31 janvier 2012

Conversation avec Claude Askolovitch

9782259201353.jpgEntrer de plain-pied dans une conversation un peu décousue peut  - un brin- agacer... Zauraient tout de même pu formater le texte avant de nous le présenter...

Cela est vrai. Mais vous oubliez vite cette petite humeur réalisant qu'il n'y a sans doute pas meilleure méthode pour aborder Patrick Bruel, le saisir, d'un ping-pong verbal, dans sa sincérité...plénière.

Une conversation saisie au moment du tournage du film "Le Prénom" (sortie en salle le 25 avril 2012 - voir billet sur ce blog) et du "martyre " de la préparation d'un prochain album

Retour sur une vie bien animée - l'artiste a roulé sa bosse avec entrain, depuis cette Algérie que le jeune Patrick Benguigui quitte à l'âge de 3 ans - la conversation menée de façon amicale et tonique par son ami, le journaliste Claude Askolovitch dévoile, dans le désordre, les facettes multiples d'un être chaleureux, doué, qui fonctionne à l'instinct, au coup de coeur, décuplant, avec les années,  le capital de sympathie qui est son carburant premier.

Jeune père attentif - il affiche l'âge des parents des amis de [ses] enfants - il partage sa vie entre Oscar, Léon, sa nouvelle compagne Céline [Bosquet], le cinéma, le théâtre,  le poker, les chansons, ..rendant un hommage appuyé à, tous ses "référents",  toutes ces personnalités - Patrick Sébastien, Alain Souchon, Jean-Jacques Goldman,  Michel Drucker,ses jeunes frères David et Fabrice, sa maman Augusta - Nathalie,  son grand-père Elie, son (beau) grand-père, René Moreau.. - qui ont balisé sa route.  Impressionnante, la liste de ses amitiés bouclerait à elle seule l'annuaire d'un fan-club. Car Bruel "invite la générosité des autres pour pouvoir exister, (...) s'offre tout entier pour recevoir ceux qu'il choisit."

Conscient de la responsabilité qu'implique son image , l'acteur-chanteur-pokériste -touche-à-tout de génie  fait le point sur ses doutes, sur certains sujets politiques et délicats ... accentuant , au fil d'une conversation et de confidences bien aiguillées,  ce sentiment de proximité qu'il sait si bien donner...

Sincère, direct, grand garçon, Gontran Bonheur du succès...bougrement sympathique, Patrick Bruel a la séduction généreuse et enthousiaste, bougrement..fondante.

Apolline Elter

Patrick Bruel - Conversation avec Claude Askolovitch - éd. Plon, novembre 2011, 286 pp, 18,9€

 

05:32 Écrit par Apolline Elter dans Les chroniques d'Apolline Elter | Commentaires (2) | Envoyer cette note |  Facebook |

30 janvier 2012

Grrrrrrrrrrrève

"Les grèves grèvent grave, les ingrates, les grands vaillants  gravailleurs"

Apolline, Les pensées non-grévistes du lundi

06:01 Écrit par Apolline Elter dans Les pensées d'Apolline | Commentaires (2) | Envoyer cette note |  Facebook |

29 janvier 2012

Histoire de ma vie

théière high tea.jpgJe ne crois pas avoir revu cette maison de Chaillot depuis 1808, car, après le voyage d'Espagne, je n'ai plus quitté Nohant  jusqu'après l'époque où mon oncle vendit à L'Etat sa petite propriété, qui se trouvait sur l'emplacement destiné au palais du roi de Rome. Que je me trompe ou non, je placerai ici ce que j'ai à dire de cette maison, qui était alors une véritable maison de campagne, Chaillot n'étant point bâti comme il l'est aujourd'hui.
..........C'était l'habitation la plus modeste du monde, je le comprends aujourd'hui que les objets restés dans ma mémoire m'apparaissent avec leur valeur véritable. Mais à l'âge que j'avais alors c'était un paradis. Je pourrais dessiner le plan du local et celui du jardin tant ils me sont restés présents.[...]
..........Le jardin était un carré fort long, fort petit en réalité, mais qui me semblait immense, quoique j'en fisse le tour deux-cents fois par jour. Il était régulièrement dessiné à la mode d'autrefois; il y avait des fleurs et des légumes; pas la moindre vue car il était tout entouré de murs; mais il y avait au fond une terrasse sablée à laquelle on montait par des marches en pierre, avec un grand vase de terre cuite classiquement bête de chaque côté, et c'était sur cette terrasse, lieu idéal pour moi, que se passaient nos grands jeux de bataille, de fuite et de poursuite.
..........C'est là aussi que j'ai vu des papillons pour la première fois et de grandes fleurs de tournesol qui me paraissaient avoir cent pieds de haut. Un jour, nous fûmes interrompues dans nos jeux par une grande rumeur au-dehors. On criait "Vive l'empereur", on marchait à pas précipités, on s'éloignait et les cris continuaient toujours. L'empereur passait en effet à quelque distance et nous entendions le trot des chevaux et l'émotion de la foule. Nous ne pouvions pas voir à travers le mur, mais ce fut bien beau dans mon imagination, je m'en souviens, et nous criâmes de toutes nos forces: Vive l'empereur ! transportées d'un enthousiasme sympathique.

George Sand,
Histoire de ma vie (chapitre 11)
© Ed. Gallimard, "Bibliothèque de la pleiade"

28 janvier 2012

Le sang de l'hermine

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Paru fin 2011, ce premier volet de la nouvelle saga culinaire et criminelle de Michèle Barrière nous invite à la Cour d'Amboise, au début du règne d'un François Ier, tout frais auréolé de sa victoire à la bataille de Marignan (14 septembre 1515, comme tout le monde le sait).

 

Maître d'hôtel du jeune et sémillant souverain,  son ami d'enfance, Quentin du Mesnil a pour mission de quérir et amener à Amboise un vieillard récalcitrant, peu commode et  encombré d'une réputation sulfureuse... vous aurez reconnu Léonard de Vinci.

 

La mission s'avère périlleuse car le fantasque génie, gaucher  - ce n'est bon signe - quoiqu'un tantinet ambidextre,  est la cible d'une sombre vengeance et de pièges sanglants..  Quentin en fera les frais qui sera propulsé du sommet d'une montagne, à bord de la machine volante imaginée par le savant...

 

Un séjour contraint  à la cour de Mantoue, régie par la terrible Isabelle d'Este, dévoile  le faste d'une société dont le raffinement subjugue le jeune maître d'hôtel.

 

Une qualité majeure des polars gastronomiques de Michèle Barrière est d'allier la fiabilité historique, la table des pratiques alimentaires à un rythme narratif et sens du suspens savamment maîtrisés. Cela donne des romans à la fois didactiques et captivants. Un carnet de recettes conclut l'ouvrage qui ne demandent qu'à être mises en pratique.

 

Que demander de plus?

 

Le deuxième volet de la saga..assurément!

 

Apolline Elter

 

 Le sang de l'hermine, Michèle Barrière, roman, JC Lattès, nov.2011, 350 pp, 18 €

 

 Billet de faveur

 

 AE : Le Chambord de François Ier qui s’ébauche , en filigranes du roman, c’est le Versailles de Louis XIV ?

 

Michèle Barrière : non, François Ier n'a que très peu séjourné à Chambord alors que Louis XIv n'a pas quitté Versailles. Il aurait d'ailleurs été très difficile d'y vivre. Chambord est un rêve, un magnifique objet d'apparat et il l'est resté à travers les siècles.

 

AE : Arrivé au Clos Lucé, où le roi compte l’établir, Léonard de Vinci s’écrie ; « Les petites demeures favorisent l’éclosion des grandes pensées. » Sublime.  A-t-il vraiment prononcé ces paroles - et à quelle occasion –  ou cette exclamation rentre-t-elle dans la logique romancée du personnage ?

 

Michèle Barrière :Il semblerait que oui, mais je ne peux pas le certifier. Par contre, de nombreuses tirades de Léonard sont directement tirées de ses Carnets.

 

AE : En marge de la quête et des péripéties qui adviennent aux deux héros, il y a la perte répétée de l’ouvrage de Platine, De Honesta Voluptate. Il semble que vous accordez une importance majeure à cet ouvrage :

 

Michèle Barrière : c'est l'ouvrage essentiel en matière culinaire datant de la fin du XV° siècle mais traduit en français en 1505 et qui place l'art de la table dans la perspective des penseurs humanistes.

 

AE : Combien de volets comportera cette nouvelle saga ? Pouvez-vous nous préciser la date de parution de la suite attendue des « Enquêtes de Quentin du Mesnil, maître d’hôtel à la cour de François Ier » ?

 

Michèle Barrière : cela dépendra de l'inspiration! Le suivant est déjà en chantier. Il se passera en 1520, lors du Camp du Drap d'or, rencontre au sommet entre François Ier et Henri VII. Il y en aura un après le désastre de Pavie où on retrouvera le roi de France prisonnier de Charles-Quint en Espagne. Un autre où Quentin s'adjoindra les services d'un certain Rabelais pour enquêter sur la mort du dauphin. Voilà, pour le moment!

 

27 janvier 2012

200.000 visites

HIver 017.jpgC'est le chiffre qui , ce mardi 31 janvier,  s'est affiché a au compteur - content - de votre blog préféré, chers visiteurs....

L'occasion de vous remercier pour cette fidélité et ces plus de 200 visites quotidiennes  (246, en moyenne) qui traduisent, je le crois, votre intérêt pour les chroniques et manifestations littéraires du blog.  De remercier les éditeurs, qui m'envoient leurs publications, me témoignant par là une confiance qui m'honore. 

Vos commentaires et coups de coeur sont plus que jamais bienvenus. Si vous ne désirez pas les voir publier sur le blog, il suffit de m'envoyer un mail (cliquer sur l'onglet "me contacter" )  Vous savez que je vous répondrai.

Et puis, ce n'est pas tous les jours qu'on affiche 200.000 visites.. Je vous propose de m'envoyer un billet  d'un coup de coeur culturel. Le visiteur dont je publierai le texte se verra gratifié de l'envoi d'un livre (choisi dans une sélection de cinq ouvrages). Il suffit d'envoyer le billet avant le 29 février, o heure(s),  à l'adresse du blog - l'horloge d'Outlook faisant foi - Le billet sera publié le 1er mars, jour d'ouverture de la Foire du Livre de Bruxelles...

Quand je vous dis que c'est un concours...de circonstances...

Apolline Elter

26 janvier 2012

Les ballons d'hélium

image007.jpg" Elle vivait seule en dessous de sa vie.

Mourir devenait une question de sincérité."

Il est des solitudes d'autant plus poignantes que vous vivez, entourée d'un mari aimant et de deux magnifiques  enfants.

Il est des détresses à ce point indicibles qu'elles vous isolent du monde des vivants, vous projetant, tel un ballon gonflé d'hélium, dans l'infinie galaxie. Le seul moyen de revenir sur terre s'inscrit dans la perspective morbide de votre ...enterrement.

"Il sera très facile pour tes biographes de te décrire comme une personne répétitivement suicidaire et obsédée par la mort. Ils auront tort, tu le sais bien. Ils parleront de haine, et ils auront tort, tu le sais bien aussi. Il n'y a rien de plus haineux qu'un biographe, comme il n'y a plus menteur que le mémorialiste. Tu n'as jamais eu que l'amour en vue, du moins depuis le jour où tu l'as rencontré."

Dévastée intérieurement par une expérience amoureuse, avortée de façon inexpliquée, Ariana, ravissante jeune femme d'origine espagnole épouse le séduisant Axel, issu d'une famille norvégienne, aisée. Le couple s'installe dans une coquette maison de  la banlieue bruxelloise...

" Ta future belle-mère, à Voss, en Norvège, dit que tu es typiquement la personne qui a l'air de fuir quelque chose et c'est pourquoi, sans le déclarer positivement, elle ne se réjouit pas que son fils veuille t'épouser. Alors que c'est tout le contraire, puisque tu ne fuis pas, tu cherches ce point fixe en toi, qui est toi-même, loin au-dessus duquel le temps te fait flotter et dont il menace toujours de t'exiler définitivement".

Au-delà des sentiments et  de manifestations extérieures incomprises de son entourage, c'est l'âme d'Ariana que Grégoire Polet tente de cerner, multipliant les focus, les interpellations et points de vue. Affinant la perspective toujours et encore, du cisellement d'une plume finement taillée,  trempée de métaphores et  d'énumérations qui progressent, par petites touches,  dans une quête essentielle de  la vérité. La vérité de l'âme aspirée par  une réalité qui n'a plus place sur terre, qui rend  Ariana étrange, étrangère.

" Tu es une comète qui approche du soleil et qui se détruit progressivement en nuages de météores pas plus grands que des grains de sable."

Apolline Elter

Les ballons d'hélium,  roman, Grégoire Polet, Gallimard, janvier 2012, 174 pp, 16 €

 

Billet de faveur

AE: Après le cycle lisse et lumineux de vos trois premiers romans [Madrid ne dort pas, Excusez les fautes du copiste, Leurs vies éclatantes] vous semblez entrer, avec Chucho  [votre précédent roman]  et les présents Ballons d'hélium, dans le cycle d'une réalité plus sombre mais aussi plus profonde. L'écriture doit en être encore plus exigeante. Plus engagée?

Grégoire Polet: L’inspiration sombre ou claire ne se choisit pas vraiment: on suit la marche de sa pensée et son évolution, qui nous font traverser parfois le jour, parfois la nuit. Les deux valent la peine d’être explorés.

Dans Chucho, nous avions un personnage fragile, qui mettait en question notre capacité de modifier notre vie pour accueillir l’autre.

Dans Les Ballons d’hélium, nous avons un personnage, une jeune femme, qui est déçue, insatisfaite, par la vie telle que le monde aujourd’hui la programme, et qui est poussée irrésistiblement à chercher plus loin, non plus dans la vie extérieure, mais du côté de la vie intérieure. Et le monde qu’elle découvre dans sa vie intérieure est très différent du monde matériel, superficiel. Tout est différent; le passage du temps est différent; l’espace est différent; la présence, l’absence sont différentes. Et surtout semblent beaucoup plus vrais que les mesquines réalités extérieures, faites d’oubli, de séparations, de propriétés, d’exclusions, d’irrémédiable. Elle fait l’expérience d’une très forte spiritualisation de l’existence, qui provoque la perte de ses repères habituels, et ne lui permet pas d’en trouver de nouveaux. Ou du moins pas facilement. C’est cette aventure dans l’intériorité, dans l’en-dessous des choses, qu’Ariana vit, guidée par une blessure d’amour. Aventure dramatique, exploration, tourbillon, c’est une trajectoire vitale qui tient à la fois de l’ascension et de la chute libre.

Est-ce une écriture exigeante? Oui. Parce qu’il s’agit de suivre au plus près une démarche vraiment radicale, avec la plus grande sincérité et la plus grande exactitude. De plus, techniquement, il s’agissait de rendre un développement narratif qui épouse les formes de la perception spiritualisante du monde: temporalité non linéaire mais mémorielle; points de vue changeants et glissants, comme dans les rêves.

Est-ce une écriture engagée? En un certain sens, oui. Car indirectement elle milite pour un changement de mentalité, que par ailleurs je vois à l’œuvre autour de moi et que ce roman reflète. C’est un changement du modèle du bonheur. Les crises actuelles accentuent ce mouvement de déception par rapport à un modèle de bonheur attaché à la réussite matérielle et sociale. Ma génération a été élevée dans l’idée du bonheur (d’autres générations avaient été élevées dans l’idée du travail, ou de la liberté, ou de la foi, etc.), et particulièrement du bonheur par la commodité matérielle et le bien-être physique. Ce modèle, très bien intentionné, a pourtant de cruelles limites. Surtout quand l’argent et la prospérité viennent à être incertains. En temps de crise, le confort et la commodité deviennent soit de plus en plus inaccessibles, et donc angoissants; soit, pour ceux qui les obtiennent tout de même, ils deviennent des “blindeurs” d’individus. Or, le bonheur ne prend pas rendez-vous avec les angoissés, et ne pénètre pas les blindages. Devant les failles (la faillite?) de ce modèle de bonheur, la recherche d’autre chose est partout perceptible. Et cette recherche va dans le sens de l’Evolution, telle que l’ont montré les philosophes et paléonthologues (Teilhard de Chardin, par exemple, cité en début de roman). C’est-à-dire dans le sens de: moins de matière, plus d’esprit. Moins de masse, plus d’énergie. Cette fameuse spiritualisation en marche depuis les origines et qui a conduit la matière jusqu’à la vie, et la vie jusqu’à la conscience. Et la conscience jusque… là où nous voudrons bien la mener.

AE:  "....mais l'euphorie pourtant était là, congelant momentanément toute possibilité de vie intérieure, et la jetant avec appétit vers le monde extérieur... "

Cette euphorie, singulièrement absente  - du moins rare - dans le parcours d'Ariana , n'aurait-elle pas pu, au contraire, renverser le cours de sa vie, insuffler un peu de légèreté à la gravité ressentie, injecter de l'hélium dans des ballons qui, du coup, auraient revêtu une signification diamétralement opposée, celle de l'espoir et de la légèreté  de la vie?

Grégoire Polet:

L’euphorie en question dans cette citation, si on se réfère au contexte du roman, est l’euphorie d’avoir gagné 1000 euros. Cette euphorie de la possession l’exile justement de la vie intérieure qui l’intéresse et la jette vers la vie extérieure qui la déçoit, et la pousse à acheter et à s’approprier, “à donner des coups d’euro comme des coups de hache dans le réel pour s’en approprier quelque chose.” Mais Ariana pense que cette euphorie-là en fin de compte ne gonfle que de décevantes baudruches. Avez-vous lu, à ce propos, le passage sur les courses et le shopping dans L’Art français de la guerre, d’Alexis Jenni?

AE: Je ne l'ai pas encore lu mais vais foncer sur ce passage!

Enrobée de mystère, Ariana échappe à la vie et parfois à la logique du lecteur,  tel un ballon, gonflé d'hélium vous  fausse compagnie. Vous tentez de la cerner de la manière la plus juste, la plus analytique possible; ne  vous échappe-t-elle pas, par moments, à vous aussi?

Grégoire Polet: Ariana reflète un changement, une évadée du modèle, et à cause de cela elle subvertit ce modèle et échappe aux grilles habituelles. Après, il y a toutes les circonstances dramatiques de sa psychologie personnelle, qui ne sont certes pas généralisables, et qui la mènent à frôler la limite d’actes terribles. Car Les Ballons d’hélium est d’abord et avant tout un roman d’amour, une histoire d’amour passionnée et tragique.

Ce que j’ai répondu dans cette entrevue ne constitue qu’un commentaire, donne une piste, un éclairage. Mais, évidemment, le roman ne peut pas se résumer à cela.

 

25 janvier 2012

Le journal intime d'un arbre

7725151968_le-journal-intime-d-un-arbre.jpg" Je tente de remettre  en scène l'Anglais tombé du ciel qui m'initia à moi-même, la cantatrice épurée qui me donna un nom d'opéra, le médecin qui m'aima comme un fils et tailla des stylos dans mes branches... Tous ceux qui firent de moi, pour quelques minutes ou durant des années, leur compagnon d'infortune."

Prêtant sa plume à Tristan, poirier tricentenaire, tombé sur le coup d'une mini-tempête, Didier van Cauwelaert nous offre un "voyage dans la conscience de l'arbre", revisitant les racines de son passé et les muliples sensations, glanées, au fil des siècles,  par des capteurs à fleur d'écorce.

Refuge des chagrins d'amour et d'existence, Tristan poursuivra sa mission au-delà de sa chute et d'une version nouvelle et  très..branchée de la légende qui le lie à Isolde, son altière voisine.

La Nature est un temple...où de vivants poiriers émettent parfois de bienfaisantes paroles.

AE

Le journal intime d'un arbre, Didier van Cauwelaert, roman, Michel Lafon, oct.2011, 252 pp, 21, 7 €

05:14 Écrit par Apolline Elter dans Les chroniques d'Apolline Elter | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

24 janvier 2012

Honoré de Balzac à 20 ans

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"En 1819,  Honoré  veut "commencer par un chef-d'oeuvre". Travailler "pour la postérité" et non "pour le goût actuel".

Difficile de prétendre qu'à 20 ans, Honoré ait déjà réalisé de grandes choses. Mais il est le modèle du jeune homme pauvre qui parcourra La (future) Comédie humaine.

En 1819, le (futur) romancier n'est encore que Balzac - son père n'adopte en effet la particule que deux ans plus tard - mais  il a en  lui, il le sent, il le sait, les germes du génie..

Pour l'heure, ses parents lui louent une pauvre mansarde à Paris tandis qu'Honoré réalise qu'il ne suivra pas la voie notariale prescrite par son père. Ce sépulcre aérien  ..et monacal sera l'assise parfaite de son inspiration: "Il faut matériellement peu à celui qui vit pour accomplir de grandes choses dans l'ordre moral"

Enfant mal aimé  - sa mère a vingt ans à sa naissance, tandis que son père en a plus de cinquante -  Honoré recherchera, sa vie durant, parmi  ses maîtresses et les  femmes de son  entourage, la tendresse maternelle qui a manqué à son enfance.  Laure de Berny, Laure d'Abrantès, Claire de Castries et Eve Hanska que le dandy  épouse en mars 1850, cinq mois avant son décès, prodigueront au romancier l'affection recherchée. Ainsi que Laure, sa soeur tant aimée et  Zulma Carraud, amie et  complice à vie.

Une expérience ratée dans le domaine de l'édition, entre 1826 et 1828 et la faillite qui s'ensuit,  obligera Honoré à rembourser ses créanciers jusqu'à la fin de sa vie.  Il le fera par l'écriture prolifique de romans.  La Comédie humaine est ainsi mise en route avec la publication en 1830 de la première série des Scènes de la vie privée  [Ndlr: dont la lecture intensive fut l'objet du mémoire de nos propres vingt ans... ] et l'introduction du principe des personnages récurrents. Trait de génie qui vaudra à Balzac la réputation d'être le plus grand romancier du XIXe siècle ....

Rédigée de la main d'Anne-Marie Baron, présidente de la Société des Amis de Balzac, cette nouvelle  publication de la collection "A vingt ans" lève, avec maîtrise  et précision, le voile sur une série d'énigmes visant la personnalité du romancier.

AE

Honoré de Balzac à 20 ans.  L'esclave de sa volonté, Anne-Marie Baron, Ed. Au Diable vauvert, coll. " A 20 ans", janvier 2012, 168 pp, 12 €

06:40 Écrit par Apolline Elter dans Les chroniques d'Apolline Elter | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

Brafa

La Brussels Antiques and Fine Arts Fair déroulait, ce jeudi 19 janvier, son tapis de damiers noirs et blancs pour une 57e édition, placée, c'est la tradition, sous le signe du prestige et des oeuvres singulières.

L'occasion de parcourir ses larges avenues, aux appellations choisies - Rubens, Magritte, .., d'en découvrir les stands et de rêver bronzes, huiles, appliques et pendules, porcelaine, argenterie, bijoux anciens et mobilier d'exception. 

Brafa 001.jpgIllustration subile d'un jeu d'ombre et de lumière, d'un panneau idoine pour quelque salon familial.... Brafa 003.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rencontrée au gré d'une aire de repos, la statue célèbre et signée Jean-Michel Folon semble inviter à une certaine sérénité, à la pratique d'un certain sport...

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INfos zutiles

Lieu

Tour & Taxis
Avenue du Port 86 C
1000 Bruxelles
Belgique
Plan d'accès

DATES ET HEURES D'OUVERTURE

Samedi 21 - Dimanche 29 janvier 2012
de 11.00 à 19.00 h
Nocturnes mardi 24 et jeudi 26 janvier 2012 jusqu'à 22.00h

Prix d'entrée
Individuel: 20 €
Groupe (³ 10 pers.): 10 € par personne
£ 26 ans: 10 €

00:28 Écrit par Apolline Elter dans Agenda | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

23 janvier 2012

A la table de la vie

"La vie nous invite à sa table, qui attend de nous un minimum de ..savoir-vivre"

Apolline, Les pensées invitées du lundi

06:28 Écrit par Apolline Elter dans Les pensées d'Apolline | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

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