30 novembre 2010
Les dessous de table
“La table recouverte d’une nappe en papier blanc dentelé, est maintenant sens dessus dessous, parsemée d’assiettes en carton, de gobelets en carton, de bouteilles vides abandonnées n’importe où, n’importe comment, de canettes tordues, de cendriers qui débordent de mégots mal éteints. »
Des nappes qui dérapent, des verres qui se fracassent, des « Dessous de table » qui révèlent bien des déceptions, ces trahisons de la vie quotidienne, lesquelles se servent tranchées, résignées.
Nicole Versailles – la bienveillante Coumarine (http://coumarine.blogspot.com) – a décidé d’aller au-delà des poncifs lié s à la table et aux automatismes de la convivialité programmée.
Sondant le cœur de Myrto, la prostituée, Inge, la Berlinoise, Marie-Solange, en proie à une crise subite de coquetterie, .. et des protagonistes de dix-huit nouvelles, Nicole Versailles scrute l’envers des nappes, et celui des âmes.
Mais il est aussi des moments où les tâches de la table revêtent une vraie dimension communielle :
« Autour de la table, toutes les femmes de la famille sont rassemblées, toutes championnes des gestes ordinaires. Chorégraphie légère des couteaux éplucheurs, bavardages animés autour de la grande table. Comme chaque année toutes ces femmes ont été sollicitées pour faire un sort aux pommes du verger de la grande maison familiale. Et leurs mains dansent et virevoltent la joyeuse farandole des pommes »
Apolline Elter
Les dessous de table, Nicole Versailles, nouvelles, Memory Press, octobre 2010, 164 pp, 14 €
09:12 Écrit par Apolline Elter dans Gourmandises | Commentaires (3) | Envoyer cette note |
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29 novembre 2010
Avis de pensée
Plus on demande d'avis, plus on en reçoit, c'est bien connu.
Voilà qui ne facilite pas la décision: certains fournisseurs exigent le respect du conseil fourni.
Morale: il ne faudrait demander d'avis que ceux auxquels on est sûrs d'adhérer.
Apolline, Le grand retour des blondes pensées.
06:11 Écrit par Apolline Elter dans Les pensées d'Apolline | Commentaires (2) | Envoyer cette note |
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28 novembre 2010
Bashung l'imprudent
"Le parcours d'Alain Bashung, mort le quatorze mars deux mille neuf, demeure une énigme. Contre la loi d'airain qui voudrait qu'un musicien de rock soit inspiré dans ses vertes années avant d'être condamné à décliner ou à se répéter, lui se réalisa à la cinquantaine, après avoir débuté dans les années soixante comme un inoffensif, parfois ringard, chanteur de variétés"
Privilégiant l'éclairage thématique à une biographie strictement chronologique, Bruno Lesprit (rédacteur en chef adjoint du service culture au Monde) et Olivier Nuc (journaliste musical au Figaro et chroniqueur sur France Inter) tracent un portrait particulièrement étudié du chanteur rebelle, profilant son travail de création, la genèse de ses albums, analysant sans concessions posthumes les raisons de certains échecs autant que de ses plus grands succès.
Du "sacre sans joie" que constitua la cérémonie des Victoires de la musique, le 28 février 2009, quatorze jours avant son décès, les auteurs plongent dans les décennies '60, 70, 80 et '90, les associations professionnelles - avec Dick Rivers, Boris Bergman, Jean Fauque,..- amicales, conjugales ..qui participèrent à la lente émergence de sa notoriété.
Autodidacte, l'interprète de Gaby oh Gaby, Osez Joséphine, Ma petite entreprise, ...n'aura de cesse, sa vie durant, de s'exposer pour atteindre la suprême "Imprudence".
Apolline Elter
Bashung, L'Imprudent, Bruno Lesprit et Olivier Nuc, Ed. Don Quichotte, octobre 2010, 364 pp (en ce compris une discographie exhaustive), 19,9 €
06:48 Écrit par Apolline Elter dans Les chroniques d'Apolline Elter | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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27 novembre 2010
Les délices de Candice

Candice Kother est journaliste, gourmande et gastronome. Elle anime aux côtés de Steve Delaunoy, l' émission "En cuisine" chaque samedi matin, sur Vivacité et dispense des cours... de cuisine.
Eprise de sensations neuves, Candice a revisité une série de recettes de la littérature culinaire et nous en livre sa version, les adaptant aux contraintes d'une vie trépidante: " Que vous manquiez de temps, d'idées ou d'habitude, Candice vous propose une cuisine tout terrain qui vous permettra de faire face aux situations du quotidien. "
Un steak mariné au Dr Pepper, des scampis snobissimes flambés au pastis et au safran, un coulant au chocolat et à la lavande...nous convient à l'essai, de leurs effluves gourmandes...
Une cuisine de célibataire "assumée et jubilatoire" , d'amants d'un jour ou de toujours, d'exigence portée en étendard, gargantuesque ou régressive de "volupté gourmande"...qui a pour objectif avoué: "un maximum d'effets en un minimum d'efforts".
Voilà qui devrait séduire. Surtout que la fin de l'ouvrage est consacrée aux techniques de base des pâtes, conserves fraîches, syphon et compagnie qui propulsent le profane au rang de mirliton éclairé.
Les délices de Candice, Candice Kother, Racine/RTBF, octobre 2010, 192 pp, 19,95 €
Candice sera l'invitée du Libraire Toqué, à Namur, pour une séance de dédicaces, ce samedi 27 novembre, après-midi, ainsi qu'à la Librairie Filigranes, à Bruxelles, le jeudi 2 décembre, dès 20h15, dans le cadre des soirées caritatives organisées par la librairie.
06:27 Écrit par Apolline Elter dans Gourmandises | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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26 novembre 2010
Huitième Foire du Livre Belge
La huitième édition de la Foire du Livre belge se déroule ce vendredi 26 soir et les journées de samedi 27 et dimanche 28 novembre, au Centre Culturel d'Uccle.
C'est un événement de qualité.
Voici les informations pratiques extraites du site web de la Foire du Livre, placée sous la présidence de Jacqueline Rousseaux.

"Foire du Livre Belge – thème : « Etre européen »
Vendredi 26, samedi 27 et dimanche 28 novembre 2010
Trois jours de fête consacrés exclusivement aux auteurs et aux éditeurs belges. Découvrez leurs talents à l’heure de la Présidence belge de l’Union Européenne. Nombreuses interviews d’auteurs, entretiens littéraires, rencontres, étals de livres en tous genre (histoire, BD, romans, voyages, cuisine,…)
Cette Foire est originale en ce qu’elle est consacrée exclusivement aux auteurs belges et aux éditeurs belges, dans le but de permettre au public de mieux les identifier et de découvrir leur diversité, leurs talents et leurs qualités. Dans la jungle du monde des éditions, vu la concurrence de nos voisins et vu l’abondance de titres qui « sortent », ils ont bien besoin d’être soutenus.
Cette foire est ouverte gratuitement à tous et à toutes, avec des stands d’éditeurs et des étals de livres de toutes natures sur tous les sujets, pour tous les goûts et pour tous les âges. Un espace enfants est prévu avec une conteuse. La Foire du livre belge se veut variée, intéressante et conviviale.
Le thème « Etre européen » choisi par la Présidente de la Foire, Jacqueline Rousseaux pour marquer la présidence belge du Conseil de l’Union Européenne, sera le fil conducteur des entretiens littéraires.
Le vendredi soir, à partir de 17h30, outre les discours d’usage pour l’inauguration, la soirée sera consacrée aux Prix littéraires de l’année, lesquels seront invités à donner lecture de quelques extraits de l’œuvre primée.
Le samedi et le dimanche, de 10h à 18h, se succèderont à la tribune une série d’auteurs (l’an dernier une quarantaine) pour une interview publique sur leur livre récent en liaison avec le thème choisi : « Etre européen ».
Au gré des livres, de l’imagination et de la fantaisie des auteurs, des lieux où ils ont situé l’action, outre l’évocation notamment de l’influence des grands courants de pensée qui marquent « l’esprit européen », démonstration sera faite, assure Jacqueline Rousseaux, que les belges sont beaucoup plus européens qu’ils ne le pensent, tout imprégnés qu’ils sont de références visuelles, historiques, culinaires, touristiques, musicales et même olfactives, qu’ils reconnaissent instantanément et dont ils identifient sans aucune difficulté l’origine.
Faites le test : Saint Jacques de Compostelle, Picasso, Kierkegaard, Kant, Freud, Einstein, Verdi, Art Nouveau, Jean Nouvel, von Karajan, Aquavit, Pavarotti, Piaf, Paella, Aïoli, Spaghettis, Bordeaux, Bourgogne, Alvar Aalto, Versailles, Salzbourg, La Scala, La Hofburg, Schönbrunn, le Pont St Georges, l’Etna, la Sorbonne, Fado, l’Ajax, le Real, Chelsea, Manchester United… n’évoquent-ils pas à la seconde, souvenir, image, saveur ou émotion ?
Cela s’appelle : être européen.
Pour rappel, les derniers thèmes abordés étaient : les Sentiments, le Voyage, la Passion, le Livre et la Femme, les 175 ans du livre en Belgique"
07:53 Écrit par Apolline Elter dans Agenda | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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David Foenkinos à la librairie Filigranes à Bruxelles

L'agenda du week-end et de la semaine à venir est décidément riche
David Foenkinos sera présent, ce samedi 27 novembre à la Librairie Filigranes, à Bruxelles (coordonnées ci-dessous), de 15h à 17h.
L'occasion de rencontrer un auteur doté d'une plume et d'une imagination fécondes et de relire chronique et billet de faveur accordé en vitrine du blog
Librairie Filigranes
Coordonnées de la librairie Filigranes à Bruxelles
Avenue des Arts, 39-40
1040 Bruxelles
(entre la rue de la Loi et la rue Belliard)
Tél. : 0032 2 511 90 15
Fax : 0032 2 502 24 68
Ouvert 365 jours par an
du lundi au vendredi de 8h à 20h
le samedi de 10h à 19h30
le dimanche de 10h à 19h
La librairie poursuit aussi ses soirées "caritatives" destinées à soutenir des oeuvres, et notamment, jeudi 2 décembre, de 20h 45 à 23 heures:

07:03 Écrit par Apolline Elter dans Agenda | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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Sabine Wespieser, Michèle Lesbre et Jean Mattern à la Licorne
Mardi 30 novembre à 18.30
L'éditrice Sabine Wespieser
s'entretiendra avec
Adresse du jour et renseignements:
Librairie La Licorne
Chaussée d’Alsemberg, 656
1180 Bruxelles
Tél : 02 344 98 32
e-mail : info@librairielalicorne.be
Avec le soutien du Service de la Promotion des Lettres de la Communauté française de Belgique
06:52 Écrit par Apolline Elter dans Agenda | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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Made T Meet
Une expo qui me semble relever du plus grand intérêt si j'en juge par les photos de l'artiste (Emmanuel Crooy) que j'ai déjà pu admirer : un saisissement d'atpmosphère assez...saisissant:

06:09 Écrit par Apolline Elter dans Agenda | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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25 novembre 2010
Le prénom

"Cette nuit-là, le crâne lourd d'un impitoyable mélange grand cru-piquette, le dos broyé par l'épouvantable canapé de Pierre, tentant de lire les premières pages du roman de Benjamin Constant, je ne doutais pas que notre famille ait atteint une sorte de point de non-retour. Il me suffisait de me souvenirs de certains mots prononcés et de certains coups portés pour savoir qu'il y aurait un avant et un après, et que chacun d'entre nous garderait un souvenir contrasté de ce buffet marocain..."
On ne plaisante pas avec le choix d'un prénom. C'est ce que Vincent Larchet (Patrick Bruel), la quarantaine fringante va découvrir , aux dépens de la belle ambiance qui préside au sympathique dîner marocain organisé chez sa soeur Babou (Valérie Benguigui) et son beau-frère Pierre (Jean-Michel Dupuis) dans le cadre cosy de leur appartement et d'un été doucement finissant.
Tout avait si bien commencé: Vincent , tout à la joie d'être futur papa d'un garçon, attendait qu'Anne (Judith El Zein), sa jeune et charmante épouse rejoigne ce petit dîner convivial, ravi de retrouver Claude (Guillaume de Tonquédec), joueur de trombone et ami de toujours de la famille. Mais voilà qu'au départ d'une question anodine et d'une réponse incongrue,l'ambiance dérape et vire, inexorablement, au pugilat verbal, jubilatoire pour les spectateurs.
Créé le 7 septembre 2010 au théâtre Edouard VII sur une mise en scène de Bernard Murrat, le texte de Matthieu Delaporte et Alexandre de la Patellière enchaîne les dialogues et les situations avec un brio largement soutenu par le jeu juste et brillant des acteurs. Un rôle taillé sur mesure pour Patrick Bruel, aussi irrésistible que l'humour qui soutend cette fresque psychologique particulièrement percutante: un infime malentendu peut faire déraper les liens affectueux les plus ancrés. On ne peut s'empêcher d'évoquer dans la lignée de la pièce, l'excellent Dieu du carnage de Yasmina Reza, qui creuse, lui aussi, le vernis des relations policées.
A découvrir sans hésitation.
Apolline Elter
Théâtre Edouard VII - 10 place Édouard VII, Paris 9ème - 0033(0)1 47 42 59 92
Texte disponible (12 €) auprès de l'avant-scène théâtre (bimensuel) 75 rue des Saints-Pères - 75.006 Paris
Tél: 0033 1 53 63 80 45
www.avant-scene-theatre.com @:contact@avant-scene-theatre.com
Grande nouvelle de cette fin 2011: extrait du texte de la pièce, le film paraîtra sur les écrans de cinéma, dès le 25 avril 2012. Une sortie à ne pas manquer.
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06:18 Écrit par Apolline Elter dans Les chroniques d'Apolline Elter | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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24 novembre 2010
Le petit roman de la chasse

"Car la chasse pour nombre de ses adeptes, relève de la fatalité. Elle répond à un appel mystérieux venu du fond des âges et que le profane ne peut comprendre."
S'il est vrai que la chasse - et les chasseurs - subissent régulièrement les attaques des défenseurs de Bambi, il est moyen de doter cette passion d'une vraie éthique. C'est ce que Bruno de Cessole entend démontrer au sein d'un petit roman brillant, écrit de plume magistrale, nourri de réflexions philosophiques, de références bibliographiques.
" Pistage de l'aube et affût du crépuscule: dans l'un et l'autre cas, le propre du chasseur est d'être sans cesse sur le qui-vive, d'écouter le moindre bruit et de l'interpréter, de scruter la savane ou la forêt avec une inlassable patience, dans l'attente d'un gibier qui peut surgir inopinément d'un point ou d'un autre. Se dépouiller de soi, faire le vide pour accueillir l'imprévisible"
Passionné de vénerie, déclinée en expéditions africaines , l'auteur traverse le temps à la rencontre de siècles antérieurs, de la genèse de l'Humanité et d'une forme certaine de bonheur.
Inscrit dans l'avenante collection des "Petits romans' (éd.du Rocher), l'essai de Bruno de Cessole constitue une piste de méditations intéressante, parce qu'intellectuellement honnête, qui libère le profane de quelques poncifs liés à la pratique de la chasse. S'il n'entend -mission impossible - restaurer pleinement la paix des ménages, l'ouvrage confortera les "disciples de Saint-Hubert" du bien-fondé de leur passion.
Apolline Elter
Le petit roman de la chasse, Bruno de Cessole, éd. du Rocher,octobre 2010, 120 ppp, 9,9 €
Billet de faveur
AE: Bruno de Cessole, vous établissez un lien direct entre la chasse - qui consiste à donner la mort - et l'appréhension de sa propre fin. La chasse est leçon de mort, en quelque sorte?
Bruno de Cessole: La conclusion, toujours aléatoire certes, de la chasse consiste à s’emparer du gibier, donc à donner la mort. Le chasseur s’arroge un droit exorbitant, qui n’est autre qu’un attribut divin. En ce sens, la chasse est beaucoup plus qu’un sport, un divertissement, et un art. Elle a partie liée avec le sacré, et c’est sans doute pourquoi elle est objet de scandale dans nos sociétés laïcisées qui refusent de regarder la mort en face. Avec le soldat, le chasseur est le seul acteur de la société contemporaine à avoir un rapport direct avec la mort , et, pour ma part, il me semble évident que chasser c’’est donc apprendre à mourir, à apprivoiser sa propre fin à travers celle de l’animal de chasse. A cet égard, le courage, la dignité, de certains grands animaux sur leurs fins sont exemplaires, comme Vigny l’avait souligné dans son poème « La mort du loup ».
AE: La chasse est leçon de vie, aussi. Vous évoquez sa dimension conviviale: camaraderie de la battue, partage des paniers, dîners qui couronnent la journée, ...cette convivialité ouvre-t-elle vraiment les barrières sociales?
Bruno de Cessole: L’autre versant de la chasse c’est le sentiment qu’elle donne à qui la pratique de rendre plus intense le sentiment de l’existence. La dimension « tribale » d’une partie de chasse collective s’accompagne de cette convivialité que vous évoquez. Celle-ci transcende les appartenances sociales et les différences de « classes » , tout du moins durant la chasse. Même si cette mise entre parenthèses n’est pas durable elle représente, indubitablement, l’un des attraits de la chasse.
AE : Vous instituez la chasse socle des premières sociétés et hiérarchies sociales. Précède-t-elle le langage?
Bruno de Cessole: Je ne puis répondre à cette question avec certitude, mais, pour avoir beaucoup chassé à l’étranger, et en compagnie de pisteurs appartenant aux derniers « peuples chasseurs » de la planète, je peux témoigner que le langage des gestes et des mimiques, est un moyen de communication très efficace, qui a du préexister à la parole.
AE: Et pour conclure, rituellement, de façon proustienne, votre "madeleine" consiste-t-elle en un repas de chasse?
Bruno de Cessole: Non, ma « madeleine proustienne » relève plutôt de l’ordre des émotions qui ponctuent toute partie de chasse. Je n’ai pas gardé de souvenirs nostalgiques des repas de chasse sophistiqués auxquels j’ai participé. Ma préférence va plutôt aux casse-croutes sur le pouce durant une journée de chasse : oiseaux que l’on a tirés, grillés , à l’heure du déjeuner, sur un feu de bois , « asado » préparés par des gauchos en Argentine, paniers que l’on partage après un laisser-courre, au débotté…
07:01 Écrit par Apolline Elter dans Billet de faveur, Les chroniques d'Apolline Elter | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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