30 juin 2012

Rêveries d'un philosophe solitaire (IV)

jean-jacques-rousseau-verve-L-HS7tsK.jpgS'il n'est possible d'embrasser toute la pensée rousseauiste en matière de philosophie, morale, religion, politique, nature, société, musique et botanique, il est ravigorant d'extraire quelques bribes  d'essais, de lettres (ouvertes et privées), bons mots, propos et aphorismes, cueillis  pour une majeure partie (ctations  dot'és de l'astérisque) , du sympathique recueil de Grégoire Prat, publié aux Editions Horay, en mars 2012, Jean-Jacques Rousseau en verve.

Vitam impendere vero  – Consacrer sa vie au vrai.

(Devise de JJR)

« Je naquis infirme et malade ; je coûtai la vie à ma mère, et ma naissance fut le premier de mes malheurs »* Les Confessions, Livre I.

 "Renoncer à sa liberté, c'est renoncer à sa qualité d'homme"* (Du contrat social, Livre I, chapitre IV)

 "Je n'ai jamais cru que la liberté de l'homme consistât à faire ce qu'il veut, mais bien à ne jamais faire ce qu'il ne veut pas."* (Les Rêveries du promeneur solitaire - Sixième promenade)

« Ou le luxe est l’effet des richesses, ou il les rend nécessaires ; il corrompt à la fois le riche et le pauvre, l’un par la possession, l’autre par la convoitise » *(Du contrat social, Livre III, chapitre IV)

« En politique comme en morale, c’est un grand mal que de ne pas faire du bien »* Discours sur les sciences et les arts (seconde partie)

«  Je ne puis méditer qu’en marchant ; sitôt que je m’arrête, je ne pense plus et ma tête ne va qu’avec mes pieds »*  Les Confessions, Livre IX

« Je hais les livres ; ils n’apprennent qu’à parler de ce qu’on ne sait pas »* (Emile ou de l’Education – Livre III)

« Je suis un homme et j’ai fait des livres ; j’ai donc fait aussi des erreurs »* Lettres écrites de la montagne ‘1re lettre)

« Prenez le contre-pied de l’usage, et vous ferez presque toujours bien » (Emile ou de l’Education – Livre II)

« Je me propose plutôt d’attaquer des erreurs que d’établir la vérité »* Fragments sur la vie, le commerce et les arts.

« Je ne redirai jamais assez que la bonne éducation doit être négative. Empêchez les vices de naître, vous aurez assez fait pour la vertu »*  Considérations sur le gouvernement de Pologne

« Il est plus difficile encore de pardonner aux autres le mal qu’on leur a fait que celui qu’on en a reçu » Fragments et notes sur l’abbé de Saint-Pierre, Fragment 13

 « Monseigneur, je suis chrétien, et sincèrement chrétien, selon la doctrine de l'Évangile. Je suis chrétien, non comme un disciple des prêtres, mais comme un disciple de Jésus-Christ. » Lettre à Christophe de Beaumont

                                                           

29 juin 2012

Jean-Jacques Rousseau au Festival de la correspondance de Grignan

sigle Estivales.jpg A l'agenda d'une semaine consacrée à Jean-Jacques Rousseau, il nous faut, bien évidemment, vous toucher quelques mots du Festival de Grignan...

Invité d'honneur des spectacles du premier soir: Rousseau, l'ennemi de la correspondance (Jacques Bonnaffe et Jean-François Peyret - 19 h à la Collégiale)  et Rousseau/Voltaire, le combat du siècle (Adaptation de Gérard Stehr- Mise en lecture de Didier Long, avec Michel Vuillermoz et Laurent Stocker - 22 h à la Collégiale), Jean-Jacques Rousseau sera le sujet d'un "Portrait d'après sa correspondance", tracé par Raymond Trousson, Professeur émérite de l'Université Libre de Bruxelles, spécialiste incontesté du XVIIIe siècle (jeudi 5 juillet à 14h30 - Cour des Adhémar) 

Nous aurons bien sûr l'occasion de revenir sur le sujet.

Réservation des spectacles et informations pratiques : site officiel du Festival de la correspondance  de Grignan: http://grignan-festivalcorrespondance.com

28 juin 2012

Rêveries d'un philosophe solitaire (III) - jour anniversaire

rousseau.jpgEn ce jour anniversaire du tricentenaire de la naissance de Jean-Jacques Rousseau, poursuivons le feuilleton de sa vie, entamé, hier,  sur le blog des Editions de... L'Ermitage.

Un feuilleton largement nourri des lectures d'essais mutliples dont vous trouverez chronique sur ce blog et l'article de Wikipedia, inspiré de son biographe, Raymond Trousson.

Un Ermitage (Montmorency -près de Paris) donc, que le célèbre penseur, pédagogue, politicien,  philosophe, musicien (contrarié)... indépendant foncier, a dû abandonner, parce qu'il s'est querellé avec sa propriétaire, Madame d'Epinay.

Nous voici  au seuil, au pavillon... de l'année 1758. Les amis de Rousseau, Mme d'Epinay,  Diderot, Grimm, ...ont déserté son ombrageuse compagnie. Il ne l'a pas vraiment volé. Il décide donc de s'isoler  -toujours à Montmorency où il loue le Mont-Louis-  en profite pour fustiger la mauvaise influence du théâtre publiant une Lettre à d'Alembert (ce qui est passablement gonflé pour le dramaturge qu'il est ), se mettre Voltaire et ses anciens amis, une fois de plus à dos , et s'adonner, perclus d'orgueil et de calcul rénal, à une activité littéraire intense. Cette dernière débouche, en 1761 et 1762 - voici juste 250 ans - sur la publication de deux essais majeurs Emille ou l'éducation (traité de pédagogie, assorti de considérations religieuses qui lui valent le courroux tant des l'Eglise romaine que protestante), Le Contrat social (traité de politique que s'arracheront les Révolutionnaires) et un roman épistolaire qui fait grand bruit, Julie ou la nouvelle Héloïse . Nous reviendrons longuement sur ce dernier, c'est promis.

Condamnés de part et d'autre, ses essais lui valent un exil à Neuchâtel puis en Angleterre  ... et le début de la rédaction des Confessions, dans lesquelles il entend s'exprimer clairement. Il  revient en France, incognito - sous un nom d'emprunt - puis à Paris, franco, réalisant qu'il ne serait plus inquiété tant qu'il ne publierait plus d'essai. Dans le même temps, il entame la rédaction de Rousseau, juge de Jean-Jacques, avant que de se replier sur des Lettres sur la botanique et les célèbres Rêveries du promeneur solitaire, toutes oeuvres de publication posthume.

Il meurt inopinément (AVC ?)  le 2 juillet 1778, dans le...pavillon - décidément -  d'Ermenonville, prêté par le marquis de Girardin.  Les Révolutionnaires le pleureront qui feront transférer ses cendres au Panthéon, en face de son vieil et farouche ennemi... François -Marie Arouet, alias Voltaire. Il est de ces ironies de l'Histoire...

AE

Après l'agenda de demain, vendredi, consacré aux spectacles de Grignan dédiés au philosophe, nous reviendrons, samedi, sur quelques grandes lignes de sa pensée, au départ de Mots, propos et aphorismes, extraits de l'excellent ouvrage, Jean-Jacques Rousseau,en verve (  Grégoire Prat - Ed Horay 2012)

27 juin 2012

Rêveries d'un philosophe solitaire (II)

Un blog qui porte nom d'Ermitage* a quelque obligation envers Jean-Jacques Rousseau,  célèbre écrivain, penseur,  précurseur du romantisme,  de la Révolution française  et d'une pédagogie..révolutionnaire pour l'époque.

Né à Genève le 28 juin 1712, le père de La Nouvelle Héloïse (1761) fête ses trois cents étés demain , son fabuleux roman épistolaire, ses 250 + 1 .. printemps.

Cinq jours de liesse célèbrent donc, en votre blog préféré, ces magnifiques événements.

Largement inspiré de la biographie que  lui consacre Raymond Trousson (Professeur émérite de l'Université Libre de Bruxelles, spécialiste du XVIIIe siècle et spécialement des vies et oeuvres de Diderot, Voltaire et Jean-Jacques Rousseau)  l'article de Wikipédia est très bien fait. Je vous invite à le consulter.

Et vous propose, en deux épisodes, le feuilleton, résumé d'une vie bien remplie:

Issu d'une lignée d'horlogers genevois (l'aïeul patriarche, Didier Rousseau a fui la France et ses persécutions religieuses pour s'établir à Genève en 1549), Jean-Jacques perd sa maman, quelques jours après sa naissance, des suites d'une fièvre puerpérale. Il en conçoit une culpabilité qui ne le quitte, sa vie durant. Son père, Isaac ne s'en occupe guère, qui le confie à un oncle. Placé en apprentissage chez un graveur de chambre brutal et tyrannique,  Abel Ducommun,  le jeune Jean-Jacques fuit l'atelier pour entreprendre cette vie d'errance, d'indépendance forcenée et d'instabilité, qui sera son destin.

Recueilli par la baronne Françoise-Louise de Warens,  une Vaudoise, de 13 ans son aînée, Jean-Jacques (16 ans) se convertit au catholicisme  (Turin) et s'initie à la musique, encouragé  par cette "Maman" dont il devient aussi l'amant. Après quelques allers et retour à Chambéry où vit Mme de Warens et deux expériences de "ménage à trois", JJ prend son envol (1740)  et se fait engager comme précepteur à Lyon, avant que de tenter sa chance à Paris.

1742, année de ses trente ans - il propose à l'Académie des Sciences (Paris) de réformer la notation musicale par un système chiffré. Celle-ci le lui refuse sous prétexte que son système n'est ni neuf, ni efficace. JJR le peaufine et le publie à ses frais (1743) sous le titre Dissertation sur la musique moderne.  Si la postérité n'a guère retenu cet aspect de l'oeuvre de Jean-Jacques Rousseau, il n'en demeure pas moins, que la musique était vraie vocation, bien que passablement contrariée . Il aura le grand tort de clamer à l'envi la supériorité de la musique italienne sur la française, alors qu'il ne compose lui-même que de cette dernière (entamant de la sorte la fameuse Querelle des Bouffons) Durant les périodes de vaches maigres, il gagne sa vie, en recopiant des partitions.

Après une année passée à Venise (juillet 1743- octobre 1744) comme secrétaire de l'ambassadeur, Jean-Jacques revient à Paris, s'éprend d'une lingère - Marie-Thérèse Levasseur, qui lui donnera 5 enfants. Le célèbre pédagogue les abandonnera aux "Enfants Trouvés" sous le prétexte de les soustraire à sa belle-famille...Il épouse civilement  Marie-Thérèse en août 1768 (il a 56 ans)

JJ gagne, en ces temps, sa vie de quelques écritures, de prose, poésie ou musique -  refusant au passage la bourse que Louis XV est tout prêt à lui octroyer , après la représentation,  le 18 octobre 1752 , à Fontainebleau, (devant le Roi et la Pompadour) , de l'intermède Le  Devin du Village .. -  se voit confier, en 1749, la rédaction des articles musicaux de l'Encyclopédie  projetée par Diderot,  participe, en 1750 et 1754  à des concours auprès de l'Académie de Dijon, qui lui valent la publication des Discours sur les sciences et les Arts (Premier Discours et ... premier prix)  et du célèbre Discours sur l'origin e et les fondements  de l'inégalité parmi les hommes (dit Second Discours), des réactions passionnelles et la notoriété qui s'ensuit..

Il s'écarte doucement des Encyclopédistes (Diderot et compagnie), ses amis, et se met quelque temps au vert.

C'est dans ce cadre qu'il s'installe, en avril 1756, en  l'Ermitage * , une maison pavillonnaire, sise à l'entrée de la forêt de Montmonrency (près de Paris) .. C'est une amie, Mme d'Epinay qui le met à sa disposition. Il y réside avec Marie-Thérèse, sa compagne, et sa belle-mère... 

Doté d'une (trop) grande sensibilité, volontiers soupçonneux, le philosophe se brouille régulièrement avec son entourage: il se voit congédier de l'Ermitage, en décembre 1757.

Rendez-vous demain pour la suite de notre feuilleton.  

 AE

26 juin 2012

Rêveries d'un philosophe solitaire (I)

L3819.jpgEn ces jours qui célèbrent le tricentenaire de la naissance, le 28 juin 1712, rue de la Boulangerie, e, à Genève, de Jean-Jacques Rousseau, penseur majeur de notre condition humaine, je vous conseille vivement la lecture du Hors Série que Le Point Références de mai-juin,  consacre à la grande et notoire rivalité Voltaire - Rousseau.

« Avec Voltaire, c’est un monde qui finit. Avec Rousseau, c’en est un qui commence. » La formule de Goethe oppose les deux philosophes,  morts quelques mois de distance [ndlr: 1 mois]  en 1778 Voltaire serait homme de  l’Ancien Régime, rompu à l’étiquette et aux usages de la cour, Parisien, maître du mot d'esprit et de la langue classique. Citoyen de Genève la réformée, Rousseau serait uhn républicain, épris de paysages naturels et d'une langue libérée de ses carcans"(Michel Delon)

Brossant des deux hommes des portraits éclairés des plumes de spécialistes, la revue compare  leurs systèmes philosophiques au départ d'extraits  éloquents de leurs oeuvres respectives. Des "clés de lecture" introduisent chaque extrait, le situent  dans l'oeuvre,  le contexte et l'évoution de pensée du philosophe.

"En exaltant la vertu, les sentiment et le "contrat social", le penseur genevois sera l'homme de 1789 et du romantisme, mais la tête de Turc des Lumières"

Précurseur  de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et des lignes de force de la Révolution française Jean-Jacques Rousseau signera un traité de pédagogie, Emile ou de l'éducation, dont l'influence sera d'autant plus décriée que  considérable et , via Les Confessions, 'l'acte de naissance de l'autobiographie", faisant du moi, "le centre absolu du récit" tel que le concevront les romantiques, un siècle plus tard.

AE

Voltaire contre Rousseeau. Deux personnalités, deux projets de société. Les textes fondamentaux , Michel Delon, Jean Marie Goulemot, Philippe Raynaud, Catriona Seth,  Le Point Référecences - Hors Série - mai juin 2012, 130 pp 6,9 €

25 juin 2012

Salle des fêtes

" L'enfer est pavé de bonnes intentions

Certains spectacles de fin d'année ...aussi"

Apolline, Les pensées de fin juin du Lundi

24 juin 2012

L'élégance, art de vivre

theiere-design-eva-solo-1l-rouge-1.jpg9782873867867.jpg" Pour elle, l'élégance n'est pas une question de vanité ou de caprice. Elle estime que c'est la moindre des choses d'être parfaite en toutes circonstances. Qu'elle soit au beau milieu de la brousse, à un colloque scientifique ou dans un bal de cour, Lilian ne s'autorise aucune faute de goût. Elle refuse le laisser-aller et élève l'élégance au rang d'art de vivre."

                                                   Patrick Weber.

Lilian, Une princesse entre ombre et lumière.  Esmeralda de Belgique, Patrick Weber, Portrait – ouvrage cartonné. Ed. Racine, mai 2012, 180 pp, 24,95 €

23 juin 2012

Lilian. Une princesse entre ombre et lumière

9782873867867-0.jpg 

«  Son destin fut scellé le 11 septembre 1941, le jour où elle épousa l’homme de sa vie, mon père. Le sort en était jeté. Ma mère fut qualifiée d’intrigante, d’ambitieuse. On la surnomma l’ « ange noir ». Elle ne parviendrait jamais à apprivoiser la légende, à modifier son image. Bien plus que les épreuves de la vie, les jugements et les mensonges l’avaient meurtrie, l’amenant petit à petit à se forger une carapace. Et pourtant, au-delà de celle-ci, ma mère était animée de générosité, d’humour, d’intelligence, de passion et d’enthousiasme. »  Esmeralda

Voici dix ans, le 7 juin 2002 précisément, Lilian, célèbre Princesse de Réthy, quittait la vie, en ce  domaine d'Argenteuil (Waterloo), indissociablement lié à sa mémoire.

Hommage à une femme de tête, d'élégance et de lumière, une maman animée de principes nobles, une princesse secrète et largement incomprise, l'ouvrage  que publient les éditions Racine est tout simplement magnifique.

Rassemblant ses souvenirs d'enfance, d'adolescente un rien rebelle, une  multitude d'archives familiales et de photos superbes et inédites, la Princesse Esmeralda, fille cadette de la Princesse et du Roi Léopold III, s'est assuré  la collaboration rédactionnelle de Patrick Weber, historien, journaliste, spécialiste renommé des têtes couronnées.

Ce dernier brosse de Lilian Baels, un portrait  vivant, vrai, plein de tact qui lève quelques parts d'ombre sur des traits d'une personnalité à qui ne furent pardonnés ni éclat, ni beauté, moins encore son mariage d'amour avec Léopold III,  aux temps sinistres de la Captivité.

De là à brosser d'elle l'image d'une marâtre, noire réplique d'une angélique et défunte  Reine Astrid,  il n'y avait qu'un pas, que la rumeur populaire, aigrie par des années de guerre,  largement relaya...On la dit gouvernante des enfants royaux. Faux. Intrigante, arriviste... Faux. Elle était simplement amoureuse. D'un amour jamais démenti. Le souverain le lui rendit bien qui partagea la flamme sportive - La Princesse excellait dans la pratique du golf- le goût pour  la nature, les voyages, les belles voitures, les rencontres vraies, l'harmonie familiale... de son épouse, cavalière, skieuse, ...fumeuse, passionnée d'Autriche, de chasse et de cerfs.

Icône d'élégance, servie par une ligne et un physique de star, cette princesse fascinante et attentive fut  proche des ses beaux-enfants, jusqu'à la rupture, avec Laeken ...,en 1960.

Trop discrète - elle aurait dû faire meilleure confiance aux atouts de la communication - Lilian de Belgique s'investit massivement dans le domaine de la cardiologie, prêtant soutien et domaine d'Argenteuil à des colloques, conférences, rencontres scientifiques de tous niveaux. La lourde opération cardiaque que subit  en 1957, son fils,  le regretté Prince Alexandre de Belgique a évidemment été l'élément déclencheur de son action.

Cadette d'une fratrie recomposée, la Princesse Esmeralda est  celle qui a le mieux connu ses parents, privilège d'une époque qui octroya plus de temps aux activités familiales.

Un portrait ..royal, assorti d'une galerie de photos fabuleuses.

Un vrai et bel hommage.

Apolline Elter

Lilian, Une princesse entre ombre et lumière.  Esmeralda de Belgique, Patrick Weber, Portrait – ouvrage cartonné. Ed. Racine, mai 2012, 180 pp, 24,95 €

Billet de faveur

AE, Madame, certaines photos révèlent une ressemblance physique patente avec votre Maman, rendue encore plus flagrante par la multiplication des clichés. En étiez-vous totalement consciente, avant ce travail de sélection? 

S.A.R . La Princesse Esmeralda : Je dois vous avouer que je l’ai souvent entendu dire et lorsque j’étais adolescente, cela me gênait plutôt. Par la suite,j’ai compris que c’était un compliment ! Aujourd’hui, mes enfants, en regardant les photos, s’amusent à relever ces ressemblances familiales.

 AE : Dans son bel ouvrage, Lettres d’amour en héritage, l’écrivain belge (et psychanalyste) Lydia Flem s’interroge longuement sur la responsabilité qui échoit au dépositaire d’une correspondance amoureuse. Peut-on ou non en publier des extraits au seul motif de lui rendre vie ? Les quelques bribes de lettres, tracées des belles écritures de vos parents,  publiées dans ce livre, attisent notre intérêt.  Songeriez-vous, à en publier davantage, au nom de la vérité historique ?

S.A.R . La Princesse Esmeralda : C’est exact, c’est une responsabilité importante. J’ai à cœur la vérité historique mais je ressens également de la pudeur et de la réserve en lisant les lettres intimes que mes parents se sont adressées et qui font partie de leur domaine secret. 

AE: Patrick Weber, au terme de ce bel ouvrage, avez-vous le sentiment d’avoir fait œuvre de justice ? Restauré dans sa dignité l’image d’une grande dame, méconnue, incomprise ?

Patrick Weber : Cela serait présomptueux. J’espère seulement que ce livre offrira un portrait différent de la princesse Lilian. Une femme au tempérament volontaire mais aussi une femme généreuse, drôle et surtout, amoureuse. Elle a choisi le silence face aux attaques. D’une certaine manière, nous avons répondu à certaines rumeurs infondées et trop longtemps colportées.

AE : Si elle présente un avantage indéniable de collecte des sources, la collaboration rédactionnelle avec la famille d’un personnage historique peut aussi de grever d’obstacles affectifs, de censure latente. Comment s’est passé votre travail de ce point de vue ? 

Patrick Weber : Nous ne voulions pas écrire une biographie. Il s’agit d’un portrait et pas n’importe lequel… Un portrait vu à travers les yeux de la fille de la princesse. Personnellement, j’assume tout à fait l’aspect affectif d’une telle entreprise. Pour autant, j’ai eu la plus entière liberté par rapport aux questions posées.

AE : Aviez-vous rencontré la Princesse de Réthy ?

Patrick Weber : Non… mais d’une certaine manière, j’étais heureux d’être dans la situation du Candide pour aborder ce travail. J’étais l’égal de tous ceux qui avaient une certaine image de la princesse de Réthy sans l’avoir jamais rencontrée. Et ma perception a beaucoup évolué au fil de l’écriture et des entretiens avec la princesse.

 

22 juin 2012

Jeux d'encres

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La perspective des vacances et une météo ...de rentrée scolaire nous font prendre agenda pour les rendez-vous de septembre...

J'ai le plaisir de relayer celui  de "Jeux d'encres ", cycle d'ateliers callligraphiques, animés par Véronique Denoël, dans le cadre enchanteur et somptueux d'un espace entièrement dévolu à la créativité.  Je vous les recommande.

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"Dès septembre 2012,

 Je vous accueille.

Les nouvelles dates des cycles d’ateliers de calligraphie latine

 sont programmées de septembre à janvier 2013.

Ces cours sont accessibles à tous,

 chacun évoluant à son rythme.

 Je vous propose de découvrir ou approfondir un choix d’écritures  telles que :

Les capitales romaines, la rustica, la quadrata, l’onciale, la caroline et ses dérivés,

des gothiques, la chancelière, l’anglaise,

des écritures plus contemporaines et fantaisistes…

 

Toutes ces écritures peuvent être travaillées en atelier

 pour la réalisation de projets personnels

incluant d’autres techniques d’ornementation :

 utilisation de cachets, pochoirs, travail de la mise en page, des fonds de couleur, etc.

esperluettes.JPG 

L’étude de la calligraphie peut mener à un usage quotidien

tel que la réalisation de jolies enveloppes, cartes, étiquettes, invitations, noms de table, menus, faire-part, vœux, pages de scrapbooking, etc.

Ou bien à la réalisation de toiles, tableaux…

 

Il n’est pas indispensable de s’exercer à la maison mais cela permet d’évoluer plus vite.

Le travail peut être réalisé avec une multitude d’outils différents… pour des effets différents…

et dans des couleurs aux multiples déclinaisons,

 selon votre choix.

  Informations et inscriptions: www.jeuxdencres.be

21 juin 2012

Chevalier de l'ordre du mérite

Quatrième roman de l'actrice, écrivain, metteur en scène, Sylvie Testud, Chevalier de l'ordre du mérite (Fayard, janvier 2011) url.jpgvient de paraître en Livre de poche; il participe à la sélection 2012 du Prix des lecteurs du Livre de Poche, auquel nous participons également..(côté jury, vous l'aurez compris)..

" J'ai besoin de tout gérer, tout ordonner, tout le temps. J'interromps toute discussion de manière intempestive dès lors que j'aperçois une chaussettte d'Adrien sous la table, ne reprends le cours de la conversation qu'une fois le tout à sa place."

Promue Directrice de la communication dans une société d'assurances pour animaux domestiques, Sybille se transforme en tyranne, tout aussi domestique sitôt qu'elle franchit le seuil de son appartement. Au point d'en exaspérer son compagnon, Adrien, et de devoir se résoudre - le salut de son couple est en jeu - à trouver une fée du logis.

Les candidates au poste défilent, plus inadéquates les unes que les autres, jusqu'à l'arrivée de Fao - Faotina Risenassa- , perle  brillante, scintillante, dotée d'un prestigieux palmarès: " A trente-deux ans, cette femme a nettoyé la moitié de l'Asie, des Emirats, et maintenant de l'Europe."

L'aubaine de cet engagement va-t-elle sauver Sybille de sa névrose ménagère?

Pas forcément...

Maniant humour, auto-dérision et une syntaxe personnelle de grands coups de balais bien rythmés, Sylvie Testud nous fait passer un vrai bon moment.

Une lecture pochée recommandée en ce premier jour de l'été.

Apolline Elter

Chevalier de l'ordre du mérite, Sylvie Testud, roman, Fayard, 2011, Le Livre de Poche, mai 2012, 272 pp.

Merci à vous, Violaine Muûls

Curieux hasard de la programmation de notre blog qui de "Chevalier de l'ordre du mérite" (voir billet ci-dessus) nous impose la rédaction d'une lettre ouverte, à chaud, pour vous féliciter, Violaine, pour ces trois décennies passées à la tête  de l'Evénement, votre enfant. 

Vous venez d'être remerciée, de façon cavalière.

Je vous remercie de façon très sincère.

Loyauté, élégance, exigence... sont les maîtres-mots d'une ardeur jamais démentie.

Une leçon de vie.

Merci, Violaine

Apolline Elter

 

20 juin 2012

Quelques promesses de la rentrée littéraire

Visitlivres-20pile1.jpgeurs très chers

L'été n'a pas entamé sa carrière

Qu'il faut songer rentrée littéraire...

Voici donc,  en avant-première

Le programme de quelques parutions

Qui enchanteront, nous l'espérons,

Les réunions.... du Pavillon

-  En guise d'apéritif (par ordre alphabétique des noms d'auteurs)

- Les Lisières (Olivier Adam - Flammarion)

-La banlieue quand elle ne brûle pas (Florence Aubenas - L'Olivier)

- Rien ne se passe comme prévu (Laurent Binet - 2e roman- Grasset)

- La véritable vie amoureuse de mes amis en ce moment précis (Francis Dannemark- Robert Laffont)

- Citoyen Park, Charly Delawrt (Le Seuil)

- Je vais passer pour un vieux con (Philippe Delerm - Le Seuil)

- La vie rêvée d'Ernesto G. (Jean-Michel Guenessia - 2e roman - Albin Michel)

- Géographie de la bêtise, Max Monnehay - 2e roman - Le Seuil)

-  Le meilleur des jours (Yassamam Montazimi - Sabine Wespieser)

- Barble bleue (Amélie Nothomb - Albin Michel)

- Nous étions faits pour être heureux (Véronique Olmi - Albin Michel)

- Le Bonheur des Belges (Patrick Roegiers - Grasset)

- La réparation (Colombe Schneck- Grasset)

- Le lien suivi de Monsieur Pipi (Amanda Stehrs - Flammarion)

 Mettons que pour une première mise-en-bouche, cela devrait rassasier vos soifs de découvertes...

Apolline Elter

 

19 juin 2012

Billet d'absence

Estimés visiteurs,

Quelque internaute attentif m'a contactée, inquiet: il n'y avait, ce matin, le billet  qui chaque jour vous désaltère à la source de la littérature.

Suis-je malade? Non pas. Débordée? Non plus. Quoique. Distraite? Eventuellement.

Je passai, en effet, hier, la journée,  aux côtés de Jean-Jacques (Rousseau)  - pour ne rien vous cacher, une partie de la nuit aussi  - préparant ces rendez-vous festifs que vous attendez avec une impatience consommée et  qui célèbreront, la semaine prochaine, le tricentenaire de la naissance d'un philosophe majeur de notre destin occidental

Et j'oubliai, rêveuse, chroniqueuse, solitaire, .. notre rendez-vous du jour....

A demain,

J'espère

Apolline Elter

18 juin 2012

Observation graphologique

sevigne2.jpg" Je voudrais bien savoir comment je ferais si votre écriture ressemblait à celle de d'Hacqueville. La force de l'amitié me la déchiffrerait-elle? en vérité, je ne le crois quasi pas.

On conte pourtant des histoires là-dessus, mais enfin, j'aime fort d'Hacqueville, et cependant je ne puis m'accoutumer à son écriture. Je ne vois goutte dans ce qu'il me mande; <il me semble qu'il parle dans un pot cassé.> Je tiraille, je devine, je dis un mot pour un autre, et puis, quand le sens m'échappe, je me mets en colère et je jette tout. Je vous dis tout ceci en secret. Je ne voudrais pas qu'il sût les peines qu'il me donne; il croit que son écriture est moulée. Mais vous qui parlez, mandez-moi comment vous vous en accommodez."

Lettre à Madame de Grignan, Aux Rochers, dimanche 5 juillet 1671

in Madame de Sévigné, Correspondance, Texte établi, présenté et annoté par Roger Duchêne, Gallimard, La Pléiade I (mars 1646- juillet 1675)

17 juin 2012

L'infusion de la fête des pères

theiere-design-eva-solo-1l-rouge-1.jpgEst-il meilleure infusion en ce High tea dédié à la fête des pères - et aux ...Législatives... que ce portrait d'Henry Lerolle, extrait des Deux soeurs (Dominique Bona), ouvrage à l'honneur de notre blog, ce week-end:

" Henry Lerolle est un homme pacifique. Conciliant et doux, il aime que règne autour de lui une bonne entente. Aussi fait-il en sorte que chacun soit heureux, sa femme, ses enfants et ses amis entre eux. Profondément catholique, ponctuel à la messe et confiant dans le Seigneur, il garde une entière sérénité dans une époque plus que tumultueuse, où les querelles les plus violentes harcèlent les familles. Il répond avec une égale courtoisie aux commandes de l'Etat comme à celle de l'archevêché, et peint avec la même flamme ses sujets religieux ou ceux qu'inspire une haute morale laïque. Ses toiles décorent aussi bien les églises que les monuments publics."

Deux soeurs. Yvonne et Christine Rouart. Les muses de l'Impressionisme, Dominique Bona, biographie, Ed. Grasset, avril 2012, 394 pp - Billet de ferveur sur ce blog.