30 septembre 2010
Traîne pas trop sous la pluie.
"Une vie sans fièvre est une rivière sans diamants"
"Je te vois, lecteur, à parcourir les pages de ce putain de bouquin qui n'est pas aussi vaste que je l'espérais. Il fait nuit. La lumière reste allumée. Tous ces états d'âme, tu les connais. Pas vécu pareil. Mais l'émotion est commune."
D'un long séjour à l'hôpital et du délire d'une fièvre forte et persistante, le narrateur livre un récit onirique, de sensations diffuses et de souvenirs mêlés. Un roman qui se veut "beau bouquin plein d'amour et d'espérance". De partage et de rencontre avec l'autre aussi. A savoir, le lecteur.
"Parler d'amour au vent c'est porter la possibilité aux autres.
Il est des blessures qui ne s'ouvrent qu'à la nuit, à l'heure où les rires se taisent, où l'âme a froid et fait trembler le corps.
Un Richard Bohringer à fleur de peau. De coeur, aussi.
Apolline Elter
Traîne pas trop sous la pluie, Richard Bohringer, roman, Flammarion, septembre 2010, 170 pp
06:12 Écrit par Apolline Elter dans Les chroniques d'Apolline Elter | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |
29 septembre 2010
Le cri des pierres
" Je m'appelle Leïla Khaled. Je viens de là où, un jour, demain, le cri des pierres remplacera les lamentations des hommes."

Avec pour thème central le conflit israélo-palestinien, la suite - attendue - du Souffle du jasmin (cfr Billet de faveur en vitrine du blog) démêle l'écheveau des événements qui secouent le Moyen Orient, de décembre 1956 à novembre 1995 ( Guerres des Six jours, de Kippour, du Liban, .. avènements de l'Ayatollah Khomeiny, de Saddam Hussein,..). Une gigantesque partie d'échecs se joue qui mènera à la chute des tours du World Trade Center (New York), le 11 septembre 2001. Une partie complexe dont Gilbert Sinoué nous dévoile les séquences avec précision et brio.
Empruntant la forme du roman pour habiller les événements historiques de personnages de chair, aux caractères bien trempés: Hicham, Chahida, Jean-François Levent, Dounia,Joumana, Avram, ...l'auteur peint, avec la magie du langage oriental, des fresques saisissantes de limpidité - il restitue la simultanéité des événements à travers différents pays du Moyen Orient - de cruauté, souffrance, tendresse et , à l'occasion, d'humour.
"Ce Khomeyni est un détraqué! Un malade mental, fulmina Saddam Hussein. Après le succès remporté par cette caricature de référendum sur l'instauration d'un régime islamiste, voilà qu'il appelle les Irakiens à me renverser! Mais de quelle étable est donc sorti cet âne, cet attardé, cet ignare!"
Et toujours ces sentences, en tête de chapitre, qui ouvrent la voie aux propos qui font suite, quand ce n'est à la compréhension plénière de l'ouvrage.
"Le piège de la haine, c'est qu'elle nous enlace trop étroitement à l'adversaire" (Milan Kundera)
Une lecture utile - précieuse pour la compréhension de sensibilités nourries à la nitroglycérine - et... passionnante.
Apolline Elter
Le cri des pierres (Inch Allah 2/2), Gilbert Sinoué, roman, Flammarion, septembre 2010, 380 pp, 21 €
AE: Merci, Gilbert Sinoué pour ce retour sur notre blog. Il nous permet de prolonger, des questions qui nous tiennent à coeur, la lecture de ce second volet d'Inch Allah.
Le titre, d'abord. Si le Souffle du jasmin laissait espérer quelque allègement dans le destin de la poudrière moyen orientale, le Cri des pierres jette un fameux pavé en direction d'Israël. Sa force suggestive est sidérante, bouleversante aussi. Ne craignez-vous pas la réaction des Israéliens à la lecture de votre ouvrage?
Gilbert Sinoué : Au risque de vous surprendre, il ne me semble pas avoir « jeté un fameux pavé en direction d'Israël ». Je me suis efforcé au contraire de faire preuve d’objectivité pour ne pas — surtout pas — que cet ouvrage ressemble à un pamphlet qui irait dans un sens ou dans l’autre. Néanmoins, je reconnais que votre remarque rejoint d’autres observations de lecteurs qui, déjà, lors du tome I, sont parvenus à la même conclusion. La seule explication que je trouve est dans l’énonciation des faits. De les citer, ou de les rappeler amène nécessairement à en déduire que je « jette un pavé » lorsque l’on prend tout à coup conscience de certaines d’injustices flagrantes dont les Palestiniens furent et sont victimes. Il faut avoir en mémoire que nombre d’Occidentaux — et ce n’est pas leur faire injure — ignorent l’Histoire de cette région du monde qui, pourtant, se rappelle à nous tous les jours. Dès lors qu’on leur transmet l’information, ils sont interloqués, étonnés, et souvent choqués de découvrir une situation qu’ils n’imaginaient pas. Ils pointent alors du doigt le « fort », en l’occurrence Israël, et éprouvent de la compassion pour le faible — les Palestiniens —. C’est donc cette réaction logique et humaniste qui peut donner à penser que j’ai voulu stigmatiser le camp du puissant.
AE : La complexité des situations décrites, leur enchevêtrement, les susceptibilités en présence… cela a dû vous demander un travail colossal de démêler cet écheveau pour nous le présenter avec une telle clarté ?
Gilbert Sinoué : Ces deux volumes, vous l’imaginez bien, ne sont pas nés en quelques mois. Voilà environ une dizaine d’années que je rumine ce projet et que je rassemble ma documentation. Une véritable plongée dans le labyrinthe oriental ! La difficulté, la très grande difficulté, a consisté en effet ensuite à restituer le puzzle de manière « compréhensive », non didactique, précisément pour que le lecteur s’y retrouve.
AE : Un terroriste, c'est un résistant qui appartient au mauvais camp ?
Gilbert Sinoué: N’oublions jamais qu’un terroriste c’est avant tout un homme qui tue des innocents. Aucun rêve, jamais, ne justifie ce type d’action. Cependant l’Histoire nous a démontré que, selon le camp auquel on appartient, on est soit terroriste, soit résistant. L’exemple de Menahem Begin — entre autres — illustre parfaitement ce paradoxe. Voilà un homme qui a massacré des dizaines de personnes, qui a posé des bombes, et dont la tête fut mise à prix par les autorités britanniques et qui a accédé un jour au poste de premier ministre d’Israël. Arafat lui aussi a toujours été vu comme un chef terroriste, et le monde entier a pu le voir serrer la main d’Yitzhak Rabin sur les marches de la Maison Blanche. Et ces deux hommes ont reçu le prix Nobel de la Paix. Oui. On est toujours le terroriste de quelqu’un à la différence que ce jugement varie selon qu’on est vainqueur ou vaincu.
AE : Si vous deviez inventer une fin idéale à votre ouvrage, consisterait-elle en l'avènement du panarabisme, d'une République arabe unie ? Le conflit israélo-palestinien en est-il le seul frein ?
Gilbert Sinoué: Le panarabisme est un leurre, car il n’existe pas de nations arabes. Seulement des tribus. Le monde arabe n’a hélas jamais quitté l’état tribal. Mon jugement peut paraître sévère, mais il suffit de constater les déchirements auxquels se sont livrées ces régions depuis qu’elles ont accédé au statut de nations. Il existe tout autant de divergences au sein même du monde musulman. Nasser a bien tenté de réaliser d’unifier le monde arabe. Il a échoué. Le conflit israélo-palestinien n’est en rien la raison de cet échec. Pour ce qui est de sa résolution… Je suis, hélas, pessimiste. L’affaire est du domaine de la psychiatrie. Nous avons d’un côté des hystériques (les Arabes) et de l’autre des paranoïaques (les Israéliens). Pourtant, il suffirait de deux hommes pour que la paix aboutisse ce soir, demain. Encore faudrait-il que ces deux hommes providentiels soient disposés à faire le sacrifice de leur vie.
AE : Pour conclure sur une note légère et inaugurer notre nouveau concept- déposé - "Sonate de Vinteuil", pouvez-vous évoquer une musique constitutive ? Une musique qui a marqué un moment de votre vie, de votre personnalité ?
Gilbert Sinoué : Je pense que l’adagio du concerto d’Aranjuez (pour guitare et orchestre) reste pour moi l’une des œuvres musicales qui continue de me toucher le plus.
07:04 Écrit par Apolline Elter dans Billet de faveur | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |
28 septembre 2010
Les liturgies de la table
"C'est là le rôle de toutes les liturgies, qu'elles soient religieuses, politiques, idéologiques ou sociales, qui s'inscrivant dans un système donné de symboles, de valeurs et de croyances, visent notamment à exalter le vouloir-vivre ensemble, que celui-ci soit durable ou temporaire et, dans le cas de la table, celui d'éviter que la convivialité ne se transforme en promiscuité."

Opus majeur dans le domaine, le superbe (et dispendieux...) livre de Léo Moulin trace l'histoire des principaux aliments, leur destin culinaire et surtout, l'ensemble des rituels qui président à cette "forme de communion essentielle" que sont les repas.
Partager un repas suppose l'obéissance à une série de règles, culturelles, pragmatiques...que l'auteur développe en les situant dans le contexte bien intéressant de leur imposition. Si l'on songe que l'homme consommera de 75.000 à 100.000 repas au cours de son existence, leur consacrant 13 à 17 années de sa vie éveillée, on se dit qu'il n'est sans doute pas un luxe de se pencher sur cette activité.
La boisson, café, chocolat, champagne, vin, bière et alcools forts, n'est pas oubliée qui se voit consacrer une partie importante de l'ouvrage.
Une bibliographie riche de plus de quatre cents titres soutient l'érudition impressionnante du Maître es convivialité culturelle que fut Léo Moulin. Edité par le Fonds Mercator, le livre est illustré d'une iconographie abondante et somptueuse.
Une Bible dans le domaine
Apolline Elter
Les liturgies de la table. Une histoire culturelle du manger et du boire, Léo Moulin, Fonds Mercator, Albin Michel, mai 1989, 424 pp
06:06 Écrit par Apolline Elter dans Gourmandises | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |
27 septembre 2010
Ondes..de choc.
Il est des jours..des semaines, où vous avez l'impression d'émettre des ondes peu favorables à votre entourage: votre petit dernier, genou gonflé, se voit plâtré , vous percez votre pneu arrière droit d'un clou jailli d'un des mille chantiers qui jalonnent le pays , le bancontact n'attend que votre carte de crédit pour se mettre en panne, la perfusion de l'amie hospitalisée itou - et d'opter pour le mode alerte durant toute la durée de votre visite - , idem pour la caisse du supermarché - bingo, faut tout repointer - et quand vous en quittez enfin le parking , vous subissez l'assaut d'un chauffeur distrait et la voiture emboutie, sans autre forme de procès..
Apolline, Les pensées infréquentables du lundi.
06:03 Écrit par Apolline Elter dans Les pensées d'Apolline | Commentaires (1) | Envoyer cette note |
Facebook |
26 septembre 2010
Six mois, six jours
"..Braun s'était donné six mois pour détruire Juliana Kant, sans violence physique, sans crime...en la séduisant..."Il lui aura finalement fallu six mois et six jours"

Titre énigmatique pour un roman qui ne l'est pas moins et qui embrasse, sous le couvert d'une histoire de séduction, les thèmes de la vengeance, de la culpabilité d'une nation - l'Allemagne - face à un génocide - juif- et, en filigranes, ceux du ressentiment induit par les inégalités - et injustices - sociales et de la vérité de l'écrit.
Majordome de Juliana Kant, riche héritière d'une dynastie industrielle allemande, le narrateur assiste à l'opération de séduction qu'Herb Braun exerce sur elle elle. Opération réussie qui verra la milliardaire tomber dans les rets d'une destruction savamment programmée.
Remercié de ses services, Karl Fritz, le narrateur, aura le licenciement rancunier, la parole, désabusée. Comme s'il tentait désespérément de se rendre antipathique au lecteur.
Le procédé est audacieux.
Six mois, six jours est en lice pour le prix Goncourt (Première sélection - lundi 6 septembre)
Six mois, six jours, roman, Karine Tuil, Grasset, août 2010, 254 pp, 18 €
06:06 Écrit par Apolline Elter dans Les chroniques d'Apolline Elter | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |
25 septembre 2010
Atelier de cuisine au restaurant Olivier de Profondeville
Dix lecteurs du magazine L'évenement , Messieurs et Mesdames Baert, Coutellier, Daubresse, Delforge, Gérard, Jadoul, Lorfèvre et Magis ont investi, ce mercredi 22 septembre, la cuisine du restaurant, Olivier, à Profondeville, pour y suivre un cours hors des vagues battues.

Avec la simplicité généreuse qui le caractérise, Olivier Bruckner a conçu et présenté un menu, tout de turbot décliné:
Bouillon à la sauce soja et gingembre, versé sur une lamelle de turbot à cru parfumée d'une feuille de coriandre, Turbot poêlé sur salade de riz noir aux airelles séchées et arrosé d'une huile au citron confit, alterné d'un foie gras de canard, chutney de rhubarbe et gelée de mangue et coing..





Le plat principal, turbot oblige, consista en une grillade dudit divin poisson au basilic pistou (dit basilic thaï ou provençal) et thym citron, nanti d'un risotto crémeux aux jeunes oignons et d'une asperge verte:

Il fut l'occasion d'une bien conviviale tablée qui, réjouie par la dégustation de quelques crus de Bourgogne hors du commun : un bourgogne blanc Laforêt (Joseph Drouhin), suivi d'un Chassagne Montrachet (Mazures Pillot) et d'un Nuits Saint-Georges 1er cru, Château des Prémeaux...- cèda à une osmose d'enthousiasme gourmand.



Le dessert combla les papilles qui assortit glaces et sorbets d'effluves subtiles et variées (citron vert, melon et violette ...)
Une soirée passée sous le signe d'une excellence particulièrement joyeuse grâce à l'accueil attentif d'Olivier Bruckner et de son épouse.
Apolline Elter
Restaurant Olivier
Monsieur et Madame Olivier Bruckner
Avenue Général Gracia, 23- 5170 Profondeville
Tél: 081.226.266
07:34 Écrit par Apolline Elter dans Attitude Zen | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |
24 septembre 2010
Expo Monet au Grand Palais

Pleins feux sur l'exposition Claude Monet, qui vient de s'ouvrir, ce mercredi 22 septembre, au Grand Palais (du 22.9.2010 au 24.1.2011)
L'exposition participe à l'opération Nuit blanche du 2 octobre (accès gratuit, de 19h30 à 0:15)
Je vous invite à consulter le site - magnifique - de l'exposition qui vous emmène en un voyage virtuel, des plus réussis: www.monet2010.com/
Côté livres, je vous reviendrai sous peu avec la biographie de l'artiste écrite par Michel de Decker, (ed. Pygmalion, juin 2009)
A suivre sans hésiter..
AE
06:13 Écrit par Apolline Elter | Commentaires (3) | Envoyer cette note |
Facebook |
23 septembre 2010
L'insomnie des étoiles

La rentrée littéraire ne regorge pas d'ouvrages hilarants. L'heure est à la gravité et à l'introspection de l'âme, finement menée.
Le roman de Marc Dugain ne déroge à l'atmosphère qui nous présente, revêtu d'une belle écriture, le cynisme sordide d'exactions commises sous le IIIe Reich et l'impulsion d'Hitlter. Entendez l'extermination de malades mentaux, morts par faveur, atroce prélude au génocide de la guerre.
"En marchant, il constata qu'une étreinte imperceptible avait cédé à l'ennui et à la crainte diffuse de ces nuits sans étoiles qui se succédaient."
Commis dans une bourgade du Sud de l'Allemagne, alors que la guerre vient de s'achever et de consacrer la défaite allemande (automne 1945), le capitaine, français, Louyre découvre, tandis qu'il prend sous sa protection une jeune fille abandonnée, Maria, le désert suspect d'un hôpital psychiatrique.
" Il n'avait pas l'intention de se remettre de cette guerre, ni de l'enfouir dignement comme l'avaient fait ses parents, éponges silencieuses d'un siècle sans espoir".
La confession du docteur Halfinger, directeur de l'hôpital, éclairera, a posteriori, la sombre machination orchestrée par le Reich.
Une lecture sidérante malgré un long temps mis à entrer au coeur du sujet..
Apolline Elter
L'insomnie des étoiles, Marc Dugain, roman, Gallimard, mai 2010, 226 pp, 17,5 €
L'ouvrage figure dans la première sélection du Goncourt (6.9.2010) .
06:07 Écrit par Apolline Elter dans Les chroniques d'Apolline Elter | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |
22 septembre 2010
L'entrevue de Saint-Cloud

" Deux mondes se font face: le passé et l'avenir, l'histoire ancienne et l'histoire en marche, la monarchie et la Révolution."
Spécialiste d'Honoré Gabriel Riquetti, comte de Mirabeau - il lui a consacré une thèse et un essai - Harold Cobert imagine, sur le ton d'un dialogue contemporain, la rencontre historique du tribun avec la Reine Marie-Antoinette. Il la situe le 3 juillet 1790, dans le jardin du Château de Saint-Cloud et... la plus grande discrétion.
- (...) La couronne est encore sur nos têtes.
- Mais le trône se dérobe sous vos pieds."
Défenseur secret de la monarchie, l'"Orateur du peuple", aussi laid et repoussant que subtil et brillant, parviendra-t-il à convaincre sa royale interlocutrice du bien-fondé d'un plan..machiavélique?
"J'ai aidé à allumer un feu que j'espérais purificateur, un feu qui aurait fait renaître la monarchie de ses cendres...Mais le vent de la liberté attise toujours les braises de l'ambition et du fanatisme..."
Si le dénouement tragique de l'histoire est de notoriété publique, le roman en distille certains faits méconnus. L'image de la Reine, étonnamment courageuse et lucide, en est quelque peu réhabilitée.
Apolline Elter
L'entrevue de Saint-Cloud, Harold Cobert, roman, éditions Héloïse d'Ormesson, août 2010, 142 pp, 15 €
Le roman a reçu, ce 16 novembre, le Prix du Style 2010.
***********
Billet de faveur
Deux questions, deux prolongations d’"entrevue", à la lecture de ce court autant que passionnant roman.
AE. Dans le roman, Harold Cobert, Mirabeau fait figure de "coach": il explique à Marie-Antoinette, et par son truchement à l'indolent Louis XVI, la façon de reconsidérer leur fonction. Cela s'est-il vraiment produit ainsi?
Harold Cobert: Oui, car Mirabeau était vraiment conseiller secret du roi. Il lui adressait des notes secrètes pour le conseiller dans sa manière d’agir, quel projet de loi soutenir, etc. A travers ses notes, il parlait également, et même surtout, à la reine : il savait qu’elle seule avait pouvoir sur le bonhomme, qu’elle seule pouvait agir sur la versatilité du roi. Il savait qu’elle lisait ces lettres par-dessus l’épaule de Louis XVI. La phrase « Le roi n’a qu’un homme, c’est sa femme » est authentique et extraite de cette correspondance. Et tous les conseils qu’il lui donne oralement lors de cette entrevue sont exactement ceux qu’il lui écrivait.
AE: L'arrivée de Marie-Antoinette en France -elle vient d'Autriche et s'apprête à épouser Louis XVI - et son départ,... par le biais de l'échafaud, donnent lieu à deux scènes humiliantes où elle doit se dévêtir en public. Ces scènes ne symbolisent-elles pas l'incompréhension mutuelle qui semble avoir toujours existé entre la jeune femme et la France?
Harold Cobert: C’est très juste, et, d’ailleurs, j’avoue que je n’avais pas fait le rapprochement entre ces deux épisodes ! L’incompréhension a en effet été le terreau tragique des rapports de Marie-Antoinette et du peuple français. Tous deux ont eu une fausse image l’un de l’autre : la reine voyait le peuple comme son pire ennemi et réciproquement. Pourtant, il aurait suffi d’un rien pour que Marie-Antoinette revienne dans les bonnes grâces de l’opinion. Il aurait suffi qu’elle écoute et mette en pratique les conseils de Mirabeau et vraiment, vraiment, sa destinée et notre histoire en auraient été profondément bouleversées. Par exemple, Mirabeau avait prévu un plan de fuite dans l’Ouest du pays, déconseillant de toutes ses forces une fuite à l’Est. Mirabeau meurt le 2 avril 1791. A peine trois mois et demi plus tard, le 20 juin 1791, c’est la fuite de Varennes, à l’Est, c’est-à-dire tout le contraire de ce que lui avait conseillé Mirabeau…
06:54 Écrit par Apolline Elter dans Billet de faveur | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |
21 septembre 2010
L'insomnie des étoiles

"Louyre se sentait d'une humeur étrange. Il n'avait ni le désir de vivre, ni celui de mourir, déprimante neutralité d'un état qu'il connaissait bien pour y succomber régulièrement."
L'insomnie des étoiles, Marc Dugain, roman, Gallimard, mai 2010, 226 pp, 17,5 €
Critique de l'ouvrage: ce mercredi 23.
06:07 Écrit par Apolline Elter dans Infusions | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook |



































































































