31 mars 2010

Une année avec mon père

Quatorze mois, précisément.

Une année avec mon père

"De cette histoire, le téléphone est le héros. Il ponctue nos vie, les rythme et les piège.'

Tout est dit, d'emblée de récit.

C'est par le biais d'un funeste appel téléphonique que la narratrice apprend, ce 8 septembre 2007, l'accident de voiture de ses parents. Lequel qui coûtera la vie d'Hélène, sa Maman.

"Déjà, nous apprenons à ne prononcer aucun mot, comme s'ils étaient contaminés par la brutalité, l'indécence des faits."

Il s'agit, dès lors, pour la narratrice de veiller sur son père qui, rescapé de l'accident, n'en est pas moins gravement blessé.

Une relation s'instaure, entre deux êtres, qui,  visiblement, n'avaient pas coutume de se parler. Une relation émouvante, tendre de maladresse, maladroite de tendresse.

"Ainsi va notre relation, inquiétude pour inquiétude, comme on dit dent pour dent."

Exprimé d'oxymores, de pudeur dévoilée, de tendresse agacée, l'amour que porte la narratrice à son père se décline sur quatre saisons: les quatorze mois qui séparent les décès d'un couple soudé.

Un récit d'atmosphère et d'impressions, riche d'images  belles et nouvelles , de sincérité, d'humour..de générosité, qui rallie la communauté des lecteurs en une immédiate adhésion.

" Tu pleureuras l'heure où tu pleures qui passera trop vitement comme passent toutes les heures, disait Guillaume Apollinaire, dont les citations sur Google sont assorties de conseils sur la mauvaise haleine".

Un vrai coup de coeur.

Apolline Elter

Une année avec mon père, Geneviève Brisac, Ed. de l'Olivier; mars 2010, 182 pp; 16 €

 Billet de faveur: Rendez-vous, demain, sur le blog. Geneviève Brisac nous fait l'honneur et le plaisir de répondre à nos questions. L'interview se clôturera par la déclinaison d'une madeleine, selon le principe des Madeleines de nos auteurs...

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30 mars 2010

F.O.G au salon du Livre de Paris

Rappel de la chronique parue le 10 février sur ce blog:

 

"Isabella m'a tué. Par ses gestes, ses regards et ses paroles, elle n'a cessé de me renvoyer à mon cancer et à ma mort"."

Le deuil dévastateur d'un très grand amour - celui qui porte Antoine vers Isabella et le partage de six ans de vie commune - invite le narrateur à en consigner "la vie et la mort (...) en rassemblant les images dispersées dans ma mémoire pour les graver à jamais dans le marbre d'un livre, leur tombeau".

Le ton du roman est donné, qui livre le récit d'une maladie - le narrateur est atteint d'un cancer de la prostate aux effets dégradants - du désenchantement nervalien d'un incurable Don Juan et d'une série de confessions dénuées de concessions:

"Voilà ma tragédie: je suis un homme. Autrement dit, le seul animal de la Création qui a sa queue devant et ne cesse de courir après"

"Quand l'amour est heureux, vous êtes ridicule, et s'il est malheureux, vous l'êtes plus encore. Dans les deux cas, c'est du radotage."

"Je n'écrivais presque plus. La vie me prenait trop de temps. Je ne crois pas que la littérature en souffrait. Moi non plus."

Forçant les traits d'une supposée lâcheté, le narrateur relate avec brio et cran les étapes de sa déchéance. Et c'est sans doute parce qu'il peut mener l'autopsie d'un si grand amour à terme - et en termes choisis - que'Antoine  Bradsock fera renaître de ses cendres la sérénité incendiée.

Apolline Elter

 Un très grand amour, Franz-Olivier Giesbert, roman, Gallimard, décembre 2009, 254 pp, 17,5 €

Salon du Livre de Paris: Franz-Olivier Giesbert dédicacera son ouvrage, ce mardi 30 mars, de 19h30 à 21 heures,  auprès du stand N85 des Editions Gallimard,

06:00 Écrit par Apolline Elter dans Les chroniques d'Apolline Elter | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

29 mars 2010

Orgie de lectures

Il est de ces moments où les orgies de lectures donnent lieu à quelque indisposition passagère.

Rassurez-vous, l'appétit ne tarde jamais à revenir.

Apolline, Les boulimies livresques du lundi.

06:00 Écrit par Apolline Elter dans Les pensées d'Apolline | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

28 mars 2010

La duchesse amazone

Connu et primé pour ses ouvrages destinés aux plus jeunes, Gérard Hubert Richou relate l'épopée galopante de Marie-Caroline, duchesse de Berry et sa tentative de reconquête du trône de France en faveur de son fils, en qui elle voit le futur Henri V.

Auto-promue régente, la cavalière parcourt le royaume, de Marseille à la Vendée et organise les rébellions visant à détrôner Louis-Philippe d'Orléans. Déguisée tantôt en homme si ce n'est en paysanne nantaise, l'aventurière déjouera la traque à grande échelle menée par le Général Dermoncourt, jusqu'au jour où trahie par un de ses alliés, elle sera extirpée d'une cachette murée derrière la plaque de fonte d'une cheminée.

L'arrestation de cette  "femme sacrée, alors pour tous , faible coeur mais grande âme" (Victor Hugo, 1835) signera la fin de la folle cavalcade.

A.E.

La duchesse amazone, Gérard Hubert-Richou, roman, ed. Pygmalion, mars 2010, 412 pp, 19,9 €

Salon du livre de Paris : Gérard Hubert-Richou dédicacera son ouvrage, ce dimanche,  14h00 à 15h00 auprès du stand L86 des Editions Flammarion

08:00 Écrit par Apolline Elter dans Les chroniques d'Apolline Elter | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

Florence Aubenas au Salon du Livre de Paris

 Rappel de la chronique parue le 18 mars sur ce blog

Le quai de Ouistreham

" Ils ne m'entendaient pas, ne me voyaient pas. Je n'étais pour eux qu'un simple prolongement de l'aspirateur, la même mécanique, tout juste agrémentée d'une blouse et de gants en plastique."

 

C'est à une vraie démarche journalistique que Florence Aubenas - grand reporter au Nouvel Observateur - se livre: explorer, sur le terrain, la précarité des emplois peu qualifiés.

 

Teinte en blonde, le regard dissimulé par le port permanent de lunettes, l'ex-otage ravie, en 2005, lors d'un reportage en Irak, s'installe à Caen, en février  2009 et parvient,  curieusement,  à garder l'anonymat: elle plaidera, aux rares personnes qui penseront la reconnaître, la coïncidence de l'homonymie.

 

Son âge avancé - 48 ans, en 2009  - et un  CV rendu vierge de toute expérience professionnelle la classeront, auprès des agences "Pôle emploi" dans la catégorie des "Hauts risques statistiques". Le seul débouché envisageable impose une formation d'agent d'entretien et la disposition inéluctable d'une voiture.

 

Un récit de galère, celle des emplois précaires, des horaires, du rythme de travail et de quelques scandaleux faits d'exploitation s'entame, qui décrit finement les relations humaines qui se tissent à tous les niveaux. L'écriture de Florence Aubenas allie la précision journalistique et le rythme alerte à quelques traits d'humour bienvenus.

L'expérience se conclura,  en juillet 2009, lorsque Florence Aubenas décrochera le  CDI qu'elle s'était fixé comme enjeu:

"Parmi les règles que je m'étais fixées, il y avait celle d'arrêter cette expérience dès qu'on me proposerait un contrat de travail définitif. Je ne voulais pas bloquer un emploi réel."

 

Apolline Elter

Le quai de Ouistreham, Florence Aubenas, éd. de l'Olivier, fév. 2010, 276 pp, 19 €

Salon du Livre de Paris: Florence Aubenas dédicacera son ouvrage, ce jour, de 15h à 17 h, auprès du stand  L82 des Editions de l'Oliver, ainsi que mardi 30, de 17h à 18h.

07:45 Écrit par Apolline Elter dans Actu-éditoriale | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

Minh Tran Huy au Salon du Livre de Paris

Rappel de la chronique parue le 17 septembre 2009 sur ce blog

La double vie d'Anna Song,

La double mort aussi...

Inspiré du scandale lié à la gloire posthume usurpée de Joyce Hatto, pianiste britannique décédée en 2006, l'"Annagate" de Minh Tran Huy revêt une telle crédibilité que le lecteur lui-même est pris dans les mailles du doute et de l'imposture.

Récit de l'imposture.

Et d'une quête de l'impossible identité.

Enfant prodige, Anna Song se voit privée des doubles racines de son identité. Une remise en cause des ses origines - un voyage au Vietnam lui révèle qu'elle en est étrangère - et une paralysie de la main ont raison, provisoirement semble-t-il, de sa vocation vitale.

Résolu à "transformer sa vie en mythe", le narrateur mènera le lecteur dans un récit tissé de passion et de rebondissements, entrecoupés d'articles de presse, révélant peu à peu l'ampleur du scandale.

Un récit qui pose la question fondamentale de la place de la vérité dans l'art:

"..j'ai créé le mythe d'Anna Song, donné corps à mon rêve et nourri celui de beaucoup d'autres. N'est-ce pas précisément ce qu'on demande à un artiste, qui doit nous entrouvrir les portes d'un monde où la banalité fleurit en vision, où la laideur se sublime en beauté, où les désillusions de l'existence se dorent au soleil de l'art et se muent en brumes légères comme un fil de soie? Alors la réalité ne se fausse pas en mensonge: elle s'accomplit dans l'espace, étrange et merveilleux, de la fable. C'est en ce sens qu'Anna Song est et a toujours été vraie."  

A méditer.

Apolline Elter

La double vie d'Anna Song, Minh Tran Huy, roman, Actes Sud, août 2009, 192 pp, 18 €

 Salon du Livre de Paris: Minh Tran Huy dédicacera son ouvrage, aurpès du stand Actes Sud (E 47), ce dimanche 28 mars, à 15 h et 18 h.

07:00 Écrit par Apolline Elter dans Les chroniques d'Apolline Elter | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

Akhenaton - La face B

Produit d'une vingtaine d'entretiens accordés au journaliste Eric Mandel, l'ouvrage trace l'épopée du rappeur pharaonique - une petite dizaine d'albums à son actif dont le Bad Boys de Marseille,... - de Marseille, berceau de son enfance,  à New-York, berceau du hip-hop.

Personnalité plutôt  introvertie, le leader d'IAM livre son cheminement personnel, ses choix éthiques et exigences de composition en un auto-portrait qui offre, par l'occasion, au lecteur un éclairage intéressant sur l'univers du rap.

Apolline Elter

La face B, Akhenaton, avec la collaboration d'Eric Mandel, ed. Don Quichotte, mars 2010, 464 pp, 198,90 €

Akhenaton dédicacera sa biographie, ce jour, au Salon du Livre (Paris), de 16 h à 18 heures, auprès du stand N82 des Editions Don quichotte

06:15 Écrit par Apolline Elter dans Les chroniques d'Apolline Elter | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

27 mars 2010

Spécial Salon du Livre de Paris

Une orgie de billets et de rendez-vous à vous soumettre, chers visiteurs, à l'occasion du Salon du livre de Paris, qui se tient, vous le savez,  à La Porte de Versailles jusqu'au 31 mars (voir agenda)

 L'occasion de vous rappeler certaines chroniques et coups de coeur.

POur vous inciter à en rencontrer les auteurs.

A tout seigneur tout honneur, L'affaire des poisons, Jean-Christian Petitfils:

(Chronique parue sur ce blog, le 28.2.2010):

S'il est un scandale  qui a envenimé le règne de Louis XIV, c'est bien l'affaire des poisons. Visé en son cercle intime  - Madame de Montespan fut suspectée d'avoir voulu l'empoisonner - le monarque institua, dès 1679, une commission d'enquête, la Chambre ardente, avec mission de livrer  chasse aux sorcières:  mis sur la sellette, soumis à la petite, grande questions et autres tortures, une série de personnages obscurs et malfaisants furent exécutés sur la voie publique, par décapitation, pendaison ou passage sur le bûcher. 

Des noms comme La Voisin, La Filastre, la Grange et quelque 160 autres comparses étaient impliqués dans des pratiques sordides : commerce de poisons, sortilèges, messes noires, pactes sataniques, sacrifices rituels...qui drainaient des adeptes jusque dans les cercles haut-placés du pouvoir.

Figure centrale de l'enquête, Gabriel Nicolas de la Reynie, lieutenant général de Police dut tempérer zèle et intégrité, des  éléments de l'enquête visant La Montespan. Le résumé de ses notes constitue une source précieuse pour  l'ouvrage.

Résultat de recherches approfondies, basées sur une bibliographie et source d'archives impressionnantes, l'ouvrage de l'historien Jean-Christian Petitfils propulse le lecteur au coeur des intrigues de Cour, dénonciations gratuites, mentalités stupéfiantes et d'une psychose bien compréhensible.

Un ouvrage majeur.

Apolline Elter

L'affaire des poisons, Jean-Christian Petitfils, Editions Perrin, janvier 2010, 382 pp, 21,5 €

 Jean-Christian Petitfils dédicacera son ouvrage, ce samedi 27 mars, de 15h30 à 18 h, au stand des Editions Perrin

Une année avec mon Père Geneviève Brisac dédicacera Une année avec mon père, ce samedi, de 15h à 16h auprès du stand des Ed. de l'Olivier (L82) et mardi 30, de 19h à 20h.

Je vous promets de lire l'ouvrage sous peu et de vous en livrer chronique. Les échos en sont on ne peut plus favorables...

David Foenkinos dédicacera son superbe La Délicatesse, ce samedi, de 16h à 17h auprès du stand N85 des Editions Gallimard. Volez-y: je vous ai déjà dit ,à plusieurs reprises, tout le bien que j'en pensais.

07:30 Écrit par Apolline Elter dans Les chroniques d'Apolline Elter | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

La vie d'une manière ou d'une autre

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Echo au bonheur, d'une manière ou d'une autre,le nouveau roman de Christine Arnothy explore la façon dont Alice va reprendre goût à la vie après le viol collectif dont elle a été victime. Drogue, boisson, trahison,vengeance, fortune expiatoires  et Amlur sont les ingrédients d'un thriller qui ajoute à son palmarès l'atmosphère trouble et les pratiques singulières qui régissent l'Hôpital Central.

AE

La vie, d'une manière ou d'une autre, Christine Arnothy, roman, Ed Flammarion, mars 2010, 378 pp, 21 €

Salon du Livre de Paris: Christine Arnothy dédicacera son roman, ce samedi 27 mars, de 16h à 18h, auprès du stand L 86 de Editions Flammarion.

07:15 Écrit par Apolline Elter dans Les chroniques d'Apolline Elter | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

Anna Gavalda au Salon du Livre de Paris

Rappel de la chronique parue le 8 décembre sur ce blog:

C'est vrai qu'elle est belle et complice, cette échappée qu'Anna Gavalda nous propose hors du monde adulte et de son conformisme lourdaud.

" Ma belle-soeur Carine a fait pharmacie mais préfère qu'on dise médecine, donc elle est pharmacienne mais préfère qu'on dise pharmacien, donc elle a une pharmacie mais préfère qu'on dise  une officine.(...) Ma belle-soeur Carine est assez prévisible"

Conviés à une réception familiale, Simon, Lola et Garance, décident de faire le mariage buissonnier, plantant Carine, impossible belle-soeur, pour retrouver leur jeune frère, Vincent, mué en châtelain d'occasion.

Quelques heures d'enfance et de complicité retrouvées, échappées d'un quotidien adulte pas vraiment folichon.

C'est drôle, tendre, vif, alerte, truffé d'argot à tire-larigot - parfois même un peu trop - joyeusement bohême , avec ce petit côté paradis perdu qui en rend la lecture véritablement craquante...

Tant qu'à se faire plaisir, je vous suggère d'écouter -en boucle- l'Hallelujah de Jeff Buckley, point d'orgue de ces délicieuses retrouvailles...

De l'Anna Gavalda grande forme.

Apolline Elter

L'échappée belle, Anna Gavalda, roman, Le Dillettante, novembre 2009 (version revue et corrigée de  l'édition de France Loisirs, 2001)

Salon du livre de Paris: Anna Gavalda dédicacera son ouvrage, ces samedi 27 mars et dimanche 28 mars à 11 heures auprès du stand H44 des Editions Le Dilettante.

07:15 Écrit par Apolline Elter dans Les chroniques d'Apolline Elter | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

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