31 août 2010

Une affaire conjugale - Billet de faveur

Un enfer conjugué.

" Dix ans de vie commune. Deux enfants. L'érosion du  temps, l'ennui et la rancoeur avaient-ils remplacé la béatitude des premiers amours? Ce n'était pas un simple désamour, lorsque la relation s'effiloche et se dissout dans l'ennui, c'était un ravage de nos vies construites ensemble, entremêlées par les enfants que nous avions faits."

C'est au moment où elle décide- enfin - de se séparer de  Jérôme, père de ses jumeaux, qu'Agathe  découvre la vraie personnalité de son mari. S'ensuit une longue procédure de divorce aussi délétère ...que nécessaire.

"L'équipe du divorce était maintenant au complet. J'étais devenue à moi seule une PME qui employait une dizaine de personnes: un avocat, un notaire, un avoué, un expert-comptable, un détective, un coach de divorce et une psychiatre, sans compter les assistants et les secrétaires"

Si elle aborde un fait de société devenu banal - Une affaire conjugale est l'autopsie d'un divorce -Eliette Abécassis en révèle avec précision, acuité et un sens de l'introspection  hors pair les vagues et  ravages suscités, dénonçant, par là- même, la supercherie de sa banalisation.

" Tout ce qui formait  mon univers - mon mari, ma famille, mes amis - s'effondrait comme un château de cartes, les unes entraînant les autres. Le divorce me mettait brutalement face à un constat (...): l'humanité ne vaut rien"

Avec une leçon de vie à la clef: " La seule façon de connaître vraiment son conjoint, c'est le divorce."

Apolline Elter

Une affaire conjugale, Eliette Abécassis, roman, Albin Michel, août 2010, 326 pp, 20 €

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           Une lecture qui ne laisse pas indemne et qui se voit, avec bonheur, prolongée d'un

billet de faveur . 

 

AE: Eliette Abécassis, vous abordez sans tabou les situations de la vie, les relations entres les gens. Votre roman résonne comme un plaidoyer anti-divorce tant il en révèle les déchirements. Considérez-vous que le mariage - et le divorce, partant - comme des mauvais plans?

Eliette Abécassis: Je crois qu’on divorce un peu trop vite de nos jours. Il y a l’image de la famille Ricoré version recomposée, comme l’image d’Epinal du mariage en blanc, où la femme se retrouve princesse d’un jour et l’homme est le sauveur. Mon livre montre la barbarie sous-jacente à ces idéaux, et donne la voix à une souffrance tue parce que non admise par la société bien-pensante, celle de la souffrance du divorce qui est un cataclysme.

AE: Agathe s'écrie - et écrit - à un moment: "Ceux qui n'ont pas divorcé ne peuvent pas comprendre, les célibataires ne peuvent pas comprendre, seuls ceux qui sont passés par cette expérience peuvent entendre ce que je dis."  Ne pensez-vous pas, au contraire, que le récit d'Agathe créera justement un pont entre les divorcés et les non-divorcés, permettant à ces derniers  de mieux comprendre la situation ?

Eliette Abécassis: Je l’espère. Quand on divorce, on se retrouve souvent isolé. La génération des parents d’Agathe ne comprend pas, ses parents sont mariés depuis cinquante ans. Même sa sœur, qui n’a pas divorcé, ne comprend pas ce qu’elle vit car c’est proprement inimaginable, et un sens, indicible : par pudeur et par honte, elle préfère se taire. Le divorce devient comme une prison intérieure, dont elle ne parvient pas à s’échapper car il lui est impossible de penser à autre chose.

  AE: Banaliser -voire faciliter légalement -  le divorce -   n'est-ce pas une grande supercherie?

Eliette Abécassis: Oui, c’est une tromperie. On nous vend le mariage comme la clef du bonheur et le divorce aussi. On nous dit que les enfants c’est plus important que tout, et on n’a pas peur de les scinder en deux et d’abîmer à jamais leur monde et leur horizon.

Et pour terminer, la question rituelle de nos billets de faveur: celle de la madeleine de Proust. Pouvez-vous nous évoquer un plat, une recette, qui ont une saveur particulière à vos yeux ?

Eliette Abécassis: La Dafina, ce plat des juifs du Maroc, qui cuit toute la nuit. Chaque famille a sa recette et ses secrets. C’est un plat à base de riz, de blé, de viande, d’œufs et de  pommes de terre, qui cuisent dans la même marmite, mais séparés, avec beaucoup d’épices. Chaque ingrédient s’imprègne de la saveur de l’autre et il y en a toujours pour tout le monde. Après, il faut prévoir une bonne sieste.

 

 

06:55 Écrit par Apolline Elter dans Billet de faveur | Commentaires (2) | Envoyer cette note |  Facebook |

30 août 2010

Rentrée littéraire

A se demander  pourquoi on parle de rentrée littéraire alors que les ouvrages n'ont d'autre envie que de parler de leur ...sortie.

Apolline, Les grandes sorties de la rentrée

07:01 Écrit par Apolline Elter dans Les pensées d'Apolline | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

29 août 2010

A taire et à planter

Parution en librairie, ce 26 août 2010

Benoît Vermander - A taire et à planter

"La terre, le taire, c'est tout comme. Des lieux où enfouir le grain, les mots, les morts.

Poèmes à taire,  plutôt qu'à boire et à chanter.

Poèmes à terre, coupés, tombés - la Belle ira les ramasser.

Poèmes à planter, poèmes de poche, poèmes en pot, poèmes bonsaï qui grandiront juste de quoi meubler l'alcôve ou la margelle. Poèmes qui se rêvent grains de sénevé."

Benoît Vermander est jésuite. Ethnologue et spécialiste du chinois,  il vit en Chine continentale où il enseigne. Après la publication, cette année, d'un essai sur "la sortie de religion" en Chine, intitulé, L'Empire sans milieu (ed. DDB), il nous offre un recueil de méditations, de poèmes et même de comptines et jeux de mots ...spirituels,  ouvrant les innombrables portes qu'une confrontation nourrie entres les cultures littéraires et sa spiritualité lui inspirent.

"Clarinette de la pénombre

et nos souvenirs mélangés.

Des enfances imaginées,

leurs amours ardentes et sombres."

Apolline Elter

 A taire et à planter, Benoît Vermander, recueil, Desclée de Brouwer, coll."Littérature ouverte", août 2010, 254 pp, 17 €

A noter que l'illustration de couverture est signée Benoît Vermander, également peintre de son (bien riche)état.

06:43 Écrit par Apolline Elter dans Les chroniques d'Apolline Elter | Commentaires (3) | Envoyer cette note |  Facebook |

28 août 2010

Le voisin

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Colombe Barou, mariée, des jumeaux, la trentaine entamée… est nègre auprès d’une maison d’édition. Elle vit le quotidien banal et cadré de la parfaite bourgeoise …. Un quotidien qui va virer à l’enfer tandis que la famille investit un quatre pièces ensoleillé, avenue de la Jostellerie: voisin-fantôme, le docteur Faucleroy, entreprend - mais pourquoi ? - de saboteur l’existence et la personnalité lisses et tranquilles de Colombe.

 Publié, voici dix ans, auprès des éditions Plon, le thriller de Tatiana de Rosnay revient sous les feux de l’actualité littéraire avec une nouvelle publication auprès des éditions Hélène d’Ormesson.

 Un roman envoûtant, aux confins du malsain, qui, sous le couvert d’un harcèlement moral, à la façon des Catillinaires (Amélie Nothomb) brasse  une série de thématiques brillamment conduites: l’enlisement de la personnalité dans une vie par trop convenue, la solitude, la faillite du mariage, …sans oublier la négritude qui sévit dans le milieu de l’édition.

Un ouvrage qui ne se lâche …qu’une fois achevé.

 Apolline Elter

 Le Voisin, Tatiana de Rosnay, roman, éd. Plon, 2000, éd. Héloïse d’Ormesson, avril 2010, 236 pp, 18€

 

 

06:43 Écrit par Apolline Elter dans Les chroniques d'Apolline Elter | Commentaires (1) | Envoyer cette note |  Facebook |

27 août 2010

Exeunt Les Estivales - Les pointés de la rentrée littéraire

juin 2009 002.jpgParenthèse estivale de deux mois, notre rubrique de vacances va prendre ...congé, histoire de bien aborder la rentrée.

Exeunt donc les Estivales de l'Ermitage  qui reviendront en force,  mi- juin 2011.

Penchons-nous désormais vers une rentrée qui d'emblée se profile chargée.

 

Avec quelque 700 titres annoncés d'ici fin octobre, la rentrée littéraire revêt des allures peu digestes. Nous refusons de nous lancer dans une orgie de consommation, nous contentant de vous offrir une vingtaine de recommandations : ce seront "Les pointés de la rentrée". 

Quelques communiqués de presse également d'ouvrages passés entre des mains terrassées de lectures.

Et puis, encore et toujours, les chroniques de livres dont l'intérêt transcende les feux de l'actualité, les comptes rendus de spectacles  et autres bons plans culturels.

Notre rubrique "Gourmandises" va s'étoffer de  rendez-vous  gourmands à la Table de la littérature, en marge des  cours donnés à l'UDA de Louvain-la-Neuve et de Bruxelles (renseignements pratiques dans notre billet du 1er septembre)

A n'en point douter

Une rentrée ..alimentée.

Apolline Elter

 

07:50 Écrit par Apolline Elter dans Les Estivales de l'Ermitage | Commentaires (2) | Envoyer cette note |  Facebook |

26 août 2010

Le mariage de Dominique Hardenne

 Parution ce mercredi 25 août du nouveau roman de Vincent Engel

 

Des noces quelque peu barbares pour un roman ..déconcertant.

Rescapé d'une guerre - contemporaine - Dominique Hardenne revient en son village natal, qui vient d'être figé pour l'éternité par l'effet d'une bombe meurtrière. Les corps des habitants sont prostrés dans leur dernière position, s'offrant au regard comme les pages de lecture d'une vie soudain arrêtée.

"De toute façon, Dominique savait que, tant qu'il serait vivant, il n'échapperait pas aux morts; il avait intérêt à s'y habituer s'il voulait conserver sur eux cet avantage."

Roman de la solitude extrême, Le mariage de Dominique Hardenne, pose la question de la reconstruction de la vie quand même la terre semble en avoir perdu le goût.

"Pendant ce temps, dans la cour désertée de la ferme, une fourmi hésite. Elle a déjà rebroussé chemin à deux reprises, mais l'odeur est trop forte, trop tentante. Alors, elle y revient une troisième fois et franchit le seuil de la cuisine, attirée par l'odeur d'une mie de pain."

Apolline Elter

Le mariage de Dominique Hardenne, roman, Vincent Engel, JC Lattès, août 2010, 200pp, 17,5€

 

06:55 Écrit par Apolline Elter dans Les chroniques d'Apolline Elter | Commentaires (1) | Envoyer cette note |  Facebook |

25 août 2010

Madame de Sévigné vue par des écrivains: dernier volet

Après l'affront créé par les commentaires peu amènes de Paul Léautaud et autre comparse, Prix Nobel de Littérature..-faut pas demander- il nous faut redorer le blason de notre Marquise.

Dans son article, Sévigné à la lettre  (Le Monde, 12 avril 1996) - le titre est magnifique - Philippe Sollers analyse, avec une objectivité infaillible, les sentiments de ses détracteurs et les (forcément bonnes) raisons de ses admirateurs. Est-il façon meilleure et plus musclée de célébrer le tricentenaire de la mort de la Marquise?

" Il faut beaucoup de temps pour comprendre la marquise de Sévigné. Il faut prendre ses distances: avec son époque, la nôtre, l'université, son prétendu amour pour sa fille, les anecdotes et les délires de l'Histoire, l'utilisation tordue qu'en a fait Proust, la question secondaire, mais importante, de Dieu, l'éternelle nature féminine dont elle serait un exemplaire éclatant, sa transformation moderne en pâtisseries, et j'en passe."

Et donc:

" Qu'il s'agisse des hommes, des femmes, du mariage, des grossesses, des maladies, de l'au-delà supposé, de la variabilité des sentiments, des intrigues, de la mort, du pouvoir, Sévigné est d'un goût, c'est-à-dire, d'une intelligence, implacable"

Voilà qui est (bien) dit.

La marquise est. Elle est présence.

"Qu'elle communique cette présence unique le plus souvent à sa fille est logique: il lui fallait, pour se parler à elle-même, un double sûr (pas un homme, donc, ni une amie). Elle s'adresse à son sang féminin, Sévigné, er Mme de Grignan a beau être ailleurs mariée ou mère elle-même, cela ne change rien au contrat de base, à la loi fondamentale de transmission."

"Sévigné, ou l'autorité du verbe mesuré au temps qu'il fait."

Et c'est sur cette sentence que  se clôt notre feuilleton des Estivales du mercredi. Mercredi 2 septembre sera jour de rentrée et de sacrément bonnes résolutions.

Madame de Sévigné, vue par des écrivains, de Bussy-Rabutin à Philippe Sollers, textes réunis par Marie-Hélène Sabard, Préface de Roger Duchêne, Paris, Ecole des Lettres, 1996.

06:45 Écrit par Apolline Elter dans L'Epistolière | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

24 août 2010

Le conseiller du Roi

 

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" Alors le temps a passé comme s'il n'existait plus, ni long, ni court, sans avant, sans après. Ils agitaient en bavardant les modestes événements de la vie d'Aline et, comme la verroterie d'un kaléidoscioe, son existence se recomposait en rosaces magnifiques."

Le conseiller du Roi, Armel Job, Robert Laffont, 2003, rééd. Espace Nord, juin 2010

22:49 Écrit par Apolline Elter dans Infusions | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

23 août 2010

Généralités

" Les généralités sont en général à l'idée, ce qu'un général alité vaut au combat: un manque de hauteur sur la situation."

Apolline, Les pensées, en géneral alitées, du lundi.

06:24 Écrit par Apolline Elter dans Les pensées d'Apolline | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

22 août 2010

Tout ce que les femmes ont toujours voulu savoir sur le vin sans jamais oser le demander...

Vous n'y connaissez goutte en vin?

Vous voulez séduire votre beau-père, vous acoquiner votre belle-mère, accorder les mets et les vins, en  vous fendant d'associations originales, maîtriser le parfait parler oenophile,  voyager à travers les régions vinicoles,  rencontrer des femmes extraordinaires, cavistes, sommelières ou propriétaires de châteaux d'exception, telle May Eliane de Lenquesaing (Pichon-Lalande) ....

Ce livre est fait pour vous. De présentation claire et agréable, il étanche votre soif de savoir sans que vous n'y preniez (vin de) garde.

L'achat n'en sera pas vain, qui permettra à votre entourage masculin d'en récolter lui aussi des grappes de connaissances...

Apolline Elter

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le vin sans jamais oser le demander, Laurie Matheson, Nicole Seeman, Tana Editions, 2007, 12 €

08:12 Écrit par Apolline Elter dans Gourmandises | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

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