31 juillet 2017

Fendre l'armure

gavalda.jpg"Je ne vis pas avec un homme, je vis avec mon téléphone. Toute ma vie tourne autour de ce petit bout de plastique. Une espèce de lampe d'Aladin capricieuse et sadique qui régit tes humeurs selon que tu la frottes et qu'elle t'exauce ou que tu la respectes et qu'elle t'abandonne. Une lampe d'Aladin fabriquée en Chine avec un bon génie, non, un mauvais, un bon à rien de génie, un genre de fonctionnaire qui n'est là qu'aux heures ouvrables et pour lequel tu n'existes même pas sous ta véritable identité."

Fendre l'armure,  Anna Gavalda, nouvelles, Ed le dilettante, mai 2017, 284 pp

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30 juillet 2017

L'Assommoir.. des kilomètres

theiere-design-eva-solo-1l-rouge-1.jpgLecture audiolivresque idoine en ce week-end de grands croisements autoroutiers.

 L'Assommoir , c'est la morale en action, affirme Emile Zola, qui qualifie son roman - le septième de la série des Rougon-Macquert,  comme le plus chaste de [ses] romans.

Nous voilà fixés.

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Vous  voici en cette heure presque rentrés chez vous - ou parvenus en votre destination de vacances. N'hésitez pas à infuser en votre esprit saturé de kilomètres quelques passages extraits de quatre romans majeurs de la littérature réaliste du XIXe siècle (voir notre chronique d'hier) 

Je vous souhaite un bon "High Tea" - une fin juillet aussi délicieuse que le mois d'août qui se profile 

Ca peut pas faire de mal, Balzac, Flaubert, Zola, Maupassant, extraits lus par Guillaume Gallienne, co-édition France Inter/Ed. Gallimard- Ecoutez lire , mai 2017,  audiolivre, 2 CD MP3, durée 2h30 minutes, 

 

 

29 juillet 2017

Ca peut pas faire de mal

Lecture audiolivresque idoine en ce week-end de grands croisements autoroutiers.

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Ecoutons le comédien Guillaume Gallienne, sociétaire à la Comédie-Française, prêter chair et voix à quatre romans  " réalistes" majeurs du XIXe siècle, j'ai nommé:

- Le Lys dans la vallée,   d'Honoré de Balzac

- Madame Bovary, de Gustave Flaubert,

- L'Assommoir , d'Emile Zola et

- Bel-Ami, de Guy de Maupassant

Judicieusement choisis et placés dans le contexte de l'intrigue et du moment de leur publication, les extraits lus sont accompagnés au piano par Philippe Bianconi.

 Dans ces romans, nous croyions avoir découvert le monde et appris à vivre; ils nous ont servi d'encyclopédie, de vade-mecum psychologique et de manuel d'instruction morale; leur lettre est imprimée au plus profond des méandres de notre âme. Et nous pensons leur être restés fidèles. Or, les retrouvant
aujourd'hui sous la forme incisive que leur donnent les lectures de Guillaume Gallienne, je mesure combien la leçon de ces romans, ainsi égrenés, juxtaposés, confrontés, peut paraître dure et inhumaine.

Affirme Antoine Compagnon qui signe le livret de présentation de l'audiolivre

Roman épistolaire, méfaits de la lecture en mode "bovarisme", de l'alcool, cynisme..  parcourent les quatre romans, qui crient aujourd'hui encore leur actualité.

Ca peut pas faire de mal, Balzac, Flaubert, Zola, Maupassant, extraits lus par Guillaume Gallienne, co-édition France Inter/Ed. Gallimard- Ecoutez lire , mai 2017,  audiolivre, 2 CD MP3, durée 2h30 minutes, 

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28 juillet 2017

Bien des ciels au-dessus du septième

eho_opdebeeckc.jpgRenault 4-4.jpgVoici la quatrième de couverture d'un  premier roman néerlandais  qui a connu un joli succès de découverte: 

 

Leurs histoires sont faites de bonheurs inattendus, de complications dérisoires, de secrets trop lourds à porter et d’espoirs inavouables. Lou, Eva, Casper, Elsie et Jos : cinq narrateurs, trois générations, des questionnements universels. De 12 à 71 ans, leurs points de vue diffèrent, mais la question reste la même : qu’est-ce qu’on attend pour être heureux ?

Plaisirs minuscules saisis au vol, cœurs prêts à éclater, Bien des ciels au-dessus du septième capte la poésie du quotidien et restitue les sentiments doux-amers qui unissent les hommes. Une comédie dramatique à la sincérité désarmante, tendre et douloureuse à la fois.

Bien des ciels au-dessus du septième, Griet Op de Beeck, roman traduit du néerlandais (Belgique) par Isabelle Rosselin. Ed Héloïse d'Ormesson, mai 2017, 336 pp

27 juillet 2017

Manger dans ta main

manger.jpgRenalut déserr.jpgPoursuivons, en mode 4x4, notre exploration des quatrièmes de couverture: 

« Engraisser les autres, c’est ce que tu sais faire de mieux ! » lance Sandra à sa mère Luisa lorsqu’elle lui présente sa nouvelle compagne. C’est Rose, ravissante cochette d’élevage destinée à finir en chair à pâté, si vive et si affectueuse que, toute honte bue, Luisa la couve de mille attentions.
Tout semble en effet opposer Sandra, brillante psy parisienne soignant de jeunes anorexiques, et Luisa, retirée depuis peu dans son Algarve natale. L’une est dure comme la pierre, l’autre trop bonne. Rose saura-t-elle les réconcilier… si toutefois elle échappe à son triste sort ?
 
Sophie Carquain évoque à travers ce récit aux allures loufoques et tendres notre rapport à l’animalité, à l’humanité, et au deuil

Manger dans ta main, Sophie Carquain, roman, Ed. Albin Michel, mars 2017, 318 pp

26 juillet 2017

Des dieux sans pitié

 

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Notre exploration des quatrièmes de couverture aimablement fournies par les éditeurs , nous offre l'argument Des dieux sans pitié, 

 

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Âmes sensibles, s'abstenir !

Sauvages, puissants, dérangeants, crus, quinze textes portés par l'écriture rageuse de l'enfant terrible des lettres australiennes, pour continuer à nous interroger sur une société multiculturelle et décadente où couvent haine, racisme et frustration et où nous avançons, tels des dieux sans pitié.
Serait-ce ça, la vie ? Des amitiés d'antan qui se brisent et laissent place à la vie d'adulte, aux contacts sporadiques et lointains ; l'être aimé qui apparaît soudain sous un tout autre jour, la colère laissant place à l'amertume, puis aux remords et à la peur d'être seul.

Ce serait ça, la vie. Des gens qui s'éloignent et qui s'aiment malgré tout, comme cette mère, troublée de voir son enfant devenir un homme ; comme ce fils qui lave le corps de son père, malade d'Alzheimer...

C'est ça, la vie, des étincelles d'humanité dans la noirceur et la violence.
 
Des dieux sans pitié, Chistophe Tsiolkas,  nouvelles traduites de l'anglais (Australie) par Jean-Luc Piningre, Ed. Belfond, mai 3017, 288 pp

 

25 juillet 2017

Dieu, Allah, moi et les autres

Le récit  paraissaitproduct_9782070179602_195x320.jpg à la rentrée de janvier; c'est un de nos regrets de n'avoir pas eu l'occasion de le lire,tant nous avions aimé Le dernier été d'un jeune homme, Le Consul, ..

Voici l'argument de lecture qu'en propose l'éditeur; je la crois valeur sûre

«Comme tous les gamins d’Algérie, je vivais dans la crainte de ne pas être assez bon pour échapper au châtiment du Grand Méchant Allah. À l’école non plus, je n’échappais pas à la question. En classe, nous apprenions l’arabe en récitant le Coran. Pour lire le Coran, il fallait connaître l’arabe et pour connaître l’arabe, le Coran… un cercle arabo-islamo-vicieux. Je n’y entendais bientôt plus rien, ni à l’arabe ni au Coran… alors je recevais des coups de règle sur les doigts parce que je m’étais trompé pendant ma récitation de la sourate qui nous promettait l’enfer, elles nous le promettaient toutes. Je ne sais combien de fois reviennent les mots Djahanem et châtiment dans le Coran, mais c’est impressionnant. Tout le Livre tourne autour de ces deux mots : enfer et damnation.»
Ainsi débute le récit d'une libération, celle de l’auteur. Celui-ci finira par rejeter la religion de ses ancêtres, l’islam, se détachera de la nation où il est né et refusera tous les endoctrinements pour trouver refuge dans les livres et la littérature."

Dieu, Allah, moi et les autres, Salim Bachi, récit, Ed. Gallimard, janvier 2017, 192 pp

 

24 juillet 2017

Hôtel du Grand Cerf

 

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Poursuivons nos découvertes des quatrièmes de couverture avec  L'Hôtel du Grand Cerf.

Voici ce que nous en dit l'éditeur:

À Reugny, petit village au cœur des Ardennes, plane depuis cinquante ans le secret de la mort de Rosa Gulingen. La star mondiale de cinéma avait été découverte noyée dans la baignoire de sa chambre à l’Hôtel du Grand Cerf, qui accueillait l’équipe de son prochain film ; du bout des lèvres la police avait conclu à une mort accidentelle. Quand Nicolas Tèque, journaliste parisien désœuvré, décide de remonter le temps pour faire la lumière sur cette affaire, c’est bien logiquement à l’Hôtel du Grand Cerf qu’il pose ses valises. Mais à Reugny, la Faucheuse a repris du service, et dans le registre grandiose : le douanier du coin, haï de tous, est retrouvé somptueusement décapité. Puis tout s’enchaîne très vite : une jeune fille disparaît ; un autre homme est assassiné. N’en jetons plus : l’inspecteur Vertigo Kulbertus, qui s’est fait de l’obésité une spécialité, est dépêché sur place pour remettre de l’ordre dans ce chaos.

« Le noir, pour peindre les mœurs, c'est une bonne couleur », dit l’auteur. Écrite dans un style impeccable, cette enquête faussement classique verra tout un village passé au crible de la plume si particulière de Franz Bartelt, toujours entre burlesque et mélancolie. Dans Hôtel du Grand Cerf, on rit énormément, mais tout est élégant, et rien n’est banal

Hôtel du Grand Cerf, Franz Bartelt, roman, Ed Seuil, coll. " Cadre noir", mai 2017, 352 pp

 

23 juillet 2017

Une apparition miraculeuse

 

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" Toute ma vie, je me souviendrai de sa surprise, comme fasciné par une apparition miraculeuse. Il racontera par la suite à qui voudrait bien l'écouter qu'il avait passé une semaine dans les Landes en compagnie de Jacques Brel. Cette rencontre,je ne le savais pas encore, sera le signal de départ des trois jours de vacances les plus extraordinaires de mon enfance."

Ne nous quittons pas, Jacques Expert, roman, Ed. Albin Michel, maii 2017, 304 pp

 

22 juillet 2017

Ne nous quittons pas

Renalut déserr.jpg Lecture en mode quatrième de couverture - peut-être aurai-je le temps de le parcourir. En attendant, je vous livre l'argument bref, engageant que nous en propose l'éditeur et vous fixe rendez-vous, demain, à 17 heures pour l'infusion d'un passage, en mode "High Tea dominical"

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Dans la chaleur de l’été et l’insouciance des années 1960, le petit Jacques et son père voient débarquer Brel et sa famille, parasols et matelas gonflables sous le bras. Une apparition qui va chambouler leur quotidien... et peut-être bien au-delà de ce qu’ils imaginent.
 
Un roman très drôle et riche en rebondissements, où Jacques Expert évoque son père avec une poignante nostalgie.

Ne nous quittons pas, Jacques Expert, roman, Ed. Albin Michel, maii 2017, 304 pp

 

21 juillet 2017

Un été invincible

Renalut déserr.jpgtout été, tout honneur, entamons nos quatrièmes de couverture par le roman d'Alice Adams

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En voici l'argument, fourni par l'éditeur:

 Benedict, Eva, Sylvie et Lucien sont inséparables depuis leurs années de fac à Bristol. Leur diplôme en poche, ils vont, pour la première fois, se disperser. Eva part à Londres où l’attend un poste dans la finance ; Benedict reste à Bristol pour suivre son doctorat. Quant à Sylvie et Lucien, fidèles à leurs rêves, ils entament une vie plus bohème, faite d’art et d’aventure.
À l’approche de la trentaine, leurs liens autrefois si forts se distendent. Le temps qui passe les éloigne les uns des autres, leurs routes divergent. Pourtant, leurs chemins vont à nouveau se croiser et faire revivre le souvenir de l’« été invincible » qui les a liés à jamais.

Entre Dona Tartt, David Nicholls et Jane Austen, un premier roman fin et juste sur ce doux bouleversement de la vingtaine, puissant hommage à l’amitié. 

Un été invincible,  Alice Adams, roman traduit de l'anglais par Anouk Neuhoff, Ed. Albin Michel, mai 2017, 352 pp

20 juillet 2017

Quatre-quatre.. de couverture

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C'est le mode quatre-quatre qu'adopte votre blog, quatre semaines durant, tandis que la rentrée et son colossal  lot de lectures attendent nos lunettes (de soleil) 

Alors pendant que je lis - pour vous, pour eux, nos auteurs chéris - je publierai chaque jour la quatrième de couverture d'ouvrages passés en mes mains , que  je n'ai eu le temps de lire, happée par une circulation par trop dense. - j'en remercie les éditeurs et reproduis leurs arguments de lecture -

Je vous retrouve, of course, dès la rentrée pour un démarrage sur les chapeaux de roues de nos 4 L (les fameux (Ladies) Litt & Lunchs du Lundi,  désormais également déclinés en mode soirée,  les autres jours de la semaine, ouverts à ces messieurs... on n'arrête pas le progrès

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Bon été

Bonnes lectures

Visiteurs estimés

Apolline Elter

19 juillet 2017

Sévigné - Epistolière du Grand Siècle

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A qui appartient cette main qui nous invite si gracieusement à franchir la porte de l'exposition ? 

A la marquise de Sévigné, pardi ! Vous aurez reconnu son portrait, peint vers 1665 par Claude Lefebvre, l'aurez admiré maintes fois en l'Hôtel Carnavalet où l'huile règne en maître, en maîtresse des lieux.

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Nul besoin de vous rappeler que le musée Carnavalet (Paris III - Marais)  est fermé au public pour une durée de deux ans et demi encore - il rouvrira ses portes fin 2019 - et les besoins d'un chantier de rénovation drastique.  Alors ne boudons pas notre plaisir ni celui d'huiles aimablement prêtées par le musée parisien et célébrons les  retrouvailles, à Grignan, dans le beau château des Adhémar, des familles Bussy-Rabutin-Sévigné et Grignan et de leurs aimables compagnies 

 

 Si la marquise est le sujet de nombreux portraits exposés - venus des quatre coins de France - elle retrouve avec joie , du moins nous l'espérons,  ceux d'Henri, son mari, de Charles, leur fils (ci-dessous) , arrachés,  le temps de l'expo, à leur château des Rochers ( Vitré en Bretagne)

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 Françoise et François, dépêchés du Carnavalet, retrouvent leur beau "château d'Apollidon"

Il y fait frais, il y fait bon

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Attardons-nous, le temps d'un moment - émouvant - sur les différentes éditions de la correspondance de notre chère marquise.  Vous le savez - ou je vous l'apprends avec précautions.. - il ne reste guère de lettres autographes, jaillies de la plume alerte de l'épistolière .. une quarantaine tout au plus, si je ne m'abuse.

En voici l'une:

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L'instant est précieux et même  si,  graphologie oblige,  vous brûlez d'envie d'émettre des commentaires, prenez garde à l'anachronisme et aux conditions matérielles de l'écriture, qualité du papier, de l'encre, de la plume, modèle calligraphique de l'époque.. qui vous interdisent de  juger de votre oeil de XXIe siècle un écrit plus que trois fois centenaire.

 N'empêche...il y a de l'envahissement dans l'air...

Grandement émouvant est de découvrir l'édition des lettres dite de La Haye, photocopiée et annotée de l'écriture vive et précise de Roger Duchêne, LE spécialiste de la marquise.  C'est à son travail titanesque - et celui de son épouse Jacqueline Duchêne que nous devons l'édition des lettres, en trois volumes, dans la bibliothèque de la Pléiade. Ma lecture de chevet, comme vous le ...chavez.

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  Une vitrine d'éditions des lettres, soigneusement réunies, soutient sagement le regard vigilant de Roger de Bussy-Rabutin, fieffé coquin, lointain cousin de la marquise - à la mode de Bourgogne  - et de Pauline de Simiane, fille cadette du couple Grignan. Si cette dernière autorisa  une certaine édition des lettres de sa grand-mère, elle aurait sans doute  fait disparaître celles de sa propre mère!  Dans tous les cas, c'est la seule des enfants Grignan qui assura une descendance au couple.

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Au sortir de cette exposition à la scénographie parfaitement étudiée, vous ne manquerez de visiter les appartements de la marquise -  la chambre où elle résidait lors de ses séjours à Grignan. Sise au deuxième étage, elle jouxte le lieu de l'exposition

Vous visionnerez avec bonheur également le film d'une dizaine de minutes consacré à l'art épistolaire de la marquise, dûment commenté par Cécile Lignereux.

L'expo, je l'ai déjà visitée deux fois; Gageons qu'il y en aura une troisième

Apolline Elter 

Sévigné, Epistolière du Grand Siècle - au château de Grignan (Drôme), à visiter, du 25 mai au 22 octobre 2017

18 juillet 2017

Raison et Sentiments

Jane Austen (1775-1817), mourrait, le 18 juillet 1817,  il y a tout juste 200 ans.

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Nous avons découvert sa correspondance à ses nièces, lors du récent festival de la correspondance de Grignan et ne manquerons pas d'y revenir.  Pour l'heure, pour le jour, nous vous proposons d'écouter l'excellente lecture par Cachou Kirsch du texte intégral de Raison et sentiments, un roman paru en 1811. 

Reléguées, avec leur mère,   dans le Devonshire après la mort de leur père, les soeurs Elinor, Marianne et Margaret Dashwood voient leur train de vie fortement comprimé.A cette gène qu'elles ont l'élégance de cacher s'ajoute celle de ne pas être un parti enviable pour qui loucherait sur leur dot.  Ce qui n'empêche l"éclosion des  sentiments, les vrais, clamés au grand jour, leur lot de trahisons et de désillusions.

Avec finesse et une plume diantrement efficace, Jane Austen brosse toute la gamme d'expression d'une société bourgeoise very british.  Les tableaux sont vivants, éloquents, pétris de fraîcheur et de suspens adroitement distillé.

Décidément l'auteur n'a pas pris de ride; son roman non plus

L'écoute audiolivresque  en est des plus agréable

Je vous la recommande

Apolline Elter 

Raison et sentiments,  Jane Austen, roman traduit de l'anglais par Jean Privat, texte intégral lu par Cachou Kirsch, Ed Audiolib, 5 juillet  2017,  Durée d'écoute: 12h02

17 juillet 2017

La révolution des sans-chaussettes

Le grand camp, c'est quand

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les réserves familiales de chaussettes, matelas, gourdes, bottes... tombent, d'un coup.. sur coup , beaucoup  trop court

Et d'imaginer vos (grands) chéris, endurer ampoules et pieds massacrés, tandis qu'une pluie torrentielle a raison de leur  maigre vestiaire ...

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Alors, puisque le thème du camp scout est celui de la Révolution, vous avez rassemblé les quelque cinquante chaussettes célibataires qui végètent en votre lingerie, dans l'attente vaine d'un partenaire, et recréé vingt-quatre paires - quelques chaussettes étaient trouées - , contrevenant, pour une fois, au stupide diktat qui impose l'assortiment des chaussettes.

Ce n'est pas un impair

C'est une Révolution

Apolline Elter, les pensées chaussées des grands camps

 

16 juillet 2017

Madame Zola

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"Alexandrine accompagnera la réussite de son mari d’une construction raisonnée : celle de sa propre identité ."

 

Madame Zola, Evelyne Bloch-Dano, biographie, Ed Grasset, 1997, 372 pp ( rééditions en Livre de Poche) 

15 juillet 2017

Madame Zola

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C'est par l'"épisode fondateur " et tragique de l'abandon de son bébé - une "Caroline" de 4 jours - qu'Evelyne Bloch-Dano entame la biographie d' Eléonore Alexandrine as  Gabrielle Meley (1839- 1925) future Alexandrine Zola.  La jeune femme ne pourra plus concevoir d'enfant. Cette stérilité s'accompagne, sa vie durant, d'un sentiment de culpabilité, diffus, latent, difficile à supporter. Qui s'exprimera, faute de mots,  par des maux répétés

Certes.

Il ne faut toutefois pas réduire Gabrielle à cet épisode fondateur, Alexandrine, à sa seule qualité d'épouse d'Emile Zola

Issue d'un milieu modeste, la jeune, fougueuse, sensuelle  et jolie fille- elle pose pour Paul Cézanne - rencontre Emile en mars 1864, l'épouse le 31 mai 1870 - elle a 31 ans - optant de façon définitive, cette fois, pour le prénom d'Alexandrine.  

 Elle épouse l'homme mais aussi la carrière d'écrivain, de journaliste, de proscrit... dont elle sera un pilier fort, indispensable.

Le couple s'écrit, quand il est séparé, de longues missives, tendres et , dans le chef d'Alexandrine, parfumées de cet humour acidulé, pétri d'autodérision dont elle a le secret.

Fine cuisinière, Alexandrine est l'âme de ces soirées de Médan sur lesquelles nous reviendrons amplement.

Coup de tonnerre fin 1891: Alexandrine apprend la liaison de son mari avec leur lingère la charmante Jeanne Rozerot.

Passée la réaction de stupeur, de sidération, de colère abyssale que lui dicte son caractère entier et emporté, Alexandrine composera avec la "bigamie" de son mari, tout le reste de sa vie.

Elle s'attache à Denise et Jacques, les enfants d'Emile et Jeanne, puis à cette dernière, à la mort inopinée, fin 1902, de l'être qu'elles se partagent.

Peut-on être plus généreuse? 

Plus amoureuse? 

Je ne le crois pas; Emile Zola non plus qui ne pourra jamais se séparer d'Alexandrine.. ni de Jeanne.

Soucieuse de respectabilité, Alexandrine saura faire face à une humiliation publique et se laisser guider par la grandeur de son coeur.

Les enfants le lui rendront bien, qu'elle instituera ses légataires universels  (pour moitié avec la Fondation Emile Zola), à son décès, après leur avoir fait adopter le patronyme d'Emile-Zola.

Avec la finesse qui caractérise sa plume, un don d'introspection et d'empathie saisissant, Evelyne Bloch-Dano rend hommage à une bien grande dame.

Une découverte que je vous recommande haut et fort.

Apolline Elter 

Madame Zola, Evelyne Bloch-Dano, biographie, Ed Grasset, 1997, 372 pp ( rééditions en Livre de Poche) 

14 juillet 2017

Festival de la correspondance de Grignan: une 22e édition réussie

 De retour de Grignan...

En guise de bilan 

Centrée sur Grignan-2017.jpgles Lettres familiales, la 22e édition du Festival de la correspondance de Grignan, s'achevait, ce samedi 8 juillet, auréolée d'un franc succès.

Gradins, chaises et strapontins plus que combles accueillaient un public fervent, heureux de rencontrer écrivains, journalistes et  comédiens,  lesquels avaient, le plus souvent, sacrément bien préparé leurs interventions.

L'adaptation de la plupart des correspondances par Agnès Akerib et Virginie Berling  (ed. Triartis ) confirme, une nouvelle fois, le sérieux de l'entreprise . Une valeur sûre croyez- m'en. Des extraits choisis se dégage une ligne de conduite, d'atmosphère qui rend le portrait des correspondants particulièrement éloquent.

Jugez-en...

Portée par le poignant duo père-fille de Richard et Romane Bohringer, la correspondance de Jack London à sa fille - de 12 ans - Joan , captive d'une ex-épouse "stupide"  suscita grande émotion dans les rangs.

La rencontre des Tesson, père et fils - Philippe et Sylvain - se fit  joute verbale de toute haute volée. Reliés par un scepticisme, un relativisme,  cultivés au sein du cercle familial, Philippe et Sylvain les déclinent de façon différente,  à la mode de Voltaire et du siècle des Lumières pour le premier,  sur un mode plutôt stoïcien pour le second, "resté  [selon ses propres dires]dans l'obscurité".  Maniant le verbe et les paradoxes jusqu'à plus soif - il faisait en effet caniculaire en cette cour des Adhémar - père et fils ont incarné une correspondance à ce point intime et suprême qu'elle se passe ....d'expression . N'est-ce pas là paradoxe suprême pour une lignée de "bavards " assumée. Et Sylvain Tesson de s'exclamer  : " Nous aimons tellement parler qu'il nous est arrivé de dire n'importe quoi plutôt que des vérités. " .

Grand(iose) moment fut également la lecture  - dépêchée dans la salle des fêtes - des lettres de Mozart aux siens. Un Mozart, très jeune,  incarné par un Lorenzo Lefebvre de génie.  Les extraits étaient ponctués de morceaux de piano et violons et d'aria sublimement interprétés par la soprano Jeanne Zaepfel.

 La journée de vendredi 7 juillet  fut celle des mères .quelque peu indignes, Calamity Jane,  Jeanne Forestier (mère de Paul Léautaud)  et Madame Claudel, en filigranes, qui laissa végéter sa fille Camille en l''asile de Montdevergues.

Saluons la belle prestation de Laurence Côte, en Calamity Jane désarmante de coeur, d'amour et de solitude, celle de Judith Chemla, en Jeanne Forestier , aux présence et diction remarquables.

La lecture-performance baroque des premières lettres de séparation de  la marquise de Sévigné d'avec sa fille , surprit l'assistance d"un art déclamatoire ..déconcertant. Il fallait oser, tenir sur la longueur. Julia de Gasquet et Louise Moaty relevèrent le défi, qui incarnaient en grâce et alternance une marquise pleine de verve.  Une conversation s'engagea ensuite  avec l'assistance qui démontra toute la mesure du travail de "réactivation" baroque et la maîtrise de ses interprètes..

Quelques moments choisis, de nombreuses, joyeuses rencontres, sous le soleil omniprésent et l'accueil chaleureux des habitants de Grignan.

Une édition de toute haute volée, portée par l'enthousiasme de son président-fondateur, Bruno Durieux,  maire de Grignan, la direction artistique de Julia de Gasquet, celle,  logistique et de tous les fronts de Marie-Josèphe Baquet,  efficacement assistée d'une centaine de bénévoles de la bourgade.

Vive la correspondance ....

Rendez-vous est pris pour 2018 et une nouvelle édition, dédiée .. aux lettres belges !

Apolline Elter 

 

13 juillet 2017

La Vivaldi

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La lecture des deuxièmes romans à nous confiés pour la sélection du Prix Horizon 2018 m'a permis d'arrêter le cours du temps pour me pencher, sur celui  va-et-vient entre l'enfance et le présent, d'une octogénaire, fraîche pensionnaire en la nouvelle maison de retraite des Arpèges.

Désignée par le seul  nom de sa chambre - c'est  par le nom du compositeur dont est affublée leur chambre que chacun des pensionnaires de la maison est identifié...- "la Vivaldi" relate événements et affects qui meublent son quotidien, tandis que jaillit chaque fois à son esprit, l'enfance qui fut la sienne et son refuge, durant la guerre, dans la ferme  de Gaston. Ce dialogue avec la jeune fille - juive et donc privée de vraie liberté - qu'elle était alors fait surgir à l'esprit du lecteur quelques subtiles ressemblances avec sa condition actuelle, en même temps qu'une même faculté de ne pas s'en laisser affecter.

"Voir la vie en Vivaldi, c'est la voir limitée à une chambre, quelques murs et deux ou trois couloirs. Mais voir la vie en Vivaldi, c'est aussi bien la voir par un simple regard dans le regard des autres."

La Vivaldi, Serge Peker, roman, Ed. M.E.O, février 2017, 136 pp

12 juillet 2017

On regrettera plus tard

9782367623009-001-X_0.jpeg Un viatique- peut-être - pour votre route des vacances. ...

Par une nuit d'orage, Eric débarque chez Valentine, avec une fillette dans les bras. L'enfant a sept ans, elle se prénomme Anna-Nina et sillonne la France avec son père, dans une roulotte. Le  toit de celle-ci s'est fracassé sous le coup de la foudre; l'enfant est fiévreuse : Eric n'a d'autre solution que demander l'hospitalité dans la première maison venue.

Le hasard fait bien les choses. Valentine est célibataire, institutrice et généreuse. Elle va non seulement accueillir ce couple insolite père - fille, découvrir qu'Eric est inconsolable de la mort, il y a sept ans, de son épouse, Hélène,  qu'il vit depuis, en fusion avec l'enfant conçue de leur amour, et  dans le même temps, s'attacher à  l'enfant - notamment ...- s'intéresser à sa scolarité, sa  socialisation.

Un "feel-good-book" , une histoire qui fait du bien, traversée de bons sentiments et de chapitres qui se reportent à la guerre , à l'accouchement périlleux de Suzanne, à la détention de son fiancé, Léon, par la Gestapo pour faits de résistance...

On ne comprend enfin qu'en fin de narration, les liens entre les différents protagonistes.

Portée par les voix de Matthieu Buscatto et d'Isabelle Miller,  la lecture dure 7h02, le temps d'un périple dans la Drôme...sans embouteillage

On regrettera plus tard, Agnès Ledig, roman, Ed Albin Michel, 2016 - Audiolib, mars 2017 texte intégral lu par  Matthieu Buscatto et d'Isabelle Miller Durée : 7h02min

11 juillet 2017

The Girls

9782367622965-001-X.jpegA l'évidence, le roman se base sur les tristement célèbres filles du clan de Charles Manson - ci représenté par un certain Russell - qui aliénées par une vie de violence, de drogue et  de communauté perpètrent des crimes sauvages, en août 1969, dont l'un cause la mort de Sharon Tate, l'épouse de Roman Polanski, enceinte de huit mois et demi...

Simon Liberati célébrait la même tragédie, avec ses Californan Girls, parus en cette même rentrée 2016

L'histoire est trash, elle est dense et sa lecture doit beaucoup de sa qualité à  l'excellente interprétation qu'en réalise Rachel Arditi

The Girls, Emma Cline, roman traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Jean Esch, Ed. de la Table ronde, août 2016, Audiolib, avril 2017, durée d'écoute 9h20

10 juillet 2017

Excipit

 CVT_Lordre-du-jour_8835.jpg 

On ne tombe jamais deux fois dans le même abîme. Mais on tombe toujours de la  même manière, dans un mélange de ridicule et d'effroi. Et on voudrait tant ne plus tomber qu’on s'arc-boute, on hurle. À coups de talon, on nous brise les doigts, à coups de bec on nous casse les dents, on nous ronge les yeux.


L'abîme est bordé de hautes demeures. Et l'Histoire est là, déesse raisonnable, statue figée au milieu de la place des Fêtes,
avec pour tribut, une fois l'an, des gerbes séchées de pivoines, et, en guise de pourboire, chaque jour, du pain pour les oiseaux.

  L'ordre du jour, Eric Vuillard, récit, Ed. Actes-Sud, mai 2017, 156 pp

09 juillet 2017

Costa Brava

0120598[1].gifCB.jpg" Je repense à toutes ces vacances d’été. Je me souviens que nous les attendions toute l’année. Elles avaient l’air de ne jamais vouloir finir. A partir de 1960, nous sommes allés sur la Costa Brava. Cela a duré des années. Nous ne verrons plus jamais ça revenir"

Costa Brava, Eric Neuhoff, roman, Ed. Albin Michel, mars 2017, 298 pp

08 juillet 2017

Nietzsche - Je suis en guerre

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En cette dernière journée du Festival de la correspondance de Grignan (2017),  pointons  la lecture "Grain de voix" de 12h30 au Jardin Sévigné.

Elle se base sur la correspondance de Nietzsche à sa soeur Elisabeth

 Voici ce qu'en révèle le programme:

NIETZSCHE : « JE SUIS EN GUERRE. » 
LETTRES À SA SŒUR ELISABETH (1885-1888)

Adaptation libre Virginie BERLING
Mise en voix et lecture Erwan COEDELO

Dans les années 1885-1888, Nietzsche est à un tournant dans sa production 
intellectuelle : il publie son ZarathoustraPar-delà le bien et le mal et finalement Ecce Homo. Il doit affronter en même temps les critiques et la célébrité. Tandis qu’il se coupe définitivement de l’Allemagne et de ses théories antisémites, Elisabeth fonde avec son époux une colonie de « purs Aryens » au Paraguay.

Pendant cette période de grande solitude et de profonde dépression, Nietzsche écrit à sa sœur, qu’il appelle son « lama », du nom de cet animal résistant et têtu, qui crache pour se défendre. Les lettres du frère, toujours bienveillantes, montrent pourtant que la guerre se prépare… Elisabeth prendra sa revanche

Découvrons-en une extrait:

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Nice 14 décembre 1887

 

Mon cher Lama

(...)

Sans le vouloir presque, mais pour obéir à une nécessité impitoyable, je suis en train de régler mes comptes avec les gens et les choses, d'en finir avec tout ce qui a été « mien» jusqu'ici. Presque tout ce que je fais actuellement est une manière de « tirer- un-trait-sur ».

Je prends conscience de mon isolement radical. Dans la douleur et l'impatience, je coupe l'un après l'autre mes liens avec les hommes. Tout mon passé s'émiette autour de moi. Quand je fais le compte de ce que j'ai accompli les deux dernières années, cela m'apparaît comme un seul et même travail pour m'isoler de mon passé, pour trancher le cordon ombilical entre lui et moi. (...)

NIETZSCHE : « JE SUIS EN GUERRE. » LETTRES À SA SŒUR ELISABETH (1885-1888) Adaptation libre Virginie BERLING, Ed. Triartis, juin 2017, 60 pp

07 juillet 2017

André Gide - Hors de la lignée

Grignan-2017.jpg Le spectacle de 19 h, hier, en  la cour du château de Grignan, avait pour thème  le rapport d'André Gide à sa mère,à sa lignée

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Ecoutons Juliette Gide parler à son fils:

 

"         Paris, jeudi 27 septembre [1894]

Mon cher fils,

Ne me cache pas ce qui se passe dans ton esprit. Ne comprends-tu pas tout l'intérêt que toutes ces questions ont pour moi, ne comprends-tu pas à quel point je m'identifie avec toi et la génération qui monte pour nous remplacer? Non que j'accepte ou partage toutes les idées qui ne sont encore qu'en ébullition ou en formation
en vous, mais parce que ce travail est palpitant d'intérêt dans le présent et pour l'avenir."

André Gide - Hors de la  lignée,  Correspondance entre André Gide et sa mère, adaptée par Virginie Berling, Ed. Triartis, juin 2017, 52 pp

06 juillet 2017

Silencieuse

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Saluons la présence, ce jour, de Michèle Gazier, au Festival de la correspondance de Grignan, pour une rencontre, à 12 h, en la cour des Adhémar, animée par Judith Sibony, avec le soutien de la Fondation de la Poste La rencontre a pour titre " Le lourd héritage immatériel"

L'occasion de nous pencher sur le dernier roman de l'écrivain, Silencieuse (Ed. Seuil) et de vous en livrer chronique. 

La vie s'écoule, monotone, étriquée, dans  le village de Saint-Julien des Sources. Seuls 
Silencieuse.jpgdérogent à cette grisaille autochtone, Annie Dollet,  caissière de la supérette, Louis, sorte de Polonais, sans âge,  jailli de nulle part, Hans Glawe, un peintre allemand de notoriété universelle et Claude Ribaute, sociologue, natif du cru, monté à Paris et revenu en son village pour publier une étude  sur l'oeuvre du peintre.  Observateur de nature et de métier,  il endosse le rôle de narrateur de la  deuxième partie du roman

 " Quand sa belle-soeur qu'elle connaissait à peine lui avait annoncé sa venue, Annie avait d'abord été surprise."

 Et de cette surprise naît l'action, si l'on peut dire, de ce roman d'atmosphère:  Sofia Dollet, superbe Italienne, est accompagnée de Valentina,  sa fille de quatre ans, résolument muette.

 " Valentina ne répondait à aucune injonction, pas même à son prénom. Et pourtant entre elle et sa mère on sentait un magnétisme, une sorte d'accord primitif. "

 Et la narration d'épouser le mystère de la fillette, ses élections affectives qui l'aimantent  ver  Louis, Claude,...tous  êtres singuliers dont elle révèle l'humanité.

 Une subtile approche de la différence dans ses déclinaisons psychologiques, artistiques, amoureuses et même politiques

 A Elter

 Silencieuse, Michèle Gazier, roman, Ed Seuil, mars 2017, 214 pp

 

05 juillet 2017

Je deviendrai parfaite sur la fin de ma vie

Sévigné.jpgRassurez-vous, je ne parle pas de moi ni d'une quelconque mission impossible; je préfère pointer à votre attention, la lecture-spectacle de ce soir, qui se déroulera à 22 heures, en l'amphithéâtre du château de Grignan. Notre très chère marquise de Sévigné y sera incarnée par Marie-Christine Barrault l'espace de cette soirée.

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Et cette mater dolorosa éplorée par le départ de sa fille à Grignan, de déplorer que ce dernier génère une meilleure entente que lors de leur cohabitation parisienne.

                                                 Paris, le 6 mai 1671

"Je vous prie, ma chère bonne, ne donnons point à l'absence le mérite d'avoir remis entre nous une parfaite intelligence et, de mon côté, la persuasion de
votre tendresse pour moi (...)"

Madame de Sévigné " Je deviendrai parfaite sur la fin de ma vie", Adaptation des lettres à sa fille, la comtesse de Grignan (1668-1686), Virginie Berling, Ed. Triartis, juin 2017, 52 pp

 

04 juillet 2017

Chères familles : Vincent & Théo Van Gogh, Frères jusqu'à la folie

Grignan-2017.jpgC'est ce mardi que démarre la 22e édition du Festival de la correspondance de Grignan. Le thème en est " Chères Familles..", ainsi que nous l'avions évoqué.

Je vous invite à en découvrir le programme si ce n'est déjà fait.

Pour ma part, je me rendrai, ce soir,  à 22 heures, à la lecture par Romane et Richard Bohringer  des Lettres du grand Jack London à une fille de douze ans; le texte est adapté par Virginie Berling 

Demain et toujours en l'amphithéâtre installé face au château, je me fais une joie d'écouter des extraits de lettres de Vincent et Théo Van Gogh, Frères jusqu'à la folie, librement adaptées par Agnès Akérib.

La dynamique maison d'édition Triartis m'ayant aimablement offert le beau livret du spectacle, je ne résiste à vous en ..livrer un court extrait, en guise d'apéritif. A noter que si la prime correspondance entre les deux frères était en néerlandais , elles empruntent la langue française dès 1888.

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 De VINCENT À THEO

 

                                                       Arles, 30 avril [1889]

 

Mon cher Theo,

Ta bonne lettre m'a fait du bien aujourd'hui. Le principal, c'est de se sentir bien unis.

Physiquement, c'est épatant comme je me porte mieux, pas suffisamment pour me croire guéri mentalement.

Mais, même dans l'épreuve, il ne faudra pas oublier de blaguer toi et moi.

Si je me jette dans le travail en plein, c'est bon, mais je reste toujours toqué. Peut-être que si je pouvais m'engager dans la Légion pour cinq ans, je guérirais considérablement

(...)

Vincent & Théo Van Gogh, Frères jusqu'à la folie, Adaptation libre de leur correspondance par Agnès Akérib, Ed Triartis, juin 2017, 62 pp

 

03 juillet 2017

Entre amis

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A l"heure de partir en vacances, il fait bon visionner ce film (DVD) injustement traité par la critique, lors de sa sortie en salles obscures (avril 2015). Sous un faciès loufoque et, il est vrai, peu crédible, le film pose la question de la vraie amitié, celle qui subsiste après évacuation des pique-assiettes et amis de circonstances; sans compter les jaloux.

Ainsi Richard (Daniel Auteuil  invite-t-il ses vieux amis, Gilles  (Gérard Jugnot) et Philippe ( François Berléand - il les connaît depuis cinq décennies -  et leurs partenaires, pour leur présenter Daphnée (Mélanie Doutey) sa nouvelle fiancée, de vingt ans, sa cadette.

Pour ce faire, il a mis les petits plats dans les grands et réservé un somptueux voilier et son équipage pour joindre la Corse depuis Marseille

Si le courant passe d'emblée entre Carole (Isabelle Gelinas) et Daphnée, aussi  sympa que maladroite , il n'en va pas de même avec Astrid (Zabou Breitman) qui, omni-branchée à son portable , révèle le caractère pénible qu'elle fait endurer à Philippe.  On peut compter sur elle pour plomber l'ambiance, décocher, punaise, la réflexion qui fâche, qui peine.

Le côté idyllique du voilier va bientôt lui aussi se fracasser à une réalité météorologique déchaînée.

Et c'est là que s'enchaînent les péripéties rocambolesques d'une vraie descente aux enfers.

Un film des plus rythmés..

Entre amis, un film d'Olivier Baroux, Pathé -  DVD (août 2015) 

 

02 juillet 2017

Lapidation

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En réponse-miroir à notre chronique de vendredi 30 juin, savourons cette infusion dominicale, chapitre condensé d'argument,  assez.. lapidaire

"C’est  l'histoire d'une barre médiane qui n'arrive pas à trouver  une autre barre à laquelle s'accrocher en toute confiance."

 

 

Des pierres dans ma poche, Kaouther Adimi, roman, Ed. Seuil, mars 2016, 176 pp