26 mai 2017

Intimité publique

 Il est un Festival,  il est trois dates - les 9-10 et 11 juin - que je vous invite à noter en vos agendas

J'ai nommé, Intimité publique - bel oxymore -  fête de lectures de correspondances,  carnets, journaux intimes,  .. jaillis de la plume d'écrivains prestigieux - voyez l'affiche, consultez le programme - portés par les voix et interprétations de comédiens hors pair.  La direction du Festival est assurée par Anne Rotenberg, dûment entourée, chaleureusement assistée. Sa signature est gage d'exigeance, de respect du public, de supérieure qualité, je vous le certifie.

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Nous  reviendrons sur le Festival; nous nous y rendrons

Pour l'heure, je vous invite à consulter le site du théâtre La Pépinière (Paris- Opéra)  www.theatrelapepiniere.com/intimite_publique.html  et à réserver vos places sans tarder..

Apollline Elter

 

 

 

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25 mai 2017

Pensée ascensionnelle

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Qui s'élève, risque les coups bas

Cette pensée nourrit ce jeudi ascensionnel, que je vous souhaite modeste, radieux et reposant

Votre Apolline 

24 mai 2017

Their Finest

 L'affiche, l'argument sont prometteurs.

their-finest.20170512101610.jpgTandis que la guerre mine Londres de ses bombardements incessants, le moral des troupes et des civils, le Gouvernement invite une société de production cinématographique à créer une fiction, au départ d'un fait réel, héroïque, pour rendre ardeur à une nation qui n'a ..guère de distractions et endure tant de privations.

On le sait, les salles de cinéma furent des puissants instruments de propagande, d'information et de désinformation. 

Surgit la ravissante Catrin Cole (Gemma Arterton), armée d'abnégation et d'une intuition hors du commun. Engagée comme secrétaire, elle révèle aussitôt ses talents de scénariste et de diplomate car il s'agit tant de respecter le cahier de charges des autorités que les velléités d'acteurs imbus de leur prestige (l'excellent Bill Nighy)

N'empêche, l'intrigue ne décolle pas et livre à nos regards  somnolents un scénario désuet, parfumé d'eau de rose légèrement périmée. 

Tel est mon sentiment

J'espère qu'il n'est pas trop partagé

Sans doute en ai-je raté le second degré, la subtilité.

A Elter

Their Finest, un film de Lone Scherfig (UK) actuellement en salles; durée : 117 min.  A voir en VO

 

23 mai 2017

A Anne Frank

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 Il est des dédicaces qui sont promesses, qui sont lettres

Ainsi s'adresse Frédérique Hébrard à  Anne Frank, le 7 juin 2007, jour de ses quatre-vingts ans.

 

7 juin 2007

7 heures 18 dans la maison qui dort encore ...

Aujourd'hui, j'ai quatre-vingts ans.
Quatre-vingts ans, ça fait biblique,
ça fait mythologique.
.. ça fait rire la petite jille
que je suis encore, la petite jille qui se souvient
d'une autre petite jille qui, elle, hélas,
n'a jamais eu de rides.

C'est à elle, à toutes ses espérances massacrées,
que je pense en ce jour d'anniversaire,
à elle qui fait partie des jèmmes de ma vie
que ma mémoire convoque ce matin .
..
Ces jèmmes à qui je vais tout raconter.

C'est à toi, petite sœur, que je dédie ce livre
au moment même où je décide de l'écrire un jour.

À toi, Anne Franck.

  

La pétillante actrice, scénariste, romancière accomplit, dix ans plus tard sa promesse.

Nous vous en proposerons chronique le 7 juin

 Elle était une fois, Frédérique Hébrard, souvenirs, Ed Flammarion, mars 2017, 382 pp

22 mai 2017

Envolée livresque

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Le parcours d'artistes Gette-Art 2017 fut l'occasion d'une belle rencontre, celle de l'artiste Evelyne Cuylits et d'un univers sculptural que je vous invite à découvrir: https://www.facebook.com/Evelyne.Cuylits.sculptures/ 

L'artiste exposait, ce week-end des 20 et 21 mai,  chez Monsieur et Madame Eric Lenoir

Un gros coup de coeur pour la gourmandise livresque de ce garçonnet

Il offre un merveilleux coup d'envoi au quatrième cycle de notre revue d'actualité littéraire

Merci Bonhommet

Apolline Elter

 

21 mai 2017

Le côté christique d'un (certain) messie nommé Emmanuel

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"Christique. Ses bras écartés, en croix, et la voix qui s’élève, jusqu’à dérailler. Les réseaux sociaux, les chansonniers le caricatureront à l’envi… en Leonardo DiCaprio à la proue du Titanic –pis, en ado en train de muer ou en chat qu’on écorche."

 Les Macron, Caroline Derrien et Candice Nedelec, essai, Ed. Fayard, mars 2017, 234 pp

 

 

20 mai 2017

Les Macron

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Il semble qu'on ait tout dit déjà - le vrai et son contraire - sur le couple hors normes, nouveau résident de l'Elysée.

 Vous connaissez mon professionnalisme - merci -  il fallait que je me fisse une opinion perso; et ce  côté "incorruptible", qui m'enjoint d'acquérir certains ouvrages de mes deniers,  pour garder pleine liberté... de penser.

Résultat: je suis entrée en sympathie avec le couple et particulièrement Brigitte Macron, as "Bibi" , une personne vraie, joyeuse, généreuse, .. amoureuse, maman de trois enfants, grand-mère de sept bambins. Il me semble que le célèbre palais présidentiel n'a plus connu un couple aussi fort, aussi soudé, depuis Claude et Georges Pompidou.  Féru, fiévreux de lettres, il saura imprimer une marque personnelle, fraîche et efficace sur le quinquennat entamé.

Tel est mon credo.

Pour l'heure penchons-nous sur ces éléments de portraits "vrais", teintés de bienveillance.

 "Elle, se présente, libre, franchement drôle, truffant ses phrases de termes anglais, dans ce monde si normé, où quelque statisticien en économie l’aurait déjà rangée côté seniors."

C'est de la Première dame qu'il s'agit.  Sexygénaire radieuse, Brigitte Macron enseignait le français et le latin à l'institut de la Providence d'Amiens, en ce début de la décennie '90 qui vit surgir dans la troupe de théâtre amateur qu'elle animait, un adolescent brillant, fougueux, "stratosphérique".... 

"La passion est insidieuse, le terrain glissant. Emmanuel et elle pressentent ce qui se joue, mais n’en disent rien."

Si elle tente d'apaiser la flamme du jeune homme - et la crise qui s'ensuit pour le couple qu'elle forme avec André-Louis Auzière -  et d'appuyer  son exil scolaire à Paris,  la quadragénaire ne résistera pas à cette passion, au pouvoir de conviction du jeune Macron.

Et les journalistes Caroline Derrien et Candice Nedelec d'illustrer le cursus académique d'un jeune homme hors normes, époustoufflant,  insensible au clivage de l'âge - il entretenait avec sa grand-mère maternelle une relation riche et constructive -   doté d'un optimisme forcené.

Un optimisme qui lui vaudra mariage, en 2007 avec l'élue de son coeur et l'accession, dix ans plus tard, à la fonction suprême de l'Etat, avec toutes les péripéties abondamment commentées par les media.

Un "réflexe de séduction automatique"

L'électron  n'a pas froid aux yeux,- bleus - ces yeux qu'il plante dans les vôtres  pour y enraciner une vérité, à laquelle il ne consent que de "légers arrangements".

Avec une totale liberté pour seul guide, Emmanuel Macron ne résiste pas à casser tous les codes. Tout est bon pour faire avancer un dossier. Il n’a d’ailleurs pas son pareil pour marcher sur les plates-bandes d’autres ministres et envoyer, in petto, à ceux qui s’en émeuvent, un provocateur « Je suis désolé ma poule ! » en pianotant, rigolard, sur son portable. Une aisance qui le fait aussi déraper, même s’il ne juge pas une seconde l’avoir fait…

En un mot, comme en cent, il est séduisant. Affiche une telle confiance en lui, qu'elle en est contagieuse.

Et rend rapidement caducs les commentaires désobligeants.

C'est une force

Une force qui va, dirait Victor Hugo, une force.. en marche.

Puisse-t-elle rayonner

Apolline Elter

Les Macron, Caroline Derrien et Candice Nedelec, essai, Ed. Fayard, mars 2017, 234 pp

  

19 mai 2017

Quatrième et dernière roue du cycle 2016-2017

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 Le Pavillon entame, en ce mi-mai, ami,  la quatrième et dernière  roue de ses cycles d'actualité littéraire

Avant de vous revenir, tout neuf, tout frais, pimpant,  à la rentrée.

Voici les ouvrages présentés au cours de nos conviviales tablées 

Romans

 -  Deux remords de Claude Monet, Michel Bernard

-  La lanterne des morts, Janine Boissard

- Le Bureau des Jardins et des Etangs, Didier Decoin

-  Silencieuse, Michèle Gazier

-  Reine des Lumières, Karin Hann

-  En son absence, Armel Job

-  Tous, Grégoire Polet

Le père prodigue, André Querton

-  Romain Gary s’en va-t-en guerre, Laurent Seksik

- Le dimanche des mères, Graham Swift

 

  1. Essais – biographies
  • Jean-Michel Frank, Le chercheur de silence, Laurence Benaim
  • 17, Bernard Chambaz
  • Vermeer : le jour et l’heure, Jacques Darriulat et Raphaël Enthoven
  • Robinson, Laurent Demoulin
  • Les Macron, Caroline Derrien et Candice Nedelec
  • Et si tu n’existais pas, Claire Gallois
  • Les mots de la fin, Catherine Guennec
  • Mobutu, Jean-Pierre Langellier
  • Elle, Edmonde, Jean-Noel Liaut
  • Une drôle d’histoire, Line Renaud
  • L'ordre du jour, Eric Vuillard
  • Un saint homme, Anne Wiazemski

  3. Beau- livre

  • Chez Dalida, Le temps d’aimer, Fabien Lecoeuvre, Ph Lorin (ill.)

 4.   Audiolivres

 -  Ma part de Gaulois, Magyd Cherfi,

- Et tu trouveras le trésor qui dort en toi, Laurent Gounelle

- Le dernier jour d’un condamné, Victor Hugo

- On regrettera plus tard, Agnès Ledig

- Les chemins noirs,  Sylvain Tesson

 5. Rétroliseur

  • Haussmann, GE, Préfet-Baron de la Seine, Nicolas Chaudun
  • La course à l’oubli, Ph Langénieux-Villard

 6. Idées-VD

  • Entre amis, Olivier Baroux

 Retrouvez-en les chroniques, billets de faveur, de ferveur sur le blog du Pavillon de la Littérature :

http://editionsdelermitage.skynetblogs.be

18 mai 2017

Les mots de la fin

3DMotsFinBD_small.pngCatherine Guennec aime les répertoires.

Au gré de lectures nombreuses et d'une curiosité insatiable, elle collectionne les histoires d'amour ( Le petit livre des grandes histoires d'amour), les mots doux ( Mon petit trognon potelé) , les  insultes (Espèce de savon à culotte), tous savoureux recueils répertoriés sur votre blog préféfé.

Aussi est-ce avec une joie sans... fin que nous avons lu, d'une traite - mais oui - les quelque deux cents adieux historiques, légendaires ou avérés , qu'ont prononcés des personnages célèbres, restitués, dans leur contexte d'émission, par ordre alphabétique des patronymes.

D'Honoré de Balzac qui aurait réclamé à son chevet le docteur Horace Bianchon,  acteur de sa Comédie humaine à Stefan Zweig, qui en sa lettre testamentaire révèle son impatience à en finir avec la vie, les sentences défilent, souvent sobres, factuelles  " Je ne me sens pas bien " ( Maria Callas), " C'est comme cela que l'on meurt " (Coco Chanel),  " Tout est bien " ( André Gide)  " C'est fait!" (Prince de LIgne) gourmandes " Il y a longtemps que je n'ai mangé avec tant de plaisir" (Denis Diderot) , "J'ai faim" (Philippe Pétain)   élégantes " Tu leur diras, toi, que j'ai eu une belle vie" (Charlotte Delbo)  , litotes " Ce n'est rien" ( d'Henri IV, poignardé)  quand elles ne sont simple soupir (Chopin, Stendhal) 

Une lecture instructive qui nous rappelle, finement, que toute existence connaît son terme.

Apolline Elter

Les mots de la fin, 200 adieux historiques, Catherine Guennec,  recueil, Ed de l'Opportun, avril 2017, 352 pp

17 mai 2017

17

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"Si on n'a pas attendu 2014 pour commémorer 14-18, j'ai vu arriver 17 sur le tard. Alors, il m'a paru que je n'avais pas le droit de laisser filer un anniversaire pareil, ce coup de cymbales sidérant. Oui, j'ai vu arriver 17 et 17 brillait d'une lumière étrange avec son étoile rouge toute déglinguée. Et jamais nous n'aurions cru qu'elle pût pâlir à ce point, ne plus émettre qu'une espèce de rayonnement fossile."

 Centenaire des révolutions russes de février et d'octobre, de l'exécution de Mata-Hari, 2017 rend hommage, par la plume virevoltante de Bernard Chambaz, à 17..+2 personnages historiques, célèbres ou inconnus au régiment.

D'Alexandre Kerenski, porteur des espoirs de la Révolution  russe de février à Suzy Delair, qui, née un 31 décembre, "devra patienter tout 17 pour devenir centenaire.", l'écrivain nous emmène d'un pas alerte et de chapitres courts, à travers une galerie de portraits saisis dans leur rapport avec le nombre premier.

Bicentenaire de la mort de Jane Austen, de Germaine de Staël, 2017 célèbre aussi celui de la naissance de Pierre Larousse et le harassant et ruineux travail qui l'a conduit à nous léguer son Dictionnaire universel . Jean Le Rond, dit d'Alembert - ami, un temps de Denis Diderot - naissait voici tout juste trois cents ans, tandis qu'un siècle plus tôt mourait Pocahontas.  Dieu ait son âme.

Le tricentenaire du décès d'Anna Maria Sibylla Merian ne devra pas non plus échapper à votre attention, non plus que le souvenir de son glorieux essai scientifique, relatif à la Métamorphose des insectes du Surinam.

Le survol est brillant, la plume, maîtrisée, qui donne à cet essai une allure bien engageante

Nous avons élu 17 mai pour vous le recommander

Apolline Elter

17, Bernard Chambaz, Ed. Seuil, mars 2017, 144 pp

16 mai 2017

Camille et Lucile

3DMotsFinBD_small.pngGlanée en cet ouvrage sympathique dont je vous fais chronique, jeudi 18 mai, voici l'extrait d'une lettre que Camille  Desmoulins adresse à son épouse Lucile, depuis  la prison du Luxembourg, juste avant son passage à l'échafaud , le 5 avril 1794

 "Mes bras entrelacés te serrent, mes mains liées t'embrassent, et ma tête séparée repose
encore sur toi ses yeux mourants. Je vais mourir.
»

Lucile est exécutée, une semaine plus tard;  le couple laisse un orphelin, Horace

Les mots de la fin, 200 adieux historiques, Catherine Guennec,  recueil, Ed de l'Opportun, avril 2017, 352 pp

15 mai 2017

A tout hasard

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" Je crains bien qu'un pied dans la tombe, et même les deux, il me reste encore beaucoup de "choses à faire". Qu'on veuille bien laisser la liste à portée de ma main. A tout hasard."

 

Une drôle d'histoire, Line Renaud, récit écrit avec Bernard Stora, Ed. Robert Laffont, janvier 2017, 250 pp

14 mai 2017

La part de .. ma mère

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 En ce jour qui célèbre la fête des mères, en Belgique, j'ai retranscrit à la volée et à votre attention spéciale, ce très beau portrait, signé Magyd Cherfi:

  

(…) C’en était trop. Mais comment faire face à cette femme sans âge, sans sexe et sans mémoire, qui voulait tout reconstruire à travers moi comme un premier jour du monde. Elle n’avait pas été, il lui fallait être et c’est moi qui devais couper le cordon, lui donner vie, la faire renaître. Comment faire face à cette femme qui avait vendu le paradis pour un diplôme. Tout le monde ne le fait pas. Tous ses bijoux fondus chez le bijoutier pour m’assurer des cours particuliers de maths, des cours d’anglais, de français,  sans compter le budget cacahuètes et menthe et thé pour accueillir le beau monde (…) Dans ma cité, fallait le faire, sacrifier l’allocation familiale et le reste de la  fratrie en assumant l’inégal traitement. Il fallait du courage pour annoncer : « Je ne peux pas le faire pour tous, alors, je mise sur un seul. Elle disait aussi : « il ne suffit pas d’avoir une mère, il faut qu’elle soit sa mère. »   

 

Ma part de Gaulois,  Magyd Cherfi, récit,Ed. Acte Sud, août 2016, 272 pp. Audilolib, avril 2017, texte intégral lu par Magyd Cherfi, durée : 6h 14 minutes

 

13 mai 2017

Ma part de Gaulois

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 La lecture par Magyd Cherfi himself de ce récit autobiographique est un vrai événement de l'actualité littéraire. L'audiolivre figure,  à bien juste titre,  dans la sélection du Prix Audiolib 2017.

" Ne promettez jamais à vos parents d'être leur avenir."

Né en 1962, à Toulouse, au sein d'une famille d'origine algérienne,  Magyd se voit investi d'une puissante, oppressante ambition maternelle. Sa mère, en effet,  se saigne, se dévoue,  fait fondre ses bijoux, sacrifie quelque peu le reste de la fratrie afin que Magyd obtienne le bac,  en 1980. Pareille pression n'est pas facile à vivre, d'autant que la confrontation avec son entourage rend sa position d'"intello" passablement inconfortable.

Quête d'identité, clivage des cultures algérienne et française, le récit du chanteur du groupe Zebda est riche, coloré, pétri d'humour et d'autodérision, passant sans vergogne de la langue de Voltaire, au parler beur, cru, savoureux, truffé d'argot de la meilleure facture.

Un récit qui lui a valu quelques ennuis de la part de protagonistes peu ravis de se voir peindre ainsi.

Teinté d'un accent toulousain "beuré", le récit restitue de façon vivante, saisissante,  la violence verbale de la confrontation, l'inconfort vital, existentiel de l'appartenance hybride.

Un récit haut en couleurs, que je vous recommande.

Apolline Elter

Ma part de Gaulois,  Magyd Cherfi, récit,Ed. Acte Sud, août 2016, 272 pp. Audilolib, avril 2017, texte intégral lu par Magyd Cherfi, durée : 6h 14 minutes

 

12 mai 2017

A vos lunettes, pour la rentrée...

La rentrée se profile, chers visiteurs

A grands pas, milliers de pages

Aussi me fais-je un plaisir de relayer l'invitation bien sympathique que vous adresse la maison d'édition Iconoclaste.

Une façon, chers visiteurs, de devenir un peu acteurs du monde littéraire...

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11 mai 2017

La lanterne des morts

 

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 " Je décide d'oublier, tout en sachant que je n'y parviendrai pas"

 Tandis qu'Adèle  Mercoeur fête ses sept ans, ce vendredi 16 août, elle assiste au décès de sa Maman. Inopiné. Inquiétant.

Elle l'ignore encore, sa cellule familiale, ainsi fissurée,  va lentement s'intoxiquer du poison de la méfiance, de l'alerte à la vigilance. En point de mire, le portrait haut en couleurs et contrastes de Lila, sa soeur,  belle et fantasque, au tempérament bipolaire.

Promenade gourmande dans le Périgord noir,  l'exploitation truffière  des Mercoeur et celle, viticole, du domaine Saint-Sernin, leur voisin, le nouveau roman de Janine Boissard prend rapidement l'allure d'un thriller, appelant de concert, protagonistes et lecteurs, à une vigilance de chaque instant.

Il constitue à la fois une observation sociologique - comme l'écrivain les aime- , une radioscopie des liens de fratrie et une approche psychologique  de la bipolarité.

La plume est alerte, efficace,  le rythme, soutenu.

Apolline Elter

La lanterne des morts,  Janine Boissard, roman, Ed. Fayard, mars 2017, 352 pp

10 mai 2017

Et tu trouveras le trésor qui dort en toi

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Conseillère en communication, Alice retrouve Jérémie, son ami d'enfance, qui fut un temps amoureux d'elle.  Depuis, il  est entré dans les ordres. 

Les sermons de Jérémie résonnent dans le (presque) vide d'une église cruellement privée de pratiquants. Le jeune prêtre ne semble guère épanoui. 

Bien que non croyante, Alice tente alors de l'aider à drainer de nouveaux fidèles, adaptant, pour ce faire, sa propre pratique professionnelle aux usages des fidèles,  astreignant son esprit à une lecture intensive des paroles d'Evangile . Les résultats sont surprenants qui invitent Alice à une quête spirituelle imprévue.

"L'ego est à l'inconscient ce que le dentifrice est au tube: quand on l'a fait sortir, essayez donc de l'y faire rentrer à nouveau."

Epris de différents courants de pensée,    Laurent Gounelle établit, une nouvelle fois, des liens syncrétiques de spiritualité, sous la forme bien ficelée d'un roman à rebondissements, d'une observation psycho-sociologique rondement menée.

Une écoute audiolivresque plaisante.

A Elter

 

Et tu trouveras le trésor qui dort en toi, Laurent Gounelle, roman,  Ed Kero, 2016, texte intégral lu par Ingrid Donnadieu, Ed. Audiolib, 2017, durée: 6h 46 min.

09 mai 2017

Lettre ouverte à ma main gauche

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Pianiste amateur, Catherine David se voit soudain, lâchée, trahie par sa main gauche.

" Je n'avais jamais eu à me plaindre de toi jusqu'à cette étrange alerte"

S'adressant à ce membre,  par à coups défaillant, la romancière, essayiste, critique littéraire entame une longue et belle réflexion sur les effets de la musique - sensuels, thérapeutiques, et autres,- son éternité, la pérennité de chefs d'oeuvre du répertoire classique, les bienfaits de leur pratique. Partant, elle  invite mélomanes et simples lecteurs à une approche sensible et éclairée de cette "médecine de l'âme" qui jaillit des touches du clavier.

"Il y a ce moment de bascule où la musique fuse, s’embrase et roule ses  galets, quand le toucher, la vue et l’ouïe se retrouvent solidaires, entrelacés, indiscernables. Une musique étonnante sourd alors de nos doigts comme une liqueur impalpable, une musique qui nous veut du bien, une thérapeutique antimorosité qui remplace les petites pilules du soir. À consommer sans modération, car il n’y a aucun risque d’effets secondaires dans cette médecine de l’âme. Seul un certain niveau d’addiction à la drogue appelée musique est à redouter."

Lettre ouverte à ma main gauche et autres essais sur la musique, Catherine David, essai, Ed. Acte Sud, février 2017, 316 pp

08 mai 2017

Marchons, Macron - L'hymne à la joie a résonné

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Avec un patronyme moulé pour la Marseillaise et un prénom de Messie - mais si - Emmanuel Macron incarne ce dynamisme bienveillant auquel nous voulons tous croire.

Il aime l'Europe.

Qu'il en soit loué.

Puisse sa marche éviter les chausse-trappes dont la vie politique est jonchée.

Nous voulons y croire

Apolline, Les pensées marchées du lundi

07 mai 2017

Le dernier jour d'un condamné

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"Condamné à mort ! dit la foule ; et, tandis qu'on m'emmenait, tout ce peuple se rua sur mes pas avec le fracas d'un édifice qui se démolit. Moi, je marchais, ivre et stupéfait. Une révolution venait de se faire en moi. Jusqu'à l'arrêt de mort, je m'étais senti respirer, palpiter, vivre dans le même milieu que les autres hommes ; maintenant je distinguais clairement comme une clôture entre le monde et moi. Rien ne m'apparaissait plus sous le même aspect qu'auparavant. Ces larges fenêtres lumineuses, ce beau soleil, ce ciel pur, cette jolie fleur, tout cela était blanc et pâle, de la couleur d'un linceul. Ces hommes, ces femmes, ces enfants qui se pressaient sur mon passage, je leur trouvais des airs de fantômes. "

 

Le dernier jour d'un condamné, Victor Hugo, récit, 1829, texte intégral lu par Bernard Métraux, Ed Gallimard/ Ecoutez lire,  mars 2017, durée d'écoute: 3h15minutes

 

06 mai 2017

Le dernier jour d'un condamné

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Victor Hugo est à la littérature, ce que De Gaulle est à la France affirmait.. je ne sais qui; après tout c'est peut-être moi. C'est peut-être aussi, le climat électoral qui me poursuit jusque dans mes lectures les plus classiques...

Si le texte hugolien reste actuel, singulièrement vivant et surtout émouvant, n'y voyez  aucun rapport avec le week-end qui condamnera l'un des candidats à  gouverner l'énorme paquebot appelé France et l'autre, à s'effacer.. enfin,  plus ou moins.

Publié en 1829,  le texte revêt la forme d'un journal intime, celui d'un condamné, qui attend le prononcé de sa sentence et son passage sous le tranchant de la lame. Aucun détail n'est épargné, de ses espoirs, angoisses, réactions maladroites ou cyniques de sa garde rapprochée, de l'affreuse banalisation de son exécution.

Le débat ne porte ni sur le crime commis par le condamné, ni sur les circonstances de son jugement. Il condamne seulement la barbarie de l'application de la peine de mort. Partant, il n'en revêt que plus de force.

Portée par la voix de Bernard Métraux, cette lecture -sublime - saisit d'empathie et de compassion l'auditeur.

Un monument de la littérature.

Je vous en conseille vivement l'écoute (ou la lecture)

Apolline Elter

Le dernier jour d'un condamné, Victor Hugo, récit, 1829, texte intégral lu par Bernard Métraux, Ed Gallimard/ Ecoutez lire,  mars 2017, durée d'écoute: 3h15minutes

 

05 mai 2017

Quatrième de couverture (2/2)

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 © Franquin

Tandis que mai ename ses beaux jours, je vous présente, extraits des sites des éditeurs, les arguments d'ouvrages passés entre mes mains, à défaut de mes yeux..

 

AAA.jpg Qui sont les maîtres du monde ? Ce pourrait être ces vieillards qui jouent à la scopa dans l’arrière-salle d’un café de Trieste, là même où Joyce, Svevo et Saba ont inventé la littérature du XXe siècle. Aussi cultivés que mythomanes, ils ont accueilli dans leur groupe Elio qui a débarqué un jour de la gare centrale en provenance de Zurich dans l’oubli de tout ce qu’il était. Et si par une curieuse thérapie il recouvre peu à peu son identité c’est pour découvrir qu’elle est placée sous le signe de la vengeance la plus redoutable.
Des découvertes scientifiques aux méandres de la psyché, du mythe de l’enfance à celui de l’amour fou, des dérives du capitalisme au rêve millénaire de la maîtrise du monde, le XXe siècle a été un creuset diabolique. À Trieste, lieu de brassage de toutes les cultures, en ce dernier jour de 1999, Elio est à la fois le magicien et la victime d’une machinerie planétaire aussi puissante que vertigineuse.

Après Chroniques des quatre saisons (1998) et Les trois saisons de la rage (2010) qui a reçu le Prix des libraires et le Prix Historia, Victor Cohen Hadria poursuit avec Les maîtres du monde une œuvre insolite et inclassable.

 Maîtres du monde, Victor Cohen Hadria, roman, Ed Albin Michel, janvier 2017, 358 pp
 
 AAA.jpegÀ 17 ans, Lionella, d’origine italienne, ne vit que pour le violoncelle, ce qui la distingue des autres adolescents de Seraing, la ville où elle habite en Belgique. Elle peine toutefois à trouver le morceau qui la démarquerait au prochain grand concours Arpèges. Jusqu’au jour où son meilleur ami lui apporte un coffret en métal, déniché dans une brocante. Lionella y découvre un journal intime, une médaille coupée et... une partition pour violoncelle qui ressemble étrangement à une sonate de Vivaldi. Elle plonge alors dans le destin d’Ada, jeune orpheline du XVIIIe siècle, pensionnaire de l’Ospedale della Pietà, à Venise, dans lequel "le prêtre roux", Antonio Vivaldi, enseignait la musique à des âmes dévouées.

Entremêlant les époques avec brio, ce premier roman vibrant nous fait voyager à travers la Sérénissime, rencontrer l’un des plus grands compositeurs de musique baroque, et rend un hommage poignant à ces orphelines musiciennes, virtuoses et très réputées au XVIIIe siècle, enfermées pour toujours dans l’anonymat.

  La sonate oubliée, Christiana Moreau, roman, Ed. Préludes, janvier 2017, 256 pp
 

AAA.jpegSept femmes autour d'une table bien garnie célèbrent la « Journée des femmes ». Parmi elles, Lyane, la narratrice, seule Française dans le groupe...

Nous sommes à Tachkent, capitale de l'Ouzbékistan (ancienne Tartarie, comme on désignait autrefois cette Asie centrale lointaine et mystérieuse), le 8 mars 2014.

Sous forme d'interviews et de récits croisés ou emboîtés, un peu à la manière des Contes des Mille et une nuits, Lyane Guillaume nous entraîne dans une fresque multicolore à la suite de ces femmes d'aujourd'hui ou d'hier, anonymes ou célèbres, humbles ou puissantes, qui ont marqué et continuent de marquer l'Ouzbékistan de leur empreinte. Des harems de la Route de la Soie (Samarcande, Boukhara) aux business women actuelles, de Bibi, épouse du redoutable Tamerlan, à Rano, mariée contre son gré à son cousin, en passant par Tamara Khanoum, première danseuse ouzbèke à se produire sur scène, ou encore Sayora, médecin de campagne sur les rives de la mer d'Aral, à la recherche de son fils radicalisé, c'est toute la réalité riche et complexe de l'Ouzbékistan – terre d'Islam mais aussi ex-république soviétique – qui se révèle à travers ces voix féminines.

Tour à tour épique, bouleversant, drôle, coloré, pimenté, en tout cas savoureux comme la cuisine ouzbèke, ce récit à sept voix sur les femmes d'Ouzbékistan est à la fois un livre d'histoires et un livre d'Histoire.

Mille et un jours en Tartarie, Lyane Guillaume, récit, Ed. Rocher, février 2017, 416 pp

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 « Histoire d’une enfance dans la banlieue parisienne des années 50, pas si éloignée des réalités d’aujourd’hui avec sa quête d’amour et de rêveries et toutes les questions autour d’un monde en marche. 
Un enfant n’écrit pas de roman et l’adulte que devient cet enfant ne peut que conter son énigme, abouter les vues, les séquences et les bribes du fond remuant de sa légende. » Michèle Cointe

Tissé d’images intactes et d’ombres du passé que l’écriture fait remonter à la mémoire, le récit de Michèle Cointe, où l’enquête, illustrée d’une collection de photos, prend la forme d’une exploration poétique, est avant tout le retour au monde de « l’enfantin » dans ce qu’il a d’unique.
 
La mémoire encerclée, Michèle Cointe, récit, Ed Albin Michel, avril 2017, 256 pp
 
 
 
 
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Cette année, les quatre enfants de Rosaleen Madigan retournent fêter Noël en Irlande, dans la maison de leur enfance. Ce sera la dernière fois. Leur mère, veuve depuis quelques années, a décidé de la vendre.
Constance, l’aînée, arrive avec les courses et toute sa famille. Dan rentre de Toronto, sans son copain Ludo, dont il vient pourtant d’accepter la demande en mariage. Leur cadet, Emmet, qui coordonne des opérations humanitaires, traîne un chagrin d’amour. Et la benjamine, Hanna, actrice à la capitale, apporte ses doutes et ses joies face à sa maternité toute récente.
Anne Enright examine cette réunion familiale et le passé de la fratrie avec une formidable acuité psychologique et son franc-parler réjouissant. Elle insuffle dans son roman une profonde empathie pour ces êtres qui négocient chacun un tournant délicat de la vie.

L'herbe maudite, Anne Enright, roman traduit de l'anglais (Irlande) par Isabelle Reinharez, Ed Actes Sud, mars 2017, 304 pp
 
 
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Rome, 1936. Alice Clifford, la correspondante du New York Herald Tribune, assiste au triomphe de Mussolini après sa conquête de l’Abyssinie. Sa liaison avec Don Umberto Ludovici, un diplomate proche du pouvoir fasciste, marié et père de famille, ne l’aveugle pas. Son goût pour la liberté l’empêche de succomber aux sirènes des dictatures.
La guerre menace, les masques vont tomber. Alice découvre les conspirations qui bruissent dans les couloirs feutrés du Vatican et les rues ensanglantées de Berlin. Son attirance pour un journaliste allemand au passé trouble révèle les fêlures de son passé. Si l’aventurière ne renie jamais ses convictions de femme moderne, toute liberté a un prix. Jusqu’où ira-t-elle pour demeurer fidèle à elle-même ?
 
Des palais de Rome à la corniche d’Alexandrie, des montagnes d’Éthiopie aux plaines de Castille, une Américaine intrépide et passionnée témoigne d’un monde qui court à sa perte. Theresa Révay nous offre l’inoubliable portrait d’une femme pour qui la vie ne brûle et ne danse qu’un instant. 
 
La vie ne danse qu'un instant, Theresa Revay, roman, Ed. Albin Michel, avril 2017, 512 pp
 
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Quand les destins de Cristian et de Domenico croisent celui de Maddalena, toutes les certitudes s’évaporent, toutes les valeurs se perdent, pour donner naissance à une passion lourde de non-dits et de jalousie, coups de théâtre, trahisons et réconciliations.

Car Cristian Chironi et Domenico Guiso ont grandi comme deux frères : ils partagent tout, la famille, l’école, le travail. Ce sont les années 80, les années de la modernisation de la Sardaigne, mais aussi du terrorisme, une période de violence politique et de spéculation immobilière, de culte de l’individualisme et du profit roi. La famille Chironi est à l’apogée de son ascension sociale, ce qui n’empêche pas le sort de continuer à s’acharner contre elle.

Si Cristian et Maddalena semblent faits l’un pour l’autre, c’est à Domenico que cette dernière, enceinte, est promise. Cristian a-t-il encore sa place à Nuoro ? Sa compromission dans une sombre histoire de trafic d’armes semble indiquer le contraire. Est-ce un piège tendu par les Guiso, père ou fils, pour des raisons économiques ou par vengeance ? On le croit mort, on le retrouve en Lettonie…Quoi qu’il en soit, le fils de Maddalena semble porter en lui la « génétique sans pareil » des Chironi.

Né en 1961 en Sardaigne, Marcello Fois vit aujourd’hui à Bologne. Ses romans sont traduits dans de nombreuses langues et ont obtenu plusieurs prix italiens et internationaux.

 La lumière parfaite, Marcello Fois,roman traduit de l'italien par Jean-Paul Manganaro, Ed Seuil, mars 2017, 382 pp

AAA.jpegAvec un art de la construction vertigineux qui mêle les lieux, les époques et les voix, Maggie O'Farrell donne vie à une galerie de personnages complexes et livre la bouleversante radiographie d'un mariage, des forces qui le soudent aux pressions qui le menacent. Encensé par une presse unanime, un roman puissant, à la fois drôle et poignant.
Une maison à des kilomètres de tout.
Autour, rien que l'herbe verte, les trembles aux feuilles chargées de pluie et le ciel changeant du Donegal. Ce refuge, Daniel Sullivan s'apprête à le quitter le temps d'une semaine pour se rendre aux États-Unis, son pays d'origine. C'est l'anniversaire de son père, qu'il n'a pas vu depuis des années.
Dans la voiture qui le conduit à l'aéroport, une voix retentit à la radio : celle d'une femme dont il est sans nouvelles depuis vingt ans, son premier amour.
Les souvenirs se déversent. Replonger dans le passé, comprendre ce qui le pousse à abandonner ceux qu'il aime, Daniel ne pense plus qu'à ça.

Mais il y a son épouse Claudette, star de cinéma fantasque, passionnée, qui a choisi d'organiser sa propre disparition pour échapper au monde. Comment lui révéler l'homme qu'il est véritablement ? Que peut-il encore promettre, lui qui n'a jamais su que fuir ?

Assez de bleu dans le ciel, Maggie O'Farrell, roman traduit de l'anglais (Irlande) par Sarah Tardy, Ed. Belfond, avril 2017, 504 pp

 De la même plume:

 

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Servi par une prose limpide et incisive, Quand tu es parti explore la complexité des liens familiaux et affectifs, les terreurs qui vont de pair avec l'amour, mais aussi la déception, le deuil, et les effets pervers du mensonge. Premier roman de Maggie O'Farrell, paru en 2000, une oeuvre lumineuse et sensible, à redécouvrir.
Nul ne sait ce qu'a vu Alice, ce matin-là, en arrivant à la gare d'Édimbourg, et qui l'a bouleversée au point de repartir immédiatement pour Londres. Au point, quelques heures plus tard, de vouloir mourir.
Tombée dans un profond coma, au gré des flottements de sa conscience, la jeune femme se souvient : de l'amour fou avec John, un journaliste, fils d'un juif intégriste qui l'a renié ; de l'étrange enfant, puis de l'adolescente fragile et rebelle qu'elle a été ; de l'affection d'Elspeth, sa grand-mère, et des heurts avec sa mère, Ann, beauté froide et énigmatique.
Et, tandis que la famille guette le moindre signe d'espoir, Ann est elle aussi rattrapée par le passé. La genèse de ce drame affleure...

 Quand tu es parti, Maggie O' Farrel, roman traduit de l'anglais (Irlande) par Marianne Véron Ed. Belfond, avril 2017, 376 pp

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Le corps de Marco Morello, fils d’un caïd de la ’Ndrangheta, vient d’être découvert « ligoté comme un capocollo, la tête en bas » dans une fosse, en plein maquis. En clair, saucissonné avec du fil de fer et pendu par les pieds : que signifie cette mise en scène troublante ? Tout désigne une vendetta entre familles rivales. Et personne ne voulant perdre de temps avec ces gens-là, on confie l’enquête au « petit juge » Alberto Lenzi, sa réputation de flemmard le destinant aux cas sans intérêt ni relief. Or malgré les apparences, Lenzi est consciencieux, intuitif et têtu. Peu convaincu par la piste mafieuse, il s’adresse à don Mico Rota, le vieux « parrain » roublard qui règne sur la région et sait tout sur tout. Conforté dans son hypothèse, Lenzi n’est cependant pas plus avancé. Et moins encore lorsqu’un deuxième meurtre change la donne : celui d'un flic, soupçonné de longue date de corruption et de collusion avec le crime organisé. La ’Ndrangheta serait-elle dans le coup, finalement ?

Né à Santa Cristina d’Aspromonte en 1950, Mimmo Gangemi est ingénieur. Il a commencé à écrire sous l’impulsion de son ami Giancarlo De Cataldo. Il vit à Palmi, dans la province de Reggio Calabria, et collabore à La Stampa. La critique italienne l’a surnommé « le Sciascia de l’Aspromonte. »

 La Vérité du petit juge, Mimmo Gangemi, roman traduit de l’italien par Christophe Mileschi, Ed Seuil, avril 2017, 286 pp

 

04 mai 2017

Haussmann

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"Contrairement à ce qu 'Haussmann laissa entendre par la suite, Napoléon III ne lui confia pas tout d'un coup, comme sous l'effet d'une illumination, la conduite de la mission la plus personnelle qu'il se soit jamais assignée. Il comptait pour cela s'entourer d'une commission chargée de mettre en forme, d'évaluer et de planifier systématiquement -les projets qu'il caressait pour sa capitale. Les Mémoires en font état, succinctement-, ainsi que de la contrariété que ressentit leur auteur à ce sujet: "L'Empereur avait jugé bon de constituer une commission, composée de divers personnages qu'il me désigna (<< commission officieuse », dont le préfet de la Seine faisait partie de droit), pour étudier, avec lui, chacun de ces projets et arrêter le plan du réseau général de toutes les nouvelles voies publiques à ouvrir successivement dans Paris.(...) "

Conscient du "clair-obscur" qui subsiste mordicus autour des personne et oeuvre du célèbre préfet de la Seine, du côté idéalisé, bien approximatif, de ses propres Mémoires, Nicolas Chaudun entend leur restituer vérité, évaluer la part exacte de l'action d'Haussmann dans la transformation radicale de Paris,  entamée sous le Second Empire. La tâche est colossale; elle est sensible tant l'oeuvre d'urbanisme et d'édification d'immeubles, créations de parc, d'un réseau d'égoûts, ....fonde l'identité de la Ville Lumière, exécution d'une vision d'ensemble et de travaux pharaoniques impulsés par l'empereur Napoléon III.

 Un essai de haute facture, qui soutient, à l'évidence, la visite de l'exposition, au Pavillon .. de l'Arsenal, évoquée, ce lundi 1er mai (voir billet), conclu d'une précieuse chronologie et d'un index des personnages cités.

Nous laissons à l'auteur le mot de la fin :

"Bourgeois ordinaire, fonctionnaire exemplaire, exemplaire de la carrière comme de la lente émergence d'une technocratie, Haussmann est le pur produit de son temps. Il en incarne à la fois les conquêtes et les rigidités. Rallié à la monarchie de Juillet, il se fait l'adepte d'un matérialisme libéral, fondé sur la communication et les échanges, et qui seul, selon lui, peut guérir le royaume de ses tentations réactionnaires. Le triomphe de l'argent contre la race, du progrès contre la pérennité, de la science contre la conscience, Haussmann l'assume donc, et crânement, mais dans les limites que lui fixent bientôt des réflexes de classe."

 Haussmann, Georges Eugène, Préfet-baron de la Seine, Nicolas Chaudun, essai, Ed. des Syrtes, 2000 (1re publication), Actes Sud 2009, Babel, 2013, 366 pp

03 mai 2017

Chez Dalida - Le temps d'aimer

004585378.jpgOn se rappelle sa chevelure, flamboyante, son regard, doté d'un subtil strabisme-  magnétique- ses Paroles, paroles, aux "r" roulés, en duo avec Alain Delon, .. Bambino  et compagnie, ...  et la façon brusque dont Dalida quitte la vie, le 3 mai 1987, lestée d'une importante dose de barbituriques.

L'hommage que lui  rendent Fabien Lecoeuvre et Philippe Lorin ( merveilleuses illustrations et portraits) , à l'occasion de ce poignant  trentenaire, nous permet de remonter le cours de la vie Yolanda Gigliotti, depuis sa naissance, près du Caire, le 17 janvier 1933, son élection au titre de "Miss Egypte", en 1954, sa montée à Paris, ses premiers amours, amants, succès, qui la mènent de l'Olympia aux galas en USA jusqu'à ses deux tentatives de suicide, en 1967 et 1987

"Faussement forte", la diva a-t-elle succombé à ses doutes, angoisses existentielles, à la peur de se voir vieillir, celle de la solitude, au suicide de trois de ses anciens compagnons,  à l'impossibilité d'avoir pu enfanter, après un avortement? 

Une chose est sûre, le public n'oublie pas, qui l'entend encore déclarer, de son timbre velouté: " Pour moi, le public a le visage de l'amour" 

Apolline Elter

Chez Dalida- Le temps d'aimer, Fabien Lecoeuvre, Philippe Lorin (illustrations), beau livre, Ed. du Rocher, janvier 2017,  120 pp

02 mai 2017

Ce n'est pas La Pen

Lettre ouverte à nos amis français, 

 

France et Français, les Belges vous aiment.

Partant, nous avons oreilles et yeux rivés sur votre actualité politique

Une femme présidente, c'eût été tentant 

Mais à ce prix, ce n'est pas la peine

Marine Le Pen aime la France, peut-être; les Français, j'en suis moins certaine

 

 

Mardites-moi, chère France

01 mai 2017

Haussmann au Pavillon.... de l'Arsenal

 

Il ne seraagenda.jpg pas dit que mai se profile mois chômé

Non mais...

Preuve en est qu'en place de mes traditionnelles blondes pensées, je vous propose rendez-vous d'agenda,  à savoir l'exposition consacrée à Georges Eugène Haussmann( 1809-1891), célèbre préfet de la Seine ( de 1853 à 1870) champion en percées de tracés, concepteur des grandes artères à travers lesquelles bat le coeur de Paris et de l'édification d'immeubles de rapport et pierre noble - issue des carrières de l'Oise .

Mai..oui!

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 Photos, plans, conférences, jeux de rôles pour enfants, concours pour étudiants, ...animent cette manifestation plurielle  de toute haute facture documentaire réalisée avec le soutien du groupe Schneider Electric  et le commissariat scientifique de Benoît Jallon et Umberto Napolitano (LAN) et Franck Boutté (FBC)

Renseignements pratiques: 

Pavillon de l' Arsenal - 21 Bd Morland - Paris IV

Du 31 janvier au 4 juin

Du mardi au dimanche, de 11 h à 19 h

Entrée libre

 

 

 

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30 avril 2017

En son absence

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"Devant le chagrin, tout le monde s'incline. Le chagrin exalte, il transforme en saints ceux qui souffrent. Mais le chagrin est pervers. Il fait de nous des égoïstes qui n'ont même pas honte de l'être,puisque c'est en son nom qu'on nous isole sur un piédestal, offert à la vénération." 

 En son absence, Armel Job, roman, Ed. Robert Laffont, mars 2017, 312 pp

 

29 avril 2017

En son absence

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Au coeur de Montange, un village ardennais, comme l'écrivain les affectionne, disparaît Bénédicte, une adolescente de quinze ans,  paisible, sans histoire. 

Plutôt, elle s'évapore

Nous sommes mi- mars 2005. Le  spectre de l'affaire Dutroux qui meurtrissait la Belgique, dix ans auparavant, enflamme aussitôt les consciences et l'interprétation des coïncidences. L'aiguillage des soupçons ravive, en effet, bien des rancoeurs, mesquineries, secrets enfouis.

Armel Job excelle et se complaît dans l'observation des âmes en demi-teintes. D'une longue scène d'exposition, il place les pions et entraîne le lecteurs dans les méandres d'un thriller rondement mené.  L'écriture est nette, précise, alerte,  en un mot addictive.

"Sans doute l'amour des coeurs purs est-il insupportable. Que deviendrions-nous si nous nous laissions aimer par eux? "

 En son absence, Armel Job, roman, Ed. Robert Laffont, mars 2017, 312 pp

28 avril 2017

Quatrième de couverture (1/2)

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 © Franquin

Tandis qu'avril clôt bien frileuse carrière, je vous présente, extraits des sites des éditeurs, les arguments d'ouvrages passés entre mes mains, à défaut de mes yeux..

 

 Hommage au célèbre Prince

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Encore adolescente, Fanny Capel est « tombée fan » du chanteur Prince, comme on tombe en amour, jusqu’à entraîner deux copines avec elle à Minneapolis pour lui parler… dix minutes ! Elle rapporte les souvenirs excitants et délirants vécus par elle ou d’autres groupies de la star. Un témoignage éclairant sur la condition de fan. À paraître un an après la mort de Prince.

Fragments d'un discours de fan, Fanny Capel, chroniques, Ed. Rouergue, mars 2017, 160 pp
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Mathilde pensait avoir rencontré l’homme de sa vie, Gaspard, un homme savoureux, presque parfait. Mais son premier amour, Guillaume, réapparaît la nuit, en songe… Il était parti si loin, depuis si longtemps, et Mathilde n’a jamais pu se résigner à son absence. Au cœur de cet étrange ménage à trois, entre rêve et réalité, Mathilde se cherche : où est sa vie ? Dans le regret d’un amour défunt ou dans le présent qui lui tend les bras ? Un premier roman poignant où Cathy Galliègue explore avec subtilité l’inconscient de nos sentiments, de nos désirs, de nos âmes en peine. Jusqu’aux frontières de la folie.

La nuit, je mens, Cathy Galliègue, roman, Ed. Albin Michel, avril 2017, 220pp

 

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Dans un recoin des archives secrètes de la bibliothèque vaticane, Nick Tosches découvre un codex vieux de deux mille ans qui relate les mémoires d’un aristocrate romain : Gaius Fulvius Falconius.

Orateur de talent chargé d’écrire les discours de l’empereur Tibère, il tombe un jour en disgrâce et doit s’exiler en Judée. Il y fait la connaissance d’un jeune vagabond juif sans foi ni loi, obsédé par l’argent et le sexe, qui le fascine littéralement. Lui vient alors une idée : faire passer ce jeune homme au charisme indéniable pour le Messie tant attendu…

Jésus de Nazareth revu et corrigé par l’auteur du Roi des Juifs : il fallait l’irrévérence et l’érudition de l’un des derniers hors-la-loi de la littérature américaine pour s’emparer d’un tel sujet. Se moquant de la religiosité et la morale, Nick Tosches dérange, choque, bouscule, et confirme une fois de plus sa virtuosité.

Sous Tibère, Nick Tosches, roman traduit de l'américain par Héloïse Esquié, Ed Albin Michel, avril 207, 368 pp

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 Au milieu des années 1950, Bernie Gunther est l’estimé concierge du Grand-Hôtel de Saint-Jean-Cap-Ferrat, sous une identité d’emprunt qui le met à l’abri des représailles et des poursuites (il figure sur les listes de criminels nazis recherchés). Mais son ancienne activité de détective et son pays lui manquent. Pour tromper son ennui, il joue au bridge avec un couple d’Anglais et le directeur italien du casino de Nice. Introduit à la Villa Mauresque où réside Somerset Maugham, l’auteur le plus célèbre de son temps, il trouve enfin l’occasion d’éprouver quelques frissons : Maugham, victime d’un maître chanteur qui détient des photos compromettantes où il figure en compagnie d’Anthony Blunt et de Guy Burgess, deux des traîtres de la bande de Cambridge, a besoin d’un coup de main... Très vite, la situation se corse, car Gunther est dangereusement rattrapé par son passé. Le roman offre un éblouissant portrait romanesque de l’écrivain, ancien espion de la Couronne, tout en entraînant le lecteur dans une machination palpitante.

Les pièges de l'exil, Philippe Kerr, roman traduit de l'anglais par Philippe Bonnet, Ed. Seuil, mars 2017, 400 pp

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 À dix-neuf ans Ernesto Messina choisit de fuir la
dictature de Castro. Son père lui a donné ce prénom,
en hommage à Che Guevara, mais sa passion va à
celui qu'il appelle le Grand Ernest, l'écrivain améri-
cain Ernest Hemingway.

Parti de Cuba pour Key West, il va rencontrer
sur son chemin la belle Angela qui donne des cours
d'anglais, et la redoutable éditrice Julia Martïnez.

Celle-ci va l'aider à se lancer, sous le pseudonyme de Victor Hemings, dans l'écriture d'une saga policière que le monde entier va bientôt s'arracher.

Après Key West, Ernesto Messina décide de partir avec Angela pour
La Nouvelle-Orléans. Au rythme de soirées débridées, sa vie se déroule
comme une corrida, fréquentant avec assiduité les confortables canapés de son
amie Dolores Diaz, gérante du Flamingo's.

Mais le soir du dernier jour d'octobre 1985, au sommet de sa gloire, Ernesto Messina disparaît sans laisser de traces. C'est sa femme qui va devoir assurer la promotion de son dernier roman, Unis par la mort.

D'Halloween à Thanksgiving, de New York à La Nouvelle-Orléans, qu'est-il arrivé à Ernesto Messina? Une enquête est lancée où les protagonistes de l'affaire vont très vite prendre de nouveaux visages. Ernesto aurait-il été trop naïf? Est-il tombé amoureux de Dolores Diaz? Ernesto Messina est-il une victime de la Mafia, lui qui côtoie le monde de la drogue, du jeu, de la politique, ou bien est-il une victime de la guerre à laquelle se livrent les pro et
les anticastristes? Enfin, qui a éliminé le supposé cadavre d'Ernesto Messina?

Roman d'aventures et enquête policière tout à la fois, La Correctrice est avant tout l'histoire d'une double passion.

 La correctrice, Claude Denuzière, roman, Ed de Fallois, avril 2017, 220 pp

Cygnes.jpg Avec sa silhouette svelte et ses beaux yeux noirs, Babe Paley est la plus recherchée des « cygnes de la Cinquième Avenue », ces femmes de la haute société new-yorkaise des années 1950. Son atout, indéfinissable, est son style. Celle qui incarne l’élégance et ne fréquente que l’élite, des Stuyvesant aux Vanderbilt, fait souvent la une de Vogue, ajoutant une touche glamour à un tableau déjà parfait.
Mais ce que personne ne voit, c’est le sentiment de solitude qu’elle laisse dans son sillage, en dépit de sa fortune, de ses nombreuses résidences, de ses enfants, de son mari riche et puissant. Jusqu’au jour où Truman Capote surgit dans sa vie.
Leur amitié est instantanée et fulgurante. Babe trouve chez l’écrivain prodige, aussi génial qu’extravagant, la passion qui manquait à sa vie. Grâce à elle, Truman accède à cette haute société qui le fascine tant. Mais aussi à ses secrets, ses rumeurs et ses scandales, y puisant son inspiration, au risque de trahir son amitié avec Babe...

Les Cygnes de la Cinquième Avenue,  Melanie Benjamin, roman traduit de l'anglais (USA)par Christel Gaillard-Paris, Ed Albin Michel, mars 2017, 430 pp

Ulysse.jpg

 C’était il y a longtemps, au tournant des années 60 et 70, entre le Paris du Quartier latin et les solitudes creusoises. Un jeune provincial timide tente de se bâtir une existence qui ressemblerait à ses rêves : vivre pleinement son époque, sa passion pour le théâtre et son goût immodéré de l’amitié. Pourquoi ne pas construire son « Ithaque », avec quelques amis comédiens improvisés, et partir sur les traces d’Ulysse ? 
Mais la tornade de Mai 68, voulant faire table rase du passé, remet l’odyssée à plus tard, le détournant de ses désirs et le confrontant à une réalité plus prosaïque. Comme dans le théâtre de Tchekhov, l’Histoire passera-t-elle sous ses yeux sans même qu’il s’en aperçoive ? Sera-t-il trop tard… tout à coup ?

Avec la distance élégante d’un observateur à la fois amusé et inquiet, Jean-Marie Chevrier, écrivain épris de liberté, en explore les paradoxes. Roman d’initiation, portrait d’une époque et d’une génération, La compagnie d'Ulysse embrasse avec nostalgie et poésie la poursuite vaine de nos chimères. 

La Compagnie d'Ulysse, Jean-Marie Chevrier, roman, Ed. Albin Michel, avril 2017, 316 pp

 

9782714474339.jpgConsacré par le prix Pulitzer en 1935, ce premier roman écrit par une jeune femme de vingt-quatre ans est immédiatement salué par la critique comme une oeuvre majeure de la Grande Dépression. D'une maturité et d'une profondeur renversantes, Novembre dépeint dans une langue aussi poétique que musicale l'explosion d'une fratrie de trois soeurs plongée dans la misère, qui voit son destin inexorablement basculer dans la tragédie. Le tableau poignant d'une famille de la middle class américaine dans un pays ravagé par la crise.
Un classique du genre à redécouvrir absolument !

Novembre, Joséphine Johnson, roman [vintage], traduit de l'anglais par Odette Micheli,  1935 ( Prix Pulitzer) Ed. Belfond, mars 2017, 201 pp

27 avril 2017

Blockbuster

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Certains spectacles vous saisissent de stupéfaction, d'hilarité.. tant est grande, remarquable, leur créativité

Le fait est rare, il est précieux.

Tel Blockbuster, basé sur un écrit de notre compatriote Nicolas Ancion, interprété de façon épous-tou-flante par Le Collectif mensuel. 

 Puisant quelque 1400 plans au sein de 160 films -cultes (enfin pas tous) hollywoodiens, Le Collectif en détourne les paroles au service d'une intrigue socialisante,  belgo-belge des plus loufoques: il s'agit d'empêcher Mortier, le patron des patrons, de ruiner le peuple, de ses agissements sordides et sans scrupules, il s'agit tout simplement de lui déclarer la guerre, à lui et à tous ses sinistres sbires.

 Interprétations parfaitement synchro, bruitages en direct, d'une inventivité qui évoque le mythique Kiss & Cry ( de Jaco van Dormael) , humour, dérision.. font de ce spectacle un chef d'oeuvre.

Vous l'aurez compris, nous en sommes sortis bluffés.

Il se joue au théâtre de Namur, ce soir et demain encore - à bureaux fermés, je le crains.; ensuite, il faudra vous rendre à Bourge  - il en vaut la peine et puis, vous ne risquez pas de vous ..embourgeoiser

Apolline  Elter

 http://www.collectifmensuel.be/spectacles/blockbuster

Avec Sandrine Bergot, Quentin Halloy, Baptiste Isaia, Philippe Lecrenier, Renaud Riga