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18 juillet 2017

Raison et Sentiments

Jane Austen (1775-1817), mourrait, le 18 juillet 1817,  il y a tout juste 200 ans.

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Nous avons découvert sa correspondance à ses nièces, lors du récent festival de la correspondance de Grignan et ne manquerons pas d'y revenir.  Pour l'heure, pour le jour, nous vous proposons d'écouter l'excellente lecture par Cachou Kirsch du texte intégral de Raison et sentiments, un roman paru en 1811. 

Reléguées, avec leur mère,   dans le Devonshire après la mort de leur père, les soeurs Elinor, Marianne et Margaret Dashwood voient leur train de vie fortement comprimé.A cette gène qu'elles ont l'élégance de cacher s'ajoute celle de ne pas être un parti enviable pour qui loucherait sur leur dot.  Ce qui n'empêche l"éclosion des  sentiments, les vrais, clamés au grand jour, leur lot de trahisons et de désillusions.

Avec finesse et une plume diantrement efficace, Jane Austen brosse toute la gamme d'expression d'une société bourgeoise very british.  Les tableaux sont vivants, éloquents, pétris de fraîcheur et de suspens adroitement distillé.

Décidément l'auteur n'a pas pris de ride; son roman non plus

L'écoute audiolivresque  en est des plus agréable

Je vous la recommande

Apolline Elter 

Raison et sentiments,  Jane Austen, roman traduit de l'anglais par Jean Privat, texte intégral lu par Cachou Kirsch, Ed Audiolib, 5 juillet  2017,  Durée d'écoute: 12h02

17 juillet 2017

La révolution des sans-chaussettes

Le grand camp, c'est quand

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les réserves familiales de chaussettes, matelas, gourdes, bottes... tombent, d'un coup.. sur coup , beaucoup  trop court

Et d'imaginer vos (grands) chéris, endurer ampoules et pieds massacrés, tandis qu'une pluie torrentielle a raison de leur  maigre vestiaire ...

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Alors, puisque le thème du camp scout est celui de la Révolution, vous avez rassemblé les quelque cinquante chaussettes célibataires qui végètent en votre lingerie, dans l'attente vaine d'un partenaire, et recréé vingt-quatre paires - quelques chaussettes étaient trouées - , contrevenant, pour une fois, au stupide diktat qui impose l'assortiment des chaussettes.

Ce n'est pas un impair

C'est une Révolution

Apolline Elter, les pensées chaussées des grands camps

 

16 juillet 2017

Madame Zola

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"Alexandrine accompagnera la réussite de son mari d’une construction raisonnée : celle de sa propre identité ."

 

Madame Zola, Evelyne Bloch-Dano, biographie, Ed Grasset, 1997, 372 pp ( rééditions en Livre de Poche) 

15 juillet 2017

Madame Zola

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C'est par l'"épisode fondateur " et tragique de l'abandon de son bébé - une "Caroline" de 4 jours - qu'Evelyne Bloch-Dano entame la biographie d' Eléonore Alexandrine as  Gabrielle Meley (1839- 1925) future Alexandrine Zola.  La jeune femme ne pourra plus concevoir d'enfant. Cette stérilité s'accompagne, sa vie durant, d'un sentiment de culpabilité, diffus, latent, difficile à supporter. Qui s'exprimera, faute de mots,  par des maux répétés

Certes.

Il ne faut toutefois pas réduire Gabrielle à cet épisode fondateur, Alexandrine, à sa seule qualité d'épouse d'Emile Zola

Issue d'un milieu modeste, la jeune, fougueuse, sensuelle  et jolie fille- elle pose pour Paul Cézanne - rencontre Emile en mars 1864, l'épouse le 31 mai 1870 - elle a 31 ans - optant de façon définitive, cette fois, pour le prénom d'Alexandrine.  

 Elle épouse l'homme mais aussi la carrière d'écrivain, de journaliste, de proscrit... dont elle sera un pilier fort, indispensable.

Le couple s'écrit, quand il est séparé, de longues missives, tendres et , dans le chef d'Alexandrine, parfumées de cet humour acidulé, pétri d'autodérision dont elle a le secret.

Fine cuisinière, Alexandrine est l'âme de ces soirées de Médan sur lesquelles nous reviendrons amplement.

Coup de tonnerre fin 1891: Alexandrine apprend la liaison de son mari avec leur lingère la charmante Jeanne Rozerot.

Passée la réaction de stupeur, de sidération, de colère abyssale que lui dicte son caractère entier et emporté, Alexandrine composera avec la "bigamie" de son mari, tout le reste de sa vie.

Elle s'attache à Denise et Jacques, les enfants d'Emile et Jeanne, puis à cette dernière, à la mort inopinée, fin 1902, de l'être qu'elles se partagent.

Peut-on être plus généreuse? 

Plus amoureuse? 

Je ne le crois pas; Emile Zola non plus qui ne pourra jamais se séparer d'Alexandrine.. ni de Jeanne.

Soucieuse de respectabilité, Alexandrine saura faire face à une humiliation publique et se laisser guider par la grandeur de son coeur.

Les enfants le lui rendront bien, qu'elle instituera ses légataires universels  (pour moitié avec la Fondation Emile Zola), à son décès, après leur avoir fait adopter le patronyme d'Emile-Zola.

Avec la finesse qui caractérise sa plume, un don d'introspection et d'empathie saisissant, Evelyne Bloch-Dano rend hommage à une bien grande dame.

Une découverte que je vous recommande haut et fort.

Apolline Elter 

Madame Zola, Evelyne Bloch-Dano, biographie, Ed Grasset, 1997, 372 pp ( rééditions en Livre de Poche) 

14 juillet 2017

Festival de la correspondance de Grignan: une 22e édition réussie

 De retour de Grignan...

En guise de bilan 

Centrée sur Grignan-2017.jpgles Lettres familiales, la 22e édition du Festival de la correspondance de Grignan, s'achevait, ce samedi 8 juillet, auréolée d'un franc succès.

Gradins, chaises et strapontins plus que combles accueillaient un public fervent, heureux de rencontrer écrivains, journalistes et  comédiens,  lesquels avaient, le plus souvent, sacrément bien préparé leurs interventions.

L'adaptation de la plupart des correspondances par Agnès Akerib et Virginie Berling  (ed. Triartis ) confirme, une nouvelle fois, le sérieux de l'entreprise . Une valeur sûre croyez- m'en. Des extraits choisis se dégage une ligne de conduite, d'atmosphère qui rend le portrait des correspondants particulièrement éloquent.

Jugez-en...

Portée par le poignant duo père-fille de Richard et Romane Bohringer, la correspondance de Jack London à sa fille - de 12 ans - Joan , captive d'une ex-épouse "stupide"  suscita grande émotion dans les rangs.

La rencontre des Tesson, père et fils - Philippe et Sylvain - se fit  joute verbale de toute haute volée. Reliés par un scepticisme, un relativisme,  cultivés au sein du cercle familial, Philippe et Sylvain les déclinent de façon différente,  à la mode de Voltaire et du siècle des Lumières pour le premier,  sur un mode plutôt stoïcien pour le second, "resté  [selon ses propres dires]dans l'obscurité".  Maniant le verbe et les paradoxes jusqu'à plus soif - il faisait en effet caniculaire en cette cour des Adhémar - père et fils ont incarné une correspondance à ce point intime et suprême qu'elle se passe ....d'expression . N'est-ce pas là paradoxe suprême pour une lignée de "bavards " assumée. Et Sylvain Tesson de s'exclamer  : " Nous aimons tellement parler qu'il nous est arrivé de dire n'importe quoi plutôt que des vérités. " .

Grand(iose) moment fut également la lecture  - dépêchée dans la salle des fêtes - des lettres de Mozart aux siens. Un Mozart, très jeune,  incarné par un Lorenzo Lefebvre de génie.  Les extraits étaient ponctués de morceaux de piano et violons et d'aria sublimement interprétés par la soprano Jeanne Zaepfel.

 La journée de vendredi 7 juillet  fut celle des mères .quelque peu indignes, Calamity Jane,  Jeanne Forestier (mère de Paul Léautaud)  et Madame Claudel, en filigranes, qui laissa végéter sa fille Camille en l''asile de Montdevergues.

Saluons la belle prestation de Laurence Côte, en Calamity Jane désarmante de coeur, d'amour et de solitude, celle de Judith Chemla, en Jeanne Forestier , aux présence et diction remarquables.

La lecture-performance baroque des premières lettres de séparation de  la marquise de Sévigné d'avec sa fille , surprit l'assistance d"un art déclamatoire ..déconcertant. Il fallait oser, tenir sur la longueur. Julia de Gasquet et Louise Moaty relevèrent le défi, qui incarnaient en grâce et alternance une marquise pleine de verve.  Une conversation s'engagea ensuite  avec l'assistance qui démontra toute la mesure du travail de "réactivation" baroque et la maîtrise de ses interprètes..

Quelques moments choisis, de nombreuses, joyeuses rencontres, sous le soleil omniprésent et l'accueil chaleureux des habitants de Grignan.

Une édition de toute haute volée, portée par l'enthousiasme de son président-fondateur, Bruno Durieux,  maire de Grignan, la direction artistique de Julia de Gasquet, celle,  logistique et de tous les fronts de Marie-Josèphe Baquet,  efficacement assistée d'une centaine de bénévoles de la bourgade.

Vive la correspondance ....

Rendez-vous est pris pour 2018 et une nouvelle édition, dédiée .. aux lettres belges !

Apolline Elter 

 

13 juillet 2017

La Vivaldi

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La lecture des deuxièmes romans à nous confiés pour la sélection du Prix Horizon 2018 m'a permis d'arrêter le cours du temps pour me pencher, sur celui  va-et-vient entre l'enfance et le présent, d'une octogénaire, fraîche pensionnaire en la nouvelle maison de retraite des Arpèges.

Désignée par le seul  nom de sa chambre - c'est  par le nom du compositeur dont est affublée leur chambre que chacun des pensionnaires de la maison est identifié...- "la Vivaldi" relate événements et affects qui meublent son quotidien, tandis que jaillit chaque fois à son esprit, l'enfance qui fut la sienne et son refuge, durant la guerre, dans la ferme  de Gaston. Ce dialogue avec la jeune fille - juive et donc privée de vraie liberté - qu'elle était alors fait surgir à l'esprit du lecteur quelques subtiles ressemblances avec sa condition actuelle, en même temps qu'une même faculté de ne pas s'en laisser affecter.

"Voir la vie en Vivaldi, c'est la voir limitée à une chambre, quelques murs et deux ou trois couloirs. Mais voir la vie en Vivaldi, c'est aussi bien la voir par un simple regard dans le regard des autres."

La Vivaldi, Serge Peker, roman, Ed. M.E.O, février 2017, 136 pp

12 juillet 2017

On regrettera plus tard

9782367623009-001-X_0.jpeg Un viatique- peut-être - pour votre route des vacances. ...

Par une nuit d'orage, Eric débarque chez Valentine, avec une fillette dans les bras. L'enfant a sept ans, elle se prénomme Anna-Nina et sillonne la France avec son père, dans une roulotte. Le  toit de celle-ci s'est fracassé sous le coup de la foudre; l'enfant est fiévreuse : Eric n'a d'autre solution que demander l'hospitalité dans la première maison venue.

Le hasard fait bien les choses. Valentine est célibataire, institutrice et généreuse. Elle va non seulement accueillir ce couple insolite père - fille, découvrir qu'Eric est inconsolable de la mort, il y a sept ans, de son épouse, Hélène,  qu'il vit depuis, en fusion avec l'enfant conçue de leur amour, et  dans le même temps, s'attacher à  l'enfant - notamment ...- s'intéresser à sa scolarité, sa  socialisation.

Un "feel-good-book" , une histoire qui fait du bien, traversée de bons sentiments et de chapitres qui se reportent à la guerre , à l'accouchement périlleux de Suzanne, à la détention de son fiancé, Léon, par la Gestapo pour faits de résistance...

On ne comprend enfin qu'en fin de narration, les liens entre les différents protagonistes.

Portée par les voix de Matthieu Buscatto et d'Isabelle Miller,  la lecture dure 7h02, le temps d'un périple dans la Drôme...sans embouteillage

On regrettera plus tard, Agnès Ledig, roman, Ed Albin Michel, 2016 - Audiolib, mars 2017 texte intégral lu par  Matthieu Buscatto et d'Isabelle Miller Durée : 7h02min

11 juillet 2017

The Girls

9782367622965-001-X.jpegA l'évidence, le roman se base sur les tristement célèbres filles du clan de Charles Manson - ci représenté par un certain Russell - qui aliénées par une vie de violence, de drogue et  de communauté perpètrent des crimes sauvages, en août 1969, dont l'un cause la mort de Sharon Tate, l'épouse de Roman Polanski, enceinte de huit mois et demi...

Simon Liberati célébrait la même tragédie, avec ses Californan Girls, parus en cette même rentrée 2016

L'histoire est trash, elle est dense et sa lecture doit beaucoup de sa qualité à  l'excellente interprétation qu'en réalise Rachel Arditi

The Girls, Emma Cline, roman traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Jean Esch, Ed. de la Table ronde, août 2016, Audiolib, avril 2017, durée d'écoute 9h20

10 juillet 2017

Excipit

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On ne tombe jamais deux fois dans le même abîme. Mais on tombe toujours de la  même manière, dans un mélange de ridicule et d'effroi. Et on voudrait tant ne plus tomber qu’on s'arc-boute, on hurle. À coups de talon, on nous brise les doigts, à coups de bec on nous casse les dents, on nous ronge les yeux.


L'abîme est bordé de hautes demeures. Et l'Histoire est là, déesse raisonnable, statue figée au milieu de la place des Fêtes,
avec pour tribut, une fois l'an, des gerbes séchées de pivoines, et, en guise de pourboire, chaque jour, du pain pour les oiseaux.

  L'ordre du jour, Eric Vuillard, récit, Ed. Actes-Sud, mai 2017, 156 pp

09 juillet 2017

Costa Brava

0120598[1].gifCB.jpg" Je repense à toutes ces vacances d’été. Je me souviens que nous les attendions toute l’année. Elles avaient l’air de ne jamais vouloir finir. A partir de 1960, nous sommes allés sur la Costa Brava. Cela a duré des années. Nous ne verrons plus jamais ça revenir"

Costa Brava, Eric Neuhoff, roman, Ed. Albin Michel, mars 2017, 298 pp

08 juillet 2017

Nietzsche - Je suis en guerre

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En cette dernière journée du Festival de la correspondance de Grignan (2017),  pointons  la lecture "Grain de voix" de 12h30 au Jardin Sévigné.

Elle se base sur la correspondance de Nietzsche à sa soeur Elisabeth

 Voici ce qu'en révèle le programme:

NIETZSCHE : « JE SUIS EN GUERRE. » 
LETTRES À SA SŒUR ELISABETH (1885-1888)

Adaptation libre Virginie BERLING
Mise en voix et lecture Erwan COEDELO

Dans les années 1885-1888, Nietzsche est à un tournant dans sa production 
intellectuelle : il publie son ZarathoustraPar-delà le bien et le mal et finalement Ecce Homo. Il doit affronter en même temps les critiques et la célébrité. Tandis qu’il se coupe définitivement de l’Allemagne et de ses théories antisémites, Elisabeth fonde avec son époux une colonie de « purs Aryens » au Paraguay.

Pendant cette période de grande solitude et de profonde dépression, Nietzsche écrit à sa sœur, qu’il appelle son « lama », du nom de cet animal résistant et têtu, qui crache pour se défendre. Les lettres du frère, toujours bienveillantes, montrent pourtant que la guerre se prépare… Elisabeth prendra sa revanche

Découvrons-en une extrait:

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Nice 14 décembre 1887

 

Mon cher Lama

(...)

Sans le vouloir presque, mais pour obéir à une nécessité impitoyable, je suis en train de régler mes comptes avec les gens et les choses, d'en finir avec tout ce qui a été « mien» jusqu'ici. Presque tout ce que je fais actuellement est une manière de « tirer- un-trait-sur ».

Je prends conscience de mon isolement radical. Dans la douleur et l'impatience, je coupe l'un après l'autre mes liens avec les hommes. Tout mon passé s'émiette autour de moi. Quand je fais le compte de ce que j'ai accompli les deux dernières années, cela m'apparaît comme un seul et même travail pour m'isoler de mon passé, pour trancher le cordon ombilical entre lui et moi. (...)

NIETZSCHE : « JE SUIS EN GUERRE. » LETTRES À SA SŒUR ELISABETH (1885-1888) Adaptation libre Virginie BERLING, Ed. Triartis, juin 2017, 60 pp

07 juillet 2017

André Gide - Hors de la lignée

Grignan-2017.jpg Le spectacle de 19 h, hier, en  la cour du château de Grignan, avait pour thème  le rapport d'André Gide à sa mère,à sa lignée

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Ecoutons Juliette Gide parler à son fils:

 

"         Paris, jeudi 27 septembre [1894]

Mon cher fils,

Ne me cache pas ce qui se passe dans ton esprit. Ne comprends-tu pas tout l'intérêt que toutes ces questions ont pour moi, ne comprends-tu pas à quel point je m'identifie avec toi et la génération qui monte pour nous remplacer? Non que j'accepte ou partage toutes les idées qui ne sont encore qu'en ébullition ou en formation
en vous, mais parce que ce travail est palpitant d'intérêt dans le présent et pour l'avenir."

André Gide - Hors de la  lignée,  Correspondance entre André Gide et sa mère, adaptée par Virginie Berling, Ed. Triartis, juin 2017, 52 pp

06 juillet 2017

Silencieuse

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Saluons la présence, ce jour, de Michèle Gazier, au Festival de la correspondance de Grignan, pour une rencontre, à 12 h, en la cour des Adhémar, animée par Judith Sibony, avec le soutien de la Fondation de la Poste La rencontre a pour titre " Le lourd héritage immatériel"

L'occasion de nous pencher sur le dernier roman de l'écrivain, Silencieuse (Ed. Seuil) et de vous en livrer chronique. 

La vie s'écoule, monotone, étriquée, dans  le village de Saint-Julien des Sources. Seuls 
Silencieuse.jpgdérogent à cette grisaille autochtone, Annie Dollet,  caissière de la supérette, Louis, sorte de Polonais, sans âge,  jailli de nulle part, Hans Glawe, un peintre allemand de notoriété universelle et Claude Ribaute, sociologue, natif du cru, monté à Paris et revenu en son village pour publier une étude  sur l'oeuvre du peintre.  Observateur de nature et de métier,  il endosse le rôle de narrateur de la  deuxième partie du roman

 " Quand sa belle-soeur qu'elle connaissait à peine lui avait annoncé sa venue, Annie avait d'abord été surprise."

 Et de cette surprise naît l'action, si l'on peut dire, de ce roman d'atmosphère:  Sofia Dollet, superbe Italienne, est accompagnée de Valentina,  sa fille de quatre ans, résolument muette.

 " Valentina ne répondait à aucune injonction, pas même à son prénom. Et pourtant entre elle et sa mère on sentait un magnétisme, une sorte d'accord primitif. "

 Et la narration d'épouser le mystère de la fillette, ses élections affectives qui l'aimantent  ver  Louis, Claude,...tous  êtres singuliers dont elle révèle l'humanité.

 Une subtile approche de la différence dans ses déclinaisons psychologiques, artistiques, amoureuses et même politiques

 A Elter

 Silencieuse, Michèle Gazier, roman, Ed Seuil, mars 2017, 214 pp

 

05 juillet 2017

Je deviendrai parfaite sur la fin de ma vie

Sévigné.jpgRassurez-vous, je ne parle pas de moi ni d'une quelconque mission impossible; je préfère pointer à votre attention, la lecture-spectacle de ce soir, qui se déroulera à 22 heures, en l'amphithéâtre du château de Grignan. Notre très chère marquise de Sévigné y sera incarnée par Marie-Christine Barrault l'espace de cette soirée.

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Et cette mater dolorosa éplorée par le départ de sa fille à Grignan, de déplorer que ce dernier génère une meilleure entente que lors de leur cohabitation parisienne.

                                                 Paris, le 6 mai 1671

"Je vous prie, ma chère bonne, ne donnons point à l'absence le mérite d'avoir remis entre nous une parfaite intelligence et, de mon côté, la persuasion de
votre tendresse pour moi (...)"

Madame de Sévigné " Je deviendrai parfaite sur la fin de ma vie", Adaptation des lettres à sa fille, la comtesse de Grignan (1668-1686), Virginie Berling, Ed. Triartis, juin 2017, 52 pp

 

04 juillet 2017

Chères familles : Vincent & Théo Van Gogh, Frères jusqu'à la folie

Grignan-2017.jpgC'est ce mardi que démarre la 22e édition du Festival de la correspondance de Grignan. Le thème en est " Chères Familles..", ainsi que nous l'avions évoqué.

Je vous invite à en découvrir le programme si ce n'est déjà fait.

Pour ma part, je me rendrai, ce soir,  à 22 heures, à la lecture par Romane et Richard Bohringer  des Lettres du grand Jack London à une fille de douze ans; le texte est adapté par Virginie Berling 

Demain et toujours en l'amphithéâtre installé face au château, je me fais une joie d'écouter des extraits de lettres de Vincent et Théo Van Gogh, Frères jusqu'à la folie, librement adaptées par Agnès Akérib.

La dynamique maison d'édition Triartis m'ayant aimablement offert le beau livret du spectacle, je ne résiste à vous en ..livrer un court extrait, en guise d'apéritif. A noter que si la prime correspondance entre les deux frères était en néerlandais , elles empruntent la langue française dès 1888.

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 De VINCENT À THEO

 

                                                       Arles, 30 avril [1889]

 

Mon cher Theo,

Ta bonne lettre m'a fait du bien aujourd'hui. Le principal, c'est de se sentir bien unis.

Physiquement, c'est épatant comme je me porte mieux, pas suffisamment pour me croire guéri mentalement.

Mais, même dans l'épreuve, il ne faudra pas oublier de blaguer toi et moi.

Si je me jette dans le travail en plein, c'est bon, mais je reste toujours toqué. Peut-être que si je pouvais m'engager dans la Légion pour cinq ans, je guérirais considérablement

(...)

Vincent & Théo Van Gogh, Frères jusqu'à la folie, Adaptation libre de leur correspondance par Agnès Akérib, Ed Triartis, juin 2017, 62 pp

 

03 juillet 2017

Entre amis

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A l"heure de partir en vacances, il fait bon visionner ce film (DVD) injustement traité par la critique, lors de sa sortie en salles obscures (avril 2015). Sous un faciès loufoque et, il est vrai, peu crédible, le film pose la question de la vraie amitié, celle qui subsiste après évacuation des pique-assiettes et amis de circonstances; sans compter les jaloux.

Ainsi Richard (Daniel Auteuil  invite-t-il ses vieux amis, Gilles  (Gérard Jugnot) et Philippe ( François Berléand - il les connaît depuis cinq décennies -  et leurs partenaires, pour leur présenter Daphnée (Mélanie Doutey) sa nouvelle fiancée, de vingt ans, sa cadette.

Pour ce faire, il a mis les petits plats dans les grands et réservé un somptueux voilier et son équipage pour joindre la Corse depuis Marseille

Si le courant passe d'emblée entre Carole (Isabelle Gelinas) et Daphnée, aussi  sympa que maladroite , il n'en va pas de même avec Astrid (Zabou Breitman) qui, omni-branchée à son portable , révèle le caractère pénible qu'elle fait endurer à Philippe.  On peut compter sur elle pour plomber l'ambiance, décocher, punaise, la réflexion qui fâche, qui peine.

Le côté idyllique du voilier va bientôt lui aussi se fracasser à une réalité météorologique déchaînée.

Et c'est là que s'enchaînent les péripéties rocambolesques d'une vraie descente aux enfers.

Un film des plus rythmés..

Entre amis, un film d'Olivier Baroux, Pathé -  DVD (août 2015) 

 

02 juillet 2017

Lapidation

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En réponse-miroir à notre chronique de vendredi 30 juin, savourons cette infusion dominicale, chapitre condensé d'argument,  assez.. lapidaire

"C’est  l'histoire d'une barre médiane qui n'arrive pas à trouver  une autre barre à laquelle s'accrocher en toute confiance."

 

 

Des pierres dans ma poche, Kaouther Adimi, roman, Ed. Seuil, mars 2016, 176 pp

01 juillet 2017

Médan - un second Nohant

L'hospitalité des Zola à Médan est légendaire. Comme celle de George Sand, à Nohant

Aussi, Emile se morfond-il lorsque, à  court de chambre, il doit refuser l'hospitalité - du moins la postposer -  à son ami, Paul Cézanne.

Découvrons la lettre qu'il lui adresse. Prenons-en graine pour .. nos maisons de vacances

Des vacances que je vous souhaite, fabuleuses

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À PAUL CÉZANNE

Médan, 2 juillet 1885

Mon vieil ami, je suis désolé. La mère de Charpentier, qui ne devait pas venir, s'est décidée au dernier moment, et cela va me faire deux personnes de plus, elle et une domestique. Je vais avoir neuf personnes à coucher, toutes mes chambres seront prises; sans compter que je suis menacé des Daudet et de Goncourt.

Je sais combien tu as le désir de venir tout de suite, et moi-même je me faisais un plaisir de t'écrire d'arriver. Mais il va falloir que tu attendes que tout ce monde soit parti, maîtres et valets. Ce qui me console, c'est que nous serons mieux ensuite, plus libres, plus entre nous. J'espère qu'ils ne resteront pas plus d'une dizaine de jours, et je t'écrirai tout de suite, suite, de façon à ce que tu sois ici le soir, s'ils partent le matin.

Ne m'en veuille pas, je viens de chercher toutes les combinaisons imaginables, sans parvenir à te caser convenablement. C'est une invasion qui dépasse ce que j'avais prévu. A bientôt, n'est-ce pas? et vives amitiés de ma part et de celle de ma femme.

(...)

                                                                                                                             Emile Zola

 

 

Paul Cézanne- Emile Zola, Lettres croisées, 1858-1887, Edition établie, présentée et annotée par Henri Mitterand, Ed. Gallimard, sept. 2016, 460 pp [ abrév. PCEZ]

 

30 juin 2017

Des pierres dans ma poche

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" Je suis une barre médiane: bien au milieu, pas  devant, pas derrière, pas laide, pas magnifique. Coincée entre Alger et Paris, entre l'acharnement de ma mère à me faire revenir à la maison pour me marier et ma douillette vie parisienne

Être une barre médiane c'est comme un intégriste sans  barbe, un  policier sans moustache, un chanteur de raï sans cheveux. C'est incohérent."

Rappelée à Alger pour le mariage de sa soeur cadette, la narratrice convoque les souvenirs liés à sa famille,  àson enfance, toutes ces " pierres" qui meublent la poche de son habit devenu parisien.  Et de s'interroger sur son identité et la pression maternelle exercée sur son célibat de trentenaire jugé indécent.

On rejoint en là bien des observations autobiographiques jaillies de la plume de Magyd Cherfi et sa "Part de Gaulois"' (chronique sur ce blog) .

Le texte est porté par une plume fluide, coupé de chapitres courts, vifs et parfois lapidaires.

Un deuxième roman soumis également à notre lecture pour le jury du Prix Horizon 2018

Des pierres dans ma poche, Kaouther Adimi, roman, Ed. Seuil, mars 2016, 176 pp

29 juin 2017

Petite fantôme

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 Deuxième roman de Mathilde Alet, Petite fantôme figure parmi les quelque quarante ouvrages soumis à notre jury du Prix Horizon 2018  et à ce titre, une belle découverte.

"Les quelques jours deviennent semaine,  les semaines  s'enchaînent, une, puis deux, puis trois. Elles sont
remplies de mercredis: les avant-mercredis, les après- mercredis et les mercredis. Même les week-ends quittent le calendrier. Les avant-mercredis sont essentiellement consacrés à la crainte du mercredi, et les après-mercredis aux regrets. Le mercredi lui-même est aussi terrifiant qu'un troisième lundi de janvier"

Le mercredi est jour de rendez-vous entre Gil (berte) et Jo(séphine), deux soeurs aux physiques et tempéraments assez dissemblables.. Un projet commun les réunit - mais peut tout autant fissurer leur relation -  qui va générer un contrat incongru:  après s'être vu refuser son premier roman, Gil va en écrire un deuxième qu'elle signera du pseudonyme d'Esther Egova, tandis que Jo, belle et médiatique endossera toute la promotion du roman. Autrement dit, le soeurs fusionnent, le temps de la publication,  leurs identité sous  une seule, celle d'Esther,  avec interdiction à Gil d'apparaître au public. Jo est le "visage" d'Esther, Gil en est la "petite fantôme"

" Mais l'inéluctable destin d'une fissure, c'est l'effondrement"

Analyse intéressante du milieu littéraire, ses us, ses réactions et des mécanismes qui procèdent de la genèse d'une oeuvre, le roman est porté par une écriture sobre, factuelle, agréable.

Petite fantôme, Mathilde Alet, roman, Ed. Luce Wilquin, oct.2016, 152

 

 

28 juin 2017

Marcher à côté de ses pompes

Ce n'est vraiment pas ce que je vous souhaite, en cette veille des vacances d'été.

Je préfère vous inviter à une aimable balade , " à la bonne franquette" dans ce recueil de 100 expressions populaires dont Catherine Guennec, infatigable traqueuse de bons mots nous révèle l'origine, depuis la nuit des temps.

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"C'est Byzance" me direz-vous .

Certes.

D'autant que parfois, "les bras vous en tomberont"  en constatant les glissement de sens, de sons, de certaines expressions.

Du ton alerte et enjoué qui signe ses écrits, Catherine Guennec ne se contente de vous signifier l'origine des métaphores - souvent argotiques - elle vous nourrit également - c'est que du bonheur - de synonymes. Vous apprendrez ainsi qu'au lieu de rouler [la viande$ dans la farine , vous pouvez simplement la "singer'"

Prenez-en de la graine plutôt que pour votre grade.

Loin de ramener sa fraise, Catherine Guennec a la culture aussi généreuse qu'elle est abyssale.

Vous boirez du petit-lait, à la lecture de ce sympathique recueil. C'est tout le bien que je vous souhaite.

Ainsi qu'un merveilleux été

Apolline Elter

Marcher à côté de ses pompe et 99 autres expressions populaires, Catherine Guennec, recueil, Ed. First, mai 2017, 208 pp

27 juin 2017

Une bien curieuse machine que l'homme

product_9782710378013_195x320.jpg De Charlotte Brontë à son amie Ellen Nussey (27 mai 1854):

" (...)C'est une bien curieuse machine que l'homme, quand il manifeste - pour ainsi dire - toute la faiblesse - de sa prétendue force. N'importe quelle fillette de plus de huit ans serait en droit de lui reprocher ses caprices d'enfant gâté et ses entêtements absurdes (...)"

 Lettres choisies de la famille Brontë, 1821-1855,  traduites de l'anglais et annotées par Constance Lacroix, Ed. Quai Voltaire, avril 2017, 624 pp

26 juin 2017

Article 353 du code pénal

9782367623214-001-X.jpeg Poussé à bout par un enchaînements d'événements toxiques - son divorce, le délire qui a mené son fils, Erwan en prison , son licenciement et l'arnaque opérée   par Antoine Lazenec,  un promoteur immobilier véreux,  Martial Kermeur précipite ce dernier à la mer.

Il va de soi que cela ne se fait pas et qu'il devra répondre de cet homicide devant la Justice.

Interrogé par le juge di'instruction , Martial  décline,, méthodiquement et par la voix sublime de Feodor Atkine - la séquence des événements qui l'ont conduit à accomplir le geste fatal. La séance semble relever davantage d'un entretien psychanalytique que d'un interrogatoire judiciaire.

Va-t-il convaincre le juge, dans l'intime liberté de son verdict du bien-fondé de son ressentiment? 

Vous le saurez en écoutant ce roman fascinant.

Article 353 du code pénal,  Tanguy Viel, roman, , Ed. Minuit, février 2017, Ed. Audiolib, avril 2017, texte intégral lu par Féodor Atkine, , durée: 4 heures.

25 juin 2017

Votre commande a bien été expédiée

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"La nuit est le refuge indispensable des conversations à cœur ouvert, où l'on se livre et l'on partage sans compter. Jamais la journée ne pourra offrir ce temps qui s'étire, cet éloignement du quotidien nécessaire à ceux qui se racontent, il faut pour cela que la majorité donne, que les commerces soient clos, que le monde ait baissé d'un ton pour que l'on puisse s'entendre. Alors peuvent s'ouvrir ces brèches magnifiques, élargies peut-être par un vin soyeux emportant plus loin encore les conversations nocturnes."

Votre commande a bien été expédiée, Nathalie Peyrebonne, roman, Ed Albin Michel, juin 2017, 222 pp 

24 juin 2017

Votre commande a bien été expédiée

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"Le 6 janvier 2014, Eugène passe commande d'une cocotte lrone, fonte émaillée intérieur et extérieur, couleur rouge, vingt-huit centimètres, utilisable sur tous feux dont induction et au four, répartition homogène et progressive de la chaleur, lavable au lave-vaisselle,garantie à vie.

Il exerce alors le métier de comptable depuis plus de dix-neuf ans."

  Ains'Incipit le roman savoureux de Nathalie Peyrebonne, tout frais paru en ce joyeux premier mois de l'été.

D'emblée, la commande d'Eugène Benengeli  revêt une  portée dramatique qui préfigure une séquence d'événements aussi loufoques que distrayants. Car vous vous en doutez, l'envoi ne se réalisera pas telle  une lettre à la poste...

S'ensuivent une série d'échanges de mails entre Eugène, inquiet de la non-réception de son colis et Lucia, consciencieuse conseillère-clientèle auprès de la firme de commercialisation desdites cocottes .

On peut comprendre notre infortuné comptable : "L'absence de cet objet dont il s'est jusqu'alors parfaitement bien passé l'irrite un peu plus chaque jour."

Et l'on ne peut que se réjouir de la tournure épistolaire que prend alors le roman. Des échanges à ce points réussis, adaptés, que les scripteurs décident de se voir - à Biarritz, où vit Eugène - passant de la sympathie virtuelle à la rencontre incarnée.. Elle est belle, la vie..

Plus belle, à coup sûr, que celle décrite dans cette émission de télé-réalité, version seniors, qui investit, par épisodes, la toile du roman.

Et la cocotte, me demanderez-vous, est-elle arrivée à bon port? 

Je ne vous réponds pas... me contentant d'affirmer : " Votre commande a bien été expédiée"

A Elter

Votre commande a bien été expédiée, Nathalie Peyrebonne, roman, Ed Albin Michel, juin 2017, 222 pp

 

23 juin 2017

Poésie noire au musée Emile Verhaeren

 Tout n'est que vers - enfin presque - auprès de notre cher Emile Verhaeren.

Mais notre vert poète connut aussi sa période noire, nourrie d'angoisses , de "spleen" et d'un mal-être physique. Il produit alors sa "trilogie noire" , de 1888 à 1891,  persuadé de cette source d'imagination prodigieuse que constitue la souffrance. Et ce n'est pas l'ami Baudelaire qui le contredira. Le mariage avec Marthe Massin, scellé le 31 août 1891, mettra un terme à ce sombre état

Le musée provincial Emile Verhaeren, situé à Sint-Amands, lieu de naissance du célèbre écrivain, consacre une exposition au sujet. Elle se déroule du 18 juin au 26 novembre

Vous en trouverez tous renseignements pratiques sur le site dont voici les coordonnées:

Emile Verhaerenmuseum

Verhaerenstraat 71, B-2890 Sint-Amands, + 32 (0)52 33 08 05

verhaerenmuseum@skynet.be - www.emileverhaeren.be

 Pour l'heure je vous livre le communiqué de presse aimablement fourni par Rik Hemmerijckx, conservateur du musée et commissaire de l'exposition.  Vous pourrez en inscrire la visite, ainsi qu'une balade à vélo, au programme de l'été.

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Scan0001.jpg"En tant que poète, Emile Verhaeren a su jouer sur différents registres : allant d’une poésie de la grande ville jusqu’à une poésie d’amour, en passant par la Flandre et l’Escaut. Mais, dans les années 1888-1891, il a également pratiqué une poésie noire et tourmentée, en concordance avec l’atmosphère de fin de siècle. Les titres de cette trilogie noire sont assez parlants : Les Soirs (1888), Les Débâcles (1888) et Flambeaux noirs (1891). Toutes sortes d’angoisses, d’obsessions, de traumatismes et de cauchemars y font leur apparition. La mort, la maladie et la folie sont très présentes et le poète s’adonne même à un certain masochisme : “Sois ton bourreau toi-même!”. La trilogie noire est mise en rapport avec la neurasthénie de Verhaeren, mais elle était aussi liée avec le décadentisme, très en vogue dans le monde artistique de cette époque. Avec cette poésie sombre, particulière, Verhaeren s’est lancé comme une des figures de proue du courant symboliste en littérature.

La présente exposition est focalisée sur cette poésie noire dont elle présente les éditions originales, devenues assez rares, et les images d’Odilon Redon, baignant dans la même ambiance. Il y a également quelques dessins de Fernand Khnopff et de Théo Van Rysselberghe. Pour cette exposition, plusieurs artistes contemporains - Franklin, Sanne De Wolf, Vigdis De Cauter, Martha Verschaffel, Vladimir Ivaneanu, David Verstraete, Ben Kockelkoren – ont créé spécialement des œuvres qui se rapprochent de l’atmosphère de cette poésie noire."

 

22 juin 2017

Romain Gary s'en va-t-en guerre

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 Son père demeure une intrigue. Le garçon n'arrive pas à le voir comme celui que Nina lui décrit, un être ignoble, un lâche dont les valeurs morales ont été corrompues par la concupiscence et la luxure.
Roman reste persuadé qu'un jour, ayant soudain mesuré la gravité des faits qui lui sont reprochés, l'homme se reprendra, réintégrera le domicile familial pour retrouver la place qui est la sienne. Le fils a foi en son père. Il nourrit l'espoir de revivre à ses côtés les splendeurs du temps d'avant."

S'il est lié à sa mère, Nina,  par une relation fusionnelle que ses biographes ne manquent  de souligner, Roman Kacev, as Romain Gary ( 1914-1980) as aussi Emile Ajar, ... notamment .. n'était pas le fils de cet acteur célèbre qu'il s'est inventé. Arieh, son père, était fourreur - Roman pense, un temps, lui succéder en son métier - mais surtout, il a déserté le foyer conjugal pour refaire sa vie avec une autre femme.

A l'heure où il dit adieu à son propre  père, le romancier Laurent Seksik nous plonge dans le  milieu de années '20 et ce ghetto de Wilno ( Vilnius en Lituanie) dont Nina tente de s'extraire pour emmener son fils à Paris, ville de tous les espoirs.

Sa mère répétait qu'à Paris on ouvrait sa porte aux étrangers, on partageait le pain et l'eau; on vous disait français à peine aviez-vous entonné La Marseillaise, ou si vous récitiez un seul vers de Victor Hugo – il connaissait par cœur six poèmes des Feuilles d'automne. À Berlin, affirmait Nina, on avait compté un grand ministre juif du nom de Rathenau.
L'homme était mort assassiné. Roman, lui, saurait vendre cher sa peau.

ô mythes, qui nous tenez..

A Elter

Romain Gary s'en va-t-en guerre, Laurent Seksik, roman, Ed. Flammarion, janvier 2017, 230 pp

21 juin 2017

Voyager

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Le thème est de saison.

Célébrons, avec la venue de l'été, le récit de voyages et de vie - riche de quatre mariages - que nous propose le célèbre écrivain américain.

"Depuis l'âge de dix-huit ans, comme emporté par un courant océanique, j'ai dérivé en direction du sud et de Miami, entraîné vers le golfe du Mexique et les Caraïbes, par un fantasme érotisé que le garçon blanc et protestant de la Nouvelle-Angleterre que j'étais entretenait sur l'histoire, la géographie, le climat, la culture et les races des pays semi-tropicaux."

De Cuba - et l'ombre "tutélaire" d'Ernest Hemingway- aux chaînes de l'Himalaya dont l'ascension est une école de vie,  Russell Banks convoque le lecteur dans un voyage dans l'espace, le temps, sa vie intime et l'oeuvre en marche de son destin

Voyager, Russell Récits de voyages traduits de l'anglais(USA) par Pierre Furlan, Ed Actes-Sud, mai 2017, 320 pp

 

20 juin 2017

Evitons la publicité

product_9782710378013_195x320.jpg De Charlotte Brontë à son père(5 décembre 1849)):

" (...) Je vais sans bruit mon chemin. Je soupçonne que la plupart des  gens savent qui je suis, mais ils sont trop bien élevés pour le laisser voir - de sorte que j'échappe au tumulte et à publicité qui me sont si désagréables. (...)"

 

 Lettres choisies de la famille Brontë, 1821-1855,  traduites de l'anglais et annotées par Constance Lacroix, Ed. Quai Voltaire, avril 2017, 624 pp

19 juin 2017

Les z'examens

Il ne fait pas un pli que le mois de juin se fait long,  lourd, pesant, tandis que nos charmantes têtes blondes et foncées carburent à plein rendement de cellules grises.

Pour les soutenir, les colorer, rien de tel qu'un joyeux buffet vitaminé

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Sans oublier, le taboulé du tas de boulot: 

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Apolline, Les pensées studieuses et imagées d'un lundi de mi-juin