31 août 2011

GreenArt 2011 au Golf de Rougemont

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Candy Land - Léopoldine Roux 2008-2009 (coll. privée Jean Boghossian)

 

Avec pour thème ludique (et bien inspiré en cette fin d'été tristounette) de la couleur,  la deuxième édition de GreenArt réunit une trentaine d'oeuvres d'artistes contemporains, savamment réparties en bordure du golf  de Rougemont (Namur - Profondeville)  Une quinzaine de nos lecteurs (L'Evénement) eurent le joie de visiter le parcours, sous la conduite de Patricia De Zwaef, commissaire de l'exposition et de Marie-Christine Delforge, de Greenart.

Ré et Touraine 2011 001.jpgInaugurant le circuit de découverte:  les bubbles stones de Léopoldine Roux, pétillante artiste d'origine française, versée dans l'art urbain, qu'elle inonde de coulées, confirment une volonté établie de "voir la ville en rose"

Ré et Touraine 2011 010.jpgUne coulée moulée sur muret.

(Léopoldine Roux)

 

 

 

 

 

 

 

 Ré et Touraine 2011 012.jpgRé et Touraine 2011 013.jpgHistorienne de l'Art et experte en art contemporain auprès de l'agence artistique Tempera (Grand-Duché de Luxembourg), Patricia De Zwaef se fit l'écho des artistes, situant la genèse de leurs oeuvres et la  place de celles-ci  dans le parcours de leurs auteurs.

Ré et Touraine 2011 017.jpgAu départ d'un alphabet de signes de son cru, François HUON enchaîne les formes en enfilade dynamique.

Ré et Touraine 2011 018.jpgL'univers d'Isabelle Visse est  un art tribal constitué de totems et d'une technique alliant la peinture et la gravure sur bois.

Ré et Touraine 2011 024.jpgLes structures mobiles permettent aux visiteurs d'imprimer leur marque à la physionomie de l'oeuvre.

Ré et Touraine 2011 025.jpgRé et Touraine 2011 026.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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  Venu spécialement d'Anvers, Christian LEYSEN, Président de GreenArt accueillit chacun des visiteurs, expliquant à l'assemblée, l'origine de la vocation artistique imprimée - provisoirement - aux greens du golf et le principe de la sélection des artistes (Photo: Christian Leysen - Marie-Christine Delforge)

 

Ré et Touraine 2011 036.jpgAvec des citations livresques pour noms de ses oeuvres (technique mixte - résine) Florence Hoffmann crée un jeu de regards et de percées équidistantes à travers des pièces expressément créées pour

le parcours.

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Ré et Touraine 2011 040.jpgPorteuses d'un vent de départ, les voiles de Babette Baibay conclurent une promenade riche en découvertes que les participants se firent un plaisir de confronter autour d'un drink convivial et pétillant de Perles de Wallonie (Domaine du Chenoy)

Apolline Elter

Site de GreenArt: www.greenart2011.be

00:32 Écrit par Apolline Elter dans Attitude Zen | Commentaires (2) | Envoyer cette note |  Facebook |

30 août 2011

Les Souvenirs

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«  Il ne fallait pas forcément courir après des idées, s’acharner sur des brouillons, c’était au roman de faire les premiers pas. Il fallait être dans de bonnes conditions pour le recevoir quand il frapperait à la porte de l’imagination. Les mots avançaient vers moi avec la grâce de leur invisibilité. »

 

Les fans de David Foenkinos ne seront pas déçus qui retrouveront leur écrivain-fétiche au rendez-vous de la rentrée et de lui-même.

 Excellant dans la veine de l’attachante (auto)-dérision,  d’un quotidien plutôt terne et d’un loufoque irrésistible, le narrateur propose un florilège de …souvenirs, mus par le  départ de sa grand-mère pour une maison de retraite- il lui est très dévoué - une idylle naissante et une vocation embryonnaire pour le métier d'écrivain.

 

Soixante-huit chapitres s’enchaînent comme les mailles d’un récit ininterrompu- exeunt les sauts de pages -  conclu chacun de l’évocation d’un souvenir attaché au narrateur  ou à un surprenant protagoniste : Lazare, Claude Lelouch,  Aloïs Alzheimer, Vincent Van Gogh..

 Une fresque émouvante, déconcertante et drôle de la complicité qui peut unir des générations éloignées.

 

 Apolline Elter

  Les souvenirs, David Foenkinos, roman, Gallimard, août 2011, 266 pp, 18,5 €

 

06:19 Écrit par Apolline Elter dans Les chroniques d'Apolline Elter | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

29 août 2011

Incisive pensée

"Un couteau sans lame auquel manque le manche"

(G-Chr Lichtenberg)

Pour certains, le bilan (météo) de l'été

Pour votre blog préféré, le retour des blondes pensées

Et pour nos têtes blondes, la perspective de la rentrée......

Apolline, Les pensées incisives du lundi

 

07:54 Écrit par Apolline Elter dans Les pensées d'Apolline | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

28 août 2011

Rien ne s'oppose à la nuit

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«  A Noël, à Pâques, pour le pont de l’Ascension, celui de la Pentecôte ou de la Toussaint, nous continuions d’aller à Pierremont, où notre famille se retrouvait généralement en grand comité, oncles, tantes, frères, sœurs, cousins et cousines, auxquels s’ajoutaient toujours quelque ami(e) un peu pâlichon(ne), dépressif (ve) ou carencé(e) en globules rouges.

   Liane et Georges n’ont jamais perdu le goût des grandes tablées. Quand il y en avait pour quinze, il y en avait pour vingt. »

Rien ne s’oppose à  la nuit, Delphine de Vigan, roman, JC Lattès, 24 août 2O11, 438 pp, 19 €

17:00 Écrit par Apolline Elter dans High Tea dominical, Infusions | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

27 août 2011

Rien ne s'oppose à la nuit

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Retenez ce titre, énigmatique, tout droit jailli de la célèbre chanson d'Alain Bashung ,"Osez Joséphine" car il ouvre les pages d'un roman magnifique. Bouleversant. Un roman fort de la rentrée littéraire. Je vous le recommande sans restriction aucune.

Un roman? Vraiment?

« J’écris  à cause du 31 janvier 1980 »

« Lucile est devenue cette femme fragile, d’une beauté singulière, drôle, silencieuse, souvent subversive, qui longtemps s’est tenue au bord du gouffre, sans jamais le quitter tout à fait des yeux, cette femme admirée, désirée, qui suscita les passions, cette femme meurtrie, blessée,  humiliée, qui perdit tout en une journée et fit plusieurs séjours en hôpital psychiatrique, cette femme inconsolable, coupable à perpétuité,  murée dans sa solitude. »

Découvrant le cadavre de Lucile, sa mère, cinq jours après son suicide, la narratrice entreprend de reconstruire sa vie, au départ des témoignages qu'elle peut rassembler à son sujet: photos, lettres, fragments de manuscrits, souvenirs ancrés dans la mémoire familiale, ... Il lui faut, pour ce faire, étirer le fil d’une jeunesse, en apparence  joyeuse et bohème, au sein d’une fratrie nombreuse et d’une famille un peu fantasque.

«  J 'aurais voulu donner à lire les multiples étés que Liane et Georges ont passés avec leurs enfants sur les plages du sud, en France, en Italie ou en Espagne, cette capacité que Georges avait de vivre au-dessus de ses moyens, de dénicher des endroits  à sa démesure et au moindre coût, d’y entraîner sa tribu, sur laquelle se greffait toujours quelque cousin jugé pâlichon ou voisin carencé en globules rouges. » 

Mais derrière l’imagerie d’Epinal des grandes tablées familiales, bruyantes et enjouées,  se tissent les éléments d’une malédiction et d’un naufrage inéluctable. En point de mire, Georges, patriarche de la famille Poirier, dont le portrait, contrasté, porte en lui, le germe des dérives.

Oscillant entre l’émotion forte de descriptions denses et construites –  l’écriture de Delphine  de Vigan est précise, travaillée, loyale …royale, son style, lumineux - et le soulagement amusé de descriptions légères, comiques de scènes de la mythologie familiale, le lecteur se sent peu à peu aspiré dans la tribu « Poirier », ses non-dits, son humanité.

L’hommage tragique, honnête et beau d’une fille à sa mère

A découvrir de toute évidence. Un ouvrage-phare et fort de la rentrée littéraire. De votre bibliothèque personnelle.

Apolline Elter

Rien ne s’oppose à  la nuit, Delphine de Vigan, roman, JC Lattès, 438 pp, 19 €

Prix littéraires: Prix du roman Fnac (31.8.2011)

 

Billet de ferveur

 

« J’écris ce livre parce que j’ai la force aujourd’hui de m’arrêter sur ce qui me traverse et parfois m’envahit, parce que je veux savoir ce que je transmets, parce que je veux cesser d’avoir peur qu’il nous arrive quelque chose comme si nous vivions sous l’emprise d’une malédiction, pouvoir profiter de ma chance, mon énergie, ma joie, sans penser que quelque chose de terrible va nous anéantir et que la douleur, toujours, nous attendra dans l’ombre. »

AE : Delphine de Vigan, à plusieurs reprises, vous vous interrogez sur le bien-fondé de votre démarche ; avoir mené à bien (à tellement bien…) la rédaction de ce récit vous apporte-t-il cette sérénité escomptée ?

Delphine de Vigan : Je n’envisageais pas l’écriture de ce livre comme une démarche thérapeutique mais il est vrai qu’il s’est imposé à moi comme quelque chose d’incontournable. Je suis fière que ce livre existe, c’est important pour moi d’être allée au bout. En tant qu’auteur, il me semble que chaque livre achevé est une victoire, celui-ci peut-être un peu plus qu’un autre.

AE : Votre sœur, vos tantes.., ont collaboré à votre entreprise. Comment accueillent-elles la publication ?

Delphine de Vigan: Ma sœur est la seule à avoir lu le texte sur manuscrit et elle est la seule qui aurait pu m’arrêter dans ma démarche. J’ai modifié quelques détails à sa demande. Les frères et sœurs de ma mère ont accueilli le livre avec beaucoup de chaleur, de respect pour mon travail d’écriture malgré leurs inquiétudes. Ils ont été formidables.

AE : Dans l’ombre de Georges, le patriarche, le tout-puissant, abusif et attachant   « cet homme  qui aurait pu se contenter d’être un père merveilleux », il y a Liane, lumineuse grand-mère, dont le portrait (il ne manque à son prénom que le « p » d’Epinal)  a juste un goût de « trop peu » : une femme amoureuse, stoïque et soumise, sportive, excentrique et généreuse, mère de famille nombreuse, …. Saura-t-on jamais ce qu’elle a  réellement  enduré à travers les épreuves et deuils que la vie lui a réservés ?

Delphine de Vigan : Non, nous ne le saurons jamais. Ma grand-mère était, je crois, telle que je la décris et mes proches ont aimé ce portrait d’elle, haut en couleurs au sens propre du terme. Ma grand-mère était la personne la plus solaire, la plus lumineuse que j’ai rencontrée, la plus limpide en apparence. Sa foi et sa candeur l’ont protégée, et son énergie n’avait d’égale que sa gaité. Mais elle abritait aussi sans aucun doute une part d’ombre, à laquelle nous avons rarement eu accès. Il est évident qu’elle a beaucoup souffert. Elle avait décidé une bonne fois pour toutes de se tenir debout, et, consciemment ou pas, de ne pas voir un certain nombre de choses qui l’auraient littéralement tuée.

AE : Il y a Georges, il y a Pierremont. LA maison familiale, sa salle de bains bleue, sa cuisine jaune et ses  grandes tablées familiales, toutes générations confondues. Qu’est-elle aujourd’hui devenue ?

Delphine de Vigan : Lorsque ma grand-mère est morte, la maison était en très mauvais état. Aucun des frères et sœurs de ma mère n’avait les moyens de l’entretenir. Elle a été mise en vente et elle était préemptée par la Mairie. Comme je le raconte dans le livre, cette maison se trouve (ou se trouvait) dans le prolongement d’une route et le projet de la raser pour prolonger cette route existait depuis des années. Mon grand-père s’est énormément battu pour l’éviter. Une fois achetée par la Mairie, il était prévu que la maison soit rasée. Aucun de nous ne s’est renseigné pour savoir si cela avait déjà été fait. Je crois que l’idée est trop douloureuse.

AE : Quelle est votre madeleine de Proust ?

Delphine de Vigan : en ce qui concerne Pierremont et ma famille, ma madeleine s’appelle le Gâteau Anna. C’est un gâteau aux fruits que ma grand-mère faisait et que nous faisons tous, avec beaucoup de beurre !

 

06:27 Écrit par Apolline Elter dans Billet de faveur | Commentaires (2) | Envoyer cette note |  Facebook |

26 août 2011

Green'Art 2011

C'est à un parcours inédit que le Golf de Rougemont (Belgique - Province de Namur) vous convie. Boostée par le succès de sa première édition (2008), l'asbl Green'Art  Rougemont, présidée par Christian LEYSEN, a invité six artistes, belges, français et luxembourgeois, à créer des oeuvres uniques pour le terrain. Babette Babay, Laurent Berbach, Florence Hoffmann, François Huon, Léopoldine Roux et Isabelle Visse déclineront ainsi des univers, variés et colorés, qui iront de la réalisation légère, éphémère, tribale aux structures monumentales façonnées au départ de matériaux industriels.

Une visite privée du parcours, menée par Patricia De Zwaef,  commissaire de l'exposition, est organisée pour 15 lecteurs de L'Evénement (modalités d'inscriptions dans l'Evénement de juillet/août). Rendez-vous bientôt pour un compte rendu illustré de la visite.

AE

Site : www.greenart2011.be

06:41 Écrit par Apolline Elter dans Agenda, Agenda, Attitude Zen, Attitude Zen | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

25 août 2011

Un jour, je suis morte

un-jour-je-suis-morte.jpg" Les femmes qui n'enfantent pas sont des erreurs. Des déviantes, veuves d'elles-mêmes."

Verdict fatal, impitoyable que s'assène l'écrivain, actrice, face à son "infertilité mortifère". Depuis ce jour où une fausse couche met un terme irrévocable à  son espoir de maternité, sa vie devient sursis, mascarade d'euphorie, masque d'énergie mise au service des autres.

" Je suis de la race des troubadours. Je suis là pour vous distraire, pour vous émouvoir, et vous apaiser. Votre paix sera la mienne, mon succès est dans vos yeux pétillants de rire ou de larmes sans conséquences."

Promu destinataire d'une confidence vitale, d'un cri de douleur modulé avec une poignante lucidité, le lecteur ne devrait-il protester? La vie n'a-t-elle de sens que dans l'enfantement?

" Ma déveine ne sert à rien, mais ma souffrance peut servir. Si une seule femme hésitante, en me lisant, prend la décision de faire un enfant, si elle va, le coeur léger, accomplir son destin de femme, alors j'aurai servi à quelque chose.

   Alors tous les enfants de la Terre seront mes enfants, j'aurai gagné ma mort prématurée."

Une lettre longue, saisissante, dérangeante, sincère et ...bouleversante.

Apolline Elter

Un jour, je suis morte, Macha Méril, Albin Michel, 2008, 113 pp, 12 €

 

07:00 Écrit par Apolline Elter dans Les chroniques d'Apolline Elter | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

24 août 2011

Bajazet

 

 

996531-gf.jpgBajazet

Cékisa?

Héros radical, racinien si vous préférez - aux prises avec un dilemne cornélien - le turc Bajazet doit choisir entre son amour pour la douce Atalide et la gloire (assortie d'unevie sauve) que lui apportera  son mariage avec la fière Roxane. Roxane, la sultane. Cela s'entend.

La situation est compliquée, la fin, tarabiscotée, les quelque 1800 alexandrins, un peu lourds en pieds.

La pièce fut un triomphe lors de sa Création, le 5 janvier 1672.

Et bien tant mieux.

Notons que la présentation du texte, annotations et commentaires réalisés par Marie-Claude Canova-Green pour les Petits Classiques Larousse est  avenante, tant qu'à faire, conseillée: claire et structurée, elle cadre le propos dans l'ambiance de l'époque, et pose les questions qui mûrissent les réflexions.

Ce billet conclut  - pour cette année - nos "Estivales de l'Ermitage". On ne peut vous donner meilleure envie d'aborder la rentrée....

Apolline Elter

Bajazet, Racine, 1672 - texte intégral présenté, annoté et commenté par Marie-Claude Canova-Green, Petits classiques Larousse, 2009

07:24 Écrit par Apolline Elter dans Les Estivales de l'Ermitage | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

23 août 2011

Le secret du masque maya

9782258086463FS.jpgProfitons des quelques derniers jours  - hélas - de nos Estivales de l'Ermitage pour évoquer un roman, paru le 7 juillet, aux Editions des Presses de la Cité.

En voici l'argument (aimablement communiqué par l'éditeur):

"Conservatrice au département des antiquités égyptiennes du Louvre, Nicole Pascal est appelée à expertiser un trésor mis au jour au Mexique, sur lequel des inscriptions mayas ont été découvertes. Nicole comprend rapidement que celles-ci mènent au masque de jade qui, selon la légende, renfermerait l'ensemble des pouvoirs et des connaissances des dieux mayas. La légende dit aussi que le masque ne reviendra aux mains des hommes que lorsque les dieux auront jugé le moment opportun. L'interprétation complexe du calendrier maya sera donc déterminante pour calculer la date à laquelle cet événement aura lieu. Pour résoudre cette énigme, Nicole devra affronter bien des périls dans une jungle luxuriante où les frontières entre l'homme et l'animal semblent parfois s'estomper..."
 
L'auteur: Juan Martorell est né à Madrid. Après avoir enseigné la géologie à l'Université, il a créé une entreprise d'art graphique.

07:05 Écrit par Apolline Elter dans revue de presse | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

22 août 2011

Méthodologie sévignéenne

Méthodologie sévignéenne

 

  A Paris, vendredi 11 mars [1672]

 

"  J’ai entrepris de vous écrire aujourd’hui la plus petite lettre du monde ; nous verrons. Ce qui rend celles du mercredi un peu infinies, c’est que je reçois le lundi une de vos lettres ; j’y fais un commencement de réponse à la chaude. Le mardi, s’il y a quelque affaire ou quelque nouvelle, je reprends ma lettre et je vous mande ce que j’en sais. Le mercredi, je reçois encore une lettre de vous ; j’y fais réponse et je finis par là. Vous voyez bien que cela compose un volume. Quelquefois même il arrive une singulière chose, c’est qu’oubliant ce que je vous ai mandé au commencement de ma lettre, j’y reviens encore à la fin, parce que je ne relis ma lettre qu’après qu’elle est faite, et quand je m’aperçois de ces répétitions, je fais une grimace épouvantable. Mais il n’en est autre chose, car il est tard ; je ne sais point raccommoder et je fais mon paquet. Je vous mande cela une fois pour toutes pour que vous excusiez cette radoterie"

     

Extrait de Madame de Sévigné - Correspondance (I) (mars 1646-juillet 1675) - texte établi, présenté et annoté par Roger Duchêne, Gallimard, La Pléiade  (1972)

 

 

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