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30 mars 2018

Un long week-end pascal

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Tandis que Pâques célèbre la Résurrection du Christ et celle de la Nature, votre blog préféré se met au vert.. et jaune (d'oeuf) trois jours durant pour un week-end studieux, aux côtés de Claude Debussy, Félicien Rops et Alexandra David-Néel.

Le trio est étonnant, sans doute ..détonnant. 

Sa correspondance - chacun pour son compte et les oeufs seront mieux couvés - constitue la matière de nos cours de la rentrée; Les inscriptions ont déjà commencé, qui s'activeront bon TGV, dès le mois de mai...

Début ds cours, dès la mi-septembre

Contact et précisions: via l'onglet " Me contacter"

A toutes et tous, je vous souhaite une joyeuse fête de Pâques.

Apolline Elter 

07:05 Publié dans Agenda, L'Epistolière | Commentaires (0) |  Facebook |

29 mars 2018

Mal de mère

Bussiere2-C-web.jpg"Mais, ce matin-là, ce matin de juin, je n'ai pas pris le chemin du bureau. J'ai marché, poussée par cette force irrésistible, celle que je sentais depuis quelques jours. Mes mouvements m'étaient imposés. J'ai acheté un chapeau de plage et des lunettes de soleil. À la manière d'un automate,je me suis rendue à l'arrêt du bus de la côte, celui qui va jusqu'à Jacksonville. J'y ai attendu. La force me soufflait des injonctions. Quitter le district. Remonter vers le Nord. Sans doute parce qu'au Sud il y a la mer. Partir. Aller loin. Peut-être jusqu'au terminus pour voir ce qu'il y a de l'autre côté. Tout quitter. Que ça s'arrête. "

Comment comprendre l'inexplicable? Comment comprendre le coup de folie d'Elisabeth Jones, un matin de juin 1975, qui lui fait tout quitter, Illiana, sa fille d'un an, Alvaro Fuentes, son mari cubain,  sans crier gare ni laisser de traces. Déclarée officiellement décédée, Elisabeth revient dans la vie de sa fille, vingt ans après les faits, sous la forme d'un carnet,  sorte de longue lettre de justification, qu'elle lui envoie, à Miami:

« Ma chérie », comment ose-t-eIIe? Je hurle.J'explose! Un carnet qui m'est envoyé sans explications par courrier vingt ans après sa disparition! Tu parles d'un cadeau! Trop tard, devrais-je dire! Des mots, des lignes crachées dans un carnet pour composer un recueil de lettres qu'elle ne m'a jamais envoyées." 

Ne vaut-il pas mieux continuer à croire au décès tragique de sa mère que d'essayer de comprendre son attitude insensée. De découvrir qu'elle a refait sa vie.

Voilà tout l'enjeu de ce roman subtil, dense, fort, dont je vous recommande la lecture.

Apolline Elter

Mal de mère, Elise Bussière, roman, Ed. Mols, mars 2018, 128 pp

28 mars 2018

Mon nom est Otto Gross

9782226402103-j.jpgComment échapper au carcan de son époque sans être taxé de fou? 

C'est mission quasiment impossible: le docteur Otto Gross (1877-1920) , psychanalyste, neurologue, disciple, un temps, de Freud, intime, un autre temps, de  Jung, paiera de séjours en asiles d'aliénés ses visions "anarchistes" de la société alliées à une consommation de stupéfiants.

Brimé d'un père omnipotent, le criminaliste autrichien Hans Gross,  le jeune homme va tenter, sa vie durant, de conquérir un espace de liberté, exprimant des visions avant-gardistes, tant en matière de sexualité, d'érotisme, qu'alimentaires - il est végétarien -  sociétales -  la colonie suisse Monte Verità annonce le mouvement hippie - féministes,  culturelles - il influence le dadaïsme berlinois - qu'éthiques: aidant Lotte Hatemmer et Sophie Benz à se suicider, Otto Gross  prône déjà une certaine forme d'euthanasie.

Face à cet être explosif, impossible à résumer, Marie-Laure de Cazotte a choisi d'en tracer le portrait intime, saisi  de l'intérieur, enrobant les faits biographiques avérés de sa compréhension fascinée de l'âme d'Otto Gross . Car c'est bien d'âme qu'il s'agit pour un être qui a passé sa vie, à pénétrer celle des autres. Ce faisant, la lauréate du Prix Horizon 2016 ( A l'ombre des vainqueurs, Ed. Albin Michel, 2014- billet de faveur en vitrine du blog) réhabilite le génie d'un homme souvent réduit à son image d'anarchiste et de toxicomane.

Une lecture..fascinante

Mon nom est Otto Gross, Marie-Laure de Cazotte, roman, Ed Albin Michel, mars 2018, 348 pp

27 mars 2018

Mardi-tes-moi, Mary Cassatt

J'évoquai, il y a très peu- le 16 mars exactement, l'exposition des oeuvres impressionnistes et autres de l'Américaine Mary Cassarr, au musée Jacquemart- André

Je ne résiste, partant, à intégrer en notre rubrique épistolaire du mardi, cette pointe sèche, fort à propos intitulée " La Lettre". Elle date de 1890-91 et provient de la collection Jacques Doucet

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L"'Américaine" - elle vécut cependant quelque soixante ans à Paris, soit la majorité de sa vie - entretenait une correspondance avec Paul Durand-Ruel, le célèbre marchand d'art. Il nous plairait éminemment de la consulter.

 Mary Cassatt - Une impressionniste américaine à Paris,  Nancy Mowll Mathews (dir), Flavie Durand-Ruel Mouraux et Pierre Curie,  beau livre publié à l'occasion de l'exposition, Co-édition, Musée Jacquemart- André, Institut de France, Culturespaces et Fonds Mercator, mars 2018, 180 pp, 

Exposition: du 9 mars au 23 juillet 2018 - Musée Jacquemart-André,  158 Bd Haussmann - 75.008 Paris

Toutes précisions sur le site : http://www.musee-jacquemart-andre.com/ 

26 mars 2018

Jacques Brel, écrivain

Il est de ces rencontres qui vous boostent une journée 

Celle dont je vous rendrai compte le samedi 5 mai, sur ce blog -  après parution d'un premier compte rendu,  dans l'édition de mai du magazine L'Eventail -  se déroulait,vendredi dernier, à la Fondation Jacques Brel, à Bruxelles

J'y rencontrai France Brel, sa chaleureuse, généreuse,  directe et digne fille à l'occasion de la parution, ce mi-mars, de deux ouvrages consacrés à l'écriture du célèbre troubadour

A savoir:

 Jacques Brel chanteur L’intégrale de ses chansons,  mises en perspective par France Brel, recueil,  Fondation Jacques Brel, mars 2018, 342 pp, 9, 9 €.

Jacques Brel auteur, L’intégrale de ses textes commentés par France Brel,  beau livre ,Ed. Fondation Jacques Brel, mars 2018, 632 pp, 39.9 €

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06:10 Publié dans Agenda | Commentaires (0) |  Facebook |

25 mars 2018

Les dimanches de l'ami Achille

3139aRATjRL._SX298_BO1,204,203,200_.jpgthéière high tea.jpgL'ami Achille - entendez le (futur) Claude Debussy (1862-1918) n'aime pas les dimanches.

Il en fait part, joliment,  au journaliste, musicologue, compositeur suisse, Robert Godet

 DEBUSSY À ROBERT GODET 

[13 mars 1889]

Cher Monsieur: Le Dimanche m'a toujours été un jour infiniment   désagréable, voulez-vous me le rendre agréable une fois, en acceptant de dîner avec moi ce jour (17 Mars).

Comme je pense que vous aimerez mieux que cela se passe de votre côté, j'irai vous prendre chez vous à 6 1/2 ?

Amicalement

ADebussy

Et c'est ce précisément ce  dimanche 25 mars que nous célébrons le centenaire de la mort du compositeur et le terme d'une semaine d'hommage lui consacrée.

Nous lui reviendrons, à la rentrée,  pour une série de cours, modules et conférences focalisés sur sa correspondance.

 

 Claude Debussy, Correspondance(1872-1918) , édition établie par François Lesure et Denis Herlin et annotée par François Lesure, Denis Herlin et Georges Liébert, Ed. Gallimard, juillet  2005, 2332 pp

 

 

24 mars 2018

Debussy

 

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   Ce samedi célèbre le centenaire du décès du célèbre compositeur .

   Et signe pour nous l'occasion d'évoquer la biographie qu'Ariane Charton lui consacre.

   Généreusement étayé d'extraits de correspondance - faut-il le rappeler,  Achille-Claude Debussy était un prolixe et fin épistolier -  et du célèbre essai Monsieur Croche, le récit nous mène au coeur de l'intime, du travail laborieux, méticuleux et musicalement révolutionnaire du compositeur.

   Chroniquement désargenté, épris de femmes mais surtout de l'Amour, le musicien rebelle doit à la générosité de nombreux mécènes - dès lors amis - de pouvoir travailler son art, sa vocation.  S'il a toujours besoin d'un confident, il n'hésite pas à en changer, à se brouiller...

  Quelques missives sont des modèles dans l'art de quémander, de se faire pardonner. Nous reviendrons sur le sujet.

  Pour l'heure, recueillons-nous sur un parcours de vie, interrompue par un cancer, le 25 mars 1918, tandis que la Grande Guerre  explosait encore le nombre des victimes de sa barbarie

  A. Elter

Debussy, par Ariane Charton, biographie, Ed. Gallimard/ Folio biographie, inédit, avril 2012, 340 pp 

23 mars 2018

Voir Rome et puis partir

3139aRATjRL._SX298_BO1,204,203,200_.jpg Claude Debussy résida deux années à Rome ( de 1885 à 1887), pensionnaire de la célèbre Villa Médicis.

Il ne garde pas de la Ville Eternelle un souvenir impérissable, c'est le moins qu'on puisse dire .

Voyons ce qu'il en dit, fin novembre 1886, à son confident le libraire parisien Emile Baron

"Vous dirai-je que j'ai trouvé Rome, de plus en plus: salement laid, c’est étonnant  comme cette ville de marbre et de puces est peu sympathique, on s'y gratte et on s'y ennuie. La Villa est toujours la fabrique de produits  spleenitiques que je vous ai décrite trop souvent. Donc, passons. "

Passons et partons...

 

 Claude Debussy, Correspondance(1872-1918) , édition établie par François Lesure et Denis Herlin et annotée par François Lesure, Denis Herlin et Georges Liébert, Ed. Gallimard, juillet  2005, 2332 pp

22 mars 2018

... j'ai bêtement faim

 

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Debussy ne voulait pas sacrifier son ambition créatrice  à des contraintes strictement alimentaires. il abhorrait la banalité, conscient dans le même temps de sa singularité. Aussi traversait-il des périodes de disettes, telle celle qui en 1890, lui fait demander prêt à un proche ami, peut-être Etienne Dupin ? 

  Une lettre écrite au crayon

DEBUSSY À UN AMI

[1890]

Cher Ami: Pardonne-moi, mais peux-tu me prêter 20 f jusqu'à la fin du mois; argent nécessaire à mes premiers besoins.

 Je suis très honteux de l'avouer mais j'ai bêtement faim
Je t'écris, craignant que tu ne sois pas seul.

Ton

                                                                                                                                    Cl. ADebussy

 

 Claude Debussy, Correspondance(1872-1918) , édition établie par François Lesure et Denis Herlin et annotée par François Lesure, Denis Herlin et Georges Liébert, Ed. Gallimard, juillet  2005, 2332 pp

 

21 mars 2018

Quand la lettre se fait substitut de présence

3139aRATjRL._SX298_BO1,204,203,200_.jpg Semaine d'hommage à Claude Debussy, décédé le 25 mars 2018

 Claude Debussy avait la déclaration d'amour ardente. En témoignent les missives passionnées  qu'il adresse à Lilly Texier, au début de leur relation. Et si Lilly ne peut combler l'artiste de sa présence, celui-ci parvient à se consoler de la matière épistolaire. La lettre se fait alors substitut de présence. De quoi ravir un blog dévolu à l'épistolaire , réchauffer une première journée à vocation printanière..

 Nous sommes le samedi 27 mai 1899

Ma Lilly  chérie, 

 Je ne peux pas te dire la joie que m'a donnée ta lettre... 

(...) 

Oui, c’est comme si pendant un moment je t'avais tenue dans mes bras, telles phrases de ta lettre me donnaient le même frisson que me donne ta bouche …

(...)

Alors, cette nuit, j'ai embrassé ta lettre comme une personne vivante,  tant j’avais besoin de sentir quelque chose de toi sur ma bouche, un peu de frais parfum de tes lèvres est monté vers moi et j'ai tendu les bras à ce rêve, fait de tout ce que tu as laissé en moi d'impérissable amour.

Il paraît que  le geste d'embrasser une lettre est démodé et romance ?  Eh bien, tant pis pour ceux qui trouvent cela, je pense d'ailleurs que c'est la jalousie qui les fait parler ainsi, Moi, je m'en déclare, très fier ! ….

(...)

Claude Debussy, Correspondance(1872-1918) , édition établie par François Lesure et Denis Herlin et annotée par François Lesure, Denis Herlin et Georges Liébert, Ed. Gallimard, juillet  2005, 2332 pp [ Corr]

 

20 mars 2018

Mardi-tes-moi, Achille Claude

 

3139aRATjRL._SX298_BO1,204,203,200_.jpgDebussy était un prolixe épistolier, il avait, de tout temps, besoin d'un confident.

Le compositeur Ernest Chausson (1855-99) exerce, du printemps 93 à celui de 94 ce rôle de témoin privilégié:

« Je crois décidément, qu’en musique, j’aimerais à être mon petit-fils ! " s'exclame le fougueux trentenaire dans une lettre du 7 mai 1893, adressée à son aîné

                                              

  Claude Debussy, Correspondance(1872-1918) , édition établie par François Lesure et Denis Herlin et annotée par François Lesure, Denis Herlin et Georges Liébert, Ed. Gallimard, juillet  2005, 2332 pp

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NB toute la semaine durant et jusqu'au 25 mars révolu, nous rendons hommage à Claude Debussy, à l'occasion du centenaire de son décès, le 25 mars 1918

 

19 mars 2018

Une police adaptée

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Vous voulez avertir hôtes et visiteurs du danger d'un sol glissant

Quelle police adopter? 

Je vous conseille la ...."Trébuchet"..

Apolline, Les pensées policées du lundi

18 mars 2018

Une impossible quête de paix

9782246812432-001-T.jpegtheiere-design-eva-solo-1l-rouge-1.jpg 

 "Francis est mort il y a quelques années maintenant, sans avoir trouvé la paix. L'ai-je trouvée moi? Non, je ne la cherche pas, elle ne viendra pas, elle m'est impossible. Seuls comptent la quête, le mouvement, le sens. Et j'ai su jalonner ma vie de gens et de combats qui m'apaisent. Je n'ai pas perdu de vue les hommes que j'ai aimés, Jean-Pierre, Jean sont toujours là, c'est peut-être eux qui ne
se sont pas éloignés de moi. "

Marceline Loridan-Ivens fêtera demain, 19 mars son 90e anniversaire. Nous le lui souhaitons heureux, gratifiés par son témoignage percutant.

  L'amour après, Marceline Loridan-Ivens, avec Judith Perrignon, récit, Ed. Grasset,  janvier 2018, 160 pp

 

17 mars 2018

L'amour après

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" J'ai ouvert une vieille valise à laquelle je n'avais pas touché depuis plus de cinquante ans. Je l'avais bouclée en déménageant ici rue des Saints-Pères avec Joris, en me promettant sûrement de faire le tri, ce que je n'ai jamais fait. " 

Frappée d'une brusque cécité,  puis de la récupération d'une - faible - partie de sa vision, l'époustouflante nonagénaire ouvre la valise de son passé.  Un passé marqué, à quinze ans,  par sa déportation aux camps d'Auschwitz-Birkenau, Bergen-Belsen et Theresienstadt,  d'où elle sera libérée le 10 mai 1945. 

Nous avions découvert, avec émotion, la lettre qu'elle adressait à son père, Et tu n'es pas revenu,  déjà aidée,  en sa relation  des faits, par la merveilleuse Judith Perrignon (Ed Grasset, 2015 - voir chronique sur ce blog) qui n'ayant " pris que ses mots a permis à [ses] amis de [la] retrouver" s'émerveille Marceline Loridan-Ivens, lors d'une interview radiophonique diffusée le 10 février passé (nous n'avons pas noté la chaîne ni le nom de son interlocuteur et le prions de nous en excuser) 

L'amie de Simone Veil - elle fit  partie du même convoi - visite à notre intention cette valise d'Amour, y découvrant lettres et  quelques pans de son passé qu'elle avait totalement oubliés.

 " C'est là que surgit l'amour, puisqu'il faut bien qu'on en parle, là que commence le ballet des hommes qui a chassé le nom de mon père de mon état civil"

Née Rozenberg, le 19 mars 1928, Marceline cherche -sans doute - dans le regard des hommes qu'elle côtoie, à son retour des camps, 'la certitude d'être vivante".  Elle épouse "très vite, trop vite"  Francis Loridan, un ingénieur de (re) constructions  mais ce mariage d'huile et de feu se réduit à une relation à dominante épistolaire - on songe à celui d'Alexandra David-Néel - dont elle garde le patronyme avant de rencontrer l'homme de sa vie, Joris Ivens, de 30 ans son aîné, celui avec qui "tout s'est mis en place naturellement."

Réduite à un simple matricule par la cruauté nazie et les dégradations corollaires, la jeune fille en conserve un rapport  perverti à son corps, à la sexualité, à l'amour.  Il la  sépare irrémédiablement de ceux qui n'ont pas vécu cette expérience.Elle ne trouvera jamais la paix car elle aura "toujours un camp dans sa tête" (ITW 10 février) 

Soucieuse que son récit perdure au-delà de sa vie, en un monde qui n'a fait que semblant de tirer les leçons de l'holocaute, Marceline Loridan-Ivens nous offre un témoignage inestimable, frappé de sobriété, de phrases courtes, de sentences fortes, percutantes.

Une sur-vie riche de vérité, de transmission, d'émotion.

Une lecture absolument recommandée

Apolline Elter 

L'amour après, Marceline Loridan-Ivens, avec Judith Perrignon, récit, Ed. Grasset, janvier 2018, 160 p

16 mars 2018

Mary Cassat - Une impressionniste américaine à Paris

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 Une exposition de ravissante, passionnante facture traversera le printemps - attendu -  et les salles du musée Jacquemart- André (Paris VIII) , du 9 mars au 23 juillet prochains, à savoir Mary Cassatt - Une impressionniste américaine à Paris.

Elle est soutenue de l'édition d'un catalogue - beau livre illustré, en tous points remarquable. Il nous permet d'intégrer la visite dans l'effervescence artistique, mais aussi l'atmosphère de l'époque

Née en Pennsylvanie d'une famille aisée,  d'origine française huguenote, Mary Cassatt (1844-1926)  conquiert rapidement son indépendance en assouvissant, à Paris,  l'appel de sa vocation artistique. Refusée d'inscription aux Beaux-Arts  - elle cumule le double handicap d'être femme et de surcroît étrangère -  Mary suit les cours de Jean Léon Gérôme (1824-1904) .  Sa technique (bien) acquise est de facture réaliste et ses oeuvres se voient acceptées aux "Salons" de 1872 à 1876. Le refus de deux de ses toiles  à l'édition 1877 du Salon la fera virer de cap et intégrer, à l'invitation de Degas, son ami, le groupe des impressionnistes

 Datée de 1877-78, la " Petite fille dans un fauteuil bleu" consacre l'entrée de Mary Cassatt dans la mouvance impressionniste ainsi que le symbole de l'exposition.

 Mary reste attachée à sa famille et à sa soeur Lydia qu'elle représente dans la sublime "Tasse de thé".

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  Un attachement qui lui vaudra de nombreux portraits familiaux, saisis avec naturel et tendresse et une conversion progressive - entre 1881 et 1891 - en peintre de " La madone moderne" . Mary représente alors la relation maternelle dans toute sa sensualité, captant cette fusion corporelle à laquelle elle n'a pas goûté, restée célibataire et sans enfants

1881 consacre également sa rencontre et le début d'une amitié durable avec le marchand d'art Paul Durand-Ruel;  

Mais Mary ne se cantonne à cette simple veine "familiale"  d'inspiration. Elle aime relever les défis et intègre à son art, la simplification des lignes et le faciès des estampes japonaises. 

 Fusains, pointes sèches,  pastels, aquarelles, gravures (vernis mou) ... accompagnent l'exposition des huiles , révélant les faces multiples d'une  Elisabeth Vigée-Lebrun, à la mode Belle époque.

Je vous en recommande la visite, ainsi que la découverte du catalogue

Apolline Elter

Mary Cassatt - Une impressionniste américaine à Paris,  Nancy Mowll Mathews (dir), Flavie Durand-Ruel Mouraux et Pierre Curie,  beau livre publié à l'occasion de l'exposition, Co-édition, Musée Jacquemart- André, Institut de France, Culturespaces et Fonds Mercator, mars 2018, 180 pp, 

Exposition: du 9 mars au 23 juillet 2018 - Musée Jacquemart-André,  158 Bd Haussmann - 75.008 Paris

Toutes précisions sur le site : http://www.musee-jacquemart-andre.com/ 

15 mars 2018

Les Salons littéraires - De l'hôtel de Rambouillet..sans prétention

.salons littéraires.jpgFocalisé sur la célèbre "chambre bleue", entendez le salon de l'hôtel Rambouillet, au sein duquel la marquise Catherine de Vivonne tint quarante années durant - la première moitié du XVIIe siècle - le plus célèbre salon littéraire de la Capitale, l'essai entend quelque peu démythifier la gloire qui lui est accrochée.

Nous avons cherché à en contester la vision traditionnelle, accréditée dans l'opinion et amplifiée par l'attitude laudative, trop souvent adoptée. Notre analyse de l'univers de la Marquise s'est efforcée
de rétablir les proportions plus modérées de la question et de parler des amis du cercle en termes propres, afin de définir leur vraie identité et de déterminer ainsi le noyau psychologique du salon où ils se jetèrent à corps perdu. De lui rendre le privilège d'être ce qu'il fut. Pour ce faire, il a fallu déchirer la légende et
renverser quelques statues.

 Cénacle littéraire aux membres triés sur le volet - Chapelain, Voiture, Bossuet, Guez de Balzac,  Madeleine de Scudéry, notre chère marquise de Sévigné, ...-  le salon fut l'antre de réunions précieusement codées, conviviales - il s'agissait de se "désennuyer " , danser, jouer, se déguiser, organiser farces, surprises et cadeaux (dans le sens premier de collations champêtres) ...- de  joutes discursives et de querelles célèbres, telle la "Querelle des Supposés" et celle du Cid.  Il se prolongeait d'échanges épistolaires, dûment répertoriés, qui nous renseignent parfois sur la véritable atmosphère des réunions, au gré d'indiscrétions, de distractions au code de la préciosité, savamment distillées.

De santé précaire, la marquise recevait ses hôtes, en position allongée.  Initié vers 1608, le salon ne survécut pas à la Fronde (1648-1653) qui vit sa compagnie exploser.

Assumant son parti-pris iconoclaste, l'essai offre un regard neuf sur un Salon des plus mythique

A Elter

Les Salons littéraires, De l'hôtel de Rambouillet..sans précaution, Barbara Krakewska, essai, Ed. Jourdan, janvier 2018, 366 pp 

14 mars 2018

Les Rêveurs

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 Notre vie ressemblait à un rêve étrange et flou

 C’est un premier roman,  largement nourri de l’enfance, de la vie d’Isabelle Carré.  Dans une interview accordée à Léa Salamé, la comédienne justifie la forme romanesque  prêtée aux faits par une « redistribution des cartes à sa façon. »

Née du couple hybride d’une mère d’origine aristocrate et d’un père issu d’une famille de cheminots, la narratrice se replonge dans la « famille bordélique » qui a construit son enfance,  dans les parfum et atmosphère propres aux années ’70, avec le prisme d’incompréhension qui fut sien face à l’inexorable naufrage du couple parental et la découverte de l’homosexualité paternelle.

 « Qu’est-ce qui cloche ? Qu’est-ce qui a tout fait déraper ? Ils n’ont pas toujours été si fragiles. Leur monde n’a pas pu chavirer comme ça, du jour au lendemain, sans signe avant-coureur. »

 Et l’actrice, consciente de l’image lisse,  « discrète et lumineuse »  qu’elle arbore, d’ouvrir une fenêtre sur ses angoisses, questions, fragilités qui l’ont conduite, adolescente, à une profonde crise existentielle.

«  Je suis le fruit d’un malentendu »

Le théâtre, le cinéma lui rendent goût à la vie, qui lui permettent d’en endosser cent, de revisiter d’une démarche mure et cathartique, ses nombreux carnets de notes et de les partager avec le lecteur.

Un premier roman sensible et généreux.

Les Rêveurs, Isabelle Carré, roman, Ed. Grasset,  janvier 2018, 304 p

 

13 mars 2018

Mar-dites-moi, Marceline Loridan-Ivens

9782246812432-001-T.jpeg Découvrant, quelque 50 années après l'avoir emmenée en tous ses lieux de résidence, une valise d'Amour  remplie de lettres, souvenirs, documents,.... Maceline Loridan-Ivens, s'interroge sur les critères qui lui ont fait conserver des missives, à ce jour, complètement oubliées...

C'est une question qui trouve belle place, en notre rubrique épistolaire du mardi.

"Pourquoi avoir gardé ce mot? Pour un jour le glisser dans la machine à lire des mal-voyants, poser la demi -feuille jaunie sur la surface vitrée, mon encre noire sous la forte lumière, mes mots secrets sous la puissante loupe, et me dire: J'ai continué. J'ai même fini par écrire ce qui m'est arrivé. Alors tu vas continuer, jeune femme, te laisser porter par les courants, les combats, le désir des hommes. Et le jour où tu deviendras une vieille dame aveugle, tu seras plus forte que n'importe qui, tu trouveras un jeune homme pour te faire danser."

 L'amour après, Marceline Loridan-Ivens, témoignage recueilli par Judith Perrignon, Ed. Grasset,  janvier 2018, 160 pp

12 mars 2018

Le champ de bataille

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« Avoir un adolescent, c’est accepter de savoir perdre son temps. Et avoir de fréquentes envies de meurtres sans jamais passer à l’acte. »

Le champ de bataille, Jérôme Colin, roman, Allary Editions, mars 2018, 208 pp

 

11 mars 2018

Intégrer l'Histoire

9782246812432-001-T.jpegtheiere-design-eva-solo-1l-rouge-1.jpg "  (...) l'Histoire m'a choisie, mastiquée, déchiquetée, recrachée survivant, et plutôt que de la fuir, de me soigner aux sentiments et aux passions intimes, je ne peux vivre sans elle, je la longe comme on suit un cours d'eau, par peur de me perdre. J'ai vécu, aimé et travaillé tout près d'elle."

  L'amour après, Marceline Loridan-Ivens, avec Judith Perrignon, récit, Ed. Grasset,  janvier 2018, 160 pp

 

10 mars 2018

L'amour après

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"J'ai perdu la vue à Jérusalem. Ça n'a rien à voir avec Dieu, je n'y crois pas. Mais ça n'est pas arrivé n'importe où, pas dans n'importe quel décor, c'est arrivé là-bas, comme ça, d'un coup. Et je n'ai pu m'empêcher d'y chercher un sens, un signe. Je cherche encore " 

Ains'iNCIPIT   un des récits les plus forts qu'il m'ait été donné de lire. Le témoignage est celui de Marceline Loridan-Ivens,  née Rozenberg, le 19 mars 1928, rescapée des camps de la mort , le 10 mai 1945. Il sera à l'honneur de notre blog, tout le week-end du 17 mars prochain.

L'amour après, Marceline Loridan-Ivens, témoignage recueilli par Judith Perrignon, Ed. Grasset,  janvier 2018, 160 pp

 

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09 mars 2018

Centenaire du décès de Claude Debussy

correspondance cover.jpg Le célèbre compositeur décédait, voici bientôt cent ans, le 25 mars 1918

C'était un prolixe et habile épistolier

Aussi lui rendons-nous hommage, toute la semaine du 20 mars durant, avec en point d'orgue, si j'ose dire, une infusion épistolaire, le dimanche 25 mars à  17 heures, à l'occasion de notre High Tea hebdomadaire.

 

 Claude Debussy, Correspondance(1872-1918) , édition établie par François Lesure et Denis Herlin et annotée par François Lesure, Denis Herlin et Georges Liébert, Ed. Gallimard, juillet  2005, 2332 pp

 

08 mars 2018

La tresse

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 " C'est un étrange ballet que celui de mes doigts 

Ils écrivent une histoire de tresse et d'entrelacs."

 

  Premier roman et coup de maître pour la scénariste Laetitia Colombani. 

   Saisies à l'aube d'une journée nouvelle et d'un tournant majeur de leur vie,  L'Indienne Smita, la Sicilienne Giulia et la Québéquoise Sarah vont voir leur destin basculer.

   Trois jeunes femmes que tout sépare,  la condition sociale, les continents, les chapitres qui se succèdent en ordre immuable et tressent le défi que chacune doit relever:  Smita, Intouchable, veut que sa fillette Lalita aille à l'école, échappe au destin misérable des siens. Elle est prête à traverser toute l'Inde pour ce faire.  Héritière du savoir-faire de la maison Lanfredi qui crée perruques et postiches au départ de  chutes de chevelures autochtones- les cascaturas - Giulia réalise que l'enseigne est au bord de la faillite. Quant à Sarah Cohen, jeune mère divorcée, brillante avocate, elle fracasse sa mécanique carriériste à la réaction de son entourage professionnel, quand ce dernier apprend le cancer qu'elle veut lui cacher.

" (...) Sarah est devenue son cancer."

  Inscrites dans les us et coutumes de chacune de leurs communautés, les tranches de vie saisies, magnifiquement accommodées, vont peu à peu converger vers une sorte de "struggle for life" commun et une symbolique et constituante passation de cheveux.

Une lecture recommandée. 

Apolline Elter

La tresse, Laetitia Colombani,  roman, Ed. Grasset, mai  2017, 224 pp

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Parue également dans sa version audiolivresque, Ed. Audiolib, nov. 2017. Texte intégral lu par Laetitia Colombani, Rebecca Marder et Estelle Vincent - durée 5 h 04

 

07 mars 2018

Le retour du héros

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 Il est fier, il est beau, le - forcément - preux capitaine Neuville (Jean Dejardin) , hussard de l'armée napoléonienne.

Napoléon peut compter sur son ardeur, au même titre que Pauline  Beaugrand(Noémie Merlant) , sa toute fraîche fiancée, sur ses missives passionnées, tandis que le capitaine s'en va combattre les Autrichiens

Las, notre homme n'est qu'un imposteur, doublé d'un déserteur

Alors pour ne pas décevoir de sa petite soeur,  l'ardeur - et même la survie  - Elisabeth ( Mélanie Laurent) imagine de rédiger elle-même le courrier des exploits de son indigne promis. Et d'en imaginer la fin aussi héroïque que tragique.

L'aventure prend  de ce fait un tour épistolaire d'élégante facture

Las notre homme revient, auréolé de cette gloire, en toutes lignes inventée

Il va falloir assurer. Assumer le mépris d'Elisabeth, laquelle a tout compris.

Fin  pastiche des épopées héroîques, romantiques à souhait, sur fond de  musique de western (signée Mathieu Lamboley, ponctuation idoine de l'atmosphère cherchée) ,le film nous invite à dévisser joyeusement tous les poncifs du genre

Il suffit de se brancher second degré, ne pas se prendre la tête et de passer un excellent moment

Le retour du héros, Un film de Laurent Tirard

En salle, depuis le 9 février 

 

06 mars 2018

Modestie félicienne

 

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 L'ami

Fély...

Mais oui,

il me séduit,

brillait plus par son libre esprit

que par sa modestie.

Ce n'est pas injure que de le constater

 

Il affirmera cependant , en une lettre adressée  à Emile Bergerat ( ni datée, ni localisée) 

 «  J’ai eu cette singulière fortune, d’être moi, rien du tout & personne & n’ayant point mérité de l’être, presqu’un confident des derniers jours, de François Millet & de Baudelaire ! »

S www.ropslettres.be

05 mars 2018

le comble de l'hospitalité

IMG_0774.jpgL'hospitalité consiste parfois à annuler, en dernière minute, une festivité quand l'accès à cette dernière, risque de mettre à mal le confort de ses invités.

Apolline, Les pensées non comblées du lundi 

04 mars 2018

Ron Ron

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theiere-design-eva-solo-1l-rouge-1.jpgUne conversation qui, j’allais le constater les mois suivants, poussait le vieux à faire de son cœur un endroit plus détendu et plus fréquentable. Ron réussissait là où je ne m’étais même jamais aventuré, porté par une forme d’inconscience qui lui permettait de ne rien respecter du mauvais caractère de mon père

 Apprendre à lire - Le père, le fils et l'amoureux, Sébastien Ministru, roman, Ed. Grasset, janvier 2018, 160 pp

 

03 mars 2018

Apprendre à lire

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- Et je serais un meilleur fils si je t’apprenais à lire ?

J’ai posé la question sur le ton de la plaisanterie, cherchant à provoquer chez mon père une suite à cette conversation qu’il avait lui-même dirigée sur le sujet des mots. C’est une conversation à laquelle je ne m’étais absolument pas attendu et que, pour sa part, il trouvait déjà embarrassante.

 Embarrassé d'un père vieux, rustre et bourru, bourreau de son enfance, le narrateur saisit, au hasard d'une demande impudique, celle d'"apprendre à lire », la honte existentielle qui torture son père, analphabète. Cette blessure est  assurément la  source de son immense rancoeur.   Berger durant son enfance sarde, le vieillard a été interdit d'instruction.  La perte inopinée de son épouse,  jeune mère du narrateur,  a engendré une fracture a priori irréversible dans la relation du père et du fils.

 Je n’arrive toujours pas à croire que je me sois laissé avoir. Je cherche à quel moment j’ai baissé la garde pour me laisser embarquer dans cette mission grotesque qui, de toute façon, n’aboutira jamais à rien. Mon père veut apprendre à lire et à écrire et ce n’est pas une plaisanterie. J’ai accepté de lui apprendre à lire et à écrire et c’est une catastrophe

 Roman court, dense, sensible, pudique, bouleversant, ..d'apprentissage,  Apprendre à lire est surtout le récit de l'apprivoisement, de l'ouverture, de la découverte- inattendue -de l'autre. Se greffent aux obstacles de la communication père-fils, les thèmes de l'homosexualité masculine, de la prostitution estudiantine,  de l'usure de l'attrait sexuel dans les couples qui durent. Sans oublier-  et c'est un point-phare de la narration - la possible abolition du clivage générationnel qui sépare un homme sombre et acariâtre d’un jeune et fougueux répétiteur, surnommé «  Ron ».

D'une atmosphère en clair-obscur - à la Sorj Chalandon -  teintée de formules fortes, réfléchies, décapantes, ce premier roman révèle une maîtrise de plume évidente.

Une lecture recommandée

Apolline Elter 

 Apprendre à lire - Le père, le fils et l'amoureux, Sébastien Ministru, roman, Ed. Grasset, janvier 2018, 160 pp

 

 

02 mars 2018

Apprendre à lire

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La vieillesse et la jeunesse ont cela en commun qu’il faut faire vite – pour l’une parce qu’il n’y a plus de temps à perdre, pour l’autre parce qu’il n’y en a jamais eu à économiser.

 Apprendre à lire - Le père, le fils et l'amoureux, Sébastien Ministru, roman, Ed. Grasset, janvier 2018, 160 pp

Rendez-vous demain pour la chronique de cette belle lecture

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01 mars 2018

Falaise des fous

137537_couverture_Hres_0.jpg"Le monde est une falaise sans forme, sans loi. Sans le ciel ni la terre. Sans porche ni montants. Une cathédrale rendue à l'état liquide où la planéité se confond avec la profondeur.L'immanence avec la transcendance. Émergent des reliques fleuries, à moins qu'il ne s'agisse de chapelets d'embryons stellaires. Toutes les figures s'y retrouvent comme des fantômes. Nos morts et nos naissances."

Fasciné par Claude Monet - et toute la mouvance qui gravite autour de lui - le narrateur,   un jeune Normand recueilli chez son oncle, à Etretat,  amorce le récit, fresque grandiose de soixante années fécondes en événements majeurs, de 1868 à 1927 .  A la grande Histoire  - dont l'auteur rend compte avec une précision remarquable - se mêle la saga familiale, romanesque et vivante du narrateur.

Et le lecteur de savourer, en toute aménité, les rencontres et évocations de  Manet, Monet, Degas, Courbet, Cézanne,  Boudin,  Ingres, les soeurs Morisot Durand-Ruel ,  Hugo, Proust,  Camondo... tandis que défilent la guerre de Prusse, la Commune, l'incendie du Bazar de la Charité,  la Grande Guerre... et le fruit d'une érudition édifiante

A Elter

Falaise des fous, Patrick Grainville, roman, Ed. Seuil, janvier 2018, 644 pp