31 janvier 2012
Conversation avec Claude Askolovitch
Entrer de plain-pied dans une conversation un peu décousue peut - un brin- agacer... Zauraient tout de même pu formater le texte avant de nous le présenter...
Cela est vrai. Mais vous oubliez vite cette petite humeur réalisant qu'il n'y a sans doute pas meilleure méthode pour aborder Patrick Bruel, le saisir, d'un ping-pong verbal, dans sa sincérité...plénière.
Une conversation saisie au moment du tournage du film "Le Prénom" (sortie en salle le 25 avril 2012 - voir billet sur ce blog) et du "martyre " de la préparation d'un prochain album
Retour sur une vie bien animée - l'artiste a roulé sa bosse avec entrain, depuis cette Algérie que le jeune Patrick Benguigui quitte à l'âge de 3 ans - la conversation menée de façon amicale et tonique par son ami, le journaliste Claude Askolovitch dévoile, dans le désordre, les facettes multiples d'un être chaleureux, doué, qui fonctionne à l'instinct, au coup de coeur, décuplant, avec les années, le capital de sympathie qui est son carburant premier.
Jeune père attentif - il affiche l'âge des parents des amis de [ses] enfants - il partage sa vie entre Oscar, Léon, sa nouvelle compagne Céline [Bosquet], le cinéma, le théâtre, le poker, les chansons, ..rendant un hommage appuyé à, tous ses "référents", toutes ces personnalités - Patrick Sébastien, Alain Souchon, Jean-Jacques Goldman, Michel Drucker,ses jeunes frères David et Fabrice, sa maman Augusta - Nathalie, son grand-père Elie, son (beau) grand-père, René Moreau.. - qui ont balisé sa route. Impressionnante, la liste de ses amitiés bouclerait à elle seule l'annuaire d'un fan-club. Car Bruel "invite la générosité des autres pour pouvoir exister, (...) s'offre tout entier pour recevoir ceux qu'il choisit."
Conscient de la responsabilité qu'implique son image , l'acteur-chanteur-pokériste -touche-à-tout de génie fait le point sur ses doutes, sur certains sujets politiques et délicats ... accentuant , au fil d'une conversation et de confidences bien aiguillées, ce sentiment de proximité qu'il sait si bien donner...
Sincère, direct, grand garçon, Gontran Bonheur du succès...bougrement sympathique, Patrick Bruel a la séduction généreuse et enthousiaste, bougrement..fondante.
Apolline Elter
Patrick Bruel - Conversation avec Claude Askolovitch - éd. Plon, novembre 2011, 286 pp, 18,9€
05:32 Publié dans Les chroniques d'Apolline Elter | Commentaires (2) | Envoyer cette note |
Facebook |
30 janvier 2012
Grrrrrrrrrrrève
"Les grèves grèvent grave, les ingrates, les grands vaillants gravailleurs"
Apolline, Les pensées non-grévistes du lundi
06:01 Publié dans Les pensées d'Apolline | Commentaires (2) | Envoyer cette note |
Facebook |
29 janvier 2012
Histoire de ma vie
Je ne crois pas avoir revu cette maison de Chaillot depuis 1808, car, après le voyage d'Espagne, je n'ai plus quitté Nohant jusqu'après l'époque où mon oncle vendit à L'Etat sa petite propriété, qui se trouvait sur l'emplacement destiné au palais du roi de Rome. Que je me trompe ou non, je placerai ici ce que j'ai à dire de cette maison, qui était alors une véritable maison de campagne, Chaillot n'étant point bâti comme il l'est aujourd'hui.
..........C'était l'habitation la plus modeste du monde, je le comprends aujourd'hui que les objets restés dans ma mémoire m'apparaissent avec leur valeur véritable. Mais à l'âge que j'avais alors c'était un paradis. Je pourrais dessiner le plan du local et celui du jardin tant ils me sont restés présents.[...]
..........Le jardin était un carré fort long, fort petit en réalité, mais qui me semblait immense, quoique j'en fisse le tour deux-cents fois par jour. Il était régulièrement dessiné à la mode d'autrefois; il y avait des fleurs et des légumes; pas la moindre vue car il était tout entouré de murs; mais il y avait au fond une terrasse sablée à laquelle on montait par des marches en pierre, avec un grand vase de terre cuite classiquement bête de chaque côté, et c'était sur cette terrasse, lieu idéal pour moi, que se passaient nos grands jeux de bataille, de fuite et de poursuite.
..........C'est là aussi que j'ai vu des papillons pour la première fois et de grandes fleurs de tournesol qui me paraissaient avoir cent pieds de haut. Un jour, nous fûmes interrompues dans nos jeux par une grande rumeur au-dehors. On criait "Vive l'empereur", on marchait à pas précipités, on s'éloignait et les cris continuaient toujours. L'empereur passait en effet à quelque distance et nous entendions le trot des chevaux et l'émotion de la foule. Nous ne pouvions pas voir à travers le mur, mais ce fut bien beau dans mon imagination, je m'en souviens, et nous criâmes de toutes nos forces: Vive l'empereur ! transportées d'un enthousiasme sympathique.
George Sand,
Histoire de ma vie (chapitre 11)
© Ed. Gallimard, "Bibliothèque de la pleiade"
17:00 Publié dans High Tea dominical, Infusions, Les madeleines de nos auteurs | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |
28 janvier 2012
Le sang de l'hermine

Paru fin 2011, ce premier volet de la nouvelle saga culinaire et criminelle de Michèle Barrière nous invite à la Cour d'Amboise, au début du règne d'un François Ier, tout frais auréolé de sa victoire à la bataille de Marignan (14 septembre 1515, comme tout le monde le sait).
Maître d'hôtel du jeune et sémillant souverain, son ami d'enfance, Quentin du Mesnil a pour mission de quérir et amener à Amboise un vieillard récalcitrant, peu commode et encombré d'une réputation sulfureuse... vous aurez reconnu Léonard de Vinci.
La mission s'avère périlleuse car le fantasque génie, gaucher - ce n'est bon signe - quoiqu'un tantinet ambidextre, est la cible d'une sombre vengeance et de pièges sanglants.. Quentin en fera les frais qui sera propulsé du sommet d'une montagne, à bord de la machine volante imaginée par le savant...
Un séjour contraint à la cour de Mantoue, régie par la terrible Isabelle d'Este, dévoile le faste d'une société dont le raffinement subjugue le jeune maître d'hôtel.
Une qualité majeure des polars gastronomiques de Michèle Barrière est d'allier la fiabilité historique, la table des pratiques alimentaires à un rythme narratif et sens du suspens savamment maîtrisés. Cela donne des romans à la fois didactiques et captivants. Un carnet de recettes conclut l'ouvrage qui ne demandent qu'à être mises en pratique.
Que demander de plus?
Le deuxième volet de la saga..assurément!
Apolline Elter
Le sang de l'hermine, Michèle Barrière, roman, JC Lattès, nov.2011, 350 pp, 18 €
Billet de faveur
AE : Le Chambord de François Ier qui s’ébauche , en filigranes du roman, c’est le Versailles de Louis XIV ?
Michèle Barrière : non, François Ier n'a que très peu séjourné à Chambord alors que Louis XIv n'a pas quitté Versailles. Il aurait d'ailleurs été très difficile d'y vivre. Chambord est un rêve, un magnifique objet d'apparat et il l'est resté à travers les siècles.
AE : Arrivé au Clos Lucé, où le roi compte l’établir, Léonard de Vinci s’écrie ; « Les petites demeures favorisent l’éclosion des grandes pensées. » Sublime. A-t-il vraiment prononcé ces paroles - et à quelle occasion – ou cette exclamation rentre-t-elle dans la logique romancée du personnage ?
Michèle Barrière :Il semblerait que oui, mais je ne peux pas le certifier. Par contre, de nombreuses tirades de Léonard sont directement tirées de ses Carnets.
AE : En marge de la quête et des péripéties qui adviennent aux deux héros, il y a la perte répétée de l’ouvrage de Platine, De Honesta Voluptate. Il semble que vous accordez une importance majeure à cet ouvrage :
Michèle Barrière : c'est l'ouvrage essentiel en matière culinaire datant de la fin du XV° siècle mais traduit en français en 1505 et qui place l'art de la table dans la perspective des penseurs humanistes.
AE : Combien de volets comportera cette nouvelle saga ? Pouvez-vous nous préciser la date de parution de la suite attendue des « Enquêtes de Quentin du Mesnil, maître d’hôtel à la cour de François Ier » ?
Michèle Barrière : cela dépendra de l'inspiration! Le suivant est déjà en chantier. Il se passera en 1520, lors du Camp du Drap d'or, rencontre au sommet entre François Ier et Henri VII. Il y en aura un après le désastre de Pavie où on retrouvera le roi de France prisonnier de Charles-Quint en Espagne. Un autre où Quentin s'adjoindra les services d'un certain Rabelais pour enquêter sur la mort du dauphin. Voilà, pour le moment!
06:20 Publié dans Billet de faveur, Les chroniques d'Apolline Elter | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |
27 janvier 2012
200.000 visites
C'est le chiffre qui , ce mardi 31 janvier, s'est affiché a au compteur - content - de votre blog préféré, chers visiteurs....
L'occasion de vous remercier pour cette fidélité et ces plus de 200 visites quotidiennes (246, en moyenne) qui traduisent, je le crois, votre intérêt pour les chroniques et manifestations littéraires du blog. De remercier les éditeurs, qui m'envoient leurs publications, me témoignant par là une confiance qui m'honore.
Vos commentaires et coups de coeur sont plus que jamais bienvenus. Si vous ne désirez pas les voir publier sur le blog, il suffit de m'envoyer un mail (cliquer sur l'onglet "me contacter" ) Vous savez que je vous répondrai.
Et puis, ce n'est pas tous les jours qu'on affiche 200.000 visites.. Je vous propose de m'envoyer un billet d'un coup de coeur culturel. Le visiteur dont je publierai le texte se verra gratifié de l'envoi d'un livre (choisi dans une sélection de cinq ouvrages). Il suffit d'envoyer le billet avant le 29 février, o heure(s), à l'adresse du blog - l'horloge d'Outlook faisant foi - Le billet sera publié le 1er mars, jour d'ouverture de la Foire du Livre de Bruxelles...
Quand je vous dis que c'est un concours...de circonstances...
Apolline Elter
05:56 Publié dans Agenda, Cadeau(x), Concours...de circonstances | Commentaires (4) | Envoyer cette note |
Facebook |
26 janvier 2012
Les ballons d'hélium
" Elle vivait seule en dessous de sa vie.
Mourir devenait une question de sincérité."
Il est des solitudes d'autant plus poignantes que vous vivez, entourée d'un mari aimant et de deux magnifiques enfants.
Il est des détresses à ce point indicibles qu'elles vous isolent du monde des vivants, vous projetant, tel un ballon gonflé d'hélium, dans l'infinie galaxie. Le seul moyen de revenir sur terre s'inscrit dans la perspective morbide de votre ...enterrement.
"Il sera très facile pour tes biographes de te décrire comme une personne répétitivement suicidaire et obsédée par la mort. Ils auront tort, tu le sais bien. Ils parleront de haine, et ils auront tort, tu le sais bien aussi. Il n'y a rien de plus haineux qu'un biographe, comme il n'y a plus menteur que le mémorialiste. Tu n'as jamais eu que l'amour en vue, du moins depuis le jour où tu l'as rencontré."
Dévastée intérieurement par une expérience amoureuse, avortée de façon inexpliquée, Ariana, ravissante jeune femme d'origine espagnole épouse le séduisant Axel, issu d'une famille norvégienne, aisée. Le couple s'installe dans une coquette maison de la banlieue bruxelloise...
" Ta future belle-mère, à Voss, en Norvège, dit que tu es typiquement la personne qui a l'air de fuir quelque chose et c'est pourquoi, sans le déclarer positivement, elle ne se réjouit pas que son fils veuille t'épouser. Alors que c'est tout le contraire, puisque tu ne fuis pas, tu cherches ce point fixe en toi, qui est toi-même, loin au-dessus duquel le temps te fait flotter et dont il menace toujours de t'exiler définitivement".
Au-delà des sentiments et de manifestations extérieures incomprises de son entourage, c'est l'âme d'Ariana que Grégoire Polet tente de cerner, multipliant les focus, les interpellations et points de vue. Affinant la perspective toujours et encore, du cisellement d'une plume finement taillée, trempée de métaphores et d'énumérations qui progressent, par petites touches, dans une quête essentielle de la vérité. La vérité de l'âme aspirée par une réalité qui n'a plus place sur terre, qui rend Ariana étrange, étrangère.
" Tu es une comète qui approche du soleil et qui se détruit progressivement en nuages de météores pas plus grands que des grains de sable."
Apolline Elter
Les ballons d'hélium, roman, Grégoire Polet, Gallimard, janvier 2012, 174 pp, 16 €
Billet de faveur
AE: Après le cycle lisse et lumineux de vos trois premiers romans [Madrid ne dort pas, Excusez les fautes du copiste, Leurs vies éclatantes] vous semblez entrer, avec Chucho [votre précédent roman] et les présents Ballons d'hélium, dans le cycle d'une réalité plus sombre mais aussi plus profonde. L'écriture doit en être encore plus exigeante. Plus engagée?
Grégoire Polet: L’inspiration sombre ou claire ne se choisit pas vraiment: on suit la marche de sa pensée et son évolution, qui nous font traverser parfois le jour, parfois la nuit. Les deux valent la peine d’être explorés.
Dans Chucho, nous avions un personnage fragile, qui mettait en question notre capacité de modifier notre vie pour accueillir l’autre.
Dans Les Ballons d’hélium, nous avons un personnage, une jeune femme, qui est déçue, insatisfaite, par la vie telle que le monde aujourd’hui la programme, et qui est poussée irrésistiblement à chercher plus loin, non plus dans la vie extérieure, mais du côté de la vie intérieure. Et le monde qu’elle découvre dans sa vie intérieure est très différent du monde matériel, superficiel. Tout est différent; le passage du temps est différent; l’espace est différent; la présence, l’absence sont différentes. Et surtout semblent beaucoup plus vrais que les mesquines réalités extérieures, faites d’oubli, de séparations, de propriétés, d’exclusions, d’irrémédiable. Elle fait l’expérience d’une très forte spiritualisation de l’existence, qui provoque la perte de ses repères habituels, et ne lui permet pas d’en trouver de nouveaux. Ou du moins pas facilement. C’est cette aventure dans l’intériorité, dans l’en-dessous des choses, qu’Ariana vit, guidée par une blessure d’amour. Aventure dramatique, exploration, tourbillon, c’est une trajectoire vitale qui tient à la fois de l’ascension et de la chute libre.
Est-ce une écriture exigeante? Oui. Parce qu’il s’agit de suivre au plus près une démarche vraiment radicale, avec la plus grande sincérité et la plus grande exactitude. De plus, techniquement, il s’agissait de rendre un développement narratif qui épouse les formes de la perception spiritualisante du monde: temporalité non linéaire mais mémorielle; points de vue changeants et glissants, comme dans les rêves.
Est-ce une écriture engagée? En un certain sens, oui. Car indirectement elle milite pour un changement de mentalité, que par ailleurs je vois à l’œuvre autour de moi et que ce roman reflète. C’est un changement du modèle du bonheur. Les crises actuelles accentuent ce mouvement de déception par rapport à un modèle de bonheur attaché à la réussite matérielle et sociale. Ma génération a été élevée dans l’idée du bonheur (d’autres générations avaient été élevées dans l’idée du travail, ou de la liberté, ou de la foi, etc.), et particulièrement du bonheur par la commodité matérielle et le bien-être physique. Ce modèle, très bien intentionné, a pourtant de cruelles limites. Surtout quand l’argent et la prospérité viennent à être incertains. En temps de crise, le confort et la commodité deviennent soit de plus en plus inaccessibles, et donc angoissants; soit, pour ceux qui les obtiennent tout de même, ils deviennent des “blindeurs” d’individus. Or, le bonheur ne prend pas rendez-vous avec les angoissés, et ne pénètre pas les blindages. Devant les failles (la faillite?) de ce modèle de bonheur, la recherche d’autre chose est partout perceptible. Et cette recherche va dans le sens de l’Evolution, telle que l’ont montré les philosophes et paléonthologues (Teilhard de Chardin, par exemple, cité en début de roman). C’est-à-dire dans le sens de: moins de matière, plus d’esprit. Moins de masse, plus d’énergie. Cette fameuse spiritualisation en marche depuis les origines et qui a conduit la matière jusqu’à la vie, et la vie jusqu’à la conscience. Et la conscience jusque… là où nous voudrons bien la mener.
AE: "....mais l'euphorie pourtant était là, congelant momentanément toute possibilité de vie intérieure, et la jetant avec appétit vers le monde extérieur... "
Cette euphorie, singulièrement absente - du moins rare - dans le parcours d'Ariana , n'aurait-elle pas pu, au contraire, renverser le cours de sa vie, insuffler un peu de légèreté à la gravité ressentie, injecter de l'hélium dans des ballons qui, du coup, auraient revêtu une signification diamétralement opposée, celle de l'espoir et de la légèreté de la vie?
Grégoire Polet:
L’euphorie en question dans cette citation, si on se réfère au contexte du roman, est l’euphorie d’avoir gagné 1000 euros. Cette euphorie de la possession l’exile justement de la vie intérieure qui l’intéresse et la jette vers la vie extérieure qui la déçoit, et la pousse à acheter et à s’approprier, “à donner des coups d’euro comme des coups de hache dans le réel pour s’en approprier quelque chose.” Mais Ariana pense que cette euphorie-là en fin de compte ne gonfle que de décevantes baudruches. Avez-vous lu, à ce propos, le passage sur les courses et le shopping dans L’Art français de la guerre, d’Alexis Jenni?
AE: Je ne l'ai pas encore lu mais vais foncer sur ce passage!
Enrobée de mystère, Ariana échappe à la vie et parfois à la logique du lecteur, tel un ballon, gonflé d'hélium vous fausse compagnie. Vous tentez de la cerner de la manière la plus juste, la plus analytique possible; ne vous échappe-t-elle pas, par moments, à vous aussi?
Grégoire Polet: Ariana reflète un changement, une évadée du modèle, et à cause de cela elle subvertit ce modèle et échappe aux grilles habituelles. Après, il y a toutes les circonstances dramatiques de sa psychologie personnelle, qui ne sont certes pas généralisables, et qui la mènent à frôler la limite d’actes terribles. Car Les Ballons d’hélium est d’abord et avant tout un roman d’amour, une histoire d’amour passionnée et tragique.
Ce que j’ai répondu dans cette entrevue ne constitue qu’un commentaire, donne une piste, un éclairage. Mais, évidemment, le roman ne peut pas se résumer à cela.
*************
Invité de la librairie Agora-Libris de la Toison d'Or, ce samedi 10 mars, après-midi, Grégoire Polet se prêta avec sa courtoisie habituelle mais aussi une fougue, animée de passion et d'une sincérité inxoydable au jeu des questions et réponses que votre dévouée lui posa.

Sommée d'accomplir l'appel d'un amour avorté, d'une vie exclusivement intérieure, avec une même sincérité, Ariana échappe à l'ancrage terrien d'une vie programmée, par trop convenue. Cette plongée en elle l'isole du monde tel qu'il vit autour de lui, augmente sa détresse et semble rendre inéluctable l'échappée de la vie.
Riche, à l'instar du roman, d'une variété de lectures et de niveaux d'interprétation, le titre "Ballons d'hélium" s'imposa à l'écrivain, sitôt achevée, l'écriture de pages et d'une pensée qui l' habitent depuis plusieurs années. Un roman - qui semble s'inscrire dans le cyle "nocturne" amorcé avec Chucho - et révèle, sans conteste, l'extraordinaire maturité d'un écrivain, qui, âgé de 33 ans, a déjà publié cinq romans auprès des Editions Gallimard, ainsi qu'un délicieux Petit éloge de la goumandise.
AE
Grégoire Polet (photo: site de la RTBF) était, ce lundi 16 avril, l'invité de Thierry Bellefroid et de sa belle, intéressante, authentique émission "Livrés à domicile" (La Deux). Je vous engage à podcaster la vidéo de l'entretien sur le site de la RTBF :
http://www.rtbf.be/video/v_livres-a-domicile?id=1721086#.T42bCt_EvYE.email
Fidèle à son principe assez génial, l'équipe de Livrés à domicile recevait l'écrivain, dans le salon d'une lectrice, liégeoise, Véronique Pirotton.
Frappant est le naturel qui préside aux échanges, le spectateur se glisse, naturellement, dans le canapé de la conversation. Les avis sont échangés, avec écoute, respect, sans tabou.. selon les principes de la vraie convivialité.
00:05 Publié dans Billet de faveur, Les chroniques d'Apolline Elter | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |
25 janvier 2012
Le journal intime d'un arbre
" Je tente de remettre en scène l'Anglais tombé du ciel qui m'initia à moi-même, la cantatrice épurée qui me donna un nom d'opéra, le médecin qui m'aima comme un fils et tailla des stylos dans mes branches... Tous ceux qui firent de moi, pour quelques minutes ou durant des années, leur compagnon d'infortune."
Prêtant sa plume à Tristan, poirier tricentenaire, tombé sur le coup d'une mini-tempête, Didier van Cauwelaert nous offre un "voyage dans la conscience de l'arbre", revisitant les racines de son passé et les muliples sensations, glanées, au fil des siècles, par des capteurs à fleur d'écorce.
Refuge des chagrins d'amour et d'existence, Tristan poursuivra sa mission au-delà de sa chute et d'une version nouvelle et très..branchée de la légende qui le lie à Isolde, son altière voisine.
La Nature est un temple...où de vivants poiriers émettent parfois de bienfaisantes paroles.
AE
Le journal intime d'un arbre, Didier van Cauwelaert, roman, Michel Lafon, oct.2011, 252 pp, 21, 7 €
05:14 Publié dans Les chroniques d'Apolline Elter | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |
24 janvier 2012
Honoré de Balzac à 20 ans

"En 1819, Honoré veut "commencer par un chef-d'oeuvre". Travailler "pour la postérité" et non "pour le goût actuel".
Difficile de prétendre qu'à 20 ans, Honoré ait déjà réalisé de grandes choses. Mais il est le modèle du jeune homme pauvre qui parcourra La (future) Comédie humaine.
En 1819, le (futur) romancier n'est encore que Balzac - son père n'adopte en effet la particule que deux ans plus tard - mais il a en lui, il le sent, il le sait, les germes du génie..
Pour l'heure, ses parents lui louent une pauvre mansarde à Paris tandis qu'Honoré réalise qu'il ne suivra pas la voie notariale prescrite par son père. Ce sépulcre aérien ..et monacal sera l'assise parfaite de son inspiration: "Il faut matériellement peu à celui qui vit pour accomplir de grandes choses dans l'ordre moral"
Enfant mal aimé - sa mère a vingt ans à sa naissance, tandis que son père en a plus de cinquante - Honoré recherchera, sa vie durant, parmi ses maîtresses et les femmes de son entourage, la tendresse maternelle qui a manqué à son enfance. Laure de Berny, Laure d'Abrantès, Claire de Castries et Eve Hanska que le dandy épouse en mars 1850, cinq mois avant son décès, prodigueront au romancier l'affection recherchée. Ainsi que Laure, sa soeur tant aimée et Zulma Carraud, amie et complice à vie.
Une expérience ratée dans le domaine de l'édition, entre 1826 et 1828 et la faillite qui s'ensuit, obligera Honoré à rembourser ses créanciers jusqu'à la fin de sa vie. Il le fera par l'écriture prolifique de romans. La Comédie humaine est ainsi mise en route avec la publication en 1830 de la première série des Scènes de la vie privée [Ndlr: dont la lecture intensive fut l'objet du mémoire de nos propres vingt ans... ] et l'introduction du principe des personnages récurrents. Trait de génie qui vaudra à Balzac la réputation d'être le plus grand romancier du XIXe siècle ....
Rédigée de la main d'Anne-Marie Baron, présidente de la Société des Amis de Balzac, cette nouvelle publication de la collection "A vingt ans" lève, avec maîtrise et précision, le voile sur une série d'énigmes visant la personnalité du romancier.
AE
Honoré de Balzac à 20 ans. L'esclave de sa volonté, Anne-Marie Baron, Ed. Au Diable vauvert, coll. " A 20 ans", janvier 2012, 168 pp, 12 €
06:40 Publié dans Les chroniques d'Apolline Elter | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |
Brafa
La Brussels Antiques and Fine Arts Fair déroulait, ce jeudi 19 janvier, son tapis de damiers noirs et blancs pour une 57e édition, placée, c'est la tradition, sous le signe du prestige et des oeuvres singulières.
L'occasion de parcourir ses larges avenues, aux appellations choisies - Rubens, Magritte, .., d'en découvrir les stands et de rêver bronzes, huiles, appliques et pendules, porcelaine, argenterie, bijoux anciens et mobilier d'exception.
Illustration subile d'un jeu d'ombre et de lumière, d'un panneau idoine pour quelque salon familial.... 
Rencontrée au gré d'une aire de repos, la statue célèbre et signée Jean-Michel Folon semble inviter à une certaine sérénité, à la pratique d'un certain sport...




DATES ET HEURES D'OUVERTURE
de 11.00 à 19.00 h
Nocturnes mardi 24 et jeudi 26 janvier 2012 jusqu'à 22.00h
Prix d'entrée
Groupe (³ 10 pers.): 10 € par personne
£ 26 ans: 10 €
00:28 Publié dans Agenda | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |
23 janvier 2012
A la table de la vie
"La vie nous invite à sa table, qui attend de nous un minimum de ..savoir-vivre"
Apolline, Les pensées invitées du lundi
06:28 Publié dans Les pensées d'Apolline | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |
22 janvier 2012
Le lecteur inconstant

" J'ai commencé à écrire il y a vingt-huit ans, dans un cachot. Comme je n'avais rien pour écrire, je me suis mis à rédiger un roman mental. Moi, il me semblait que cette activité était normale. Ou que du moins elle ne détonnait pas avec la situation où je me trouvais: isolement, silence, manque de lumière et d'eau, crasse et sueur, absence de visages, de voix. Quelques mois plus tard, lorsque je suis passé du cachot à une cellule et que j'ai eu de quoi écrire, j'ai entrepris de coucher sur papier ce roman mental."
Le Lecteur inconstant suivi de Vie du Corbeau blanc, Carlos Liscano, trad. de l'espagnol par Martine Breuer et Jean-Marie Saint Lu, Belfond étranger, septembre 2011, 372 pp, 21 € (
Chronique sur ce blog: 7 septembre 2011
17:00 Publié dans High Tea dominical, Infusions | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |
21 janvier 2012
Visite de l'atelier de Christa Reniers
Temps maussade et pluie battante n'avaient pas entamé l'ardeur de 15 de nos lectrices (L'Evénement) , jeudi 19 janvier, qui se retrouvèrent, par une matinée bien avancée, en la boutique de Christa Reniers (Sablon - Bruxelles), pour une découverte des bijoux - bagues, colliers et quelques bracelets - de la créatrice.
Travaillant depuis plus de vingt ans, aux côtés de son épouse, Francis Mistiaen, évoqua le parcours de leur société, avec une modestie, une simplicité, une gentillesse et une passion ...confondantes. Sans embages, il confirma l'importance du bouche - à- oreille, et de la satisfaction d'une clientèle à la croissance exponentielle, les conséquences du tsunami japonais de 2011, qui gela pour un temps non encore révolu les relations établies avec des acheteurs nippons.

Responsable de la boutique du Sablon (rue Lebeau, 61) Madame Virginie de Borchgrave avait concocté un thé à la menthe exquis, agrémenté d' un assortiment de friandises, sablés, bouchées fondantes et pains à la grecques, issues d'enseignes gourmandes du quartier.

Passionnées par un travail dont elles apprécient les créations depuis plusieurs années, certaines lectrices se firent un plaisir visible de converser avec Christa Reniers

Egayées par les essais multiples des bagues presentées, les participantes bravèrent les sévices d'une pluie et d'un vent qui eurent raison des parapluies et brushings mais pas de l'enthousiasme ambiant et se rendirent dans l'antre de la création, située à quelque dix minutes de la boutique.
L'occasion pour Francis Mistiaen, aussi passionné que captivant, de développer, dans un français parfait, les étapes techniques de la création d'une bague .

Précédant la finition..finale, le polissage est une étape délicate qui exige une pratique avérée.
La visite des lieux s'acheva par celle, charmante et utile, du nouvel atelier d'Amor Mistiaen, fils de Christa Reniers et de Francis Mistiaen et son concept assez révolutionnaire de dépannage de vélo, à domicile (Velo Fixer, Mobile Bicyvle repair - www.velofixer.com). Armé d'un vélo de fabrication personnelle et géniale, le jeune homme répare les vélos au domicile ou au bureau de ses clients, dans un temps record. (région couverte: le pentagone bruxellois et les communes voisines)
AE
06:02 Publié dans Attitude Zen | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |
20 janvier 2012
Un immense lac blanc - Michèle Lesbre et Sabine Wespieser à La Librairie Point-Virgule

Invitation de la Librairie Point-Virgule, à Namur
La librairie Point Virgule vous invite ce mercredi 25 janvier à 20 heures
pour une rencontre exceptionnelle avec
l'éditrice Sabine Wespieser
et
la romancière Michèle Lesbre.

Après avoir longtemps travaillé chez Actes Sud, Sabine Wespieser a fondé la maison d'édition qui porte son nom en 2001. En dix ans, elle a construit un catalogue exigeant, qui défend une littérature tournée vers le monde. C'est à elle que nous devons la découverte d'auteurs aussi passionnants que Nuola O'Faolain ou Duong Thu Huong. Claire Keegan ou Jean Mattern, Kéthévane Davrichewy ou Diane Meur.
Sabine Wespieser sera accompagnée d'une auteure phare de sa maison, Michèle Lesbre. Au fil de ses romans, La petite trotteuse, Le canapé rouge, Un certain Felloni, Sur le sable, Michèle Lesbre s'affirme comme une voix qui compte dans la littérature française contemporaine. Son dernier livre, Un lac immense et blanc, revisite les thèmes qui lui sont chers : la mémoire, les départs, la perte des illusions et les rendez-vous manqués.
Ensemble, Sabine Wespieser et Michèle Lesbre évoqueront la relation d'un auteur à son éditeur, leurs parcours de lectrices, leur passion des livres et de la vie qui les habite.
Renseignements et réservations :
Librairie Point Virgule, Rue Lelièvre 1 à 5000 Namur - Tél. : 081 22 79 37
Avec le soutien du Service de la Promotion des Lettres
07:34 Publié dans Agenda | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |
19 janvier 2012
Au pays des kangourous
" Je vais faire attention à toi, papa. Je vais veiller sur toi. Je ne veux plus que tu te caches dans le lave-vaisselle.(...) Je veux t'entendre rire et sentir tes mains qui me chatouillent ou me soulèvent de terre."
Petit Prince en porte-à-faux d'un monde adulte qui se dérobe à lui, Simon doit gérer, d'un même élan, le départ de sa maman pour l'Australie, la dépression de son père, assortie d'une tentative de suicide et une vie un peu fantasque auprès de Lola, sa grand-mère.
C'est alors qu'il rencontre Lily, une enfant autiste,internée dans l'hôpital où est soigné son papa. En lui offrant son amitié, Lily tend à Simon les clefs d'accès et de compréhension du monde des grandes personnes. Un monde qui renferme un secret douloureux, un secret que Simon n'est peut-être pas prêt à entendre.
Le refuge dans le rêve, marqué typographiquement d'italiques, sera une autre planche de salut, dans l'approche progressive de la vérité. Il nous vaut de très beaux passages, dans lesquels, la métaphore est reine, habillant pudiquement des sentiments qui n'osent s'exprimer.
Une maman préfère-t-elle à son enfant le pays des kangourous?
"Je suis une chaussure qui attend le pied de Carole Ravine. Toutes mes jumelles m'ont assuré que son pied était fait pour moi. Parfois la vendeuse me sort de ma boîte pour une cliente qui a remarqué mon double en vitrine. Je n'ai pas d'yeux pour voir, mais un odorat très puissant me dit que la cliente n'est pas celle que j'espère. Je déforme son pied, j'arrive même à la faire trébucher jusqu'à ce que la vendeuse me range à nouveau dans mon lit. Et le jour où Carole Ravine est entré dans notre magasin, elle m'a choisi sans hésiter. Elle a glissé son pied avec élégance et je l'ai accueilli en connaisseuse. Mes jumelles avaient raison. Ce pied-là est fait pour moi."
Il arrive cependant que le pied dérape...
AE
Au pays des kangourous, Gilles Paris, roman, éditions Don Quichotte, janvier 2012, 250 pp, 18 €
Billet de faveur
AE: Gilles Paris, ce qui rend le roman particulièrement attachant, c'est le regard bienveillant que Simon porte, du haut de ses presque dix ans, sur le monde des "grandes personnes" Un monde qui perd plutôt pied. Quand le pied des adultes dérape, le bal de la vie s'enlise, est-ce à l'enfant d'en régler la chorégraphie?
Gilles Paris: Simon a en effet un regard bienveillant du haut de ses neufs ans, bien qu’il partage parfois l’avis de Lily, cette étrange enfant autiste, qui ne comprend pas toujours les grandes personnes. Après tout « les grandes décisions » se prennent sans son avis et aucun adulte ne sait lui expliquer les aléas de la vie à commencer par la dépression de son père que sa grand-mère Lola qualifie de « grippe ». Ce regard bienveillant il le tient à sa bonne constitution, sa curiosité, son sens de l’optimisme, et sa belle naïveté (au sens positif du terme. Pour la moi la naïveté est une très belle qualité humaine). Oui, je pense qu’il règle la chorégraphie (j’aime bien ce mot) à sa manière, avec ses mots, et dédramatise ainsi les situations difficiles qui, sans sa voix et sa version des faits seraient des plus douloureuses à lire. J’avais envie qu’on puisse avoir un regard différent sur la dépression, un bien vilain mot, une maladie surtout qui fait peur à chacun ou presque. Beaucoup de gens sont sur ce fil tangible entre raison et déraison et un rien peut tout faire basculer d’un jour à l’autre. La dépression est un miroir devant lequel personne, à juste titre, n’a envie de s’arrêter. Toutefois si on prend un peu de temps pour mieux comprendre, peut-être alors aurais-je gagné ce pari difficile qu’on puisse porter un autre regard, bienveillant, un peu comme Simon, très largement aidé par Lily, une fée, un ange gardien – comme on veut-, qui saura lui parler franchement, sans détour, avant la confession ultime du père, seule voix adulte dénouant les fils de la dépression et de l’histoire. L’alternance des rêves que Simon est capable de convoquer et ses conversations avec Lily au sein des hôpitaux donnent un sens à la destinée de Simon qui saura devenir peu à peu un enfant comme les autres, ce que veulent les enfants à cet âge. C’est bien plus tard qu’on aime ou souhaite se distinguer… Mais c’est une autre histoire !
Communiqué de ce mercredi 28 mars: "Le Prix Coeur de France 2012 a été attribué à Gilles Paris pour son roman Au pays des kangourous (éditions Don Quichotte).
Ce prix à vocation littéraire récompense un roman accessible au plus grand nombre. Il sera décerné officiellement le samedi 31 mars à 17 heures au salon du livre de Limoges, par les membres du Jury : Mesdames Madeleine Chapsal, Janine Boissard, Ève Ruggieri, Sonia Rykiel, Régine Deforges, Marie-Paule Barruche, et Messieurs Éric Portais et Gonzague Saint-Bris."
06:54 Publié dans Billet de faveur, Les chroniques d'Apolline Elter | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |
18 janvier 2012
Pourquoi la Grand-Place de Bruxelles est belle?
Conférence
Pourquoi la Grand-Place de Bruxelles est belle ?
Isabelle de Pange
Auteur de l’ouvrage ( éd. Aparté)
Mardi 24 janvier 2012 à 18 heures 30
Bibliothèque des Riches Claires
Rue des Riches Claires 24 - 1000 Bruxelles
Tél. 02/548.26.10 Fax : 02/548.26.48 bp1@brunette.brucity.be
http://www.bibliorichesclaires.be
Entré Libre
06:48 Publié dans Agenda | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |



























































































































