28 juillet 2016

Pneumatique

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Je vous évoquai récemment, le 28 juin exactement, ce récit en quatre actes,  rédigé par Sophie Guermès, focalisé sur une révélation:  la liaison qu'Emile Zola entretint avec Jeanne Rozerot, une lingère, de 27 ans sa cadette.

Il fit l'objet d'une lecture, le 7 juillet, à l'occasion du Festival de la correspondance de Grignan ( Cours Sévigné) 

Porté par la voix de Zelda Pérez - jeu sobre, présence irradiante, diction impeccable - le récit traduit avec une rare intensité, les étapes que chaque membre de ce trio improbable, Alexandrine, Emile et Jeanne dut affronter, à la réception du pneumatique de délation..

Il avait trouvé le pneumatique en début de soirée, rentrant seul du restaurant où, après son travail, il avait l'habitude de dîner seul, assis à la même table, dans le coin gauche de la longue salle sombre, lisant son journal tout en enregistrant mécaniquement le va-et-vient
des serveurs au long tablier blanc, des hommes vieillis avant l'âge, aux joues couperosées, aux crânes dégarnis, maigres pour la plupart mais sans élégance, la maigreur des pauvres, pensait-il, tandis qu'il pliait son journal, dépliait sa serviette, le visage brusquement chauffé par
les vapeurs du potage."

 Les Ombres portées- Zola correspondances intimes, Sophie Guermès, Ed. Triartis, Scènes Intempestives à Grignan, juin 2016,  68 pp

25 juillet 2016

La langue de Voltaire

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Extraites du lumineux livret publié par les éditions Triartis, d'une correspondance d'exil  et de .liberté voltairienne , adaptée par Viriginie Berling, quelques considérations sur  l'usage de notre langue., à l'intention du comte d'Argental, "Mon cher ange". Ecrite depuis Ferney, la lettre est datée du 18 mai 1774.

" Notre langue se parle à Vienne, à Berlin, à Stockholm, à Copenhague, à Moscou. Cependant elle est très irrégulière. Il est ridicule qu'on ait des soucoupes après avoir banni les coupes, qu'on soit impotent et qu'on ne soit point potent, qu'il y ait des gens implacables et pas un de placable. Elle est la langue de l'Europe, mais c'est grâce à nos bons livres et non à la régularité de notre idiome. Nos excellents artistes ont fait prendre notre pierre pour de l'albâtre. "

 Voltaire- "Je me suis fait libre" cinquante ans d'exil, adaptation libre de sa correspondance par Virginie Berling, Ed. Triartis, juin 2016, 56 pp

Lecture-spectacle en fut donnée, jeudi 7 juillet, sur le parvis du château de Grignan - à l'occasion du Festival de la correspondance. Jean-Paul Tribout incarnait un Voltaire vieillissant, saisissant, plus vrai que nature. Réplique lui était donnée par Didier Brice.

20 juillet 2016

Le Festival de la correspondance de Grignan. En guise de bilan

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Visible depuis la route de Montélimar, la célèbre plume adossée à la tour du beffroi de Grignan, regagnait son écrin, dimanche  10 juillet, en fin de soirée, après la très belle lecture- spectacle opérée par Marie-Josée Croze et Nicolas Briançon de la correspondance amoureuse - sur fond d'exil - entre Marina Tsvetaeva et Boris Pasternak.

" Je vis uniquement de notre avenir: le tien et le mien", déclare Boris dans l'un de ces quelque deux cents échanges de lettres et de poèmes qui unit, désunit, les poètes russes et amants, entre 1922 et 1936.

Nouveauté de cette vingt-et-unième édition du Festival de la correspondance de Grignan (fondé, je vous le rappelle, en 1996, par Bruno Durieux, maire de la merveilleuse bourgade drômoise, à l'occasion du tricentenaire du décès, en ses murs de la célèbre Marquise de Sévigné) , les lectures-spectacles du soir (19 et 22h) se déroulaient dans la cour du Château en lieu du traditionnel parvis de la Collégiale. Ce fut, avis largement partagé, un mieux: disposés en amphithéâtre, les (pourtant) vastes gradins constituaient un cocon, écrin de choix pour le caractère intime imprimé aux lectures..

Une motion, standing ovation marquée, .. pour la lecture, jeudi 7 juillet,  des Lettres d'Afrique de Karen Blixen, incarnée par la sublime Marie-Sophie Ferdane.

Nous avons rencontré Virginie Berling qui signait l'adaptation libre, tonique  de cette correspondance, ainsi que celles de Voltaire (magistralement incarné par Jean-Paul Tribout ) " Je me suis fait libre", Cinquante ans d'exil  (livret publié auprès des Editions Triartis, juillet 2016- billet sur le blog en date du 7 juillet) , de  Victor Hugo, L'âme des aigles, lettres d'exil (1851-1871) , Ed. Triartis, juillet 2016, de Louise Michel à Victor Hugo, Nous reviendrons, foule sans nombre: Lettres de la prison et du bagne (1871-1879) , Editions Triartis, juillet 2016) . Nous reviendrons, nous aussi dès les jours prochains, sur ces précieuses publications.

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AE : Pouvez-vous nous profiler en quelques mots, Virginie Berling, votre formation. Elle est particulièrement riche et variée


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Virginie Berling
 : J'ai commencé par faire une école de commerce, HEC, pendant laquelle j'ai passé une licence de philosophie à la Sorbonne. Je me dirigeais vers les mathématiques de la finance et parallèlement vers la gestion d'institutions culturelles (dans mon idée, un théâtre). Toutefois, à la sortie de l'école, j'ai poursuivi par l'étude des lettres modernes, qui ont été une évidence. J'ai donc poursuivi jusqu'à l'agrégation. Le théâtre était toujours en ligne de mire et j'ai soutenu un mémoire de recherche sur Musset.

 AE : C’est Julia de Gasquet, directrice artistique du Festival, qui vous a contactée, je crois, pour l’adaptation des textes. Le choix des auteurs était-il, à ce stade, déjà défini ou les avez-vous suggérés ? 

Virginie Berling : En ce qui concerne le choix des auteurs, Julia de Gasquet a la maîtrise de la programmation. Elle est ouverte et intègre toutes les suggestions.

Voltaire et Hugo se sont imposés d'emblée, tant par leur importance historique que par leur plume. J'avais très envie de travailler Voltaire, dont l'écriture drôlissime est d'une impertinence inconcevable aujourd'hui. Louise Michel était un souhait particulier de Julia de Gasquet, qui a lu l'adaptation: les spectateurs ont désiré retrouver le texte d'origine, ce qui est le plus grand hommage qu'on puisse rendre à Louise Michel.

 AE: Travail colossal que d'extraire, sous des montagnes de lettres, les passages, révélateurs d'une philosophie, d'une pensée, d'un thème prescrit. Il tient à la fois de la synthèse et de la traduction -  le public attend de vous un fil conducteur limpide, éloquent :

Virginie Berling: Le fil conducteur de ces adaptations suit naturellement le thème de l'exil, éloignement de sa patrie d'origine et des siens, distance à soi, à celui qu'on a peut-être été et que l'exil a rendu différent. Si Voltaire, Victor Hugo et Louise Michel ont mené des combats politiques qu'ils ont payés d'un long exil, Karen Blixen s'est ouverte à l'autre, à son "frère noir", au point de se sentir en exil à son retour dans son pays d'origine, le Danemark.

L'exil dans toutes ses acceptions représente la trame de fond. Il donne le squelette d'un discours d'ordre politique, philosophique ou émotionnel.

Au premier plan, la voix fait entendre des moments concrets et intimes qui offrent des respirations indispensables, drôles ou inattendues.

Parfois, les échanges épistolaires ont besoin d'être étayés par d'autres sources de l'auteur: mémoires, carnets, discours, œuvres de fiction, poèmes. Dans une lecture spectacle, le public est guidé. Mais il a toujours besoin de comprendre, par son intelligence, ce qui n'est qu’esquissé. C'est ce qui fait tout le charme des lettres!

 AE: Pointons la prestation de Marie-Sophie Ferdane, sa mise en relief personnelle au départ d'une sélection magistrale - vous m'avez suscité, dès le lendemain,  l'ingestion irrépressible, intégrale du volume  des Lettres d'Afrique (Ed. Gallimard, 1985)... -  avez-vous formulé des consignes à l'égard de l'interprète ?

 Virginie Berling: Marie-Sophie Ferdane a offert sa voix à Karen Blixen, et quelle voix! Cette merveilleuse comédienne a toutes les ressources en elle pour transmettre toute la palette d'émotions que le texte offrait, parfois avec des raccourcis dus à l'adaptation, notamment des traits d'humour. Elle a rendu chaque intonation suggérée par le texte. J'en avais la certitude: elle n'avait pas besoin d'indications de ma part!

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Placé sous les rayons d'un soleil généreux, le Festival dispensait aussi des rencontres littéraires de haut vol, dans la Cour des Adhémar

Pointées pour vous, les rencontres autour  d'Ellis Island  et du roman de Gaëlle Josse, Le dernier gardien d'Ellis Island  (Ed. Notabilia, sept. 2014) - une motion pour l'animation, le professionnalisme de Catherine Pont- Humbert -  et cette d'Emile Zola et de sa correspondance d'exil, qui réunissait en un entretien de haut vol,  Brigitte Emile-Zola, arrière-petite-fille du célèbre écrivain et Alain Pages, professeur auprès de l'Université de Sorbonne nouvelle- Paris 3, spécialiste d'envergure de l'oeuvre zolienne. Les notes prises au cours de l'entretien animé par Baptiste Liger nous décident à travailler la correspondance, pour la rentrée 2017, ainsi que celle de Karen Blixen...

Vous l'aurez compris, le Festival de Grignan est un précieux, vivant vivier pour votre épistolière, 

Apolline Elter

Hommage soit rendu à Bruno Durieux, fervent et inlassable président fondateur, présent sur tous les fronts et aux innombrables, affables bénévoles, équipes précieuses et dynamiques orchestrées par les admirables  Marie-Josèphe Baqué , Anne Prothon et Sylvia Lejeune.

 

 

08 juillet 2016

L'exil selon Victor Hugo

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Cette troisième journée du festival est largement consacrée à Victor Hugo, célèbre exilé, en froid contre Napoléon III.

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 De prison et du bagne de Nouvelle-Caledonie, Louise Michel, "passionaria de la Commune" écrit à Victor Hugo tout frais revenu de son exil, des lettres enflammées d'esprit de justice, égalité..de dévotion. La correspondance s'étend sur quelque huit ans. Elle a été adaptée par Virginie Berling, mise en lecture par Nicolas Bigards et sera lue par Julie de Gasquet, ce vendredi à 12h30 (Cours Sévigné) 

Nous reviendrons, foule sans nombre, Lettres de Louise Michel à Victor Hugo (1871-1879), adapt. de Virginie Berling, Ed. Triartis, juin 2016, 52 pp

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La journée se conclut d'un spectacle à 22 heures, centré sur la correspondance du célèbre exilé, adaptée en lecture du Festival par Virginie Berling. Voici ce que cette dernière nous en révèle:  

"Cette adaptation suit les vingt années d'exil de Victor Hugo, de 1851 à 1871. Elle débute à la veille du coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte, devenu empereur en 1852. Hugo, représentant du peuple à l'Assemblée et défenseur des libertés, doit fuir en Belgique, puis à Jersey et Guernesey. Pendant ces dix-neuf années d'exil, le travailleur acharné qu'est Hugo publiera ses plus grandes œuvres, et notamment: Napoléon-Le- Petit, qui se charge de faire passer Napoléon III à la postérité sous ce sobriquet, Les Châtiments, Les Contemplations, La Légende des siècles, Les Misérables, Les Travailleurs de la mer, L'Homme qui rit.

Parallèlement à ces œuvres éditées, Hugo écrit sans discontinuer: des lettres, des notes,(...)"

Nous les découvrirons avec une égale ardeur, mise en lecture par Benjamin Guillard, pour  l'écrivain Daniel Pennac.

Victor Hugo, l'âme des aigles, Lettres de 1851-1871, adapt. de  Virginie Berling, Ed. Triartis, juin 2016

07 juillet 2016

"Je me suis fait libre"

 

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Pointés pour vous dans le programme de cette deuxième journée de Festival de la correspondance de Grignan: 

-  a 10h, en la Cour des Adhémar, la rencontre animée par Baptiste Liger, Emile Zola, correspondance d'exil, autour de Brigitte Emile-Zola , arrière-petite-fille de l'écrivain et Alain Pagès,  Professeur à l'Université de Sorbonne nouvelle - Paris 3, spécialiste de l'oeuvre de Zola.  Elle évoquera  la correspondance récemment éditée (Ed. Gallimard, 2015) de 318 lettres adressées par Emile à Alexandrine Zola.

- La lecture-spectacle de 12h30 (Cours Sévigné), Les ombres portées, a même source d'inspiration. Je vous invite à en consulter l'argument sur blog:  http://editionsdelermitage.skynetblogs.be/archive/2016/06/24/les-ombres-portees-8622580.html 

- Le spectacle de 22 h (Château) se penche sur Voltaire et 50 ans d'exil. Il s'intitule, Je me suis fait libre, adapté par Virginie Berling, mis en lecture par Benjamin Guillard, il sera interprété par Jean-Paul Tribout.

En voici l'argument, avant-propos du livret édité auprès de Triartis:

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"Après avoir été plusieurs fois embastillé pour ses écrits, Jean-Marie Arouet choisit de fuir Paris. L'exil débute par l'Angleterre, la Prusse, la province. Voltaire décide finalement de s'établir en compagnie de Mme Denis sur la frontière franco-genevoise, à Ferney, où il construit une véritable petite ville aurour de son domaine des Délices.

Il publie à l'étranger, se défend d'être l'auteur de ses ouvrages, fait entrer en secret ses écrits à Paris. Les succès s'enchaînent, mais la disgrâce de Louis XV ne faiblit pas. Il ne retournera à Paris qu'en 1778, après
l'avènement de Louis XVI, pour y mourir quelques mois plus tard à l'âge de quatre-vingt- quatre ans."

Et il écrit,philosophe, récrimine,  correspond tous azimuts..

Voltaire- "Je me suis fait libre" cinquante ans d'exil, adaptation libre de sa correspondance par Virginie Berling, Ed. Triartis, juin 2016, 56 pp

06 juillet 2016

MAIS TOUJOURS EN AVANT !ET VERS L'ESPACE!

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L'ouverture officielle du 21e Festival de la correspondance est prévue, ce soir, à 17h30, sur la place de la mairie de Grignan, place Sévigné, la bien nommée.  L'occasion pour son Président- fondateur, Bruno Durieux, maire de la municipalité de présenter son invitée d'honneur, l'écrivain cubaine Zoé Valdès.

Nouveauté de l'édition: les spectacles du soir prendront dorénavant place dans la Cour du château. Exit les gradins surplombant le parvis de la Collégiale. Nous pensons que c'est une fort bonne initiative;d'autant que les structures sont déjà en place, prêtes à accueillir le spectacle de l'été.

Et comme une bonne nouvelle arrive rarement célibataire, je vous annonce une mise en lecture (Jérémie Lippmann) d'une adaptation libre(signée Sophie Delage)  de la correspondance de notre chère, très chère Alexandra David-Néel à son Mouchy de mari, le bel et fringant Philippe Néel. 

Le spectacle s'intitule Mais toujours en avant!et vers l'espace! 

Il est interprété par Natacha Régnier.

A 22 heures, au Château (réservations obligatoires) 

05 juillet 2016

Festival de la correspondance de Grignan

téléchargement (7).jpgLe mardi est jour épistolaire, sur votre blog préféré...

Il signe, ce mardi 5 juillet, le prélude musical du 21e Festival de la correspondance de Grignan

Placé sous le thème de l'exil, le Festival déclinera, une nouvelle fois, rencontres, lectures et spectacles, du mercredi 6 au dimanche 10 juillet selon une programmation que je vous invite à découvrir sur le site du Festival:

www.grignan-festivalcorrespondance.com 

ou sa page Facebook

Invitée d'honneur, l'écrivain cubaine Zoé Valdès, inaugurera la nouvelle édition du Festival. Elle traitera du thème "Ecrire l'exil" au cours d'une rencontre littéraire animée par Baptiste Liger, jeudi 7 juillet à 16h (Cour des Adhémar)

Le Pavillon de la Littérature pointera, chaque jour, à votre attention, une rencontre qui lui paraît digne d'intérêt et avec la complicité de la merveilleuse maison d'éditions Triartis, vous proposera les arugments des livrets édités en soutiens de spectacles de haute facture. Un label de qualité, croyez-m'en

Votre envoyée spéciale à Grignan

Apolline Elter

28 juin 2016

Les ombres portées

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Extrait des correspondances intimes - et pour cause - d'Emile Zola,  ce récit en quatre actes a pour focus la liaison que le célèbre romancier entretient avec Jeanne Rozerot, une lingère, de 27 ans sa cadette. Alexandrine (Zola) l'apprend par le bon office d'une lettre anonyme, début novembre 1891. Elle  découvre que son mari est père de deux enfants... La violence de sa réaction est à la mesure de sa consternation.

Mis en lecture par Nicolas Bigards,  signé Sophie Guermes, le récit sera lu par Zelda Perez, jeudi 7 juillet à 12h30, Cours Sévigné,  à Grignan,  lors du Festival de la correspondance.

"Une pièce de théâtre n'a de valeur que si elle donne la parole à tous les protagonistes du drame qu'elle représente, affirme Alain Pagès. Du monologue de la correspondance zolienne plusieurs voix étaient absentes: Sophie Guermès a su les restituer."

Le livret sera disponible à la vente, lors du spectacle et au bureau du Festival

Les Ombres portées- Zola correspondances intimes, Sophie Guermès, Ed. Triartis, juin 2016,  68 pp

06 août 2015

Freud et son double

 

La rencontre organisée autour de Freud et ..de  Lydia Flem, lors du Festival de la correspondance de Grignan (compte rendu sur ce blog, hier, mercredi 5 août,  et sous le titre, Freud, prolixe épistolier) faisait état de la célèbre lettre du 14 mai 1922, que le père de la psychanalyse adresse à Arthur Schnitzler à l'occasion du soixantième anniversaire de l'écrivain.

On y découvre le touchant aveu freudien: « Pourquoi, en vérité, durant toutes ces années, n'ai-je jamais cherché à vous fréquenter et à avoir avec vous une conversation ? [...] Je pense que je vous ai évité par une sorte de crainte de rencontrer mon double. 

05 août 2015

Freud, prolixe épistolier

Résultat de recherche d'images pour "L'homme Freud flem"Autour de Freud 

était le thème d'une rencontre majeure du Festival de la correspondance de Grignan (30 juin - 5 juillet 2015), autour de ....  Lydia Flem, biographe* du célèbre père de la psychanalyse; l'entretien était mené par le journaliste,  Baptiste Liger.

D'emblée Lydia Flem souligna combien Freud, fécond épistolier avait sa place au Festival de la correspondance:  on  lui dénombre pas moins de  20.000 lettres écrites de son stylo Montblanc ....
Au temps fort de sa correspondance, il écrit 7  à 8 lettres par jour
Il vit, du reste, "la plume à la main, pense, un stylo, entre les doigts."

On peut considérer qu'il écrit depuis l'âge de 17 ans: il entreprend une correspondance avec son camarade Silberstein sitôt qu'ils se quittent, après la journée de classe; les 2 garçons ont plus d'un point commun, ils ont tous deux appris l'espagnol aux seules fins de pouvoir lire Don Quichotte dans le texte original.

Freud a une grande modernité dans son épistolarité: il introduit le sens de l'immédiateté, de ce qu'il fait au moment où il rédige sa missive, comme on le ferait aujourd'hui avec un mail, un texto; un vrai plaisir donc de lire Freud, tant il pratique une langue vivante, "quotidienne", concrète.

Il écrit à Martha, sa fiancée, durant la  longue période de leurs fiançailles. Des lettres qui s'avèrent une mine pour ses biographes car il y relate les événements de sa vie, durant leurs périodes de séparation, telles  ses expériences auprès de Charcot, quand il séjourne à Paris.


La correspondance avec sa fille, très émouvante  mais  aussi les  lettres de voyage adressées à ses autres enfants le présentent en tant que père, attentif, le rendent  proche et très humain à nos yeux.


Quant à la correspondance, parfois décriée, qu'il entretient  avec Minna, sa belle-soeur,  Lydia Flem nous enjoint de de pas projeter dans le passé notre prisme de compréhension actuel des événements; du temps de Freud, on vivait davantage en tribu; la  solidarité familiale,  n'était pas un vain mot - c'est au nom de cette solidarité que Freud soutiendra d'ailleurs financièrement, quelque vingt membres de sa famille - et il jouit avec Minna d'une plus grande complicité intellectuelle qu'avec sa propre épouse Martha 
Et Lydia Flem d'insister pour que nous évitions  de nous  faire de Freud des idées par procuration. Rien n'en vaut la découverte en direct


A noter que Freud se prend souvent de passion en amitié mais se brouille avec la plupart de ses correspondants masculins (Fliess, Jung..) ce ne semble pas être le cas avec ses amies: Lou Andreas Salomé, Marie Bonaparte, ...

Sans doute aucun: l'épistolaire est une composante fondamentale de l'oeuvre de Freud, stucturelle et structurante

De votre envoyée spéciale au Festival

 

Apolline Elter

* L'homme Freud. Une biographie intellectuelle, Lydia Flem, essai, Le Seuil, 1991-  rééditions proche:Points, 280 pp

05 juillet 2015

Lettres de Westerbork

Résultat de recherche d'images pour "lettres de westerbork"Le Festival de la correspondance achève ce soir, sa 20e édition, au gré d'une lecture spectacle, concoctée, interprétée par Julie Gayet, qui me paraît des plus prometteuse.

Il s'agit d'une mise en lecture des Lettres de Westerbork envoyées - souvent frauduleusement - par la célèbre  et mystique  Etty Hillesum  (28 ans en 1942) depuis le camp néerlandais de Westerbork  ( camp de transit que traversèrent les quelque 100.000 juifs néerlandais ).A noter qu'elle y débarque de son plein gré (enfin plus ou moins, mue par le désir d'aider ses semblables) , le 30 juillet 1942, affectée au service d'"aide sociale aux populations en transit."  Non internée, elle a le droit de retourner chez elle, ce qu'elle fera  à trois reprises, pour des séjours de durée variable, jusqu'au mois de juillet 1943, qui signa la fin du statut particulier des membres du Conseil juif. Déportée avec sa famille, le 7 septembre 1943 pour le camp d'Auschwitz, Etty Hillesum y meurt, , deux mois et demi plus tard, vraisemblablement, le 30 novembre ,

Son journal, Une vie bouleversée,  chronique les événements  de 1941 et 1942, évoque l'étau qui se resserre sur les juifs des Pays-Bas, ce sentiment de liberté inconditionnel , d'altruisme que la jeune femme développe de façon aussi extraordinaire que bouleversante

Si ses lettres ont des destinataires familiers et précis, elles passeront largement de mains en mains, constituant aux yeux des lecteurs du moment et de maintenant encore un témoignage plus que précieux sur les conditions de détention dans les camps de transit.

 

" La somme de souffrance humaine qui s'est présentée à nos yeux durant les six derniers mois et continue à s'y présenter chaque jour dépasse largement la dose assimilable par un individu durant la même période. C'est pourquoi l'on entend répéter autour de soi, tous les jours et sur tous les tons: " Nous ne voulons pas penser, nous ne voulons pas sentir, nous voulons oublier aussi vite que possible." Il me semble qu'il y a là un grave danger"

 

Extrait des

Lettres de Westerbork, Etty Hillesum, traduites du néerlandais, présentées et annotées par Philippe Noble, Ed. Seuil, 1988, 126 pp

 

04 juillet 2015

Lettres d'amour en héritage

Le Festival de la Correspondance de Grignan vous propose, ce jour, une lecture-spectacle d'une oeuvre magistrale : "Comment j'ai vidé la maison de mes parents" de Lydia Flem 

Mise en lecture par Marie-Armelle Deguy, en partenariat avec Le Jeune Théâtre National et l'Ecole supérieure d'art dramatique,  la LS a lieu dans le Jardin du Mail, à 12h30, interprétée par Marie-Armelle Deguy, Zelda Perez et Alexandre Ruby.

L'occasion pour nous de  reproduire, à votre attention,  la chronique parue, en votre blog préféré, il y a quelques années:

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 « Je n’avais pas mis de point final à ma dernière phrase. Mon chagrin était encore trop vif, la perte trop écrasante. Je ne pouvais pas imaginer que ma peine se ferait petit à petit moins violente, qu’elle deviendrait une compagne apaisée, assourdie, faite de souvenirs et d’évocations réconfortantes. Le deuil n’était pas clos. J’en étais encore prisonnière. »                                                                                         C’est par ces phrases fortes que commencent Lettres d’amour en héritage, deuxième volet du somptueux Comment j’ai vidé la maison de mes parents, de Lydia Flem, dont je vous avais parlé en octobre dernier.    

   De trois boîtes découvertes dans le grenier de ses parents décédés, Boris Flem et Jacqueline, « Jacky » Esser, l’écrivain, psychanalyste, extraie  la correspondance amoureuse  - pas moins de sept cent cinquante lettres - qu’ils échangèrent, trois ans durant, principalement  de 1946 à 1949, au lendemain de la guerre, tandis qu’ils se promettaient l’un à l’autre et sa maman se battait contre une pleurésie purulente chronique contractée à Auschwitz.

  «  Je laissai passer de longs mois avant de me décider à ouvrir les boîtes et à commencer ma lecture. »   

   A travers ces échanges sur lesquels l’auteur se penche durant presque deux ans, avant de nous en livrer des extraits, de les commenter, elle revoit la relation qui l’a unie à ses parents et  perçoit  l’impact qu’aura eu leur couple sur son propre destin :  « Cet amour contrarié par la maladie, mythe fondateur du couple de mes parents, m’avait donné la conviction que l’amour se gagne de haute lutte, qu’il ne va jamais de soi, qu’il est hérissé de difficultés et de contretemps, qu’il faut s’armer de patience et d’intelligence pour les vaincre, mais que ces obstacles lui donnaient aussi toute sa valeur »Et un peu plus loin : « Pourtant, être née de l’amour donne de la force, prédispose sûrement à répéter, dans sa propre existence, cet élan de vie et de confiance. » (p 97)                                                                                             

C’est sans doute pour comprendre ses parents, les « apprivoiser », leur offrir une revanche sur « un traumatisme (reçu) en héritage »  que Lydia Flem a choisi la psychanalyse et nous offre, à nous lecteurs, de partager le fruit d’une réflexion, d’une maturité intense, nourrie.

  Pour notre plus grande édification.

Une lecture précieuse, essentielle.  

 

  Apolline Elter                                                                                     

 Lettres d'amour en héritage, Lydia Flem, Seuil, La Librairie du XXI e siècle, octobre 2006, 15 €.   

 

19 juin 2015

Le Festival de la correspondance de Grignan

 

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Plume au beffroi,  Grignan aborde, du mardi 30 juin au  dimanche 5 juillet prochain, une vingtième édition, placée sous le signe de la jeunesse : "Avoir 20 ans, jeunesse et correspondance."

Lancé, il y a dix-neuf ans (année tricentenaire du décès de la célèbre marquise de Sévigné, à Grignan) par le maire de la bourgade, Bruno Durieux et une équipe de bénévoles convaincus,  le festival  connaît un grand succès; il s'est adjoint une nouvelle direction artistique, un nouveau parrainage , après quatorze années d'excellence orchestrée par Anne Rotenberg. L'occasion pour nous de l'en remercier.

Changement de facteur, peut-être pas de facture , d' un Festival qui a acquis au fil des années, ses lettres de noblesse.

Le programme vous est accessible sur le site du Festival de la correspondance.

Votre Epistolière, 

Apolline Elter

21 juillet 2014

Festival de la correspondance 2014 - En guise de bilan

Achevée le dimanche 6 juillet à minuit (moins une) sous l'apothéose d'un spectacle de haut vol - Les lettres à Lou, de Guillaume Apollinaire - rassemblées, adaptées  par Laurence Campa, magistralement interprétées par Gérard Desarthe (Guillaume Apollinaire),  et la cantatrice Nathalie Dessay (comtesse Louise de Châtillon-Coligny) -  avec Philippe Cassard, au piano (à queue)- et.... d'un orage d'apocalypse fracassant,  la 19e édition du Festival de la correspondance de Grignan me laisse, il faut vous l'avouer, une impression de profond désarroi. Voici pourquoi:

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Elle a eu l'élégance suprême- innée- de n'en point parler durant cette nouvelle édition , menée avec brio, Anne Rotenberg, directrice artistique du Festival, depuis bientôt 15 ans, signait sa dernière orchestration... Discrète, efficace, intègre, exigeante, pro jusqu'au bout des ongles, Anne Rotenberg a fédéré  rencontres de haut vol, les plus belles lectures épistolaires, adaptant, liftant, boostant  à l'intention d'un public sans cesse croissant d'aficionados, les missives des personnages les plus illustres. Sa culture littéraire est abyssale. Elle est la colonne vertébrale du Festival.

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Revenons sur quelques moments forts d'une édition, vouée au centenaire épistolaire de 1914, de l'entrée en guerre et de cette Belle époque qui précéda les hostilités.

 

Inaugurée par Bruno Durieux,  maire de Grignan, président-fondateur du Festival, l'édition démarra le 1er juillet  par un spectacle ... prémonitoire, chantant, allègre et envolé, Avant l'orage, signé Philippe Meyer. Les spectateurs étaient conquis .. S'ensuivit une magnifique adaptation de la correspondance - prolixe- d'un  Claude Debussy, grande plume, interprété par Samuel Labarthe.  L'occasion de découvrir un brillant épistolier . et d'acquérir, auprès des éditions Gallimard, les milliers de pages (2330 ..)  que le spectacle avait judicieusement condensées.

Mercredi 2 juillet: 

Incarné par Didier Brice, Roland Dorgeles écrivait, depuis la solitude de la  tranchée, son besoin vital d''échanges épistolaires, tantôt crânant pour rassurer les siens, tantôt craquant, de langueur, d'ennui et de peur

Depuis la collégiale, la merveilleuse Claire Chazal incarnait, cette année, Alexandra Feodorovna, épouse de Nicolas II, dernier empereur de Russie. Pressée par les conseils de Raspoutine, l'impératrice exorte son mari à faire preuve d'autorité. Elle n'entend pas les pas d'une révolution qui sourd...

La lecture fut suivie, à 22 heures, d'une mise en scène et interprétation remarquables:  la dernière correspondance d'Alain-Fournier (Raphaël Peronnaz)  de son amour fauché.- par voie de guerre - pour  l'actrice Madame Simone as Pauline (Romane Bohringer)  Pénétrés d'un rôle qu'ils avaient minutieusement préparé , les acteurs reçurent une standing ovation à la mesure de leur grandiose interprétation.

 Un peu de (haute) couture au programme du jeudi 3 juillet et la vision (et états d'âme)  d'une figure mythique de la Belle époque: le couturier Paul Poiret, parfaitement incarné par Jean-Paul Bordès.

Incarnant cette fois, Romain Rolland, Didier Brice nous revenait (photo ci-dessous  , qui correspondait avec Stefan Zweig (Lucas Henaff) au-dessus de la mêlée.  Touchante attitude de deux hommes profondément pacifistes ; poignante douleur que ressent Zweig à la brusque rupture de ses relations avec le poète Emile Verhaeren.

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                          (Photo : Marie-Christine Delforge)

Pas follement convaincante, la lecture de la correspondance fictionnelle de Sacha Guitry et de son ami Paul Roulier- Davernel  permit tout de même d'admirer l'aisance, la réelle prestance de Davy Sardou (Paul) 

Vendredi 4 juillet révélait une des grandes découvertes - et réussites -  du Festival: celle de Darius, de Jean-Benoît Patricot, attributaire du prix Durance Beaumarchais - SACD 2014

Dévolu au thème du parfum plutôt qu'à celui du Festival,  Darius se nourrit d'échanges épistolaires entre Claire  (Marie Bunel) une mère désemparée par la progression inéluctable du mal qui ronge  et tétanise son fils handicapé, Darius et Paul (Patrick Catalifo), ancien nez d'une parfumerie, rongé, lui, par le deuil de sa femme.

Créatif, poignant, alternant les moments d'intense émotion et les allègements loufoques  et bienvenus, le texte est soutenu d'une interprétation remarquable, d'une mise en scène sobre, efficace, idoine, signée Murielle Magellan.  Une représentation qui ne peut  rester lettre morte....  Le texte sera publié auprès des éditions Avant-Scène. Nous lui souhaitons un puissant  avenir théâtral.

Samedi point à l'aube, gorgé d'humidité qui nous fait craindre pour la tenue extérieure de notre traditionnel  et annuel petit déjeuner de L'Epistolière.

L'invité en était  Jean-Pierre Guéno, 

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Directeur de la Culture d'Aristophil et partant des musées des lettres et manuscrits de Paris et de Bruxelles, commissaire de l'exposition , largement commentée sur ce blog, Entre les lignes et les tranchées (cliquer sur la vignette en vitrine du blog) 

Prélude aux  rencontre de 10 heures 1870-1914, Le chaudron de l'apocalypse et  lecture de 12 h 15 Belle époque ?  le chaudron de l'Apocalypse ,   Jean-Pierre Guéno exposa devant une tablée subjuguée les enjeux coloniaux véritables de la Grande Guerre: "La guerre coloniale est, en fait, la toute première guerre mondiale."

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 Constituée pour une part de lecteurs du magazine L'Eventail, la tablée associa festivaliers belges et français en une amène convivialité. 

Edité par les éditions Triartis, le livret  Belle époque? le chaudron de l'Apocalypse fut rapidement "sold out"  tant les propos de l'orateur conquirent l'assemblée venue l'écouter lors de la matinée à Grignan.

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Dimanche 6 juillet.

Après la lecture spectacle consacrée à la correspondance de captivité de Jacques Rivière, beau-frère d'Alain-Fournier, les spectateurs se virent offrir une rencontre extraordinaire: celle de Laurence Campa, biographe d'Apollinaire et de l'ouvrage majeur publié  en 2013, auprès des éditions Gallimard, Guillaume Apollinaire, biographie , aux termes de 8 années de recherches et de travail assidus.

Interrogée par Karine Papillaud, Laurence Campa  prêta sa voix mélodieuse à la lecture de lettres  et de poèmes d'Apollinaire, nous offrant de la sorte un moment de grâce et de toute beauté; la rencontre fut suivie d'une approche du dernier roman de Véronique Olmi - La nuit en vérité (Ed. Albin Michel, août 2013 - billet de faveur en vitrine du blog)  par le prisme de la grande guerre, de la présence de Lucien Berthier et d'événements de sa propre histoire familiale que l'écrivain nous fit l'honneur de nous révéler: un grand-père (maternel) donné pour mort et ...sauvé, à 18 ans, de l'horreur des tranchées. 

Ne concluons ce compte rendu sans souligner  le travail des nombreux bénévoles du pays de Grignan qui, fédérés de main de maître par Marie-Josèphe Baqué, prêtent maisons, chambres d'écriture, joyeuse et conviviale main-forte à la parfaite organisation des rencontres et lectures-spectacles. Au fil des années, on a même l'impression de faire partie de leur belle et grande famille...Ils confèrent à la manifestation une atmosphère extraordinaire. Un petit goût de paradis, tout bonnement.

Votre correspondante, Apolline Elter 

06 juillet 2014

Festival de la correspondance de Grignan - dernière journée

 

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Ne me dites pas que nous entamons la dernière journée de l'édition 2014....

J'en suis renversée, bouleversée.. à dire vrai, toute retournée..

Tandis que nos hôtes, s'en sont, en grande partie, eux aussi retournés...

Pallions ce désarroi momentané par un survol des perspectives de la journée. Tout porte à croire que le Festival s'achèvera en apothéose...

Rendons- nous dès 10  heures en la Cour des Adhémar pour une rencontre avec Clémentine Vidal-Naquet, intitulée, Le lien conjugal pendant la grande guerre, animée par Karine Papillaud. En mire, vous vous en doutez, les correspondances échangées par des millions de couples séparés,  avant-première de la publication, en octobre, auprès des Editions Robert Laffont, de l'ouvrage de CVN, Correspondances conjugales, 1914-1918.

Fanny Cottençon incarnera, à 12h15 (Cours Sévigné) la dramaturge et diariste, Marie Lenéru, tandis que le Jardin du Mail, proposera - au même moment - 12 h30 - (grrrr) - la correspondance de captivité de Jacques Rivière librement adaptée par Anne Rotenberg, avec Nora Krief et Eric Masse.

Nous ne manquerons pour rien au monde, le portrait de Guillaume Apollinaire par Laurence Campa - rencontre à 14h30, en la Cour des Adhémar, orchestrée par Karine Papillaud, ni la source d'inspiration que représente la grande guerre pour l'écrivain, Véronique Olmi, chère à notre blog et à son poignant roman, La nuit en vérité (billet de faveur en vitrine du blog) ; rencontre à 15h30 en cette même cour des Adhémar.

Les spectacles de la Collégiale, mettront en scène Marie Curie (incarnée par Caroline Proust), à 19 heures et les vagues de calomnies que son éligibilité à l'Académie des Sciences suscita (adaptation libre d'Anne Rotenberg et de Nathalie Huchette) et le final de 22 heures, les célèbrissimes Lettres à Lou (as Louise de Coligny-Châtillon) qu'Apollinaire écrivit depuis les tranchées. Librement adaptées par Laure Campa, les lettres seront parées des voix et chants de Gérard Desarthe  Nathalie Dessay, avec Philippe Cassard, pour l'accompagnement au piano

Quand je vous parle d'apothéose..

Votre dépêchée, bouleversée

Apolline Elter

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05 juillet 2014

Festival de la correspondance de Grignan - 4e journée - Et petit déjeuner

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 L'Epistolière se lèvera tôt, ce samedi 5 juillet, qui accueillera son traditionnel petit déjeuner, écho du Festival et d'un invité particulièrement prestigieux, Jean-Pierre Guéno. 

Nous avons annoncé le rendez-vous, à plusieurs reprises sur ce blog.  

Spécialiste de la correspondance des Poilus - notamment - Jean-Pierre Guéno est - notamment - le commissaire de l'exposition "Entre les lignes et les tranchées" actuellement vedette du  Musée des Lettres et manuscrits ( Paris, bd Saint-Germain)

Belgo-franco-suisse, la tablée réunira quelque 15 commensaux, animée d'un vif intérêt pour deux rencontre et lecture du jour, autour de notre invité:

-  à 10  heures (Cour des Adhémar) rencontre animée par Karine Papillaud : 1870-1914, Le chaudron de l'Apocalypse

- à 12h15 (Cours Sévigné) Belle époque? Le chaudron de l'Apocalypse, texte librement adapté par Jean-Pierre Guéno, incarné par Jacques Frantz et disponible auprès des Editions Triartis:

Fustigeant la désinformation savamment orchestrée qui envoya des millions de soldats se tuer au front, Jean-Pierre Guéno voit dans un nationalisme monté de toutes pièce,  l'odieuse attitude coloniale et l'iniquité des partages, les ingrédients-germes d'un conflit inéluctable: "(...) il suffit de jouer aux apprentis sorciers, de créer une nouvelle potion magique, avec un gros bouquet de nationalisme, quelques pincées d'ostracisme, quelques décilitres de populisme, quelques mesures d'antisémitisme: avec trois armes secrètes pour faire monter la sauce nationaliste dans les deux camps: l'école, l'armée et les médias." (d. Triartis, juillet 2014) 

  La journée se poursuivra, magique, nourrie des portraits de Winston et Clémentine Churchill, de leurs" Intimités publiques" (Jardin du Mail, 12h30) , de Charles Péguy (14h30 - Cour des Adhémar) , de Georges Clémenceau ( 15h30 - Cour des Adhémar - rencontre avec jean-Noël Jeanneney,  animée par Karine Parillaud et 19 heures, lecture en la Collégiale - Clémenceau, dans la peau d'un tigre, avec Bruno Abraham-Kremer (texte adapté par Pierre Tre-Hardy) et de Marcel Proust, Les bruits du monde, (22 heures, en la collégiale) et d'une correspondance avec sa voisine, Madame Williams, librement adaptée par Anne Rotenberg et Gérald Stehr, avec Micha Lescot.

AE

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04 juillet 2014

Festival de la correspondance de Grignan - 3e journée - vendredi 4 juillet

 

vacances 2008 200.jpgVendredi déjà...

Comment arrêter le temps de si belles prestations..

Abordons sans tarder, les perspectives de la journée.

 Une journée qui dévoilera, dès 10 heures, une partie de la correspondance de Rémy de Gourmont, dont Vincent Gogibu, invité de la rencontre (Cour des Adhémar) publiera le troisième en 2015, année centenaire de son décès. La rencontre est animée par Karine Papillaud.

 De Rémy de Gourmont, il est encore question , et d'un Joujou patriotisme adapté par François Mauricette, interprété par Dominique Pinon (12h30 - Jardin du Mail) 

Une nouvelle concurrence d'agenda me forcera à trancher entre les Lettres de Paris, de Valéry Larbaud, lues par Jean-Philippe Puymartin ( 17h15 - Cours Sévigné) et la lecture-spectacle attributaire du Prix Durance-SACD / Grignan 2014 (Jardin du Mail, 17h30) , à savoir, Darius, de Jean-Benoît Patricot, qui traitera de correspondance et parfum : Claire (Marie Bunel) persuade Paul (Patrick Catalifo) de créer pour un certain Darius, un parfum unique... La mise en lecture est signée Murielle Magellan. Irrésistible. Vous l'aurez compris.

AE

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02 juillet 2014

Festival de la correspondance de Grignan - 1re journée

 

Festival Correspondance Grignan 2013 177.jpg

 

Cette premère journée se place sous le signe étiologique de la Grande Guerre, ses origines (Alexandre Adler) son inéluctabilité (Jean-Claude Casanova) son déclenchement (Gabriel de Broglie ), tandis qu'une lecture, à 12h15 (Cours Sévigné) se penchera sur la correspondance de Roland Dorgelès, depuis la tranchée. Adaptée par Evelyne Lever, elle sera lue par Didier Brice . L'auteur des Croix de bois s'est engagé volontaire pour une guerre qu'il croyait de courte durée. Il écrit à sa maîtresse, Mado, cédant à un certain cafard après la fanfaronnade initiale

Traditionnellement réservée à Claire Chazal, la lecture de 19 heures, à la Collégiale se penchera sur la fin de l'empire russe, les lettres qu'adresse l'impératrice Alexandra Federovna à son époux, l'empereur Nidolas II: " Mais à l'arrière, dans ce tumulte mondial, Nicolas II " sous emprise" n'entend pas gronder les voix d'une révolution en marche" .  Une adaptation libre signée Anne Rotenberg et Gérald Stehr.

La lecture-spectacle de 22 heures, en la Collégiale profilera la correspondance amicale, bientôt amoureuse d'Alain-Fournier et de Pauline, as Madame Simone,  actrice de théâtre "adulée". Une passion amoureuse fauchée d'entrée de guerre, avec la mort du célèbre écrivain, lors des premiers combats de septembre 1914.  Romane Bohringer et Raphaël Personnaz incarneront les deux correspondants.

AE

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01 juillet 2014

Coup d'envoi du 19e Festival de la correspondance de Grignan

 

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Le beffroi de Grignan a revêtu sa plume, juillet, ses plus beaux atours. Coup d'envoi est donné, ce soir à la 19e édition du Festival, placée sous le signe de 1914, année-charnière (et carnassière) entre Belle époque et la Guerre
 L'ouverture se fera, en fin d'après-midi, présidée par Bruno Durieux, maire de Grignan, Président fondateur du Festival.  L'ancien ministre sera entouré de Claire Chazal et de Gabriel de Broglie, invité d'honneur de cette édition.

Placé sous la direction artistique d'Anne Rotenberg, administrative de Marie-Josèphe Baqué et épaulé du bénévolat de centaines d'habitants de la bourgade, le Festival, verra une nouvelle fois défiler une prestigieuse palette d'acteurs, comédiens, lecteurs et une série de lectures-rencontres, conférences des plus alléchantes.

Nous pointerons chaque jour, quelques rendez-vous particulièrement remarquables.

Telle, ce soir, à 22 heures, sur le parvis de la Collégiale, une plongée dans la correspondance de Claude Debussy, empêché de front pour cause de maladie. Une lecture interprétée par Samuel Labarthe, un nom, un gage de qualité,accompagné, au piano, par Jean-François Dichamp.

Extrait du programme: 

" Et si les contours de la vie de ce fils de communard qu meurt en 1918, juste avant la fin de la guerre, épousent étrangement ceux de la Belle Epoque, Claude Debussy fut à la fois totalement de son temps et totalement du suivant. Totalement du nôtre"

Votre envoyée spéciale au Festival, 

Apolline Elter 

20 juin 2014

Les Estivales 2014

Voici que nous revient le temps des Estivales du Pavillon 

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Temps béni pour  votre blog préféré d'insuffler un peu de mistral à ses chroniques, d'en alléger l'actualité - littéraire - d'une série de semaines thématiques.

Le temps de potasser les parutions de la rentrée - elles fleurissent déjà nombreuses à l'entrée de la boîte aux lettres et répandent à l'envi leur parfum de promesses.

Quelques rendez-vous de l'été:

sigle Estivales.jpg- Du 1er au 6 juillet, le Pavillon se fera relai du Festival de la correspondance de Grignan et d'une 19e édition intitulée, 1914, Entre Belle époque et Guerre (cliquer sur l'affiche en vitrine gauche du blog) 

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Concours de...circonstances

- La semaine du 7 embrayera illico sur Le Prix AudioLib 2014, auxquels vous êtes cordialement invités à participer .

A savoir, cinq titres ont été retenus à la sélection du Prix 2014 (remis le 13 octobre prochain):  Le quatrième  mur (Sorj Chalandon) , Au revoir Là-Haut (Pierre Lemaître), L'extraordinaire voyage  du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikéa (Romain Puertolas)  L'appel du coucou ( Robert Galbraith) et Docteur Sleep (Stéphen King) 

Je vous présenterai l'argument de chacun, extrait du site d'AudioLib, agrémenté d'un petit avis perso....

Chaque jour, un exemplaire de l'Audiolib présenté sera offert au visiteur qui aura le premier manifesté son intérêt (via l'onglet: Me contacter) 

Vous serez alors invités à voter pour le titre de votre choix, avant le 25 août sur le site consacré: 

http://www.prix-audiolib.fr/

Voilà qui agrémentera,  à n'en pas douter, votre route des vacances.

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Quelques chroniques, incipit, infusions littéraires,  bons plans d'escapades culturelles, vous mèneront tout doux, au mois d'août, tandis que se profilera téléchargement (6).jpgL'Intime Festival ( à Namur - cliquer sur la vignette en vitrine du blog) , apothéose des Estivales.

 


 

 

13 juin 2014

Entre les lignes et les tranchées

téléchargement.jpgUne belle, riche et didactique  exposition se tient, en ce moment au Musée des Lettres et manuscrits de Paris, qui fait battre le coeur de la Grande Guerre, de la vie quotidienne des tranchées, quelque 1500 photographies, lettres et carnets de bord à l'appui. 

Une exposition qui fait la part belle à la richissime collection de photos et documents manuscrits des frères Roux - Joseph et Loys- prêtres, fantassins et "infirmiers reporters".

Une exposition qui fustige les idées reçues, de la genèse du conflit jusqu'à son dénouement en "trompe l'oeil". Jusqu'en juillet 1918, l'issue de la guerre semble, en effet, favorable aux Allemands.  L'Armistice résonne comme une "défaite" pour la France, le traité de Versailles, comme un "acte de guerre".

 Avis de mobilisation - daté de ...1904! - ,  rapports des tranchées, viewmasters en 3 D, cartes postales de propagande,  lettres des poilus à leurs familles - notamment celles de Maurice Drans - jalonnent un parcours décliné d'une belle pondération des événements

Magnifique, le catalogue de l'exposition, co-édité par les éditions Gallimard, soutient le propos d'illustrations nombreuses, inscrit la Première Guerre dans le basculement tangible de la Belle époque dans le XXe siècle:

" La Première Guerre mondiale achève de faire basculer le monde dans le XXe siècle. Elle accélère en Europe le basculement d'un monde rural vers un monde urbain, d'un monde artisanal vers un monde industriel, d'une  société traditionnelle vers un monde gouverné par le pouvoir de l'économie et de la finance. En brassant les populations, les générations et les classes sociales, les gens des villes et ceux des campagnes, ceux de la métropole et ceux de son empire colonial, elle produit une incroyable effervescence qui contribue à transférer la violence militaire des champs de bataille sur le terrain des revendications civiles et sociales

Commissaire de l'exposition, auteur de l'ouvrage, co-signé par Gérard Lhéritier, Jean-Pierre Guéno sera l'invité  du Festival de la correspondance de Grignan, samedi 5 juillet prochain , d'une rencontre littéraire,à 10  heures,  en la Cour des Adhémar, intitulée "1870-1914, le chaudron de l'Apocalypse"  et d'une lecture  par Jacques Frantz à 12h15 (Cours Sévigné) du texte qu'il a librement adapté,   Belle époque? Le chaudron de  L'Apocalypse (Ed. Triartis).

Les rencontres seront précédées d'un petit déjeuner en L'Epistolière (Grillon) qui se profile, passionnant.. Nous reviendrons sur le sujet, cela ne fait l'ombre d'un doute

Entre les lignes et les tranchées 

Musée des lettres et manuscrits

222 bd Saint-Germain - Paris (VI)

Jusqu'au 31 août

http://www.museedeslettres.fr/

 

Entre les lignes et les tranchées - Photographies, lettres et carnets 1914-1918, Jean-Pierre Guéno et Gérard Lhéritier, beau livre, Ed. musée des lettres et manuscrits  / Gallimard, avril 2014, 280 pp, 29 €

09 mai 2014

L'Eventail de mai

L'Eventail - décembre 2013

 

Les "mai" se suivent et se ressemblent .... parfois, glorifiant à l'envi les jardins fleuris, le retour du beau temps.

Votre magazine - L'Eventail - ne faillit à l esprit ambiant, qui vous propose un dossier fluide et bien ficelé sur la Grande Guerre (1914-1918), le rôle des femmes, sa correspondance fournie,  ses enjeux parfois occultés, ce qu'il faut en retenir, l'édition 2014 du Festival de la Correspondance de Grignan,  sur le renouveau du château de Chimay, le souvenir d'Audrey Hepburn à travers le témoignage de son fils Sean Hepburn Ferrer, les relations sororelles à travers le Gotha, ses joyeuses mondanités et ... enfin l'invitation à participer à notre dernier déjeuner littéraire de cette année académique.

Déjeuner littéraire Yann Kerlau

Il aura lieu le vendredi 23 mai, de 12h à 14h, au B19 (Uccle) et aura pour invité de prestige, Yann Kerlau auteur du somptueux Chercheurs d'art (Ed. Flammarion) dont nous dressions mi-mars  billet de ferveur (cliquer sur la couverture en vitrine du blog) 

La participation est de 25 €/ personne

L'orateur faisait, la semaine passée, du célèbre cercle Interallié parisien, salle comble et comblée...

Je vous recommande spécialement cette rencontre

 Modalités d'inscription via votre Eventail de mai et Françoise Wallyn (fwallyn@eventail.be) 

AE

16 août 2013

Festival de la correspondance de Grignan: 18e édition -En guise de bilan

Vouée aux relations transatlantiques, qui d'Amérique du Nord à la France suscitèrent correspondances de tous 

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genres, de toutes factures, la 18e  édition du Festival de la correspondance fut un grand cru. De l'avis général

Certaines rencontres, certains spectacles ont soulevé des ovations particulières, marquées, citons notamment la lecture-spectacle d'Hunter Thompson, la mort du rêve américain , texte librement adapté par Jean-Philippe Minart et Serge Sandor, mis en lecture par Richard Brunel, avec Pio Marmaï, celle de Marilyn Monroe, la danseuse qui ne savait pas danser, magistralement interprétée (et rédigée..) par Claire Borotra - nous reviendrons sur le sujet-  et Marcel Duchamp, clou final, surréaliste et farfelu, du Festival, signé Philippe Découflé.

Les rencontres centrées sur les correspondances de François Mauriac , avec Claude Arnaud et de Madame de Maintenon, avec Françoise Chandernagor resteront, elles aussi, gravées en notre mémoire, grevées de fabuleuses prises de notes.

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Saisi de pluie -   et des deux seules heures humides d'un Festival toujours radieux - le traditionnel petit déjeuner de l'Epistolière, se déroula en enveloppe intérieure,  animé, convivial et joyeux. Il avait pour invité d'honneur, Bruno Durieux, Maire de Grignan, Président fondateur du Festival, entre autres qualités.

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Festival Correspondance Grignan 2013 177.jpgUn reportage photographique paraît dans les pages "Mondanités" de l'Eventail de septembre. Il est signé, Louis Jadoul. Je vous invite à le découvrir dès parution du magazine

Votre correspondante,

Apolline Elter 

09 juillet 2013

Une femme amoureuse

Il vous souvient de Beauvoir in love (Irène Frain -Ed Robert Laffont - chronique sur ce blog) centré sur les amours 

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de Simone (de Beauvoir) et de l'écrivain américain Nelson Algren. Des amours condamnés d'emblée à l'éphémère car, beaucoup moins libérée qu'elle ne le prétend, le "Castor" entend surtout prouver à JPS, qu'elle peut fonctionner sans lui, qu'elle peut aimer aussi..d'autres que lui. Et de lui adresser un courrier abondant, véritable journal de ses exploits , auquel Sartre répondra, se piquant de quelque conseil avisé. ..

Librement adaptées par Gérard Bonal, ces "Lettres d'Amérique" furent l'objet d'une belle et tonique lecture-spectacle, samedi 6 juillet, par Sabine Haudepin, dans le cadre choisi du Festival de la correspondance de Grignan et du Jardin du Mail.

On embarque avec Simone en 1947 pour un voyage américain et  amoureux de quelque trois années.

Découvertes enthousiastes, étonnées, addiction au whisky, au Martini, à Nelson Algren.. et le détachement soudain de leur amour , séquestration de quelques mois en la retraite de Nelson au bord d'un lac...Simone de Beauvoir tente de remettre à l'heure, les pendules d'une relation bien ambigüe.

"Je vis au jour le jour et les jours sont un à un plaisants"

Jusqu'à celui du grand retour:

" J'arriverai à Paris dans le ravissement de commencer enfin notre vieillesse heureuse"

AE

08 juillet 2013

Madame de Maintenon, une révélation épistolaire

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Au cours de la rencontre de samedi 6 juillet, centrée sur la correspondance de Madame de Maintenon (voir billet de samed - Festival de la correspondance de Grignani), Françoise Chandernagor révélait l'extraordinaire inventivité de cette prolixe épistolière. Et de citer entre autres formules:

"Je vous estime trop pour ne pas vous aimer très tendrement"

Une épistolière qui, sortant des sentiers convenus,  jamais n'usait de même formule envers un même destinataire..

Tout cela nous plaît, assurément

Votre correspondante festivalière, 

 

Apolline Elter.

07 juillet 2013

Festival de la correspondance de Grignan: cinquième et dernière journée

 

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Ne me dites pas que c'est la dernière journée... d'un Festival décidément hors du commun.

Il va falloir mettre les chroniques doubles, à l'instar d'une programmation décidément riche d'enseignement.

Vous inviter à consulter sans plus tarder le programme de la journée, disponible sur le site du Festival : www.grignan-festivalcorrespondance.com et à cocher pourquoi pas:

- à 14h30  (Cour des Adhémar) les conversations entre Andy Warhol, pape du Pope Art et de la Factory et William Burroughs (Beat Generation), suivies à 15h30 d'une rencontre (sous réserve) avec Franz-Olivier Giesbert

 - Les lectures de William Burroughs (17h15), d'Henry James  ( 17h30) et de Truman Capote (19 h) seront clôturées par le grandiose spectacle de la Collégiale, à 22 heures, centré autour de Marcel Duchamp, mis en lecture et même interprété par le grandiose - et génial  - Philippe Decouflé.

Pas de doute, cette 18e édition s'inscrit dans les annales d'une superbe programmation.

Nous vous reviendrons sous peu pour le bilan de quelques moments choisis avant de publier un reportage illutré en votre magazine L'Eventail, aimablement mis à l'honneur tout au long de cette 18e édition.

Votre correspondante festivalière, 

Apolline Elter

06 juillet 2013

Festival de la correspondance de Grignan: quatrième journée

 

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Les jours se suivent, se rassemblent  et se ressemblent d'allégresse.

Le programme que vous propose, en ce samedi 6 juillet, le Festival de la correspondance de Grignan est tout bonnement..captivant

La cour des Adhémar vous convie, dès 11 heures à une rencontre avec Madame de Maintenon, sa correspondance générale, Françoise Chandernagor, animée par la journaliste Karine Papillaud.

! J'y serai, animée d'une ferveur sans précédent et de la joie d'avoir pu partager sa table, hier en la propriété si hospitalière de Sylvie et Bruno Durieux et d'avoir fait l'heureuse connaissance de son époux, Gérard de Senneville.

[NDLR : Un exposé brillantissime, devant une cour des Adhémar archi-comble et...comblée. Nous ne manquerons pas de revenir sur le ropos et les quelque huit pages de notes que nous a values cette rencontre hors du commun.]

Le Jardin du Mail se penchera, dès 12h30 sur la correspondance qu'adresse Simone de Beauvoir depuis les Etats-Unis  à Jean-Paul Sartre, resté à Paris. Nous sommes en 1947, le "Castor " est invitée Outre-Atlantique pour y donner un cycle de conférences. Elle s'éprend de Nelson Algren (cfr sur notre blog, la chronique de Beauvoir in love - Irène Frain aux éditions Robert Laffont. Mise en lecture: Sabine Haudepin, chaleureusement applaudie après une belle prestation.

Retour, dès 15h30 en la cour des Adhémar pour une rencontre avec François Busnel himself, ses Carnets de route (8 épisodes) consacrés à la littérature américaine.

La Collégiale accueillera dès 19 heures une mise en lecture signée Denis Marleau de la correspondance d'Elisabeth Begon, la "Sévigné" québécoise à son "cher fils" as son gendre. Pas triste, je vous assure...;

[Impressions d'après-spectacle :  Las - le découpage de lettres aux propos relativement insignifiants,  assorti d'une mise en scène ..inexistante plomba la féérie attendue d'une dose d'ennui irrepressible.Denis Marleau nous a habitués à mieux ....) 

le spectacle de 22 heures résonnera des voix des Scott et Zelda Fitzgerald, les "heureux damnés" (voir chronique en ce blog de Fitzgerald, le désenchanté, de Lilian Kerjan (Ed. Albin Michel) 

Votre correspondante, 

Apolline Elter

05 juillet 2013

Festival de la correspondance de Grignan: troisième journée

 

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Troisième journée du Festival  et non des moindres, ce vendredi 5 juillet ouvre le feu de belles rencontres:

A 11 heures, la rencontre littéraire de la Cour des Adhémar se centrera sur la correspondance intime de François Mauriac, établie par sa bru et récemment publiée aux Edition s Robert Laffont (voir chronique sur ce blog) 

A 12 h30 (Jardin du Mail) reprise de la lecture-spectacle de Marilyn Monroe, la danseuse qui ne savait pas danser . Le spectacle est sublime, Claire Borotra habite son personnage avec une grâce, une beauté, une vérité incroyables, offrant aux spectateurs médusés, subjugués, scotchés des émotions d'une rare intensité. S'il reste des places, ce dont je doute, il faut assister à la lecture sans l'ombre d'une hésitation

 

Le prix Durance-Beaumarchais SACD est remis à Carine Lacroix pour son texte Une fille sans personne, mis en espace par Murielle Magellan et notamment interprêté par Léa Drucker (Jardin du Mail, 17 h 30.

C'est l'artiste inventive Juliette qui intérprera Gertrud Stein, dans une série de portraits croisés mis en lecture par Didier Long (Collégiale, 19 heures) 

Apolline Elter

04 juillet 2013

Festival de la correspondance de Grignan: deuxième journée

 

affiche-Geoffroy-Lagarde-gignan2013-small.jpg

 

Pointons quelques rencontres et spectacles au sein du riche programme du Festival que je vous conseille vivement de ..dévorer. 

Pour notre part, nous n'allons pas manquer

La rencontre littéraire, Le Fou d'Amérique, animée par Michèle Fitoussi, autour d'Olivier Barrot, journaliste, présentateur et producteur de l'émission quotidienne , Un livre, un jour et chargé de cours auprès de la N.Y.U (New York University)

(Cour des Adhémar - 11 heures) 

 

La lecture spectacle centrée sur Marilyn Monroe, La danseuse qui ne savait pas danser, interpretée par Claire Borotra. ( Jardin du Mail - 17h30)

La lecture spectacle centrée sur la correspondance d'Henry Miller et Anaïs Nin, respectivement interprétée par Evelyne Bouix et Christophe Malavoy, librement adaptée et mise en lecture par Delphine de Malherbe

(Collégiale - 22 heures) 

Votre correspondancte festivalière

A Elter

03 juillet 2013

Festival de la correspondance de Grignan: première journée

Il est devenu une tradition pour nos lecteurs, compatriotes et amis qui gravitent dans la région lors du Festival, le 

Festival 2011 074.jpgpetit déjeuner annuel de L'Epistolière réunit une tablée amène autour d'un hôte de prestige.

Ce mercredi, Bruno Durieux, Président - fondateur du Festival, nous fait l'honneur de sa présence matinale. Il se rendra ensuite, un peu avant 10 heures,  en la Cour des Adhémar pour accueillir la première rencontre littéraire centrée sur Alexis de Toqueville (avec Jean-Claude Casanova)

Pointons sans hésiter la lecture par Véronique Olmi de la correspondance des époux Carson-  McCullers, librement adaptée par Michèle Fitoussi. Passion destructrice et orageuse qui s'alimente d'un double mariage - les époux se remarieront après leur divorce n 1941- et aboutit au suicide de Reeves McCullers

(Jardin des Lettres à 12 h 15) 

Une lecture sublime, nous pouvons vous le confirmer.

Saluons la rencontre littéraire qui scrutera les relations entre Versailles et l'Amérique, interrogeant Catherine Pégard, Présidente de l'établissement public du Château de Versailles et invitée d'honneur du Festival  (Cour des Adhémar, 15h30) 

La lecture attendue de Claire Chazal aura lieu à 19 heures à la Collégiale.  La journaliste prêtera sa voix à Jannet Flanner, une Américaine à Paris, correspondante, un demi-siècle durant,  du New Yorker à qui elle enverra tous les 15 jours sa célèbre Lettre de Paris. Elle y  trace les portraits de nombreux artistes contemporains, passe en revue les événements marquants de l'Après-Guerre jusqu'à l'élection présidentielle de Valery Giscard d'Estaing.

Votre correspondante à Grignan, 

Apolline Elter