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20 novembre 2017

Petit bilan des prix littéraires de l'automne

A l"ordre du jour du billet de ce lundi 20 novembre, une bref focus sur l'attribution des principaux prix littéraires de l'automne, catégorie : romans 

Des Mécaniques du chaos, bien nommées ( Daniel Rondeau, éd. Grasset) se sont vu décerner le  grand prix  du roman de l'Académie française, tandis qu' Ordre du jour flamboyant  (Eric Vuillard, ed. Actes Sud) emportait le Goncourt,  à juste  et même titre, nous semble-t-il que Bakhita de Véronique Olmi (Ed. Albin Michel)  notre grand favori.

Un Renaudot attribué à une sorte de documentaire, La disparition de Josef Mengele (Olivier Guez, ed. Grasset), ça se défend puisque le prix, décerné par des journalistes, honore le fondateur de la célèbre Gazette (1631), j'ai nommée Théophraste Renaudot.

Couronné par le Médicis - qui a pour vocation de promouvoir un romancier méconnu- le Tiens ferme ta couronne, de Yannick Haenel ( Ed. Gallimard) eût gagné ..d'un peu plus de fermeté, tandis que le par trop bavard La Serpe, de Philippe Jaenada (Ed Julliard)- attributaire du Femina,  eût supporté d'être ...tranché de la moitié de son nombre de pages...

Nous attendons les résultats de l'Interallié, ce sera ce mercredi 22 novembre, pour voir si décidément, nous pouvons nous rallier à un palmarès 2017 pas vraiment emballant, jusqu'à présent. Gageons que le titre L'art de perdre (Alice Zeniter, Ed. Flammarion) n'aura rien de prémonitoire et que la Nostalgie de l'Honneur (Jean-René Van der Plaetsen, Ed. Grasset) glanera le présent d'une bel avenir.

Grande et très regrettée absente reste le Bakhita, qui méritait, nous persistons et signons, le prix Femina.

Ne le ratez pas!

 

Apolline, Les pensées primées du lundi

19 novembre 2017

Excipit - non expié

téléchargement.jpgtheiere-design-eva-solo-1l-rouge-1.jpg"Mengele, ou l'histoire d'un homme sans scrupules à l'âme verrouillée, que percute une idéologie venimeuse et mortifère dans une société bouleversée par l'irruption de la modernité. Elle n'a aucune difficulté à séduire le jeune médecin ambitieux, à abuser de ses penchants médiocres, la vanité, la jalousie, l'argent, jusqu'à l'inciter à commettre des crimes abjects et à les justifier. Toutes les deux ou trois générations, lorsque la mémoire s'étiole et que les derniers témoins des massacres précédents disparaissent, la raison s'éclipse et des hommes reviennent propager le mal.

 Puissent-ils rester loin de nous, les songes et les chimères de la nuit.

 Méfiance, l'homme est une créature malléable, il faut se méfier des hommes."

  La disparition de Josef Mengele, Olivier Guez, roman, Ed. Grasset, août 2017, 240 pp

  

 

18 novembre 2017

La Serpe

Oserais-je un avis tranchant sur le sujet:  ce "roman vrai" par trop bavard, eût gagné d'être allégé de moitié. Simple question d'embonpoint.

A la ligne

La serpe.jpgSon argument est intéressant, traité avec une méticulosité absolue, célébrant, à sa manière, le centenaire de la naissance de l'écrivain Georges Arnaud (1917-1987)  concepteur du  Salaire de la peur,  rendu célèbre par son adaptation cinématographique, le trentenaire de son décès et une tentative de résolution d'un triple et sanglant meurtre perpétré fin octobre 1941 dans le château d'Escoire (Dordogne) 

Mais encore.

Nous sommes le matin du 25 octobre 1941

Le futur Georges Arnaud, nommé alors Henri Girard contacte les services d'urgence: un triple meurtre a été commis durant la nuit - un massacre à la serpe - qui a entraîné la mort atroce de Georges Girard, son père, de sa tante Amélie et de la bonne, Louise Soudeix. Seul rescapé , Henri fait illico figure de suspect : il a emprunté la serpe assassine à Yvonne, une voisine; rien n'a été volé dans le château, lequel n'a subi aucune trace d'effraction... Il paraît, en outre, peu mortifié à  l'évocation des faits

Magistralement défendu par l'avocat Maurice Garçon , Henri Girard est acquitté, le 3 juin 1943, après avoir purgé dix-neuf mois de prison préventive. 

Le jeune homme de 26 ans  va dès lors changer de nom, de vie,pourfendre les injustices, défendre la veuve et l'orphelin, ...sans que jamais ne soit élucidée la vérité de la fatale serpe.

Ami d'Emmanuel Girard, petit-fils d'Henri, Philippe Jaenada enfourche une voiture de location - aux pneumatiques incertains - se fend d'un séjour d'investigation dans les lieux mêmes des faits -savourant le confort moelleux des oreillers de l'hôtel Mercure - examinant du microscope impitoyable d'un Cluedo ..puissance 4 tous les éléments du dossier Henri Girard et nous propose une résolution nouvelle de l'affaire, dûment, croyez-m'en, étayée d'argumetns.

Est-ce à dire que Philippe Jaenada est dépourvu d'esprit de synthèse? Que du contraire. le résumé parfait  de ce portrait, vous le trouvez, p 141

Une drôle de vie, avec le recul. Ce que j'en sais, je l'ai appris dans les livres. Sale gosse, sale type, des claques, insupportable, il ne mue, instantanément, qu'en anéantissant la fortune familiale, et se transforme en nomade combatif qui ne possède rien et vient en aide à ceux qui en ont besoin. Un bon gars, finalement.

 Il ne vous reste dès lors que 507 pages à savourer.

 A Elter

La serpe, Philippe Jaenada, roman, Ed Julliard, août 2017, 648 pp

Roman attributaire, faut-il le rappeler, du Prix Femina 2017

17 novembre 2017

Foire du Livre belge: sur le thème de l'anniversaire

 Si dagenda.jpg'aventure se profile pour vous un week-end un peu plus libre que le mien, je ne puis que rappeler à votre attention le quinzième anniversaire de la Foire du Livre belge:

 

FLB Leaflet V10 copier - copie_preview.jpeg

L'entrée y est gracieuse, les tentations, nombreuses

Vous trouverez tous renseignements utiles sur le site : www.ccu.be

 

16 novembre 2017

Les Rêveuses.

Les rêveuses.jpg

 

Juin 1940.  L'armée française est en déroute.

Dérouté aussi, Peter Siderman, " jeune homme, plein d'amertume et d'innocence".  Engagé dans l'armée française, il pressent que sa nationalité allemande ne va pas plaire aux assaillants...  Tant qu'à être fait prisonnier,  mieux vaut utiliser l'identité d'un Français. C'est ce qu'il fait, troquant l'identité d'un frais cadavre français-  celle d'Alexandre d'Andelange-  contre la sienne.

Capturé, il passe de camps (allemands) en camps,  bénissant l'imposture qui lui a sans doute sauvé la vie.

" Mais au début de l'hiver il fut convoqué chez le commandant du camp qui lui annonça que, par faveur exceptionnelle, l'autorité militaire avait accepté la requête de sa mère mourante et qu'on allait immédiatement le ramener auprès d'elle.

Le roman est lancé,  grevé d'une intrigue, certes un peu compliquée,  de l'intervention du journal intime d'Alexandre et  de religieuses cloîtrées, gravé d'une écriture maîtrisée, du souffle romanesque qui révèle l'étoffe d'un vrai écrivain

Un deuxième roman

A Elter

Les Rêveuses,  Frédéric Verger, roman, Ed. Gallimard, août 2017, 

15 novembre 2017

Lettre ouverte aux animaux (et à ceux qui les aiment)

9782367624464-001-T.jpeg« Nous assistons probablement, et je le souhaite de tout coeur, au passage à un stade éthique supérieur où la pensée humaniste s’émancipe de son cadre anthropocentrique pour s’étendre à tous les êtres sensibles qui peuplent la Terre. Dès lors, faire preuve d’“humanité” ne signifie plus simplement respecter les autres êtres humains, mais tout être vivant, selon son degré de sensibilité et de conscience. La vie s’est exprimée sur Terre à travers une foisonnante diversité.
Puisque l’être humain est aujourd’hui l’espèce la plus consciente et la plus puissante, puisse-t-il utiliser ses forces non plus pour exploiter et détruire ces formes de vie, mais pour les protéger et les servir. C’est pour moi notre plus belle vocation : protecteurs et serviteurs du monde. "

Tel est l'exergue de la lettre ouverte que Frédéric Lenoir adresse, non guère aux animaux mais à ceux qui ont la capacité de les respecter sinon de les aimer: nous.

Partant du constat effrayant de la  surconsommation actuelle de viande et de poisson, de ses  effets néfastes au niveau planétaire et de la maltraitance corollaire des animaux,  le philosophe nous enjoint au respect minimal d'une espèce animale, vivante, fort proche de la nôtre.  Une proximité dont il marque les différences en même temps que les convergences. 

S'il constitue un plaidoyer pour une nourriture végétarienne, l'essai induit, force exemples à l'appui, que la maltraitance des animaux risque de s'étendre à celle des humains.  Le genre de pas abject qu'ont déjà franchi bien des tortionnaires; il suffit de se rappeler la cruelle mémoire des camps de concentration nazis.

A l'inverse, la bienveillance à l'égard des bêtes - si l'on exclut le syndrome de Noé, pathologie d'un attachement excessif à leur égard  - induirait une même attitude à l'égard de nos semblables.

Pour étayer son propos, le philosophe convoque nombre de ses confrères, philosophes, écrivains - Emile Zola, Marguerite Yourcenar, le Pape François -   à travers les temps, citations à l'appui. Il propose des pistes concrètes de respect du règne animal,  introduction d'un code du droit des animaux, d'un label éthique.. qui sont tant de solutions alternatives.

Une réflexion très engageante

Apolline Elter  

Lettre ouverte aux animaux (et à ceux qui les aiment), Frédéric Lenoir, essai, Ed. Fayard, mai 2017, Ed Audiolib, sept. 2017,  lu par Christophe Chêne- Cailleteau,, CD - MP3, durée d'écoute : 2h50 min.
 

14 novembre 2017

C'est parti, Yourcy

Que la célèbre - et respectée - Académicienne me pardonne ce surnom: l'étude intense de sa correspondance me l'a rendue, sinon familière,  particulièrement attachante.

Aujourd'hui est grand jour qui nous voit entamer les tables rondes consacrées à la femme des lettres. 

Une approche vivifiante, démythifiante.. .que je vous recommande, assortie, why not, d'une nice cup of tea  - Meert, s'entend - en notre salon Marquises 

 

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13 novembre 2017

Quand la mémoire vous joue des tours

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C'est un roman de la rentrée littéraire

Il a bonne presse je le sais 

Et pour moi, c'est galère

Le titre ne puis me rappeler..

Apolline, Les pensées amnésiques du lundi 

 

12 novembre 2017

Ligne intérieure

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Je ne vais pas ici retracer ma carrière. Ce n'est pas un livre de souvenirs professionnels. Je ne raconte que ce qui me paraît intimement spécifique, important et décisif pour définir cette ligne intérieure que j'ai suivie, à défaut de réel choix, d'ambition, et même de rêves."

Le Rêve de ma mère, Anny Duperey, récit, Ed. du Seuil, nov. 2017, 212 pp

11 novembre 2017

Le Rêve de ma mère

"C'est un travail étrange que d'écrire un livre comme celui-ci. Il n'est pas anodin, en tout cas, de se remémorer son parcours, ses émotions, de tenter de décrypter la ligne, parfois les hasards (?) qui vous ont menés. On se surprend à garder en mémoire des détails qui vous ont profondément marqué - comme l'affreux raclement sur le plancher de ce pupitre de terminale traîné pour moi au fond de la classe de quatrième - alors que d'autres événements, qui se révéleront décisifs, sont curieusement flous, absents des souvenirs marquants."137150_couverture_Hres_0.jpg

 Marquée à vie par la mort conjointe de ses parents, Ginette et Lucien Legras, le 6 novembre 1955 - asphyxiés par les émanations d'un chauffe-bain défectueux-   Anny Duperey est encore transpercée de questions.

 L'enfant de huit ans qu'elle est au moment du drame est frappée d'amnésie, d'une sourde culpabilité,  d'une dépression larvée. Des moments forts qu'elle raconte dans le merveilleux Voile noir ( Le Seuil, 1992) 

 Si la radieuse actrice revient sur son enfance  dans ce nouveau (et beau) récit, c'est parce qu'elle va enfin tenter de "rencontrer" sa mère, "maman",  - cette inconnue  -  de déceler son projet de vie - avorté - glanant parmi les souvenirs rapportés et ceux qu'elle a occultés, les éléments d'une (re) connaissance.

 Et c'est ainsi que certains hasards, voire "évidences " de son  propre parcours de vie et artistique surgissent comme l'accomplissement du rêve maternel.

 Un parcours dont elle nous livre les embûches et joies en une sincérité désarmante. Généreuse.

 Ce faisant, elle rend un hommage appuyé à  " Tata", sa tante paternelle, tutrice dévouée

 Merci Anny Duperey.

 Apolline Elter

 Le Rêve de ma mère, Anny Duperey, récit, Ed. du Seuil, nov. 2017, 212 pp

 

10 novembre 2017

Prix Horizon 2018 - La sélection d'un jury de choc

téléchargement (4).jpg La semaine fut chargée en attributions prestigieuses et  multiples des principaux prix littéraires:  les jurys  Goncourt, Renaudot, Femina et Médicis ont proclamé leurs choix, sitôt entériné celui de l'Académie française.

Il est donc temps de vous révéler à vous et en avant-première la sélection des six romans retenus par le jury de présélection du Prix Horizon. Lequel prix,  généreusement organisé par la ville de Marche -en-Famenne ( Belgique) , efficacement, magistralement présidé par Armel Job,  entend promouvoir les auteurs d'un deuxième roman..

Voici la liste des romans retenus:

 

  - Frères des astres, de Julien DELMAIRE   (Ed Grasset) 

 Le dernier amour d'Attilla Kiss,  de Julia Kerninon, (Ed Rouergue) 

-   L'ombre de la lune,  de  Agnès Mathieu-Daudé (Ed Gallimard) 

-  Défaite des maîtres et possesseur, de Vincent Message ( Ed Seuil) 

Le meilleur des amis,   de Rose Sean (  Ed. Actes-Sud) 

-  Majda en août,  de Sedira Samira ( Ed. Rouergue) 

 

 Nul doute que vous ne résisterez pas à cette sélection  - z'avez raison - et  inscrirez illico votre joyeux comité - si ce n'est fait, il est plus que grand temps - en vous rendant d'un clic d'ordi sur le site du Prix Horizon : https://www.marche.be/2eroman/

Nous vous y attendons

Apolline Elter 

09 novembre 2017

Majda en août

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La pluie tombait, tiède et fine. Elle tirait sa petite valise à roulettes dans les flaques, sur le bord de la route; ses pieds étaient nus; ses joues noires de crasse. Le délire l'avait menée vers les rivages salés de son enfance, l'aveuglante lumière du Sud. À toutes les personnes qu'elle avait croisées ce jour-là, elle avait demandé: Babylone, c'est encore loin?

Ains’Incipit  un roman poignant. 

Sa lecture ne vous laissera pas de marbre.

  Aînée d’une fratrie nombreuse – constituée de seuls garçons -  Majda subit, à l’entrée de l’adolescence, les  persécutions de son entourage,  puis le viol perpétré par une bande amie de son frère Aziz. Aussitôt, elle en est salie au regard des autres et  le sien .Sa vie ne sera dès lors qu’une tentative de fuite – par les études et une maîtrise en sociologie  - d’oubli, « suite vertigineuse de petits hauts et de grands bas. »

Des crises de délire vont se succéder qui lui vaudront de retourner –  en ce torride mois d’août 2014 – chez ses parents.  Brave couple  maghébin, Fouzia, tunisoise, et Ahmed algérois, venus s’établir dans le sud de la France dans les années soixante, se sentent désarmés face à la déchéance de leur fille …

Le roman est court, qu’importe :  il est dense. L’’écriture, puissante,  fait vivre et vibrer les scènes poignantes, transpirer l’instant, la souffrance.

Un roman remarquable

Un deuxième roman…

Apolline Elter

Majda en août, Samira Sedira, roman, Ed du Rouergue 2016, 138 p

 

08 novembre 2017

Prix Goncourt à Eric Vuillard

 A l'ordre du jour ... un retour sur le prix Goncourt

Nous en avions souligné le côté flamboyant,  l'écriture magistrale et reproduisons, ci-dessous,  à votre intention la chronique publiée le 3 juin sur votre blog préféré

Le sympathique destinataire du prix littéraire le plus prestigieux a dû vaincre quatre obstacles externes et de taille pour l'obtention de la récompense : 

                - une date de parution prématurée (premier semestre 2017)

                -  une  facture de récit plutôt que de roman

               - la concurrence du merveilleux Bakhita ( Véronique Olmi)  dont nous souhaitons qu'il obtienne le prix Femina 

                 - la nomination de Françoise Nyssen - qui dirige les Editions Actes Sud  - au Ministère de la culture

 

 Il les a vaincus.  Inclinons-nous avec joie devant la décision du Jury du Prix Goncourt

D'autant que le récit est dense, il est court

Ca fait du bien par les temps qui courent

Vive la littérature, promise à de beaux jours

Apolline Elter

 

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 Après un 14 juillet qui avait enflammé, à la rentrée,  notre gastronomie livresque( voir chronique sur ce  blog) Eric Vuillard nous revient avec un récit tout aussi flamboyant et nous plonge, d'entrée de pages, au coeur d'une réunion historique qui vit, le 20 février 1933, vingt-quatre patrons d'entreprise - les plus prospères d'Allemagne - accorder leur soutien à Hitler.

" Et ils se tiennent là, impassibles, comme vingt-quatre machines à calculer aux portes de l'enfer."

 Et le lecteur subjugué d'assister à la montée en puissance méthodique d'Hitler et des siens, Goebbels, Goering et charmante compagnie, à la singulière cécité de Lord Halifax, surdité du président Lebrun,  humiliation de Schusshnigg, le chancelier autrichien qui voit imposer à son pays des mesures insoutenables tandis que l'Allemagne interdite de fabrication de chars depuis le traité de Versailles (1918) reconstitue, hors frontières, son équipement d'assaut.

"Une armée en panne, c'est le ridicule assuré."

L'annexion de l'Autriche  par l'Allemagne nazie, le 12 mars 1938, relève tant du machiavélisme que du rocambolesque, avec la congestion des chars d'assaut, à la frontière, pour panne technique, la fureur du ...Fürher et  l'interminable dîner londonien  qui empêche  Chamberlain de vaquer aux affaires d'Etat pour la simple raison qu'il n'arrive pas à se débarrasser de l'encombrant Ribbentrop ...

On se croit au cinéma tant l'auteur nous fait vivre les événements, les destins particuliers,  avec brio, juste tempo et un humour confondant. 

La farce est tragique: elle a coûté la vie à des millions d'Européens.

La fresque est grandiose, soutenue d'une plume, d'une écriture remarquables.

Apolline Elter

  L'ordre du jour, Eric Vuillard, récit, Ed. Actes-Sud, mai 2017, 156 pp

06 novembre 2017

Le bal des grands prix (littéraires) Mécaniques du chaos

9782246688310-001-t-1.jpg Pour débuter LA semaine des grands prix littéraires, penchons-nous sur la sélection de l'Académie française, qui chaque année ouvre le bal de la saison. En espérant que le titre ne soit en rien prémonitoire ...

"Nos vies s'organisent souvent selon des cycles mystérieux. On ne les comprend qu'après. Trop tard. Le présent nous demeure souvent indéchiffrable."

Le Grand Prix du roman de l'Académie française, aussi, octroyé à Daniel Rondeau

Mécaniques du Chaos, Daniel Rondeau, roman, Ed. Grasset; août 2017, 464 pp 

05 novembre 2017

"J'accuse..! "

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"J'accuse le général Billot d'avoir eu entre les mains les preuves certaines de l'innocence de Dreyfus et de les avoir étouffées, de s'être rendu coupable de ce crime de lèse-humanité et de lèse-justice, dans un but politique, et pour sauver l'état-major  compromis." 

" J'accuse....!", Emile Zola, Lettre ouverte, texte intégral +  dossier par Philippe Delpeusch, Ed. Folio+ collège, nov. 2017, 100pp, 2.9 €

 

04 novembre 2017

J'exulte!

Je l'attendais, de pied et libraire fermes, elle est là

La célèbre lettre qu' Emile Zola

Au Président Faure adresse

Par voie de presse

Voix de détresse

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Destinée aux élèves de quatrième - nous le sommes tous - la publication intégrale de la lettre ouverte, "J'accuse" parue en première page du quotidien L'Aurore, le 13 janvier 1898,  est assortie d'un dossier clair et didactique. 

 Son auteur, Philippe Delpeuch,  restitue le contexte exact de l'émission explosive de la lettre, le climat politique, social et culturel qui entoure l'Affaire Dreyfus, analysant le fond, la structure et la forme de ce monument du journalisme engagé.  Un engagement qui vaudra à Zola l'exil  - en Angleterre - si ce n'est son décès accidentel, le 29 septembre 1902.

" J'accuse....!", Emile Zola, Lettre ouverte, texte intégral +  dossier par Philippe Delpeusch, Ed. Folio+ collège, nov. 2017, 100pp, 2.9 €

 

03 novembre 2017

Les Insolittéraires de la Foire du Livre de Bruxelles

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agenda.jpgC'est avec une joie pimentée de curiosité que nous relayons l'initiative extra muros de la Foire du Livre de Bruxelles, à savoir la rencontre intra muros de la rédaction de La Libre Belgique d'Alexandre Jardin,à l'occasion de la sortie de son récit d'hommage Ma mère avait raison, Rd. Grasset, oct .2017

La rencontre aura lieu, le mercredi 15 novembre, de 20:00à 21:30 au sein de la rédaction du célèbre quotidien, rue des Francs, 79 à 1040 Bruxelles

La participation est de 5 €

L'inscription se fait via l'adresse; jeparticipe@lalibre.be  µ

Tél. 02-290.44.31

Un insolite qui devrait plaire à l'écrivain

Je vous reviens sous (très) peu avec la chronique du récit

Votre Apolline 

 

02 novembre 2017

Les jours où les lions mangeront de la salade verte

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Nous avions découvert Raphaëlle Giordano en routinologue ( Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n'en as qu'une - voir chronique sur ce blog; l'ouvrage sera bientôt adapté au cinéma) , nous la retrouvons avisée burnologue.

Késesa? 

Friande de néologismes et de la mise en scène  romanesque de concepts de bon sens via ce qu'il convient d'appeler des feel good book , Raphaëlle Giordano nous propose désormais  de lutter contre la burnerie, ce fléau  qui pourrit la vie, de ceux qui en sont porteurs ou victimes.

La burnerie, c'est l'arrogance, le manque de conscience de l'autre et partant de respect, de simple courtoisie.  Romane, jeune femme dynamique et par moments, volcanique, a décidé de lui livrer un combat sans merci. Elle anime à cette fin des séminaires pour amener bourreaux et victimes de burnerie à un aimable modus vivendi.

La session qu'elle entame va lui donner corde à retordre, en la personne de Maximilien Vogue,  aussi brillant PDG que pétri d'une burnerie puissante et ancrée...

Le jour où les lions mangeront de la salade verte, Raphaëlle Giordano, roman, Ed. Eyrolles, juin 2017, Ed. Audiolib,  août 2017, texte intégral lu par Léovanie Raud, durée:  8 h55 

 

01 novembre 2017

Victoria & Abdul

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Elle s'appelle Victoria (Judi Dench) reine fatiguée et revêche du Royaume-Uni et des Indes, ... Son par trop long règne  s'éternise, en une succession d'obligations, de banquets , oppressé d'une étiquette stricte et  d'une série de courtisans very british.... 

Alors quand surgit Abdul Karim (Ali Fazal), jeune musulman indien venu solennellement lui offrir un mohur, son royal sang ne fait qu'un tour, elle renaît à la vie, bientôt à la gaieté.

Inspirée d'une histoire vraie, largement pimenté de scènes cocasses à la sauce anglo-saxonne - on croit assister au Grand Hôtel Budapest -  l'amitié singulière, teintée d'amour maternel, entre Victoria et Abdul, ouvrira à cette dernière une fenêtre sur la vraie vie, celle de ses colonies, dotera ses poumons presque éteints d'un souffle d'oxygène salutaire. Elle sera très mal perçue de son entourage, de son royal fils Bertie....

Un film distrayant à visionner absolutely en version originale

Merveilleuse prestation de Judi DENSH

A Elter

Confident royal,  un film de Stephen Frears, en salles depuis le 4 octobre 

31 octobre 2017

Lettre d'adieu du Che à ses parents

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La biographie que Jean Cormier consacre au charismatique Che, comprend des extraits de lettres éloquents.

Ernesto Guevara écrivait bien, il était artiste à ses heures.

A ses parents qui n'ont peut-être pas toujours cerné les enjeux de son combat -  on peut les comprendre  - le condottiere adresse une dernière lettre, dont je vous livre un court extrait. S'il n'est pas kamikaze, le Che est prêt à sacrifier sa vie pour son combat en faveur de la liberté:

(...)

Je crois en la lutte armée comme unique solution pour les peuples qui veulent se libérer, et je suis conséquent avec mes croyances.

Beaucoup me traiteront d'aventurier, et j'en suis un, mais d'un type différent, et de ceux qui risquent leur peau pour défendre leurs vérités.

Il se peut que cette fois soit la dernière. Je ne le cherche pas, mais c'est dans le calcul logique des probabilités. Si c'est le cas, je vous embrasse pour la dernière fois. (...)

 Che Guevara- Le temps des révélations, Jean Cormier, essai, Ed. du Rocher 1995,  6e éd.,  augmentée, sept. 2017,  540 pp

30 octobre 2017

Anémie du sentiment

freya.jpg" C'était une femme rude qui se saignait aux quatre veines. A force, elle souffrait d'une anémie du sentiment"

Les mystères de sainte Freya, Armel Job, roman, Ed. Robert Laffont, 2007

29 octobre 2017

La vérité romanesque

Van der Plaetsen - c.jpgthéière high tea.jpg

J’aime infiniment ce type de situations improbables, ces instants, rares et parfois incongrus, dans une existence où la réalité, avec tout ce qu’elle peut comporter de trivial, rattrape et rencontre la grande histoire. J’y vois, dans sa souveraine liberté, le principe même de la vie, que la fantaisie vient alors sertir et rehausser avec une exubérance qui n’est jamais vulgaire. Dans ces moments-là, il me semble que la vérité de l’instant s’accroît de la force de la réalité pour atteindre à la vérité romanesque, qui, elle, est universelle.

 La Nostalgie de l'honneur, Jean-René Van der Plaetsen, récit littéraire, Ed. Grasset, septembre 2017, 240 pp

 

28 octobre 2017

La Nostalgie de l'honneur

Van der Plaetsen - c.jpg"Une certaine conception de l'honneur peut conduire un homme à se dépasser jusqu'à se transcender - et à mourir pour l'idée qu'il se fait de la vie dont il est l'obligé."

C'est à la vie et surtout à l'action de son grand-père maternel, le Général Jean Crépin, qu'est dédié le récit de Jean-René Van der Plaetsen.

            Une vie, un destin qui se décide le matin du 28 août 1940, à Manoka (Cameroun) et voit un jeune capitaine d'artillerie, marié, père de deux fillettes, rallier le Général de Gaulle et le combat pour la France libre, prêter serment d'une fidélité qui jamais ne faillira.

Bras droit du (futur) maréchal Leclerc - alias Philippe de Hauteclocque (1902-1947) -  Jean Crépin est nommé colonel à trente-deux ans. Il commande alors l’artillerie de la Deuxième Division blindée, la fameuse 2e DB.

" Si l’infanterie est la reine des batailles, comme on l’a souvent dit, l’artillerie en est l’impératrice. Ce que Napoléon, qui était artilleur de formation, traduisait ainsi, avec son génie de la concision : « Le feu est tout, le reste est peu de chose ». C’est en effet l’artillerie qui prépare les victoires. "

La victoire de la France, ce Compagnon de la Libération la célèbre le 26 août 1944, sur les Champs-Elysées, aux côtés des généraux Leclerc et de Gaulle, " ces deux hommes auxquels il avait voué son existence et qui ont donné un sens supérieur à sa vie" ; elle lui coûte celle de son épouse le 8 septembre suivant - mutilée par une mine antipersonnel allemande - et un profond sentiment de culpabilité.

Remarié en 1947, l'officier enchaîne, à contre-coeur, l'Indochine, avec ardeur, l'Algérie, avant d'accéder à la vice-présidence de l’Aérospatiale, futur Airbus group, aux présidences de Nord-Aviation, d'Euromissile et d'assurer des missions supérieures, secrètes et névralgiques de développement stratégique.

A travers sa personnalité, son action, son humilité, c'est également " les vies admirables de ces Boissieu, Dio, Massu, Messmer, Simon ... " que Jean-René Van der Plaetsen célèbre, réalisant, d'une plume alerte et fluide, un essentiel devoir de mémoire, de transmission.

            Un récit édifiant.

Apolline Elter

La Nostalgie de l'honneur, Jean-René Van der Plaetsen, récit littéraire, Ed. Grasset, septembre 2017, 240 pp

 

Billet de faveur

AE : Vous rendez au panache – cocktail d’honneur et d’humilité qu’incarne votre grand-père – ses lettres de noblesse ; notre époque en semble moins pourvue. Imputez-vous cette attitude à une forme d’arrogance qui nous fait voir la vie comme un dû, un droit acquis, nous libérant d’obligations à son égard ?

Jean-René Van der Plaetsen :

Tout à fait. Je pense que, la vie nous étant donnée, il convient de s’en réjouir et d’apprécier à sa juste mesure l’immense chance qu’est le simple fait de pouvoir vivre. Mais je pense aussi que certaines obligations nous incombent lors de notre passage sur terre. Certaines tombent sous le sens, comme de s’efforcer d’être heureux, de respecter ceux qui nous entourent, ou encore d’essayer de progresser dans les domaines qui sont propres à chacun ; d’autres le sont moins aujourd’hui parce qu’elles se perdent ou que nous les avons oubliées. Parmi celles-ci, il y a le sens de l’honneur qui, selon moi, doit nécessairement être accompagné du souci de l’humilité.

AE :  votre grand-père vous a en quelque sorte institué dépositaire de sa mémoire : vous étiez seul garçon, il vous sentait imprégné de ses propos.  Le fait d’avoir un fils à votre tour a-t-il amplifié l’urgence de cette transmission ?

Jean-René Van der Plaetsen :

Certainement. Ce livre n’est pas seulement le récit de vies d’hommes héroïques ou exemplaires, c’est aussi une histoire de transmission et d’héritage. L’éternelle histoire du vieil homme et de l’enfant, au fond. J’espère que mon fils, âgé de dix ans, saura trouver dans ce livre des enseignements qu’il transmettra à son tour à ses enfants. Car je crois que ces valeurs de courage et de droiture dont il est question dans La Nostalgie de l'honneur n’ont pas d’âge, même si certains les jugent dépassées aujourd’hui, et qu’elles peuvent servir à tous les temps.

27 octobre 2017

La Nostalgie de l'honneur

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"La nostalgie de l’honneur est un mal étrange, une forme de neurasthénie, très peu répandue de nos jours, qui vous oppresse et vous étreint le cœur par intermittences. C’est une maladie rare, assez romantique, donc pas si grave, mais suffisamment ennuyeuse tout de même pour vous gâcher plusieurs journées par mois, une maladie dans laquelle il entre une bonne dose de dépit devant l’observation du monde tel qu’il est et tel qu’il tourne, un peu comme le fut la mélancolie, mal du XIXe siècle. Je le sais, et je puis en témoigner : je souffre de ce mal depuis mon adolescence."

Ains'Incipit le récit d'hommage, de transmission,  que rend Jean-René Van der Plaetsen à son grand-père, le Général Jean Crépin, bras droit du Maréchal Leclerc, durant la Seconde Guerre.  Un récit marquant. Il sera à .. l'honneur de notre blog, tout ce week-end durant.

La Nostalgie de l'honneur, Jean-René Van der Plaetsen, récit littéraire, Ed. Grasset, septembre 2017, 240 pp

 

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26 octobre 2017

Une mère

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"Ma mère n'était pas un exemple. Simplement une personne singulière, d'une joie et d'une puissance de vie admirables. Son souvenir m'accompagne. Qu'il accompagne le lecteur de ce livre, en lui faisant penser à d'autres êtres de cet ordre, et je serai content."

 A Sabine Sobczac, sa mère, décédée début juillet 2016, Stéphane Audeguy rend le plus digne des hommages, traçant sa vie, ses deux mariages et son portrait, sous forme d'une "tendre élégie", mâtinée d'humour mais surtout d'amour.

 Troisième de fratrie, l'écrivain a conscience d'avoir été désiré "fille"; il analyse finement  les répercussions de cette espérance déçue dans les rapports avec sa mère et son propre avènement à l'écriture.

 Des noms successifs de Sobczak, Audeguy et Julienne qui structurent l'histoire de  cette mère et les parties du récit,  jaillit son prénom de "Sabine" , chapeau de la quatrième et dernière partie ,  voie d'accès à la femme, à  son être intime.

Ce faisant, et c'est le motif du titre, de la publication, Stéphane Audeguy, entend, par le biais de la sienne, rendre hommage à toutes les mères singulières. Les nôtres.

 Un enfant admire sa mère; cela n'est rien.Elle se trouve, rétrospectivement, mériter cette admiration ?  Voilà qui est un peu mieux. Et si je me permets de l'évoquer publiquement, c'est pour celles à qui elle ressemble, et pour saluer leur courage

Une mère, Stéphane Audeguy, élégie, Ed. du Seuil, sept. 2017, 160 pp

 

25 octobre 2017

La dernière tournée... (en) chantée de Michel Sardou

 Belges etsardou.jpg Belges, 

Fort de cinquante années chantées et d'un répertoire de 350 titres, Michel Sardou tire une  révérence enchantée: il se consacre désormais aux planches, à son métier de comédien.

La salle de Forest National ( Bruxelles) était donc comble, hier, pour la première représentation d'une tournée de quatre soirées,  le public, comblé.

Il faut dire qu'il lui est acquis, son public : Michel Sardou n'a pas à lacer son noeud papillon que déjà  Papys et Mamys se lèvent et trémoussent  de liesse et d'allégresse.  Et le monstre sacré d'arriver, tel le Messie, les bras larges ouverts pour célébrer , d'une gestuelle certes modérée - voire minimaliste - un répertoire tellement actif au fond de nos mémoires.

D'enchaîner Salut,  la Java de Broadway, La maladie d'amour,  les Ricains, Vladimir Illitch, Les vieux mariés, Le successeur, My way, Femmes des années quatre-vingts, Le France, Les Cathédrales, La dernière danse    .. soutenu d'une orchestration, acoustique,  effets de scène et de lumières magistraux . D'associer Barbara, Jackie Sardou, sa mère, ...  en une "nostalgie du futur" affirmée.

D'intégrer deux nouveaux titres , San Lorenzo (dédié au Pape François - peu convaincant)  - et le (beau) Figurant, issu de son album Le choix d'un fou

Un choix que j'aurais souhaité, pour sa tournée, moins..  convenu

Que diable Michel ne nous avez-vous  offert les sublimes Vincent, Elle pleure son homme, ...

J'en aurais vibré d'émotion..

Mais votre public était acquis et vous l'avez, une nouvelle fois séduit

Ajoutons que votre voix n'a rien perdu de sa puissance, de son velouté, elle aurait même gagné en densité

Alors, bon vent pour cette dernière tournée

 

Apolline Elter

Michel Sardou, La dernière danse- A Forest National, du mardi 24 au vendredi 27 octobre 

 

24 octobre 2017

24 octobre 2017 : les dix ans de votre blog préféré

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 Très chers visiteurs,

L'émotion me saisit, ce jour, tandis que je rédige votre billet quotidien.  Voici dix ans naissait ce blog - dont vous êtes les hôtes nombreux, bienvenus -  au creux chauffé du Pavillon de la Littérature, déjà niché en son écrin de verdure...

Dix ans de billets quotidiens et d'une fidélité - la vôtre - jamais démentie

Je vous en remercie.

Et vous dis

A demain!

Apolline Elter 

23 octobre 2017

D'une mère l'autre

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Les coïncidences thématiques de l'actualité littéraire  nous invitent à voir dans l'hommage que rend Stéphane Audeguy à sa mère, une sorte de pendant masculin aux propos de Blandine Rinkel et de son merveilleux Abandon des prétentions (Ed. Fayard, 2017) hôte d'honneur de notre blog, ce week-end frais passé.

Rendez-vous jeudi 26 octobre, sur votre blog préféré pour le compte rendu de lecture d'Une mère.

 S’il n'entre pas dans mon projet de fatiguer le  lecteur avec des histoires de famille qui ne m’intéressent  pas moi-même, il faut pourtant situer cette famille Audeguy, qui fut la sienne pendant tant d'années, et dont je ne me suis pas spécialement soucié depuis plus de trente ans, ayant mieux à faire.

 

Une mère, Stéphane Audeguy, élégie, Ed. du Seuil, sept. 2017, 160 pp

 

 

22 octobre 2017

Qu'est-ce qu'une vie réussie ?

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"Qu’est-ce qu’une vie réussie ? », ce matin, elle a jeté le post-it du frigidaire à la poubelle, avec d’autres morceaux de papier vieux et décollés, qu’il faudra bientôt remplacer par de nouveaux billets et préoccupations, qui à leur tour disparaîtront, absorbés par le quotidien, qui toujours suit son cours, et elle suivra aussi le sien."

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   L'abandon des prétentions, Blandine Rinkel, roman, Ed. Fayard, janvier 2017,  248 pp

21 octobre 2017

L'abandon des prétentions

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 C'est avec humour que Blandine Rinkel, attributaire de la Bourse découverte, décernée le 5 octobre par la Fondation Prince Pierre de Monaco, des mains de sa Présidente, S.A.R la Princesse de Hanovre (as Caroline de Monaco)  pour son premier roman, L'abandon des prétentions, souligna l'inadéquation apparente du titre...

Avec en point de mire, le portrait de sa mère, Jeanine, sexagénaire, frais retraitée,   Blandine Rinkel révèle, en effet, une belle plume, tantôt ciselée à la façon d'un orfèvre, tantôt déliée sur un mode plus récréatif . .et créatif , pétrie de métaphores inventives et d'un humour mâtiné de tendresse.

C'est qu'on a bien envie de la connaître, cette Jeanine, généreuse, loufoque, inattendue, "femme-oreille" qui apprend l'arabe sitôt sa retraite entamée, fait de sa cuisine fuschia un lieu d'écoute sociale et de confidences, administrant aux écorchés de la vie  force crèpes et cidre.

Il lui arrive d'être grugée mais la "douceur l'emporte toujours sur la méfiance." , de ne savoir que dire -  Jeanine, agitant vainement sa cuillère dans sa tasse sèche , fixait Moussa avec un regard compliqué, à la fois vide et grave, ignorant mais concerné".- mais elle se donne tout entière avec une candeur aussi jubilatoire que désarmante.

Une coeur simple? 

Oui mais sur un mode volontaire. Assumé.

Contre la tyrannie des ambitions, elle a préféré affiner sa part sensible : plutôt que les dîners à plusieurs, elle choisissait les tête-à-tête, au champagne qui frappe préférant le cidre doux ; plutôt que de s’inscrire au concours pour l’agrégation, qu’on lui conseillait de passer, elle apprit la peinture et effeuilla des livres d’histoire"

Sujet d'observation, d'étonnement, d"étude déconcertée pour sa fille, Jeanine jaillit de ce portrait dans toute la splendeur de son altruisme et d'une sagesse peu commune.

Elle devient oeuvre d'art,  mirée dans le regard adulte, pénétrant et aimant de la narratrice,  mue créatrice par une  sorte d'inversion de leurs autorités respectives 

"Peut-on en vouloir à quelqu'un de ne jamais en vouloir à personne

Une lecture subtile, drôle, bienveillante, bienfaisante .. hautement recommandée.

Apolline Elter

   L'abandon des prétentions, Blandine Rinkel, roman, Ed. Fayard, janvier 2017,  248 pp

Billet de faveur

AE :  Tout entière dévouée aux tiers, votre mère ne paraît pas avoir une grande estime d’elle-même. Ce n’est pas son propos ; Comment a-t-elle réagi à l’annonce de l’attribution du prix et de la bourse découverte de la Fondation Prince Pierre de Monaco ?

 Blandine Rinkel : - Jeanine n'a pas grande préoccupation de son propre ego, mais ça ne l'empêche en rien de se réjouir quand quelque chose de réjouissant et d'étonnant advient, comme l'obtention d'un prix - fusse un prix pour un livre dont elle est le centre. L'ironie joyeuse de ce prix décerné dans l'Opéra Garnier de Monaco pour un livre portant le titre  "L'abandon des prétentions" l'a amusée et émue,  elle voulait en savoir plus, sur la cette ville, ses humains, le Palais, les paysages, les protocoles et les cérémonies. Le réel est cocasse et porteur de mille histoires : l'obtention de ce prix en était une nouvelle, un récit à broder, une petite odyssée, et sur ce point, ma mère et moi sommes semblables, avides d'épopées minuscules comme celles qui grouillent partout à Monaco, donc sans hésiter : joie. 

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Blandine Rinkel  (au centre) attributaire de la Bourse découverte attribuée, ce 5 octobre dernier, par la Fondation Prince Pierre de Monaco