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24 octobre 2016

Révolutionnaires obstinés et patients

 

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Après le carnage de la Commune, George Sand refuse la spirale de la violence. Et d'enjoindre, par lettre du 21 octobre 1871  adressée  à Alfred Gabrier: 

" Le mal engendre le mal. Apprenons à être des révolutionnaires, obstinés et patients, jamais terroristes."

06:45 Publié dans George Sand, Infusions | Commentaires (0) |  Facebook |

22 décembre 2014

Nohant Noël

George Sand faisait des confitures et les distribuait alentour. 

En témoigne l'extrait d'une lettre envoyée à un ami, en 1844 (Source: A la table de George Sand, Christiane Sand, beau livre, Ed. Flammarion, 1987)

«  J’ai fait une quarantaine de livres de confitures de prunes ; il est bien plus simple que tu y puises tant qu’il y en aura. Seulement je me charge de les conserver, car cela demande encore certains soins. Toutes les fois que tu en voudras, fais-en demander… J’en ferai d’autres à ton attention. Les femmes que tu m’enverrais ne me serviraient à rien, car on ne peut pas confier cette besogne.

Il   faut la faire soi-même et ne pas la quitter d’un instant.

C’est aussi sérieux que de faire un livre. " 

Le rapport avec Noël? 

Evident

Tandis que vous dressez couvert du réveillon pour vos nombreux invités, vous emplirez de mignons encriers d'une pâte à tartiner de style 

 nuitella

 

Lui adjoindrez les noms de leurs gourmands attributaires, lesquels en régaleront leur petit déjeuner du lendemain

Sûre que Nohant n'eût pas fait mieux...

Et que cette piste remplace, gourmande,  nos blondes pensées du lundi

AE

13 décembre 2014

George Sand- Les Carnets secrets d'une insoumise

George Sand - Les carnets d'une insoumise Le prétexte est  fictionnel, séduisant, pré-texte d'un angle d'approche précis de George Sand, celui d'une femme amoureuse, par le prisme de sa fille (mal)aimée, Solange.

Découvrant à la mort de sa mère (8 juin 1876), dans un coffret en bois de santal,   "trois gros cahiers intitulés "Carnets à détruire après ma mort" Solange en entreprend la lecture, commentant au passage les confessions, souvenirs des passions amoureuses, qui les parcourent. Ce faisant, elle ravive la mémoire de sa propre enfance, de la mésentente régnante,  au sein du couple de ses parents et de la préférence maternelle affichée pour Maurice, son frère aîné, le "Parfait".

Autopsie de la relation tumultueuse qui unit George Sand à Alfred de Musset, passionnelle à Louis Michel de Bourges - " Comment ose-t-elle affirmer que ses rendez-vous secrets avec son avocat et amant étaient passés inaperçus à Nohant? ", fervente à Frédéric Chopin, le récit de Solange se base sur des faits avérés.  Il met en lumière la relation de l'écrivain à sa fille et l'origine probable du comportement difficile de cette dernière. Sans occulter l'adoration filiale qui lie Solange à Frédéric Chopin.

"C'est à cette époque que je devins contestataire, méfiante, souvent rebelle. Maman, qui avait obtenu ma garde,  ne le comprit pas. Elle qui analysait finement les personnalités d'individus imaginaires ne saisissait pas ce qui avait suscité mon prétendu caractère de cochon."

Basée sur des faits biographiques, cette  confession fictionnelle a le double mérite de porter le portrait d'une femme amoureuse et celui de sa fille mal(adroitement) aimée sur le devant de la scène. D'affiner la compréhension de leur relation.

"Vive, impulsive, combative, Solange m'adorait et me jugeait. Cette attitude me déroutait et je réagissais mal à ses propos. Issus sans doute de notre ressemblance, nos différends allaient hélas se faire de plus en plus fréquents."

George Sand, Les carnets secrets d'une insoumise, Catherine Hermary-Vieille, fiction historique, Ed. XO, novembre 2014,  284 pp

13 février 2013

George (Sand) ou l'art de rompre

Quand il est encore temps......

Poursuivons notre thématique valentine par un extrait sublime, lettre datée du 12 mai 1834, qui voit George Sand tenter de changer en amitié, les liens orageux intenables qui consacrent la fin de sa liaison avec Alfred de Musset.

" Non mon enfant chéri, ces trois lettres ne sont pas le dernier serrement de main de l'amante qui te quitte, c'est l'embrassement du frère qui te reste. Ce sentiment-là est trop beau, trop pur, et trop doux, pour que j'éprouve jamais le besoin d'en finir avec lui. Es-tu sûr, toi mon petit, de n'être jamais forcé de rompre? Un nouvel amour ne lte l'imposera-t-il pas comme une condition?  Que mon souvenir n'empoisonne aucune des jouissances de ta vie, mais ne laisse pas ces jouissances détruire et mépriser mon souvenir. Sois heureux, sois aimé. Comment ne le serais-tu pas? Mais garde-moi dans un petit coin secret de ton coeur et descends-y dans tes jours de tristesse pour y trouver une consolation ou un encouragement."

O mon George, ma belle maîtresse - Alfred de Musset - George Sand, Folio 2 €, janvier 2011

12 juin 2012

George Sand. Un diable de femme

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Vous vous êtes inscrit(e) à la Table ronde du samedi 16 juin, (10-12h) au Musée des Lettres et manuscrits de Bruxelles. J'en suis ravie.

Ce sera l'occasion, pour moi, de vous présenter "Les tables d'écriture de George Sand" au départ principal de ce Nohant mythique, symbole de l'hospitalité et de la générosité sous toutes ses coutures.

Parmi les lectures conseillées, le bel ouvrage (de poche), joliment illustré, rédigé par Anne-Marie de Brem: George Sand, Un diable de femme (in Découvertes Gallimard). Conservateur général du patrimoine, l'ancienne directrice du Musée de la vie romantique ( Paris  IXe- voir article sur ce blog) nous propose un aperçu global, condensé et riche,  des facettes d'une personnalité plutôt complexe, dont les traits masculins ont intrigué plus d'un ...

Et l'auteur de citer Gustave Flaubert, avec qui George Sand noue une des plus riches amitiés d'écrivains:

"Il fallait la connaître comme je l'ai connue pour savoir tout ce qu'il y avait de féminin dans ce grand homme'"

A travers la relation de son enfance, de son mariage, des enfants,  amis et amants qui ont constitué l'entourage omniprésent d'une femme qui (se) dépensait sans compter, l'ouvrage trace de façon claire et précise,  la carrière de l'écrivain et surtout l'engagement politique - républicain-  qui fut le sien: « George Sand a traversé trois révolutions. Jeune femme en 1830, l’horreur des combats la choque profondément, sans qu’elle se lance encore sur la scène politique . En 1848, son engagement aux côtés des Républicains est total. En 1870, George Sand,  retirée à Nohant, âgée, ne comprend plus l’agitation révolutionnaire des Parisiens et s'éloigne de la vie politique"

 L'ouvrage se conclut avec bonheur d'une interview de Georges Libin qui édita, en 26 volumes,  (une partie) de la correspondance de l'épistolière et de témoignages, regards, portraits et documents issus d'horizons variés.

Un ouvrage plus qu'intéressant.

Apolline Elter

George Sand. Un diable de femme, Anne-Marie de Brem, Gallimard (coll. Découvertes Gallimard), 1997 (rééd. 2010), 112 pp, 10,4 €

 

agenda.jpgDispensé au Musée des lettres et manuscrits de Bruxelles  - Galerie du Roi, 1 - 1000 Bruxelles - Tél: 0032 2 514.71.87 - http://www.mlmb.be , auprès de l'Université des Aînés (Louvain-la-Neuve : http://www.uda.be , le cours se donne aussi, à Namur, au Pavillon de la Littérature (agenda des activités  du Pavillon et dates, me contacter via l'onglet :.... me contacter)

14 mars 2012

A la table de Nohant, d'un libraire généreux et toqué

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L'hospitalité légendaire de George Sand et de sa table de Nohant, avaient trouvé âmes soeurs, ce jeudi 8 mars, en celle de Benoît Cloës (Le Libraire toqué), de Thierry Stasiuk (Chef toqué et professeur de cuisine),  et d'un atelier culinaire particulièrement inventif,  inspiré du terroir berrichon, de la vie et de la personnalité de la célèbre écrivain....

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Huit lecteurs de l'Evénement découvrirent, avec un bonheur assez contagieux, les étapes d'un menu roboratif - à l'instar de la cuisine de Nohant - ponctué d'une présentation (AE)  de George Sand, de Nohant et de ses illustres hôtes , Lizst, Marie d'Agoult, Alexandre Manceau, Edmond Plauchut , Flaubert,  Balzac, Alexandre Dumas fils, ... enrobé de l'écoute d'oeuvres pour piano composée par Frédéric Chopin à Nohant  

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Roulé à la manière d'un cigare - prisé par la célèbre Dame de Nohant - le pâté berrichon de l'entrée se mire dans le cendrier d'une savoureuse sauce infusée de ...feuilles de tabac.

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Pédagogue, précis et avenant, Thierry Stasiuk distribue consignes et conseils à une tablée particulièrement concentrée.

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La gorge rendue légèrement.. râpeuse par l'ingestion de l'entrée, les convives dégustent avec entrain, les médaillons de veau aux morilles, nappés d'une sauce au Sancerre et accompagnés de pommes miettes.

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Un dessert s'impose : le fameux  "poirat du Berry" évoqué par les biographes de George Sand, Evelyne Bloch-Daneau en particulier, chausson aux poires macérées dans du cognac et gonflé  en cours de cuisson,  de "crème prise".

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Son allure festive de galette des rois conclut une soirée des plus réussie, alliant en une joyeuse convivialité, chère à notre blog, le plaisir gustatif de la table et celui de la littérature.

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Gratifiés par Benoît Cloës  d'un pot de cette gelée de groseilles que George Sand distribuait à l'envi à ses amis, les participants regagnent la campagne namuroise et Bruxelles,  à l'heure précise où la romancière prenait congé de ses hôtes, pour se consacrer, ainsi qu' une large partie de la nuit,  à l'écriture...

AE

- Le Libraire toqué  - Rue du Marché, 3 - B-5000 Namur

Ouvert tous les jours de 10h à 18 heures (le mardi àpd 12h; fermé le dimanche)

Site web: www.lelibrairetoque.com

Contact: benoit@lelibrairetoque.be

- Partie littéraire: A la Table de la Littérature (Apolline Elter) - Contact via ce blog.

08 mars 2012

Sur les pas de George Sand

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Ce n'est pas pure coïncidence si je vous présente en ce jour que nous dévouons à George Sand  (voir en vitrine du blog,  notre atelier-lecteurs de ce soir consacré à Nohant) un bel  ouvrage, rédigé par Gonzague Saint Bris (lequel dédicace, ce soir, au Rosa Bonheur, son ouvrage dédié à la peintre éponyme - Billet de faveur et informations pratiques en vitrine du blog) et  illustré des aquarelles et dessins de Philippe Lorin , lequel nous a récemment enchantés des superbes illustrations du livre consacré à Jean Ferrat (Nelson Monfort - chronique sur ce blog). Le monde est petit, me direz-vous, il est surtout...magnifique.

Edité en 2004, à l'occasion du bicentenaire de la naissance de George Sand, l'ouvrage est préfacé de la plume de Françoise Chandernagor, grande habituée de Nohant:  " Et brusquement, vous vous apercevez que c'est auprès d'elle, comme elle, que vous auriez aimé vivre, que cette pionnière, cette solitaire, cette femme forte, cette "déclassée" si gentiment rangée, a été votre modèle, que Nohant est votre rêve d'enfant, que Nohant est votre aboutissement: le retour "au pays",la belle maison des champs, les petits-enfants qui courent dans le jardin, les amis de Paris qui s'arrêtent en passant, les vieux amants, les grandes "tablées", les confidences, les fous rires, le jour, tout le jour, donné au plaisir, à 'amitié, à la vie - et la nuit, les nuits, toutes les nuits, à l'écriture."

 Consignant de Paris à Gargilesse les lieux d'habitation de la célèbre romancière,  Gonzague Saint Bris fait évidemment la part belle et majeure à Nohant, le point d'ancrage,  "l'alpha et l'oméga de l'oeuvre de George Sand", "le crépuscule de George et l'Aurore de Sand".  Un Nohant qu'il présente sous la forme d'une visite guidée, pièce par pièce, en  ce compris le parc et le pavillon Flaubert, lumineusement  illustrée du pinceau de Philippe Lorin. Est-il meilleur moyen pour pénétrer l'âme d'une femme  qui " a élevé l'hospitalité à la hauteur d'un art"?

Les lieux, demeures et châteaux de l'univers romanesque sandien ne sont pas oubliés non plus qui font l'objet de très belles pages.

Un ouvrage que je vous recommande.

Laissant le mot de la fin à Gustave Flaubert et à ces quelques lignes de sa lettre de château : " Il n'y a que cinq jours depuis notre séparation et je m'ennuie de vous comme une bête. Je m'ennuie d'Aurore et de toute la maisonnée jusqu'à Fadet. Oui! c'est comme ça. On est si bien chez vous! Vous êtes tous si bons et si spirituels! Pourquoi ne peut-on pas vivre ensemble, pourquoi la vie est-elle toujours mal arrangée(...)

Sur les pas de George Sand, Gonzague Saint Bris - Illustrations de Philippe Lorin - Beau livre - Presses de la Renaissance - janvier 2004, 100 pp - 26 €

28 février 2012

George Sand en verve

images.jpgLancée à la rescousse d'une George Sand traitée de "latrine "par (l'infâme) Baudelaire, Colette Cosnier décide de traquer, à travers l'oeuvre monumentale de la romancière, épistolière, dramaturge, novelliste, "l'inspiration vive, la fantaisie, l'ironie, un certain bonheur d'expression" et d'articuler ses plaisantes trouvailles selon un principe thématique.

Picorons quelques aphorismes de cet ouvrage "pionnier" de la délicieuse collection en verve  que publient les éditions Horay. Ils feront, j'en suis sûre, la joie des candidats à la dissertation..

"Les routes de l'art sont encombrées d'épines, mais on parvient à y cueillir de belles fleurs."

"Quand on veut que la pêche mûrisse, il ne faut point arracher le noyau"

 "Les femmes d'esprit n'inspirent que ce qu'elles veulent aux hommes d'esprit"

Sans oublier

"J'adore les histoires dont je ne comprends pas le titre"

George Sand en verveMots, propos, aphorismes. Présentation et choix Colette Cosnier, Ed Horay, 2004, 7,5 €

 

29 décembre 2011

Le musée de la vie romantique

images.jpgff644b95.jpgSitué au coeur de La Nouvelle Athènes, la villa qui abrite le Musée de la Vie romantique fut construite dans l'esprit ...italien qui sévissait au XIXe  siècle dans le quartier.

Propriété du peintre Ary Scheffer (1795-1858), qui y habite dans les années 1830,  elle est restée dans le patrimoine familial jusqu'en 1983, date à laquelle, elle devient Musée de la Ville de Paris (bienfait qui vous vaudra l'accès gratuit aux collections permanentes..) et sera rénovée en 1987 dans l'esprit du XiXe siècle.

Sa visite constitue un passage obligé pour les fans de George Sand, qui surmonteront le côté un peu excentré des lieux (métro Blanche ou Pigalle) pour contempler en toute béatitude, les quelque 200 pièces , tableaux, bijoux, meubles, lavis d'encre, écrits ....légués par Aurore Lauth, petite-fille de George Sand à la Ville de Paris. Le manuscrit d'Albine, roman dont l'écriture fut interrompue par la maladie et puis la mort de l'écrivain, des aquarelles, dendrites peintes par cette dernière, un médaillon contenant ses.... cheveux  sont tant de souvenirs tangibles de l'illustre romancière.  Ils cohabitent en toute romantique intelligence avec les tableaux, aquarelles  et nombreux portraits, d'Eugène Delacroix, Auguste Charpentier, Quentin de la Tour..et Maurice Sand.

Une déception personnelle à la vue du tableau "La cuisine de Nohant" peint par Eugène Lambert. Etait-elle sinistre à ce point?

Accompagnée d'audio-guides (payants) la visite est soutenue par la diffusion d'une musique de Chopin.

La visite de l'étage fait la part belle aux oeuvres d'Ary Scheffer et de ses contemporains.

Une belle découverte.

Apolline Elter

Musée de la vie romantique - Hôtel Scheffer-Renan - 16 rue Chaptal - 75.009 Paris

Tél: 01.55.31.95.67

www.vie-romantique.paris.fr

Ouvert tous les jours (sauf lundi et jours fériés), de 10h à 18h.

04 décembre 2011

Nohant

theiere-design-eva-solo-1l-rouge-1.jpgledernieramourdegeorgesand.jpg"Nohant est une demeure qui vit au rythme des générations, des amours et des ruptures, des amis et des hôtes, ainsi que du personnel, cuisinières, filles de cuisine, femmes de chambre, femmes de ménage, domestiques, cochers, jardiniers, ...La cuisine est simple et solidement provinciale. Fruits et légumes du jardin, volailles de la ferme, gibier et champignons des bois à l'automne, morilles et truffes en saison, desserts berrichons tels le poirat, un chausson aux poires. Mais George Sand raffole aussi des huîtres et des coquillages! A l'image de sa propriétaire, la maisonnée allie bonne éducation et manières bohèmes. Seule règle: vers onze  heures ou minuit, la maîtresse de maison prend ses quartiers, elle passe une partie de la nuit à écrire, et s'endort au matin. On ne la voit qu'au déjeuner du lendemain. Sauf cas exceptionnels..."

Le dernier amour de George Sand, Evelyne Bloch-Dano, biographie, Grasset, septembre 2010, 320 pp, 20 €

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07 novembre 2011

Lettres d'une vie

9782070314713FS.jpg"Il y a des siècles que je veux vous écrire, et je ne viens pas  à bout depuis deux mois de m'assoir devant mon encrier: car je n'appelle pas s'asseoir écrire des romans."

à Pierre-Jules Hetzel, 15 novembre 1845

 

Les pensées de GS in George Sand Lettres d'une vie, George Sand. Choix et présentation de Thierry Bodin, Gallimard, Folioo classique F15, 2008, 1312 pp,


06 novembre 2011

Gargilesse

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" Tout artiste aimant la campagne a rêvé de finir ses jours dans les conditions d'une vie simplifiée jusqu'à l'existence pastorale, et tout homme du monde se piquant d'esprit pratique a raillé le rêve du poète et méprisé l'idéal champêtre" constate Sand. Cet idéal sera donc la maisonnette de Gargilesse, deux pièces, soudées à deux autres maisons anciennes, en plein village. En face, l'école, tout autour des paysans, à peine étonnés de voir la dame s'installer parmi eux."


"Mes Maisons d'écrivains, Evelyne Bloch-Dano, Tallandier - Magazine littéraire, juin 2005, 356 pp, 21 €

 

05 novembre 2011

Mes maisons d'écrivains

images.jpgEst-il meilleure invitation, pour clore notre semaine consacrée à George Sand que de franchir le seuil de quelques-unes de ses résidences . Nous le ferons, en compagnie d'Evelyne Bloch-Dano, écrivain, biographe (Madame Proust, Madame Zola, La biographe, La fabuleuse histoire des légumes, ..) et critique littéraire.

Rassemblant  - en les réactualisant -  une centaine d'articles consacrés aux demeures d'écrivains, publiés chaque mois dans Le Magazine littéraire, Evelyne Bloch-Dano nous invite, avec Mes maisons d'écrivains, à saisir les liens qui unissent Honoré de Balzac à Passy, Colette à Saint-Sauveur-en-Puisaye Henri Bosco et Albert Camus, à Lourmarin, Chateaubriand à Combourg, Victor Hugo à Villequier et à Guernesey, la Comtesse de Ségur à Aube, la marquise de Sévigné au château des Rochers, George Sand à Nohant, Gargilesse et Paliseau,pour ne citer qu'eux... Menées de plume alerte, les visites nous mènent au coeur de l'oeuvre des auteurs et de leur processus de création. Elles se concluent des renseignements pratiques (adresses et horaires de visites) qui inciteront le lecteur à poursuivre la découverte entamée.

"...je crois avec Bachelard que "la maison est un état d'âme", et qu'il nous appartient d'en faire résonner les échos parfois lointains. Elle est le reflet de notre vie intime, non seulement parce que notre personnalité s'y projette, mais parce que notre façon de l'habiter est unique."

"Métonymie de George Sand", la belle demeure de Nohant voit défiler amis et invités à un rythme soutenu.

"A minuit, bonsoir la compagnie! elle se retire pour écrire jusqu'au matin des romans qu'elle jugera avec le temps moins importants que la maternité et l'amitié"

Mais il n'y a pas que George Sand que Nohant inspire: " Eugène Delacroix, Théophile Gautier, Frédéric Chopin, Franz Liszt, Pauline Viardot, Marie d'Agoult, Ivan Tourgueniev, Gustave Flaubert et tant d'autres: combien seront-ils à bénéficier de cette extraordinaire énergie qui, jointe à la générosité et à l'autonomie, fait de Nohant un lieu propice à la création."

  La maison de Gargilesse, achetée par son amant Alexandre Marceau sera havre de paix pour l'écrivain célèbre. Laquelle recommandait à son fils de ne pas libeller d'adresse sur le courrier qu'il lui destinait....

Chassée de Nohant par le ce même fils chéri, Maurice,  furieux de la relation de sa mère avec son ami Manceau, George Sand résidera un peu plus d'une année à Palaiseau, , "un petit Nohant à proximité de Paris."  Las, Alexandre malade, succombera à la tuberculose. Las aussi, la charmante villa ne se visite pas.

Et puis, nombreuses furent les résidences parisiennes de l'écrivain dont l'hôtel de la rue Chaptal (à l'actuel numéro 16),  consacré aujourd'hui Musée de la Vie romantique.  Trois pièces lui  sont dédiées  que je me promets, sous (très) peu de visiter...

Apolline Elter

Mes Maisons d'écrivains, Evelyne Bloch-Dano, Tallandier - Magazine littéraire, juin 2005, 356 pp, 21 €

 

Billet de faveur

 

AE: Evelyne Bloch-Dano,  c’est justement la maison de Nohant que vous choisie en couverture de votre ouvrage. Est-ce dire comme elle vous tient  à coeur?

Evelyne Boch-Dano : Oui, j'ai absolument tenu à faire figurer la maison de Nohant sur la couverture de Mes maisons d'écrivains, plutôt qu'une autre plus spectaculaire, par exemple celle de Malaparte à Capri. La demeure de George Sand, très bien restaurée, incarne tout ce qu'on peut attendre (et rêver) d'une maison d'écrivain : elle reflète à la fois la vie, les goûts et le travail de l'auteur. George Sand y a grandi, élevé ses enfants, invité ses amis, vécu avec ses compagnons (Chopin ou Manceau), jardiné dans le parc. Elle a surtout écrit dans cette maison la majeure partie de son oeuvre, et entretenu une correspondance passionnante. J'ai une grande admiration pour cette femme exceptionnelle. Je lui ai consacré mon dernier livre : Le dernier amour de George Sand

 

04 novembre 2011

O mon George, ma belle maîtresse... Alfred de Musset - George Sand

O-mon-George-ma-belle-maitresse_fiche_livre.jpg Nous y voilà... Impossible d'évoquer la vie amoureuse (combien riche) de George Sand sans mentionner sa liaison tumultueuse avec Alfred de Musset et la romantique correspondance qu'elle généra.

Une correspondance qui signe leurs périodes  séparations - Alfred et George ne s'entendent jamais mieux que lorsqu'ils sont séparés - avant la rupture définitive de leur liaison, début 1835

Rencontré en juin 1833, Alfred de Musset est de six ans le cadet de  l'"homme" de lettres, "Georgeot", son "frère chéri". Leur liaison qui durera un peu moins de deux ans, aura le charme de l'attachement passionné d'un enfant gâté pour sa maternelle maîtresse.

Débarqués à Venise le 31 décembre 1833, les"amants de Venise" ne disposeront finalement que de trois jours pour amorcer cette consécration éternelle. Frappée de fièvre et de dysenterie,  trois jours après son installation à l'Albergo reale Danielli, George garde la chambre deux semaines, tandis que son amant se distrait à l'envi. Puni à son tour d'une fièvre typhoïde, Alfred se livre à d'affreuses crises de délire. George appelle le docteur Pietro Pagello au chevet de son poète délirant et en tombe amoureuse. Alfred s'en repartira seul en France, amorçant de ce fait, les termes pathétiques d'une romantique correspondance:

" Tu m'as dit de partir, et je suis parti; tu m'as dit de vivre et je vis"

Revenue au pays, durant l'été 1834, Sand revoit Musset, se sépare de Pagello, avant de rompre définitivement, fin février 1835, la relation cahotante qui la lie au poète:

"Non, non, c'est assez! Pauvre malheureux, je t'ai aimé comme mon fils, c'est un amour de mère, j'en saigne encore. Je te plains, je te pardonne tout, mais il faut nous quitter. J'y deviendrais méchante."

Réunis  par Martine Reid, des extraits de  cette correspondance éclairent  la relation des célèbres amants, en ses moments les plus apaisées...

"ô mon George, ma belle maîtresse - Alfred de Musset et George Sand , lettres, Edition présentée et annotée par Martine Reid, Gallimard, folio, 2 €, janvier 2011, 144 pp

A noter que notre chère George Sand a censuré cette correspondance intime, allant jusqu'à réécrire des lettres de son amant.  Elle publie Elle et lui, en 1859, récit qui met en scène ses relations avec Alfred de Musset, décédé en 1857. Ce n'est pas du goût de Paul de Musset,son frère,  qui rétorque avec un Lui et Elle, tandis que Louise Colet, publie, elle,  Lui,  en souvenir de sa propre liaison avec le poète...

Apolline Elter

03 novembre 2011

George Sand - Lettres d'une vie

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S'il est un paradis des épistolières, il accordera à George Sand, une place de choix. Les lettres de l'écrivain occupent une part primordiale de sa vie, de son oeuvre.

D'aucuns avancent qu'elle en aurait écrit 45.000. Cela me paraît beaucoup; il est vrai qu'aux temps forts de sa résidence à Nohant, elle en écrivait une dizaine par jour.

Consacrant une partie majeure de sa carrière et de sa vie à la Dame de Nohant, Georges Lubin publie, de 1964 à 1991, en 26 volumes,  quelque 18.000 lettres issue de sa correspondance (éditions Garnier (- Flammarion)) . C'est ..impressionnant.

D'une lecture de cette correspondance, Thierry Bodin a extrait 434 lettres - spécialiste des lettres-fleuves, George Sand en écrivait parfois plusieurs pages... - qu'il nous présente en une anthologie  chronologique, dûment annotée, forte de 1312 pages en collection folio.

D'Aurore Dupin de Francueil et d'un premier billet adressé à sa mère, en 1812 à une George Sand crépusculaire, qui donne à la vie sa lettre d'adieu, en écrivant à son neveu Oscar, le 30 mai 1876,  le recueil se divise en six périodes, tranches de vie marquantes de sa biographie.

Quelques illustres personnages, amants, amis et parents,  figurent au rang de ses 2000 correspondants -  - qui éclairent de leur seule qualité de destinataire le portrait d'une personnalité complexe, mélancolique, originale et généreuse, bohême et ordonnée, avide d'amour et de savoir, idéaliste et pragmatique, géniale, sincère, simple et modeste.

En un mot extraordinairement attachante.

Un florilège qui devrait combler la plupart d'entre nous...

Apolline Elter

George Sand Lettres d'une vie, George Sand. Choix et présentation de Thierry Bodin, Gallimard, Folioo classique F15, 2008, 1312 pp,

02 novembre 2011

Mère et fille - George Sand et Solange

 9782070346790.jpgNotre semaine thématique va bon train qui nous invite à nous pencher sur les relations - difficiles - que George Sand entretenait avec sa fille Solange (future) Clésinger

On l'a vu - voir notre chronique d'hier, relative au brillant Chère George Sand, de Jean Chalon -  certaines rumeurs attribuent la paternité de cette dernière à Stéphane Ajasson de Gransagne. La mayonnaise ne prendra jamais entre les deux femmes; à vie, George Sand restera ravie d'amour pour son fils aîné, Maurice et même sa très chère belle-fille, Lina Calamatta, épousée sur le tard.

Réalisée par Frédéric Maget, une anthologie se penche sur les correspondances mère-fille de trois génies de l'écriture, la marquise de Sévigné, Colette et George Sand.

Jugée peu mâture et passablement encombrante, la jeune Solange est envoyée, contre son gré, en pension. Les lettres de sa mère révèlent une fermeté aimable mais peu maternelle.

"Ainsi quand je te gronde, dis-toi qu'apparemment tu m'as donné de fortes raisons pour douter de ton affection."

Le ton se fera - légèrement -  plus doux, lorsque Solange, (mal) mariée à Jean-Baptiste Clésinger se rapproche de sa mère, lui confiant l'adorable "Nini", Jeanne, sa fille.

" Bonsoir, ma mignonne. J'espère que tout cela n'est pas aussi sérieux que tu l'imagines. Mais c'est toujours sérieux quand on souffre."

La mort précoce de l'enfant,chère à  sa grand-mère, consommera la rupture entre les deux femmes: "Mais nous avons deux points de vue si différents que tu m'as donné auprès de toi, dès le commencement de ta vie, le rôle de l'impuissance, la responsabilité sans l'autorité, situation impossible!"

Extraites de l'abondante correspondance de George Sand et des réponses de sa fille, les lettres choisies  par Frédéric Maget illustrent les maladresses conjointes, la relation difficile unit ce couple mère- fille.

L'anthologie claire et agréable, assortie d'un dossier explicatif et de pistes de réflexions , met en perspective la correspondance de notre chère marquise de Sévigné - les lettres adressées à Françoise de Grignan - et celle de Colette, de Sido et Bel-Gazou. C'est dire comme nous aurons l'occasion de revenir sur le sujet.

Apolline Elter

 

Mère et fille. Correspondances de Mme de Sévigné , George Sand, Sido et Colette. Anthologie + dossier par Frédéric Maget ; lecture d’image par Agnès Verlet. Folioplus classiques, 2007, 312 pp

01 novembre 2011

Chère George Sand

9782253061793FS.jpgNotre semaine thématique consacrée à George Sand est déjà bien entamée; il nous faut revenir sur la superbe biographie que lui consacre Jean Chalon. Paru en 1991, aux éditions Flammarion, l'ouvrage a heureusement fait l'objet de rééditions en "Livre de poche"

 

Arrière petite-fille du Maréchal de Saxe, Amantine-Aurore-Lucie Dupin de Francueil naît en 1804, du couple hybride que forme son père, Maurice avec une demi-mondaine, Sophie-Victoire Delaborde. La mort accidentelle de Maurice Dupin, en 1808 aura raison de sa cellule familiale: sa mère accepte de la confier à sa grand-mère paternelle, moyennant l'octroi d'une rente... Aurore vivra ainsi, à Nohant, aux côtés d'Aurore de Saxe, sa grand-mère, jusqu'à l'âge de 13 ans:

"Mal aimée par sa mère qui ne voit en elle qu'une bonne rente, mal aimée par sa grand-mère qui ne voit en elle qu'un autre Maurice, c'est le destin sentimental de Sand la mal-aimée qui se joue dans cette Aurore de onze ans."

Placée au couvent par sa grand-mère, elle revient à Nohant soigner celle-ci des suites d'une crise d'apoplexie. Aurore de Saxe meurt le 26 décembre 1821 - " Tu perds ta meilleure amie " - laissant le domaine de Nohant à sa chère petite-fille .

 Le mariage avec Casimir, baron Dudevant,  la naissance de Maurice, son fils chéri, le "Parfait" et de Solange, sa fille rebelle, est  le prélude, trompeur, d'une vie amoureuse et passionnelle très remplie. La naissance de Solange dont la rumeur attribue la paternité à Stéphane Ajasson de Grandsagne, consacre la fissure du couple Dudevant , ouvre le bal, d'une série interminable d'amants: l'idylle avortée avec Prosper Mérimée est rachetée par la liaison orageuse qu'elle entame avec Alfred de Musset; Pietro Pagello, Michel de Bourges, Marie d'Orval, Frédéric Chopin, ...seront les attributaires de l'amour passionnel, généreux et volontiers maternel qu'ils inspirent à l'écrivain.  Sa dernière longue liaison - 15 ans - avec le jeune Alexandre Manceau signe, heureusement, le temps de l'apaisement.

Eprise de musique, de justice, de nature et de confitures, généreuse et accueillante  - Nombreux sont ceux qui succomberont au charme des séjours à Nohant - romancière et épistolière de génie,  la "châtelaine républicaine" n'hésite à prendre sous son aile, les jeunes talents débutants. En témoigne l'amitié indéfectible qui la lie à Gustave Flaubert et Alexandre Dumas junior. Affrontant les tempêtes d'une vie sentimentale et d'écriture intense, toujours elle se relève et renaît, adorable phénix,  de ses cendres.

La vieillesse semble n'avoir prise sur elle, qui se proclame à l'envi, heureuse de vieillir.  Elle a fait de sa vie un roman, de sa personne, un portrait très attachant.

Très chère George Sand

Apolline Elter

Chère George Sand, Jean Chalon, biographie, Flammarion, 1991 (réédition en Livre de Poche, n° 9518)

31 octobre 2011

Subtil tutoiement

" Et vous, mon ami, que fais-tu"

C'est ainsi que George Sand, dans une lettre datée du 22 novembre e 1866, invite Gustave Flaubert à procéder au tutoiement.

Ce sera notre pensée du jour.

Apolline, Les blondes pensées (empruntées) du lundi

30 octobre 2011

A la table de George Sand

théière high tea.jpg

"Cher arrivant, soyez le bien venu.

Vous ne trouverez peut-être personne de levé, que le vénérable serviteur

berrichon à la blouse classique.

Nous nous couchons tard, pour avoir voulu finir un travail finissant.

Nous avons pensé que votre premier souhait

serait de manger un peu, de dormir un peu, de vous installer un peu,

car j'espère bien que nous vous tenons pour plusieurs jours.

Commandez donc au berrichon ce que vous voulez boire ou manger,

et l'heure à laquelle vous voulez qu'il vous réveille.

On sonne le premier coup du déjeuner à 9h. On déjeuner à 10.

Moi, j'arrive à la fin de ce  repas. Bonsoir donc et bonjour."

George Sand à Emile de Girardin (1855)

 

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A la table de George Sand, Christiane Sand (Marie-Christine et Didier Clément), beau livre, Flammarion, 1987 (rééditions) , 240 pp

29 octobre 2011

A la table de George Sand

9782082005128FS.jpgEst-il plus illustre référence, pour qui rêve de lier les plaisirs de la table à ceux des lettres que le nom de George Sand?  De sa table..d'écriture à celle si hospitalière de Nohant, la célèbre romancière, dramaturge et ..épistolière avait la générosité de ceux qui se donnent sans compter.

Orchestrés par Christiane Sand, épouse du fils adoptif d'Aurore (Sand),  petite-fille de l'écrivain, les portraits de famille, histoire du château,  revue  des illustres visiteurs - Balzac, Chopin, Franz Liszt et Marie d'Agoult, Delacroix, Théophile Gautier, Tourgueniev, Flaubert, Alexandre Dumas, fils... et des domestiques,  tracent l'ambiance de Nohant, prélude à un livre de recettes des  châtelaines du lieu,   présentées par Marie-Christine*  et Didier Clément (Le Lion d'Or -Romorantin):

" Cet indiscutable document sur les moeurs alimentaires de Nohant au XIXe siècle est donc un témoignage émouvant, composé de souvenirs, de rencontres, de voyages. Et puisqu'une émotion est à la base de chaque recette, cette cuisine ne peut être qu'à l'image de son instigatrice: simple et généreuse, à la fois originale et coutumière, pleine de contradictions et de charmes, mais toujours indéniablement authentique."

Apolline Elter

A la table de George Sand, Christiane Sand (Marie-Christine et Didier Clément), beau livre, Flammarion, 1987 (rééditions) , 240 pp