28 février 2010
L'Affaire des poisons

S'il est un scandale qui a envenimé le règne de Louis XIV, c'est bien l'affaire des poisons. Visé en son cercle intime - Madame de Montespan fut suspectée d'avoir voulu l'empoisonner - le monarque institua, dès 1679, une commission d'enquête, la Chambre ardente, avec mission de livrer chasse aux sorcières: mis sur la sellette, soumis à la petite, grande questions et autres tortures, une série de personnages obscurs et malfaisants furent exécutés sur la voie publique, par décapitation, pendaison ou passage sur le bûcher.
Des noms comme La Voisin, La Filastre, la Grange et quelque 160 autres comparses étaient impliqués dans des pratiques sordides : commerce de poisons, sortilèges, messes noires, pactes sataniques, sacrifices rituels...qui drainaient des adeptes jusque dans les cercles haut-placés du pouvoir.
Figure centrale de l'enquête, Gabriel Nicolas de la Reynie, lieutenant général de Police dut tempérer zèle et intégrité, des éléments de l'enquête visant La Montespan. Le résumé de ses notes constitue une source précieuse pour l'ouvrage.
Résultat de recherches approfondies, basées sur une bibliographie et source d'archives impressionnantes, l'ouvrage de l'historien Jean-Christian Petitfils propulse le lecteur au coeur des intrigues de Cour, dénonciations gratuites, mentalités stupéfiantes et d'une psychose bien compréhensible.
Un ouvrage majeur.
Apolline Elter
L'affaire des poisons, Jean-Christian Petitfils, Editions Perrin, janvier 2010, 382 pp, 21,5 €
06:45 Écrit par Apolline Elter dans Les chroniques d'Apolline Elter | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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27 février 2010
Nicolas Ancion , sur les traces de Simenon.
La Foire du livre de Bruxelles se penche sur le livre numérique.
A cette occasion, elle invite l'écrivain d'origine liégeoise, Nicolas Ancion, à se prêter à une expérience pour le moins originale:
24h chrono suivez l'expérience inédite !
Nicolas Ancion, le lauréat du prix Rossel des jeunes 2010 dans un véritable « contre la montre ». Armé d'un stylo numérique et enfermé dans le L@b, il écrira un polar en direct et devant le public. A suivre sur place, sur Twitter ou Facebook. Début de la performance le mercredi 3 mars à 20h30. Corrections en direct le samedi 6 mars à 14h.
Lequel écrivain, bien sympathique, a accepté de répondre à l'interview que nous lui avons soumise:
A.E. : Le thème du polar sera-t-il imposé?
Nicolas Ancion : Il m'a été imposé, je ne sais plus par qui ni comment, mais il colle bien à la situation, qui est un hommage au défi que Simenon n'a pas réalisé, finalement, celui d'écrire un roman en trois jours devant le public, enfermé dans une cage de verre.
Par ailleurs, je pense depuis de nombreuses années – dans la lignée de pas mal d'auteurs français de la Série Noire – que le terme polar ne renvoie pas à « policier » mais à « Polaroïd ». Le polar est un instantané d'une société qui va mal. Roman noir, roman réaliste, policier peut-être mais pas forcément. En tout cas, la contrainte ne me dérange pas, de manière générale, elle me stimule plutôt.
A.E.: Quel temps vous sera-t-il imparti?
Nicolas .Ancion : Je me suis donné 24h. Parce que je me vois mal tenir plus longtemps sans dormir. Je n'ai plus fait de nuit blanche depuis longtemps, ça va être une première en terme de résistance à la fatigue et de rebondissement de l'inspiration.
A.E.: Pourrons-nous vous apporter des oranges, si vous êtes enfermés dans le l@b? (ou des madeleines? )
Nicolas Ancion : Mieux vaut m'apporter des cafés serrés avec du lait et sans sucre, ce sera plus utile. Et des bananes pour les sucres lents.
A.E.: En quoi consistera la séance de corrections du samedi?
Nicolas Ancion: A relire ce que j'aurai écrit d'un jet, pour le toiletter et le rendre présentable. J'y consacrerai quelques heures après avoir pensé à autre chose qu'à ce roman pendant 36 heures.
A suivre....
Apolline Elter
A lire sur le blog « Post-it littéraire » de Nicolas Ancion le billet du 24 janvier, consacré à l’aventure http://bit.ly/b1NB7K
06:15 Écrit par Apolline Elter dans Interview | Commentaires (2) | Envoyer cette note |
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26 février 2010
Rencontre avec Jan De Cock

Jan De Cock est un personnage hors du commun: en 2001-2002, il part à la rencontre des prisonniers du monde, se faisant enfermer volontairement dans des cellules afin de connaître leurs conditions - parfois dantesques - de détention. De cette rencontre naît la constitution d'une ASBL Within-Without Walls, destinée à rendre la vie des prisonniers plus constructive et un ouvrage : Des prisons comme hôtels (Ed. Racine). Il y consigne, avec simplicité et humour, son expérience carcérale. Une chronique sera bientôt consacrée à l'ouvrage.

Une rencontre avec Jan De Cock est organisée
dimanche 7 mars à 14h30
à l'église Saint-Joseph (av. d'Oppem, 149 à 1970 Wezembeek-Oppem)
Fraîchement rentré de Bolivie, Jan De Cock viendra évoquer son expérience, quelques photos à la clef.
La conférence est gratuite. Une enveloppe sera toutefois à la disposition du public afin de soutenir financièrement les projets de l'asbl Within - Without Walls.
Les inscriptions (adultes et ados >15 ans) se feront à l'adresse e-mail dondb@telenet.be
La rencontre sera passionnante, je vous le certifie.
Apolline Elter
Site web recommandé: www.prisoninfo.org

Egalement à l'agenda de votre blog favori, je vous invite à rejoindre notre séquence DEDICACES : elle aura lieu du mercredi 3 au lundi 8 mars, en marge de la Foire du livre de Bruxelles et des auteurs qui vous y donneront rendez-vous.
Rendez-vous demain, samedi, pour l'interview de Nicolas Ancion et la préparation d'une expérience pour le moins originale....
07:30 Écrit par Apolline Elter dans Agenda | Commentaires (1) | Envoyer cette note |
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25 février 2010
La reine Carla

Spécialiste des têtes couronnées, Patrick Weber n'hésite pas à introniser la France républicaine dans les rangs des monarchies les plus établies. Sans doute faut-il être Belge pour s'attaquer ainsi à un portrait de la première Dame des Français sans être taxé d'implication partisane.
Relatant les apparitions publiques de l'ex-mannequin, mangeuse d'hommes et encore actuelle chanteuse, depuis son mariage avec "Nicolas Ier", le journaliste tente de percer l'énigme d'une femme experte consommée dans l'art de l'esquive.
Une richissime vestale zen qui donne l'impression de jouer un rôle, avec fonction d'apaiser le président et de le défaire de son image de Zébulon hyperkinétique doublé de celle d'un homme d'Etat autoritaire.
Elégante, élancée, naturellement indolente, polyglotte avertie, politiquement éprise des intellectuels de gauche, la reine Carla tiendrait tant d'une Catherine ou d'une Marie de Médicis, Joséphine de Beauharnais, Marie-Antoinette que d'une Astrid de Belgique, Diana Spencer, Grâce de Monaco ou même et surtout d'une Jackie Kennedy. Chacune de ces ressemblance étant évaluée selon un coefficient de Carla-compatibilité .
"Carla souffre d'un syndrome bien connu par les reines de France. Elle paraît lointaine, coupée des réalités du peuple. A ceux qui réclament du pain, elle propose de lire de la poésie. Et quand on s'attendrait à la voir marcher, tête baissée , deux pas derrière son auguste époux, elle donne plus souvent l'impression de n'en faire qu'à sa tête."
Mystère d'un couple, mystère d'une fonction bien délicate à négocier.
Apolline Elter
La reine Carla, Patrick Weber, document; éditions du Rocher, février 2010, 190 pp, 18 €
06:45 Écrit par Apolline Elter dans Les chroniques d'Apolline Elter | Commentaires (2) | Envoyer cette note |
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24 février 2010
Le paquet

"C'est dur de n'avoir que sa vie quand elle est vide de tout, mais coupante comme un éclat de verre."
Que donc contient l'encombrant paquet, accroche énigmatique du monologue écrit et mis en scène par Philippe Claudel (Les âmes grises, La petite fille de Monsieur Linh, Le rapport de Brodeck, Il y a longtemps que je t'aime, ...)?
Tandis que le lecteur (spectateur) se répand en conjonctures, tour à tour, terre-à-terre et existentielles, il se voit emporté dans le tourbillon d'une logorrhée aux accents beckettiens. Un monologue qui le prend à témoin, d'une vie rêvée ou dépréciée, mêlée de banal tragique, de loufoque pathétique.
"Moi, j'ai seulement pris tout ce qui traînait, nos bassesses, nos veuleries, nos promesses reniées, toute la laideur du monde et celle de nos actes, et j'en ai fait un gros paquet. Toutes ces ordures, il faut bien que quelqu'un se dévoue pour les ramasser et les déverser quelque part!"
Créée en janvier 2010, avec Gérard Jugnot dans le rôle principal ..et unique, la pièce se joue jusqu'au 27 mars au Petit Théâtre de Paris
Apolline Elter
Le paquet, Philippe Claudel, Théâtre, Stock, janvier 2010, 88 pp, 10 €

06:00 Écrit par Apolline Elter dans Les chroniques d'Apolline Elter | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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23 février 2010
Ingrid et moi. Une liberté douce-amère
"Tu me croiras si tu veux, mais ce livre, je l'ai d'abord écrit pour moi. Pour me rappeler ce que j'ai vécu avec toi pendant treize ans. Que nous nous sommes aimés, vraiment. Que nous nous sommes mariés. Que nous avons formé une famille. Que j'ai aimé tes enfants. Que nous avions des rêves. Que nous nous sommes battus pour une même cause politique. Que tu as risqué ta vie et perdu six ans pour cette cause. Et que je ne suis pas resté six ans à t'attendre sans rien faire."
Ingrate Betancourt?
La parution du livre de Juan Carlos Lecompte met à mal le mythe de l'ex-otage des FARC. Il pose surtout la question de l'étrange et ingrate attitude d'Ingrid Betancourt à l'égard de celui qui fut son deuxième mari et qui se dépensa sans compter - abandonnant toute occupation professionnelle - pendant les six années de sa captivité.
Traçant les circonstances de l'enlèvement de la célèbre otage colombienne, des actions entreprises durant les années de captivité jusqu'à celle, controversée, de sa libération, Juan Carlos Lecompte décrit aussi les relations au sein de la famille: s'il a grande estime pour Fabrice Delloye, premier mari d'Ingrid et leurs enfants, Mélanie et Lorenzo, il n'en va pas de même pour Yolanda, sa belle-mère, à qui il impute, la distance prise par sa fille.
Un livre écrit à la fois pour consigner le deuil d'un amour, mais aussi ses plus belles pages et inviter Ingrid à ce dialogue attendu depuis le jour de sa libération.
Un dialogue libératoire lui aussi?
Pris entre le feu de l'émotion inspirée par Juan Carlos Lecompte et de la sympathie vouée à Ingrid Betancourt, le lecteur se prend à souhaiter ce droit de réponse sollicité.Il réalise,en tout cas, qu'une captivité de si longue haleine laisse des traces bien amères.
"Je n'écris pas ce livre pour te faire du mal, mais pour me faire du bien. Pour clôturer un chapitre de ma vie. Même si je sais que je ne t'aime plus, je veux me souvenir pourquoi je t'ai aimée. Sans cela, mon long et douloureux combat n'aurait eu aucun sens. Et si de ton côté, tu as cessé de m'aimer aussi, ce n'est pas grave. Cela arrive. Seulement, j'aimerais que tu te rappelles que ton ex-mari s'est mobilisé pour toi de tout son corps et de tout son coeur.
Tu vois, Ingrid, ce n'est qu'un livre d'amour, finalement. D'amour-propre et d'amour tout court" Paris et Bogota, novembre 2009.
Puisse ce paragraphe n'être que fin provisoire.
Apolline Elter
Ingrid et moi. Une liberté douce-amère. Juan Carlos Lecompte, éditions Alphée - Jean Paul Bertrand, janvier 2010, 210 pp, 21,90 €
06:45 Écrit par Apolline Elter dans Les chroniques d'Apolline Elter | Commentaires (2) | Envoyer cette note |
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22 février 2010
Chameau orthographique
"Quelques moments à dos de dromadaire suffisent pour connaître l'orthographe du mot "coccyx"et lui éviter tout ... chameau*."
Apolline, Les pensées postérieures du lundi
* terme argotique utilisé pour désigner les fôtes d'ortografe impardonables
06:45 Écrit par Apolline Elter dans Les pensées d'Apolline | Commentaires (2) | Envoyer cette note |
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21 février 2010
Méthode positive
" Entendu le conseil d'un éditeur à l'auteur, à propos des passages d'un manuscrit qu'il a barrés: dites-vous bien qu'ils ne manqueront pas au lecteur. Il encourage à ne lire que ce qui reste du texte pour voir si ça se tient, sans relire les biffures. J'applique à ma vie. Je relis ma vie au présent sans penser à ce qui a été supprimé. Est-ce que ça se tient? Oui. Il ne faut pas penser à ce qui pourrait être si. Et c'est tout. J'ai trouvé le nom de mon ennemi: le conditionnel."
La femme quittée, Raphaële Vidaling, roman, Grasset, 2003, p 51
07:00 Écrit par Apolline Elter dans Infusions | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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20 février 2010
Le cadeau idéal

à offrir les yeux fermés (mais ce serait dommage parce qu'il est beau à l'intérieur)
L'avantage d'un tel titre-fleuve est que vous n'avez rien à ajouter: il vous fait une chronique à lui seul.Et le pire...est qu'il dit vrai.
A l'occasion du vingtième numéro - que les tomes passent vite - de la collection des PLAO - Petits livres à offrir - ses auteurs ont décidé, sous la direction de Raphaële Vidaling, d'en condenser les meilleures pages.
Résultat: un livre pas si petit que cela, encoffré d'une couverture à rabat aimanté, dense et pesant, de pages délicieusement glacées.
Et le lecteur de picorer au gré de ses envies les acrostiches, questions-pièges, morceaux de musique comestibles, plats insolites, brocolis postaux, tests de grossesse imparables, interprétations du langage codé des queues de chats, perles des notices d'emballage, traductions patronymiques mondiales des Dupont-Dupond, ....et toutes ces miscellanées qui lui permettront de briller vraiment en société.
Il découvrira- retrouvera - avec bonheur les univers graphiques propres à chaque tome de la collection.
Euh, dites, il faut vraiment l'offrir?
Apolline Elter
Le Cadeau idéal à offrir les yeux fermés (mais ce serait dommage parce qu'il est beau à l'intérieur), textes: Raphaële Vidaling, Tana Editions, oct. 2009, 246 pp, (sous blister), 25 €
06:30 Écrit par Apolline Elter dans Cadeau(x) | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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19 février 2010
Schuiten, filiation
Vendredi est jour d'agenda.
Et si vous profitiez de la fin du congé de Carnaval pour vous offrir une promenade dans Bruxelles - Woluwé- Saint-Pierre en particulier - sous l'angle de la filiation Schuiten, en mémoire à l'architecte Robert Schuiten, décédé en 1997.
Paru aux Editions Versant Sud, l'ouvrage de Philippe Marion analyse la culture familiale du visuel et du dessin transmise par Robert Schuiten à ses enfants et petits-enfants, Luc, François, Christine, Marie Van Hasselt et son fils Thierry, Maïté et Alban, ...
Le dessin comme dessein
Une filiation durablement marquée par le sceau de l'architecture, lequel souligne l'importance du dessin préliminaire aux plans : " Chez les Schuiten, le dessin nourrit l'intention créatrice, le dessein de construire"
Veuf d'un premier mariage - Simone Louwers mourra d'une hémorragie à la naissance de leur sixième enfant - Robert Schuiten épousera Mady De Maeyer dont il aura deux enfants, François et Bernadette.
Patriarche d'une famille nombreuse bourgeoise et catholique, despote éclairé, Robert Schuiten établira une véritable sélection affective de la famille par le biais du dessin et des dispositions manifestées. Des séances collectives de dessin sont organisées en famille qu'il considère comme l'activité la plus gratifiante.
Abondamment illustré des projets et réalisations du célèbre architecte, l'ouvrage de Philippe Marion s'emploie aussi à démontrer l'inscription de l'art de Luc et de François, BD, affiches et travaux de scénographies, dans cette culture familiale basée sur la passion visuelle.
Apolline Elter
Schuiten, filiation, Philippe Marion, beau livre, Ed. Versant Sud, 2009, 176 pp,39,5€
A l'agenda proprement dit de votre blog favori, je vous invite à rejoindre notre séquence DEDICACES : elle aura lieu du mercredi 3 au lundi 8 mars, en marge de la Foire du livre de Bruxelles et des auteurs qui vous y donneront rendez-vous
06:30 Écrit par Apolline Elter dans Les chroniques d'Apolline Elter | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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