20 septembre 2009

La vie édifiante d'Anton Gaudi

Bienvenu pour ce dernier épisode de notre feuilleton estival.

J'en conviens: l'histoire s'arrête au moment même où elle devenait intéressante, où Anton Gaudi entreprend ce qui sera l'oeuvre majeure de sa vie : l'édification de la Sagrada Familia.

Deux solutions s'offrent dès lors à vous:

- me supplier de continuer le feuilleton, en cet automne débutant

- attendre avec liesse la parution de l'ouvrage qui lui sera consacré.

Vous jugerez.

Pour l'heure, nous en revenons à Gaudi, nous pointant précisément sur l'année 1883, cruciale dans sa destinée:

 

 

1883 est à entourer d’une croix car elle va engager Gaudi dans ce qui sera l’œuvre majeure de sa vie : la construction d’un temple – d’une église si vous préférez – consacré à la Sainte Famille. Entendez par là Marie, Joseph et Jésus. Le nom de l’œuvre : Le Temple Expiatori de La Sagrada Familia

Barcelone camp 069

Avec ses tours qui touchent le ciel, ciselées comme de la dentelle, La Sagrada Familia semble tout droit sortie d’un conte de fée. Gaudi voulait en faire l’édifice le plus élevé de la ville. Sa construction n’est à ce jour pas achevée. Ce qui n’empêche Barcelone de l’avoir choisie pour emblème et de la voir classer par L’Unesco « Patrimoine universel de l’Humanité ».

A l’origine de l’œuvre, le projet d’un libraire catalan, Josep Maria Bocabella. L’histoire raconte que marqué par un pèlerinage à Rome, notre pieux libraire décide d’édifier un temple expiatoire en l’honneur de son saint patron, Joseph. Pour expier quoi ? Qu’importe, en ce temps-là, il y a toujours quelque faute à se faire pardonner. Il parvient à convaincre une de nombreux fidèles – des pauvres, surtout  - de participer financièrement à l’édification du temple. un terrain est acheté dans le quartier de L’Eixample[1]  et le chantier est amorcé qui est confié à l’architecte Francesc de Paula Villar. Ce dernier n’en est pas à sa première église. Tout est donc béton.

Que non.

A peine a-t-il achevé les colonnes de la crypte – on est aux balbutiements de la construction –  que Villar se dispute avec Joan Martorell, conseiller technique de Bocabella.  Et  abandonne le chantier…

Martorell propose alors de contacter un jeune architecte des plus prometteurs, qui travaille sur le chantier proche d’une propriété de vacances à Gracià,  la Maison Vicens.

Le jeune architecte n’est autre que….Gaudi. Lequel s’éclate à grands coups de pierre, brique, céramique, faïence émaillée, fer forgé et motifs d’inspiration florale et orientale à l’édification de la première œuvre qui fera vraiment parler de lui, la Casa Vicens, du nom de son propriétaire Manuel Vicens Montaner.

Un projet colossal, cela ne se refuse pas. Antoni Gaudi va à ce point se passionner pour celui de la Sagrada Familia, qu’il y  travaillera les 43 prochaines années de sa vie, s’y consacrant exclusivement durant les 16 dernières années  qui précèdent son accident. Il installera sur le chantier un bureau, qui deviendra sa chambre et son unique lieu de vie. Perfectionniste  dans l’âme,  il se jette à fond dans l’étude de la liturgie

: chaque élément architectural ou décoratif symbolise ce  mysticisme qui l e gagne peu à peu...



[1] L’Eixample : quartier de la « nouvelle » Barcelone, construit après la démolition de l’enceinte fortifiée de la ville en 1859. Le plan de l’extension fut conçu par l’urbaniste Ildefons Cerdà , selon un quadrillage rigoureux.

06:15 Écrit par Apolline Elter dans Les Estivales de l'Ermitage | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

19 septembre 2009

La double vie d'Anna Song

La double mort aussi...

Inspiré du scandale lié à la gloire posthume usurpée de Joyce Hatto, pianiste britannique décédée en 2006, l'"Annagate" de Minh Tran Huy revêt une telle crédibilité que le lecteur lui-même est pris dans les mailles du doute et de l'imposture.

Récit de l'imposture.

Et d'une quête de l'impossible identité.

Enfant prodige, Anna Song se voit privée des doubles racines de son identité. Une remise en cause des ses origines - un voyage au Vietnam lui révèle qu'elle en est étrangère - et une paralysie de la main ont raison, provisoirement semble-t-il, de sa vocation vitale.

Résolu à "transformer sa vie en mythe", le narrateur mènera le lecteur dans un récit tissé de passion et de rebondissements, entrecoupés d'articles de presse, révélant peu à peu l'ampleur du scandale.

Un récit qui pose la question fondamentale de la place de la vérité dans l'art:

"..j'ai créé le mythe d'Anna Song, donné corps à mon rêve et nourri celui de beaucoup d'autres. N'est-ce pas précisément ce qu'on demande à un artiste, qui doit nous entrouvrir les portes d'un monde où la banalité fleurit en vision, où la laideur se sublime en beauté, où les désillusions de l'existence se dorent au soleil de l'art et se muent en brumes légères comme un fil de soie? Alors la réalité ne se fausse pas en mensonge: elle s'accomplit dans l'espace, étrange et merveilleux, de la fable. C'est en ce sens qu'Anna Song est et a toujours été vraie."  

A méditer.

Apolline Elter

La double vie d'Anna Song, Minh Tran Huy, roman, Actes Sud, août 2009, 192 pp, 18 €

A podcaster:

Minh Tran Huy était l'invitée de Corinne Boulangier, ce jeudi 17 septembre, au cours de l'émission "Bonjour quand même" (RTBF, La Première, 9 h 10). L'entretien était aussi passionnant qu'enjoué,  l'auteur, des plus sympathiques. Je vous invite à podcaster l'émission en vous rendant sur le site de La Première (www.lapremiere.be)

07:00 Écrit par Apolline Elter dans Les chroniques d'Apolline Elter | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

18 septembre 2009

Delvaux: 180 ans de luxe belge

Delvaux

Rendez-vous, du 17 septembre 2009 au 21 février 2010, à l'étage du MoMu (Mode Museum, à Anvers) pour l'exposition qui trace les 180 ans de la Maison Delvaux.

De la bagagerie, vocation initiale de la Maison, à l'introduction du sac à main, le parcours de l'exposition se fait selon un schéma thématique judicieusement négocié: généalogie des familles Delvaux et Schwennicke, reconstitution d'un atelier et du Studio, thébaïde de la créativité, déclinaison chronologique des modèles-phares qui ont marqué le paysage belge du luxe et photos des ambassadrices royales qui l'arborèrent..

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  Photos (Louis Jadoul)

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 Enigme: En quelle circonstance et par quelle ambassadrice princière fut porté ce sac aux allures résolûment patriotiques..

A vous lire dans les commentaires..

 

Apolline Elter

Informations pratiques:

Delvaux - 180 ans de luxe belge

Du 17 septembre 2009 au 21 février 2010

Tous les jours (sauf le lundi), de 10h à 18h.

Nocturne (jusque 21 heures) : chaque premier jeudi du mois.

Adresse:

MoMU (ModeMuseum Provincie Antwerpen)

Nationalestraat, 28 - 2000 Antwerpen Tél: 03.470.27.70

www.momu.be

 

06:15 Écrit par Apolline Elter dans Agenda | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

17 septembre 2009

La Délicatesse

Délicatesse suprême de Markus, anti-héros façon Woody Allen, que d’afficher un physique plutôt désagréable, une existence plutôt terne et une telle absence de séduction qu’il n’effarouchera pas Nathalie, ravissante et inconsolable veuve. Délicatesse extrême de la faire renaître à la vie sans entacher l’image de son conjoint.

"...et Markus entra. C'était un collègue originaire d'Uppsala, une ville suédoise qui n'intéresse pas grand monde. Même les habitants d'Uppsala sont gênés: le nom de leur ville sonne presque comme une excuse."

"Après leur dernier échange, il était parti lentement. Sans faire de bruit. Aussi discret qu'un point virgule dans un roman de huit cents pages."

Et le lecteur de retrouver avec liesse David Foenkinos, pour ce huitième roman qui allie un langage imagé  à un humour décalé, proprement irrésistibles.

« Il ouvrit enfin la porte de son appartement, et trouva son salon bien trop petit par rapport à son envie de vivre. » 

 La Délicatesse, David Foenkinos,  Gallimard, sept. 2009, 202 pp, 16 €

 Apolline Elter

Mention de lecture:  J'adore-J'adhère****

06:30 Écrit par Apolline Elter dans Les chroniques d'Apolline Elter | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

16 septembre 2009

Atelier-cuisine chez Jean-Philippe KRIER

Recette d'une soirée des plus réussie.

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Mesdames Hallaux, Ponette, Delforge, Fisse, Goethals et Losdijck, Monsieur Losdijck

- Dix participants ravis de faire connaissance ou de se retrouver

- Un "Chef" aussi pro que désireux de partager son savoir, humour en prime.

- Un plan de travail immense, un matériel choisi et une table de dégustation finement dressée

- Un menu qui fleure bon l'été et les destinations exotiques

- Un gascogne d'accueil qui dissipe, moëlleux, le vouvoiement initial en un tutoiement général, ..

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Les cours de Jean-Philippe Krier (photo)se donnent de façon magistrale: réunis  autour du plan de travail, les élèves d'un soir écoutent les explications et complètent les feuilles de note préparées à leur intention.

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Mesdames Ponette, Delforge, Fisse et Goethals

 Après la réalisation de la crème pâtissière destinée au dessert, Jean-Philippe Krier déclina un tartare de thon, sur trois modes: méditerranéen, japonais et chinois..

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Monsieur Losdijck, Mesdames Goethals, Gérard, Ponette, Hallaux, Fisse et Herbots

De monumentales tranches d'entrecôte d'Argentine, saisies à la poêle et passées au four marièrent leur croûte d'herbes séchées à de sublimes pommes de terre en robe , sur un lit de roquette délicieusement assaisonné:

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Jean-Philippe Krier, Madame Hallaux.

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Le repas se conclut sur une note légère, constituée d'aumonières garnies de crème pâtissière, de fruits  d'été (fraises fraîches, parfumées de menthe et de quelques rondelles de bananes)

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Une infusion de menthe fraîche, subtilement sucrée conforta l'adhésion unanime des participants à cette soirée.

Apolline Elter
 

Jean-Philippe Krier  Le goût de la cuisine

Rue Joséphine Rauscent, 109  -1300 Limal (Tél: 0477.253.878)

site web: www.jean-philippe.krier.be

 

 

09:15 Écrit par Apolline Elter dans Attitude Zen | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

15 septembre 2009

Les heures souterraines

Un roman qui fait mal. Mais qui le fait bien. Criant de crédibilité.  Tellement bien rédigé qu'il vous enveloppe comme une seconde peau. Un récit qui aspire le lecteur dans l'étau d'une situation à laquelle il peut parfaitement s'identifier : la haine au sein des relations de travail, arme de destruction massive de la personnalité.

Mathilde, veuve, 40 ans, élève seule ses trois fils, équilibre recouvré par l'exercice d'une fonction professionnelle stimulante. Mais un jour de septembre, tout bascule et la propulse victime de la haine insidieuse, pathologique, implacable et irrationnelle  de Jacques Pelletier, son supérieur hiérarchique. Le lecteur assiste, impuissant, à l'exclusion progressive de Mathilde au sein de la société, à la lâcheté de nombreuses réactions, à la vulnérabilité qu'engendrent solitude et  sentiment de culpabilité.

" Une somme de petites choses insidieuses et ridicules, qui l'avaient isolée chaque jour davantage, parce qu'elle n'avait pas su prendre la mesure de ce qui se passait, parce qu'elle n'avait pas voulu alerter. Une somme de petites choses dont l'accumulation avait détruit son sommeil" (p 41)

Le récit est construit autour de la journée du 20 mai dont la protagoniste attend qu'elle change le cours infernal de sa vie.

En parallèle et par le rythme de l'alternance des chapitres, le lecteur suit Thibault, médecin urgentiste, qui vient de mettre un terme, à une relation amoureuse à sens unique. La vie de Thibault est partagée "entre 60 % de rhinopharyngites et 40 % de solitude " enlisée dans la routine et l'agitation de la circulation parisienne.

"Peut-être qu'il n'a rien d'autre à donner qu'une ordonnance écrite au stylo bleu sur un coin de table.Peut-être qu'il ne sera jamais rien d'autre que celui qui passe et qui s'en va." (p 100)

Mathilde et Thibault ne se connaissent pas.

Apolline Elter

 

Les heures souterraines, Delphine de Vigan, JC Lattès, août 2009, 300 pp, 17 €.

Après la lecture hautement recommandée des Heures souterraines, je vous invite à écouter l'interview que Delphine de Vigan a accordée à Edmond Morrel, le 8 septembre dernier. Il suffit de vous rendre  sur le site d'Espaces livres (lien en haut à gauche de ce blog) et de vous dire que vous y retournerez souvent.

07:30 Écrit par Apolline Elter dans Les chroniques d'Apolline Elter | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

14 septembre 2009

Relativité

Vous constatez, avec effroi, que multiplier votre âge par deux vous rend très vieux.

Faut-il en déduire que vous êtes simplement..vieux?

Apolline, Les pensées juvénibles du lundi

08:30 Écrit par Apolline Elter dans Les pensées d'Apolline | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

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