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16 mars 2018

Mary Cassat - Une impressionniste américaine à Paris

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 Une exposition de ravissante, passionnante facture traversera le printemps - attendu -  et les salles du musée Jacquemart- André (Paris VIII) , du 9 mars au 23 juillet prochains, à savoir Mary Cassatt - Une impressionniste américaine à Paris.

Elle est soutenue de l'édition d'un catalogue - beau livre illustré, en tous points remarquable. Il nous permet d'intégrer la visite dans l'effervescence artistique, mais aussi l'atmosphère de l'époque

Née en Pennsylvanie d'une famille aisée,  d'origine française huguenote, Mary Cassatt (1844-1926)  conquiert rapidement son indépendance en assouvissant, à Paris,  l'appel de sa vocation artistique. Refusée d'inscription aux Beaux-Arts  - elle cumule le double handicap d'être femme et de surcroît étrangère -  Mary suit les cours de Jean Léon Gérôme (1824-1904) .  Sa technique (bien) acquise est de facture réaliste et ses oeuvres se voient acceptées aux "Salons" de 1872 à 1876. Le refus de deux de ses toiles  à l'édition 1877 du Salon la fera virer de cap et intégrer, à l'invitation de Degas, son ami, le groupe des impressionnistes

 Datée de 1877-78, la " Petite fille dans un fauteuil bleu" consacre l'entrée de Mary Cassatt dans la mouvance impressionniste ainsi que le symbole de l'exposition.

 Mary reste attachée à sa famille et à sa soeur Lydia qu'elle représente dans la sublime "Tasse de thé".

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  Un attachement qui lui vaudra de nombreux portraits familiaux, saisis avec naturel et tendresse et une conversion progressive - entre 1881 et 1891 - en peintre de " La madone moderne" . Mary représente alors la relation maternelle dans toute sa sensualité, captant cette fusion corporelle à laquelle elle n'a pas goûté, restée célibataire et sans enfants

1881 consacre également sa rencontre et le début d'une amitié durable avec le marchand d'art Paul Durand-Ruel;  

Mais Mary ne se cantonne à cette simple veine "familiale"  d'inspiration. Elle aime relever les défis et intègre à son art, la simplification des lignes et le faciès des estampes japonaises. 

 Fusains, pointes sèches,  pastels, aquarelles, gravures (vernis mou) ... accompagnent l'exposition des huiles , révélant les faces multiples d'une  Elisabeth Vigée-Lebrun, à la mode Belle époque.

Je vous en recommande la visite, ainsi que la découverte du catalogue

Apolline Elter

Mary Cassatt - Une impressionniste américaine à Paris,  Nancy Mowll Mathews (dir), Flavie Durand-Ruel Mouraux et Pierre Curie,  beau livre publié à l'occasion de l'exposition, Co-édition, Musée Jacquemart- André, Institut de France, Culturespaces et Fonds Mercator, mars 2018, 180 pp, 

Exposition: du 9 mars au 23 juillet 2018 - Musée Jacquemart-André,  158 Bd Haussmann - 75.008 Paris

Toutes précisions sur le site : http://www.musee-jacquemart-andre.com/ 

15 mars 2018

Les Salons littéraires - De l'hôtel de Rambouillet..sans prétention

.salons littéraires.jpgFocalisé sur la célèbre "chambre bleue", entendez le salon de l'hôtel Rambouillet, au sein duquel la marquise Catherine de Vivonne tint quarante années durant - la première moitié du XVIIe siècle - le plus célèbre salon littéraire de la Capitale, l'essai entend quelque peu démythifier la gloire qui lui est accrochée.

Nous avons cherché à en contester la vision traditionnelle, accréditée dans l'opinion et amplifiée par l'attitude laudative, trop souvent adoptée. Notre analyse de l'univers de la Marquise s'est efforcée
de rétablir les proportions plus modérées de la question et de parler des amis du cercle en termes propres, afin de définir leur vraie identité et de déterminer ainsi le noyau psychologique du salon où ils se jetèrent à corps perdu. De lui rendre le privilège d'être ce qu'il fut. Pour ce faire, il a fallu déchirer la légende et
renverser quelques statues.

 Cénacle littéraire aux membres triés sur le volet - Chapelain, Voiture, Bossuet, Guez de Balzac,  Madeleine de Scudéry, notre chère marquise de Sévigné, ...-  le salon fut l'antre de réunions précieusement codées, conviviales - il s'agissait de se "désennuyer " , danser, jouer, se déguiser, organiser farces, surprises et cadeaux (dans le sens premier de collations champêtres) ...- de  joutes discursives et de querelles célèbres, telle la "Querelle des Supposés" et celle du Cid.  Il se prolongeait d'échanges épistolaires, dûment répertoriés, qui nous renseignent parfois sur la véritable atmosphère des réunions, au gré d'indiscrétions, de distractions au code de la préciosité, savamment distillées.

De santé précaire, la marquise recevait ses hôtes, en position allongée.  Initié vers 1608, le salon ne survécut pas à la Fronde (1648-1653) qui vit sa compagnie exploser.

Assumant son parti-pris iconoclaste, l'essai offre un regard neuf sur un Salon des plus mythique

A Elter

Les Salons littéraires, De l'hôtel de Rambouillet..sans précaution, Barbara Krakewska, essai, Ed. Jourdan, janvier 2018, 366 pp 

14 mars 2018

Les Rêveurs

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 Notre vie ressemblait à un rêve étrange et flou

 C’est un premier roman,  largement nourri de l’enfance, de la vie d’Isabelle Carré.  Dans une interview accordée à Léa Salamé, la comédienne justifie la forme romanesque  prêtée aux faits par une « redistribution des cartes à sa façon. »

Née du couple hybride d’une mère d’origine aristocrate et d’un père issu d’une famille de cheminots, la narratrice se replonge dans la « famille bordélique » qui a construit son enfance,  dans les parfum et atmosphère propres aux années ’70, avec le prisme d’incompréhension qui fut sien face à l’inexorable naufrage du couple parental et la découverte de l’homosexualité paternelle.

 « Qu’est-ce qui cloche ? Qu’est-ce qui a tout fait déraper ? Ils n’ont pas toujours été si fragiles. Leur monde n’a pas pu chavirer comme ça, du jour au lendemain, sans signe avant-coureur. »

 Et l’actrice, consciente de l’image lisse,  « discrète et lumineuse »  qu’elle arbore, d’ouvrir une fenêtre sur ses angoisses, questions, fragilités qui l’ont conduite, adolescente, à une profonde crise existentielle.

«  Je suis le fruit d’un malentendu »

Le théâtre, le cinéma lui rendent goût à la vie, qui lui permettent d’en endosser cent, de revisiter d’une démarche mure et cathartique, ses nombreux carnets de notes et de les partager avec le lecteur.

Un premier roman sensible et généreux.

Les Rêveurs, Isabelle Carré, roman, Ed. Grasset,  janvier 2018, 304 p

 

13 mars 2018

Mar-dites-moi, Marceline Loridan-Ivens

9782246812432-001-T.jpeg Découvrant, quelque 50 années après l'avoir emmenée en tous ses lieux de résidence, une valise d'Amour  remplie de lettres, souvenirs, documents,.... Maceline Loridan-Ivens, s'interroge sur les critères qui lui ont fait conserver des missives, à ce jour, complètement oubliées...

C'est une question qui trouve belle place, en notre rubrique épistolaire du mardi.

"Pourquoi avoir gardé ce mot? Pour un jour le glisser dans la machine à lire des mal-voyants, poser la demi -feuille jaunie sur la surface vitrée, mon encre noire sous la forte lumière, mes mots secrets sous la puissante loupe, et me dire: J'ai continué. J'ai même fini par écrire ce qui m'est arrivé. Alors tu vas continuer, jeune femme, te laisser porter par les courants, les combats, le désir des hommes. Et le jour où tu deviendras une vieille dame aveugle, tu seras plus forte que n'importe qui, tu trouveras un jeune homme pour te faire danser."

 L'amour après, Marceline Loridan-Ivens, témoignage recueilli par Judith Perrignon, Ed. Grasset,  janvier 2018, 160 pp

12 mars 2018

Le champ de bataille

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« Avoir un adolescent, c’est accepter de savoir perdre son temps. Et avoir de fréquentes envies de meurtres sans jamais passer à l’acte. »

Le champ de bataille, Jérôme Colin, roman, Allary Editions, mars 2018, 208 pp

 

11 mars 2018

Intégrer l'Histoire

9782246812432-001-T.jpegtheiere-design-eva-solo-1l-rouge-1.jpg "  (...) l'Histoire m'a choisie, mastiquée, déchiquetée, recrachée survivant, et plutôt que de la fuir, de me soigner aux sentiments et aux passions intimes, je ne peux vivre sans elle, je la longe comme on suit un cours d'eau, par peur de me perdre. J'ai vécu, aimé et travaillé tout près d'elle."

  L'amour après, Marceline Loridan-Ivens, avec Judith Perrignon, récit, Ed. Grasset,  janvier 2018, 160 pp

 

10 mars 2018

L'amour après

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"J'ai perdu la vue à Jérusalem. Ça n'a rien à voir avec Dieu, je n'y crois pas. Mais ça n'est pas arrivé n'importe où, pas dans n'importe quel décor, c'est arrivé là-bas, comme ça, d'un coup. Et je n'ai pu m'empêcher d'y chercher un sens, un signe. Je cherche encore " 

Ains'iNCIPIT   un des récits les plus forts qu'il m'ait été donné de lire. Le témoignage est celui de Marceline Loridan-Ivens,  née Rozenberg, le 19 mars 1928, rescapée des camps de la mort , le 10 mai 1945. Il sera à l'honneur de notre blog, tout le week-end du 17 mars prochain.

L'amour après, Marceline Loridan-Ivens, témoignage recueilli par Judith Perrignon, Ed. Grasset,  janvier 2018, 160 pp

 

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09 mars 2018

Centenaire du décès de Claude Debussy

correspondance cover.jpg Le célèbre compositeur décédait, voici bientôt cent ans, le 25 mars 1918

C'était un prolixe et habile épistolier

Aussi lui rendons-nous hommage, toute la semaine du 20 mars durant, avec en point d'orgue, si j'ose dire, une infusion épistolaire, le dimanche 25 mars à  17 heures, à l'occasion de notre High Tea hebdomadaire.

 

 Claude Debussy, Correspondance(1872-1918) , édition établie par François Lesure et Denis Herlin et annotée par François Lesure, Denis Herlin et Georges Liébert, Ed. Gallimard, juillet  2005, 2332 pp

 

08 mars 2018

La tresse

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 " C'est un étrange ballet que celui de mes doigts 

Ils écrivent une histoire de tresse et d'entrelacs."

 

  Premier roman et coup de maître pour la scénariste Laetitia Colombani. 

   Saisies à l'aube d'une journée nouvelle et d'un tournant majeur de leur vie,  L'Indienne Smita, la Sicilienne Giulia et la Québéquoise Sarah vont voir leur destin basculer.

   Trois jeunes femmes que tout sépare,  la condition sociale, les continents, les chapitres qui se succèdent en ordre immuable et tressent le défi que chacune doit relever:  Smita, Intouchable, veut que sa fillette Lalita aille à l'école, échappe au destin misérable des siens. Elle est prête à traverser toute l'Inde pour ce faire.  Héritière du savoir-faire de la maison Lanfredi qui crée perruques et postiches au départ de  chutes de chevelures autochtones- les cascaturas - Giulia réalise que l'enseigne est au bord de la faillite. Quant à Sarah Cohen, jeune mère divorcée, brillante avocate, elle fracasse sa mécanique carriériste à la réaction de son entourage professionnel, quand ce dernier apprend le cancer qu'elle veut lui cacher.

" (...) Sarah est devenue son cancer."

  Inscrites dans les us et coutumes de chacune de leurs communautés, les tranches de vie saisies, magnifiquement accommodées, vont peu à peu converger vers une sorte de "struggle for life" commun et une symbolique et constituante passation de cheveux.

Une lecture recommandée. 

Apolline Elter

La tresse, Laetitia Colombani,  roman, Ed. Grasset, mai  2017, 224 pp

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Parue également dans sa version audiolivresque, Ed. Audiolib, nov. 2017. Texte intégral lu par Laetitia Colombani, Rebecca Marder et Estelle Vincent - durée 5 h 04

 

07 mars 2018

Le retour du héros

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 Il est fier, il est beau, le - forcément - preux capitaine Neuville (Jean Dejardin) , hussard de l'armée napoléonienne.

Napoléon peut compter sur son ardeur, au même titre que Pauline  Beaugrand(Noémie Merlant) , sa toute fraîche fiancée, sur ses missives passionnées, tandis que le capitaine s'en va combattre les Autrichiens

Las, notre homme n'est qu'un imposteur, doublé d'un déserteur

Alors pour ne pas décevoir de sa petite soeur,  l'ardeur - et même la survie  - Elisabeth ( Mélanie Laurent) imagine de rédiger elle-même le courrier des exploits de son indigne promis. Et d'en imaginer la fin aussi héroïque que tragique.

L'aventure prend  de ce fait un tour épistolaire d'élégante facture

Las notre homme revient, auréolé de cette gloire, en toutes lignes inventée

Il va falloir assurer. Assumer le mépris d'Elisabeth, laquelle a tout compris.

Fin  pastiche des épopées héroîques, romantiques à souhait, sur fond de  musique de western (signée Mathieu Lamboley, ponctuation idoine de l'atmosphère cherchée) ,le film nous invite à dévisser joyeusement tous les poncifs du genre

Il suffit de se brancher second degré, ne pas se prendre la tête et de passer un excellent moment

Le retour du héros, Un film de Laurent Tirard

En salle, depuis le 9 février 

 

06 mars 2018

Modestie félicienne

 

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 L'ami

Fély...

Mais oui,

il me séduit,

brillait plus par son libre esprit

que par sa modestie.

Ce n'est pas injure que de le constater

 

Il affirmera cependant , en une lettre adressée  à Emile Bergerat ( ni datée, ni localisée) 

 «  J’ai eu cette singulière fortune, d’être moi, rien du tout & personne & n’ayant point mérité de l’être, presqu’un confident des derniers jours, de François Millet & de Baudelaire ! »

S www.ropslettres.be

05 mars 2018

le comble de l'hospitalité

IMG_0774.jpgL'hospitalité consiste parfois à annuler, en dernière minute, une festivité quand l'accès à cette dernière, risque de mettre à mal le confort de ses invités.

Apolline, Les pensées non comblées du lundi 

04 mars 2018

Ron Ron

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theiere-design-eva-solo-1l-rouge-1.jpgUne conversation qui, j’allais le constater les mois suivants, poussait le vieux à faire de son cœur un endroit plus détendu et plus fréquentable. Ron réussissait là où je ne m’étais même jamais aventuré, porté par une forme d’inconscience qui lui permettait de ne rien respecter du mauvais caractère de mon père

 Apprendre à lire - Le père, le fils et l'amoureux, Sébastien Ministru, roman, Ed. Grasset, janvier 2018, 160 pp

 

03 mars 2018

Apprendre à lire

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- Et je serais un meilleur fils si je t’apprenais à lire ?

J’ai posé la question sur le ton de la plaisanterie, cherchant à provoquer chez mon père une suite à cette conversation qu’il avait lui-même dirigée sur le sujet des mots. C’est une conversation à laquelle je ne m’étais absolument pas attendu et que, pour sa part, il trouvait déjà embarrassante.

 Embarrassé d'un père vieux, rustre et bourru, bourreau de son enfance, le narrateur saisit, au hasard d'une demande impudique, celle d'"apprendre à lire », la honte existentielle qui torture son père, analphabète. Cette blessure est  assurément la  source de son immense rancoeur.   Berger durant son enfance sarde, le vieillard a été interdit d'instruction.  La perte inopinée de son épouse,  jeune mère du narrateur,  a engendré une fracture a priori irréversible dans la relation du père et du fils.

 Je n’arrive toujours pas à croire que je me sois laissé avoir. Je cherche à quel moment j’ai baissé la garde pour me laisser embarquer dans cette mission grotesque qui, de toute façon, n’aboutira jamais à rien. Mon père veut apprendre à lire et à écrire et ce n’est pas une plaisanterie. J’ai accepté de lui apprendre à lire et à écrire et c’est une catastrophe

 Roman court, dense, sensible, pudique, bouleversant, ..d'apprentissage,  Apprendre à lire est surtout le récit de l'apprivoisement, de l'ouverture, de la découverte- inattendue -de l'autre. Se greffent aux obstacles de la communication père-fils, les thèmes de l'homosexualité masculine, de la prostitution estudiantine,  de l'usure de l'attrait sexuel dans les couples qui durent. Sans oublier-  et c'est un point-phare de la narration - la possible abolition du clivage générationnel qui sépare un homme sombre et acariâtre d’un jeune et fougueux répétiteur, surnommé «  Ron ».

D'une atmosphère en clair-obscur - à la Sorj Chalandon -  teintée de formules fortes, réfléchies, décapantes, ce premier roman révèle une maîtrise de plume évidente.

Une lecture recommandée

Apolline Elter 

 Apprendre à lire - Le père, le fils et l'amoureux, Sébastien Ministru, roman, Ed. Grasset, janvier 2018, 160 pp

 

 

02 mars 2018

Apprendre à lire

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La vieillesse et la jeunesse ont cela en commun qu’il faut faire vite – pour l’une parce qu’il n’y a plus de temps à perdre, pour l’autre parce qu’il n’y en a jamais eu à économiser.

 Apprendre à lire - Le père, le fils et l'amoureux, Sébastien Ministru, roman, Ed. Grasset, janvier 2018, 160 pp

Rendez-vous demain pour la chronique de cette belle lecture

06:34 Publié dans Infusions | Commentaires (0) |  Facebook |

01 mars 2018

Falaise des fous

137537_couverture_Hres_0.jpg"Le monde est une falaise sans forme, sans loi. Sans le ciel ni la terre. Sans porche ni montants. Une cathédrale rendue à l'état liquide où la planéité se confond avec la profondeur.L'immanence avec la transcendance. Émergent des reliques fleuries, à moins qu'il ne s'agisse de chapelets d'embryons stellaires. Toutes les figures s'y retrouvent comme des fantômes. Nos morts et nos naissances."

Fasciné par Claude Monet - et toute la mouvance qui gravite autour de lui - le narrateur,   un jeune Normand recueilli chez son oncle, à Etretat,  amorce le récit, fresque grandiose de soixante années fécondes en événements majeurs, de 1868 à 1927 .  A la grande Histoire  - dont l'auteur rend compte avec une précision remarquable - se mêle la saga familiale, romanesque et vivante du narrateur.

Et le lecteur de savourer, en toute aménité, les rencontres et évocations de  Manet, Monet, Degas, Courbet, Cézanne,  Boudin,  Ingres, les soeurs Morisot Durand-Ruel ,  Hugo, Proust,  Camondo... tandis que défilent la guerre de Prusse, la Commune, l'incendie du Bazar de la Charité,  la Grande Guerre... et le fruit d'une érudition édifiante

A Elter

Falaise des fous, Patrick Grainville, roman, Ed. Seuil, janvier 2018, 644 pp

  

28 février 2018

Les guerres de mon père

 Schneck.jpg " Il m’a fallu vingt-cinq ans pour être capable d’affronter ce qu’il cachait"

Colombe Schneck, nous le savons, est constamment en recherche de vérité.  La sienne - souvenez-vous de Dix-sept ans  (Ed. Grasset, 2015) -  celle de sa famille, de ses origines - je vous  invite à relire La Réparation  (Ed Grasset 2012) et  les  chroniques  parues sur ce blog.  Elle nous revient, en ce début d'années, avec un hommage à son père,  Gilbert Schneck, décédé voici quelque  trente ans, le 17 juin 1990 , et surtout une quête,  une enquête, sur les brisures, traumatismes successifs,  souffrances intimes et  donc combats que cet homme généreux cachait sous une attitude altruiste volontairement souriante.

 Revient la question identitaire, celle que se posent tant de Juifs lâchés, durant la guerre 40-45,  par le régime de Vichy et une  France dont ils se sentent citoyens à part entière . Cette question taraude aujourd'hui encore l'écrivain:

Nous étions des Français douteux, aujourd’hui je le suis encore. Cela est caché. À me regarder, si installée, qui pourrait le deviner ? 

 A cette souffrance identitaire qu'elle partage avec son père, Colombe Schneck ajoute aussi la difficulté de se sentir aimé (e). Son père compensera sa propre faille en dispensant beaucoup de tendresse aux siens et en particulier  à sa fille  .  Il cumule, sa vie durant, des sentiments de honte dont il ne peut se défaire. Honte de la disparition de son propre père, honte d'avoir dû servir les forces françaises en Algérie, en tant que médecin.

Une fois ces hontes  - non justifiées - identifiées, la narratrice peut accepter la mort de son père. L'enjeu est cathartique, il est constructif:

J’aurai bientôt l’âge de mon père, je le regarde avec amour et tendresse, nous sommes presque égaux aujourd’hui. Je pourrais lui dire, Je t’aime et je ne suis pas toujours d’accord avec toi. D’une certaine manière, je suis plus libre qu’il ne l’était.

Les guerres de mon père, Colombe Schneck, récit, Ed. Stock, janvier 2018, 306 pp

27 février 2018

De l'intérêt de publier la correspondance des écrivains

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Tous les écrivains ne sont pas nécessairement de bons épistoliers, mais toutes les correspondances publiées sont éloquentes par ce qu'elles nous disent tant du monde des lettres que du combat de l'écrivain avec la page blanche

 

André Breton - Correspondance avec Tristan Tzara  et Francis Picabia 1919-1924, présentée et éditée par Henri Béhar,  Ed. Gallimard, déc. 2017, 256 pp 

26 février 2018

Troisième roue de notre cycle d'actualité littéraire

1353007998.9.jpgFrais (certes..), pimpant, restauré de la chute intempestive d'une branche aussi colossale que meurtrière, le Pavillon entame, ce lundi 26 février, son troisième cycle d'actualité littéraire. Nos fameu(ses)...4 L.

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La rentrée de janvier est belle, qui offre libre cours aux tracés de plumes confirmées, affranchies de la course aux prix littéraires,  à l'élection présidentielle, que nous avons connue en septembre et janvier 2017

Voici la liste des ouvrages présentés:

 1. Romans

  • Pactum salis, Olivier Bourdeaut
  • A la folie, Clémentine Célarié
  • Le Champ de bataille, Jérôme Colin
  • La tresse, Laetitia Colombani
  • Laisse tomber les filles, Gérard de Cortanze
  • La Fissure, Jean-Paul Didierlaurent
  • Falaise des fous, Patrick Grainville
  • Une femme que j’aimais, Armel Job
  • Céleste et Sagan, Jean-Claude Lamy
  • Couleurs de l’incendie, Pierre Lemaître
  • Apprendre à lire, Sébastien Ministru
  • L’Affaire Mayerling, Bernard Quiriny
  • Les loyautés, Delphine de Vigan
  • L’art de se perdre, Alice Zeniter

  2. Essais – biographies 

  • André Breton, correspondance avec Tristan Tzara, Francis Picabia, Henri Béhar
  • Dictionnaire amoureux de l’humour juif, Adam Biro 
  • Le cahier rouge des plus belles lettres de la langue française, Arthur Chevallier
  • Souvenirs culinaires d’une enfance heureuse, Alice Danchokh
  • Les guerres de mon père, Colombe Schneck
  • Lettres à Dominique Rolin, 1958-1980, Philippe Sollers
  • La déflagration, Caroline Barjon & Patrick Stefanini

 3.     Audiolivres

  • Double piège, Harlan Coben
  • L’Appel sauvage, Jack London
  • Construire un feu, Jack London
  • Le tour du monde du roi Zibeline, Jean-Christophe Rufin
  • La vie secrète des arbres, Peter Wohlleben

 4. Rétro-liseur

 Jolie libraire dans la lumière, Frank Andriat

*****

Café-Classe

L'année, la saison,  nouvelles vous invitent à l'inauguration de notre nouveau concept gourmand

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La dégustation littéraire ( actualité, classes épistolaires) , accompagnée de celle d'un café / thé  d'excellence choisi et d'une tablette de Café-Tasse battant ....pavillon aux couleurs de votre antre préférée.

25 février 2018

Guerre de tranchées

Couverture-Champ-de-bataille-Jerome-Colin-Allary-Editions.pngtheiere-design-eva-solo-1l-rouge-1.jpg

Il y a presque autant de chances de survivre à un cancer du pancréas qu'à la présence d'un bipède de
quinze ans sous votre toit. Nous en étions la preuve vivante. Nous avions résisté aux assauts de la petite
enfance et à la fatigue physique. Nous étions désormais sur le point de craquer, englués dans la guerre
de tranchées qu'est l'adolescence
.

Le champ de bataille, Jérôme Colin, roman, Allary Editions, mars 2018, 208 pp

 

24 février 2018

Le champ de bataille

Couverture-Champ-de-bataille-Jerome-Colin-Allary-Editions.pngL'ennui avec les enfants, c'est qu'ils grandissent. C'est qu'un beau matin, sans prévenir, ils mettent des trainings, répondent par onomatopées, écoutent de la mauvaise musique, claquent les portes et ne parlent plus qu'avec des mots de moins de six lettres. Ça mange, ça dort, ça prend des douches, ça transpire, ça pue, ça coûte une fortune en crème antiboutons, ça change d'humeur toutes les six minutes, ça a le nez qui pousse. Ça se traîne du divan au lit en mettant un point d'honneur à vous rappeler que vous n'êtes absolument pas à la hauteur de votre rôle de père.

Saisi par la subite entrée de son aîné, Paul, dans le monde ingrat de l’adolescence,  le narrateur,  quadragénaire, père aimant, totalement dépassé par les événements, confie son désarroi, son sentiment d’inaptitude, hélas confirmé par son entourage. Le couple qu’il forme avec Léa se délite d’incompréhension mutuelle.

«  Un enfant, on ne devrait jamais lui permettre de dépasser douze ans »

Entre l’école qui rejette son fils, Léa et Paul qui le repoussent, la psy qui se borne à l’écouter et ..encaisser ses honoraires,  notre homme  ne sait plus à quel « sein » se vouer, car oui, il aurait bien besoin d’un réconfort en sa vie conjugale et sexuelle .  Alors il se replie dans le seul (petit) coin de la maison pour opérer le bilan de sa vie.  Un bilan aussi  honnête, désabusé que ..  jubilatoire. Menant à leur paroxysme la description des situations que vivent les parents d’ados, le narrateur entraîne le lecteur dans un imbroglio tout simplement désopilant. Il faut avouer qu’il fait grand bien, tant aux pères qu’aux mères d’ados, ce constat cathartique d’un combat pour lequel nous sommes plutôt mal armés.

Mené d’un style alerte, cru, incisif, ce deuxième roman, mêle humour et tendresse en un cocktail subtil et réussi 

Une lecture recommandée

 Apolline Elter

Le champ de bataille, Jérôme Colin, roman, Allary Editions, mars 2018, 208 pp

Billet de faveur

AE : Acteur – majeur-  de l’éducation de nos enfants, l’école en prend pour son grade, dans votre roman. Sa réponse – par voix de « Mollasson » -  paraît particulièrement inadaptée à la crise de l’adolescence . Et à celle des «  adulescents », leurs parents.

Jérôme Colin:Elle l’est totalement. les sciences cognitives sont passées par là et l’école ne semble pas en tenir compte. On dit que le temps de concentration maximal d’un être humain est de 25 minutes. Or, l’heure de cours académique est toujours de rigueur !!!! Pourquoi. Et ce n’est qu’un exemple Les sciences ont aussi prouvé que les cerveaux de nos enfants avaient besoin de mouvement pour être oxygénés. Or, on leur demande (ordonne) de s’asseoir sur une chaise huit heures par jour ? Comme je le dis dans le roman : l’époque a changé. la race a muté. Et l’école est restée dans les cavernes »… 

AE: Nous sommes tous démunis, face à ces martiens qui font soudain irruption dans notre quotidien de parents dévoués.  Devons- nous, à l’instar de Léa,   faire le gros dos, en attendant que l’orage passe, que le terrain de bataille laisse champ libre à leur sortie de crise ?  Ou en profiter, à l’instar de * , pour « brandir notre droit à l’irresponsabilité »,  s’offrir aussi une petite crise. Avouez que vous nous tentez..

Jérôme Colin :Je crois qu’il faut de tout pour parfaire une éducation..; De éduquer… educare en latin… C’est à dire élever… tirer vers le haut ! J’aime cette idée qu’élever nos enfants, c’est les tirer vers le haut. Je crois qu’il faut un peu de rigueur évidemment… Pour ne pas totalement se faire piétiner par ces drôles de bestioles… mais ce que m’a appris ma paternité, c’est qu’on n’est pas parfaits… Que nous ne sommes jamais vraiment non plus des adultes. Et que nous aussi, comme eux, nous avons le droit de brandir notre droit à l’irresponsabilité. Ce n’est pas parce que j’ai un boulot, une maison et des enfants que je suis responsable. Je le suis en partie, évidemment… mais l’adolescent que j’étais brule encore en moi… J’espère que c’est aussi le cas pour vous ! 

 

 

I

 

23 février 2018

Sur la route... de la Foire du Livre de Bruxelles

IMG_0748.JPGC'est sur le thème kérouacien, éminemment littéraire de Sur la route, que s'est inaugurée la 48e édition de la Foire du Livre de Bruxelles, mercredi soir, en présence de tous les représentants de la profession, jeudi matin, large ouverte à un public attendu nombreux. L'édition 2018 devrait dépasser les 70.000 visiteurs.

Accueillis dès l'entrée - gratuite, rappelons-le, n'oubliez pas de la télécharger au départ du site de la Foire - par une fa-bu-leuse tour de Babel, vous parcourrez ses larges allées, quatre palais, tentant vainement de résister à la compulsion d'achats.. Que diable, ce n'est pas tous les jours la fête, et puis, l'entrée vous est offerte.

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Sitôt rencontré les 217 exposants, 925 auteurs en dédicace, vous assisterez aux quelque trois cents rencontres prévues à l'agenda de cette gigantesque fête de la lecture.

Je vous laisse composer votre menu au départ du site de la Foire du livre: www.flb.be  et en revenir, fourbus, ruinés, rassasiés, ... prêts à dévorer le fruit de vos achats, au coin d'un feu crépitant

Bien chaleureusement, 

Apolline Elter 

22 février 2018

La déflagration

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Souvenez-vous, c'était, il y tout juste un an: la France vibrait , ne vivait (guère) plus que sur terrain électoral, programmes et débats se succédant jusqu'à plus soif - même la rentrée littéraire de janvier en fut affectée.

Coup de tonnerre sur le "boulevard" électoral que la droite offrait à son candidat François Fillon : l'" Affaire Pénélope" et l'inexorable marche vers la mise en examen de ce dernier.

Un "désastre" dont son directeur de campagne, Patrick Stefanini, démissionnaire à l'heure du prononcé de mise en examen, n'est 'pas sorti indemne" et dont il entreprend, en une conversation avec la journaliste Carole Barjon, d'en démont(r)er tous les rouages. Le ton est sobre, modeste, empreint d'élégance et - me semble-t-il,  de sincérité. Sans doute est-il cathartique pour cet homme, "résolument" de droite, passionné de politique, d'expliquer les raisons d'une fin de parcours qui l'a meurtri.

D'un portrait comparatif des trois protagonistes de La Déflagration, François Fillon, Alain Juppé et Nicolas Sarkozy, Patrick Stefanini décortique leurs points forts, points faibles et moteurs d'ambition. Il révèle toutes les arcanes de l'impitoyable concurrence - et donc inimitié forcée - qui les sépare ainsi que les rôles  parfois -clés de leurs hommes de l'ombre respectifs.  Voilà qui est hautement instructif.

S'il apparaît que le candidat Fillon connaît  depuis décembre 2016, la menace qui pèse sur sa candidature,  on ne peut toutefois imputer son échec à la seule " Affaire": la perte d'un certain électorat centriste ayant déjà opéré son travail corrosif.

Une lecture intéressante.

Apolline Elter

La déflagration, Dans le secret d'une élection impossible, Patrick Stefanini, entretiens avec Carole Barjon, Ed. Robert Laffont, nov.2017, 418 pp

21 février 2018

La vie secrète des arbres

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 " Suivez-moi. Partageons ensemble le bonheur que les arbres peuvent nous donner"

C'est, en effet, à une balade forestière que nous entraîne le ...forestier allemand Peter Wohlleben. Une balade un peu particulière, à portée largement documentaire,  fruit de son expérience et de nombreuses découvertes scientifiques.

Dotés de capacités sensorielles, cognitives assez extraordinaires, les arbres ont une vie, une organisation générationnelle et sociale qui feraient pâlir d'envie bien des sociétés humaines.  Ils sont également pourvus de langage et d'un réseau de communication radiculaire - par voie de champignons - qui feront défaillir, jaloux, bien des usagers de la toile.

Dotés d'intelligence, d'esprit prévisionnel, certains arbres émettent une substance répulsive, voire toxique pour leurs prédateurs.

Fascinante, cette approche anthropomorphique change, de manière drastique, notre vision du règne végétal. 

La lecture du texte est soutenue de l'impeccable diction de Thibault de Montalembert.

Que cette promenade porte ses fruits!

Apolline Elter

La vie secrète des arbres,  Ce qu'ils ressentent, comment ils communiquent,  Peter Wollheben, texte traduit de l'allemand par Corinne Tresca, lu itégralement par Thibault de Montalembert, Ed. Les Arènes, mars 2017 / Ed. Audiolib, nov. 2017 - 1 CD MP3 - durée d'écoute : 7h06min.

 

20 février 2018

Mar-dites-moi, cher Fély

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"D’autres viendront qui accompliront ce que j’espère, parfois, de moi. Je n’ai pas de petites vanités"

s'exclamait Félicien Rops en une lettre d'anthologie, adressée à l'avocat Edmond Picard.

La lettre est datée du 17 février 1887. Je vous engage à la découvrir dans son intégralité en vous rendant sur le site www.ropslettres.be 

Quant à moi, (sur)prise de passion pour le génie graph(olog)ique, créatif et littéraire de cet épistolier hors du commun, je vous annonce l'inauguration officielle, ce mardi 20 février de la rubrique CorROPSpondance qui relaiera, désormais, quelques missives de derrière les fagots..

Votre Apolline Elter

 La plupart des lettres évoquées sont accessibles sur le merveilleux et dynamique site www.ropslettres.be 

Une mine d'or, dans toutes ses acceptions.

  

19 février 2018

Le flirt à la Bouvard

9782081395251.jpgEn ce lundi de reprise et de blondes pensées, nous cédons la parole à Philippe Bouvard et à une maxime extraite de son dernier ouvrage: 

" Le flirt permet de batifoler avec toutes les femmes qu'on n'épousera pas parce qu'on les estime insuffisamment vertueuses."

Quand je vous prétends que c'est une vraie blonde pensée...

Mes dernières pensées sont pour vous, Philippe Bouvard, recueil, Ed. Flammarion, oct.2017,  240 pp

18 février 2018

Béatitude beauvoirienne

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En exergue de la conversation imaginée entre Céleste Albaret et Françoise Sagan ( chronique d'hier sur votre blog) , une belle citation extraite des Mandarins, de Simone de Beauvoir. 

" Heureux celui qui peut regarder en face la vérité de sa vie et s'en réjouir; heureux celui qui la déchiffre sur des visages amis."

Une infusion que nous vous devons, Jean-Claude Lamy

Céleste et Sagan. Pour l'amour de Proust, Jean-Claude Lamy, Ed. Albin Michel, janvier 2018,  144 pp

17 février 2018

Céleste et Sagan. Pour l'amour de Proust.

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" Puisée aux sources de la réalité, leur rencontre relève de la fiction."

 Fort d'une rencontre, en 1980 avec Céleste Albaret (1891-1984) , la célèbre gouvernante de Marcel Proust et d'entretiens répétés avec l'écrivain Françoise Sagan (1935-2004) dont il est biographe,  Jean-Claude Lamy a opté pour l'exercice  - périlleux - d'une conversation fictive construite sur fond d'éléments, d'événements avérés.

Le pari est réussi qui mène le courtois duo à évoquer  plaisamment à évoquer la mémoire de Marcel Proust. Un "petit Marcel" auquel la toute jeune Céleste,  entrée à son service en 1913,  voue un amour virginal, dont La Recherche fournit à Françoise Quoirez le pseudonyme de Sagan en même temps que sa prime vocation d'écrivain.

Céleste et Sagan. Pour l'amour de Proust, Jean-Claude Lamy, Ed. Albin Michel, janvier 2018,  144 pp

16 février 2018

Que je vous aime, ...

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Impensable  de conclure cette semaine dédiée à Cupidon, sans émettre une pensée émue à l'égard de la célèbre et convaincante chanson de (feu mais tant resté allumé) Johnny Hallyday , Que je t'aime, 

Sans nous pencher sur un recueil de déclarations d'amour , réédité en janvier 2016,  et les affres de conscience d'une Chimène, amoureuse de Rodrigue, assassin de son père (en duel, je précise). Vous aurez reconnu la tragédie du Cid ( Pierre Corneille, 1637)

ELVIRE

Il vous prive d'un père, et vous l'aimez encore!

CHIMÈNE

C'est peu de dire aimer, Elvire, je l'adore:

Ma passion s'oppose à mon ressentiment,
Dedans mon ennemi je trouve mon amant,

Et je sens qu'en dépit de toute ma colère
Rodrigue dans mon cœur combat encor mon père.

Il l'attaque, il le presse, il cède, il se défend,
Tantôt fort, tantôt faible, et tantôt triomphant:

Mais en ce dur combat de colère et de flamme
Il déchire mon cœur sans partager mon âme,
Et quoi que mon amour ait sur moi de pouvoir
Je ne consulte point pour suivre mon devoir,

Je cours sans balancer où mon honneur m'oblige,

Rodrigue m'est bien cher, son intérêt m'afflige,
Mon cœur prend son parti, mais contre leur effort

Je sais que je suis fille, et que mon père est mort

  Que je vous aime, que je t'aime!" - Les plus belles déclarations d'amour,  recueil, Ed Gallimard/ Folio 2 €, 2008 - nouvelle édition janvier 2016, 112 pp

08:03 Publié dans Infusions | Commentaires (0) |  Facebook |

15 février 2018

Le lendemain de la veille

Alexis.jpgEn ce lendemain de 14 février, vous souhaitez peut-être rompre à tout prix les engagements, par trop imprudents, que vous auriez contractés .

Souvenez-vous alors d'Alexis et de  (très) longue lettre ..de rupture adressée à Monique, ainsi conclue:

"J'avais pris envers vous d'imprudents engagements que devait protester la vie: je vous demande pardon, le plus humblement possible, non pas de vous quitter, mais d'être resté si longtemps.

Lausanne, 31 août 1927 - 17 septembre 1928."

Un texte asséné en son édition Folio d'un judicieux Coup de Grâce  

  • Alexis ou le Traité du Vain Combat, suivi de Le coup de Grâce, Marguerite Yourcenar, romans, Ed. Au Sans Pareil, 1929 (Alexis) et Gallimard 1939 (Grâce), - Folio N° 1041, sept. 2016, 254 pp [abrév. Folio 1041]