21 février 2017

La La Land

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C'est LE film dont on parle, la plupart du temps en bien et même très bien; notre confrère Hugues Dayez, qui rarement garde langue en poche, la déroulait en dithyrambe convaincu, assez convaincant.

Nous vous devions une opinion perso.

Joyeuse et soutenue d'une belle orchestration, de chorégraphies magnifiques et parfaitement synchro , la comédie nous mène en un monde magique, holywoodien et onirique, celui des rêves de Séb ( Ryan Gosling) , pianiste de jazz en devenir, de Mia (Emma Stone) , comédienne qui essuie les échecs de castings.  Leur coup de foudre, pas vraiment commandé, leur amour, en construction,  leur permettra-t-il de réaliser leurs rêves en un monde qui ne leur fait pas de cadeau? 

C'est tout l'enjeu du film, traité plus subtilement que son argument ne le laisse supposer.

La confrontation du rêve et de la réalité évite au film de verser dans le désuet, tout en offrant des clins d'yeux répétés aux célèbres  comédies musicales.

Un exercice plutôt réussi pour une comédie de charme et de belle musicalité

Que demander de plus ? 

D'opter absolument pour une version originale (en anglais d'USA)

A Elter

 

La La Land, Une comédie de Damien Chazelle (USA), avec Emma Stone et Ryan Gosling

 

 

 

20 février 2017

Mortel atout

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" Les morts ont sur nous ce droit inaltérable d'une vie à jamais privée" 

 

 Madame Zola, Evelyne Bloch-Dano, biographie, Ed Grasset, 1997, 372 pp ( rééditions en Livre de Poche) 

19 février 2017

sibyllines étiquettes

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" Les livres me sont comme des boîtes closes, aux étiquettes terriblement sibyllines et excitantes, et je suis quelqu'un de curieux(...) je veux savoir ce qu'ils renferment, je ne sais pas m'arrêter."

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Une activité respectable, Julia Kerninon, récit, Ed Brume au Rouergue, janvier 2017, 64 pp

18 février 2017

Une activité respectable

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Primée, en 2016,  par le prestigieux prix de la Closerie des Lilas ... et par notre blog, pour son merveilleux Dernier amour d'Attila Kiss (Ed du Rouergue- billet de ferveur en vitrine du blog), Julia Kerninon est déjà, bien que fraîche trentenaire, une grande romancière. Une vraie, pure, de la race de ceux qui ne trichent pas, qui enveloppent  les lecteurs d'une musique, d'une ambiance à nulle autre pareille.

Il est  intéressant,  dès lors,  de connaître la genèse de son écriture.

Née de parents bibliophages, Julia contracte dès sa prime enfance la passion de la lecture. Rien n'échappe à son intérêt, ni la composition des shampoings, ni les étiquettes des vêtements... Un rythme de vie s'installe tôt qui la structure maintenant encore, stimulée par ses précieux mentors.

Alternant jobs alimentaires, de "serveuse par accident"  et longues retraites d'écriture -  telle l'année 2007 vécue en solitude extrême à Budapest -  Julia Kerninon se révèle peu à peu à elle -même, aux lecteurs fascinés..

"... et je suis exactement ça, je suis aussi les fille des cinq étés écrasants d'amour et d'alcool, celle qui fait des choses, et qui sait que c'est seulement pour cela que je peux écrire des livres."

Ode à la littérature, au travail physique, aux racines familiales et expériences fondatrices de l'écriture, cet essai est lui aussi un bijou de lecture.

Je vous le recommande.

Apolline Elter

Une activité respectable, Julia Kerninon, récit, Ed Brume au Rouergue, janvier 2017, 64 pp

 

17 février 2017

Troisième roue de nos" 4 L"

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 Le Pavillon entamait, hier jeudi, la troisième roue de ses cycles d'actualité littéraire

Voici les ouvrages présentés au cours de nos conviviales tablées 

Romans- pièce

 Le dernier chômeur, DJF Audebert

  • Histoire du lion Personne, Stéphane Audeguy
  • Hong Kong Blues, Alain Berenboom
  • Les années Solex, Emmanuelle de Boysson
  • Intimidation, Harlan Coben
  • Danser au bord de l’abîme, Grégoire Delacourt
  • Désorientale, Négar Djavadi
  • Pamela, Stéphanie des Horts
  • Voici venir les rêveurs, Imbolo Mbue
  • Gabrielle d’Estrées ou les belles amours, Isaure de Saint Pierre
  • Le tableau, Laurence Venturi

  Essais – biographies

 

  • Vie de ma voisine, Geneviève Brisac
  • De bruit et de fureur, Virginie de Clausade
  • Victor Hugo amoureux, Christine Clerc
  • La consolation, Flavie Flament
  • Une activité respectable, Julie Kerninon
  • Michel Drucker. Une vie, Franck Lacroix
  • Thomas Jefferson. Vie, liberté et bonheur, André Querton
  • Zinc, David van Reybroeck
  • Antoinette Spaak, Francis Van de Woestyne
  • L’humour du côté de chez Proust, Hippolyte Wouters
  • En 1939, l’Amérique commence à Bordeaux, Yourcenar

Beau- livre

 

  • Bakst, des ballets russes à la haute couture (coll., Opéra Garnier)

   Audiolivres

         . 3 minutes à méditer, Christophe André

  • Le terrorisme expliqué à nos enfants, Tahar Ben Jelloun
  • Des chauves-souris, des singes et des hommes, Paule Constant

 Rétroliseur

  • Un sac de billes, Joseph Joffo (1973)

  Idées-VD

  Retour chez ma mère, Eric Lavaine

 Vous en trouverez chroniques, of course, sur votre blog préféré

Apolline Elter 

16 février 2017

Le terrorisme expliqué à nos enfants

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La langue est claire, factuelle et sans tabou.

D'un dialogue vivant avec sa fille, musulmane aussi, le célèbre écrivain, philosophe, Prix Goncourt 1987 pour sa célèbre Nuit sacrée (Ed. Seuil), explique le terrorisme, ses faits, méfaits, exactions, sans aucunement le justifier.

Il remonte à son origine - le régime de la Terreur imposé sitôt après la Révolution - fustige la rupture du contrat social que le terrorisme implique, l'interprétation fallacieuse du dogme islamique qu'il entraîne.

Né à Fès, Tahar Ben Jelloun a appris le Coran par coeur. Il sait ce dont il parle. Il parle aussi merveilleusement aux enfants,  pleinement conscient de leur faculté à saisir la réalité, pleinement convaincu que le seul salut réside dans l'éducation. 

Un dialogue qui place les événements dans une juste perspective historique

Très instructif pour les adultes que nous sommes

Apolline Elter

Le terrorisme expliqué aux enfants, Tahar Ben Jelloun, Ed. Seuil , août 201, - Audiolib, janvier 2017, texte intégral lu par Jean-Paul Solal et Astrid Roos, durée 3h06

 

 

15 février 2017

Un sac de billes

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Porté pour la deuxième fois à l'écran- la première, c'était en 1975, peu après la parution du récit éponyme -  le film Un sac de billes a pour réalisateur le Québécois, Christian Duguay, celui même qui réalisait, voici deux ans, Belle & Sébastien, l'histoire continue. Et cela se sent. D'ailleurs il s'est à de nouveau adjoint la musique d'Amand Amar. On se retrouve donc en famille.

Merveilleuse relation de fraternité entre deux enfants juifs , Maurice et Joseph Joffo , respectivement campés par Batyste Fleurial et le formidable Dorian Le Clech, le récit les porte sur les routes de Paris à la zone libre, bientôt occupée, elle aussi, constamment traqués par la répression nazie.  Patrick Bruel est très convaincant en Roman Joffo, le chef de famille, qui mourra à Auschwitz, Elsa Zylberstein, son épouse lui donne idoine réplique au point que Joseph Joffo (85 ans) dit avoir retrouvé en eux l'image de ses parents,  en ces années de guerre.

Un film grand public, émouvant, soutenu de sentiments tranchés. 

Il préfère le registre du beau, du poignant, aux scènes par trop sordides que les films offrent généralement sur le sujet.

Gageons que le best-seller de Joseph Joffo (Ed. JC Lattès, 1973)  gagnera encore des milliers de lecteurs

Apolline Elter 

14 février 2017

Mar-dites-moi, Sire

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   Point n'est fortuit que de produire, en ce jour valentinesque,  l'extrait d'une lettre d'amour adressée par Henri IV à sa chère maîtresse Gabrielle d'Estrées (1573-1599) .

   Séduit par la beauté, la grâce et la fraîcheur de la jeune fille -  à l'heure de leur première rencontre, Gabrielle n'a pas 17 ans, Henri en a vingt de plus - le volage souverain en tombe éperdument amoureux, lui conçoit quatre enfants et songe à l'épouser.  La mort,en (suite de)  couches, de Gabrielle, le 10 avril 1599, l'empêchera de conclure l'union.

Séparé de ses "Belles Amours", le roi lui envoie des missives passionnées:

"J’ai vu par votre lettre la hâte qu’avez d’aller Germain. Je suis fort aise qu'aimiez bien ma sœur: c'est un des plus assurés témoignages que vous me pouvez me rendre de votre bonne grâce,  que je chéris plus que ma vie, encore que je m'aime bien. C'est trop causé, pour vous voir si tôt. Bonjour,  mon tout. Je baise vos beaux yeux des millions de fois.

              Ce douzième septembre,  de nos délicieux déserts de Fontainebleau."

 

 Gabrielle d'Estrées ou les belles amours, Isaure de Saint Pierre, Ed Albin Michel, février 2017, 400 pp

 

 

13 février 2017

Le lendemain d'éveil

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© Peyo

 

Sont-ils doux, les lundis matins

Aux réveils de week-end multi-animés...

Mâtinés de mots câlins

Et d'esprits bien disposés 

 

Apolline, Les pensée fracassées du Lundi

12 février 2017

Traversé par les frontières

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  "Sans avoir déménagé une seule fois de sa vie, il [NDLR: Joseph/Emil Rixen] a été successivement citoyen d'un État neutre, sujet de l'Empire allemand, habitant du royaume de Belgique et citoyen du troisième Reich. Avant de redevenir belge, ce qui sera son cinquième changement de nationalité, il est emmené comme prisonnier de guerre allemand. Il n' a pas traversé de frontières, ce sont les frontières qui l'ont traversé."

 Zinc, David Van Reybrouck, récit, Ed. Actes-Sud,  nov. 2016, 76 pp

11 février 2017

Zinc

Zinc.jpg"C'est peut-être même là qu'elle commence, l'histoire de l'homme perdu dans ses pensées devant la fenêtre, avec les gisements de zinc de Germanie auxquels Pline fait allusion. Mais l'histoire ne connaît pas de signal de départ,seulement un entrelacement de bouts de ficelle à travers les siècles, de corde usée, de haillons imbriqués."

On dirait une fable; c'est un récit Il repose sur des faits avérés, peu connus, hallucinants: la constitution, en 1816,  d''une curiosité de Droit national , minuscule zone neutre,  jouxtant les frontières des Pays-Bas et Prusse, baptisée Moresnet-Neutre, actuelle commune belge,  Kelmis ou, si vous préférerez,  La Calamine, de son appellation franzôsisch.

La faute à qui donc, la faute à Napoléon.....

 Défaite de Napoléon à Waterloo (1815), Congrès de Vienne (1816) redessinent les frontières de la Prusse et des Pays-Bas; le village de Moresnet est l'enjeu de tous les débats, il se voit coupé en trois, réparti entre Prusse, Pays-Bas et une zone minière particulièrement convoitée, Kelmis, riche d'une mine de zinc. Or le XIXe siècle, Paris, Haussmann et compagnie sont particulièrement friands de ce minerai léger et malléable. Il est donc décidé de doter Kelmis d'un statut neutre et temporaire, de baptiser la zone "Moresnet-Neutre". Elle conservera le statut près d'un siècle, un an après l'entrée en guerre de 1914.

" (...), le 27 juin 1915, l'occupant décrétait que Moresnet serait désormais du ressort exclusif des autorités allemandes. Cette situation devait durer trois ans."

Fief de la société Vieille-Montagne (Altenberg), fondée en 1837, le territoire va prospérer. Les directeurs de la célèbre entreprise, dont un certain Saint-Paul de Sinçay (père) ,  "maire" de 'l'entité, ont particulièrement à coeur de soigner leurs administrés, créant une sorte d'utopie de gestion sociale et de personnel,  avec création d'école, souci du bien-être, du bien vivre général. Eldorado de vente d'alcool, Moresnet-Neutre devient aussi foyer actif de pratique de l'esperanto.

Cette singularité historique, David Van Reybrouck a décidé de la décrire par la vie emblématique d'un homme,  Emil Pauly,né Joseph Rixen (1903-1971) ,  illustration vivante - si l'on peut dire - du destin mouvementé de l'entité. Conçu d'un amour ancillaire et d'une mère prussienne, Joseph est recueilli par la famille Pauly, changeant conjointement d'identité et de statut national; la guerre 14 lui vaut une nouvelle nationalité; l'Armistice de 1918 le fait Belge: c'est donc sous les drapeaux de sa nouvelle patrie que Joseph effectue son service militaire en 1923 , "cantonné dans une caserne de Krefeld, sur la rive gauche du Rhin."

Démobilisé en 1926, Emil épouse Jeanne, une Néerlandaise. Le couple conçoit 11 enfants, 9 garçons et 2 filles.

 L'invasion de la Belgique par Hitler, le 10 mai 1940 aura pour effet immédiat d'annexer au Reich les Cantons de l'Est, en ce compris, Moresnet-Neutre, aux motifs et principe idéologique d'un "retour à la patrie", d'entraîner la fracture de nombreuses familles.

" Dans une même famille, on pouvait avoir des garçons qui s'engageaient avec enthousiasme au service du Fürher, tandis que leurs frères se tenaient cachés pendant cinq ans quelque part dans une grange."

Boulanger, quadragénaire et père d'une famille déjà nombreuse, Emil est mobilisé en 1943, envoyé sur le front en 1944, sous uniforme allemand.. et sera donc fait prisonnier allemand, à la Libération, réquisitionné  par De Gaulle comme main-d'oeuvre au service de la reconstruction de la France

 "Et le voilà, Emil, au milieu de soldats allemands et d'anciens nazis, lui qui a donné à son fils le prénom du roi des Belges, et dont la femme a refusé la Mutterkreuz. Le voilà, lui,l'homme qui a participé à l'occupation de l'Allemagne sous l'uniforme belge et à celle de la Belgique sous l'uniforme allemand, lui, l'enfant adultérin, l'homme dont l'identité, tel un bloc de minerai de zinc, a été fondue et refondue si souvent qu'il en est résulté détachement et résignation. Un moderne Job, frappé et éprouvé par l'histoire. Le voilà, Emil, un vieil homme de quarante-deux ans, grelottant et toussant sous une couverture."

Souffrant d'une double affection pulmonaire et cardiaque, Emil doit cesser toute activité professionnelle dès 1952.

Nourrissant ce récit court,  dense, prodigieux, de précisions historiques, documentaires et  du fruit de nombreux entretiens, David Van Reybrouck offre à notre culture, à notre réflexion.. une mine d'or.

Une lecture absolument recommandée

Apolline Elter

Zinc, David Van Reybrouck, récit, Ed. Actes-Sud,  nov. 2016, 76 pp

10 février 2017

Les liseuses de bonne aventure

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© Audrey Siourd

Elles sont paisibles, concentrées, fascinées, fascinantes, .. ces "liseuses" que l'artiste photographe mélomane Audrey Siourd a saisies,  dans les profondeurs du métro et d'un dialogue d'âmes  à livre ouvert, au gré  d'instants échappés au temps, au lieu et  à la promiscuité de la foule .

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© Audrey Siourd

Je vous invite, dès lors, à noter en vos agendas l'exposition multimedia, belle, créative  qui investira, du jeudi 23 février au dimanche 5 mars, de 16h à 20h la galerie La Villa des Arts,  15 rue Hégésippe Moreau ( Paris XVIIIe) 

 

Et à découvrir, déjà, l'accroche musicale d'ambiance de l'expo, particulièrement attrayante:

https://soundcloud.com/liseuses

Apolline Elter

09 février 2017

De bruit et de fureur

"Les faits que vous lirez ici sont réels. Leur mise en mouvement révélera sans doute autant l'auteur que le sujet, puisqu'on ne parle jamais que de soi."

 De_bruit_et_de_fureur.jpg Thierry Le Luron mourait voici trente ans,  le 13 novembre 1986.

On l'avait dit atteint d'un cancer des voies pulmonaires; il décède du SIDA, ce "cancer gay" longtemps considéré comme honteux.

Nièce d'Hervé Hubert, manager et intime du célèbre humoriste, Virginie de Clausade nous fait vivre ses dix derniers mois , depuis révélation de la maladie. Elle engage, pour ce faire, un dialogue poignant entre le SIDA, personnifié en séquences italiques et le combat du courageux trentenaire.

Révélé par la scène dès l'âge de 17 ans, Thierry le Luron s'éteint  à 34 ans, au terme de 17 ans de carrière

Bosseur invétéré, il saisit la vie comme une fête perpétuelle et , innombrables,  les amants d'un soir défilent en son lit; mais il est discret sur sa vie privée et tait son homosexualité, à une époque où le sujet est encore grandement tabou.

Il vit, dans la terreur et grande solitude,  le diagnostic qui se présente à lui, ce mercredi 8 janvier 1986.

C'en est fini du déni. Il lui faut affronter la maladie,  les espoirs qui s'offrent à lui: avec l'aide amicale et généreuse de Line Renaud, Thierry Le Luron participe à un programme-pilote, aux USA, de mise en veilleuse du mal. Mais le rythme effréné de son retour sur scène aura tôt fait de raviver l'ennemi assoupi.

Symptomatique de la perception malveillante du SIDA qui sévit à l'époque,  de la culpabilité induite sur les porteurs du virus, le récit de Virginie de Clausade est empreint de  sobriété, de respect et d'une attraction posthume envers l'imitateur.

Je vous en conseille la lecture

Apolline Elter

De bruit et de fureur, Virginie de Clausade, hommage, Ed Plon, octobre 2016, 270 pp

 

 

08 février 2017

Retour chez ma mère

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 Quadra, divorcée et sans le sou , Stéphanie (Alexandra Lamy)  est contrainte de revenir vivre chez sa mère , la fraîche veuve Jacqueline (Josiane Balasko)

Si elle accueille sa cadette à bras ouverts, en son appartement aixois,  Jacqueline n'en sacrifie pour autant ses manies: levers très matinaux; écoute, en boucle, de Cabrel , parties de scrabble en "duplicate " téléphonique... Elle a aussi un amant (Didier Flamand), s'en cache aux enfants, donnant libre voix aux inquiétudes les plus diverses sur son comportement.

Observation fine  d'une difficile cohabitation entre générations et des reproductions, par les fratries, de scénarios enfouis dans le plus tendre de l'enfance,  le film se déploie, joyeux, alerte et tendre, parfois émouvant. 

Il doit beaucoup au jeu subtil et naturel des acteurs

Je vous le recommande, il vient de paraître en DVD

Apolline Elter

Retour chez ma mère, un film d'Eric Lavaine -août 2016 - DVD 2016  durée 1h31 min.

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07 février 2017

Mar-dites-moi, Emile Zola

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Pédalant à travers la correspondance d'Emile Zola en ces jours peu grisants de grisaille - mais oui, je prépare activement les cours de la rentrée -  je découvre ses lettres de jeunesse - vous en reparlerai - dont la fameuse et infiniment longue "Lettre sur les écrans" qui lui permet de structurer sa pensée du moment. Le futur écrivain est âgé de 24 ans. Il affirme , un brin pontifiant, à son jeune ami Antony Valabrègue :

 "Les écoles n'ont jamais produit un seul grand homme; ce sont les grands hommes qui ont produit les écoles"

A creuser, c'est sûr; nous y reviendrons, cela ne fait pas un pli

-Zola. Correspondance. Choix de textes et présentation par Alain Pagès,Ed. Garnier Flammarion, février 2012, 382 pp

06 février 2017

Pénélopie

Pénélopie, 

La France est jolie ...

Chantent les Poppys

Un peu moins vrai, ces jours-ci...

Des turbuli, cumuli

Pas vraiment jolis, jolis

*

Pour qui 

Prendre parti? 

*

Pénélopie, 

Réponds, je t'en prie, ...

 Apolline, Les pensées perplexes du Lundi

05 février 2017

L'Echanteresse

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Oscar de la Renta l'appelait l'Enchanteresse, elle n'obéissait qu'à ses propres lois. Pamela Churchill a attiré la lumière. Elle ne s'est jamais excusée pour quoi que ce soit. Était-elle une salope ou une fleur bleue amoureuse de l'amour? Une seule personne connaît la vérité, et elle est morte, Dieu ait son âme!

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Pamela, Stéphanie des Horts, Ed. Albin Michel, février 2017, 286 pp

04 février 2017

Pamela

pamela_01.jpg"Pamela Churchill est totalement amorale, bien au-delà du bien et du mal. Elle joue avec la mort et les sentiments, complotant ou sanglotant, choisissant avec application les tenues appropriées et le bras sur lequel elle s'appuiera pour la prochaine sauterie macabre. Car autour d'elle les gens tombent comme des mouches. Il y a la mort qui dévaste, qui assomme, comme celle de Winston Churchill, il y a la mort qui fracasse puis laisse terriblement désemparée, comme celle de Leland, il y a la mort injuste et frivole d'Ali Khan au volant de sa Lancia alors qu'il va dîner chez Lorraine Bonnet, il y a la mort bruyante de Martin Luther King, et soudain voici venue la mort guillerette, courtoise et gracieuse de Marie Harriman."

 Née Pamela Beryl DIGBY, le 20 mars 1920, cette aristocrate anglaise n'aura de cesse, sa vie durant, d'offrir son corps au plus offrant.. d'argent et de gloire. Belle, rousse, flamboyante, elle fascine, séduit, materne, règne sur les hommes bien nés et puissants. Si elle épouse, en premières noces, Randolph Churchill, le fils déjà déclinant du célèbre Winston, elle ne le supporte pas longtemps et passe dans les bras et lits dorés d 'Averell Harriman, Ed Murrow, Ali Khan, Gianni Agnelli, Elie de Rothschild, Maurice Druobn, Leland Haymard....

Sitôt la citoyenneté américaine acquise - nous sommes en 1984 - Pamela crée, avec Averell Harriman, son mari de l'époque,  la PamPAC, fonds d'investissement à fins politiques. Des événements mondains outrageusement payants financeront ses actions. C'est ainsi qu'elle soutient le démocrate Bill Clinton dans sa campagne présidentielle. Ce dernier la remercie en lui offrant le poste d'ambassadrice des Etats-Unis, à Paris. Elle décède le 5 février 1997, dans la piscine du Ritz.

Femme scandaleuse, Pamela intrigue, fascine.. elle éprouve une réelle affection - partagée - pour Winston Churchill, son dear papa, un vrai amour pour Gianni Agnelli, richissime héritier de l'empire Fiat. 

Avec la plume alerte, vive, enjouée  qu'on lui connaît, Stéphanie des Horts fait virevolter, d'un "roman vrai", la vie extraordinaire de cette personnalité ..hors normes

Pamela, Stéphanie des Horts, Ed. Albin Michel, février 2017, 286 pp

 

03 février 2017

Vie de ma voisine

 

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C'est par l'évocation de Charlotte Delbo, résistante déportée dans les camps d'Auschwitz et de Ravensbrück, que la narratrice, fraîchement emménagée en un immeuble parisien, fait la connaissance de sa voisine, Jenny,  une nonagénaire juive, tôt orpheline de parents décédés en déportation.

Et l'attachante vieille dame de revivre pas à pas, d'un récit sobre et factuel, l'inexorable progression des mesures humiliantes et cruelles qui dès l'Occupation enserrent les siens d'un étau d'acier.

" L'obéissance des honnêtes gens au règlement et à la loi faisait partie de ce monde ancien." 

Recensés, affublés d'une étoile jaune - la couleur des traîtres -  les citoyens juifs français seront victimes des rafles successives, celle du billet vert, celle des notables, la tristement célèbre rafle du Vel d'hiv,  le 16 juillet 1942...

 Demeurée seule avec son jeune frère, Jenny sera assistée, recueillie par la Maman de son amie, Monique. Une juste

" Toute ma vie, j'ai séparé les gens en deux groupes, dit Jenny (...) Il y a ceux qui comprennent et les autres. Les autres. Elle n'épilogue pas."

La simplicité de la relation en rend la lecture bouleversante. 

Elle obéit, tout simplement à un devoir de mémoire

Apolline Elter

Vie de ma voisine, Geneviève Brisac, Ed. Grasset, janvier 2017, 180 pp

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Geneviève Brisac est  l'invitée, ce vendredi 3 février, à 20 heures, de la libraire Point Virgule, à Namur (Rue Lelièvre, 1)

© photo JF ¨PAGA

 

Renseignements et réservations par téléphone (081 22 79 37) ou par courriel.

La rencontre est organisée avec le soutien du Service de la Promotion des Lettres.

02 février 2017

Les Années Solex

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  Les madeleines proustiennes sont souvent olfactives.. nous l'avons maintes fois constaté.

" C"'est ainsi qu'il y eut, avant que tout ne se referme, une belle échappée dont il me reste, dans l'armoire de la salle de bain, un flacon de Jolie Madame aux effluves si sucrées qu'une goutte suffit pour que je me souvienne."

C'est ainsi que Juliette, la narratrice, va se plonger dans son passé d'ado post-soixante-huitarde, offrir au lecteur un tableau d'ambiance et d'époque particulièrement incarné.

Fascinée par la conduite très libérée de sa cousine Camille, Juliette tente d'enfreindre les diktats d'une éducation provinciale - elle vit à Mulhouse-  bien trop coincée.  Elle s'éprend de Patrice, lors d'un séjour de Toussaint,  dans le château de ses grands-parents, à Mullerhof.  Les jeunes gens passent une nuit dans un grenier à foin....

Symbole de cette liberté si chère à acquérir, le Solex de Juliette sera ...moteur de son émancipation.

Le roman sort, ce jeudi 2 février, de fête et de Chandeleur

Apolline Elter

Les Années Solex, Emmanuelle de Boysson, roman, Ed. Héloïse d'Ormesson, février 2017, 220 pp

01 février 2017

Danser au bord de l'abîme

9782709659567-001-X_1.jpeg"C’est là, dans un décor semblable à un film de Sautet, dans le coup de feu d’une brasserie à l’heure du déjeuner, dans le bruit de la vaisselle, le brouhaha des conversations, que ma vie a basculé. Là que j’ai vu cet homme."

Emma a tout pour être heureuse. Et il se fait qu'elle l'est. La quarantaine avenante, un mari, trois enfants, ... une existence paisible, aisée, à Bondues, près de Roubaix.

Enclenchée de chapitres comptés à rebours, la  "mécanique du désastre" va faire voler en éclats famille et vie par trop convenue. D'un simple et furtif regard porté à un homme, marié lui aussi...

Est-ce cela la liberté? 

A l'instar de  la chèvre de Monsieur Seguin - dont l'ombre précède la narratrice et e célèbre conte issu des Lettres de mon moulin (Alphonse Daudet)  nous est donné - cadeau - à la fin de la narration- Emma va jouer avec le feu, s'offrir au loup.

Mais là encore, rien ne se passe comme convenu...

Doté d'une structure tripartite, de chapitres courts, dynamiques et d'une poétique particulièrement soignée - Grégoire Delacourt a travaillé la langue, sa musicalité - le roman s'articule autour de l'Eros/Thanatos, de l'amour et de la mort,  de leur fatalité, qui poursuit, nous semble-t-il, la réflexion entreprise dans On ne voyait que le bonheur ( Ed JcLattès, 2014) 

Avec cette différence, cette prouesse .., que cette fois, le narrateur est une femme.

Et cette conviction que Grégoire Delacourt a mis beaucoup de lui en cette écriture

Apolline Elter

Danser au bord de l'abîme, Grégoire Delacourt, roman, Ed. JcLattès, janvier 2017, 320 pp

 

 

31 janvier 2017

Mar-dites-moi, Philippe Néel

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C'est parce qu'elle rencontre le bel et fringant Philippe Néel, ingénieur en chef des chemins de fer tunisiens, qu'Alexandra David succombe, mi-septembre 1900, à une folle nuit en L'Hirondelle, la garçonnière flottante de Philippe. Elle va alors  commettre l'impensable: s'unir à lui d'un "singulier mariage".  Papa David n'en revient pas, qui donne son accord mais point ne se déplace. Le mariage se conclut au consulat de Tunis le 4 août 1904.

Poète à ses heures, Philippe Néel envoyait à ses conquêtes d'un soir et du voilier, le même billet: 

 «  L’image d’un doux souvenir

Vient de s’offrir à ta pensée

Sur la trace qu’il a laissée

                                                              Pourquoi crains-tu de revenir ? «

Alexandra revient mais lorsqu'elle constate que son bien-aimé a envoyé même billet aux autres passagères du voilier., elle n'en ...revient pas.

Cet épisode constitue le premier volet de nos trois mar-dites- moi, spécialement consacrés aux plis d'amour (et leurs couacs) en vue de la Saint-Valentin

A Elter

 

29 janvier 2017

Admiration proustienne

 

Bakst.jpg" Dites mille choses à Bakst que j'admire profondément, ne connaissant rien de plus beau que Schéhérazade.", Marcel Proust

Cité par Stéphane Barsacq, in 

Bakst, Des ballets russes à la haute couture, collectif sous la direction de Mathias Auclair, Sarah Barbedette et Stéphane Barsacq, co-édition BNF/ Opéra de Paris, Albin Michel et AROP, nov.2016, 192 pages (dont 100 illustrations), 39 €

28 janvier 2017

Bakst - Des ballets russes à la haute couture

L'exposition organisée dans la bibliothèque de l'Opéra Garnier - voir billet d'hier - est soutenue d'un (très) beau livre somptueusement illustré, collectif d'auteurs, mené sous la direction de ses commissaires, Mathias Auclair, Sarah Barbedette et Stéphane Barsacq  L'ouvrage entretiendra la gloire d'un personnage, homme-orchestre hors du commun,  la mémoire de ses oeuvres et influences, au-delà de l'événement par trop éphémère organisé au Palais Garnier

Attention, il est encore largement temps d'en programmer la visite en votre agenda: l'exposition ne fermera rideau que le dimanche 5 mars.

Bakst.jpg" De fait, Bakst a mené sa carrière artistique sur tous les fronts: peintre de chevalet, décorateur de théâtre, portraitiste, illustrateur, il fut aussi l'une des figures de l'art décoratif dans ses aspects les plus divers."

Et Stéphane Barsacq de révéler l'art de l'aménagement de son arrière-grand-oncle (1866-1924) des décors intérieurs - chez des particuliers - à ceux de la scène et  des scénographies événementielles (expositions). Un art, un souci de cohérence, d'harmonie poussés jusqu'à la fabrication de meubles.

Son exubérance chromatique marque ses contemporains, Gide, Proust et Rodin. Il veille paternellement sur Picasso, forme Marc Chagall, son disciple. Il est ami de Cocteaun Apollinaire, Matisse et même de notre cher Emile Verhaeren, qu'il rencontre en 1912,à l'occasion de l'adaptation scénique par Ida Rubinstein de son fameux Hélène de Sparte.

Dieu que la guerre est jolie, Dieu que le monde est petit...

Survolant sa vie, son parcours, de Saint-Petersboug à Paris, sa pensée, toutes les faces de son art et d'une créativité sans bornes, qui l'aurait conduit à Holywood si la mort n'avait interrompu son envol, l'ouvrage, richement illustré, rend digne hommage à son génie.

Bakst, Des ballets russes à la haute couture, collectif sous la direction de Mathias Auclair, Sarah Barbedette et Stéphane Barsacq, co-édition BNF/ Opéra de Paris, Albin Michel et AROP, nov.2016, 192 pages (dont 100 illustrations), 39 €

27 janvier 2017

Bakst - Des ballets russes à la haute couture

téléchargement (13).jpgLe 150e anniversaire de la naissance de Léon Bakst ( le 10 mai 186, à  Grodno, actuelle Biélorussie) est merveilleux prétexte à l'exposition monographique d'hommage à son art, protéiforme, au Palais Garnier (Paris IXe)

Sitôt les espaces de contrôle et de billetterie franchis, vous  vous dirigerez vers la bibliothèque-musée de l'Opéra - il faut chercher, les indications sont lacunaires, mais il y a pire enfer que de se perdre en si somptueux dédale ..- pénétrerez au coeur d'un écrin de rêve.

Issues de collections publiques et privées, quelque cent trente pièces, robes, costumes de scène, esquisses, dessins, portraits, tableaux, maquettes de décors, lettres, livrets d'opéra... illustrent le parcours de ce Russe juif dont le nom est communément associé à celui de son compatriote Diaghilev, fondateur des Ballets russes, révèlent les nombreuses facettes du génie, de l'homme-orchestre. Car Léon Bakst concevait opéras et ballets comme un tout, opérant une harmonie totale entre décors, mobilier,  costumes, musique, danses,... et d'une palette chromatique tonique, exubérante,  travaillait la "puissance émotionnelle des couleurs."

Si les décors de Shéhérazade (1910)  restent présents dans toutes les mémoires, offrant au public parisien l'exotisme oriental et voluptueux dont il est friand,  Bakst anticipera le déclin de cette mode pour se retourner vers l'Antiquité. 

Coqueluche du Tout-Paris -à l'instar de notre chère comtesse Greffuhle -  il compte nombre d'amis écrivains-  citons Proust, Cocteau et même Guillaume Apollinaire Robert de Montesquiou et notre compatriote Emile Verhaeren - est proche de l'avant-garde artistique et de Picasso en particulier

Son influence dans le monde des arts et de la mode est manifeste et perdure dans les collections d'hommage que créeront Yves Saint-Laurent (1991), Karl Lagerfeld (1994) et  John Galieno pour Dior (1998), visibles dans la dernière section de l'exposition et d'un parcours, en tous points, envoûtant.

Je vous le recommande vivement

Apolline Elter

 Bakst - Des Ballets russes à la haute couture

Du 22 novembre 2016 au 5 mars 2017

Palais Garnier - 

Commissaires de l'exposition : Mathias Auclair, Sarah Barbedette et Stéphane Barsacq

05:22 Publié dans Agenda, Bon plan | Commentaires (0) |  Facebook |

26 janvier 2017

Des chauves-souris, des singes et des hommes

product_9782072701344_195x320.jpg"Dans un village africain, une fillette heureuse cajole une chauve-souris. De jeunes garçons rapportent fièrement de la forêt le cadavre d'un beau singe au dos argenté. Ainsi débute une série d'événements qui frappent tour à tour les protagonistes de cette histoire : habitants des cases, coupeurs d'hévéas, marchands ambulants, piroguiers, soignants, et même primatologues en mission.
Un mal pernicieux se propage silencieusement au pied de la Montagne des nuages, et le long d'une rivière sur laquelle glisseront bientôt les pirogues funèbres. La plupart l'ignorent superbement, d'autres en cherchent vainement l'explication dans la magie, la science ou la nature.
Paule Constant nous fait vivre ce conte déchirant de notre temps, dans un style dont la paradoxale légèreté parvient à nous faire partager tant de douloureuses péripéties, en nous conduisant aussi pas à pas vers une fin qui n'est peut-être qu'un autre début. "

Si je pioche l'argument de ce beau conte, sur le site de l'éditeur, c'est que, je vous l'avoue, bercée par la voix et merveilleuse lecture qu'en opère la comédienne Marie-Christine Barrault, j'ai perdu rapidement le fil narratif des événements... Un conte d'ambiance, donc, qui, sous un titre steinbeckien,  confronte l'émergence d'un virus effroyable, d'une épidémie -  sous la fièvre, se révèle Ebola -  l'intervention de MSF et d'une vaste campagne de vaccination, les peurs abyssales, recherches de boucs émissaires, us, moeurs  et croyances des populations locales.

Une lecture envoûtante

Apolline Elter

Des chauves-souris, des singes et des hommes, Paule Constant, roman, Ed. Gallimard, mars 2016, 176 pp; coll. Ecoutez lire, nov.016, texte intégral lu par Marie-Christine Barrault, CD MP3, durée d'écoute : env. 5h

25 janvier 2017

La mécanique de l'ombre

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François Cluzet est au coeur d'un thriller assez effroyable. Il y déploie son immense talent.

Saisissant.

Végétant de solitude et de puzzles après un burn-out  et une alcoolémie qui lui ont valu  le chômage, Duval (François Cluzet) accepte, d'un intrigant Monsieur Clément (Denis Podalydès) un job un peu déconcertant: il s'agit de retranscrire sur une antique machine à écrire le produit d'écoutes téléphoniques...

Un travail bien (trop) payé qui va rapidement enserrer le quinquagénaire dans l'étau conflictuel de réseaux d'espionnage et de contre-espionnage...  Tous hommes qui ne plaisantent pas ...La mécanique de l'ombre saisit ainsi sa liberté, sa vie,  de façon aussi oppressante, qu'inexorable...

Et l'immense acteur de saisir le spectateur d'empathie, jusqu'en sa respiration saccadée,  de l'entraîner en une descente aux enfers plus que dantesque

En un scenario pas si invraisemblable qu'on ne voudrait le croire..

Ames sensibles s'abstenir

A Elter

La mécanique de l'ombre, un film de Thomas Kruithof, avec François Cluzet, Denis Podalydès, Sami Bouajila, Alba Rohrwacher, Simon Abkarian, (et même notre compatriote Daniel Hanssens en animateur gourou d'un cercle d'alcooliques anonymes).  En salle depuis le 11 janvier- durée : 1h33

24 janvier 2017

Point de vue matrimonial

 

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 Fraîche mariée avec le fringant Philippe Néel, Alexandra David réalise - on pouvait s'en douter - qu'elle n'est point faite pour le mariage. Elle s'en confie à l'intéressé, avec la franchise qu'on lui connaît:µ

 "Nous avons fait un singulier mariage, nous nous sommes épousés plus par méchanceté que par tendresse. Ce fut une folie, sans doute, mais elle est faite. La vraie sagesse serait d'organiser, maintenant, notre vie en conséquence, telle qu'elle peut convenir à des êtres de notre tempérament. Tu n'es pas le compagnon que j'aurais rêvé, je suis encore moins, peut-être, la femme qu'il t'aurait fallu ... Et quand nous gémirions sur cette constatation, la belle avance! ... Avec de la bonne volonté et de l'intelligence on remédie à bien des choses (…) »

    Paris, 3 octobre 1904

 Alexandra David-Néel. Correspondance avec son mari – Edition intégrale 1904-1941, Ed. Plon  sept. 2000, 946 pp

23 janvier 2017

Tambour & Trumpette

Il arrive que des incidents domestiques

Revêtent un tour symbolique

Allégorique

Planétaire

 

Si je vous dis que vendredi 20  janvier dernier,

Tandis qu'autour de 18 heures

Sonnait le glas d'une nuit glaciale

Un bouchon de canalisation céda

Qui répandit en tambour et  Trumpette

En la chambre de notre fille studieuse

Un flot non contenu, excrémement horrifiant...

 

Une soirée washing room

D'investiture Washington..

 

Apolline,  Les pensées canalisées du lundi

22 janvier 2017

Je n'ai jamais voulu être ministre

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"Je n'ai jamais voulu être ministre. Cela m'a aidée, de ne pas avoir cette ambition-là. Cela m'a permis de rester copine avec les hommes qui, eux, voulaient l'être ... J'ai été amie avec certaines femmes de ministres FDF. Elles m'intéressaient, et en même temps, je les plaignais. L'une d'entre elles m'a un jour apostrophée: «Je suis contente de vous voir, parce que je vais enfin savoir comment va mon mari. .. » C'était drôle et vrai!"

 Antoine Spaak, Entretiens avec Francis Van de Woestyne, Ed. Racine, décembre 2016, 136 pp