16 août 2017

Retour à la maison

 "Il avait oublié  odeurs puissantes des Halles, les voix hurlées, le choc des charrettes croulant sous les légumes et les  fruits. Il est heureux de retrouver sa ville. Le premier soleil enlumine les gargouilles de la tour Saint-Jacques. Les balayeurs abandonnent  le parvis de la gare Saint-Lazare et aux terrasses voisines, l'odeur du  café se mêle à l'encre fraîche des quotidiens du matin. La vieille clocharde de la rue de Seine replie soigneusement son lit de journaux. La sirène d'un remorqueur sous le pont Neuf, le tremblement des réverbères qu'on éteint, les cigarettes qui rougeoient entre chien et loup, à cette heure incertaine où ceux qui vivent à contretemps, ceux dont c'est l'ivresse, vont s'écrouler quelques heures. Robert est de ceux-là. Pour lui, la vie ne saurait se limiter au jour. Il y a trop à faire, tant de musiciens à écouter, de vins à boire et d'amis à saluer! Il dort le moins possible et des cernes profonds ombrent son drôle de regard myope"

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Ains'Incipit le roman de Gaëlle Nohant, Légende d'un dormeur éveillé (Ed. Héloïse d'Ormesson) coup d'envoi de la rentrée littéraire et terme de facto de nos Estivales de l'Ermitage

Rendez-vous dès demain sur votre blog préféré pour  découvrir le billet de faveur que l'auteur nous a consenti.

15 août 2017

Les inséparables

Nos quatrièmes de couverture vont bon train, bon 4x4: Renalut déserr.jpg

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Après Un été à Bluepoint, son premier roman, Stuart Nadler poursuit l’exploration des liens familiaux en s’attachant à trois générations de femmes qui vivent un moment charnière de leur existence.

Boston, de nos jours. Avec la mort de son mari, Henrietta Olyphant, a tout perdu. Confrontée à de sérieuses difficultés financières, elle accepte à contrecœur   que soit réédité le roman osé qu’elle a publié dans sa jeunesse  : Les Inséparables.  Jugé trash à l’époque, il est devenu culte mais a valu à son auteur, féministe engagée et universitaire accomplie, d’être rejetée par ses pairs.
Au même moment, Oona, sa fille, brillante chirurgienne de quarante ans, débarque chez elle après avoir quitté son mari. Sans savoir que Lydia, sa propre fille âgée de quinze ans, vit un cauchemar depuis que circule une photo d’elle dénudée dans son prestigieux pensionnat…
Bientôt réunies, toutes trois devront faire face à leurs désirs, à leurs contradictions et à leurs tabous.
 
Notre famille détermine-t-elle notre destinée  ? Comment devient-on femme  ? Incisif, brillant et d’un humour digne de Woody Allen, un roman très contemporain dans lequel on retrouve le talent éblouissant de Stuart Nadler pour disséquer la psychologie humaine et ses complexités.

Les inséparables, Stuart Nadler, roman traduit de l'anglais (USA) par Hélène Fournier, Ed. Albin Michel, mai 2017, 404 pp

14 août 2017

Vivant Denon

Renault.jpgC'est un de nos grands regrets d'une fin d'année surchargée: n'avoir pu lire (encore) l'essai biographique de Jean Marchioni

Je vous en livre argurment, extrait du site de l'éditeur

Dans l'attente de jours meilleurs

 

 "La singularité de Vivant Denon (1747-1825) est d’être pluriel en toute chose. Multiples talents, métiers divers, incessants voyages ont façonné non pas une vie mais “des vies”. Aussi, les biographies qui lui ont été consacrées n’ont pas manqué jusqu’aux années 1990. Or, depuis, deux sources archivistiques majeures ont paru et éclairent de façon nouvelle la vie de Denon : les Lettres à Bettine (Actes Sud, 1999) dévoilent le secret bien gardé d’un amour durablement partagé, et pénètrent la psychologie de l’homme ; sa Correspondance administrative permet de suivre au jour le jour le labeur prodigieux du protecteur des arts sous le règne de Napoléon Ier. Bâti sur le dépouillement systématique de ces lettres, cet essai se veut comme une “interview” de Denon. L’ ensemble permet d’offrir un portrait tout à fait inédit de l’homme et de son activité créatrice.
Mystérieux, insaisissable, déconcertant, surprenant, secret, cet homme pétri de l’humanisme encyclopédique du xviiie siècle a fait de sa vie une aventure prodigieuse guidée par le génie et le talent. De l’atelier de gravure au feu du combat, de Paris à Louxor et aux capitales européennes, il a tout connu des hommes comme des événements de son époque.
À la nation a été dévolu son véritable héritage moral et artistique. Sans lui, nous n’aurions ni le Louvre actuel, ni la primeur de la recherche égyptologique, ni la colonne Vendôme, et le musée de Versailles n’abriterait pas l’iconographie picturale du Premier Empire dont il avait su inspirer les commandes.

Vivant Denon ou l'Ame du Louvre,  Jean Marchioni, essai biographique, Ed. Actes Sud, avril 2017, 304 pp

13 août 2017

Les couleurs de la vie

Fouchet.jpgtheiere-design-eva-solo-1l-rouge-1.jpg"La médiathèque de Groix a eu la géniale idée des « livres bateau ». Les adhérents piochent dans un carton spécial où les attend un choix de nouvelles et de courts romans qu'on peut lire le temps de l'aller-retour Groix-Lorient. "


Les grands esprits se croisent, chère Lorraine Fouchet. Si je vous dis que je nourris une même idée..en version ferroviaire. A infuser, cela va sans dire

Les couleurs de la vie, Lorraine Fouchet, roman, Ed. Héloïse d'Ormesson, avril 2017, 400 pp

12 août 2017

Les retrouvailles

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"Vingt-cinq ans qu'ils ne s'étaient revus ! Quand son vieux camarade de fac l'invite à passer un week-end dans la grande bâtisse de son frère, nichée au coeur des montagnes de Savoie, Laurent Campanelli est un homme accompli, un père de famille qui a trouvé sa voie. Il s'y rend avec femme et enfants et revoit avec plaisir Michel, Yvon et leur soeur Flore, son amour de jeunesse à présent mariée à un riche avocat qui est aussi collectionneur. Mais la camaraderie retrouvée ne tiendra pas longtemps. De lointaines rancoeurs se réveillent, ainsi que des passions enfouies et des regrets agissant comme un lent poison. Éclats de voix alcoolisées, étreintes furtives et clandestines, le week-end dérape ; les cadavres sortent peu à peu du placard et font vaciller les vérités que l'on croyait les plus solides. Sous la neige, à l'écart du monde, un drame se noue. Il n'est pas certain que tous s'en relèveront. Le huis clos se transforme alors en cauchemar, dans une ambiance que ne renierait pas le Stephen King de Shining.
 
Olivier Maulin vit et travaille à Paris. Il a publié de nombreux romans salués par la critique, la plupart d'entre eux étant disponibles en format poche. Il a reçu le prix Étonnant voyageur pour En attendant le Roi du monde. Les retrouvailles est son 10e roman.
 
Les retrouvailles,  Olivier Maulin, roman, Ed. du Rocher, mai 2017, 188 pp

11 août 2017

La rue

Renalut déserr.jpg Les vintages se suivent, point ne se ressemblent

Voici l'argument que nous donnent les éditions Belfond, du roman d'Anne Petry:

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Un premier roman poignant, par une auteure injustement oubliée dans l'héritage du Harlem Renaissance, un véritable morceau de bravoure vendu à plus d'un million d'exemplaires lors de sa parution aux États-Unis, en 1947. Dans le Harlem des années 1940, le combat acharné de Lutie Johnson, jeune mère célibataire noire, qui tente de s'élever au-dessus de sa condition.

Avec La Rue, la collection « Vintage » poursuit son exploration du noir, genre aux multiples facettes, et dévoile une misère sociale extrême, où règnent en maîtres la pauvreté et la corruption.

Des rues comme la 116e, réservées aux nègres ou aux mulâtres, avaient fait de Pop un vieil ivrogne timide et tué Mom quand Lutie était encore tout bébé.
Dans cet immeuble où elle habitait actuellement, c'était aussi la rue qui avait amené Mrs Hedges à faire de sa chambre un bordel.
Et le concierge, la rue l'avait maintenu dans les bas-fonds, loin de l'air et de la lumière, jusqu'à ce que l'horrible obsession de la chair l'ait dévoré. Mais rien de tout cela ne lui arriverait à elle, Lutie, parce qu'elle avait la volonté de lutter sans relâche.
 
La rue, Anne Petry, roman [vintage noir] traduit de l'américain par Martine Monod, Nicole et Philippe Soupault, Ed. Belfond, mai 2017, 384 pp
 
 

10 août 2017

Des femmes remarquables

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Renalut déserr.jpgNotre mode 4x 4e de couverture se poursuit, avec un petit tour (de roue) du côté de chez Belfond: 
 
Dans la veine de La Ferme de cousine Judith (Belfond Vintage, 2016) et des Aventures de Cluny Brown de Margery Sharp (Belfond Vintage, 2015), Des femmes remarquables, aussi drôle que savoureux, compte parmi les meilleures comédies anglaises. Avec sa bouilloire à la main et son oreille compatissante, Mildred Lathbury est l'incarnation même de la chic fille. Mais l'arrivée d'un couple de jeunes mariés dans son immeuble va bouleverser sa vie bien ordonnée...
Londres, dans les années 1950. Mildred Lathbury, jeune femme célibataire au quotidien partagé entre la vie de la paroisse et les tâches domestiques, voit son existence bouleversée lorsque débarque dans son immeuble une fougueuse anthropologue au bras d'un très bel homme...

Je laissai Dora poursuivre, mais sans réellement lui prêter l'oreille car je connaissais l'opinion que nourrissait Dora à l'égard de miss Protheroe et de tout précepte religieux. Nous nous étions souvent querellées autrefois à ce sujet. Je me demandais comment elle pouvait gâcher autant d'énergie à lutter pour une vétille telle que le port du chapeau à l'office ; puis je me dis qu'après tout, la vie se réduisait, pour la plupart d'entre nous, à des détails de cet ordre : les petits désagréments plus que les grandes tragédies, les dérisoires petites envies plus que les grands renoncements et les tragiques passions amoureuses de l'histoire ou des romans.
 
Des femmes remarquables, Barbara Pym, roman [vintage], traduit de l'anglais par Sabine Porte, Ed. Belfond, juin 2017, 320 pp

09 août 2017

Des vampires dans la citronneraie

 On en dit grand bien; je n'ai pas eu le temps de découvrir ce "bijou" et vous en livre l'argument que nous en offre l'éditeur: 

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"Finaliste du Prix Pulitzer pour son formidable roman Swamplandia, la jeune Karen Russell, à l’imaginaire débridé, excelle dans tous les registres et s’impose une fois encore, avec ce recueil, comme un maître du réalisme magique.

Des fillettes retenues prisonnières dans une manufacture japonaise sont lentement métamorphosées en vers à soie… Une masseuse se découvre dotée d’étranges pouvoirs en manipulant les tatouages d’un jeune soldat revenu d’Irak… Deux vampires prisonniers d’une citronneraie brûlée par le soleil tentent désespérément d’étancher leur soif de sang, au risque de mettre un terme à leur relation immortelle… 

Autant de mondes parallèles fascinants, entre mythe et réalité, qui confirment la subtile extravagance et l’inventivité hors pair d’un des meilleurs écrivains de sa génération.

« Inspirée par George Saunders, Stephen King ou encore Carson McCullers, Karen Russell a une voix bien à elle, tour à tour lyrique et drôle, fantastique et méditative. » The New York Times

 

Renault 4-4.jpgDes vampires dans la citronneraie, Karen Russell, roman traduit de l'américain par Valérie Malfoy, Ed. Albin Michel, avril 2017, 310 pp

08 août 2017

Des hommes sans femmes

Renalut déserr.jpgHaruki.jpg Le point de vue de l'éditeur:
 
Neuf ans après Saules aveugles, femme endormie,  voici le retour d'Haruki Murakami à la forme courte. Dans ce recueil comme un clin d'oeil à Hemingway, des hommes cherchent des femmes qui les abandonnent ou qui sont sur le point de le faire. Musique, solitude, rêve et mélancolie, le maître au sommet de son art.
 
« À ce que je sais, votre épouse était vraiment une femme merveilleuse [...] vous devez vous sentir reconnaissant d'avoir vécu presque vingt ans auprès d'une femme comme elle. Je le crois profondément. Néanmoins, vous aurez beau penser que vous avez compris quelqu'un, que vous l'avez aimé, il n'en reste pas moins impossible de voir au plus profond de son coeur. Vous aurez pu vous y efforcer, mais vous n'aurez réussi qu'à vous faire du mal. Vous ne pouvez voir qu'au fond de votre propre coeur, et encore, seulement si vous le voulez vraiment, et si vous faites l'effort d'y parvenir. En fin de compte, notre seule prérogative est d'arriver à nous mettre d'accord avec nous-même, honnêtement, intelligemment. Si nous voulons vraiment voir l'autre, nous n'avons d'autre moyen que de plonger en nous-même. Telle est ma conviction. »

Des hommes sans femmes, Haruki Murakami, recueil de nouvelles traduites du japonais par Hélène Morita, Ed. Belfond, mars 2017, 304 pp

07 août 2017

Marche avec la nuit

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Un argument bien de saison, que nous livre l'éditeur:

Vous voyez l'ombre et moi je contemple les astres. Chacun a sa façon de contempler la nuit.

Victor Hugo

Loin de sa Normandie natale, le jeune Renaud marche en Inde où il découvre ses propres désirs et les plaisirs de la vie en même temps qu'une tradition qu'il ignore. La secrète Sanjana se réfugie auprès de lui et l'éveille au lien de l'amour et du sacré. Au cours de son périple, il croise aussi Flavia, une ardente Brésilienne qui lui offre le feu de la chair. Puis un sage facétieux lui ouvre la voie de la méditation.

Les initiations se poursuivent avec d'autres signes venus du ciel : le premier sourire d'un enfant, l'appel d'un précipice... le souvenir d'une parole glissée par l'un des siens : « En te perdant, tu prendras des forces.»

S'attachant aux présences mystérieuses qui émaillent son chemin, Renaud va s'interroger radicalement sur le sens de son existence.

D'une écriture méditative et entraînante, ce roman invite à accueillir les mouvements intérieurs qui parcourent nos vies. Une aventure déroutante où sensualité et spiritualité s'entremêlent au fil de la rivière Narmada.

Olivier Germain-Thomas a reçu un Grand Prix de Littérature décerné par l'Académie française pour l'ensemble de son oeuvre ainsi que le prix Renaudot essai pour Le Bénarès-Kyôto.

 

Marche avec la nuit, Olivier Germain-Thomas, roman, Ed. du Rocher, mars 2017, 206 p

06 août 2017

Un High-Tea tout d'août

Je le sais, vous me le dites, m'en remerciez, l'attendez..

Cette infusion dominicale qui, sur le coup, très précis, de 17 heures vous est livrée chaque dimanche

Alors en ce dimanche tout d'août, qui me voit travailler d'arrache-yeux, à cette rentrée littéraire qui s'approche à grandes pages,  je vous livre cette incursion exclusive dans mon dur labeur

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La mise en scène théière est signée Thibault Jadoul ..d'août

05 août 2017

Moura - La mémoire incendiée

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Notre visite enchantée de Saint-Pétersbourg se conclut d'une lecture tout aussi ravie, captivée,  de la vie Maria Ignatievna Zakreskaïa, as comtesse von Benckendorff as baronne Budberg as Marouchka as Moura (1892-1974)

Une vie riche, aventureuse, dangereuse,qui subit et épouse le XXe siècle pétersbourgeois naissant, les sursauts violents, traumatismes radicaux de la révolution bolchévique, l'éradication de l'aristocratie, l'éclatement de sa cellule familiale.

Une vie de femme amoureuse qui mène Moura à côtoyer tant le diplomate anglais Bruce Lockhart, agent (secret) britannique que  l'écrivain d'idéal bolchévique,  Maxime Gorki dont elle se fait l'agent littéraire. 

Séductrice, généreuse, éminemment courageuse, Moura est une femme insaisissable. Sorte de Mata Hari à  la russe, elle suscite la méfiance, la vigilance des autorités de tous camps, quand ce ne sont des périodes d'emprisonnement dans des conditions éprouvantes, épouvantables.

Si Alexandra Lapierre a choisi la forme romanesque pour tracer ce destin qui ne l'est pas moins, c'est pour mieux saisir la vérité d'une femme -  volontairement énigmatique- les élans sans conteste sincères d'un coeur qui bat à l'heure d'un Petrograd ravagé, d'une guerre civile atroce,  d'un XXe siècle et d'une classe aristocratique passablement bousculés.

L'écrivain a rassemblé une documentation, une énergie colossales pour s'immerger - et nous, à sa suite -dans un destin, en tous points, hors du commun

A Elter

Moura- La mémoire incendiée, Alexandra Lapierre, roman, Ed. Flammarion, mars 2016 - Livre de Poche, avril 2017, 730 pp

04 août 2017

A la rencontre de Pouchkine

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Sis Moïka, 12 à Saint-Petersboug, l'appartement qu'occupa l'écrivain Alexandre Pouchkine (1799-1937)  représentant majeur du Siècle d'Or de la poésie russe, juste avant son décès, se visite en mode musée. Un décès inopiné,  le "Soleil russe"' n'a pas quarante ans, pas même trente-huit, lorsqu'il succombe à la blessure fatale du duel qui l'oppose à Georges d'Anthès,  amoureux éconduit - du moins, nous l'espérons -de son épouse Nathalie.

Le jeune père de famille - il a quatre enfants dont l'aîné n'a pas cinq ans à l'heure de son décès - laisse une oeuvre forcément inachevée, des chefs d'oeuvre qui passeront à la postérité,  Eugène Onéguine, Boris Goudonov,  et des dettes importantes.

Focalisée sur cette fin tragique, la visite de l'appartement, se plombe, dès le vestibule d'une atmosphère assez pesante, confortée par le récit audioguidé des pièces.  Mais elle n'en n'est pas moins intéressante et permet de découvrir son cabinet de travail, la bibliothèque bien nourries d'ouvrages en toutes langues - il en possédait quatre mille - et les instruments qui permirent l'expression de son art.

S'il aborde la journée du 27 janvier 1837 d'humeur légère et joyeuse, Alexandre Pouchkine, ne regagnera son appartement, le soir, que pour y mourir, deux jours plus tard, aux termes d'affreuses souffrances.

03 août 2017

Quelques nouvelles de Saint-Pétersbourg

N.Gogol_by_F.Moller_(1840,_Tretyakov_gallery).jpgJe vous ai promis une (légère) approche de la littérature russe tandis qu'à Saint-Pétersbourg, nous nous trouvâmes nez-à-nez avec Nicolas Gogol (1809-1842) himself...

L'occasion de nous pencher sur ses fameuses Nouvelles de Saint-Pétersbourg, téléchargées sur notre aimable liseuse et de relire les Nez, Manteau, Portrait et Missive perdue, enfouis dans les tréfonds non irrigués de notre mémoire estudiantine.  Si les trois dernières nouvelles, au goût d'inachevées, risquent de reprendre la place dont nous les avions délogées, nous avons savouré, nez-en-moins, comme il se doit,  la première...

A savoir.

  Il nez point commun de retrouver, dans son pain chaud, les nasaux frémissants d'un client à qui l'on a fait la barbe. Telle est ...néanmoins, la surprise qui décoiffe Ivan Iakovlievitch, barbier à Saint-Pétersbourg, au lever de bonne heure, un jour qui le voit d'excellente humeur. Il recon-nez aussitôt l'organe d'un sien client, le major, Kovaliov, assesseur de collège... On imagine la panique qui saisit ainsi notre homme, dès potron-mi-nez. On imagine pareillement, celle qui s'empare de l'assesseur tandis qu'il découvre la platitude centrale et incongrue de son visage

Vous l'aurez saisi - pas le nez, mais le sens de la nouvelle - nous voguons en pleine intrigue fantastique;  l'enjeu est d'envergure,  Kosaliov va-t-il récupérer son appendice nasal?

 Le suspens est insoute-nez-ble

A Elter

  Le nez, Nicolas Gogol, nouvelle publiée dans Le Contemporain, oct. 1836, traduite par Léon Golschmann et Éric Jaubert, Ed. Paul Ollendorf, 1896

02 août 2017

D'un Pavillon, l'autre

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Il y a bien, à Namur

Blotti dans un coin de verdure

Un certain... Pavillon de la Littérature.

Situé au lieu dit de l'Ermitage, 

Il accueille les ermites sages

Qui se tiennent à la page

 

La découverte saisissante du Pavillon de l'Ermitage, sis en regard et droite allée du Palais Catherine (résidence d'été, notamment, des impératrices Elisabeth et Catherine II - à Pouchkine- 25 km de Saint-Pétersbourg) nous invite à une toute aussi saisissante modestie...

Construit, sans doute,  par le fameux Rastrelli - à qui l'impératrice Elisabeth donnait blanc seing et chèques en ...blanc-  le pavillon, puisqu'il nous faut l'appeler ainsi offrait  farniente et détente à ses augustes occupants. Exit le protocole, un lieu réservé aux intimes. Une sorte de petit Trianon, en version russe, si vous voulez.  

Nanti d'un pont levant, l'édifice était dépourvu d'escalier. L'accès à l'étage s'opérait par un ingénieux système d'ascenseur, avant la lettre. Pareillement magique, une table dressée, jaillissait du rez-de-chaussée, pourvue de plats chauffés dans les proches cuisines.

Vous imaginez comme cette perspective nous séduit. Hélas, aucune visite ne fut possible au moment où nous approchâmes ce repaire magique. Nous y reviendrons, nous nous (vous) le promettons, investiguons les moindres relations sur le sujet et découvrons, avec un pareil saisissement que le pavillon de l'ermitage du célèbre Peterhof était doté d'un système similaire

Alors de Peter, d'Elisabeth ou de Catherine..  à qui devons-nous cette brillantissime idée ? 

A suivre, assurément 

Apolline Elter 

01 août 2017

Des lieux, des écrivains

Si les vacances d'été sont l'occasion - quelque peu contrainte - de préparer la rentrée, d'en découvrir, en avant-première,  les publications aimablement fournies, début juin,  par les aimables  éditeurs, elles nous permettent aussi d'échapper aux diktats de l'actualité littéraire et de revenir "gracieusement" sur des lectures échappées à notre vigilance... La surprise n'en est que plus savoureuse

Tel ce bien engageant essai, rédigé de la plume de Jacques Franck -il fut rédacteur en chef du quotidien La Libre Belgique ,  de 1984 à  1996- , nourri de quelque cinq années de voyages à travers les monde et  hôtels marqués du sceau de la littérature, à savoir le séjour "utile" d'écrivains prestigieux.

 

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"Ainsi en va-t-il de la vitesse, elle relance les trains mais raccourcit les voyages."

 D'emblée on sent poindre la douce nostalgie d'un esthète du temps,  d'un homme qui entend restituer à ce dernier sa magie, son éternité, en saisir l'atmosphère , les impressions en évitant de le brusquer.

Du Grand Hôtel de  Cabourg, si cher à Proust - on peut encore en visiter la chambre - au Sacher de Vienne, qui reçut Arthur Schnitzler, John Irving, .. Hôtel Cadogan de Londres  "où la vie d'Oscar Wilde se brisa" , Sils-Maria (Suisse - Engadine) "où Nietzsche voit apparaître Zarathoustra"  au Pera Palace d'Istanbul  qui s'honora des présences prestigieuses de Sissi, Mata-Hari, Jospéhine Baker, Greta Garbo et dont la chambre 411 rappelle les fréquents séjours d'Agatha Christie , .. ce sont dix-neuf lieux d'enchantement que nous dévoile la plume .. enchanteresse de l'homme de lettres, l'homme des voyages dans l'espace et dans le temps. Le critère de la sélection opérée fut qu'au-delà du simple passage desdits écrivains dans l'hôtel, ce dernier  " [eût]été le cadre où une oeuvre avait germé, où une embardée avait infléchi leur destin."

 Je partage avec l'auteur de Méphisto  [NDLR: Klaus Mann]le sentiment qu'une chambre d'hôtel est un espace de liberté, entre l'ancrage trop familer et l'aventure de la découverte, ou du moins sa promesse."

Des lieux, des écrivains, Jacques Franck, essai, Ed. La Renaissance du livre, sept 2003, 256 pp

31 juillet 2017

Fendre l'armure

gavalda.jpg"Je ne vis pas avec un homme, je vis avec mon téléphone. Toute ma vie tourne autour de ce petit bout de plastique. Une espèce de lampe d'Aladin capricieuse et sadique qui régit tes humeurs selon que tu la frottes et qu'elle t'exauce ou que tu la respectes et qu'elle t'abandonne. Une lampe d'Aladin fabriquée en Chine avec un bon génie, non, un mauvais, un bon à rien de génie, un genre de fonctionnaire qui n'est là qu'aux heures ouvrables et pour lequel tu n'existes même pas sous ta véritable identité."

Fendre l'armure,  Anna Gavalda, nouvelles, Ed le dilettante, mai 2017, 284 pp

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30 juillet 2017

L'Assommoir.. des kilomètres

theiere-design-eva-solo-1l-rouge-1.jpgLecture audiolivresque idoine en ce week-end de grands croisements autoroutiers.

 L'Assommoir , c'est la morale en action, affirme Emile Zola, qui qualifie son roman - le septième de la série des Rougon-Macquert,  comme le plus chaste de [ses] romans.

Nous voilà fixés.

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Vous  voici en cette heure presque rentrés chez vous - ou parvenus en votre destination de vacances. N'hésitez pas à infuser en votre esprit saturé de kilomètres quelques passages extraits de quatre romans majeurs de la littérature réaliste du XIXe siècle (voir notre chronique d'hier) 

Je vous souhaite un bon "High Tea" - une fin juillet aussi délicieuse que le mois d'août qui se profile 

Ca peut pas faire de mal, Balzac, Flaubert, Zola, Maupassant, extraits lus par Guillaume Gallienne, co-édition France Inter/Ed. Gallimard- Ecoutez lire , mai 2017,  audiolivre, 2 CD MP3, durée 2h30 minutes, 

 

 

29 juillet 2017

Ca peut pas faire de mal

Lecture audiolivresque idoine en ce week-end de grands croisements autoroutiers.

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Ecoutons le comédien Guillaume Gallienne, sociétaire à la Comédie-Française, prêter chair et voix à quatre romans  " réalistes" majeurs du XIXe siècle, j'ai nommé:

- Le Lys dans la vallée,   d'Honoré de Balzac

- Madame Bovary, de Gustave Flaubert,

- L'Assommoir , d'Emile Zola et

- Bel-Ami, de Guy de Maupassant

Judicieusement choisis et placés dans le contexte de l'intrigue et du moment de leur publication, les extraits lus sont accompagnés au piano par Philippe Bianconi.

 Dans ces romans, nous croyions avoir découvert le monde et appris à vivre; ils nous ont servi d'encyclopédie, de vade-mecum psychologique et de manuel d'instruction morale; leur lettre est imprimée au plus profond des méandres de notre âme. Et nous pensons leur être restés fidèles. Or, les retrouvant
aujourd'hui sous la forme incisive que leur donnent les lectures de Guillaume Gallienne, je mesure combien la leçon de ces romans, ainsi égrenés, juxtaposés, confrontés, peut paraître dure et inhumaine.

Affirme Antoine Compagnon qui signe le livret de présentation de l'audiolivre

Roman épistolaire, méfaits de la lecture en mode "bovarisme", de l'alcool, cynisme..  parcourent les quatre romans, qui crient aujourd'hui encore leur actualité.

Ca peut pas faire de mal, Balzac, Flaubert, Zola, Maupassant, extraits lus par Guillaume Gallienne, co-édition France Inter/Ed. Gallimard- Ecoutez lire , mai 2017,  audiolivre, 2 CD MP3, durée 2h30 minutes, 

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28 juillet 2017

Bien des ciels au-dessus du septième

eho_opdebeeckc.jpgRenault 4-4.jpgVoici la quatrième de couverture d'un  premier roman néerlandais  qui a connu un joli succès de découverte: 

 

Leurs histoires sont faites de bonheurs inattendus, de complications dérisoires, de secrets trop lourds à porter et d’espoirs inavouables. Lou, Eva, Casper, Elsie et Jos : cinq narrateurs, trois générations, des questionnements universels. De 12 à 71 ans, leurs points de vue diffèrent, mais la question reste la même : qu’est-ce qu’on attend pour être heureux ?

Plaisirs minuscules saisis au vol, cœurs prêts à éclater, Bien des ciels au-dessus du septième capte la poésie du quotidien et restitue les sentiments doux-amers qui unissent les hommes. Une comédie dramatique à la sincérité désarmante, tendre et douloureuse à la fois.

Bien des ciels au-dessus du septième, Griet Op de Beeck, roman traduit du néerlandais (Belgique) par Isabelle Rosselin. Ed Héloïse d'Ormesson, mai 2017, 336 pp

27 juillet 2017

Manger dans ta main

manger.jpgRenalut déserr.jpgPoursuivons, en mode 4x4, notre exploration des quatrièmes de couverture: 

« Engraisser les autres, c’est ce que tu sais faire de mieux ! » lance Sandra à sa mère Luisa lorsqu’elle lui présente sa nouvelle compagne. C’est Rose, ravissante cochette d’élevage destinée à finir en chair à pâté, si vive et si affectueuse que, toute honte bue, Luisa la couve de mille attentions.
Tout semble en effet opposer Sandra, brillante psy parisienne soignant de jeunes anorexiques, et Luisa, retirée depuis peu dans son Algarve natale. L’une est dure comme la pierre, l’autre trop bonne. Rose saura-t-elle les réconcilier… si toutefois elle échappe à son triste sort ?
 
Sophie Carquain évoque à travers ce récit aux allures loufoques et tendres notre rapport à l’animalité, à l’humanité, et au deuil

Manger dans ta main, Sophie Carquain, roman, Ed. Albin Michel, mars 2017, 318 pp

26 juillet 2017

Des dieux sans pitié

 

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Notre exploration des quatrièmes de couverture aimablement fournies par les éditeurs , nous offre l'argument Des dieux sans pitié, 

 

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Âmes sensibles, s'abstenir !

Sauvages, puissants, dérangeants, crus, quinze textes portés par l'écriture rageuse de l'enfant terrible des lettres australiennes, pour continuer à nous interroger sur une société multiculturelle et décadente où couvent haine, racisme et frustration et où nous avançons, tels des dieux sans pitié.
Serait-ce ça, la vie ? Des amitiés d'antan qui se brisent et laissent place à la vie d'adulte, aux contacts sporadiques et lointains ; l'être aimé qui apparaît soudain sous un tout autre jour, la colère laissant place à l'amertume, puis aux remords et à la peur d'être seul.

Ce serait ça, la vie. Des gens qui s'éloignent et qui s'aiment malgré tout, comme cette mère, troublée de voir son enfant devenir un homme ; comme ce fils qui lave le corps de son père, malade d'Alzheimer...

C'est ça, la vie, des étincelles d'humanité dans la noirceur et la violence.
 
Des dieux sans pitié, Chistophe Tsiolkas,  nouvelles traduites de l'anglais (Australie) par Jean-Luc Piningre, Ed. Belfond, mai 3017, 288 pp

 

25 juillet 2017

Dieu, Allah, moi et les autres

Le récit  paraissaitproduct_9782070179602_195x320.jpg à la rentrée de janvier; c'est un de nos regrets de n'avoir pas eu l'occasion de le lire,tant nous avions aimé Le dernier été d'un jeune homme, Le Consul, ..

Voici l'argument de lecture qu'en propose l'éditeur; je la crois valeur sûre

«Comme tous les gamins d’Algérie, je vivais dans la crainte de ne pas être assez bon pour échapper au châtiment du Grand Méchant Allah. À l’école non plus, je n’échappais pas à la question. En classe, nous apprenions l’arabe en récitant le Coran. Pour lire le Coran, il fallait connaître l’arabe et pour connaître l’arabe, le Coran… un cercle arabo-islamo-vicieux. Je n’y entendais bientôt plus rien, ni à l’arabe ni au Coran… alors je recevais des coups de règle sur les doigts parce que je m’étais trompé pendant ma récitation de la sourate qui nous promettait l’enfer, elles nous le promettaient toutes. Je ne sais combien de fois reviennent les mots Djahanem et châtiment dans le Coran, mais c’est impressionnant. Tout le Livre tourne autour de ces deux mots : enfer et damnation.»
Ainsi débute le récit d'une libération, celle de l’auteur. Celui-ci finira par rejeter la religion de ses ancêtres, l’islam, se détachera de la nation où il est né et refusera tous les endoctrinements pour trouver refuge dans les livres et la littérature."

Dieu, Allah, moi et les autres, Salim Bachi, récit, Ed. Gallimard, janvier 2017, 192 pp

 

24 juillet 2017

Hôtel du Grand Cerf

 

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Poursuivons nos découvertes des quatrièmes de couverture avec  L'Hôtel du Grand Cerf.

Voici ce que nous en dit l'éditeur:

À Reugny, petit village au cœur des Ardennes, plane depuis cinquante ans le secret de la mort de Rosa Gulingen. La star mondiale de cinéma avait été découverte noyée dans la baignoire de sa chambre à l’Hôtel du Grand Cerf, qui accueillait l’équipe de son prochain film ; du bout des lèvres la police avait conclu à une mort accidentelle. Quand Nicolas Tèque, journaliste parisien désœuvré, décide de remonter le temps pour faire la lumière sur cette affaire, c’est bien logiquement à l’Hôtel du Grand Cerf qu’il pose ses valises. Mais à Reugny, la Faucheuse a repris du service, et dans le registre grandiose : le douanier du coin, haï de tous, est retrouvé somptueusement décapité. Puis tout s’enchaîne très vite : une jeune fille disparaît ; un autre homme est assassiné. N’en jetons plus : l’inspecteur Vertigo Kulbertus, qui s’est fait de l’obésité une spécialité, est dépêché sur place pour remettre de l’ordre dans ce chaos.

« Le noir, pour peindre les mœurs, c'est une bonne couleur », dit l’auteur. Écrite dans un style impeccable, cette enquête faussement classique verra tout un village passé au crible de la plume si particulière de Franz Bartelt, toujours entre burlesque et mélancolie. Dans Hôtel du Grand Cerf, on rit énormément, mais tout est élégant, et rien n’est banal

Hôtel du Grand Cerf, Franz Bartelt, roman, Ed Seuil, coll. " Cadre noir", mai 2017, 352 pp

 

23 juillet 2017

Une apparition miraculeuse

 

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" Toute ma vie, je me souviendrai de sa surprise, comme fasciné par une apparition miraculeuse. Il racontera par la suite à qui voudrait bien l'écouter qu'il avait passé une semaine dans les Landes en compagnie de Jacques Brel. Cette rencontre,je ne le savais pas encore, sera le signal de départ des trois jours de vacances les plus extraordinaires de mon enfance."

Ne nous quittons pas, Jacques Expert, roman, Ed. Albin Michel, maii 2017, 304 pp

 

22 juillet 2017

Ne nous quittons pas

Renalut déserr.jpg Lecture en mode quatrième de couverture - peut-être aurai-je le temps de le parcourir. En attendant, je vous livre l'argument bref, engageant que nous en propose l'éditeur et vous fixe rendez-vous, demain, à 17 heures pour l'infusion d'un passage, en mode "High Tea dominical"

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Dans la chaleur de l’été et l’insouciance des années 1960, le petit Jacques et son père voient débarquer Brel et sa famille, parasols et matelas gonflables sous le bras. Une apparition qui va chambouler leur quotidien... et peut-être bien au-delà de ce qu’ils imaginent.
 
Un roman très drôle et riche en rebondissements, où Jacques Expert évoque son père avec une poignante nostalgie.

Ne nous quittons pas, Jacques Expert, roman, Ed. Albin Michel, maii 2017, 304 pp

 

21 juillet 2017

Un été invincible

Renalut déserr.jpgtout été, tout honneur, entamons nos quatrièmes de couverture par le roman d'Alice Adams

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En voici l'argument, fourni par l'éditeur:

 Benedict, Eva, Sylvie et Lucien sont inséparables depuis leurs années de fac à Bristol. Leur diplôme en poche, ils vont, pour la première fois, se disperser. Eva part à Londres où l’attend un poste dans la finance ; Benedict reste à Bristol pour suivre son doctorat. Quant à Sylvie et Lucien, fidèles à leurs rêves, ils entament une vie plus bohème, faite d’art et d’aventure.
À l’approche de la trentaine, leurs liens autrefois si forts se distendent. Le temps qui passe les éloigne les uns des autres, leurs routes divergent. Pourtant, leurs chemins vont à nouveau se croiser et faire revivre le souvenir de l’« été invincible » qui les a liés à jamais.

Entre Dona Tartt, David Nicholls et Jane Austen, un premier roman fin et juste sur ce doux bouleversement de la vingtaine, puissant hommage à l’amitié. 

Un été invincible,  Alice Adams, roman traduit de l'anglais par Anouk Neuhoff, Ed. Albin Michel, mai 2017, 352 pp

20 juillet 2017

Quatre-quatre.. de couverture

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C'est le mode quatre-quatre qu'adopte votre blog, quatre semaines durant, tandis que la rentrée et son colossal  lot de lectures attendent nos lunettes (de soleil) 

Alors pendant que je lis - pour vous, pour eux, nos auteurs chéris - je publierai chaque jour la quatrième de couverture d'ouvrages passés en mes mains , que  je n'ai eu le temps de lire, happée par une circulation par trop dense. - j'en remercie les éditeurs et reproduis leurs arguments de lecture -

Je vous retrouve, of course, dès la rentrée pour un démarrage sur les chapeaux de roues de nos 4 L (les fameux (Ladies) Litt & Lunchs du Lundi,  désormais également déclinés en mode soirée,  les autres jours de la semaine, ouverts à ces messieurs... on n'arrête pas le progrès

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Bon été

Bonnes lectures

Visiteurs estimés

Apolline Elter

19 juillet 2017

Sévigné - Epistolière du Grand Siècle

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A qui appartient cette main qui nous invite si gracieusement à franchir la porte de l'exposition ? 

A la marquise de Sévigné, pardi ! Vous aurez reconnu son portrait, peint vers 1665 par Claude Lefebvre, l'aurez admiré maintes fois en l'Hôtel Carnavalet où l'huile règne en maître, en maîtresse des lieux.

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Nul besoin de vous rappeler que le musée Carnavalet (Paris III - Marais)  est fermé au public pour une durée de deux ans et demi encore - il rouvrira ses portes fin 2019 - et les besoins d'un chantier de rénovation drastique.  Alors ne boudons pas notre plaisir ni celui d'huiles aimablement prêtées par le musée parisien et célébrons les  retrouvailles, à Grignan, dans le beau château des Adhémar, des familles Bussy-Rabutin-Sévigné et Grignan et de leurs aimables compagnies 

 

 Si la marquise est le sujet de nombreux portraits exposés - venus des quatre coins de France - elle retrouve avec joie , du moins nous l'espérons,  ceux d'Henri, son mari, de Charles, leur fils (ci-dessous) , arrachés,  le temps de l'expo, à leur château des Rochers ( Vitré en Bretagne)

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 Françoise et François, dépêchés du Carnavalet, retrouvent leur beau "château d'Apollidon"

Il y fait frais, il y fait bon

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Attardons-nous, le temps d'un moment - émouvant - sur les différentes éditions de la correspondance de notre chère marquise.  Vous le savez - ou je vous l'apprends avec précautions.. - il ne reste guère de lettres autographes, jaillies de la plume alerte de l'épistolière .. une quarantaine tout au plus, si je ne m'abuse.

En voici l'une:

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L'instant est précieux et même  si,  graphologie oblige,  vous brûlez d'envie d'émettre des commentaires, prenez garde à l'anachronisme et aux conditions matérielles de l'écriture, qualité du papier, de l'encre, de la plume, modèle calligraphique de l'époque.. qui vous interdisent de  juger de votre oeil de XXIe siècle un écrit plus que trois fois centenaire.

 N'empêche...il y a de l'envahissement dans l'air...

Grandement émouvant est de découvrir l'édition des lettres dite de La Haye, photocopiée et annotée de l'écriture vive et précise de Roger Duchêne, LE spécialiste de la marquise.  C'est à son travail titanesque - et celui de son épouse Jacqueline Duchêne que nous devons l'édition des lettres, en trois volumes, dans la bibliothèque de la Pléiade. Ma lecture de chevet, comme vous le ...chavez.

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  Une vitrine d'éditions des lettres, soigneusement réunies, soutient sagement le regard vigilant de Roger de Bussy-Rabutin, fieffé coquin, lointain cousin de la marquise - à la mode de Bourgogne  - et de Pauline de Simiane, fille cadette du couple Grignan. Si cette dernière autorisa  une certaine édition des lettres de sa grand-mère, elle aurait sans doute  fait disparaître celles de sa propre mère!  Dans tous les cas, c'est la seule des enfants Grignan qui assura une descendance au couple.

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Au sortir de cette exposition à la scénographie parfaitement étudiée, vous ne manquerez de visiter les appartements de la marquise -  la chambre où elle résidait lors de ses séjours à Grignan. Sise au deuxième étage, elle jouxte le lieu de l'exposition

Vous visionnerez avec bonheur également le film d'une dizaine de minutes consacré à l'art épistolaire de la marquise, dûment commenté par Cécile Lignereux.

L'expo, je l'ai déjà visitée deux fois; Gageons qu'il y en aura une troisième

Apolline Elter 

Sévigné, Epistolière du Grand Siècle - au château de Grignan (Drôme), à visiter, du 25 mai au 22 octobre 2017

18 juillet 2017

Raison et Sentiments

Jane Austen (1775-1817), mourrait, le 18 juillet 1817,  il y a tout juste 200 ans.

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Nous avons découvert sa correspondance à ses nièces, lors du récent festival de la correspondance de Grignan et ne manquerons pas d'y revenir.  Pour l'heure, pour le jour, nous vous proposons d'écouter l'excellente lecture par Cachou Kirsch du texte intégral de Raison et sentiments, un roman paru en 1811. 

Reléguées, avec leur mère,   dans le Devonshire après la mort de leur père, les soeurs Elinor, Marianne et Margaret Dashwood voient leur train de vie fortement comprimé.A cette gène qu'elles ont l'élégance de cacher s'ajoute celle de ne pas être un parti enviable pour qui loucherait sur leur dot.  Ce qui n'empêche l"éclosion des  sentiments, les vrais, clamés au grand jour, leur lot de trahisons et de désillusions.

Avec finesse et une plume diantrement efficace, Jane Austen brosse toute la gamme d'expression d'une société bourgeoise very british.  Les tableaux sont vivants, éloquents, pétris de fraîcheur et de suspens adroitement distillé.

Décidément l'auteur n'a pas pris de ride; son roman non plus

L'écoute audiolivresque  en est des plus agréable

Je vous la recommande

Apolline Elter 

Raison et sentiments,  Jane Austen, roman traduit de l'anglais par Jean Privat, texte intégral lu par Cachou Kirsch, Ed Audiolib, 5 juillet  2017,  Durée d'écoute: 12h02