31 décembre 2010

Tous les livres qu'il faut avoir lus dans sa vie

Sympathique almanach que publient les Editions 365, sous la plume de Delphine Gaston.

A savoir: chaque jour,  un incontournable de la littérature est présenté  qui embrasse un vaste panel (de chefs-)  d'œuvres, de l'Antiquité à nos jours. Le choix paraît judicieusement éclectique qui permet au licencieux Satiricon, attribué à Pétrone de côtoyer Candide (Voltaire) Les Frères Karamazov (Dostoïevski) et  Guillaume Musso (Et après...).

Sympathique aussi la présentation de chaque œuvre, qui après en avoir campé l'auteur et la place au sein de la littérature, en propose l'argument "En quelques mots" et quelques détails croustillants, "Le saviez-vous?", qui vous permettront de ne pas prendre le métro idiot...

Vous apprendrez ainsi, en rame du 12 avril, que l'auteur d' "Et si c'était vrai" (Marc Levy) a écrit entre autres chansons, le "T'aimer si mal" interprété par Johnny Halliday...

Sympathique enfin le boitier cartonné qui permet de conserver le frais fruit de sa culture, sitôt la page du jour arrachée.

Un coup de cœur.

Apolline Elter

De Phèdre à Twilight, de Platon à Guillaume Musso. Tous les livres qu'il faut avoir lus dans sa vie, Delphine Gaston, Editions 365, coll. les Alamniaks, jour par jour, oct. 2010, 12,9 €

Billet de faveur:

AE: Delphine Gaston, votre choix témoigne d'une connaissance approfondie de la littérature. Etes-vous une dévoreuse de livres invétérée?

Delphine Gaston: Cela vient de mon enfance ! Mes parents m'ont élevée au milieu des livres. Ils en possédaient au moins 10 000 et mon papa était romancier à ses heures. Quand les autres enfants jouaient avec des Lego, moi je tripotais des bouquins ! Ensuite, j'ai fait des études de lettres, puis me suis lancée dans l'édition. Je ne sors jamais sans acheter un livre (particulièrement des dicos), mes parents m'ont vraiment donné le virus. 

AE: Comment avez-vous déterminé la séquence des oeuvres retenues. Ont-elles été imputées en fonction de la date du calendrier?

Delphine Gaston:  Cela dépend en fait. Parfois c'est un hasard, parfois c'est personnel. Par exemple, le jour de l'anniversaire de ma mère, j'ai mis son roman culte. Ou bien j'ai choisi de commencer par "Le Portrait de Dorian Gray" car il est parmi mes favoris. Parfois la date correspond au jour de l'anniversaire de l'auteur. "René" de Châteaubriant se trouve le jour de la St René...

AE: Il semble que vous n'ayez pas retenu d'oeuvre postérieure à 2008. Est-ce un choix délibéré?

Delphine Gaston: J'ai composé mon livre fin 2009, c'est aussi une raison. Et puis je préfère que l'on ait un petit recul sur les titres choisis. J'espère pouvoir faire une réédition pour l'année prochaine. Ainsi, j'inclurai sans doute des ouvrages encore plus récents. Je pense par exemple au

"Quai de Ouistreham" de Florence Aubenas que je trouve urgent de lire.

30 décembre 2010

L'exagéreuse

Aux Rochers, ce [mercredi 15 juillet] 1671

"(...)

Mlle du Plessis nous honore souvent de sa présence. Elle disait hier qu'en basse Bretagne, on faisait une chère admirable, et qu'aux noces de sa belle-soeur, on avait mangé, pour un jour, douze cents pièces de rôti. A cette exagération, nous demeurâmes tous comme des gens de pierre. Je pris courage, et lui dis "Mademoiselle, pensez-y bien; n'est-ce point douze pièces de rôti que vous voulez dire? On se trompe quelquefois. - Non, madame, c'est douze cents pièces ou onze cents. Je ne veux pas vous assurer si c'est onze ou douze, de peur de mentir; mais enfin je sais bien que c'est l'un ou l'autre" et le répéta vingt fois, en n'en voulut jamais rabattre un seul poulet. Nous trouvâmes qu'il fallait qu'ils fussent au moins trois cents piqueurs pour piquer menu, et que le lieu fût une grande prairie, où l'on eût tendu des tentes, et que, s'ils n'eussent été que cinquante, il eût fallu qu'ils eussent commencé un mois devant. Ce propos de table était bon; vous en auriez été contente. N'avez-vous point quelque exagéreuse comme celle-là?"

Madame de Sévigné. Correspondance (vol.I) .Texte établi, présenté et annoté par Roger Duchêne, Gallimard, La Pléiade, 1972.

08:19 Écrit par Apolline Elter dans Gourmandises, Infusions, L'Epistolière | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

29 décembre 2010

Helena Rubinstein

" Sur son empire, celui de la beauté, le soleil ne se couchera jamais"

S'attaquer à la vie aussi mythique et fascinante qu'énigmatique  d'Helena - née Chaja - Rubinstein est exercice périlleux: L'Impératrice de la beauté a soigneusement entretenu des légendes sur son compte, dont il est malaisé de dégager le vrai du faux... Un défi que la journaliste Michèle Fitoussi relève avec brio, traçant, au prix d'un impressionnant travail de sources, le destin d'une femme hors du commun. Si elle revendique la liberté du roman pour les réparties et états d'âme qu'elle prête à son héroïne, Michèle Fitoussi éclaire de la sorte la personnalité de "Madame", dévoilant un portrait psychologique particulièrement accrochant.

" Son caractère est certes impossible. Ses sautes d'humeur, son irascibilité, son autoritarisme, sa tyrannie n'ont fait que s'aggraver avec l'âge. Tous la craignent, tous l'évitent quand sa fureur se déchaîne, tous s'en plaignent dès que l'orage est passé, en redoutant que la foudre ne leur tombe dessus à nouveau. Mais au fond - et tous le savent aussi - cette Helena qui les terrorise peut aussi se montrer tendre, généreuse, aussi démunie qu'une enfant devant les émotions qu'elle éprouve. Tour à tour, ses multiples personnalités apparaissent sans qu'il soit possible de décider laquelle est la véritable. Le sait-elle elle-même?"

Née le 25 décembre 1872, dans un faubourg de Cracovie, la jeune Helena débarque en Australie, à l'âge de 24 ans, dépêchée par sa famille qui désespère de la marier. Elle emporte dans ses bagages 12 pots d'une crème-miracle, administrée par sa mère sur les visages de sa nombreuse progéniture. Ce viatique  se fera vocation: Helena n'aura de cesse, sa vie durant, de chercher les formules d'hydratation dermique les plus scientifiquement probantes et de fonder, de la sorte, l'empire d'une fortune colossale. Une fortune élaborée au prix d'un travail acharné, d'intuitions commerciales et relationnelles, de génie.  D'Australie, Helena Rubinstein partira à la conquête de l'Europe - Paris, Londres - et puis de New York, terrain de la rivalité constante qui l'opposera à Elizabeth Arden.

Mariée deux fois, mère de deux fils, elle multiplie les absences et les maladresses à l’égard  de son proche entourage. Dotée pourtant d'un solide sens familial, elle emploiera de nombreux membres de sa famille à des postes-clés de son industrie cosmétique, les accablant de travail et des effets de sa générosité. Collectionneuse d'art compulsive, elle aime aussi les bijoux - s'en achète à chaque crise conjugale - les toilettes de haute couture et les réceptions raffinées. L'ensemble de ces traits s'alliant fort à propos à l'image imprimée à sa marque.

Au-delà du portrait en tous points passionnants que Michèle Fitoussi trace d'Helena Rubinstein, l'intérêt de l'ouvrage réside aussi en celui de l'époque : Belle-Epoque, guerres et leurs conséquences immédiates, prémisses de l'émancipation féminine, avènement d'artistes, d'écrivains et de personnalités diverses... sont rendus particulièrement palpables sous la plume alerte de l'auteur.

Une lecture hautement recommandée.                                 

Apolline Elter

Helena Rubinstein. La femme qui inventa la beauté, Michèle Fitoussi, Grasset, 494 pp, 22 €

 Billet de faveur

AE: Michèle Fitoussi, tracer le portrait d'Helena Rubinstein, est, on l'a vu, rendu particulièrement difficile par les légendes que celle-ci entretenait soigneusement, sur ses origines, son niveau d'instruction,.. les mensonges attachés à son âge. Vous protestez: "Pourtant la réalité est mille fois plus passionnante que celle qu'elle s'est obstinée à embellir". Il y avait "urgence" pour vous de rétablir la vérité?

Michèle Fitoussi: Non pas urgence...Mais un fort intérêt pour un personnage que j’ai découvert par hasard, en lisant un ouvrage qui lui était consacré. Ecrire une biographie vous rend modeste : que sait-on vraiment  sur ceux qu’on choisit de raconter ? Il reste toujours des zones d’ombre et c’est tant mieux. Celles d’Helena Rubinstein sont importantes, elle avait choisi de mentir. C’était amusant de découvrir une partie de  ce qu’elle cachait, par recoupements historiques, témoignages  lectures, intuition.

AE: Un ouvrage à ce point documenté - et intéressant car vous rendez l'époque, en même temps que le portrait de "Madame" - cela demande un travail considérable:

Michèle Fitoussi: Deux ans de travail, un an d’écriture. J’aurais pu travailler plus encore, on est toujours frustré de rendre sa copie. Mais c’était passionnant. J’ai appris beaucoup de choses sur les époques et les pays qu’elle traverse, sur l’entreprenariat de la beauté, sur l’émancipation féminine, un sujet que pourtant je connais bien. J’ai lu beaucoup aussi, quelques bios qui lui ont été consacrées, des livres sur des sujets précis  (Lehman’s Brothers ou Montparnasse des années folles, voyages en paquebots ou antisémitisme aux Etats Unis ) et traqué la presse et les documents d’époque sur Internet.

AE: Si vous deviez présenter l'ouvrage à Helena Rubinstein, quelle serait, pensez-vous,  sa réaction?

Michèle Fitoussi: «  Pourvu que vous parliez d’elle c’est tout ce qui compte » m’avait dit sa petite cousine Litka Fasse quand je l’ai interviewée sur son illustre parente. Helena  Rubinstein dirait sans doute qu’il y a beaucoup de manques  et sans doute pas mal d’erreurs  et elle aurait raison !

AE: La genèse des crèmes, le sérieux avec lequel Helena Rubinstein effectue ses recherches, s'entourant des meilleurs spécialistes de l'époque dote la marque d'un aura positif: on a envie d'acheter les produits... L'avez-vous réalisé en rédigeant cet opus?

Michèle Fitoussi: Pour tout vous dire, j’ai d’abord  pensé au personnage : sa vie me fascinait…  Je ne connaissais pas les produits mais la marque qui m’a généreusement ouvert ses archives  sur Helena Rubinstein m’en a fait essayer quelques uns. Ce qui est dommage c’est qu’au moment où le livre sort, la marque ne va plus être distribuée en France que sur Internet.  En même temps, j’ai pu découvrir,  qu’en France et en Belgique, les gens qui travaillent pour Rubinstein  sont très attachés au personnage et aux produits et ont à coeur de les défendre. C’est un lien  très affectif… Tous et toutes  la connaissent par coeur et ont toujours envie d’apprendre sur elle. Au cours d’une rencontre signature à Bruxelles, à la librairie Filigranes, une partie du staff est venue m’écouter : ce sont des passionnées.

cover-th.jpg A ne pas manquer : L'Evénement  du mois (en vente dès ce 15 février) consacre deux pages (A.E) à un compte rendu de cet ouvrage des plus L'événement de février consacrait une double page à l'ouvrage remarquable de Michèle Fitoussi (AE)

Après le Prix Bel-Ami, Michèle Fitoussi vient de se voir décerner le très convoité prix de la biographie de la ville d'Hossegor. Il lui sera remis le 3 juillet prochain, à l'occasion du Salon du Livre d'Hossegorssionnants

06:57 Écrit par Apolline Elter dans Billet de faveur | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

28 décembre 2010

Le petit roman de la gastronomie

Inscrit dans l'attrayante collection "Le petit roman de.." dirigée par Vladimir Fédérovski, l'opus dédié à la gastronomie a été confié à François Cérésa, véritable autorité en la (table des) matière(s).

François Cérésa - Le petit roman de la gastronomie

"Savoir si je suis gastronome ou non, je m'en beurre les ramequins."

Le ton est donné: épris de bonne chère jusqu'à la moelle, le critique gastronomique, divin gâte-sauce de son état, emmène le lecteur, dans une envolée de plume, de bons mots et de métaphores culinaires exubérante, à la rencontre des maîtres de la gastronomie, Alexandre Balthazar Laurent Grimod de la Reynière, Jean-Anthelme Brillat-Savarin et Curnonsky, pas vraiment Prince de son... état.

"Bernard Loiseau menait une existence shakespearienne, entre dettes et dates, avec la bonhomme alacrité de Falstaff et l'âpre inquiétude d'Hamlet."

De cette cuisine d'Iguérande (L'Hôtel de l'Europe) qui fut théâtre et berceau d'une vocation précoce, l'écrivain, journaliste, épicurien n'aura de cesse de rencontrer les plus altières toques et de nouer le tablier de solides amitiés: Bernard Loiseau à qui il rend un hommage vibrant, André Daguin,Jean Ducloux,  Guy Savoy, Rebuchon,"connu un soir de Joël", Michel Guérard, Georges Blanc et Jean-Michel Lorain se voient offrir des portraits savoureux, épicés d'argot, d'acrobaties verbales et de franche camaraderie.

"Le gastronome est un gars de la narine, il est voluptueux du nez, du nase, du pif, du blair, du tarin."

D'Artagnan de la table authentique, François Ceresa n'hésite pas à fustiger la cuisine des "petites quantités (qui) s'adresse aux gros portefeuilles" et de passer les  bien-pensances à la Gagnaire, Veyrat  et compagnie au sabre de son antipathie.

Un petit roman... pétillant, roboratif ...et vivifiant comme une tasse de Nespresso.

Apolline Elter

Le petit roman de la gastronomie, François Cérésa, Editions du Rocher, novembre 2010, 134 pp, 9,9 €

 

27 décembre 2010

A la table de la littérature

 

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Apolline, Les pensées givrées du lundi...

06:10 Écrit par Apolline Elter dans Les pensées d'Apolline | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

26 décembre 2010

Dix petits doigts pleins de chocolat

 

" Je vous transmets tout mon plaisir mais je vous le prête seulement, car j'attends avec impatience votre plaisir pour qu'enfin je sois heureux."

Destinés aux blondes frimousses et doigts pourléchés de chocolat, les recettes et préceptes de Pierre Marcolini - le célèbre chocolatier belge - ont pour objectif avoué " d'allumer une minuscule flamme qui se fortifiera", entendons par là d'initier nos enfants au goût du vrai, du sain, des fruits de saison "en négligeant les pâtisseries industrielles grasses et trop sucrées."

Ne boudons pas notre gourmandise et adonnons-nous, en famille, à la faveur de vacances un tantinet..frileuses aux crêpes, gaufres, meringues, macarons, madeleines, cake, mousse, fausse crème brûlée..au chocolat, sans oublier les religieuses, crémeux vanille, renversant crumble..à l'envers et caramels au beurre salé, fondant de délice et d'une juste fierté:

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                       Réalisation "maison" des bonbons caramel beurre salé (Louis Jadoul - triples proportions)...

Trente recettes expliquées avec précision, illustrées avec un sens aigu de la tentation.

Gageons, à l'instar de l'orfèvre des fèves que l'excellence n'attend pas le nombre des années.

Apolline Délic-Elter

Dix petits doigts pleins de chocolat, Pierre Marcolini - Xavier Harcq (photographies), Agathe Hennig (coordination et textes)  et Yan Pennor's (design et textes) , Ed. Racine, novembre 2010, 80 pp, 17,95 €

25 décembre 2010

Au train

Où filent les visites - vous êtes entre 146 et 186 à consulter chaque jour le blog, chargeant de 346 à 1166 pages (là, je m'inquiète quelque peu...) répartis en 38 % Français, 50 % Belges mais aussi Canadiens, Etats-Zuniens ....- nous franchirons sous peu le cap des 170.000 visites .

Cela se fête, comme Noël qui sévit ce jour et rassemble les familles zémues autour d'une table allègrement garnie et d'un sapin jonché de cadeaux..

Cadeaux, vous avez dit.

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Cadeau, vous recevrez ...et serez emballé, vous qui, avant que ne soit franchi le cap fatidique de la 170.000e visite (le compteur supérieur faisant foi) m'aurez transmis par mail, une relation mémorable de cadeau. Je n'en dis pas plus, ne voulant bâillonner une imagination que je sais féconde.

Que cela ne vous empêche de passer un très Joyeux Noël et de nous retrouver demain, autour d'une rubrique gourmande, dédiée à nos chères têtes blondes..

AE

24 décembre 2010

La joie de Noël

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 Chers, nombreux et estimés visiteurs,

Je ne vois pas meilleure façon de vous souhaiter un beau, un paisible, un joyeux Noël que de vous inviter à cliquer sur le lien: http://www.americatho.org/humour/miracle-de-noel**

Un avant-goût du Paradis...

Vive L'Humanité!

Apolline Elter


06:26 Écrit par Apolline Elter dans Sites web recommandés | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

23 décembre 2010

L'enchevêtrement des crises

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                                                   (Photo: Paul-André Brisbois)

Invité du Club Rotary de Namur-Confluent, le Chanoine François HOUTART, sociologue, Professeur émérite auprès de l'Université catholique de Louvain, exposa en une conférence aussi brillante que limpide la logique de l'enchevêtrement des crises dans notre société actuelle.

Reposant sur une contradiction entre l'économie réelle et virtuelle, la crise qui a conduit à l'éclatement de la bulle financière, fin 2008, voit s'imbriquer une série de crises à l'association pour le moins alarmante: crises économique, urbaine, énergétique et climatique menacent l'avenir proche de l'Humanité, si celle-ci, ne change pas  de façon radicale son modèle de développement. Nous sommes en effet héritiers du Siècle des Lumières et d'une vision surannée qui pare la Planète de ressources illimitées. Parce qu'elle ignore les "externalités "( faits externes au calcul du marché), la résolution de la crise financière n'entraînera pas l'amélioration des crises imbriquées.

Et l'orateur de décrire, graphiques à l'appui, les domaines où les manques allaient se faire sentir dans les toutes proches années (Ethanol, uranium, pétrole, gaz, ..), les effets pervers, inadmissibles, de l'agro-énergie et l'éthique prônée d'une Nature respectée plutôt qu'exploitée.

Une révolution culturelle se fait urgence qui  devrait se concrétiser dans une "Déclaration Universelle du Bien Commun". La philosophie  de l'Economie s'en verra changée , par l'introduction de  notions de solidarité et de complémentarité.

Vision utopique?

Une utopie réaliste selon le Professeur Houtart, prenant pour preuve les milliers d'initiatives actuelles qui épousent déjà cette vision.

Apolline Elter

07:21 Écrit par Apolline Elter dans Les chroniques d'Apolline Elter | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

22 décembre 2010

La soupe de Kafka

Le défi est de taille: Révéler seize plumes altières de la littérature mondiale,  Marcel Proust, Franz Kafka, Virginia Woolf, Jorge Luis Borges, Italo Calvino, John Steinbeck, Jane Austen, Le Marquis de Sade...en leur imputant, par un jeu de pastiche,  le texte de recettes qui ne sont pas toujours à prendre à la lettre...

"K. se fit la réflexion que si un homme n'est pas toujours sur ses gardes, ce genre de choses pouvait arriver. Ouvrant le réfrigérateur, il le trouva complètement vide, à part quelques champignons qu'il commença à couper en morceaux.

Ses invités étaient assis à la table, en train de l'attendre,  et il n'avait presque rien à leur offrir."

Illustrés de la main de Mark Crick, l'auteur, les textes ont été traduits de l'anglais par quelques plumes prestigieuses de notre littérature contemporaine: Eliette Abécassis (Soupe Miso Express à la Franz Kafka -extrait ci-dessus), Geneviève Brisac (Oeufs à l'estragon à la Jane Austen), Patrick Reznikov et Gérard de Cortanze (Moules marinières à la Italo Calvino et Sole à la dieppoise à la Jorge Luis Borges...)  et ce n'est pas le moindre attrait de l'ouvrage.

Apolline Elter

La soupe de Kafka - Une histoire complète de la littérature mondiale en 16 recettes - Mark Crick (2005), ed Flammarion (trad.), 2006, 120pp, 12 €

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