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21 avril 2018

A.... Bicyclettres

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Le vélo n'attend pas le nombre des années, affirmait,  de Corneille,  le Rodrigue.

Cette maxime, Jean-Acier Danès l'a faite sienne, qui à 18 ans, enfourche "Causette", sa bicyclette, pour un Tour de France - et même au-delà puisqu'il se rend à Barcelone - et d'hommage aux écrivains qui ont marqué ses dix-huit premières années d'existence. 

"En changeant de braquet entre les livres et les siestes, là où la fatigue couchait mes peines et mes rires, j'ai commencé à parcourir le pays à travers la littérature. J'ai appris à aimer les errances dans une France pleine de courbes et parfois capricieuse, une France vide et coupée par l'horizon, une France qui gigote et se passionne. J'y ai usé mes gommes, pneus, crayons et rayons, dans ce vieil hexagone regorgeant de personnages qui font de tout voyageur un sourcier, guidé par les surprises. Après bien des périples, ce que je ne pouvais imaginer à mon retour de Sète s'écrit désormais sur ces pages."

Et le jeune écrivain- car c'en est déjà  un - de consigner deux ans plus tard, le fruit de cette expérience peu commune, qui conjugue ses  passions sportive et littéraire en un feu d'artifice verbal impressionnant d'élégance, d'envergure et de maturité. Au départ de Lyon, il nous emmène à la rencontre des Rousseau, Proust, Yourcenar, Baudelaire, Vialatte, Camus, Valéry, Hugo, Claudel, Stendhal,  ...  répercutant les effets physiques, sensoriels, philosophiques, existentiels, ... de ses énergiques coups de pédale.

" Un soir de printemps, donc, l'évidence m'est apparue: la littérature et l'exploration cycliste devenaient prétexte l'un à l'autre. Je lisais pour rouler et je roulais pour écrire."

Je ne peux que souscrire à cette assertion, moi qui ai lu ce prodigieux récit, fenêtre ouverte, du haut de mon vélo d'appartement...

Une lecture recommandée

Apolline Elter

Bicyclettres, Jean-Acier Danès, récit, Ed. du Seuil, janvier 2018, 220  pp

20 avril 2018

Drômo- manie

Si la dromomanie est une pathologie de l'évasion, impulsion de la fugue, du déplacement continu, elle pourrait bien trouver refuge sain et  sensé dans l'offre culturelle de la... Drôme, celle d'une délégation prestigieuse,  venue spécialement à Bruxelles, ce jeudi 19 avril, présenter à la presse, les nombreux attraits touristiques, gastronomiques et culturels d'une région gorgée de soleil. Un soleil particulièrement présent, en notre Capitale, en cette journée bénie des astres.

L'organisation de l'événement était confiée à Vincent Toulotte (au centre de la photo) Directeur d'Atout-France pour l'Europe du Nord

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 Directeur général de "La Drôme Tourisme", Monsieur Bruno Domenach , insiste sur l'importance que revêt le tourisme belge pour sa région: les Belges viennent en deuxième position parmi les touristes étrangers. Ils sont appréciés des autochtones car ils partagent nombre valeurs communes. Et Bruno Domenach de brosser, en un survol bref, dynamique, engageant, les attraits du slow-tourisme particulièrement bienvenu en cette Drôme, premier département "bio" de France, riche de sa production truffière, viticole, de chefs étoilés telle Anne-Sophie Pick et de la célèbre ViaRhôna,  route touristique qui longe le Rhône et relie de quelque 800 kms  le Lac Léman à la Mer Méditerranée.

 

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 Parole est  ensuite donnée à Monsieur Bruno Durieux, maire de Grignan et Président-Fondateur du Festival de la correspondance béni de votre blog,  et à sa directrice artistique, Madame Julia de Gasquet.

Grande nouvelle que nous relayerons abondamment: Le Festival placera sa 23e édition sous le signe des Lettres belges (d'expression française)   Elle aura lieu du 3 au 7 juillet, à Grignan, bien évidemment, capitale mondiale de la correspondance.

Un programme dense, riche, éclectique nous attend, judicieusement équilibré, qui à mes sens et engagement, rend compte tant de notre riche passé que de la "jeune scène littéraire belge"  .  Fort d'un "tropisme personnel belge', hennuyer,  Bruno Durieux salue humour, inventivité, sorte de détachement ...caractéristiques de l'esprit belge.

Ils nous ont compris!

Des invités prestigieux sont attendus , tels Amélie Nothomb, Eric-Emmanuel Schmitt,  France Brel,  Marie-Christine Barrault, Jean-Claude Drouot, Jean-Baptiste Baronian, Jacques De Decker, Patrice Leconte,  Benoît Poelvoorde, Jacqueline Bir,  Jean-Luc Outers, Michèle Goslar, Hervé Gérard,  Philippe Meyer, Jean-Claude Pirotte, Jean Bofane, Thomas Gunzig,  Colette Nys-Mazure, Jean-Claude Casanova, Maurice Olender, Lydia Flem , Genevièce Damas, Benoît Peeters, ... qui raviront toutes les générations en une amène et chaleureuse convivialité culturelle, selon le voeu de sa directrice artistique. Qu'elle soit félicitée pour cette subtile vitrine offerte à notre pays.

Françaises et Français, Belges et ..Belges, nous vous attendons nombreux à cette édition qui s'annonce flamboyante. Je vous le certifie.

Nous vous reviendrons régulièrement à ce sujet.

IMG_0853 ter.jpgLa dernière partie du "workshop'  rassembla une poignée de comédiens,  Messieurs Gabriel Mattei, chef d'orchestre, Vincent Goethals, metteur en scène  ( à droite sur la photo) et Fabien Limonta, Vice-Président du Conseil départemental  (Drôme) chargé de la Culture (à gauche sur la photo) pour une présentation "live" diantrement apéritive du spectacle des Fêtes nocturnes 2018 du château de Grignan, à savoir, Les Noces de sang, de Gabriel Garcia Lorca.

Spectacle qui s'annonce grandiose, musical,  choriste, pluriel et participatif.

Soucieux de mettre en valeur la prestigieuse façade du château de Grignan ainsi que les couleurs spécifiques de la langue du célèbre écrivain espagnol - elle se déclinera sur deux niveaux,  du "guttural, naturaliste" (première partie) à l'onirique festif (seconde partie) et la musicalité qui constitue l'identité de Lorca - rappelons qu'il était pianiste de formation -  Vincent Goethals a décidé d'inclure le public dans son spectacle.  Trente figurants (spectateurs) sont invités chaque soir sur la scène. Il leur suffit de s'inscrire sur le site de réservation du spectacle et d'arriver sur place deux heures avant, aux fins de répéter un chant, quelques pas de danse et partager un en-cas avec l'équipe. Ce seront les "cousins" des noces... 

Les quelque six cents spectateurs attendus chaque soir entonneront en choeur un air - aisé  - sous la houlette de Mélanie Moussay

Bel et engageant projet de spectacle participatif

Il nous tarde de le découvrir 

Les Noces de sang,  de Gabriel Garcia Lorca, spectacle mis en scène par Vincent Goethals, direction musicale de Gabriel Mattei

Château de Grignan,  du 27 juin au 25 août 2018 - (interruption des représentations, du 3 au 7 juillet pour céder place à celles du Festival de la correspondance)  - à 21 h - entrée dès 20h30

Réservations ouvertes le 24 avril - www.chateaux-ladrome.fr

  Une orchestration drômement  belge, forcément festive vous attend, cet été.

Nous en serons.

Apolline Elter 

 

19 avril 2018

Sentinelle de la pluie

Rosnay.jpgLa famille Malegarde a réservé l'hôtel Pompidou, à Paris, pour une réunion de famille fixée de longue date.  Il s'agit de fêter, de concert, les 70 printemps de Paul, arboriste de réputation internationale et ses 40 ans de mariage avec Lauren.

Le couple franco-américain vit à Vénozan, en cette Drôme si chère à l'écrivain.

Dépêché de New York, Linden - remarquez en passant que son nom désigne un tilleul  - photographe,  n'a jamais osé révéler à son père son homosexualité ni, de ce fait, l'amour qu'il vit auprès de Sacha... De son côté, Tilia, la soeur aînée, se remet mal des séquelles d'un grave accident de la route, qui a coûté la vie à ses amies, au retour d'une soirée festive. Colin, son deuxième mari, est alcoolique.

Seule Mistral, sa fille de 18 ans, apporte en sa vie, un souffle bienfaisant.

Plombée de ces non-dits - il en est d'autres encore...-  la réunion de famille se déroule dans un climat météorologique menaçant: gorgée de pluie, la Seine monte et menace la crue. A cette tension dramatique se grève l'AVC qui saisit Paul en plein repas d'anniversaire...

Et les chapitres de s'enchaîner, d'un rythme maîtrisé, introduits et ponctués en italiques, du spectre de Suzanne, de son cadavre et d'un secret peut-être terrifiant.

Apolline  Elter

Sentinelle de la pluie, Tatiana de Rosnay, roman traduit de l'anglais par Anouk Neuhoff, Ed Héloïse d'Ormesson, mars 2018, 368 pp

 

18 avril 2018

7 jours pas plus

227x227bb.jpg Merveilleuses et tendres performances d'acteurs pour Alexandra Lamy et Benoît Poelvoorde que cette sorite du strict  registre comique- rassurez-vous, Alexandra conserve toute sa pétillance -  pour une incursion dans celui d'amoureuse brimée pour la première,  de rustre,  frustre, bougon, pour le  second,  frêle rempart d'une hypersensibilité mal dominée.

 Célibataire  au mode de vie gris, réglé, monotone,  Pierre (Benoît Poelvoorde)  a repris la quincaillerie de son père, décédé inopinément lorsque le jeune homme avait 19 ans. Orphelin d'une ravissante maman - morte quand il avait huit ans - notre quinquagénaire entretient, dévotement,  le culte de cet amour perdu.  Il reste dès lors peu de place dans sa vie pour l'amour que lui porte Jeanne ( Alexandra Lamy) , une Normande nantie d'une vache laitière...

 On imagine les affres de conscience que subit notre homme quand surgit dans sa vie,  Ajit ( Pito Bash) un immigré indien, limité au seul parler bengali (une  des huit cents langues pratiquées en Inde, nous est-il affirmé...). La communication ne va pas être aisée, vous vous en doutez, non plus qu'une cohabitation dans l'antre maniaco-investi de notre vieux garçon...   Pierre se résout à héberger son hôte inopiné,  7 jours pas plus

 Subtile vitrine de l'accueil ..."réservé" , quand il n'est franchement dégradant, que nous portons aux immigrés,  le film d'Hector Cabello Reyes reflète et réfléchit une image utile de notre société

A méditer

 Un DVD recommandé

 Apolline Elter

 7 jours pas plus, un film d'Hector Cabello Reyes, comédie,  DVD, M6, 2017, durée: 1h28 min.

 

17 avril 2018

Pauvre (De) B (1/2)

correspondance cover.jpgAprès avoir dûment célébré le centenaire du décès de Claude Debussy, le 25 mars 1918, il nous faut fustiger quelques propos bien peu amènes sur les Belges.

Suivait-il en cela les traces de son cher Baudelaire? 

Il se peut mais ce n'est pas à porter au crédit de son intelligence....

Séjournant en l'hôtel Métropole, à Bruxelles, en ce pluvieux mois de janvier 1907, le compositeur assiste aux répétitions de Pelléas et Mélisande, qui va enfin être créé à La Monnaie.  Il n'en est pas du tout satisfait, comme il l'écrit à son éditeur  et ami Jacques Durand, en date du 3 janvier 

Je passe des après-midi à me ronger les nerfs après un orchestre qui manque de tact et de goût, Quant à M' Sylvain Dupuis il tient plus bœuf que du chef d'orchestre ... il a une façon spéciale de déformer le plus simple des rhythmes  qui, je l'espère, n'appartient qu’à lui

Nous tairons de notre côté l'orthographe de "rythmes" qui n'appartient qu'à lui

Et le père de Pelléas  -hélas- de poursuivre:

(...)  du reste, les Belges parlent et promettent beaucoup pour se dégager ensuite avec la plus tranquille hypocrisie. Au surplus ce petit peuple ressemble aux petits hommes par une prétention boursouflée qui n'est que ridicule en général  mais qui devient dangereuse quand il s'agit du sort d’une œuvre d’art.

On croirait entendre Charles..

Et de conclure:

(...) car malgré tout, je suis volontaire, jusqu'à  en être très mal élevé  quand il est question de musique, et il est bien difficile, même à des Belges, de ne pas faire ce que je veux.

 

 On peut difficilement être plus aimable à notre égard

Rendez-vous mardi prochain pour la suite de ce feuilleton épistolaire 

 Claude Debussy, Correspondance(1872-1918) , édition établie par François Lesure et Denis Herlin et annotée par François Lesure, Denis Herlin et Georges Liébert, Ed. Gallimard, juillet  2005, 2332 pp

 

14 avril 2018

Le Pavillon battra littérature avec une ardeur accrue

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     Chers visiteurs, 

 

 Nous voici frais revenus d'une escapade précipitée..de pluie, dans la Drôme et d'une rencontre extra-or-di-naire avec Marie-Madeleine Peyronnet, gardienne du temple de Samten-Dzong (Digne-les-Bains) et de la mémoire d'Alexandra David-Néel.  Nous reviendrons maintes fois sur le propos, dès la rentrée et mois à venir qui célébreront,  respectivement , les 150e et 50e anniversaires de la naissance et du décès de l'exploratrice et d'une personnalité hors pair.

   Pour l'heure, nous sommes invités à exporter, d'ici fin mai, le blog du Pavillon de la Littérature et ses quelque 3576 chroniques qui vous ont enchantés dix ans durant. Nous mettrons tout en oeuvre pour que vous n'en subissiez pas d'inconfort, et nous non plus....car ces billets sont la mémoire d'un travail considérable et quotidien.

   Si d'aventure, vous éprouvez quelques difficultés à nous rejoindre, persévérez ..ces dysfonctionnements ne seront pas de notre cru. Nous saisirons cette opportunité contrainte pour vous ravir mieux encore.

   Puisse Proximus notre futur ex-hôte rester  digne de notre confiance; il nous le garantit.

   Quant au vrai Pavillon... de la Littérature, il reprend printanière vigueur et accueille dès le 23 avril, en  son écrin de verdure, ses tables d'actualité littéraire, de découverte épistolaire, centrées sur la correspondance de Félicien Rops (1833-1898) et des invités du Festival de la correspondance de Grignan (Drôme provençale) qui déclinera, du 3 au 7 juillet prochains, nos belges lettres.

Je vous souhaite un lumineux printemps

Votre Apolline   

13 avril 2018

Une lecture.dynamique

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Ainsi commence l'épopée en remerciement aux sages d'hier et aux passions d'aujourd'hui: par un premier pas.
« Hier soir, sur la tombe de Paul Valéry à Sète ... »
L'écriture défile comme une journée de voyage dans laquelle on se rencontre parfois, tel un homme qui voit
sa vie paraître entre les flammes d'un âtre familier

 Excipit, aux allures d'Incipit, l'envoi de ce très beau récit vous invite à un tour de France littéraire..à bicyclette.  L'ouvrage sera à l'honneur du blog du Pavillon le week-end du 21 avril.

 Bicyclettres, Jean-Acier Danès, récit, Ed. du Seuil, janvier 2018, 220  pp

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12 avril 2018

La punition

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Parce qu'il a participé à une manifestation pacifique, le 25 mars 1965, le jeune étudiant en philosophie qu'est Tahar Ben Jelloun est envoyé en un camp de redressement organisé par les sbires du Général Oufkir.  La descente aux enfers est dantesque, les conditions de détention relèvent de celles des récents camps de concentration.

Réduit à son matricule 10.366,  soumis à des séances d'humiliations, de punitions collectives,  travaux forcés  et l'ingestion de nourriture avarié, le jeune homme trouve  dans la poésie rimbaldienne quelques forces de survie ainsi que dans la lecture décontenancée d'Ulysse de James Joyce.

De dix-neuf mois arrachés à ses vingt ans et à son entourage familial , l'écrivain ne peut parler que maintenant: il a attendu quelque cinquante années pour mettre des mots sur l'absurde "punition" subie. Elle lui vaut chronique insomnie.

Un témoignage sobre, dense, édifiant.

La punition,  Tahar Ben Jelloun, récit, Ed. Gallimard, février 2018, 160 pp

11 avril 2018

La punition

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" Le 16 juillet 1966 et un de ces matins que ma mère a mis de côté dans un coin de sa mémoire pour, comme elle dit, en rendre compte à son fossoyeur. "

Ains'Incipit un témoignage saisissant,  celui des dix-neuf mois qu'a vécus le jeune Tahar Ben Jelloun - il avait 20 ans - dans un effroyable camp de redressement, au Maroc,  sous le règne d'Hassan II.

Je en livre chronique, demain.

La punition,  Tahar Ben Jelloun, récit, Ed. Gallimard, février 2018, 160 pp

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10 avril 2018

Quand Achille écrit à Henri

correspondance cover.jpgIl arrive qu'on adresse une lettre à un destinataire pour en toucher un autre. C'est le truchement qu'opère le jeune Claude (et encore "Achille" à ce moment) Debussy pour signifier à sa maîtresse,  Marie Vasnier, comme il s'ennuie d'elle, tandis qu'il s'exile dans la Ville Eternelle, pour honorer l'attribution du Prix de Rome.

Marseille, le 28 [janvier] 1885

Cher Monsieur Vasnier,

 Je n'ai que peu de choses à vous dire, surtout parce que je craindrais, de vous ennuyer, de mon ennui et je vous assure, que je fais tout ce  que je peux pour avoir du courage, voire même vous oublier. Ce n'est pas de l'ingratitude, allez, puis, soyez tranquille, je n'y arriverais pas.

Je vous écrirai plus longuement en arrivant à Rome, et croyez-moi,

votre ami bien sincère

Ach. Debussy

 Faites je vous prie, mes amitiés, à Madame Vasnier, et embrassez Marguerite et Maurice pour moi.

 Claude Debussy, Correspondance(1872-1918) , édition établie par François Lesure et Denis Herlin et annotée par François Lesure, Denis Herlin et Georges Liébert, Ed. Gallimard, juillet  2005, 2332 pp

 

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08 avril 2018

Menaces infuses

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Vous les attendez, les voici, prêtes à infuser les deux formules que vous assénerez à vos ennemis surpris

" Guéris mon oeil de ta vue"

Je vais faire (r) entrer ta longueur dans ta largeur"

 L'invite est charmante, vous le reconnaîtrez

07 avril 2018

Mârouf, savetier du Caire

 

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C'est le 5 mai 1914 que se produit la Première de l'opéra comique, Mârouf savetier du Caire, sur une musique d'Henri Rabaud, un livret de Lucien Népoty.

La Grande Guerre éclate dans trois mois, mais cela, le public l'ignore, qui savoure cette "turquerie", tout droit inspirée des Contes des Mille et Une nuits

Vous voulez mon avis? 

L'argument me paraît simpliste et désuet: je vous invite à le découvrir sur les sites appropriés.

La mélodie ne tient (plus) la route réduisant le spectacle à un plaisir essentiellement visuel et une débauche de costumes haute en couleurs; le texte n'atteint pas des sommets - à mon humble et perso avis -  à part quelques formules jaillies çà et là  dont je vous restitue la plus épatante  avec gourmandise. On ne sait jamais, ça peut toujours servir....

A savoir:

" Je suis l'indigne agenouillé de votre perfection"

 

Avouez que cela vous pose un savetier.

Rendes-vous demain, à 17 h,  pour notre High Tea dominical et l'infusion de deux formules prêtes à l'emploi...

A Elter 

05 avril 2018

Jolie libraire dans la lumière

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  Le récit qu'elle a entamé en début de journée la bouleverse. Elle retrouve, dans les phrases de l'auteur, sa propre histoire, avec une précision diabolique, comme si, par un tour de magie, cet homme qu'elle ne connaît pas avait eu accès à ses secrets. La femme qu'il décrit dans son livre lui ressemble tellement! Et les événements que
l'héroïne traverse lui rappellent son passé, ce jour où elle-même a fait la connaissance d'un voyageur
attentif qui l'a prise par la main à un instant où sa vie tremblait.

"Elle", c'est Maryline,  la jolie libraire; elle a 34 ans, un fils de 17 ans et un "jardin de livres "créé à son image. Un inconnu la découvre, à travers la vitre, baignée de lumière et d'émotion de lecture. Il acquiert l'ouvrage, désireux de percer le secret de son saisissement.

De fait, voir un épisode - dramatique - de sa vie consigné par un auteur inconnu a de quoi surprendre.

Notre jolie libraire décide d'organiser une rencontre publique avec l'écrivain aux fins de le rencontrer...

Je vous invite à profiter de la lumière pascale pour savourer, sans temps compter, ce roman qui rend hommage au fil enchanteur et magique qui lie - parfois - les écrivains à leurs lecteurs.


Jolie libraire dans la lumière,
 Frank Andriat, roman, Ed. Desclée de Brouwer, septembre 2015, 146 pp

04 avril 2018

Jolie libraire dans la lumière

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Le soleil du matin, humide encore d'un souvenir d'aurore, glisse sur son visage et y dessine des chemins de lumière. Elle est assise derrière le comptoir, sur une chaise haute; ses cheveux sombres, mi-longs, glissent sur ses joues, elle est légèrement penchée vers l'avant, vers ce livre qu'elle tient de la main gauche et dont chaque ligne lui semble indispensable.

Ains'Incipit un roman joli, frais, lumineux comme un matin de Pâques

Je vous en livre chronique demain

Jolie libraire dans la lumière, Frank Andriat, roman, Ed. Desclée de Brouwer, septembre 2015, 146 pp

 

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03 avril 2018

Félicien Rops - Joséphin Péladan - correspondance

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L'étude de la correspondance ropsienne nous amène à découvrir un bien curieux personnage: Sar Merodack Joséphin Péladan (1858-1918) comme il se fait appeler, écrivain, critique d'art, occultiste ... un peu "givré", si vous voulez que je vous livre le fond de ma pensée. 

Nous reviendrons sur son portrait, le 27 juin prochain, jour centenaire de son décès. 

Ce sera l'occasion de l'extraire  quelque peu de l'oubli dans lequel il a sombré..

 Pour l'heure, intéressons-nous à sa rencontre avec le "Compère Fély" , comme il le nomme, enfin entré en une certaine intimité avec le célèbre illustrateur.  Lyonnais de naissance,  Joseph-Aimé Péladan a 25 ans quand il entre en contact avec Félicien Rops, de 25 ans son aîné.  Pétri d'admiration pour l'oeuvre de ce dernier, il s'en sent l'obligé, instaurant dans leurs rapports un mode de subordination qu'il ne quittera guère.

" Enfin ma plume est aux ordres de votre burin" affirme-t-il d'entrée de correspondance, en avril 1883

Témoin privilégié de la mutation de Rops dans le registre symbolique illustré notamment par la série des Sataniques,  Joséphin Péladan entend utiliser cette féconde amitié au service de son propre développement artistique. Rops crée quatre frontispices pour les publications de Péladan, lesquelles sont certainement nourries des échanges entre les deux hommes. Une précieuse stimulation que révèlent, pour partie, leurs propos épistolaires.

"J'ai vu de vous des eaux-fortes magistrales & d'une perversité si intense, que moi qui prépare le traité de la perversité , e me suis épris de votre extraordinaire talent." affirme le fougueux jeune homme, lequel ne publie pas le traité annoncé.

Notons le caractère soigné, littéraire, facétieux, créatif, ... d'une correspondance étalée sur dix ans, de mars 1883 à mars 1893 . Passant progressivement du "Cher Monsieur" au "Cher Ami" , témoin d'une réelle complicité dans leur "perversité moderne" , les compères se plaisent à créer des termes neufs, jouer sur leurs acceptions, ... alternant les missives - fleuves - riches d'informations sur leur travail  mais aussi état moral ou de santé, respectifs - et les lettres courtes, écrites "au galop",  'au débotté", "en steeple chase". Certains extraits sont des modèles du genre. Nous reviendrons sur le sujet. Côté Rops, on ne peut que souligner la qualité de plume d'un artiste qui "pratique autant la plume que le burin."

Les annotations de Joséphin sur le courrier de Rops font office de réponse interne, rappelant à notre esprit la manie yourcenarienne des annotations.

Si elle se fissure de quelques malentendus - dus en partie, à la distance géographique qui les sépare -  cette correspondance d'estime et d'amitié est une mine pour qui veut approcher, mieux cerner,  l'ami Fély, en son ultime maturité.

Apolline Elter

Félicien Rops - Joséphin Péladan - Correspondance réunie, présentée et annotée par Hélène Védrine, Ed. Séguier, 1997, 266 pp

02 avril 2018

N'augmente pas la rubrique des faits divers

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En ce lundi dédié à la fête des cloches, je ne résiste pas à vous livrer une gourmandise au chocolat...amer.

Elle est signée - monogrammée - Claude Debussy, décédé voici cent ans, le 25 mars 2018

Voulant enjoindre Lilly, l'épouse dont il se sépare, à ne pas se suicider, le célèbre compositeur français lui écrit, un tantinet cynique, en date du 14 septembre 1904 : 

Surtout, je t'en supplie, sois calme, n'augmente pas cette mauvaise littérature qu'on appelle« Faits-Divers». Tu vaux mieux que cela et rien n'est désespéré pour toi ... 

(...) Encore une fois, sois courageuse et malgré toute ta peine, songe un peu à celle des autres.

Tendrement

 

  Claude Debussy, Correspondance(1872-1918) , édition établie par François Lesure et Denis Herlin et annotée par François Lesure, Denis Herlin et Georges Liébert, Ed. Gallimard, juillet  2005, 2332 pp [ Corr]