10 septembre 2016

Petit Pays

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Retenez ce nom, retenez ce titre: ce roman fabuleux, de large inspiration autobiographique, va faire couler beaucoup d'encre d'émotion,  de larmes de tendresse. Il imprégnera votre esprit de ce vécu si bien rendu, par le prisme de Gaby, un enfant d'onze ans, soudain projeté dans une séquence d'effroyables événements.

Vous songez aux Cerfs-volants de Kaboul? [NDLR: Khaled Hosseini, 2003)

Vous n'avez pas tort

C'est encore plus fort.

Mais encore:

«  Le bonheur ne se voit que dans le rétroviseur »

 L'implosion du couple des ses parents - Yvonne est Rwandaise tutsi, Michel, Français, dirige des chantiers, au Burundi  - introduit une première brèche dans l'enfance dorée de Gaby et de sa jeune soeur Ana. L'assassinat, en octobre 1993 de Melchior Ndadaye, président burundais, le génocide rwandais, l'embrasement de la région des Grands Lacs, préludes à quinze années de guerre civile, vont faire exploser le paradis  que constitue l'impasse où il vit, sur fond de violence inouïe.

"On ne doit pas douter de la beauté des choses, même sous un ciel tortionnaire."

Le récit est tragique. Certes. Mais il est surtout lumineux, avivé de fraîcheur par ce regard d'enfant, qui s'accroche au cocon de ses relations familiales  - joyeuses et colorées -  amicales-  de ce club des cinq, formé avec Armand, Gino, les jumeaux, voisins de l'impasse- , avec Innocent, Donatien, les boys, Madame Economopoulos, vieille et généreuse Grecque qui laisse dévaliser ses manguiers et les livres innombrables d'une riche bibliothèque ...

En filigranes, le passage initiatique de l'enfance à un monde adulte particulièrement bousculé...

Un premier roman fort. Très fort.

Apolline Elter 

Petit pays, Gaël Faye, roman, Ed. Grasset, août 2016, 220 pp

 

 

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