03 décembre 2016

Les raisons de la colère

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  " Trump, c'est l'instinct plus les milliards."

 

 Donald Trump s'apprête à investir la Maison Blanche, le 20 janvier prochain. Il est bon de savoir à qui le monde aura à faire. Le portrait qu'en trace le journaliste André Bercoff a d'autant plus de validité, à notre sens, qu'il fut publié en septembre, devançant de deux mois le choc du résultat électoral. Que l'auteur était alors un des rares journalistes français à avoir approché le milliardaire.  Et qu'enfin,  il observe le phénomène avec une lucidité courtoise, non courtisane.

La lecture de l'essai nous permet de décrypter une réalité américaine dont nous n'avions sans doute pas pris juste mesure. De la confronter à une mentalité européenne passablement différente.

" Il y a là, pour la première fois depuis longtemps en politique, un condensé fascinant d'histoire américaine qui réunit en un seul personnage, le prédicateur et le richissime, le tribun et l'entrepreneur, la célébrité people et l'aspirant au pouvoir suprême."

 Plus fier qu'Artaban de sa réussite matérielle - malgré des années 1990 difficiles  durant lesquelles "ses sociétés croulaient sous la bagatelle de 3, 5 milliards de dollars de dettes "-  Donald Trump se veut modèle du Winner, recette incarnée du fameux " American Dream", remodelé en tendance XXIe siècle. De là à se prendre pour Dieu le Père,  il n'y a qu'un pas, sans doute déjà franchi par le septuagénaire à l'"oriflamme [NDLR: capillaire ] flamboyant."  Jouant sur l'émotion plutôt que la raison d'une  certaine Amérique  en colère,  le mégalomane professe un avis tranché sur toutes les questions de société. Y compris en matière de lutte contre le terrorisme. Pour preuve, il porte toujours une arme sur lui et le recommande...

S'il songe depuis une quinzaine d'années à mettre son extraordinaire compétence au service du peuple d'Outre-Atlantique,  Donald Trump a  pris appui sur l'audience colossale que lui vaut, dix  années durant, sa participation à l'émission de téléréalité The Apprentice, avant de faire le grand pas.

"Franco de port", exhibant sans vergogne ses  nombreux dollars, Donald Trump semble n'avoir rien à cacher- qu'une éventuelle calvitie recouverte d'une "choucroute royale" quotidiennement laquée... Efficace dans sa communication, auto-gérée, farcie de raisonnements pragmatiques, [NDLR: courts, violents et dangereux] taillés à l'emporte-pièce,  il se sait fascinant, voire..attachant.

C'est le propre des grands séducteurs et particulièrement d'un homme exempt de toute addiction aux boisson, tabac et drogue mais pas à celle du sexe faible: Donald Trump aime les (jeunes et nécessairement sculpturales) femmes.

Un homme qui veut stigmatiser l'incompétence de ses prédécesseurs, galvaniser le succès des  (meilleurs des) êtres qu'il voit, à son image

 Un homme qui veut représenter, à l'usage exclusif de son pays, la baraka, de l'après- Obama.

 Donald Trump, Les raisons de la colère, André Bercoff,  essai, Ed. First, oct. 2016, 

02 décembre 2016

Quatrième de couverture (2/3)

livres-20pile1.jpgPoursuivons notre rendu des quatrièmes de couvertures*

A défaut d'avoir pu opérer lecture 

de

De nos jours, quelque part en Afrique subsaharienne, au Cameroun peut-être, quatre femmes s’adressent successivement au même homme : sa mère, la femme à laquelle il a tourné le dos parce qu’il l’aimait trop et mal, celle qui partage sa vie parce qu’il n’en est pas épris, sa sœur enfin.
À celui qui ne les entend pas, toutes dévoilent leur vie intime, relatant parfois les mêmes épisodes d’un point de vue différent. Chacune fait entendre un phrasé particulier, une culture et une sensibilité propres. Elles ont en commun, néanmoins, une blessure secrète : une ascendance inavouable, un tourment identitaire reçu en héritage, une difficulté à habiter leur féminité… Les épiphanies de la sexualité côtoient, dans leurs récits, des propos sur la grande histoire qui, sans cesse, se glisse dans la petite.
D’une magnifique sensualité, ce roman choral, porté par une langue sculptée en orfèvre, restitue un monde d’autant plus mystérieux qu’il nous est étranger… et d’autant plus familier qu’il est universel. 

Crépuscule du tourment, Léonora Milano, roman, Ed Grasset, août 2016, 388 pp

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109393_couverture_Hres_0.jpgLA NOUVELLE ENQUÊTE D’OLIVIA RÖNNING ET TOM STILTON

Le meurtre sanglant d’une femme à Marseille replonge les héros de Marée d’équinoxe au cœur d’une nouvelle enquête macabre. Olivia, fraîchement diplômée de l’école de police, rentre d’un voyage en Amérique du Sud sur les traces de sa mère biologique assassinée vingt ans plus tôt, et Tom, l’ex-flic devenu clochard, commence tout juste à surmonter ses traumatismes. Il est contacté par son ami Abbas el Fassi à propos du crime abominable commis en France : la victime, ancienne assistante d’un lanceur de couteaux, était une de ses proches. Ils partent pour la cité phocéenne faire la lumière sur cette mort tragique, tandis qu’Olivia est confrontée au suicide d’un de ses voisins, un veuf retrouvé pendu chez lui dans des circonstances troubles. Chacun démêle alors les fils de ces affaires, qui les emmèneront au cœur de complots sordides où la corruption financière rivalise avec la perversion morale. Ils devront bientôt se rendre à l’évidence : les deux enquêtes sont bel et bien liées, et pour les résoudre Olivia et Tom devront à nouveau affronter leurs démons intérieurs.

Cilla et Rolf Börjlind se sont fait connaître en Suède grâce à leurs talents de scénaristes, en particulier pour la série tirée des classiques de Sjöwall et Wahlöö, et pour la série Wallander. L’adaptation télévisée de leur premier roman, Marée d’équinoxe (Points, 2015), a rencontré un franc succès dans leur pays.

 Cinq lames d'acier, Cilla et Rolf Börjlind, roman policier traduit du suédois par Martine Desbureaux, Ed Seuil, novembre 2016, 512 pp

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Bref aperçu d'un Page-Turner

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Un mensonge
Une femme qui disparaît
Une effrayante machination

 Mais encore:

 

Avocat à New York, Adam Priee mène une vie aisée et agréable avec sa
femme et leurs deux garçons dans une banlieue cossue. Mais c'était avant
qu'un mystérieux individu Ine ui fasse de troublantes révélations : son
épouse adorée lui aurait menti quelques années plus tôt. Depuis, et pour la
première fois de sa vie, Adam doute.

Confrontée à son passé, Corinne ne se cherche pas d'excuses. Tout ce
qu'elle demande, c'est du temps. Pour mieux se volatiliser ...

Lanceurs d'alerte sur les réseaux sociaux, circuits menaçant des sugars
ladies ... Adam Price se jette dans une course-poursuite pour tenter de
sauver sa femme et de découvrir la vérité.

Entre illusions brisées, conspiration et quête d'identité, le nouveau roman
glaçant du Boss du thriller.1079825866_M.jpg

Intimidation, Harlan Coben, Thriller, Ed. Belfond noir, oct. 2016, 396 pp

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Après l’échec de La princesse lointaine,  ruiné, endetté, Edmond tente de convaincre le grand acteur Coquelin de jouer dans sa prochaine pièce. Une comédie héroïque, en vers, dont il n’a pas écrit une ligne. Pour l’instant, il n’a que le titre : Cyrano de Bergerac.
Alexis Michalik est l’un des dramaturges les plus talentueux de sa génération. Après le succès du Porteur d’histoire et du Cercle des illusionnistes, couronnés par deux Molières, il s’attaque, avec un humour et une imagination jubilatoires, à ce monument du théâtre français, et nous plonge au cœur de la création du chef-d’œuvre d’Edmond Rostand. 

 

Edmond, Alexis Michalik, avec l'aimable permission spirituelle d'Edmond Rostand et de Savinien Cyrano de Bergerac, drame, Ed. Albin Michel, sept. 2016, 324 pp

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Le-Monde-Est-Mon-Langage-1076092893_L.jpg  Né au Congo, partageant son temps entre la Californie où il enseigne comme professeur de littérature à UCLA (University of California – Los Angeles), Paris où il a fini ses études, et le monde qu’il parcourt pour présenter ses livres, Alain Mabanckou est un auteur en langue française pour qui sa langue n’est pas enfermée dans le carré français. Loin de là, elle est parlée dans le monde entier par les gens les plus passionnants et les plus inattendus.
Le monde est mon langage est le tour du monde de la pensée et des émotions telles que la langue française les véhicule, par les gens les plus divers, célèbres ou inconnus, adolescents ou vieillards, Haïtiens ou Français. Alain Mabanckou les a rencontrés et nous les raconte, en une suite de portraits admiratifs et aimants. JMG Le Clézio ou un inconnu de la Nouvelle Orléans, Sony Labou Tansi qui, au Congo, écrivait dans des cahiers à spirales devant deux posters du Che Guevara, bien d’autres encore.
Ils ont ces mots en partage et ils les partagent. Leur langage est notre monde.

Le monde est mon langage, Alain Mabanckou, essai, Ed. Grasset, août 2016, 320 ppµ

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1095787414_M.jpgMiles Halter a seize ans mais n'a pas l'impression d'avoir vécu. Assoiffé d'expériences, il quitte le cocon familial pour le campus universitaire. Ce sera le lieu de tous les possibles, de toutes les premières fois. Et de sa rencontre avec Alaska. La troublante, l'insaisissable Alaska Young, insoumise et fascinante. Amitiés fortes, amour, transgression, quête de sens : un roman qui fait rire, et fondre en larmes l'instant d'après...
Par l'auteur de Nos étoiles contraires.

Qui es-tu Alaska? , John Green, roman traduit de l'anglais par Catherine Gibert, texte intégral lu par Julien Allouf, CD MP3, durée d'écoute: 7h30 min.

 

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1080037501_M.jpgLisbonne, 1904. Frappé par le deuil, Tomas décide de tourner le dos au monde - littéralement : il ne marche plus qu'à reculons. Obsédé par un étrange petit livre datant du XVIIe siècle - le journal d'un missionnaire en Angola -, Tomas part à la recherche de l'objet mystérieux que le prêtre affirme avoir confectionné. Sa quête le mènera dans un village perdu de la région des Hautes Montagnes du Portugal.
Au pied de ces mêmes montagnes, en 1939, le Dr. Eusebio Lozora, veuf de fraîche date, reçoit un soir la visite d'une vieille dame extravagante, laquelle lui demande de pratiquer l'autopsie de son défunt mari, qu'elle transporte dans sa valise...
Dans ce même village, en 1981, le sénateur canadien Peter Tovy vient se réfugier  au lendemain du décès de son épouse, pour renouer au crépuscule de sa vie avec ses racines familiales. Mais il n'arrive pas seul: le sénateur a un compagnon de voyage inattendu - un chimpanzé nommé Odo.
Fable enchanteresse où le merveilleux s'invite à chaque page, bouleversante allégorie sur le deuil, la foi, la nature de l'homme et son destin, le nouveau roman de Yann Martel nous convie une fois de plus, après L'Histoire de Pi, à un voyage extraordinaire, aux confins de l'imagination romanesque.

 

Les Hautes Montagnes du Portugal, Yann Martel, roman traduit de l'anglais par Christophe Bernard, Ed. Grasset, sept.2016, 420 pp

 

* Tous arguments extraits des sites des éditeurs

01 décembre 2016

De moi, pauvre, je veux parler

téléchargement (12).jpgOn ne sait rien de la mort de François Villon: il s'évapore sans traces laisser, début janvier 1463. En revanche, il est avéré qu'il naît François de Montcorbier, en 1431,  dans  un quartier populeux de la rive droite parisienne.  D'une pauvreté revendiquée, il arpente, dès sa prime enfance ce Paris auquel il restera si attaché.

Placé dès l'âge de raison - entendez sept ans - sous la protection de Maïtre  Guillaume de Villon, un ecclésiastique pétri de bienveillance à son égard, il doit à ce "second père" une éducation soignée particulièrement propice à éveiller la vive intelligence tôt décelée en lui.

François Villon obtient de la sorte une prestigieuse maîtrise ès arts en 1452. Mais le jeune homme est de nature rebelle et facétieuse: il interrompt un parcours académique bien entamé pour devenir le "joyeux follastre"' que le postérité retiendra de lui.

" La fable fait du poète un petit escroc, vivant au jour le jour, bon mangeur et grand buveur, entouré de compagnons tout aussi décidés que lui à berner le bourgeois. François n'est pas pour rien dans la création de cette imagerie parisienne; il s'est lui-même amusé à se présenter dans ses poèmes comme un "bon follastre."

Et la fable n'a pas vraiment tort: impliqué dans le célèbre cambriolage de Navarre et quelques autres exploits, notre homme sera soumis à la question - sans façons..- effectuera quelques séjours en prison. Celle de Meung lui sera particulièrement cruelle et le séjour en ses murs transformera sa vision de la vie. Amant transi, victime quelques (rares) fois de méprises, François Villon est banni de Paris, vers le 8 janvier, il ne donnera plus signe de vie

Réalisons l'intense travail d'investigation que l'historienne Sophie Cassagne-Brouquet - elle enseigne l'histoire médiévale à l'université Toulouse- Jean Jaurès - a réalisé pour rédiger cette biographie. On ne peut dès lors qu'en savourer davantage le côté alerte, vivant, singulièrement présent du portrait d'un électron libre, version XVe siècle.Des extraits de ballades, du fameux Testament,  ponctuent le propos, lui font  judicieux écho.

 Une lecture très plaisante

Apolline Elter 

 

"De moi, pauvre, je veux parler" Vie et mort de François Villon, Sophie Cassagne-Brouquet, biographie, Ed. Albin Michel, oct. 2016, 352 pp

30 novembre 2016

Au bonheur des... Florilettres

Certes, mercredi n'est jour épistolaire

Pourtant, pour vous,  il me faut faire

Le rapport d'une rencontre solaire

A Paris, mardi, hier

 

 Nathalie Jungerman, puisque c'est d'elle qu'il s'agit, a créé et dirige, depuis plus de 14 ans, la rédaction de   Florilettres, le magazine numérique de la Fondation de la poste

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Point trop de mots,

Rendez-vous illico

Sur le site : http://www.fondationlaposte.org/florilettres/

Vous m'en direz des nouvelles., 

Des dépêches et des pneumatiques

AE

 

29 novembre 2016

A la table des diplomates

arton2320.jpg Il arrive souvent que l'Histoire se mette à table, savourant de mets et repas choisis, une proximité utile entre les commensaux.

Diplomate et actuel ambassadeur de France auprès de l'Unesco, Laurent Stéfanini a réuni une somptueuse fourchette d'écrivains, historiens et de chefs renommés pour nous conter l'Histoire de France, de 1520 à  2015, par le prisme, gastronomie française oblige, de repas d'exception.

Des festins du camp du drap d'or qui consacrent, du 7 au 24 juin 1520, une rencontre au sommet entre François Ier et le roi anglais Henri VIII aux repas de  la 21e conférence sur les changements climatiques, le 30 novembre 2015, à Paris, le collectif des rédacteurs situe, avec grande précision,  contextes et enjeux des rencontres au gré de pages élégamment illustrées. Et d'assoir le lecteur aux côtés de Louis XIV, SM la Reine d'Angleterre,  Jackie Kennedy, Le Shah d'Iran, Nikita Khrouchtchev..., à Versailles, au palais de l'Elysée , ...d'assouvir sa curiosité gourmande de menus, plans de table, documents secrets, inédits ... et  d'une vingtaine de recettes spécialement accommodées par de grands chefs .

Un bel ouvrage qui trouvera place de choix au pied du sapin, comblera pupilles,  esprits, papilles et palais.

A Elter

A la table des diplomates- L'Histoire de France racontée à travers ses grands repas, collectif rédigé sous la direction de Laurent Stefanini, Ed. L'Iconoclaste, octobre 2016, beau livre illustré, 336 pp, 39 €

28 novembre 2016

François comment ?

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 Une biographie s'inscrit toujours autour d'un nom, mais quel nom faut-il choisir pour évoquer notre personnage? François Villon, François de Montcorbier ou François des Loges? Ici commencent les premières ambiguïtés, les doutes, les incertitudes, et il y en aura bien d'autres. Lorsqu'il voit le jour à Paris en 1431, François ne porte pas encore ce nom de Villon qui le rendra célèbre, mais celui de Montcorbier ou bien encore celui de François des Loges, tel qu'il sera parfois appelé par la suite.

"De moi, pauvre, je veux parler" Vie et mort de François Villon, Sophie Cassagne-Brouquet, biographie, Ed. Albin Michel, oct. 2016, 352 pp

06:20 Publié dans Incipit | Commentaires (0) |  Facebook |

27 novembre 2016

Centenaire du décès d'Emile Verhaeren

théière high tea.jpgPortrait par Léonid Pasternak.jpg

Triste centenaire qui nous rappelle, ce 27 novembre, l'effroyable accident, en gare de Rouen, qui coûta la vie de notre célèbre "poète national" 

Batelier de vers, de vitalisme et de lumière, 


" (...) le tenace et vieux passeur

Garda quand même encore, pour Dieu sait quand, 

Le roseau vert entre les dents."

Le Passeur d'eau, in  Les Villages illusoires, Emile Verhaeren , recueil (1895) 

26 novembre 2016

Hommage à Emile Verhaeren

Depuis la mi-juillet, votre blog préféré a honoré la mémoire d'Emile Verhaeren (1855-1916) consacrant à ses vie, écrits et correspondance, un billet hebdomadaire (Mar-dites-moi, Emile Verhaeren) .

Il est temps de prendre congé en ce week-end tristement anniversaire - centenaire du décès accidentel, en pleine guerre, du poète. 

Je vous invite à (re)lire l'excellente biographie que lui consacrait , voici dix ans, Vincent Leroy et reproduis à votre intention la recension de l'ouvrage opérée, sur ce blog, en 2010

 

Publiée en 2006, cette biographie d'Emile Verhaeren est particulièrement agréable à découvrir: le style clair et concis qui parcourt les 108 pages de l'ouvrage donne envie de le lire d'une traite. Je ne m'en suis pas privée.

Né en 1855, au sein d'une famille aisée, le jeune avocat aura rapidement la liberté financière de se consacrer à sa seule plume: il commence sa carrière dans la revue La Jeune Belgique, collabore au "Cercle des XX"  - nous l'évoquions en parlant de James Ensor (voir billet de dimanche 3 janvier), avant de rejoindre la revue progressiste La Wallonie, fondée par Albert Mockel.

Ami de Georges Rodenbach, Camille Lemonnier , James Ensor - auquel il consacre une monographie - Stéphane Mallarmé, Stefan Zweig, du peintre Théo Van Rysselberghe (qui signe le tableau de couverture de l'ouvrage), socialiste de convictions, le poète sera également hautement estimé par le Roi Albert :  "Les oeuvres d'Emile Verhaeren ont magnifiquement glorifié le sol natal. Poète vraiment belge par la puissante expression de nos forces ataviques et des caractères de notre race, n'est-il pas en même temps un poète mondial célébrant la vie humaine dans ses manifestations les plus ardentes? "

Patriote ardent, il mènera sur le front verbal sa participation à la Première Guerre Mondiale, regrettant que l'âge l'éloigne du combat:

" Ce n'est qu'un bout de sol étroit

Mais qui renferme et sa Reine et son Roi

Et l'amour condensé d'un peuple qui les aime

Le Nord a beau y déchaîner le froid qui gerce et qui mord.

Il est brûlant ce sol suprême"

(Lambeau de Patrie)

Glissé sous les roues d'un train le poète ne survivra pas à l'amputation de ses deux jambes, brisant de sa mort, le couple heureux qu'il formait avec Marthe Massin.

La dernière partie de l'ouvrage de Vincent Leroy évoque les manifestations consacrées à la mémoire de l'écrivain et particulièrement celles qui célébrèrent, en 2005, le 150 e anniversaire de sa naissance.

" J'espère de tout coeur que toutes ces festivités, expositions, émissions de télévision et articles de presse rendront les Belges plus fiers de leur pays. Petite par la taille, la Belgique possède un remarquable patrimoine architectural, une vie associative très importante, de très nombreux talents notamment dans les arts plastiques et la littérature (dont Emile Verhaeren) et un folklore désormais soutenu par l'Unesco"

J'espère, quant à moi, que les élèves de Vincent Leroy et de nombreux lecteurs auront l'appétit de mieux connaître Emile Verhaeren et  la joie de savourer la qualité du travail accompli.

Apolline Elter

Le poète belge Emile Verhaeren, biographie, Vincent Leroy, Editions Azimuts, février 2006, 108 pp, 8 €

25 novembre 2016

Quatrième de couverture

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Novembre achève carrière, riches prix et une série de beaux ouvrages coincés sous le mur briqué d'un retard abyssal en chroniques de lectures....

Je vous en livre les arguments extraits des sites de leurs bienheureux éditeurs

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 "À Kalamaki, île grecque dévastée par la crise, trois personnages vivent l’un près de l’autre, chacun perdu au fond de sa solitude. Le petit Yannis, muré dans son silence, mesure mille choses, compare les chiffres à ceux de la veille et calcule l’ordre du monde. Maraki, sa mère, se lève aux aurores et gagne sa vie en pêchant à la palangre. Eliot, architecte retraité qui a perdu sa fille, poursuit l’étude qu’elle avait entreprise, parcourt la Grèce à la recherche du Nombre d’Or, raconte à Yannis les grands mythes de l’Antiquité, la vie des dieux, leurs passions et leurs forfaits... Un projet d’hôtel va mettre la population en émoi. Ne vaudrait-il pas mieux construire une école, sorte de phalanstère qui réunirait de brillants sujets et les préparerait à diriger le monde ?
Lequel des deux projets l’emportera ? Alors que l’île s’interroge sur le choix à faire, d’autres rapports se dessinent entre ces trois personnages, grâce à l’amitié bouleversante qui s’installe entre l’enfant autiste et l’homme vieillissant."

L'enfant qui mesurait le monde, Metin Arditi, roman, Ed. Grasset, août 2016, 304 pp

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Amis depuis toujours, deux vieillards se retrouvent chaque année dans un hôtel de luxe des Alpes suisses : un chef d’orchestre anglais qui a renoncé depuis longtemps à son métier et un cinéaste américain qui prépare fiévreusement son « film-testament ». Les deux hommes savent que le temps leur est compté.

Après le succès de son film Youth, primé plusieurs fois aux European Film Awards, Paolo Sorrentino s’est lancé dans l’écriture de ce roman sombre et drôle qui révèle de lui une tout autre facette, et confirme que le réalisateur adulé de La Grande Bellezza est aussi un des grands écrivains italiens du moment.
 

Youth, Paolo Sorrentino, roman traduit de l'italien par Françoise Brun, Ed Albin Michel, nov. 2016, 230 pp

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téléchargement (16).jpg Les femmes se l’arrachent, les hommes le détestent : liberté d’esprit, tempérament de feu, courage… Hadrien, baron de Belsolles, est un homme que l’on admire ou que l’on craint.

Lorsqu’il débarque à Fort Saint-Pierre en 1654, il ne tarde pas à provoquer le scandale. Sur ce territoire encore peuplé de redoutables Indiens caraïbe, il fait rapidement fortune là où tout le monde a échoué : dans la canne à sucre, l’or blanc de la Martinique. Justicier dans l’âme, Hadrien veut affranchir ses esclaves, que ses ennemis disent envoûtés, et vit au grand jour sa passion pour une belle mulâtresse. Mais les sbires d’un Mazarin acharné à sa perte ne désespèrent pas de retrouver un jour cet insaisissable détenteur du secret le plus convoité au monde…

Flibuste, sorcellerie, alchimie, complots, duels, amours torrides... après Le baron de Beausoleil, Thibaut d’Anthonay poursuit avec panache et élégance une fresque digne des grands romans d’aventure.

Le baron de Belsolles, Thierry d'Anthonay, roman, Ed. Albin Michel, nov. 2016, 440 pp

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product_9782072694363_195x320.jpg "Nous ne savons ni pourquoi nous sommes nés ni ce que nous devenons après la mort. Nous sommes tous des égarés.
C’est à la question : «Qu’est-ce que je fais là?» que s’efforce de répondre ce manuel de poche qui n’a pas d’autre ambition que de décrire avec audace, avec naïveté, avec gaieté ce monde peu vraisemblable où nous avons été jetés malgré nous et de fournir vaille que vaille quelques brèves indications sur les moyens d’en tirer à la fois un peu de plaisir et, s’il se peut, de hauteur."

Guide des égarés, Jean d'Ormesson, essai, co-édition Albin Michel/ Héloïse d'Ormesson, oct. 2016, 128 pp

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« Je rencontrais une écriture qui crevait la surface protectrice de la vie pour toucher l’âme, le corps qui souffre ce qu’un être humain ne doit pas souffrir. Les mots peuvent dire ce qu’il est à peine supportable de voir, et de concevoir. Et ils peuvent ramener l’amour que Charlotte Delbo avait eu pour toutes celles, ceux qu’elle avait vu souffrir. La lucidité, la capacité de dire et d’écrire était là. Une langue pouvait rendre ce qui avait eu lieu. Le trou que faisait dans notre humanité la catastrophe d’Auschwitz, un écrivain me donnait le moyen de le raccommoder avec une œuvre qui en faisait le récit. Elle avait cherché la beauté de la langue dans le terrible des mots ciselés en arrêtes coupantes. Elle les disait avec la douceur qui prend quand l’au-delà de la douleur est atteint.
Elle l’écrivait des années plus tard, ouvrait les images restées, elle interrogeait avec liberté les souvenirs au moment où elle les écrivait, elle découvrait la vie retrouvée ». 
G. D.
collection littéraire dirigée par Martine Saada
 
Charlotte Delbo. La vie retrouvée, Ghislaine Dunant, essai, Ed Grasset, août 2016, 608 pp
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9782709649377-001-X_0.jpeg J’étais jeune et je découvrais à quel point l’Histoire qu’on maintient vivante est modulable et subjective. Le Sud-Ouest africain a été une répétition avant le grand bal. La modernité avant l’heure. Mais personne ne voulait m’écouter. »

1889. Jakob Ackermann et une vingtaine de soldats allemands débarquent dans le Sud-Ouest africain. Ils ont pour mission de créer une colonie de peuplement. Ils s’imaginent être des bâtisseurs, l’étendard de la modernité.

2004. En marge d’une journée commémorant le massacre des Hereros, un jeune métis namibien interroge son passé. Comme son pays, il est fait de contradictions, de violences. Il est l’héritier de ce qui n’aurait pas dû être.

L’un pense écrire l’Histoire, l’autre la questionne. Leurs voix se répondent. Elles racontent le destin de ces hommes et de cette terre convoitée, conquise, ravagée, où le XXe siècle est peut-être né.

Cartographie de l'oubli, Niels Labuzan, roman,Ed JcLattès, août 2016, 522 pp

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téléchargement (17).jpg Changer de vie et revenir à l’essentiel : voilà ce à quoi aspirent Damon et Amy, deux trentenaires originaires de Los Angeles, en couple depuis six ans.
C’est justement ce que propose « Rain Dragon », une grande ferme bio du nord-ouest des États-Unis qui pratique l’agriculture raisonnée. Un projet alternatif qui attire beaucoup de jeunes en quête d’un idéal de vie et dans lequel tous deux vont peu à peu  se faire une place, en s’éloignant inéluctablement l’un de l’autre.

La vie idéale, Jon Raymond, roman traduit de l'américain par Nathalie Bru, Ed. Albin Michel, nov. 2016, coll. " Terres d'Amérique", 336 pp

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téléchargement (8).jpgQui a assassiné la belle Katja au cours d’une folle nuit de carnaval à Blankenberge près de Bruges ? Joris, la dernière personne avec laquelle on l’a aperçue, reste introuvable. Sa mère, une femme dépressive au passé mystérieux, prétend ne pas savoir où il se trouve. Pourquoi n’a-t-elle jamais voulu révéler qui était le père de Joris ?
Liesse populaire, secrets de famille, prostitution, meurtres… entre deux bocks de Duvel et quelques péripéties conjugales hautes en couleurs, le commissaire Van Inn et son fidèle adjoint Versavel mènent une enquête qui ne sera pas de tout repos !

 

Bas les masques, Pieter Aspe, roman traduit du néerlandais (Belgique) par Emmanuèle Sandron, Ed. Albin Michel, nov. 2016, 320 pp

24 novembre 2016

Le garçon

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Ampleur, maîtrise, infinité du temps... caractérisent ce roman-fleuve distingué par le prix Femina 2016. S'il pêche par sa longueur, les méandres de descriptions et de listes ludiques, sortes d'alluvions à la Yann Moix-  pour poursuivre notre métaphore fluviale - le texte révèle néanmoins une écriture accomplie, dotée d'une vraie tension narrative, ce n'est pas moindre exploit.

 Enfant sauvage, sorte de résurgence du célèbre héros de  François Truffaut, le "garçon"  se trouve seul au monde après le décès de sa mère.

Nous sommes en 1908, l'enfant a quatorze ans.

"(..) la mère était seule sur terre à connaître son existence et la mère est morte"

Roman initiatique, qui observe cliniquement, artistiquement, longuement- vous l'aurez compris- l'accès au monde, à la civilisation,  de l'enfant, définitivement mutique, le récit prend le lecteur à témoin de ses expériences progressives de l'amour, de la guerre, du bagne, tandis que le siècle débutant -  focus majeur sur les années 1908-1918 -  vibre d'innombrables événements.  Et de l'englober - le lecteur, si vous me suivez -  dans son travail d'écriture, sa poétique particulière en une  amène complicité

L'auteur prend le temps, le vôtre, le sien,  celui de l'intégration provisoire  du "garçon" à la communauté d'un hameau, celui  du merveilleux, pur amour que lui voue Emma, celui de l'apocalypse d'une guerre barbare et de l' envoi au bagne de Cayenne, suite à une rixe absurde...

 " Voilà, l'essentiel est dit.

Bien qu'il lui reste vingt années à vivre, celles-ci ne formeront en définitive que l'unique et dernière strophe,délayée, de sa chanson d'automne."

Et pour nous, la découverte d'un écrivain. Un vrai.

Le garçon, Markus Malte, roman, Ed. Zulma, août 2016, 544 pp

23 novembre 2016

Malraux en son temps

1540-1.jpgLe  23 novembre 1976, André Malraux s'éteignait, en l'hôpital de Créteil, des suites d'une congestion pulmonaire. Il avait 75 ans.

Alain Malraux, fils de son demi-frère Roland et Philippe Lorin, illustrateur hautement apprécié de notre blog, ont uni connaissances, souvenirs de l'un, talent de l'autre, pour rendre à l'illustre écrivain, homme d'Etat , la vérité de son parcours,  des étapes , parfois controversées de sa vie, de son ambition. Découverte de l'Orient et épisode peu glorieux du pillage du temple khmer, en Indochine, gloire littéraire - André Malraux obtient le Prix Goncourt 1933 pour La condition humaine - engagements dans les guerres d'Espagne,  lutte anti-fasciste, seconde guerre mondiale, engagements affectifs successifs, Clara ( Goldschmidt), Josette ( Clotis), Madeleine ( Lioux et Malraux)et Louise (de Vilmorin) et les ruptures corollaires, tragédie de la perte simultanée de ses deux fils, fonctions ministérielles, publications ... sont passés au crible d'un texte vivant, fluide, soutenu de galeries de portraits, aquarelles, fusains, ....judicieusement saisis.

L'ouvrage se conclut d'une  précieuse chronologie des moments-phares mais aussi des drames de sa vie.

Une belle (re)mise en perspective de connaissances enfouies en notre mémoire

Apolline Elter

Malraux en son temps, Alain Malraux (texte) et Philippe Lorin (illustrations), récit, Ed. Archipel oct. 2016, beau livre illustré,  126 pp

22 novembre 2016

Plus loin que les gares, le soir

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 Dernier billet de nos Mar-Dites-moi, Emile Verhaeren....

Le- 27 novembre célèbre en effet le centenaire du tragique accident ferroviaire qui coûta la vie de l'illustre poète

Nous l'aurons célébré six mois durant, honoré sa mémoire épistolaire de nombreuses tablées.

 Plongeons-nous en son recueil de La Multiple Splendeur (1906), au coeur d'un poème, d'allure prémonitoire, 

Plus loin que les gares, le soir

Je vous en livre les premières strophes:

L'ombre s'installe, avec brutalité ;
Mais les ciseaux de la lumière,
Au long des quais, coupent l'obscurité,
A coups menus, de réverbère en réverbère.

La gare immense et ses vitraux larges et droits
Brillent, comme une châsse, en la nuit sourde,
Tandis que des voiles de suie et d'ombre lourde
Choient sur les murs trapus et les hautains beffrois.

Et le lent défilé des trains funèbres
Commence, avec leurs bruits de gonds
Et l'entrechoquement brutal de leurs wagons,
Disparaissant - tels des cercueils - vers les ténèbres.

Des cris ! - Et quelquefois de tragiques signaux,
Par-dessus les adieux et les gestes des foules.
Puis un départ, puis un arrêt - et le train roule
Et roule avec des bruits de lime et de marteaux.

La campagne sournoise et la forêt sauvage
L'absorbent tour à tour en leur nocturne effroi ;
Et c'est le mont énorme et le tunnel étroit
Et la mer tout entière, au bout du long voyage.

(...)

21 novembre 2016

Ecrire L'Histoire... en photos et le souvenir de très belles rencontres

visu.jpgAu-delà des mots, les images. Je vous invite à consulter le site Facebook du club de l'Histoire  et en particulier du salon Ecrire l'Histoire: https://www.facebook.com/leclubdelhistoire/    

Vous y découvrirez le  reportage-photos de belles, supérieures rencontres.

Qu'il me soit permis de remercier spécialement, chaleureusement:  

- Christine Orban ( Charmer, s'égarer, mourir, Ed. Albin Michel,  avril 2016) qui brossa, avec subtilité et élégance,  le portrait évolutif, intime d'une belle  âme (La Reine Marie-Antoinette)

- Françoise Cloarec et son magistral  L'indolente ( Ed. Stock, sept. 2016)  consacré au couple Pierre et Marthe/Maria Bonnard.

- Frédéric Gros, qui , d'une rhétorique flamboyante nous emporta au coeur de la Contre-Réforme et du mystère des Possédées de Loudun ( Ed. Albin Michel, août 2016) 

Béatrice de l'Aulnoit et Philippe Alexandre, qui présentèrent à deux voix, une femme de tempérament, une femme amoureuse, Clémentine Churchill (Ed. Tallandier/Robert Laffont) , lionne digne et de suprême élégance.

 

Votre Apolline Elter

19 novembre 2016

Ecrire l'Histoire et surtout la partager

visu.jpgChers visiteurs, 

Pas de billet, ce jour, mais l'occasion de rencontrer en life ces écrivains qui écrivent l'Histoire, la réalisent..

Je vous attends au Salon Ecrire L'Histoire

Renseignements en vitrine de ce blog

Apolline Elter

18 novembre 2016

Deuxième roue notre revue pavillonnaire d'actualité littéraire

Notre 4 L est repartie, gaillarde, hier,

Pour un deuxième tour, deuxième revue d'actualité littéraire.

Un jeudi, me direz-vous , mais pourquoi ? 

Pourquoi pas? 

Zoli Zola

Tenait salon, ce jour-là....

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Notre lecture des  grands prix de l'automne, bien entamée, dès le premier tour, s'est augmentée d'une révélation, Le garçon de Marcus Malte ( Prix Femina) . Nous nous réjouissons particulièrement de l'attribution du Goncourt à  Leila Slimani, de celui des Lycéens, à Gaël Faye

Ci-suit,  les résultats de nos propres élections (et quelque lecture imposée par l'actualité des jurys, ...)

 

 1. Romans  - Nouvelles

 

  • Séduire Isabelle A., Sophie Bassignac
  • Vie prolongée d’Arthur Rimbaud, Thierry Beinstingel
  • Un paquebot dans les arbres, Valentine Goby
  • Cannibales, Régis Jauffret
  • Les chagrins ont la vie dure, Catherine Laborde
  • Au commencement du septième jour, Luc Lang
  • Le premier miracle, Gilles Legardinier
  • Le garçon, Markus Malte
  • Continuer, Laurent Mauvignier
  • Babylone, Yasmina Reza
  • Etait-ce lui ? Stefan Zweig

 

 2. Essais – biographies

 

  • Clémentine Churchill, Philippe Alexandre et Béatrice de l’Aulnoit
  • Albert le Magnifique, Brigitte Benkemoun
  • Donald Trump, Les raisons de la colère, André Bercoff
  • De moi, pauvre, je veux parler, Sophie Cassagne- Brouquet
  • Rodin amoureux, Frédéric Ferney
  • Carnet d’un imposteur, Hugo Horiot
  • Lettres croisées, Paul Cézanne-Emile Zola, Henri Mitterand
  • L’impossible exil – Stefan Zweig et la fin du monde, George Prochnik
  • Rilke, une existence vagabonde, Catherine Sauvat

  

  1. Audiolivres

 - En attendant Bojangles, Olivier Boudeaut

- L’élégance des veuves, Alice Ferney

-  Entre Ciel et Lou, Lorraine Fouchet

- Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as        qu’une, Raphaële Giordano.

- Vous n’aurez pas ma haine, Antoine Leiris

 4. Beaux livres

 

  • François Mitterand, Florence Pavaux-Drory et Fabien Lecoeuvre
  • Malraux en son temps, Alain Malraux et Philippe Lorin
  • A la table des diplomates-  L'Histoire de France racontée à travers ses grands repas, collectif rédigé sous la direction de Laurent Stefanini.

  

17 novembre 2016

Rilke. Une existence vagabonde

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" Car ma force réside également en ceci que je ne réfrène pas en moi les plus secrètes forces."  

 Enoncée en français, cette sentence stigmatise la complexité d'approche de Rainer Maria Rilke .  Catherine Sauvat s'est attelée à la tâche,  qui produit une juste relation de la vie du poète, de son tempérament et de ses relations aux femmes.

Né à Prague, le 4 décembre 1875, René est enfant sur-couvé d'une mère, Phia ( Sophie) qui ne se remet pas de la perte de son premier enfant.  Il est traité en fille. La séparation de ses parents constitue un premier drame dans le parcours de l'enfant, aussitôt suivi d'une épreuve qui le marque à vie: une scolarité dans une école militaire dont il ne s'extirpe que grâce à son "état maladif permanent." Il en veut désormais à sa mère de lui avoir fait vivre cet enfer et se rapproche de son père: un rapport affectueux lie désormais les deux hommes.

Conditionné dans son rapport aux femmes par sa relation destructive à sa mère, René, devenu "Rainer" par suggestion de Lou Andreas-Salomé multiplie les conquêtes et mises sous protection. Mais il se lasse tôt des premières et ne sait comment s'en défaire, maintenant un ersatz de tendresse par voie épistolaire.. .Une désinvolture qui créera bien des blessures. Quant aux secondes, de la trempe de Lou, de la Princesse de Thurn und Taxis et même Clara Westhoff, qu'il épouse en 1901, il profitera allègrement de leur maternelle sollicitude.

Car c'est un trait - et non des plus sympathiques - du poète que de se laisser entretenir - songeons à son mécène, le banquier Karl von der Heudt - d'être de toutes les mondanités, tout en revendiquant une solitude bien orchestrée. La pratique de la correspondance vient souvent en aide à cet "épistolier intarrissable" , qui lui permet de garder le lien tout  en maintenant une nécessaire distance. C'est le gage de sa liberté.

"Ses lettres composent bien une parfaite échappatoire à sa propre vie, elles favorisent sa solitude et le protègent des intrusions non désirées. Elles forment un complément idéal à ses relations amicales, ou amoureuses, car elles jouent sur la promesse et l’attachement, mais ne le lient nullement. Dans son isolement volontaire, le courrier reçu lui apporte une bouffée de l’extérieur ; il épanche de cette manière sa soif et son manque de l’autre. En outre, lors de ses voyages, il peut communiquer au rythme qui lui convient."

Epris tant de voyages que de femmes,  le poète aime puiser dans un certain mal -être le secret d'une plume qui, aujourd'hui encore suscite bien des passions.

Rainer Maria Rilke s'éteint à 51 ans, frappé par une leucémie.

Rilke. Une existence vagabonde, Catherine Sauvat, biographie, Ed. Fayard, sept.2016, 264 pp

16 novembre 2016

Albert le Magnifique

 

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Pour la petite fille qu'était Brigitte Benkemoun, le nom d'Albert Achache, son arrière-grand-oncle,  mort à Auschwitz, symbolisait tant la barbarie nazie que la trahison, l'affreuse délation dont il fut victime durant la seconde Guerre.

Plus tard, elle découvre que le nom est accolé à celui d'un certain Monsieur Roux, son riche père adoptif. 

Le mystère point que l'écrivain n'aura de cesse de percer, se livrant à une enquête  vaste, minutieuse, véritable reconstitution de la vie de ce séduisant jeune homme, algérien, juif, séfarade et homosexuel. Et le lecteur d'assister à l'élaboration d'un puzzle passionnant,  d'un récit rendu vivant par l'emploi du présent, le partage des questions et doutes et la portée  historique de ce destin particulier. De réaliser qu'une fois encore c'est la question d'identité française qui a été malmenée. Mais c'est aussi celle d'une homosexualité  jugée tabou.

 "Mais perpétrer l'omerta, n'est-ce pas entretenir la honte? "

Distillant savamment ses découvertes, le cheminement de ses réflexions, l'auteur nous saisit d'une empathie assez irrépressible.

 " L'enquête et l'écriture sont des enfermements où l'obsession se joue parfois de la raison."

Un magnifique témoignage familial,  tendre, intègre et captivant.

Apolline Elter

Albert le Magnifique, Brigitte Benkemoun, essai, Ed. Stock, sept 2016, 306 pp

15 novembre 2016

A deux plumes

Pour cet avant-dernier épisode de notre saga du mardi, je vous propose une charmante lettre écrite à deux plumes, deux langues, par Emile Verhaeren et son compère Zweig, alors en séjour au Caillou-qui-Bique. Nous sommes en août 1908. Il s'agit d'inclure le poète autrichien Rainer Maria Rilke dans ce bienfaisant sentiment d'amitié qui lie les écrivains.

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Émile Verhaeren et Stefan Zweig à Rainer Maria Rilke

                                                                                   [Roisin, 13 août 1908]

Mon cher Rilke

Zweig est chez moi, au Caillou[ Nous causons de vous – combien souvent & avec quelle sympathie ! - & c’est, parfois, comme si vous étiez ici, tellement votre présence y est évoquée. J’espère bien vous rencontrer en hiver, à Paris, souvent & vous envoie déjà, d’avance, la bonne poignée de main que j’espère vous donner bientôt. Très à vous

                                                                        Verhaeren.

Verehrter Herr Rilke, gerne wüBte ich, ob Sie Ende August noch in Paris sind. Es ist noch nichr ganz bestimmr, daB ich hinkornme, aber die Freude, Sie endlich zu sehen, würde mir den Entschluf leichter machen. Hoffentlich kommen Sie in diesem Jahre nach Wien, ich bin
bis Dezember und ab April dort – dazwischen lallt eine Reise nach Indien. Herzlich ergeben ihr

                                                                       Stefan Zweig

 

Verhaeren – Zweig. Correspondance. Edition établie par Fabrice van de Kerkhove, Ed Labor, 1996, coll. Archives du futur, 608 pp

06:27 Publié dans Mar-Dites-moi | Commentaires (0) |  Facebook |

14 novembre 2016

Ecrire l'Histoire- Un salon qui fera date- Bloquez le week-end en votre agenda

Fendons-nous d'un aimable rappel: c'est ce week-end, en effet, que vous attend, deux après-midi durant, le salon Ecrire L'Histoire. Au coeur le plus battant de Bruxelles, puisqu'il investira son magnifique Hôtel de Ville.

Vous trouverez, reproduite, ci-dessous, notre annonce du 7 octobre

Mais encore:

C'est avec liesse que je vous accueillerai, perso, aux entretiens et café historique que j'animerai, autour de

- Christine Orban (15h10- salle des mariages) et son subtil portrait intime de Marie-Antoinette (Charmer, s'égarer, mourir, Ed. Albin Michel, avril 2016), Françoise Cloarec  (16h - salle Maximilienne) et sa fascinante approche de "Marthe" Bonnard (L'indolente, Ed. Stock, sept.2016) et Frédéric Gros (16h40- salle des mariages) et son puissant roman historique, Les possédées (Ed.. Albin Michel, août 2016) .

Vous en trouverez tous billets de ferveur en vitrine de ce blog

Nombre d'entre vous m'ont déjà signifié leur radieuse présence. Je vous en remercie

 Et vous dis: A samedi

Apolline

 

 

Pour mémoire, billet paru le 7 octobre:

Chers visiteurs, 

 

Votre blog préféré est particulièrement réjoui,  heureux, honoré de s'associer, pour les deuxièmes année et édition d'un salon fabuleux, dédié à l'Histoire et ses innombrables relations.

Il aura lieu, cette année, les samedi 19 et dimanche 20 novembre, de 14h à 18h, en l'Hôtel de Ville de Bruxelles , placé sous le Haut parrainage de S.A.R la princesse Esmeralda de Belgique, avec pour invités d'honneur Stéphane Bern (dimanche) 

Initiative du Club de l'Histoire et de Patrick Weber,  Ecrire l'Histoire bénéficie du soutien de partenaires hors pair - forcément - et d'une équipe bénévole particulièrement efficace.  Les rencontres, cafés littéraires et dédicaces de haut vol, sont orchestrés de doigts de fée par Annick de Roest d'Alkemade, ex-rédactrice en chef, notamment, de Femmes d'aujourd'hui.

Inscrivez déjà les dates en vos agendas et consultez régulièrement le site du Salon:  www.leclubdelhistoire.com/ecrirelhistoire/ pour découvrir les auteurs - majeurs - que vous rencontrerez.

Point ne le regretterez.

Je vous y attendrai, convaincue et réjouie de ce partenariat.

 Apolline Elter


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13 novembre 2016

Vous n'aurez pas ma haine

9782367622156-001-X_0.jpegthéière high tea.jpg"La fatalité a frappé; c'est tout. Elle ne m'a pas demandé mon avis."

Vous n'aurez pas ma haine, Antoine Leiris, récit, Ed. Fayard, 2016 , texte intégral lu par André Dussolier, Ed. Audiolib, oct. 2016, durée: 1h53

12 novembre 2016

Vous n'aurez pas ma haine

9782367622156-001-X_0.jpeg"Vendredi soir vous avez volé la vie d’un être d’exception, l’amour de ma vie, la mère de mon fils mais vous n’aurez pas ma haine. Je ne sais pas qui vous êtes et je ne veux pas le savoir, vous êtes des âmes mortes. Si ce Dieu pour lequel vous tuez aveuglément nous a fait à son image, chaque balle dans le corps de ma femme aura été une blessure dans son coeur.

Alors non je ne vous ferai pas ce cadeau de vous haïr. Vous l’avez bien cherché pourtant mais répondre à la haine par la colère ce serait céder à la même ignorance qui a fait de vous ce que vous êtes. Vous voulez que j’ai peur, que je regarde mes concitoyens avec un oeil méfiant, que je sacrifie ma liberté pour la sécurité. Perdu. Même joueur joue encore.

Je l’ai vue ce matin. Enfin, après des nuits et des jours d’attente. Elle était aussi belle que lorsqu’elle est partie ce vendredi soir, aussi belle que lorsque j’en suis tombé éperdument amoureux il y a plus de 12 ans. Bien sûr je suis dévasté par le chagrin, je vous concède cette petite victoire, mais elle sera de courte durée. Je sais qu’elle nous accompagnera chaque jour et que nous nous retrouverons dans ce paradis des âmes libres auquel vous n’aurez jamais accès.

Nous sommes deux, mon fils et moi, mais nous sommes plus fort que toutes les armées du monde. Je n’ai d’ailleurs pas plus de temps à vous consacrer, je dois rejoindre Melvil qui se réveille de sa sieste. Il a 17 mois à peine, il va manger son goûter comme tous les jours, puis nous allons jouer comme tous les jours et toute sa vie ce petit garçon vous fera l’affront d’être heureux et libre. Car non, vous n’aurez pas sa haine non plus."

 

Cette lettre, Antoine Leiris l'écrit quelques jours après l'attaque terroriste du Bataclan, le 13 novembre 2015, qui coûte la vie à Hélène son épouse, fait de Melvil, leur bambin, un demi-orphelin. 

" Ce livre, je l'ai débuté le lendemain de la lettre, le soir-même, peut-être"

S'ensuit la rédaction d'un récit, sorte de journal , consigne des faits, gestes et émotions de l'après-drame, d'un quotidien qui lentement reprend droits et requêtes: jeune papa, Antoine Leiris doit assumer, assurer le bien-être de Melvil, affronter la "brigade des mamans" de la crèche et leur bonne volonté, les sentences de son entourage et ses voeux de courage, ses condamnations....

" Je suis celui qui aime Hélène, non celui qui l'a aimée"

Sobre, factuel, le témoignage suscite vive empathie

La lecture qu'en opère André Dussolier procède d'une même sobre et poignante élégance

L'hommage respectueux à un être courageux

Apolline Elter

Vous n'aurez pas ma haine, Antoine Leiris, récit, Ed. Fayard, 2016 , texte intégral lu par André Dussolier, Ed. Audiolib, oct. 2016, durée: 1h53

 

11 novembre 2016

Quatrième de couverture (2/2)

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Vous aurez donc  découvert avec joie et intérêt - je l'espère - les nombreuses chroniques d'une rentrée littéraire bellement féconde. 

Quelques monticules d'ouvrages attendent, toujours patientant,  un prêté de regard - et plus si affinités..

Je vous en livre déjà les arguments, extraits des sites de leurs éditeurs.

Et vous souhaite une excellente vendredi férié

 

 Les Roses blanches -

Pour raconter une vie bien remplie mais ratée, il en faut de l’humour. Surtout quand il s’agit d’un être proche.

 Gil Jouanard relate l’épopée picaresque et pathétique de Juliette, née dans le Gévaudan du début du xxe siècle, l’un des endroits les plus reculés de la galaxie européenne. Ou comment une quasi-esclave, bergère à huit ans, s’invita une décennie plus tard à la fête du Front Populaire. Puis, au fil des mariages, à l’idyllique Far East Américain et à l’Allemagne profonde de l’après-guerre. Car la rage de vivre de Juliette lui ouvrit toutes les portes, sauf la seule qui sauve, celle qui mène à soi-même.

 Dans les circonvolutions de sa plume, le poète Gil Jouanard cache un sourire qui ressemble à de l’amour et à de la sagesse. Il donne une portée universelle à son deuxième « roman vrai » : une fresque hilarante à force de bagout, au vibrato pourtant déchirant, en hommage à tous les sans-culture.

Les roses blanches, Gil Jouanard, roman, Ed. Phébus, août 2016, 320 pp

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 L'éveil« Je dois y retourner, c’est insupportable de le savoir ici, lui qui marche et vit non loin. Non, il ne s’agit pas encore de l’éveil, du vrai, c’est mon attention seule qu’il éveille pour l’instant, et c’est en dessous, plus loin, que nous allons éclore et tomber et rouler. Je suis à l’orée de l’éveil. »

La scène est à Hanoi, au Vietnam, dans les ruelles surchauffées. Cela se passe aujourd’hui, mais ce pourrait être il y a longtemps. C’est une histoire d’amour, dont les personnages sont deux garçons et deux filles, dont les voix s’entrechoquent. C’est une histoire d’amour, douloureuse et sensuelle, où les héroïnes ne font que traverser le tumulte de la ville, et se cachent dans l’ombre protectrice des chambres.
C’est un premier roman d’exception. Et l’acte de naissance d’un écrivain"

L'éveil, Line Papin, roman, Ed. SQtock, août 2016, 256 pp

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téléchargement.jpgPalerme, années 1980. Comme tous les garçons de son âge, Davidù, neuf ans, fait l’apprentissage de la vie dans les rues de son quartier. Amitiés, rivalités, bagarres, premiers émois et désirs pour Nina, la fillette aux yeux noirs qui sent le citron et le sel, et pour laquelle il ira jusqu’à se battre sous le regard fier de son oncle Umbertino. Car si Pullara, Danilo, Gerruso rêvent de devenir ouvrier ou pompiste comme leurs pères, Davidù, qui n’a pas connu le sien, a hérité de son talent de boxeur.
 
Entre les légendes du passé et les ambitions futures, le monde des adultes et la poésie de l’enfance, Davide Enia, finaliste du prix Strega, tisse le destin d’une famille italienne, de l’après-guerre aux années 90, à travers trois générations d’hommes dont le jeune Davidù incarne les rêves. Entremêlant leurs histoires avec brio, il dresse un portrait vibrant de sa terre, la Sicile, et de ceux qui l’habitent.
 
Sur cette terre comme au ciel, Davide Enia, roman traduit de l'italien par Françoise Brun, Ed Albin Michel, août 2016, 416 pp
 
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 "Comment éprouve-t-on la souffrance de l’autre ? Qu’est-ce que ressentir la douleur d’autrui, sachant que cette douleur peut être acceptée, déformée ou contrefaite ? En se confrontant à la douleur – la sienne et celle des autres, simulée ou réelle –, Leslie Jamison découvre la nécessité pressante, personnelle et culturelle de ressentir. À partir d’expériences vécues, elle explore la question en étendant son champ de curiosité bien au-delà de son cas particulier : de sa pratique d’actrice médicale – payée pour feindre des symptômes que les étudiants en médecine doivent diagnostiquer – à son agression au Nicaragua, d’une réunion de personnes pensant être atteintes d’une même maladie imaginaire au Los Angeles des gangs, de la téléréalité à l’expérience de la prison.
Dans ce recueil de textes virtuoses et audacieux qui tiennent à la fois de l’essai, des Mémoires, de la critique littéraire et du journalisme d’investigation, Leslie Jamison interroge avec grâce et humilité une dimension essentielle de notre rapport à l’autre."
 
Examens d'empathie, Leslie Jamison, essai traduit de l'anglais (USA) par Emmanuelle et Philippe Aronson, Ed. Pauvert, sept. 2016, 336 pp
 
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Anna
"Sicile, 2020. Un virus mortel, « la Rouge », a déferlé sur l’Europe quatre ans auparavant et décimé la population adulte ; les jeunes, eux, sont protégés jusqu'à l'âge de la puberté. Anna se retrouve seule avec Astor, son petit frère de quatre ans.
Elle doit affronter le monde extérieur avec ses cadavres, ses charognards, ses chiens errants et affamés, l’odeur pestilentielle, pour trouver, quand il en reste, des médicaments, des bougies, des piles, des boîtes de conserve, avec comme unique guide dans cette lutte pour la survie, le cahier d’instructions que lui a légué leur mère avant d’être emportée par la maladie.
Lorsqu’Astor disparaît, Anna part à sa recherche, prête à défier les bandes d’enfants sauvages qui errent à travers les rues désertes, les centres commerciaux et les bois. Mais l'ordre appartient au passé et les règles d'autrefois ont été oubliées. Pour réussir à sauver Astor, Anna va devoir en inventer de nouvelles, parcourant ce monde à l'abandon où la nature a repris ses droits, ne laissant que les vestiges d'une civilisation qui a couru à sa propre perte.
Une véritable odyssée des temps modernes où s'entremêlent lumière et ténèbres, un duel permanent entre la vie et la mort. "
 
Anna, NiccolÒ Ammaniti, roman traduit de l'italien par Myriam Bouzaher, Ed Grasset, septembre 2016, 320 pp
 
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Fils du feu
 
Nés sous les feux de la forge où s’attèle leur père, ils étaient Fils du feu, donc fils de roi, destinés à briller. Mais l’un des deux frères décède précocement et laisse derrière lui des parents endeuillés et un frère orphelin. Face à la peine, chacun s’invente sa parade : si le père s’efface dans les vagues de l’ivresse, la mère choisit de faire comme si rien ne s’était passé. Et comment interdire à sa mère de dresser le couvert d’un fantôme rêvé ou de border chaque nuit un lit depuis longtemps vidé ? Pourquoi ne pas plutôt entrer dans cette danse où la gaité renait ? Une fois devenu adulte et peintre confirmé, le narrateur, fils du feu survivant, retrouvera la paix dans les tableaux qu’il crée et raconte à présent. Ainsi nous dévoile-t-il son enfance passée dans une France qu’on croirait de légende, où les hommes forgent encore, les grands-mères dépiautent les grenouilles comme les singes les bananes, et les mères en deuil, pour effacer la mort, prétendent que leurs fils perdus continuent d’exister.
Dans une langue splendide, Guy Boley signe ainsi un premier roman stupéfiant de talent et de justesse.     
 
Fils du feu, Guy Boley, roman, Ed. Grasset, août 2016, 160pp
 
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Le cri
 Lorsqu’elle pénétra dans son bureau, la première chose que Blache ressentit fut de l’exaspération : une exaspération immédiate, entière, sans autre goût que la pure exaspération. Il n’aimait pas les femmes de pouvoir et pour lui, une femme médecin ne pouvait pas ne pas être une femme de pouvoir. Quelque chose d’elle lui faisait peur et il ne savait pas quoi ; mais il savait aussi que, très probablement, il ne le saurait jamais. »
Au moment où ce récit commence, Lil Servinsky, métisse anglo-rwandaise de trente-cinq ans, médecin, embarque pour la première fois à bord du Septentrion, un navire renifleur de pétrole. La jeune femme a fait de l’errance sur les océans son seul territoire. Mais sa relation très particulière au monde fera bien vite naître et croître des haines incontrôlables dans cet univers essentiellement masculin et clos sur lui-même. 
 
Le cri,  Thierry Vila, roman, Ed. Grasset, août 2016, 272 pp
 
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Un travail comme un autre On naît avec quelque chose dans les veines, pour mon père, c’était le charbon, pour Marie, c’est la ferme, pour moi un puissant courant électrique. » 

Roscoe T Martin est fasciné par cette force plus vaste que tout, plus grande que lui, qui se propage avec le nouveau siècle : l’électricité. Il s’y consacre, en fait son métier. Un travail auquel il doit pourtant renoncer lorsque Marie, sa femme, hérite de l’exploitation familiale. Année après année, la terre les trahit. Pour éviter la faillite, Roscoe a soudain l’idée de détourner une ligne électrique de l’Alabama Power. L’escroquerie fonctionne à merveille, jusqu’au jour où son branchement sauvage coûte la vie à un employé de la compagnie..

« Un premier roman exceptionnel, porté par une langue sincère, directe et suave. »
Kevin Powers.
 
Un travail comme un autre, Virginia Reeves, roman traduit de l'anglais (USA) par Carine Chichereau, Ed. Stock, août 2016, 344 pp
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Drôle et poignante, l'histoire d'une famille camerounaise émigrée à New York. Porté par une écriture à la fraîcheur et à l'énergie exceptionnelles, un roman plein de générosité, d'empathie et de chaleur sur le choc des cultures, les désenchantements de l'exil et les mirages de l'intégration. Un pur joyau, par une des nouvelles voix afropolitaines les plus excitantes du moment.
L'Amérique, Jende Jonga en a rêvé. Pour lui, pour son épouse Neni et pour leur fils Liomi. Quitter le Cameroun, changer de vie, devenir quelqu'un. Obtenir la Green Card, devenir de vrais Américains.
Ce rêve, Jende le touche du doigt en décrochant un job inespéré : chauffeur pour Clark Edwards, riche banquier à la Lehman Brothers.

Au fil des trajets, entre le clandestin de Harlem et le big boss qui partage son temps entre l'Upper East Side et les Hamptons va se nouer une complicité faite de pudeur et de non-dits.

Mais nous sommes en 2007, la crise des subprimes vient d'éclater. Jende l'ignore encore: en Amérique, il n'y a guère de place pour les rêveurs...
Voici venir les rêveurs, Imbolo Mbue, roman traduit de l'anglais (Cameroun) par Sarah Tardy, Ed. Belfond,  août 2016, 440 pp
 
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« Du monde secret que j’ai connu jadis, j’ai essayé de faire un théâtre pour les autres mondes que nous habitons. D’abord vient l’imaginaire, puis la quête du réel. Et ensuite retour à l’imaginaire, et au bureau devant lequel je suis assis à cet instant. » John le Carré

Depuis ses années de service dans le renseignement britannique pendant la Guerre froide jusqu’à une carrière d’écrivain qui l’emmena du Cambodge en guerre à Beyrouth après l’invasion israélienne de 1982, en passant par la Russie avant et après la chute du mur de Berlin, John le Carré s’est toujours placé au cœur de notre histoire contemporaine. Dans ce livre de mémoires inédits, il relate d’une plume aussi incisive que drolatique et avec la subtilité morale qui caractérise ses romans les événements dont il fut le témoin. Qu’il décrive le perroquet d’un hôtel de Beyrouth imitant à la perfection le crépitement des mitraillettes ou les premières notes de la Cinquième de Beethoven, sa découverte des charniers du génocide rwandais, son réveillon du Nouvel An 1982 avec Yasser Arafat, la sagesse du génial physicien Andreï Sakharov, sa rencontre avec deux anciens chefs du KGB ou avec l’humanitaire française qui lui inspira l’héroïne de La Constance du jardinier, son regard est souvent caustique, toujours pénétrant.

Mais surtout John le Carré nous dévoile son parcours d’écrivain sur plus de six décennies et sa quête infatigable de l’étincelle humaine qui a insufflé tant de vie et de cœur à ses personnages de fiction.

John le Carré, né en 1931, a étudié aux universités de Berne et d’Oxford, enseigné à Eton, et a été membre du service du renseignement britannique pendant la Guerre froide. Il se consacre à l’écriture depuis plus de soixante ans et partage sa vie entre Londres et la Cornouailles.

 Traduit de l’anglais (Grande-Bretagne) par Isabelle Perrin

Isabelle Perrin, que tout destinait à une sage carrière universitaire, contracte le virus de la traduction littéraire auprès de sa mère Mimi. Les incurables duettistes cosigneront plus de trente traductions, dont tous les romans de John le Carré depuis La Maison Russie.

Le tunnel aux pigeons- Histoires de ma vie, John Carré, témoignage traduit de l’anglais (Grande-Bretagne) par Isabelle Perrin, Ed Seuil, oct. 2016, 384 pp

10 novembre 2016

Louis I, II, III...XIV - L'étonnante histoire de la numérotation des rois de France

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" Tout est parti de Charles le Gros. Il s'agit d'un Carolingien, c'est-à-dire un descendant de Charlemagne, et les généalogies des rois de France nous apprennent qu'il arégné entre 884 et 888. Parmi les rois qui l'ont précédé, on trouve Charles II le Chauve, et parmi ceux qui l'ont suivi Charles III le Simple. Charles le Gros n'est pas numéroté, il semble avoir été oublié. Pourquoi? "

 Il est des questions que nous ne nous posons, tant paraît couler de source la numérotation des rois de France...

Qu'à Louis XIV succède Louis XV, quoi de plus attendu, même si ce dernier n'est que  l'arrière-petit-fils du Roi Soleil...

Oui mais .... si l'on y réfléchit: 

- Quand est apparue la numérotation des Rois de France? 

- Est-ce leur seule homonymie - que de Louis - qui a enjoint leur qualification numérique? 

- Le Roi Soleil se savait-il déjà quatorzième du prénom? 

 Curiosité avivée par le constat d'oubli de Charles Le Gros - il ne devait cependant pas passer inaperçu - dans la séquence numérique de l'Histoire et du peu de cas que représente le sujet auprès des sommités historiques, le polytechnicien Michel-André Lévy s'est livré à une vaste,  rigoureuse, minutieuse enquête sur le sujet, augmentant au long de son cheminement le nombre des questions que suscite le canevas des royales successions, base de l'enseignement de l'Histoire.

Car rien n'est simple au royaume des nombres.

Surtout, ne l'oublions pas, que la France n'a pas toujours représenté un territoire unique, unifié.

C'est là que la question se corse, si j'ose dire.

Si Charlemagne, mon digne ancêtre - 42e degré de l'échelle - je vous livre un scoop et le sais- fut tout naturellement Charles premier, force est de constater que sa dynastie préférait les surnoms, celle des Elter, pompon, qui descendons pareillement des des Rois fainéants... Mais nous nous égarons.. On pourrait dater des règnes capétiens les premières numérotations durables

Reprenons le fil des questions, des observations:

-  Bien qu'il n'ait pas régné, le fils de Louis XVI se verra attribuer le numéro XVII. Par décision de qui, de Louis XVIII, pardi!

-Même s'il laisse des zones d'ombres, des questions non résolues, le système de la numérotation a l'avantage d'apporter une cohérence toute pédagogique à la continuité historique et l'essai de Michel-André Lévy de nous offrir une généalogie précise et structurée des règnes qui se sont succédé.

Louis I, II, III....XIV... L'étonnante histoire de la numérotation des rois de France, Michel-André Lévy, essai, Ed

 Jourdan, avril 2016, 328 pp

09 novembre 2016

Entre ciel et Lou

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Dévasté par la mort de Lou, Jo, son époux se voit confier, par disposition testamentaire, une mission complexe: pourvoir au bonheur de leurs enfants, Cyrian et Sarah, tous deux empêtrés dans des schémas de vie difficiles.

Ecorché vif, Cyrian partage maladroitement sa paternité, entre Pomme, fille de sa première compagne et Charlotte, enfant sur- couvée de son union avec Albane; quant à Sarah, sclérosée par une maladie évolutive, elle éclate sa vie affective en aventures sans lendemain....

"Tu avais le sens de l'amour mais un sens de l'humour pire que le mien"

Récit polyphonique, le roman bat en son coeur d'un tendre, drôle, poignant dialogue posthume entre Jo et Lou, sur fond de cette île bretonne de Groix où le couple comptait vivre une retraite paisible.

" Avec Jo, j'ai appris la joyeuse stupeur de vivre. Je vous souhaite la même aventure." 

La lecture audiolivresque,  interprétée par quatre acteurs de talent, atteint, avec le comédien Patrick Descamps - as Jo - un sommet émotionnel désarmant.

Je vous la recommande instamment

Apolline Elter

Entre ciel et Lou, Lorraine Fouchet, roman, Ed. Héloïse d'Ormesson, 2016 - Audiolib, 2016 - texte intégral lu par Maia Baran, Patrick Descamps, Frédéric Meaux et Colette Sodoyez, CD MP3- durée: 9h09

08 novembre 2016

Comment Paul Léautaud voit Vehaeren

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  Tandis qu'il se livre, en 1912,  à un compte rendu du drame verhaerenien, Hélène de Sparte, l'écrivain et critique dramatique Paul Léautaud (1872-1956) , nous livre son regard sur son confrère aîné:

 "Sans souci de plaire ou de déplaire, il a parlé selon sa voix. C'est une voix forte, rude, souvent même un peu rauque, qui secoue plus qu'elle ne caresse, qui crie plus qu'elle ne chante. Ce que fut Constantin Meunier en sculpture, on pourrait dire que M. Verhaeren l'est en poésie, et sans doute cela est-il parfois un peu fruste pour nos yeux et pour nos oreilles habitués à plus de finesse, - une finesse qui n'est d'ailleurs souvent que de la fadeur."

  Nous devons cet extrait à: 

Des lueurs du fleuve à la lumière de la peinture, Emile Verhaeren et les siens, Marc Quaghebeur et Christophe Meurée,  volume composé dans le cadre de l'exposition "Emile Verhaeren. Lumières de l'Escaut, Lumière des Arts, Musée des Beaux-Arts de Tournai, septembre 2016, 148 pp

05:20 Publié dans Mar-Dites-moi | Commentaires (0) |  Facebook |

07 novembre 2016

A la guerre comme à la guerre

téléchargement (9).jpgPrivé de matière première - entendez  de toile vierge  - pour cause de guerre, Pablo Picasso décide tout bonnement, une nuit de bombardement, de peindre cette Partition sur une toile de  Modigliani. ....

Le genre d'anecdote pittoresque que vous révèle la visite de l'exposition 21 rue La Boétie ( Musée de la Boverie, à Liège)

 

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Pablo Picasso, Partition, bouteille de porto, guitare et cartes à jouer, Paris, fin 1917 [début 1918]

© Succession Picasso- Sabam Belgium 2016/ © Photo: Collection David Nahmad, Monaco.

06 novembre 2016

En attendant Bojangles

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 "- Georges, n'oubliez pas votre bêtise, on en a toujours besoin!

Et mon père répondait: Ne vous en faites pas, Hortense, j'ai toujours un double sur moi." 

En attendant Bojangles, Olivier Bourdeaut, roman, Ed Finitude, janvier 2016 -  Gallimard / Ecoutez/Lire, texte intégral lu par Louis Arenne, sept. 2016, 1 CD MP3, durée 4h30 min

05 novembre 2016

En attendant Bojangles

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 " Elle avait réussi à donner un sens à ma vie en la transformant en un bordel perpétuel" 

 J'avais raté, je le confesse, ce petit bijou de lecture, événement-surprise de la rentrée de janvier. Son édition audiolivresque me permet de rattraper le tir, pour mon plus grand plaisir.

Le vôtre aussi, je l'espère.

Récit à deux voix, celle du père, celle du fils, ce premier roman trace le portrait d'une douce folie, une déraison aimable, drôle, poignante, irréversible, dangereuse et pathétique, qui habite Louise, épouse et mère des narrateurs. 

Et le lecteur de virevolter au rythme sautillant de chapitres envolés, des changements de prénoms incessants de Louise, ses comportements extravagants, ceux de mademoiselle Superfétatoire, l'oiseau exotique - forcément - qui complète cette famille hors normes. De danser  sur l'air de Mr Bojangles, interprété par Nina Simone, de goûter à pleins yeux, pleines oreilles,  cette atmosphère décalée, voussoyante, purement délicieuse...

" Elle perdait complètement la tête. Bien sûr,  la partie visible restait sur ses épaules mais le reste, on ne savait pas où il allait."

Une lecture flamboyante - une audition hautement recommandée.

Apolline Elter

En attendant Bojangles, Olivier Bourdeaut, roman, Ed Finitude, janvier 2016 -  Gallimard / Ecoutez/Lire, texte intégral lu par Louis Arenne, sept. 2016, 1 CD MP3, durée 4h30 min

A vous conseiller également - tout aussi vivement: le podcast de l'excellente émission de Frédéric Lopez, 1001 vies.

https://www.youtube.com/watch?v=7ZfHMjGv4IQ&feature=y...

La rencontre avec ce primoromancier est une vraie leçon de vie. On en sort grandi. Je vous le certifie

04 novembre 2016

Quatrième de couverture (1/2)

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Vous aurez découvert avec joie et intérêt - je l'espère - les nombreuses chroniques d'une rentrée littéraire bellement féconde. 

Quelques monticules d'ouvrages attendent, patients, un prêté de regard - et plus si affinités..

Je vous en livre déjà les arguments, extraits des sites de leurs éditeurs.

Et vous souhaite un excellente fin de  congé de Toussaint.

 

Penchons nous sur la littérature, écoutons le propos de Pierre Michon:

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" Parmi les entretiens que j’ai donnés depuis 1984, j’en ai réuni trente. On y trouvera le jeu de masques que ce genre exige, des contrevérités peut-être, de l’incongru, des traits de mauvaise foi, mais sûrement aussi quelques vérités, pas toutes involontaires.
Et puis, relisant ces propos, je me dis qu’à défaut de la vérité introuvable, on y trouve enlacés les souvenirs et les lectures qui m’ont constitué : le panthéon  aztèque et la chasse à Dieu dansMoby Dick, « le petit roman de trente pages » de Lautréamont et le rasoir d’un théologien anglais, une écoute enfantine de Salammbô qui est ma scène primitive, des lieux et des noms. Melville et Faulkner, Beckett, y voyagent parmi des toponymes limousins. Mes morts bavards, Flaubert, Rimbaud et Villon, Giono et Borges, Hugo y fréquentent des prolétaires morts sans discours. 
 
Pierre Michon"

Le roi vient quand il veut- Propos sur la littérature, Pierre Michon, essai, Ed. Albin Michel, sept. 2016, 446 pp

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Un premier roman: 

9782213699318-001-X_0 (1).jpeg" Emma Linarès voulait que sa vie soit intense. Voire héroïque. Grande lectrice, elle se rêvait en personnage de roman.
Un jour, après y avoir longuement songé, elle a franchi le portail intimidant d’un camp militaire.
L’armée. N’était-ce pas là que se vivaient les dernières aventures ?
Sans doute. Mais seulement quand elle aurait appris à s’habiller en moins de cinq minutes, à ramper dans la boue, à se mettre au garde-à-vous, à nommer chaque pièce de son fusil d’assaut et à chanter sa nostalgie virile pour une belle blonde retée au pays "

Féminine, Emilie Gullaumin, roman, Ed. Fayard août 2016, 400 pp

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 « Elle était totalement déterminée. Allégorie d’une Espagne fière et rebelle, lèvres rouges, cheveux noirs noués en chignon dans une résille, revêtue d’un tailleur noir sur des bas également noirs, chaussée de noir enfin, elle s’assit, telle l’annonce de la mort, dans le fauteuil, dos à la fenêtre.  La fin du cauchemar était proche. »
 
Histoire d’amour, de trahison et de sang, Avec la mort en tenue de bataille nous plonge dans la guerre civile d’Espagne avec une puissance d’autant plus rare qu’elle est incarnée par un inoubliable personnage : Inès, mère et épouse respectable qui, lorsque le conflit éclate, se jette à corps perdu dans le maelström de cette lutte fratricide dont elle découvre avec stupeur toutes les ambiguïtés.
Évocation historique d’une tragédie emblématique, le roman de José Alvarez est aussi le sublime portrait d’une femme qui symbolise l’âme suppliciée de l’Espagne, celui d’une mère combattante que l’horreur de la guerre révèle à elle-même.

Avec la mort en tenue de bataille, José Alvarez, roman, Ed. Albin Michel, août 2016, 220 pp

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 téléchargement (7).jpg "Meurtre ou tragique accident ? À la fête de l’école, quelqu’un a trouvé la mort. Mais qui est vraiment responsable du drame ?
Trois femmes à la croisée des chemins, des ex-maris et leurs nouvelles épouses, des familles recomposées (ou décomposées), qui cachent tous ces redoutables petits mensonges que l’on se raconte à soi-même pour continuer de vivre… Après Le Secret du mari, best-seller international, Liane Moriarty nous plonge une fois encore dans l’univers clos de ces quartiers résidentiels qui dissimulent derrière leurs jolies façades d’inavouables secrets. Avec elle, le sourire n’est jamais loin des larmes.

Bientôt sur les écrans télé, la grande série HBO inspirée du roman, réunira dans les rôles principaux deux lectrices enthousiastes : Nicole Kidman et Reese Witherspoon !

Petits secrets, grands mensonges, Liane Moriarty, roman traduit de l'anglais (Australie) par Béatrice Taupeau, Ed. Albin Michel, 1er septembre 2016, 48O pp

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 Les Parisiens

 

"Jeune provincial avide de réussite et de plaisirs, Aurélien se lance à l’assaut de Paris, et de la grande aventure du Théâtre. Beau, désinvolte, insolent, il fait la conquête d’un éminent chef d’orchestre, séduit une vieille faiseuse de carrières, pince les fesses d’un ministre et charme un cacochyme empereur des médias. Dans les salons, les fêtes mondaines et les backrooms où se mettent à nu les édiles culturels, où les prétendants aux nominations se déchirent, où l’on conspire à l’envi et profane les réputations, Aurélien est le nouveau talent qu’on rêve d’étreindre comme une jeune proie – et qui, sûrement, saura se montrer prodigue.
Mais ses vraies amours sont ailleurs. Iris, Serena, Kamel, Gloria, Ulrika…, reines transgenres et faune de la nuit, qui prennent d’assaut Pôle Emploi et ourdissent une décisive révolte des putes. Et surtout Lucas, enfant trop mal aimé, poète magnifique mais inaccompli qui cherche avec humilité et désespoir une raison d’être au monde, de vivre encore, de croire…
Tour à tour féroce et fervente, orgiaque et lyrique, dérisoire et grandiose, cette nef des intrigants, des saints et des prostitué(e)s tangue puissamment entre rire et douleur, sonde les coeurs et les reins d’un parisianisme méphitique et narcissique, nourri d’illusions balzaciennes et ivre d’incarner cette Ville Lumière, sur laquelle flotte comme un drapeau – sans cesse brandi, vénéré et lacéré – le suaire d’un Art salvateur"

 

Les Parisiens, Olivier Py, roman, Ed. Actes Sud, août 2016, 544 pp

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 L'inconnu du parvis

Les franges d’une ville, ruelles pleines d’ombre, friches industrielles, vert délavé du canal sur lequel glissent imperturbables les péniches. Là, vit Antoine Comino, garagiste, dans le calme plat de la routine.

La découverte au point du jour d’un cadavre, gisant sur le parvis de la mairie, va bouleverser le train-train du garagiste. Les enquêteurs, qui concluront au suicide, ne disposent que d’un seul indice pour renouer le fil des événements : le véhicule avec lequel la victime s’est rendue sur les lieux du drame.

 Antoine Comino, qui a eu cette voiture en main, est alors taraudé par une question : pourquoi cet homme a-t-il mis fin à ses jours ? Il ne veut pas s’en tenir aux apparences. « Il y a dans le geste de ce pauvre bougre quelque chose qui relève du mal du monde », pressent-il. Et de se lancer sur les traces de l’inconnu du parvis.

 

 L'inconnu du parvis, Giuseppe Santoliquido, roman,  Genèse Edition, setp.2016 , 128 pp

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Au cours de l’été 1876, Robert Louis Stevenson (qui n’est pas encore le célèbre romancier de L’Île au trésor) part à l’aventure sur les rivières et canaux du Nord avec son ami Walter Simpson. Les deux sportsmen ambitionnent de relier Anvers à Compiègne en canoë. Une sacrée escapade qui est aussi un riche voyage « intérieur » pour le jeune écrivain, affamé d’indépendance et confronté à des péripéties, à des lieux, à des personnages grandeur nature…

En 2011, Frédéric Chef s’est élancé sur les traces de ce colporteur magnifique qui professe que « le dehors guérit ». Il rejoint ainsi le fantôme de Stevenson en marchant ou en pagayant à ses côtés. Et, poursuivant son enquête jusqu’en forêt de Barbizon, il y respire l’air de la bohème artistique de son mentor.

Illustrations inédites de Daniel Casanave

Le Colporteur magnifique, Frédéric Chef, roman, Ed. Weyrich,  sept 2016, 128 pp

 

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téléchargement (7).jpgElle, vingt-trois ans, enfant de la consommation et des réseaux sociaux, noie ses craintes dans l’alcool, le sexe et la fête, sans se préoccuper du lendemain, un principe de vie. Il vient de terminer ses études et travaille sans passion dans une société où l’argent est roi. Pour eux, ni passé ni avenir. Perdus et désenchantés, deux jeunes d’aujourd’hui qui cherchent à se réinventer.
 
Dans un texte crépusculaire, Aurélien Gougaud entremêle leurs voix, leurs errances, leur soif de vivre, touchant au plus près la vérité d’une génération en quête de repères. Un premier roman d’une surprenante maturité, qui révèle le talent d’un jeune auteur de vingt-cinq ans.

Lithium, Aurélien Gougaud, roman, Ed. Albin Michel, août 2016, 190 pp

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"Longtemps après l’adolescence, Jean Mattern relit la «fantaisie pompéienne» de Wilhelm Jensen, discret écrivain munichois (1837-1911), et le commentaire que Freud en a fait en 1907. À la suite d’un rêve qui redonne vie à une figure de marbre antique, un jeune archéologue se rend dans un état second à Pompéi. La jeune femme de son rêve vit en réalité en bas de chez lui, et n’est autre que son amie d'enfance, oubliée : elle le suivra dans son voyage, le guérira de son délire en y entrant et en utilisant les mêmes médicaments langagiers que le psychanalyste. L’amour est médecin, et la psychanalyse est une archéologie de l’amour.
Jean Mattern entre-tisse plusieurs fils dans cet essai : celui de sa propre psychanalyse, de ses pertes et de ses deuils, celui d’une découverte vitale singulière ; le fil de l'éclairage que sa deuxième lecture du Délire et les rêves à trente ans de distance projette sur la première, et sur lui-même ; celui réciproque qu’il porte sur le texte de Freud.
L’auteur s’expose et s’explique simplement, directement, au grand jour. Mais l'énigme de son enquête rappelle que, dans Pompéi enseveli, la lumière de midi accueille des fantômes."

De la perte et d'autres bonheurs, Jean Mattern, essai, Ed. Gallimard, oct. 2016, 70 pp

03 novembre 2016

Les visages pâles

9782234078116-001-X (1).jpeg" C'était l'illustration de ce qu'Alex désignait doctement par "la fin de l'ère des solidarités organiques."

Réunis dans la propriété familiale de la Banèra et du décès de leur père et grand-père, Raoul Estienne, le "monsieur des brosses à dents", Jean-Michel, Hortense, Lucile et Alexandre interrogent leur vie, passé, enfance et les nombreux souvenirs attachés au lieu.

Chacun y va de son témpérament.

Jean-Michel, sexagénaire divorcé ne se voit pas vieillir dans la maison;  il ne se voit pas vieillir du tout, du reste, ayant engrangé une relation avec Marine, de trente ans sa cadette.

Hortense est du genre battante: elle mène sa vie, son Hubert de mari, Jeanne et Léon, ses enfants, ainsi que sa prospère start-up, Clean & C° de magistrale main. Ses discours sont ponctués d'évidences et d'anglicismes.

Lucile, graphiste, est plus à l'écoute. Cela lui vaudra de tomber sous le charme - très diffus.. - de Charles Valérien, son côté bohême.

Quant à Alex, à savoir Alexandre, il adhère totalement à l'idéologie de la "Manifestation pour tous " - rappelez-vous, le dimanche 13 janvier 2013 - et celle d'un milieu conscient de son bon droit: " Il est tout de même incroyable que nous devions descendre dans la rue pour répéter des évidences (...)"

Un mode de vie dans ses rails tracés, que vient bousculer , sans crier .gare, la décision de Jean-Michel de vendre la maison familiale....

Radioscopie d'une bourgeoisie au mode de vie tranchant, tranché, retranché, le roman se présente avant tout comme une galerie de portraits.  L'écriture est soignée, pesée, choisie, sans doute un peu trop sophistiquée. Nous aurions préféré une analyse plus tendrement décapante...l'auteur en a les moyens, cela ne fait pas un pli.

Les visages pâles, Solange Bied-Charreton, roman, Ed. Stock, août 2016, 392 pp