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31 octobre 2016

21 rue La Boétie

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Je vous promis, il y a peu de revenir sur l'exposition fabuleuse du musée de la Boverie à Liège (voir notre billet du 23 septembre dernier) . Profitons de cette semaine de congé pour vous inciter à la visiter - et vous rappeler son ouverture exceptionnelle ce lundi 31 octobre.

 

S'il n'a pas inventé le métier de marchand d'art - je vous conseille à ce sujet la lecture de l'ouvrage, Chercheurs d'art de Yann Kerlau ( Ed. Flammarion, 2014- billet  accessible en vitrine du blog ) Paul Rosenberg a eu la préscience de son évolution.

Celle d'exposer les oeuvres de  facture inédite dans des intérieurs cossus typiques de sa clientèle aisée 

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Celle d'initier les publics anglais et  Outre-Atlantique à cette avant-garde picturale.  

La guerre lui donnera raison qui déplacera le centre de gravité des ventes de Paris à New York.

Parce qu'il inscrit l'oeuvre des artistes qu'il soutient dans la vaste trajectoire de l'Histoire de l'Art, Paul Rosenberg est défini comme un "passeur de modernité" . La section que consacre l'exposition "21 rue la Boétie" à ce rôle est captivante.

www.21ruelaboetie.com

 

 

30 octobre 2016

Les cafés, acteurs de la vie littéraire

limpossible-exil-stefan-zweig-et-la-fin-du-monde-george-prochnik.jpgtheiere-design-eva-solo-1l-rouge-1.jpg" S'il y a une chose à laquelle Zweig n'a jamais pu s'adapter à New York, c'est l'absence de cafés."

 

 

L'impossible exil- Stefan Zweig et la fin du monde,  Georges Prochnik, essai traduit de l'anglais (USA) par Cécile Dutheil de la Rochère, Ed. Grasset, sept.2016, 448 pp

29 octobre 2016

L'impossible exil- Stefan Zweig et la fin du monde

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 L'exil de Zweig et son suicide, le 22 février 1942 ont fait couler beaucoup d'encre, généré de nombreuses incompréhensions.  Rarement, à  ma connaissance, auteur ne s'est penché avec plus de minutie, de correction aussi, que George Prochnik  sur les chronologie et circonstances exactes de la retraite zweguienne,  la destruction d'âme massive opérée par la répression nazie, auprès du célèbre écrivain autrichien.

Né en une Vienne intrinsèquement antisémite - sous un mode larvé et sans doute banalisé -  Stefan Zweig est poursuivi jusqu'en son suicide par une identité qu'il ne s'est pas choisie. Il n'est pas pratiquant; avant d'être juif, il est surtout un Européen convaincu - nous l'avons déjà souvent évoqué. Traqué par d'innombrables compagnons d'infortune, Zweig vit péniblement son exil new yorkais ; sa générosité n'est pas en reste mais les demandes sont infinies. Et puis, il pratique désormais une langue maternelle, passée à l'ennemi, "coupée de son sens", n'est-ce pas invivable pour un écrivain ? 

Sondant avec acuité toutes les étapes de la vie de Stefan Zweig, ses relations à sa mère, à Friderike von Winterniz, sa première épouse et à Lotte Altmann, la seconde, George Prochnik offre un éclairage aussi intéressant que prodigieusement documenté. Il puise dans ses propres racines familiales d'exilés, la compréhension vécue du traumatisme de l'exil.

Ce n'est pas sa moindre qualité.

Une lecture recommandée. 

 

L'impossible exil- Stefan Zweig et la fin du monde,  Georges Prochnik, essai traduit de l'anglais (USA) par Cécile Dutheil de la Rochère, Ed. Grasset, sept.2016, 448 pp

28 octobre 2016

Coup double pour Grasset: Grand prix du roman de l'Académie- Prix femina de l'essai

 Ca y est, c'est parti

La saison des prix

A commencé

Coup double pour Grasset

Avec le prix Femina de l'essai

Et de l'Académie

Le grand prix...

 

C'est Adélaïde de Clermont-Tonnerre qui remporte le grand prix du roman de l'Académie française.

Il lui fut décerné, hier

Je vous invite à en relire chronique sur ce blog, en ouverture première de la rentrée littéraire: http://editionsdelermitage.skynetblogs.be/archive/2016/06/28/le-dernier-des-notres-8623901.html

 

Mais encore: 

 

9782246859956-001-X.jpeg Le jury du Prix Femina, ouvrait, ce mardi 25 octobre, l'aimable fiesta des prix littéraires d'automne.

Tandis que je découvre Garçon ( Marcus Malte- Ed. Zulma) à votre intention,  je vous livre déjà l'argument du Prix Femina de l'essai, attribué à Ghislaine Dunant, extrait du site de l'éditeur (Grasset) 

« Je rencontrais une écriture qui crevait la surface protectrice de la vie pour toucher l’âme, le corps qui souffre ce qu’un être humain ne doit pas souffrir. Les mots peuvent dire ce qu’il est à peine supportable de voir, et de concevoir. Et ils peuvent ramener l’amour que Charlotte Delbo avait eu pour toutes celles, ceux qu’elle avait vu souffrir. La lucidité, la capacité de dire et d’écrire était là. Une langue pouvait rendre ce qui avait eu lieu. Le trou que faisait dans notre humanité la catastrophe d’Auschwitz, un écrivain me donnait le moyen de le raccommoder avec une œuvre qui en faisait le récit. Elle avait cherché la beauté de la langue dans le terrible des mots ciselés en arrêtes coupantes. Elle les disait avec la douceur qui prend quand l’au-delà de la douleur est atteint.
Elle l’écrivait des années plus tard, ouvrait les images restées, elle interrogeait avec liberté les souvenirs au moment où elle les écrivait, elle découvrait la vie retrouvée »

 

Charlotte Delbo, La vie retrouvée, Ghislaine Dunant, essai, Ed. Grasset, août 2016, 608 pp

27 octobre 2016

Carnet d'un imposteur

téléchargement (6).jpg" A six ans,  je ne parlais toujours pas. Mon cerveau était différent. (...) 

Alors j'ai réorganisé mon cerveau comme s'il était un grand grenier vide. Pendant la journée, j'y entassais les connaissances et, le soir, je les rangeais dans les bonnes cellules. J'ai divisé cette pièce en trois parties: le travail, la mémoire et le jeu."

Lire Hugo Horiot, l'observer parler, c'est faire fi de bien des a priori en matière d'autisme.

Et cela fait grand bien.

Sauvé de l'internement en hôpital psychiatrique par l'amour d'une mère, sa confiance dans les possibilités de son enfant, Julien Horiot se fait Hugo: il enterre, à six ans, prénom et prime enfance, émerge d'un mutisme forcené et endosse avec une surprenante maturité le rôle que la société attend de lui. De là à devenir comédien , il n'y a qu'un pas que le jeune adulte franchit avec allégresse, frotté à l'enseignement d'un "vieux fou aux paroles sages" ,  dans lequel nous pensons bien reconnaître Pierre Debauche.

S'il ne prétend pas faire un traité d'autisme, Hugo Horiot nous enseigne de mots justes et choisis, son rapport à la vie,  à chacun des concepts qui régissent les têtes de chapitres - Julien - Hugo - L'école -  être père, ....la nécessaire distance qu'il lui faut maintenir , sur laquelle repose son adaptation sociale.

D'aucuns se perdent dans le miroir d'un masque si réussi, qui crient à l'imposture  - " Ce type est un complot financé par la psychanalyse! -  D'autres ouvrent leurs écoutilles et prennent espoir

Le témoignage est d'or, qui rend hommage - aussi - à la force de conviction d'une mère, la sienne, Françoise Lefèvre, militante ardente d'un combat solitaire. Elle le consigne , en 1990,  dans Le Petit Prince cannibale (Actes Sud) , récit qui lui vaut le Goncourt des Lycéens.

A conseiller,  en complément de la lecture de l'essai : la vision de la rencontre mère - fils organisée le 28 mai 2013, par les éditons Iconoclaste ( Daily Motion et le site d'Hugo Horiot : www.hugohoriot.com )

Carnet d'un imposteur, Autoportrait de l'autiste en comédien, Hugo Horiot, essai, Ed. Iconoclaste, août 2016, 158 pp

26 octobre 2016

Centenaire de la naissance de François Mitterand

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 En ce jour centenaire de la naissance de François Mitterand (1916 -1996),  découvrons l'ouvrage superbement illustré que lui consacrent les éditions du Rocher . Il est signé Florence Pavaux- Drory, qui tôt gravita dans son entourage - et Fabien Lecoeuvre.  Largement consensuel, il fut édité une première fois, en 2011. Maquette remaniée, de nombreuses et inédites photos ajoutées, il propose aussi, en cette nouvelle édition,  de scanner les liens vers 12 discours de l'ancien président.

"Je ne promets rien d'autre que le courage"

Si de nombreuses pages et documents sont consacrés aux carrière, chantiers bâtisseurs et double septennat présidentiel - il ne pourrait en être autrement, quatorze années, cela marque énormément - d'autres nous permettent d'approcher l'enfance (heureuse et choyée ) de l'homme, le combat entrepris contre la timidité pathologique dont ce cadet de famille nombreuse était affublé.  Le courage ressort comme un trait indéniable de sa personnalité.

Choc de la guerre, jardins secrets, écriture, goûts de lectures,  paternité tard révélée, diagnostic fatal longtemps caché...sont tant d'accès à cette "force tranquille" et ... mystérieuse, que le "Tonton" si bien incarnait.

Une découverte intéressante

Apolline Elter

François Mitterand - Le livre officiel du centenaire 1916-2016, Florence Pavaux-Drory et Fabien Lecoeuvre, biographie illustrée, éd. du Rocher, sept. 2016, 192 pp

 

25 octobre 2016

Marthe, dites-moi

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Nous l'avons vu, Emile Verhaeren a trouvé en Marthe Massin, l'âme soeur, fée  de son destin. La correspondance des fiancés révèle les états d'âmes du poète et quelques Mea Culpa des plus émouvants.

Tel cet extrait de lettre angoissée, rédigée le dimanche 5 janvier 1890, à 5h du matin.....

 "(...) Ma si douce et si inébranlablement aimée, quel être impossible je suis !  Comme vous devez avoir du regret de nous être rencontrés. Je ne vous serai jamais  qu’une cause d’ennui et  d’agacement ; je suis à charge de moi- même et des autres ; des fous comme moi, dites, pourquoi existent-ils ? Enfin vous avez toujours le droit, oh le droit absolu ! de me laisser de côté et – je vous l’ai déjà dit -  de ne faire  aucun cas de la débâcle qui en résultera. Non, mais quel assemblage grotesque de contraires je suis, dites ?  A de certaines  heures je me sens bon, doux, naïf, enfant, j’ai pour vous une inépuisable tendresse, une joie d’aimer folle et -  à force d’intensité – presque neuve. Et puis, tout change – et je deviens morne, irascible, détestable, brutal ! et cela non pas spontanément, mais à la longue, par réflexion,  par rangement, par en dedans. Je vous avoue tout cela parce  qu’il me semble que j’atténue tout, en me confessant,  mais encore faut-il que vous soyez bien généreuse  pour l’écouter.  (…)"

iLes  jeunes gens se marieront, à Bruxelles, le 24 août 189.

 A Marthe Verhaeren, Deux cent dix-neuf lettres inédites 1889-1916, présentées par René Vandevoir, Ed. Mercure de France, 1951, 462 pp

 

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Mar-dites-moi, Emile Verhaeren

Du 12 juillet au 27 novembre 2016 (centenaire du décès du poète) , vous aurez rendez-vous chaque mardi pour des billets, infusions,, extraits de lettres ,  chroniques , ....relatifs au chantre du vitalisme.

06:42 Publié dans Mar-Dites-moi | Commentaires (0) |  Facebook |

24 octobre 2016

Révolutionnaires obstinés et patients

 

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Après le carnage de la Commune, George Sand refuse la spirale de la violence. Et d'enjoindre, par lettre du 21 octobre 1871  adressée  à Alfred Gabrier: 

" Le mal engendre le mal. Apprenons à être des révolutionnaires, obstinés et patients, jamais terroristes."

06:45 Publié dans George Sand, Infusions | Commentaires (0) |  Facebook |

23 octobre 2016

Rodin amoureux

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Entrée en scène de Camille Claudel

"Elle a les dents longues - le jeune loup, c'est elle. Rodin a beau rugir, le vieux lion pourrait bien finir en descente de lit! Et puis, perfide à ses heures, Camille est dangereuse - mais d'abord pour elle-même. Avec elle, on est toujours sur le qui-vive. Sans elle, on craint de s'ennuyer. Cela, Rodin ne le sait pas encore, il le devine mais il refuse d'y songer. Les premiers jours, d'ailleurs, il n'est pas frappé par la foudre: chaque matin, l'atelier bourdonne de petites abeilles qui s'empressent autour du maître et qui l'occupent. Il a de quoi se distraire, il ne sait pas encore qu'il a été piqué."

 Rodin amoureux, Frédéric Ferney, essai illustré, Ed.Rabelais, oct.2016, 150 pp

 

22 octobre 2016

Rodin amoureux

 rodin_amoureux_01.j_1-1.jpeg  " Adieu Rose! Adieu Camille! Au revoir mes jolies! Claire, Gwendolen, Isadora,Hilda, Nuala, Jelka, Kathleen, Jeanne ou Georgette et toutes les autres, les éphémères, les oubliées, les diablesses, les folles, les mystiques - la liste est longue! Elles ont beau avoir été là, de bon cœur, elles n'ont su qu'habiter un coin de son lit,  accroître l'ombre de ses nuits, épaissir sa solitude, Une à une, elles se sont envolées comme des notes."  

 Tout est dit.

De toutes ces femmes que le célèbre sculpteur a approchées, convoitées, aimées, pétries,... pétrifiées, Frédéric Ferney trace le portrait. Ce faisant il nous révèle la singulière complexité de la vie affective de ce "queutif" invétéré, prédateur d'une chair qu'il transforme en pierre.

S'il n'épouse Rose Beuret, la compagne de ses jours, qu'à l'extrême fin d'une vie conjugale chahutée, il fera couler beaucoup d'encre et de larmes engrangeant avec la jeune Camille Claudel (1864-1943) une liaison passionnelle mal conclue. A son corps ..défendant,  rappelons ce "monstre frais, rafraichissant, tyrannique.." qu'est la jeune fille de 1882 - elle n'a pas 18 ans - toute imbue d'une assurance, d'une supériorité héritée en droite ligne du clan Claudel.  Nous reviendrons sur le sujet.

D'une plume raffinée, magique, magistrale, Frédéric Ferney nous enchante, une nouvelle fois, d'un essai fabuleux, richement illustré, menant à riche port son art de l'introspection

Une lecture hautement recommandée

Apolline Elter

Rodin amoureux, Frédéric Ferney, essai illustré, Ed.Rabelais, oct.2016, 150 pp

Billet de ferveur

AE :  Vous dévoilez, Frédéric Ferney, en Rodin « affamé de spasmes et de caresses », « un enfant que sa mère n’osait pas toucher » . Voyez-vous en cette frustration de la prime enfance la source – compensatoire – de son art ?

Frédéric Ferney :

Je n'en sais rien du tout! 

Dans Rodin amoureux, je me pose une question: par quels détours, par quelle instigation de l'âme et des choses devient-on soi, par exemple Rodin?

J'explore son enfance parce que l'enfance est "la mère des secrets" (Aragon) mais je ne crois pas qu'il y ait, ni là ni ailleurs, un mécanisme secret qui régisse l'existence de Rodin. Je m'attache plutôt dans ce livre à vérifier un pressentiment, à déceler moins des indices que des sensations - Rodin lui-même préférait de loin les sensations aux idées. Ou peut-être des présages, des petits cailloux que je ramasse sur le chemin, comme les pièces manquantes d'un puzzle, forcément inachevé et lacunaire. 

Ce n'est ni une biographie - je suis bien trop paresseux! -, ni une étude clinique du cas Rodin.

Il y a dans une vie, à côté de ce qu'on sait (événements, dates) et de ce qu'on voit (les oeuvres), des heures oubliées, des jours que le temps efface et que les biographes ignorent, des zones intouchées, fugitives, où je m'oriente et où Rodin surgit dans sa lumière intime, entre chien et loup.

C'est une vie rêvée. 

Je marche à côté de lui, je m'invite dans ses silences, je m'aventure dans ses nuits, et je lui prête ma voix. Je remplis les blancs (ou les trous noirs) de son existence, avec le pinceau le plus fin possible et avec le souci de ce que les peintres italiens appellent: le fa presto. Car je le veux vivant...

Rodin avait des doigts dans les yeux et des yeux au bout des doigts. Quelqu'un peut-il me prouver le contraire?

 

 

21 octobre 2016

A belgian fashion truck

Il y a 4 mois, notre consoeur,  Sybille Wallemacq quittait son poste de rédactrice en chef de l'Eventail numérique  pour se lancer coeur et âme dans l'élaboration d'un projet éthique, sympathique, tout droit inspiré d'un long séjour à Calgary (Canada) , à savoir l'équipement  cosy d'un camion de mode raisonnée  (vintage, circuit court) qui circulera, selon un itinéraire défini, à la rencontre de sa clientèle.

 Ecoutons-la: 

"A belgian fashion truck, c’est un camion itinérant, un magasin mobile qui arpentera les routes pour aller à la rencontre de femmes (et d’hommes... dans un second temps) qui cherchent à consommer la mode autrement à travers une sélection vintage (issue de filières de récupération) et des créations made in Europe (fabrication en circuit court). L’idée est de mettre en avant l’histoire des vêtements et les valeurs qu’ils véhiculent: savoir-faire, éthique et transparence.

 68% des femmes veulent acheter durable mais seulement 11% savent où aller (source: www.close-the-loop.be)

 Durant le temps de midi, en fin de journée, à l’occasion de l’un ou l’autre événement, A belgian fashion truck rendra accessible au plus grand nombre, une mode de qualité avec une identité esthétique et historique.De par le caractère mobile de la boutique, consommer autrement sera plus facile..."

 

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Pour l'heure, Sybille Wallemacq équipe le camion, récolte pour ce faire des fonds, via un système Kissbanker assez irrésistible.

Je vous invite à vous rendre sur le site du projet: https://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/a-belgian-fashion-truck, en attendant de voir, le camion sillonner,  au printemps prochain, les artères du plein coeur de Bruxelles

Apolline Elter 

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20 octobre 2016

Au commencement du septième jour

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Il ne va guère nous éclairer sur le sens du roman, Luc Lang, avec un titre tient de la Genèse et un contenu, de l'ordre du bilan. Qu'importe, c'est un très beau roman...

Terrassé par la nouvelle de l'accident automobile de Camille, son épouse, Thomas tente de faire front, pour lui, pour ses jeunes enfants, Elsa et Anton.  Il veut comprendre les circonstances d'une sortie de route par trop surprenante.. Camille a-t-elle été victime d'un sabotage? 

Scrutant avec minutie les moindres détails des événements, pensées  et états d'âme de Thomas, Luc Lang livre un récit d'introspection : Thomas va revoir non seulement le film de sa vie conjugale et d'une relation avec Camille qui se délitait mais aussi celui de son enfance et du tabou qui a entravé la relation familiale. Pour ce faire, l'écrivain alterne avec brio le langage soigné des descriptions - justes et belles - et la vivacité dépouillée, crue des dialogues.  Il donne au lecteur le sentiment d'épouser la respiration même du protagoniste, sa  quête existentielle.

 Une puissance, une tension narratives  qui relèvent de l'exploit pour un texte si long.

Une lecture recommandée

Apolline Elter

 

Au commencement du septième jour, Luc Lang, roman, Ed. Stock, août 3016, 540 pp

19 octobre 2016

Etait-ce lui?

product_9782070793655_195x320.jpg" Bien des années ont passé et je ne sais pas ce qu'Anton est devenu. Mais c'est bien la dernière personne pour laquelle il y a à s'inquiéter: Dieu ne l'abandonnera pas et, chose plus rare, les hommes non plus."

Anton, c'est "Un homme qu'on oublie pas", brève relation que l'écrivain viennois présente comme une "histoire vécue", rencontre d'avec un homme pétri de bonté désintéressée.

Etait-ce lui?  seconde nouvelle de ce Folio 2 €, profile un drame effroyable, de ceux dont Stefan Zweig a le secret, dont il fait monter la tension narrative, infaillible, implacable, saisissant le lecteur d'une oppression croissante et dérangeante.

Nanti de nouveaux voisins, le couple de la narratrice - d'aimables retraités - observe avec sidération la personnalité plutôt envahissante de Limpley. 

 " Jamais, avant de connaître Limpley, jamais nous autres vieilles gens n'avions imaginé que des qualités aussi positives que la générosité, la gentillesse, la franchise et la chaleur des sentiments puissent vous pousser au désespoir par leur démesure intempestive."

C'est dire..

On croit lire Les Catilinaires (Amélie Nothomb, roman, Ed. Albin Michel, 1995) 

Sidéré à son tour, le lecteur sent poindre le drame - il ne va pas tarder à se manifester, conséquence de la double irruption dans le jeune couple d'un chien, Ponto et d'un bébé..

Betsy,la narratrice, prend le lecteur à témoin de son soupçon: "Personnellement, je suis quasiment certaine que c'est lui l'assassin, mais il me manque la preuve ultime, la preuve inébranlable."

Etait-ce lui ? précédé d'Un homme qu'on n'oublie pas, Stefan Zweig, nouvelles traduites de l'allemand (Autriche) par Laure Bernardi et Isabelle Kalinowski, extraites de Roman, nouvelles et récits, tome II, Ed. de la Pléiade, Folio 2 €, n° 6184,  juillet 2016, 96 pp

 

18 octobre 2016

Le regard d'Eugène Demolder sur Verhaeren

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 Gendre de Félicien Rops - nous étudierons sous peu ce fameux épistolier -  l'écrivain Eugène Demolder rend cet hommage posthume à Emile Verhaeren:

"Verhaeren? Un mâle agissant. - Sa moustache est comme un drapeau sur sa face striée de rides. - Sa chevelure est lisse et luisante. Son verbe est chaud et sec. Ses yeux luisent derrière
un binocle. Il est légèrement voûté sur des jambes arquées. C'est un grand poète, le plus grand sans doute qui existe. Ses vers sont des tisons ardents, des flammes embrasées, des métaux en fusion. Il se drape dans le drapeau flamand comme dans un vêtement bien à lui et son geste se dresse fièrement sur le ciel patrial."

Eugène Demolder,  Impressions (1918)

  Nous devons cet extrait à: 

Des lueurs du fleuve à la lumière de la peinture, Emile Verhaeren et les siens, Marc Quaghebeur et Christophe Meurée,  volume composé dans le cadre de l'exposition "Emile Verhaeren. Lumières de l'Escaut, Lumière des Arts, Musée des Beaux-Arts de Tournai, septembre 2016, 148 pp

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16 octobre 2016

Un paquebot dans les arbres


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"C’est une tragédie silencieuse, celle de la famille Blanc au début des années 1960. Un récit en marge, celle  de la maladie et de la misère au temps miraculeux de la prospérité, de la Sécurité sociale et des antibiotiques qui semblent clore l'histoire de la tuberculose."

Un paquebot dans les arbres, Valentine Goby, roman, Actes Sud, août 2016, 268 pp

 

15 octobre 2016

Un paquebot dans les arbres

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 " Son père est mort il y a cinquante ans jour pour jour, le 1er juillet 1962. Elle a voulu ce pèlerinage dans le théâtre de la maladie, et aussi du plus grand amour; mais du sanatorium d'Aincourt, il ne reste rien."

D'emblée, tout est dit: Mathilde Blanc revient sur les traces de son enfance et des séjours de ses parents dans un sanatorium du Val-d'Oise, aujourd'hui désaffecté.

" (...) et tandis qu'elle s'éloigne, rejoint à petits pas le pavillon (...), je voudrais dire son histoire d'amour déchirante, singulière, aux confins de la maladie et du plus grand amour."

 Amour filial - la petite Mathilde est subjuguée par le charisme de son père, Paul, frustrée par son manque d'attention   - amour conjugal qui unit le couple de ses parents jusqu'en  sa maladie conjointe, le roman est hommage du temps. Du temps  qui passe mais n'efface les blessures enfantines: l'annonce de la maladie paternelle, ses noms barbares, "pleurésie", "bacille de Koch",... la mise en quarantaine de la famille et sa paupérisation corollaire, le placement en famille d'accueil, ... sont tant d'obstacles au bonheur simple et joyeux que Mathilde a connu dans sa prime enfance, du temps où "Paulot"ravissait les clients de son café, "Le Balto" du jeu de son harmonica Honhner.

Les  souvenirs, les scènes s'enchaînent soutenus d'une écriture de belle et musicale facture.

Une lecture d'atmosphère recommandée

Apolline Elter

 

Un paquebot dans les arbres, Valentine Goby, roman, Actes Sud, août 2016, 268 pp

 

14 octobre 2016

Livre en scène

 Pour rappel et mémoire, L'invitation aux voyages, commençait hier soir , sous son meilleur .. jour

VISUEL-DEF-LI(V)RE EN SCENE.jpegUn Festival voit le jour, du 13 au 16 octobre, à Biarritz, qui d'emblée est promis au succès, à un bel avenir. Croyez-moi, il les mérite.

Signée Claire Borotra et Anne Rotenberg, la programmation mettra en scène de lectures, conférences, jeux d'acteurs, rencontres, films, des textes (adaptés) de Victor Hugo, Véronique Olmi, Julie Otsuka,  Boris Pasternak, Lydie Salvayre, Laurent Seksik et Stefans Zweig, notamment,  lus, interprétés par Claire Borotra, Claire Chazal, Clémentine Célarié, Françoise Fabian, Michel Wuillermoz (sociétaire de la Comédie française) ....

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Vous l'aurez compris, du tout haut de gamme..

Je vous invite à télécharger le programme de ce Festival hors pair

Télécharger le programme (format pdf)

et surtout, si vous en avez l'occasion, à vous y rendre, sans l'ombre d'une hésitation

Renseignements et réservations: http://ville.biarritz.fr/festival-linvitation-aux-voyages 

Apolline Elter 

13 octobre 2016

Les simples prétextes du bonheur

téléchargement (20).jpg " Si elle regarde en elle, c'est le grand n'importe quoi, le désordre complet, une chambre magmatique."

Star, riche, fiancée au multi-titré Alfonso de Talavera de Santa Cristina de Arjona, Grand d'Espagne, Cécile Renan a tout pour être heureuse, selon l'expression consacrée.

Vous devinez d'emblée la faille: elle ne l'est pas.

Pourquoi? 

Quelques pertes de mémoire viennent perturber le quotidien de son existence parisienne,  quelque malaise aussi.... Dépêché par le Samu, un médecin iranien débarque chez elle, mais quand Cécile se réveille, le lendemain, elle n'est plus sûre de la réalité des faits...

Qu'à cela ne tienne, elle décide de le retrouver et va quérir l'aide de Kamal, philanthrope épicier iranien. Las  pas de trace du médecin

Qu'à cela ne tienne, Kamal s'en va trouver Arash et le charge d'ingurgiter séance tenante La médecine pour les nuls.

Loufoque, passablement incongru, cet aimable conte urbain - un peu trop long, un peu trop bavard à mon sens -  confronte les mentalités parisienne et iranienne, en ce compris que les Persans ont peut-être un accès original au bonheur...

C'est tout celui qu'on souhaite au lecteur

Les simples prétextes du bonheur, Nahal Tajadod, roman, Ed. JC Lattès, août 2016, 400 pp 

12 octobre 2016

Continuer

téléchargement.jpg Le cheval hennit, s'arrête, il s'impatiente. Il est nerveux, mais Sibylle le pousse à continuer. Il faut continuer, continue, continue, lui murmure-t-elle, comme si elle avait trouvé en elle assez de force pour en donner aux autres, (...)"

Sibylle est quadragénaire, divorcée, velléitaire. Elle est largement passée à côté de ses desseins, ceux de son destin et élève plutôt mal Samuel, un ado, en perte de repères, lui aussi. Ce dernier commet une bêtise et  Sibylle comprend l'urgence de se ressaisir, de reprendre les rênes d'une vie qui périclite, d'un dialogue avec son fils, largement passé à la trappe. 

 Elle l'emmène partant, au Kirghizistan, chevaucher montures, plaines et montagnes - au mépris des dangers - et  regagner ces repères, lacunaires pour tous deux. Car c'est de quête identitaire qu'il agit: Sibylle et Samuel doivent d'abord résoudre leur propre rapport à eux-mêmes avant de pouvoir nouer une (nouvelle) relation. Il en va d'un rite conjoint d'initiation.

Porté par une plume sobre, subtile et factuelle,  le récit est .. transportant. Facteur d'un nouvel élan de vie.

Apolline Elter

 Continuer,  Laurent Mauvignier, roman, Ed.de Minuit, août 2016 ,  240 pp

[NDLR: Merci à Françoise Lalande, qui lors de l'anti-rentrée littéraire du 15 septembre, au Cercle Chapel - compte rendu sur ce blog - recommanda chaleureusement cette belle lecture ]

11 octobre 2016

Des lueurs du fleuve à la lumière de la peinture

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J'évoquai mardi passé, à votre intention,  l'exposition du Musée des Beaux-Arts de Tournai, consacrée à Emile Verhaeren. Penchons-nous, ce jour, sur le très bel ouvrage qui l'accompagne, la soutient, la révèle.

"Tout Verhaeren est dans la tension au coeur des contrastes de la lumière" affirme Marc Quaghebeur, Directeur des Archives et Musée de la Littérature, Commissaire de l'exposition. 

Centrée sur la nature "consubstantielle" de la peinture dans  l'univers et donc l'oeuvre littéraire du célèbre poète, l'exposition fait part belle à la "perception charnelle du monde" à  la lumière scaldienne, particulière et différente de sa consoeur méditerranéenne, qui traduit le regard de Verhaeren, l'expression de son art, de son être.

Illustré de belles reproductions de portraits, tableaux, sculptures, .. issus pour bon nombre des collections du Musée des Beaux-Arts de Tournai, l'ouvrage déploie poèmes , extraits d'oeuvres littéraires et de correspondances de l'écrivain, en une multitude de registres, qui vont du tendre, amical,  flamboyant, à celui tumultueux, farouchement patriote de la guerre.

" Fruit d'un travail scientifique mené depuis des décennies par les Archives du Musée de la Littérature, ce livre n'entend pas accabler le lecteur de références mais l'amener à entrer de plain-pied, et dans la Joie, au coeur d'une Oeuvre-Vie qui fut celle du dialogue des Arts et des Mots."

Apolline Elter

Des lueurs du fleuve à la lumière de la peinture, Emile Verhaeren et les siens, Marc Quaghebeur et Christophe Meurée,  volume composé dans le cadre de l'exposition "Emile Verhaeren. Lumières de l'Escaut, Lumière des Arts, Musée des Beaux-Arts de Tournai - Archives et Musée de la Littérature, Bruxelles, septembre 2016, 148 pp

10 octobre 2016

Un coup de foudre durable

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" Pierre et Marthe ont transformé un coup de foudre en une longue histoire d'amour, un élan spontané en plusieurs décennies d'attachement. Si elle ne vit plus dans le monde de la réalité, elle vit pour toujours dans l'oeuvre. "

 "L'indolente, - Le mystère Marthe Bonnard, Françoise Cloarec, essai, Ed. Stock, septembre 2016, 350 pp

 visu.jpgRendons-nous le samedi 19 novembre PM au Salon Ecrire l'Histoire autour de Françoise Cloarec et d'un café littéraire que j'aurai grande liesse à animer à votre intention. 

Détails horaires bientôt sur le site du salon http://www.ecrirelhistoire.com

09 octobre 2016

L'effet domino

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 " L'effet domino. Une pièce avait été déplacée et tout l'édifice social de François s'écroulait sans qu'il pût rien faire pour en empêcher ou ralentir la désagrégation"

  L'insouciance, Karine Tuil, roman, Ed. Gallimard, août 2016, 528 pp

 

 

08 octobre 2016

L'insouciance

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S'il est un titre qui ne laisse présager le contenu, c'est bien celui du dixième roman de Karine Tuil.

Faut-il comprendre que l'insouciance, cette "forme de légèreté", ce produit de l'enfance, se désintègre sitôt que l'identité est mise à mal?

Puissante, forte et dense, malgré ses 528 pages, cette fiction si réaliste, si réelle évoque, à travers le destin des trois protagonistes, Romain Roller, François Vély et  Osman Diboula, trois hommes que tout sépare - âge, race, milieu social et religion -  l'effroyable perte des repères identitaires.

 Revenu de  "l'enfer afghan" - le mot est faible tant est dantesque la description de la barbarie qui régit le conflit afghan, Romain Roller ne parvient pas à réintégrer sa vie de famille, les retrouvailles avec Agnès, son épouse et leur tout jeune Tommy.  A la culpabilité d'avoir laissé périr ses hommes, ses amis s'ajoute une paranoïa du danger imminent, des angoisses qui le mènent, un temps à un internement psychiatrique. Seule pourrait le sauver, la liaison passionnelle qu'il entreprend  avec Marion Decker, une journaliste, écrivain, lors du séjour de décompression organisé pour les combattants dans un hôtel étoile de Chypre.

 De son côté Marion Decker a saisi d'une même attraction fatale François Vély,  puissant homme d'affaires, cynique, arrogant, imbu de  son éducation, sa toute-puissance et d'une fortune colossale.  Une passion qui va provoquer le suicide, par défenestration, de son épouse, l'éclatement de sa famille et, bientôt, de tout son édifice de vie.

 "Il était né comme ça, éduqué dans le camp des privilégiés, un camp où l'échec n'était pas une option possible. Ce qui avait longtemps déjoué les codes sociaux', c'était la prégnance du désir; sans ce magnétisme érotique, il ne l'aurait même pas regardée, allons, une fille issue d'un  milieu simple,  une fille qui n'était pas formatée comme lui, qui n'avait pas fréquenté les mêmes écoles, foulé les mêmes impasses préservées, une de celles qui exhibaient une franchise décomplexée, l'impulsivité des gens que l'éducation n'a pas corsetés, (...)

 Quant à Osman,  emblème de l'intégration raciale réussie au sein de l'Elysée, il va connaître le déchantement  de la subite perte des faveurs présidentielles, le désert socio-professionnel et conjugal corollaire.

 Analyse socio-politique corrosive, le roman décrit, avec une rare acuité - on peut compter sur Karine Tuil - les méfaits de la vassalité, version XXIe siècle, dans la sphère de la vie privée, de l'âme, de  l'identité .

 Un roman fort. Très fort.

 Apolline Elter

 L'insouciance, Karine Tuil, roman, Ed. Gallimard, août 2016, 528 pp

 Billet de faveur

AE : Au premier plan de la fiction trois personnages, Romain, François et Osman voient leurs couples exploser et leurs repères identitaires se briser. Se dégage peu à  peu  un être empreint d’humanité, de bienveillance et de sagesse : Paul Vély, le père de François. Il a pourtant lui aussi connu l’enfer, celui de l’univers concentrationnaire :

Karine Tuil : Paul vely incarne la figure du "sage", il a de l'expérience, une certaine distance critique. C'est un ancien résistant, un juif qui a échoué à se réinventer. Il n'y a chez lui, aucun ressentiment, il a cette confiance et cette constance qui lui permettent d'affronter les épreuves de la vie. Sans doute l'un de mes personnages préférés car il a une densité psychologique et un destin romanesque particuliers....  

 

07 octobre 2016

Un week-end à inscrire en votre agenda

Chers visiteurs, 

 

Votre blog préféré est particulièrement réjoui,  heureux, honoré de s'associer, pour les deuxièmes année et édition d'un salon fabuleux, dédié à l'Histoire et ses innombrables relations.

Il aura lieu, cette année, les samedi 19 et dimanche 20 novembre, de 14h à 18h, en l'Hôtel de Ville de Bruxelles , placé sous le Haut parrainage de S.A.R la princesse Esmeralda de Belgique, avec pour invités d'honneur, Lorant Deutsch (samedi), Stéphane Bern (dimanche) 

Initiative du Club de l'Histoire et de Patrick Weber,  Ecrire l'Histoire bénéficie du soutien de partenaires hors pair - forcément - et d'une équipe bénévole particulièrement efficace.  Les rencontres, cafés littéraires et dédicaces de haut vol, sont orchestrés de doigts de fée par Annick de Roest d'Alkemade, ex-rédactrice en chef, notamment, de Femmes d'aujourd'hui.

Inscrivez déjà les dates en vos agendas et consultez régulièrement le site du Salon:  www.leclubdelhistoire.com/ecrirelhistoire/ pour découvrir les auteurs - majeurs - que vous rencontrerez.

Point ne le regretterez.

Je vous y attendrai, convaincue et réjouie de ce partenariat.

 Apolline Elter


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06 octobre 2016

Cannibales

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" Je vous crois folle. Quitter mon fils ne peut être le fait d'une personne jouissant de toutes ses facultés."

Noémie vient de quitter Geoffrey - je n'ai pas dit "Jauffret" -  son compagnon, "d'autant plus odieux qu'il est architecte",  de trente ans son aîné. Elle entreprend avec Jeanne, mère de Geoffrey, une correspondance au goût étrange, corrosive et cruelle à souhait. 

" Cette lettre ne vous est pas vraiment destinée. Son écriture fut pour moi une simple excursion dans la haine de vous, une occasion de purger ma vésicule d'un peu de sa bile."

Jeanne, on le voit, n'est pas en reste, qui va bientôt changer de cap, pour ourdir avec Noémie le plan d'une vengeance...cannibale à l'égard de son fils.

D'une facture épistolaire, inventive  et corrosive, le roman a tout pour plaire à votre chroniqueuse préférée. Sauf qu'elle s'est perdue dans les méandres d'une logique affective pour le moins décousue. Propos mielleux et fielleux s'enchaînent en un tempo aussi allègre que déconcertant. La prétérition règne en maître :  " Je ne t'écris plus, je n t'écris pas. Cette lettre n'est pas une lettre, c'est une déposition." 

Il paraît que c'est un roman d'amour...

Cannibales, Régis Jauffret, roman, Ed. Seuil, août 2016, 188 pp

05 octobre 2016

Oum Kalsoum, l'étoile d'Orient.

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Figure mythique d'Egypte -   Piaf et Callas réunies ; bien qu'elle s'en défendit- la célèbre cantatrice Oum Kalsoum (1898-1975)  était adulée tant des grands que du peuple.

Fille cadette de l'imam Ibrahim et de sa femme Fatima, " Thuma"  doit son instruction au pouvoir de conviction maternel. Fatima croit en elle, économise les piastres nécessaires à son éducation et entraînement d'une voix tôt remarquée dans les cercles alentour.  C'est ainsi que vêtue en garçon, Oum se voit proposer des leçons par Aboul Ala Mohammed, "le cheikh le plus célèbre de l'époque". L'occasion pour la jeune fille - elle a près de 19 ans - de quitter son village de Tmaë pour découvrir Le Caire, ses fastes et revers, se lier d'une amitié à vie avec le poète Rami.

La voix d'Oum est aussi une conscience. Ambassadrice de cette Egypte qu'elle aime, elle en épouse le destin,  les turbulences et régimes successifs.  Partout où elle se produit, les foules se déchaînent, l'adulation s'exprime, la légende s'impose pour l'éternité.

Rééditée après une première parution en 1985, dix ans après le décès de la cantatrice, la biographie s'assortit du texte traduit de célèbres chansons et du relevé de sa discographie.

Oum Kalsoum, l'étoile de l'Orient, Ysabel Saïah- Baudis, biographie, Ed. du Rocher, sept. 2016 (réédition) 350 pp

 

04 octobre 2016

Exposition Emile Verhaeren au musée des Beaux-Arts de Tournai

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L'approche du centenaire du décès d'Emile Verhaeren, le 27 novembre 1916, favorise les initiatives commémoratives. Nous avons déjà évoqué l'exposition du musée Verhaeren de Sint-Amands et  relayons bien volontiers le communiqué de presse de l'exposition inaugurée, la semaine passée, au Musée des Beaux-Arts de Tournai.

Nous n'avons pas encore pu nous y rendre..

"La ville de Tournai et les Archives et Musée de la Littérature proposent, à cette occasion, l’exposition

Émile Verhaeren"Lumières de l’Escaut, Lumière des Arts"

Musée des Beaux-Arts de Tournai du 28 septembre au 18 décembre 2016

L’occasion de mettre en valeur les collections picturales du Musée de la Ville de Tournai, qui possède de nombreuses œuvres de la fin du XIXe siècle, commentées par le poète, mais aussi celles qui appartiennent à la Bibliothèque Royale et aux Archives et Musée de la Littérature. Elles sont exposées dans le seul Musée conçu par Victor Horta, un contemporain de Verhaeren.

Né à Saint-Amand sur les bords de l’Escaut, Emile Verhaeren grandit dans une famille aisée où l’on parlait français. L’espace de la courbe du fleuve le marque, comme les contrastes de ses lumières. Critique d’art et de littérature, il est bouleversé par la découverte de Manet puis de Seurat et sera le soutien constant de l’école belge, Théo Van Rysselberghe, James Ensor, Willy Finch ou Constantin Meunier. Auteur d’un nombre impressionnant de recueils de poèmes, il est l’ami d’Auguste Rodin, Edgar Degas, Stéphane Mallarmé, André Gide, Rainer Maria Rilke ou Stefan Zweig…. Il est aussi proche du roi Albert 1er et de la reine Elisabeth. Surnommé le « Grand barbare doux », Emile Verhaeren sut donner voix au vent et à l’horizon, aux clairs obscurs de l’âme et de la vie, aux tensions sociales ainsi qu’à la grandeur de son pays.

Un livre intitulé Des lueurs du fleuve à la lumière de la peinture accompagne l’exposition. Il fait se répondre poèmes, tableaux et correspondance. Il s’achève par un poème écrit par Laurence Vielle, la poétesse nationale 2016. Il incite à découvrir ou redécouvrir ce grand poète, à percevoir aussi toute la dimension de sa personnalité d’écrivain d’Art."

Je vous reviens Mardi-tes-moi, prochain pour évoquer le très beau livre que Marc Quaghebeur, consacre à l'exposition

A Elter

 

06:09 Publié dans Mar-Dites-moi | Commentaires (0) |  Facebook |

03 octobre 2016

Week-end ascensionnel

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Certains week-ends sont à ce point ascensionnels

Que le lundi, ne décrochez de votre nacelle

 

Apolline, Les pensées envolées du lundi

 

02 octobre 2016

Que me chantait ma Nounou

A19667.jpgthéière high tea.jpg "Paul n'ose pas le dire à sa femme mais, cette nuit-là, il se sent soulagé. Depuis qu'il est arrivé ici, un poids semble avoir disparu de sa poitrine. Dans un demi-sommeil, engourdi par le froid, il pense au retour à Paris. Il imagine son appartement comme un aquarium envahi d'algues pourrissantes, une fosse où l'air ne circulerait plus, où des animaux à la fourrure pelée tourneraient en rond en râlant.

    Au retour, ces idées noires sont vite oubliées. Dans le salon, Louise a disposé un bouquet de dahlias. Le dîner est prêt, les draps sentent la lessive. Après une semaine dans des lits glacés, à manger sur la table de la cuisine des repas désordonnés, ils retrouvent avec bonheur leur confort familial. Impossible, pensent-ils, de se passer d'elle. Ils réagissent comme des enfants gâtés, des chats domestiques.

Chanson douce, Leïla Slimani, roman, Ed. Gallimard, août 2016, 228 pp

 

01 octobre 2016

Chanson douce

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Avec un titre qui ne laisse rien présager de son contenu - ne vous laissez bercer, berner, par son velouté - Leïla Slimani signe un roman fort, très fort, ...décapant, de la rentrée littéraire.

 Un deuxième roman, du reste, après la parution remarquée en 2014 du Jardin de L'Ogre (Ed. Gallimard) qui avait valu à l'auteur franco-marocaine l'attribution convoitée du Prix littéraire de la Mamounia 2015.

Venons-en au fait, au portrait sidérant de Louise, nounou hors pair, engagée par Myriam et Paul pour garder Mila et Adam leurs tout jeunes enfants. Sa candidature est appuyée de solides références:

" Louise? Quelle chance vous avez d'être tombée sur elle. Elle a été comme une seconde mère pour mes garçons. Ca a été un vrai crève-coeur quand nous avons dû nous en séparer. Pour tout vous dire, à l'époque, j'ai même songé à faire un troisième enfant pour pouvoir la garder."

Tout est donc pour le mieux dans le meilleur des mondes - parisiens - Myriam va pouvoir revêtir sa robe d'avocat, Paul se consacrer intensément à son job. Chaque soir, à leur retour, ils trouvent l'appartement frais et rangé, les enfants baignés, apaisés, souriants, le repas, prêt.. Louise est un vrai cordon bleu.

Au point que très rapidement, ils ne peuvent plus se passer de sa compagnie, de ses initiatives bienvenues..

"L'appartement silencieux est tout entier sous son joug comme un ennemi qui aurait demandé grâce."

Envoûté par le tableau idyllique d'une organisation domestique sans faille, le lecteur se fait Myriam, se fait Paul, s'englue dans l'oppression larvée d'une menace croissante, indicible, insoutenable..

Il y a du Delphine de Vigan dans l'air ....

Un air dont l'oxygène se fait rare, la gêne, grandissante.

Dotée d'une plume-scalpel, précise, magistrale, Leïla Slimani dresse le portrait clinique d'une pathologie de la solitude, de la pauvreté, abandon, d'un complexe social qui ne parvient à s'exprimer,  d'une névrose de la perfection qui va virer au drame, au rythme de chapitre courts, si bien conduits que le lecteur se laisse prendre aux rêts d'une lecture addictive .. dont il ne sortira indemne

 Apolline Elter

Chanson douce, Leïla Slimani, roman, Ed. Gallimard, août 2016, 228 pp