31 janvier 2011

Conseil

"Il vaut mieux parfois ne demander conseil que celui qu'on est certain de suivre"

Apolline, Les conseils inspirés du lundi

06:56 Écrit par Apolline Elter dans Les pensées d'Apolline | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

30 janvier 2011

Colette et le vin

Il serait dommage de quitter Colette et ses 3 days sans un High Tea versé dans la divine boisson.

 

 Consacrant des pages superbes à son amour pour le vin, Colette dit avoir été très bien élevée, très  - NDLR : trop -  tôt initiée à la dégustation du vin…  :

« J’ai été très bien élevée. Pour preuve première d’une affirmation aussi catégorique, je dirai que je n’avais pas plus de trois ans lorsque mon père me donna à boire un plein verre à liqueur d’un vin mordoré, envoyé de son Midi natal : le muscat de Frontignan.

Coup de soleil, choc voluptueux, illumination des papilles neuves ! Ce sacre me rendit à jamais digne du vin. Un peu plus tard  j’appris à vider mon gobelet de vin chaud, aromatisé de cannelle et de citron, en dînant de châtaignes bouillies.  A l’âge où l’on lit à peine, j’épelai, goutte à goutte, des bordeaux rouges anciens et légers, d’éblouissants yquem. Le champagne passa à son tour, murmure d’écume, perles d’air bondissantes, à travers des banquets d’anniversaire et de première communion, il arrosa les truffes grises de la Puisaye…Bonnes études, d’où je me haussai à l’usage familier et discret du vin, non point avalé goulûment, mais mesuré dans des verres étroits, absorbé à gorgées espacées, réfléchies.

C’est entre la onzième et la quinzième année que se parfit un si beau programme éducatif. Ma mère craignait qu’en grandissant je ne prisse les « pâles couleurs ». Une à une  elle déterra de leur sable sec, des bouteilles qui vieillissaient sous notre maison, dans une cave – elle est, Dieu merci, intacte – minée à même un bon granit.  J’envie, quand j’y pense, la gamine privilégiée que je fus. Pour accompagner  au retour de l’école mes en-cas modestes – côtelette, cuisse de poulet froid ou l’un de ces fromages durs, « passés » sous la cendre de bois et qu’on rompt en éclats, comme une vitre, d’un coup de poing – j’eus des château-larose, des château-lafitte, des chambertin et des corton qui avaient échappé, en 70, aux « Prussiens ». Certains vins défaillaient, pâlis et parfumés encore comme la rose morte ; ils reposaient sur une lie de tannin qui teignait la bouteille, mais la plupart gardaient leur ardeur distinguée, leur vertu roborative. Le bon temps !

J’ai tari le plus fin de la cave paternelle, godet à godet, délicatement…Ma mère rebouchait la bouteille entamée, et contemplait sur mes joues la gloire des crus français »

Prisons et paradis, Fayard 1932 (nombreuses rééditions, dont Le Livre de Poche, pp 49-50)

 

 Les High Teas dimanche PM 

Chaque dimanche, dès 17 heures, savourez quelque infusion, quelque extrait d'oeuvre, de DVD, présenté dans son contexte. Une façon de (re)découvrir des oeuvres, qui transcendent l'actualité littéraire 

Notre High tea du jour

théière high tea.jpg Aujourd'hui, c'est dimanche ..et il fait beau.

Gorgez-vous de soleil et d'un High Tea qui tournera - très provisoirement - les pages gourmandes consacrées à COLETTE

Rendez-vous, comme chaque dimanche, dès 17 heures sur le blog.

Portez-vous bien d'ici là!

Apolline Elter

05:45 Écrit par Apolline Elter dans Agenda, High Tea dominical | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

29 janvier 2011

Colette gourmande

 

S'il est un trait majeur de la personnalité de Gabrielle-Sidonie Colette, c'est bien celui de la gourmandise. Laquelle, déclinée dans toutes les circonstances de la vie - quand on aime, on ne compte pas - fit valoir à l'écrivain une réputation ..sulfureuse et une mise à l'index inéluctable. Mariée trois fois, liée à Missy, marquise lesbienne qui lui fit don d'une propriété en Bretagne, Colette fut tôt élevée dans le goût des saveurs authentiques. Sido, mère aimante, craignait par-dessus tout que sa progéniture ne manquât d'une juste nourriture.

Spécialiste des formes littéraires du goût, Marie-Christine Clément s'est penchée, des années durant, sur la personnalité et l'œuvre de Colette, traquant à travers ses écrits et les précieux témoignages de Pauline Tissandier, cuisinière encore en vie fin des années '80, les recettes les plus conformes aux propres réalisations de l'auteur.

Consacrant la première partie de l'ouvrage à une biographie riche et étayée d'extraits d'œuvres délicieusement choisis, Marie-Christine  Clément s'est ensuite assuré la complicité de son mari,  Didier Clément - le couple préside,  aujourd'hui encore, aux destinées de l'hôtel du Lion d'or de Romorantin - pour reconstituer une centaine de recettes-phares de l'écrivain, farcies, quand point trop s'en faut,  de cet ail qu'elle avait "homicide".

Les recettes, agrémentées d'extraits d'atmosphère invitent le  lecteur à la table d'un écrivain majeur du siècle passé.

Un ouvrage riche, harmonieusement illustré de photographies d'André Martin et d'époque, véritable trésor pour illustrer les rapports entre l'écriture, la littérature et la table.

Je vous le recommande chaleureusement,

Apolline Elter

Colette gourmande, Marie-Christine et Didier Clément, Albin Michel, 1990, 3 rééditions,  208 pp, 52 €

Billet de saveurs

AE : Votre opus, Marie-Christine Clément, est né d’un coup de cœur pour l’écrivain qu’était Colette, la précision de sa prose et la justesse de ses remarques sur le goût. Comment êtes-vous venue à elle ?

Marie-Christine Clément :

Je devais préparer une thèse de doctorat sur le thème de la nourriture chez Proust. Proust est un Dieu et comme étudiante en littérature, il n’y avait qu’un écrivain digne de ce nom à étudier, lui. Mon directeur de thèses a eu l’intelligence de me dire de mettre plusieurs écrivains du début XXème siècle à mon programme de lectures avant de commencer et il se trouve que j’ai commencé, non sans quelque dédain à l’époque, par lire Colette. Dès la première page, ce fut un coup de foudre !  J’ai immédiatement ressenti sa sensualité et, au choix de son mot précis, ajusté comme une lame sur la sensation, je me suis immédiatement dit que cette femme-là savait manger. Je ne pouvais me douter alors combien j’avais raison. J’ai aussitôt perçu une expression où je retrouvais la justesse des sensations que je pouvais vivre de mon côté au quotidien, en tant que professionnelle. Colette n’est pas seulement un écrivain du goût ; elle est L’écrivain du goût, celle qui a écrit en gourmet, faisant de sa vie une dégustation de chaque instant, que ce soit une dégustation de couleurs,  de lumières, d’odeurs, d’amours, de bêtes, de nourritures, de mots… 

AE : Les recherches biographique, bibliographique, l’établissement des recettes, l’organisation de cet ouvrage, remarquablement illustré des photos d’atmosphère d’André Martin, cela a dû prendre un temps considérable :

Marie-Christine Clément : J’ai mis 3 ans pour composer cet ouvrage. Cela a été une véritable quête aussi bien qu’une enquête minutieuse. J’ai d’abord lu toute l’œuvre de Colette y compris ses nombreuses correspondances. J’ai établi à partir de ses écrits une liste de plats que j’ai ensuite soumis à Pauline Tissandier, sa fidèle cuisinière, qui était alors encore en vie et qui a bien voulu me recevoir. Nous avons passé côte à côte de nombreux après-midi autour de la table de sa cuisine et Pauline m’a confié ses petits secrets. Mon mari a ensuite écrit les recettes selon ses indications. Dans un second temps, il a fallu retrouver sa vaisselle, son linge, son argenterie. J’ai parcouru la France entière à la recherche de descendants de ses amis qui pouvaient avoir ses objets entre les mains puis j’ai consciencieusement rapporté chaque objet dans la maison qui lui seyait et ai « remis le couvert », dressé la table dans chacune de ses « provinces » comme elle disait, comme elle le faisait, à sa façon propre. L’un des plus beaux souvenirs reste la table de la Treille muscate dressée sous cette tonnelle de glycine, ce manteau de verdure devra-t-on plutôt dire, dans une lumière mordorée, magique.

AE : Vous présidez, avec votre mari, Didier Clément, aux destinées du Grand Hôtel du Lion d’Or, à Romorantin-lanthenay (www.hotel-liondor.fr), y créez-vous parfois des événements dédiés à Colette ?

Marie-Christine Clément : Nous faisons plutôt des clins d’œil réguliers à Colette. Dans l’une de nos chambres trône son portrait en cuisinière et elle fut tellement présente parmi nous en esprit qu’il ne se passe pas de jours sans que nous parlions d’elle et que nous évoquions sa gourmandise. Mais dans notre maison, mon mari présente sa cuisine, une cuisine d’auteur, qui n’a rien à voir avec la cuisine ménagère et bourgeoise de Colette qui correspond à son époque.  

AE : Rêveriez-vous d’y recevoir Gabrielle-Sidonie Colette ?

Marie-Christine Clément : Ce serait une belle gageure ! J’ai eu l’occasion de recevoir dernièrement Marie Rouanet et de dîner en tête à tête avec elle. Nous avons passé un dîner merveilleux… Marie est aussi une amoureuse de la bonne chère et une vraie bonne cuisinière. Avec Colette, je ne sais même pas si j’aurais osé m’asseoir avec elle à table. Je crois que malgré plus de dix ans passés avec elle à l’étudier, elle m’intimide encore…

 

28 janvier 2011

Un agenda riche et varié

agenda.jpgCette fin de janvier sera riche en propositions variées.

Je vous les soumets, que vous picorerez, à votre gré.

Et je vous donne rendez-vous, demain, dès potron minet pour le billet de saveurs consacré à Colette gourmande (Marie-Christine et Didier Clément)

Apolline E.

07:21 Écrit par Apolline Elter dans Agenda | Commentaires (2) | Envoyer cette note |  Facebook |

La femme de l'homme au chapeau boule

244060_1.jpgDu 27 janvier au 27 février 2011, le Poème 2 vous propose:
 
"La femme de l'homme au chapeau boule"
 
de Patrick Roegiers
 
Un portrait inédit de Magritte (Baptiste Blampain) peint par Georgette (Aurore Roegiers), son épouse.
 
Renseignements et réservations:
Poème 2 (Théâtre-Poème)
30 rue d'Ecosse - 1060 Bruxelles
Tél: 02.538.63.58

07:10 Écrit par Apolline Elter dans Agenda | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

Maylis de Kerangal

Naissance d'un pont

 

Le mercredi 2 février à 20 heures,

la librairie Point Virgule vous invite à rencontrer

Maylis de Kerangal

à l’occasion de la parution de son roman

« Naissance d’un pont »,

prix Médicis 2010 (éditions Verticales).

Communiqué:  

C’est l’événement de la dernière rentrée littéraire. « Tout le monde sur le pont ! », titrait la une du Monde des livres. Critiques unanimes et lecteurs enthousiastes soulignent l’ambition, l’audace et la réussite de « Naissance d’un pont ». Puis vient la saison des prix. Maylis de Kerangal figure sur la dernière liste des Prix Goncourt, Médicis, Décembre, Flore. Ce sont finalement les jurés du Médicis – « Maydicis », titre Libération – qui viennent couronner le roman.

 Maintenant que cette agitation médiatique est retombée reste l’évidence : avec « Naissance d’un pont », Maylis de Kerangal a écrit une œuvre qui frappe par sa puissance d’évocation, son style ébouriffant, sa capacité à s’emparer du réel. Une réussite dont cette jeune femme généreuse, auteur de cinq romans déjà et membre du collectif Inculte, viendra nous partager les secrets."

 Renseignements et réservations :

Librairie Point Virgule, Rue Lelièvre 1 à 5000 Namur

Tél. : 081 22 79 37 – info@librairiepointvirgule.bewww.initiales.org

Avec le soutien du Service de la Promotion des Lettres de la Communauté Française

 

07:10 Écrit par Apolline Elter dans Agenda | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

Bonbeck, la revue réservée aux Popeyes en culottes courtes

 Allons z'enfants...

Sortie, ce 19 janvier, du deuxième numéro de Bonbeck, "la revue pour enfants qu rend jaloux, les parents."

Public cible: les 5-10 ans, qui sous le thème générique et de saison du froid découvriront une revue dynamique et une sélection d'histoires, énigmes, jeux, dessins,ateliers de bricolage et de cuisine...tel ce gâteau au chocolat et poivron rouge, par trop ..."mortel"

Bonbeck éditions - www.bonbeck.fr 15 €  le numéro.

07:10 Écrit par Apolline Elter dans Agenda, zenfantillages | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

27 janvier 2011

A la table de Colette et d'un libraire généreusement toqué

Le Libraire Toqué 011.jpg

"Cuisiner suppose une tête légère, un esprit généreux et un coeur large" - Colette

Le Libraire Toqué 029.jpg

Un adage que Benoît Cloës(Le "libraire toqué" - photo)  fit sien, concoctant, ce lundi 24 janvier, un atelier-cuisine particulièrement fabuleux, Le Libraire Toqué 026.jpg dédié à Gabrielle-Sidonie COLETTE,  à sa Bourgogne natale et ..aux lecteurs du magazine l'Evénement.

Avé la complicité avenante,  méridionale  et diantrement intéressante de Thierry STASIUK , chef à la Résidence "Les jardins d'Ariane" (Bruxelles), Le libraire déclina un "Episode en trois actes" de recettes issues de l'ouvrage Colette gourmande, de Marie-Christine et Alain Clément (rendez-vous, ce samedi pour la chronique de ce remarquable opus), revisitées à la faveur de l'air du temps et du marché...namurois.

 

Aux fameux beignets d'aubergines proposés en mise-en-bouche et agrémentés d'un crémant de Bourgogne succéda un oeuf mollet au vin rouge assorti de conseils "pro" des mieux venus.

 

Le Libraire Toqué 014.jpg

Le Libraire Toqué 018.jpg

 

Le Libraire Toqué 039.jpg

La présentation de la vie et de l'oeuvre de Colette (A.Elter)  ponctuée de la lecture d'extraits..fondants fut l'occasion anticipée de célébrer le 138e anniversaire de l'écrivain, née à Saint-Sauveur-en-Puisaye (Yonne), le 28 janvier 1873

 

Le Libraire Toqué 030.jpg

Incursion sublime dans l'univers oriental, cher à l'auteur et à ses célèbres pantomimes, la dégustation du filet d'agneau en croûte d'olives, d'ail - forcément! - de citrons confits constitua un moment d'exception - et de silence recueilli -pour les papilles comblées des participants. Il était accompagné d'une ratatouille vernissée de dés de courgettes, poivrons et aubergines et de pommes grenailles "tapées" à la mode de Marc Meneau (L'espérance - Vezelay). L'occasion pour Benoît Cloës de se rappeler les souvenirs d'un stage initiatique auprès du célèbre chef bourguignon.

Le Libraire Toqué 042.jpg

Le plat fut servi avec une infusion de thé de menthe légèrement sucrée, reposant intermède à la dégustation du bourgogne d'entrée et du sabayon au vin d'orange qui conclut - bien au-delà de l'horaire prescrit - une soirée joyeusement festive.

Le Libraire Toqué 050.jpg

Conquis par l'accueil de Benoît Cloës et de Thierry Stasiuk, les participants se quittèrent, ravis de la découverte de cet antre gastronomique et bien décidés à y revenir..

Apolline Elter

 

 

 

 

 

 

 Le Libraire Toqué - 3 rue du Marché à B- 5000- Namur

(Ouvert du lundi au samedi, de 10h à 18h et le mardi, de 12h à 18h)

Tél: 003281.65.65.30

Site web: www.lelibrairetoque.be

06:32 Écrit par Apolline Elter dans Attitude Zen, Gourmandises | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

26 janvier 2011

Le pays de l'absence

Oscillant entre la forme de la lettre - "cette  "conversation en absence", chère à la  marquise de Sévigné - et celle de la narration, le roman  de Christine Orban plonge le lecteur au coeur de la maladie d'Alzheimer et de ses ravages. La mère de la narratrice perd ses repères et les moyens de donner le change.

Condamnée, la tentative de dialogue est l'occasion, pour la narratrice, de défiler le cordon de la relation à sa mère. Une relation qui,  d'emblée,  signée de souffrance et de culpabilité,  se déconnecte désormais dans les limbes d'un cerveau nébuleux.

" Quelle est cette maladie cruelle qui oscille entre normalité et folie? "

Le choix devient supplice, la fille devient mère, arbitre de questions, angoisses, renoncements  et caprices inlassablement répétés et d'un vide invasif.

Lancé sur le papier comme une bouée à la mer, le dialogue échoit et échoue au pays de l'absence.

Apolline Elter

Le pays de l'absence, Christine Orban, roman, janvier 2011, 170 pp, 15 €

06:09 Écrit par Apolline Elter dans Les chroniques d'Apolline Elter | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

Toutes les notes