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10 février 2018

Les loyautés

51R9W6KYfzL._SX195_.jpg" Très vite, Théo a appris à jouer le rôle qu'on attendait de lui. Mots délivrés au compte-goutte, expression neutre, regard baissé. Ne pas donner prise. Des deux côtés de la frontière, le silence s'est imposé comme la meilleure posture, la moins périlleuse.'

 Hélène, professeur de sciences au collège de Théo, croit reconnaître en son élève les signes de maltraitance parentale dont elle a elle-même été victime durant son enfance. Très vite, elle en alerte ses collègues, l'infirmière, .. et outrepasse le cadre de ses fonctions.

S'il ne souffre pas de sévices physiques,  le jeune Théo, pré-ado,  est l'enjeu et le jouet de la haine viscérale que sa mère porte à son père dont elle est divorcée. Il doit lui taire la déchéance physique, alcoolique et morale que connaît ce dernier sous peine de lui voir retirer  sa part de garde alternée, sans doute son ultime raison de vivre.

Alors Théo se tait et "boit de l'alcool comme s'il voulait en mourir" . Il tente d'atteindre ce coma éthylique qui seul pourra dénouer le drame qui le dépasse.

Centré sur l'abyssale difficulté de communication qui saisit certains couples - les parents de THéo, certes, mais aussi Cécile et Wiliam, parents de Mathis -  le roman de Delphine de Vigan est plombé de souffrance. 

Une souffrance si justement exprimée qu'elle suscite l'immédiate, la nécessaire empathie du lecteur

Apolline Elter 

Les loyautés, Delphine de Vigan, roman, Ed. JC Lattès, janvier 2018, 206 pp

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