31 mars 2012

Et puis Paulette

paulette.jpg Y avait Fer(di)nand, Y a Marceline, Y avait Hortense , Guy et Simone, Y avait Muriel,  Kim , les Lulus...et puis Paulette...

Pris dans l'engrenage d'une humanité généreuse, Ferdinand voit peu à peu sa ferme se (re) peupler d'une série improbable de prochains: il y a d'abord Marceline, la voisine, qu'il propose d'héberger le temps que sa maison soit réparée, il y a les soeurs Lumière, Hortense et Simone, ravies de partager un quotidien devenu terne avec l'éclatante jeunesse de Muriel, l'infirmière et de Kim, le dernier pensionnaire. Sans oublier Guy, le vieil ami devenu veuf, les "Lulus", ses petit-fils ..et puis Paulette.

Tout ce petit monde vit en belle intelligence

Plaisant plaidoyer d'une vie intergénérationnelle  harmonieuse à laquelle notre société paraît aspirer de plus en plus,  le roman de Barbara Constantine revêt un savoureux petit air d" 'Ensemble c'est tout"

Ce n'est pas nous qui nous en plaindrons.

AE

Et puis Paulette, Barbara Constantine, roman, Calmann-Lévy, janvier 2012, 314 pp, 15,5 €

 

30 mars 2012

Parures d'isabelle de Borchgrave

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A l'agenda de vacances qui se profilent, ensoleillées, je me fais un plaisir de relayer le présent communiqué de presse

parures2(1).jpgL'ouverture officielle de l'Atelier Isabelle de Borchgrave a eu lieu, ce mercredi 28 mars, lançant le début de l'exposition Parures qui présente son propre travail, du 30 mars au 14 mai. (copyright photo: Isabelle de Borchgrave)

Isabelle de Borchgrave s'installe aujourd'hui dans un bâtiment industriel bruxellois totalement réaménagé. Ce nouvel espace de travail et d'exposition a été pensé autour de trois axes fondamentaux pour l'artiste belge : la lumière, l'espace et la couleur. Isabelle de Borchgrave aime extraire ses oeuvres de son atelier et les plonger dans un autre décor afin de mieux les observer et les comprendre. Ce lieu conçu sur mesure abrite ainsi non seulement sa « factory » comme elle aime l'appeler, mais également une galerie lui permettant à la fois de présenter ses propres créations mais aussi d'inviter les artistes qui lui sont chers à venir raconter leur histoire. L'Atelier Isabelle de Borchgrave, épuré et lumineux, décrit par elle-même comme une sorte de grande feuille blanche accueille ainsi tout naturellement les oeuvres exposées.

 

L'exposition Parures d'Isabelle de Borchgrave, présentée du 30 mars au 14 mai, est tournée autour de la parure et de la couleur qu'elle fait ressortir mais aussi autour de l'histoire, du paysage et de la musique de chacune d'elle. « Depuis la nuit des temps, femmes et hommes ont éprouvé le besoin de se parer. Que ce soit pour dominer, pour séduire ou pour étonner, parfois en frôlant le danger de la copie. Les bijoux parlent par eux-mêmes. Agrandis, ils deviennent des paysages, des amoncellements, des couleurs qui s'expriment par leur seule présence. » (Isabelle de Borchgrave).

L'artiste peintre Isabelle de Borchgrave s'est fait un nom dans le monde de l'art par son approche de la couleur, du trompe l'oeil et de la synthèse. L'attrait du voyage lui fera découvrir de nombreuses cultures différentes et regarder le monde d'un oeil nouveau en ne s'éloignant jamais de la peinture. En 1994, après la visite d'une rétrospective sur le travail d'Yves Saint-Laurent au Metropolitan Museum de New York, Isabelle de Borchgrave imagine ses premiers costumes en papier. Elle élabore quatre grandes collections, toutes de papier et de trompe l'oeil, qui mettent en scène un univers à chaque fois très différent. En 2011, le Legion of Honor (Fine Arts Museums of San Francisco) a consacré une grande rétrospective sur son travail. Aujourd'hui, Isabelle de Borchgrave travaille sur une toute nouvelle collection de costumes en papier qui verra le jour en automne 2014, La Route de la Soie. Le nom d'Isabelle de Borchgrave est également étroitement lié au monde du design.

 

« Mon nouvel atelier me pousse à réaliser des oeuvres toujours plus grandes . C'est donc tout naturellement que je me suis tournée vers la sculpture en bronze après avoir fait de la sculpture de papier pendant 15 années. » (Isabelle de Borchgrave) Inaugurant ce nouvel espace à Bruxelles, l'exposition Parures d'Isabelle de Borchgrave présentera ainsi des peintures, des 'plissés' de papier ainsi que des sculptures en bronze. 

Informations pratiques

 Parures

Exposition | Tentoonstelling

du 30 mars au 14 mai | van 30 maart tot 14 mei 2012

du mardi au dimanche de 11h à 18h | van dinsdag tot zondag van 11u tot 18u

Atelier Isabelle de Borchgrave

Chaussée de Vleurgat 73 A - 1050 Bruxelles | Vleurgatsesteenweg 73 A - 1050 Brussel

www.isabelledeborchgrave.com

29 mars 2012

Une vie sans gluten

une_vie_sans_gluten_01.jpg" Malgré le chemin parcouru, je redoute toujours d'être invitée à dîner chez des amis. Si la bêtise de certains invités me surprend, c'est la méchanceté gratuite qui m'ébahit le plus. Peut-être qu'elle laisse entrevoir certains aspects de la nature humaine que je préférerais ne pas voir."

Radioscopie de la maladie coeliaque, caractérisée par une intolérance vitale au gluten, le témoignage de Delphine de Turckheim offre aux malades qui en sont porteurs - 1 personne sur 250 serait atteinte de la maladie sans le savoir nécessairement - mais aussi à leur entourage, les pistes  utiles à sa compréhension.

Si Delphine de Turckheim doit à une famille aimante et attentive, ainsi qu'à un pédiatre perspicace et obstiné de pouvoir mener aujourd'hui une vie normale et heureuse, elle n'oublie pas le parcours du combattant qui l'attendait au berceau. Séjours à l'hôpital, incompréhension de médecins, jugements expéditifs sur une sélectivité alimentaire qualifiée de caprice, développement d'une dermatite sans doute liée à une réalité "dure à avaler"  ont jalonné une jeunesse dont elle partage l'expérience avec simplicité et générosité. Recettes, conseils pratiques, liste des aliments à éviter..concluent un ouvrage, en tout point intéressant, fondamentalement optimiste.

Mannequin, animatrice - TV, Delphine de Turckheim est aussi marraine de l'AFDIAG - Association française des intolérants au gluten.

AE

Une vie sans gluten, Delphine de Turckheim, témoignage, Ed. Tchou, coll." Le corps à vivre", mars 2012, 140 pp

 

28 mars 2012

Quatrième de couverture

Ce joli mois finissant nous invite à soumettre à votre appétit, vacances de printemps aidant, quelques menus de lecture, basés sur les communiqués de presse que j'ai reçus.

drogues_store_01.jpg« Un monde sans drogue n'existe pas. » Ce dictionnaire rock, historique et politique dresse un tableau complet de la planète drogues.
Qui sait que la noix de muscade est un hallucinogène puissant ? Que les services secrets américains ont trempé dans le deal d'héroïne pour financer leur guerre secrète au Vietnam ? Que Steve Jobs fut un grand amateur de pétards et d'acide ? Que l'État français a vendu de l'opium dans ses colonies pendant des décennies ? Que certains Indiens se shootent à la morsure de serpent ? Cannabis, alcool, cocaïne, caféine, tranquillisants... les drogues font partie de notre quotidien, qu'il s'agisse de nous divertir, de nous abrutir ou de nous guérir. Pourtant, notre connaissance en la matière est proche du néant. La drogue reste un tabou et le silence qui entoure sa consommation encourage clichés et préjugés. Qu'est-ce qu'une drogue ? Qu'est-ce qui différencie une drogue illicite d'une drogue licite ? Pourquoi se drogue-t-on ? Autant de questions auxquelles s'attaque sans angélisme ni catastrophisme ce dictionnaire à la fois drôle et érudit, mêlant petites et grandes histoires.
De A comme Abstinence à Z comme Zoo, en passant par Boeing d'Air Cocaïne, Guerres de l'opium, Salles de shoot ou Poppers ou, plus surprenant, Urine, Cucaracha, Herbe du pendu, Mitterrand, Deux feuilles, Café, Pécho... ce dictionnaire rock, historique et politique dresse un tableau complet de la planète drogues, aussi bien sous son aspect historique que scientifique, politique ou philosophique.
Après quarante ans d'une guerre mondiale à la drogue qui n'a empêché ni l'envol de la consommation ni la prospérité des mafias, des questions se posent au plus haut niveau. Faut-il considérer les consommateurs de drogues illicites comme des délinquants ? Les enfermer ? Ou les traiter comme des malades que la société doit protéger d'eux-mêmes ?
Partout dans le monde, le débat fait rage, dépassant les clivages politiques traditionnels."

Drogues Store, Arnaud Aubron, essai, Editions Don Quichotte, mars 2012, 400 pp, 19,9 €

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La collection Vendredi noir s'en v,  grandissante, avec

Givre noir, Pierre Pelot,polar, Editions La Branche, mars 2012, 184 pp, 15 €

L'argument: givre_noir_01.jpg

"Mado aime Dustin, qui aime Nell, que chérit Stany. Mais Mado n'est pas du genre à se laisser faire.
Même à 23h, la chaleur n'en finit pas de faire bouillir les cerveaux. On pourrait croire que tout commence ce soir-là, ce vendredi 13 caniculaire où Mado ramène Dustin à la maison, un jeune type à l'air franchement voyou. On pourrait croire aussi que Mado a un sérieux béguin pour Dustin, tant elle le protège des piques de Stany, son mari.
Mais il y a Nell, la renversante Nell, la nièce de Mado et Stany. C'est elle qui comprend la première que quelque chose cloche. Que Dustin n'est pas celui qu'on prétend. Que sa chère tante Mado a concocté une danse savante et macabre pour le quatuor en ébullition. Et que Stany pourrait bien y rester, comme feu le premier mari de Mado... Nell n'a qu'à tirer sur le fil pour que la vérité se déroule. Impitoyable et cynique."

 

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Et , en cette extrême fin de mois:

le_chien_de_don_quichotte_01.jpgLe chien de Don Quichotte, Pia Petersen, polar, 29 mars 2012, 222 pp, 15 €

L'argument: "Hugo est porte-flingue. Mais Hugo veut faire le bien... quelle galère !
La lecture d'un livre a bouleversé la vie d'Hugo, ainsi que le chiot qu'il a récupéré lors de sa dernière mission. Sa décision est prise, il ne veut plus tuer, il veut faire le bien. Mais comment s'y prendre quand on est chef de la sécurité d'une multinationale et porte-flingue de son patron ?
Perdre cette sale habitude de dézinguer à tout-va n'est en effet pas simple depuis que le patron d'Hugo a déclaré la guerre à un groupuscule de hackers militants qui se fait appeler « Vendredi 13 » et qui a la fâcheuse manie de siphonner ses comptes en ligne..."


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Ce mercredi 28 mars signe la parution conjointe, auprès des Editions Horay de quatre recueils, farcis de perles, pétries de verve, dont nous ferons la chronique, au feuilleton de la semaine prochaine..

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27 mars 2012

Les veilleurs de chagrin

418LPARErPL._SL500_AA300_.jpg" A présent, je me découvre comme un palimpseste. A la façon des moines du Moyen Age, nos parents nous ont inscrit d'autres textes sur un parchemin recouvert d'un récit bien plus ancien. Notre histoire commune est là, mais dessous, dans l'épaisseur du support, un message antérieur existe toujours, nous n'en savions rien mais il palpite comme un coeur dans un corps."

Tandis que sa mère est internée dans une maison de soin médicalisée, la narratrice rejoint une mission d'anthropologues, au Kosovo, chargés d'exhumer de nombreux  corps des charniers et de déterminer les circonstances de leur décès. Un travail de reconstitution qui lui permet de reconstruire sa propre vie, allégée des strates qui lui furent néfastes.

" J'ai creusé avec ma pioche, ma truelle, ma souffrance, ma peur, pour dégager cette forme indéterminée qui m'enferme; je l'ai déchirée au scalpel. J'ai mal à moi, à eux, j'ai mal, mais ma bouche tremble du désir de vivre."

Entrecoupé de séances d'analyse, nourri d'une réflexion profonde sur le sens de la vie,  du déclin mental, de la mort et des "deuils blancs " qu'il faut opérer,   le deuxième roman de Nicole Roland (Kosaburo 1945 - Actes Sud, 2011 - Prix Première 2011), inscrit  douleur et  douceur au coeur d'une écriture belle et confirmée.

AE

Les veilleurs de chagrin, Nicole Roland, roman, Actes Sud, janvier 2012, 232 pp, 18,9 €

26 mars 2012

Etre et ne pas être

" La spiritualité sera une vraie valeur quand elle ne concevra qu'êtres... hilarants"

Apolline, Les pensées spirituelles du lundi

 

25 mars 2012

Une collection très particulière

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"Urgences de Gould: Autre scène vue: Gould dans un dîner se tortille sur sa chaise en serrant les mâchoires visiblement mal à l'aise; à la maîtresse de maison qui lui propose discrètement de le conduite à la salle de bains, il répond en chuchotant: "N'auriez-vous pas plutôt une chambre, un crayon et une feuille blanche?  Un poème me vient que je ne retiendrai pas très longtemps." théière high tea.jpg  

Une collection très particulière, Bernard Quiriny, nouvelles, Seuil, mars 2012, 190 pp, 17 €

24 mars 2012

Une collection très particulière

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"Oui, je le dis: combiner du Laspallières, c'est être un écrivain. C'est dans cet esprit qu'il a conçu son oeuvre: comme une bibliothèque ouverte où les hommes de bonne volonté peuvent puiser pour écrire, dès lors qu'ils ont du courage, du caractère et un peu de talent."

 Retrouvant son cher Pierre Gould - le héros récurrent des Contes carnivores - le narrateur est invité à découvrir les sections de son étrange bibliothèque: les ouvrages écrits par des amnésiques côtoient ceux qui tuent le lecteur, le font mourir d'ennui,  lui insufflent de l'énergie, exigent un dress code, se prêtent, en vraies gigognes à une infinité de lectures et ceux qui se sont vus renier par leurs auteurs, ou dont le contenu s'évapore, faute d'être consulté.

 Nouvelles, fables, allégorie de l'écriture,  les chapitres consacrés à la littérature et son absurdité jubilatoire sont coupés des récits de découvertes de villes imaginaires - ville-miroir, ville soporifique, hypermnésique... - et de travers de société pour le moins déconcertants: échangisme...d'identité, multiplication de celles-ci, rajeunissements intempestifs, ....

 Renouant avec la veine drôlissime des "Contes carnivores" (Le Seuil 2008 - Prix Rossel) et celle d'un Petit Prince, en voyage en Absurdie,  l'écrivain belge  - il enseigne le Droit à Dijon - mène à son comble, avec une rigueur cartésienne,  la logique de raisonnements loufoques.

 Quiriny rime avec… génie.

 Apolline Elter

 Une collection très particulière, Bernard Quiriny, nouvelles, 186 pp, 17 €

 

Prolongation de lecture:

 AE, Bernard Quiriny, la visite de la bibliothèque de Pierre Gould dévoile une série important e de pistes de romans. C’est le côté « gigogne » d’Une collection très particulière ? 

Bernard Quiriny : D’une certaine manière, oui : ce livre possède un côté « malle aux trésors », ainsi qu’un côté Rubik’s Cube. Mais je crois que les faux romans inventoriés par Gould sont destinés à demeurer à l’état imaginaire. A moins qu’un auteur désoeuvré ne veuille les écrire…

AE :  Enrique Vila –Matas avait signé la préface des Contes carnivores. Est-il meilleur hommage que d’évoquer La Lecture assassine,  « un livre qui tue ses lecteurs. »

Bernard Quiriny : Non seulement il m’avait fait l’honneur de préfacer « Contes carnivores », mais il m’a cité dans son « Journal Volubile ». La moindre des choses était de l’inclure à mon tour dans ce livre, comme je l’avais déjà fait dans « L’Angoisse… ». Disons que c’est une sorte de correspondance implicite transportée par livres.

 AE : Un écrivain a-t-il toujours besoin d’un  « caillou dans sa chaussure  pour le faire boiter » ?

Bernard Quiriny : Je n’en suis pas sûr. C’est une théorie de Gould, mais elle ne me convainc qu’à moitié. Personnellement, le moindre caillou dans ma chaussure aurait tendance à me paralyser. Ce qui me permet, pour une fois, de n’être pas d’accord avec lui.

23 mars 2012

Sur les traces de Vincent Van Gogh

 

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Le Musée des lettres et manuscrits de Bruxelles a le plaisir de vous inviter à la conférence « SUR LES TRACES DE VINCENT VAN GOGH », présentée par Monsieur Jean-Christophe HUBERT, historien de l’art et conservateur du Musée, le mercredi 28 mars 2012, à 18h – Galerie du Roi, 1 à Bruxelles.

Le verre de l’amitié sera offert au terme de l’exposé.

Renseignements : 02/514.71.87 – info@mlmb.be

 CONFERENCE « SUR LES TRACES DE VINCENT VAN GOGH »

 Par Jean-Christophe HUBERT

Historien de l’art – Conservateur du Musée des lettres et manuscrits de Bruxelles

 

22 mars 2012

La métamorphose de Sarkozy

9782847243857.jpgBilan pour le moins documenté du quinquennat présidentiel, l'essai de Bruno Dive met en exergue les maladresses et les faux pas qui ont émaillé le mandat sans mettre en doute la sincérité, le courage  et la franchise..impulsive de "l'hyper-président".

Savoureux "zoom" de la cuisine interne du pouvoir, de relations, tensions, formules, bons mots et  anecdotes croustillantes, La métamorphose de Sarkozy, traque les constantes du  caractère - bouillant - de Nicolas Sarkozy en même temps que les révolutions internes que l'expérience lui impose: le mariage avec Carla Bruni l'attire vers une vie plus calme, des soirées retirées à regarder des DVD en leur home-cinéma, la cohabitation avec François Fillon l'amène à enfin conférer un semblant de place à ce dernier tandis que les relations avec  la chancelière allemande Angela Merkel virent au beau fixe, après une incompréhension initiale assez nébuleuse.

"Fillon a découvert que, quand on est loyal, on peut tout dire à Sarkozy explique un conseiller élyséen."

Kafkaïen en son titre, légèrement infantilisant en son portrait du président, l'ouvrage de Bruno Dive dissèque les faits, paroles et gestes d'un personnage attachant et marquant, que les Français se plaisent tellement à critiquer, qu'ils ne pourraient peut-être pas s'en passer.

AE

La métamorphose de Sarkozy, Bruno Dive, essai, Editions Jacob-Duvernet, janvier 2012, 262 pp, 18,9 e

21 mars 2012

Conan Doyle contre Sherlock Holmes

9782354170998FS.jpg" Tout va très bien. J'en suis au milieu de la dernière histoire de Holmes, après quoi ce gentleman disparaîtra pour ne jamais revenir! Je suis fatigué de son nom et de sa réputation!"

Contrairement à ce qu'affirme Arthur Conan Doyle (1839-1930) dans une lettre à sa mère,  datée du 6 avril 1693, on ne se débarrasse pas si aisément d'un héros aussi encombrant, que Sherlock Holmes ...

Les lecteurs sont là qui ne peuvent souffrir la disparition du célèbre détective. Scotland Yard s'adresse à  Conan Doyle pour résoudre des enquêtes complexes. Ce dernier doit donc se ...résoudre à le ressusciter et répondre d'une identité confondue avec la sienne. A la longue, c'est agaçant, surtout que l'écrivain a écrit nombre ouvrages qu'il voudrait également produire sur le devant de la scène.

Personnage haut en couleurs, médecin, sportif, aventurier, visionnaire, travailleur acharné, passionné d'histoire, défenseur des causes nobles,  l'écrivain eut , lui aussi, une vie des plus remplies. Emmanuel Le Bret nous la trace en tous points, détaillant avec clarté, les relations établies avec les personnages de ses romans, Sherlock H.,  particulièrement.

Avec, en filigranes, le portrait d'une Angleterre victorienne, pétrie de contrastes.

AE

Conan Doyle contre Sherlock Holmes, Emmanuel Le Bret, biographie, Editions du Moment, janvier 2012, 204 pp, 18,8 €

20 mars 2012

Rapaces

rapaces.jpg"Ce 20 mars, ça ne l'arrangeait plus du tout. Son protégé baignait encore dans l'eau glacée d'un étang de la forêt de Rambouillet, et l'on comprenait mieux l'embarras du procureur de la République"

Bien qu'il est avéré que " toute ressemblance avec des personnages existants ou ayant existé n'est  que fortuite. Et regrettable"  le tout frais  thriller politico-médiatique  de Patrick Poivre d'Arvor résonne d'une actualité particulièrement ..intriguante.

Journaliste-vedette du journal télévisé de 20 heures, pour le compte d'une puissante chaîne nationale, Chris Rather est retrouvé, assassiné - ce 20 mars 2012- dans un des étangs de... Hollande (toute allusion à un quelconque candidat à l'élection présidentielle étant fortuit, assurément).

Fait on ne peut plus troublant, "le vainqueur de la révolution de la cravate", est ramené sur la berge, entraîné  par le noeud de cet accessoire (et de l'intrigue...). L'enquête sera des plus délicate à résoudre, qui jette un énorme pavé dans l'étang de la campagne présidentielle.

Assassinat? Suicide (assisté)? le très populaire journaliste venait précisément d'interviewer le président de la République...

Toute ressemblance avec l'actualité politique est décidément à exclure.

Catégoriquement.

AE

Rapaces, Patrick Poivre d'Arvor, roman, Ed. Le Cherche -midi, mars 2012, 306 pp, 17 €

19 mars 2012

Pas l'heure

" Il est des semaines où les blondes pensées sont bien pâles en regard des événements

Et l'on se dit que,  décidément, seule l'Union donne un début de force"

AE

18 mars 2012

Au pays des kangourous et du salon du livre de ...Paris

kangourous_rencontres.1.jpgtheiere-design-eva-solo-1l-rouge-1.jpg"Je suis une chaussure qui attend le pied de Carole Ravine. Toutes mes jumelles m'ont assuré que son pied était fait pour moi. Parfois la vendeuse me sort de ma boîte pour une cliente qui a remarqué mon double en vitrine. Je n'ai pas d'yeux pour  voir, mais un odorat très puissant me dit que la cliente n'est pas celle que j'espère. Je déforme son pied, j'arrive même à la faire trébucher jusqu'à ce que la vendeuse me range à nouveau dans mon lit. Et le jour où Carole Ravine est entré dans notre magasin, elle m'a choisi sans hésiter. Elle a glissé son pied avec élégance et je l'ai accueilli en connaisseuse. Mes jumelles avaient raison. Ce pied-là est fait pour moi."

Au pays des kangourous, Gilles Paris, roman, ed. Don Quichotte, janvier 2012, 250 pp, 18 €

salon_du_livre_de_paris_2012.jpgEn cette heure précise de notre high tea dominical, Gilles Paris dédicace son roman au Salon du Livre de Paris ( Ed. Don Quichotte, N15, de 16h à 17 heures)

 

17 mars 2012

21 rue La Boétie

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"Je suis la petite-fille d'un monsieur qui s'appelait Paul Rosenberg et qui habitait à Paris, au 21 de la rue La Boétie"

L'élément déclencheur de cette enquête minutieuse qu'Anne Sinclair entreprend sur la personne de son grand-père maternel, marchand d'art réputé, exilé à New York, durant la  seconde Guerre est la question d'un employé administratif borné, relative au lieu de naissance de ses quatre grands-parents.

" Il ne s'agit pas là de tracasseries administratives. C'est la réactivation de ce débat malsain sur "l'identité nationale ", qui empoisonne la France. "

Organisant ses recherches à travers les divers lieux de France et de New York où vécut son grand-père, la célèbre journaliste du 7/7 en retrace la carrière et quelques bribes d'une vie privée parfois douloureuse.

Intime de Picasso - pour un temps son voisin au 23 de la rue La Boétie - qu'il fait passer " de la position d'avant-garde à celle de maître de la peinture moderne", Paul Rosenberg exerce une influence déterminante sur les artistes de son temps,  tels Henri Matisse, Georges Braque, Marie Laurencin.., agissant  pour eux comme un mentor plutôt qu'un "simple" passeur d'oeuvres . Il conçoit son métier avec intégrité et panache, subissant de plein fouet le "gigantesque larcin [Ndlr: d'oeuvres d'art] opéré en France par les nazis" et l'indigne déchéance de nationalité infligée par le régime de Vichy.

Analysant avec une tendresse, pourvue de rigueur et d'honnêteté, ses racines familiales, sa relation avec un grand-père hors du commun et sans doute méconnu, le testament spirituel qu'il lui lègue, Anne Sinclair offre un témoignage passionnant et assez inédit sur l’avènement d’artistes au début du XXe siècle, le climat délétère de la Seconde Guerre et  la confiscation criminelle d'oeuvres d'art par l'Occupant.

Une lecture recommandée.

AE

21 rue La Boétie, Anne Sinclair, biographie, Grasset, mars 2012, 302 pp, 20.5 €