sympathique."
George Sand,
Histoire de ma vie (chapitre 11)
© Ed. Gallimard, "Bibliothèque de la pleiade"
17:00 Écrit par Apolline Elter dans High Tea dominical, Infusions, Les madeleines de nos auteurs | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |






















































































