24 mars 2017

Festival Passa Porta 2017

 

 

agenda.jpgPPF.jpgJe vous en ai déjà parlé; il est temps de vous le rappeler: Bruxelles sera le cadre, ce week-end, d'aujourd'hui à dimanche du sixième Festival Passa Porta 

Bisannuel, le Festival entend dépasser le clivage des frontières et belges barrières linguistiques pour réunir invités et participants autour d'une même passion pour la littérature et ses moments de partage

Vous en trouverez programme complet et détails sur le site du Festival : http://passaportafestival.be/fr/ 

Aimée de notre blog, attributaire du Prix Première, Négar Djavadi (Désorientale, Ed  Liana Levi, oct. 2016) sera une des invités d'honneur du Festival. Je vous engage vivement à l'aller écouter 

Et à ne pas passer à côtés de ces belles portes ouvertes sur la littérature

A Elter

 

23 mars 2017

Désorientale

9782367622958-001-X.JPEG 

C'était un roman fort et -phare de la rentrée d'août. Il paraît ce printemps en version audioliovresque

Plus que temps de vous en faire résumé, ou du moins le tenter..

A l'instar de l'auteurE, Kimia, la narratrice, est née en Iran, au sein d'une famille d'opposants aux régimes successifs du Shah et de Khomeiny  - Voilà qui nous rappelle vivement le merveilleux Nous trois ou rien ( un film de Kheiron - chronique sur ce blog) -  Elle arrive en France au début des années '80.

 Ca c'est pour les composantes autobiographiques; la narration va prendre son propre envol...

 A savoir

Tandis qu'elle patiente dans une salle d'attente de l'hôpital Cochin pour recevoir l'insémination artificielle qui lui permettra de devenir mère,  malgré son homosexualité, Kimia Sadr repasse en esprit, tous les événements de sa vie,  la généalogie, l'épopée de sa famille, à travers tout le XXe siècle, avec, en filigranes, le spectre de L'EVENEMENT, le drame qui a eu raison de la santé mentale de sa mère Sara.

 Les récits s'enchaînent, s'enchâssent, à la manière volubile d'un conte, celui d'un Orient pétri de sons, d'images et de couleurs.....

" L'Iranien n'aime ni la solitude ni le silence - tout autre bruit que la voix humaine, même le vacarme d'un embouteillage, étant considéré comme silence. Si Robinson Crusoë était iranien, il se laisserait mourir dès son arrivée sur l'île et l'affaire serait réglée.

Cette tendance à bavarder sans fin, à lancer des phrases comme des lassos dans l'air à la rencontre de l'autre, à raconter dcs histoires qui telles des matriochkas ouvrent sur d'autres histoires, est sans doute une façon de s'accommoder d'un destin qui n'a connu qu'invasions et totalitarisme."

Je ne vous en dis pas davantage, vous engageant vivement à découvrir, entendre, vous immerger en  ce roman puissant, cinématographique,  qui d'un regard subtilement décalé confronte les mentalités orientale et occidentale, sur fond d'événements historiques.

Apolline Elter 

Déoorientale, Négar Djavadi, roman, Ed Liana Levi, août 2016, 352 pp- Ed Audiolib, 22 mars 2017 - texte intégral lu par Lila Tamazit, durée: +/- 11h30

A noter que ce merveilleux roman a été doté du Prix Première 2017, attribué, le jeudi 9 mars, lors de la 47e édition de la Foire du livre de Bruxelles et que Négar Djavadi honorera de sa présence le Festival Passa Porta, qui se déroule en Bruxelles, ce week-end.... Que de bonnes nouvelles 

22 mars 2017

Vermeer et les Maîtres de la peinture du genre


téléchargement.jpg

C'est l'expo-événement de la rentrée de janvier,  au musée du Louvre. Elle est donc très visitée.... et pour la voir, il faut s'accrocher - Normal, me direz-vous, puisqu'il s'agit de tableaux....

En l'occurrence, douze tableaux de Johannes Vermeer (1632-1675), s'offrent aux yeux des visiteurs,  soit un tiers de la production du  célèbre maître hollandais , toutes scènes de genre, qui présentent la société- élégante-  de l'époque, dans la sphère privée de ses loisirs.  Une section est ainsi consacrée aux épistolières et missives amoureuses, nous l'évoquions, il y a très peu.

Parti est pris de confronter l'art du "Sphinx de Delft"-  ainsi fut qualifié Vermeer par le critique d'art français Théophile Toré -  à celui de ses pairs, peintres de genre également, de sortir son oeuvre de l'isolement dans lequel il fut par trop confiné. Le parcours de l'exposition - assez court - est scindé en sections thématiques de Pesée, Correspondances amoureuses, Epistolières, Duos, Invitation à la musique, Cordes sensibles,  Jeunes beautés, Variations, Mal d'Amour, Perroquets,  Dentellière,  Sublimation, La Nuit et le jour, Profils perdus et Tributs. 

Si le visiteur découvre, ébahi, les merveilles d'effets de lumière et de drapés des Lettre, Lettre interrompue, Jeune femme assise au virginal, Laitière et Géographe  il réalise que Vermeer n'est guère l'inspirateur de ces thèmes que l'on retrouve, notamment sous le pinceau de son aîné, Gérard Ter Borch (1608-1681)

Il le reconnecte - c'est le parti voulu - à ce Grand Siècle qui nous est si cher

Nous reviendrons sur le sujet, mardi prochain, nous pencherons sur le tableau de Gabriel Metsu, Jeune homme écrivant une lettre qui nous a pareillement séduite

 Vermeer et les Maîtres de la peinture du genre

Du 22 février au 22 mai 2017

Renseignements et réservations sur le site du musée  Louvre :http://www.louvre.fr/expositions/vermeer-et-les-maitres-de-la-peinture-de-genre 

Entrée par la Pyarmide

21 mars 2017

Mar-dites-moi, Camille Claudel

Camille_Claudel.jpgIMGP2198-L-Age-mur-de-Camille-Claudel.jpg 

Correspondances de génies

Camille Claudel : les lettres du mal-être 

 

Reprise des tables rondes

Pavillon de la Littérature  

 

         L’inauguration du musée Camille Claudel, à Nogent-Sur-Seine, ce dimanche 26 mars,  nous offre l’occasion de nous pencher sur  le parcours d’art et de vie, d’une jeune fille impétueuse dont le destin croisa un temps, celui d’Auguste Rodin (1840-1917)  avant de sombrer dans le mal-être et l’isolement d’une séquestration de trente années,  en asile psychiatrique.

 L’examen de sa correspondance nous révèle tant ses faces. ..facétieuses que celles, bouleversantes,  d’une artiste incomprise de tous, y compris d’elle-même.

Pour connaître l'agenda des  conférence et  tables rondes, cliquer sur l'onglet: me contacter

Tous renseignements sur le musée de Nogent-sur-Seine: www.museecamilleclaudel.fr 

20 mars 2017

60 minutes avec Kheiron

KHEI_DEF-190x285.jpgVous souvient-il de Kheiron et de son magistral, merveilleux, sublime , Nous trois ou rien - Coup de coeur de votre blog préféré sous le lien :    http://editionsdelermitage.skynetblogs.be/archive/2016/03/25/nous-trois-ou-rien-8586372.html

De là à  penser que vous allez passer soixante minutes avec lui .... et la salle du (petit) théâtre Le République, votre coeur ne contient plus sa joie et vous foncez Thalys pour l'aller rencontrer.

Drôle, déroutant, décapant, l'humoriste présente chaque soir un spectacle sur-mesure, puisant dans l'inter-activité soutenue de son public, la matière pour ses enchaînements.

Rien n'échappe à son regard perçant - normal, il est d'origine Iranienne -  ni à un humour décapant, décoiffant, hors tabou qui éprouve jusqu'à plus soif la capacité d'auto-dérision de ses victimes d'un soir....

Il faut oser

Il ose 

Et nous propose 

Une pose:

 

IMG_0087.JPG

Nous trois, on rit, hein!

Merci Kheiron pour cette convivialité assez inédite dans un spectacle qui chatouille la bienséance , réunissant spectateurs de tous bords en une pétillante bienveillance.

Voilà la performance

Apolline Elter 

 

Jusqu'au 1er avril  - ce n'est pas un pooisson - au théâtre Le République 

 26 place de la République - Paris IIIe

Réservations et horaires:

http://www.lerepubliqueparis.fr/ 

Tél 01 47 70 97 96

 

 

19 mars 2017

Le Bureau des Jardins et des Etangs

BJE.jpgtheiere-design-eva-solo-1l-rouge-1.jpg

 

Miyuki ne répondit pas. En vérité, elle n’avait jamais eu quinze ans, elle n’avait vécu que deux années : une première, très longue, très inutile, jusqu’à son mariage, et une seconde année, éblouissante mais trop brève, qui s’était achevée lorsque les villageois de Shimae lui avaient rapporté le corps glacé et boueux de son mari. On aurait pu penser qu’une nouvelle année – la troisième, donc –avait commencé à la mort de Katsuro, mais non, cette supposée troisième année n’avait pas d’existence réelle,

 

Le Bureau des Jardins et des Etangs, Didier Decoin, roman, Ed. Stock, janvier 2017,  396 pp

18 mars 2017

Le Bureau des Jardins et des Etangs

BJE.jpg

 C'est un roman majeur de la rentrée littéraire de janvier. 

Un conte nippon, antique,  sensuel, olfactif, amoureux,  exotique,... magistralement écrit

Maniée d'humour et d'esprit, la plume de Didier Decoin nous offre une évasion "gratuite" en un climat éditorial mitraillé d'essais, de confessions, d'auto -, d'exofictions..

Et cela fait grand bien

Survenue veuve de Katsuro, pêcheur de carpes hors pair et fournisseur des étangs impériaux d’Heiankyō, , Amakusa Miyuki décide de porter, elle-même,  à l'empereur,  le dernier butin de  pêche de son cher époux.  L'expédition est longue, épuisante, périlleuse, qui permettra à la jeune femme de sauver l'honneur de son village et de futures commandes. Elle lui permet aussi de maintenir en songes et rêves l'amour qui l'unissait à Katsuro et de revivre les effusions charnelles d'un mariage célébré par "intrusion nocturne".

Doté de nombreuses découvertes, rencontres -parfois cruelles, humiliantes-  la route de Miyuki l'éveille aux  coutumes et langages de contrées et milieux qu'elle ne connait pas- celle d'un Japon antique -  elle ouvre au lecteur une manne de sensations visuelles, cinématographiques,  sublimes, quand elles ne convoquent l'odorat, dans ses manifestations les plus basiques, pestilentielles  mais aussi les plus impériales.. 

Quelque chose d’invisible emmaillotait la veuve du pêcheur, suivait les contours de son corps, en épousait les pleins et les déliés, formant autour d’elle comme une seconde enveloppe charnelle, mais invisible, inaudible, intouchable. Cette sorte d’aura, parfaite réplique immatérielle de Miyuki, corps subtil suppléant le corps réel, ne se dévoilait qu’à un odorat aussi entraîné et passionné que celui du directeur du Bureau des Jardins et des Étangs.

 Une lecture recommandée

Envoûtante.

Apolline Elter

Le Bureau des Jardins et des Etangs, Didier Decoin, roman, Ed. Stock, janvier 2017,  396 pp

17 mars 2017

Prix littéraire de la Ville de Bruxelles

C'est avec plaisir que notre blog relaie cette invitation à primer une écriture belge.

N'hésitez pas, chers visiteurs, à y relayer vos coups de coeur

A savoir ( communiqué de presse) :

 PLVB.png



L’asbl « Les Amis des Bibliothèques de la Ville de Bruxelles » récompensera un auteur de langue française, domicilié en Belgique, pour

Un roman pour adultes édité depuis le 1er janvier 2016.
Le prix d’un montant de 2500 € sera remis à l’Hôtel de Ville de Bruxelles le 21 novembre 2017.


Les oeuvres, accompagnées d’une notice biographique, doivent parvenir, pour le 31 mars 2017 au plus tard, en trois exemplaires, au siège social de l’asbl.
Informations et règlement
« Les Amis des Bibliothèques de la Ville de Bruxelles » asbl
Rue des Riches Claires, 24 – 1000 Bruxelles
 02/548.26.10 – fax. 02/548.26.48 –
e-mail bp.amis@brunette.brucity.be
www.amisbiblio.be

A bon écrivain, salut

A Elter 

16 mars 2017

Vermeer: le jour et l'heure

enthoven.jpg

Tandis que sévit au Louvre, l'exposition consacrée à Vermeer et les maîtres de la peinture de genre  ( du 22 février au 22 mai - réservations en ligne sur le site du musée)et son impressionnant succès de foule, il fait bon se pencher sur les entretiens à bâtons - philosophiques - rompus qu'échangent Jacques Darriulat et son ancien élève d'hypokhâgne, Raphaël Enthoven,  à propos du  célèbre maître de Delft (1632-1675) 

Ce sont en tout cinq entretiens - menés par Raphaël Enthoven - qui d'un regard aigu, autorisé, porté sur les détails des toiles,  invitent le lecteur au coeur de l'esthétique du peintre, ses gammes chromatiques privilegiées, le mènent  à l'intime de son âme

" La peinture était pour Vermeer un exercice de la patience et comme un avant-goût de la vie éternelle." 

De l'Art de la peinture -  oeuvre-*fétiche du peintre aux célèbres Dentellière, Vue de Delft, Jeune fille lisant une lettre, Jeune fille à la perle, .. et Laitière, galvaudée par la publicité Nestlé- Chambourcy,  les philosophes réveillent et révèlent les secrets d'un sphinx, trop  prompt à s'effacer, convoquant au passage, ses contemporains, Descartes, Pascal et compagnie et admirateurs postérieurs, parmi lesquels Marcel Proust tient place de choix..

Apolline Elter

Vermeer: le jour et l'heure, Jacques Darriulat et Raphaël Enthoven, entretiens, Ed Fayard, février 2017, 304 pp

 

15 mars 2017

Le Bureau des Jardins et des Etangs

BJE.jpg

Après une longue claustration accompagnée de la stricte observance des restrictions alimentaires liées au deuil, et après avoir lustré le corps de Katsuro à l’aide d’une étoffe sacrée destinée à en absorber les impuretés, Amakusa Miyuki s’était soumise au rituel destiné à la purifier de la souillure entraînée par la mort de son mari. Mais comme il n’était pas envisageable que la jeune veuve s’immergeât dans cette même rivière où venait de se noyer Katsuro, le prêtre shinto s’était contenté, les lèvres pincées, de secouer sur elle une branche de pin dont l’eau de la Kusagawa avait mouillé les rameaux les plus bas. Puis il l’avait assurée qu’elle pouvait à présent renouer avec la vie et montrer sa gratitude aux dieux qui ne manqueraient pas de lui transmettre courage et force.

Ains'Incipit le très beau, l'envoûtant roman de Didier Decoin. Lequel honorait de sa présence la Foire du Livre de Bruxelles, qui refermait, ses pages, lundi soir, aux termes d'une édition enchanteresse

Nous vous revenons sous très peu - ce week-end - avec la chronique du roman

Le Bureau des Jardins et des Etangs, Didier Decoin, roman, Ed. Stock, janvier 2017,  396 pp

14 mars 2017

Mar-dites-moi, Johannes Vermeer

 S'il est un peintre bienvenu en notre rubrique épistolaire du mardi, c'est bien Johannes Vermeer (1632- 1675)

Contemporain de notre chère marquise (de Sévigné)  - il lui est cadet de six ans - le célèbre maître hollandais aime arrêter ses yeux, ravir les nôtres, de ces instants hors du temps que constituent la découverte d'une missive quand ce n'est son écriture.

Quelques toiles pour illustrer le propos et mieux vous revenir, jeudi, avec la chronique de l'essai que Jacques Darriulat et Raphaël Enthoven consacrent au peintre, Vermeer, le jour et l'heure, essai, Ed Fayard, février 2017, 304 pp et sous très peu, avec le compte rendu de visite de l'expo du Louvre

jvermeer40011.jpg

La liseuse à la fenêtre ( +/- 1657) 

unnamed.jpg

Femme en bleu lisant une lettre (+/- 1663-64)

 

 Johannes_Vermeer_-_The_Love_Letter_-_WGA24693.jpg
La lettre d'amour ( vers 1669-70)

Sans oublier 

Vermeer_A_Lady_Writing.jpg

 

 

DublinVermeer.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les (jeune) Femme écrivant une lettre, +/- 1665 et 1670, respectivement 

13 mars 2017

Journée internationale de l'Homme

agenda.jpg 

 

On fait grand foin de la Journée mondiale de la femme

Soit

En revanche, je n'y souscrirai

Que lorsque lui sera adjointe

Celle de son conjoint 

Apolline, Les pensées fémininistes du Lundi

12 mars 2017

Intimidation

  9782714458063.2.jpg

théière high tea.jpg

 

" La vérité, il la connaissait déjà. Avait-il réellement besoin de l'entencre  confirmer qu'elles avait simulé  sa grossesse et la fausse couche?"

Intimidation, Harlan Coben, thriller traduit de l'américain par Roxane Azimi, Ed Belfond noir, octobre 2016, 380 pp

11 mars 2017

Harlan Coben à la Foire du Livre de Bruxelles

IMG_0068.jpg

Invité de prestige de la Foire du Livre de Bruxelles, Harlan Coben, , " The Boss of the thriller" , dédicacera son dernier ouvrage traduit en français -, Intimidation, (Ed. Belfond - voir chronique d'hier sur ce blog) , au stand 317, de 11h à 12h30 et de 15h à 16 h30. Il sera également l'invité de Michel Dufranne, au Théâtre des mots, de 14h à 15h, pour une rencontre ciblée sur son succès.

Précisions:  www.flb.be 

Nous avons eu le privilège et l'agrément de rencontrer, hier, en son hôtel, ce géant ..éminemment sympathique.

IMG_0060.JPG

Simple, direct, affable  et sans tabou,  l'écrivain s'est prêté, une bonne demi-heure durant, à la salve des questions que nous avions préparées, ma consoeur, Marie-Françoise Gihousse ( L'Avenir) et moi. Nous en tracerons portrait dans l'édition de mai du magazine L'Eventail; pour l'heure,  bornons-nous à évoquer quelques points forts d'une conversation - bien agréable - à bâtons rompus 

Père de quatre enfants -le troisième fête, ce jour, ses dix-huit  ans , Harlan Coben puise dans sa vie quelques péripéties qu'il diffuse à travers ses récits . Il aime superviser les scénarios TV ou cinéma de ses oeuvres même s'il en (ré)écrit rarement le script

La traduction française  de son dernier roman Home  (en cours auprès des éditions Belfond) permettra aux lecteurs de retrouver Myron Bolitar  et toute sa bande ....I

idem pour la diffusion de Juste un regard, série qui réunit d'emblée une belle palette  d'acteurs - Virginie Ledoyen, Julie Gayet et Thierry Frémont 

Volià qui ne devrait guère tarder à nous enchanter

Pour l'heure et pour le jour, rendez-vous sans attendre sur le site de Tours & taxis

Gageons que point ne serez déçus...

Merci Harlan pour cette fabuleuse rencontre.Bon vent  à vous - mais pas trop de pluie .. - en notre plat pays

Merci à Philippine Jadoul, 18 ans, qui a accompagné l'entretien de son regard jeune public* et d'une pratique aisée de l'anglais,  à Hannah M. Seidl, Community Manager Harlan Coben France et... précieuse traductrice et à Diane du Périer, directrice éditoriale des Editions Belfond 

Apolline Elter 

  Intimidation, Harlen Coben, thriller , thriller traduit d' anglais (USA)  par Roxane Azimi, Ed Belfond noir, oct 2016, 380 pp

10 mars 2017

Intimidation

9782714458063.jpg

 Il arrive que chronique croise vendredi, jour d'agenda en votre blog préféré

C'est qu'un événement majeur se présente ce jour - et demain - au sein de la Foire du Livre de Bruxelles, à savoir, la présence d'Harlan Coben, le célèbre "boss du thriller" , la rencontre avec ses innombrables fans,  ce vendredi, de 18h à 20h et de 21h à 22h, samedi, de 11h à 12h30 et de 15h à 16h30 ( détails dans le programme de la foire: www.flb.be)

Harlan Coben sera également l'invité d'honneur de notre blog, tout le week-end durant

La raison vous en sera donnée rapidement

Le temps de ménager, à notre tour,  quelque suspens.. de bonne guerre , d'heureuse augure

Pour l'heure, penchons-nous sur Intimidation ( Ed Belfond noir, oct.2016),  le  dernier thriller, traduit en français, qu'il nous vient dédicacer.

En voici l'intrigue:

Marié à la belle, intelligente, efficace Corinne, Adam Price mène la vie paisible et comblée d'un père de famille, attentif au bien-être des siens. Il est abordé par un inconnu tandis qu'il assiste à une épreuve qualificative  de crosse pour ses fils, Thomas et Ryan et se voit asséner une absurde vérité:  Corinne aurait feint sa dernière grossesse.. De là à imaginer qu'elle a d'autres secrets enfouis en travers de leur couple,  qu'Adam n'est peut-être pas le père de ses fils.. il n'y a qu'un pas, qu'Adam refuse de franchir

Mais le ver du doute est introduit dans le fruit. Difficile de l'en déloger. Il ronge lentement et sûrement la relation du couple , d'autant que Corinne, mutique, implore un délai pour révéler la vérité à Adam... , aussitôt disparaît. Sans guère laisser de traces...

Basé sur le tracé des secrets révélés par la toile (Internet) et le chantage auquel peuvent se livrer d'odieux défenseurs de vertus, vils redresseurs de torts .. le thriller suspend, une nouvelle fois, le lecteur à sa respiration haletante..

Apolline Elter

Intimidation, Harlan Coben, thriller traduit de l'américain par Roxane Azimi, Ed Belfond noir, octobre 2016, 380 pp

9782367622088-001-X.jpeg

Edité également en version audiolvresque, texte intégral lu par Olivier Premel, oct 2016, durée: 9h28 minutes 

 

09 mars 2017

Le dernier chômeur

 41zT0VUGv2L._SX195_.jpg

"Les quelques milliers de chômeurs restés en souffrance étaient sa cible numéro 1 et il fallait leur mettre une pression considérable pour qu'ils se trouvent un travail. (…) l'État avait donc créé des brigades spéciales antichômeurs, soit des unités de police formées et entraînées à les pourchasser dans les parcs, aux terrasses des cafés, dans les piscines, les salles de cinéma en semaine, dans les rues en train de flâner. Elles contrôlaient leur identité partout à tout instant. Chaque contrôleur était muni du portrait dépeignant le chômeur type afin de l'aider à repérer les « têtes de glandeur», les «je-m'en-foutistes ». Ces parasites étaient ciblés en priorité et soumis à des interrogatoires. On guettait leur moindre faute pour les abattre à coups de radiation, cherchant l'extinction totale de cette espèce naguère protégée et dont dorénavant la chasse était ouverte et autorisée toute l'année."

 Président de la République, Verley entend gérer celle-ci comme une entreprise.....

N"'établissons aucun rapport avec un certain Donald, nanti d'une (chou-) croute capillaire

Et encore moins avec l'enjeu des élections présidentielles françaises

Toujours est-il qu'un certain Meurchaud ( je n'ai pas dit "cadavre froid") - à ne point confondre avec l'étrange(r) Meursault de Camus- fait de la résistance. il est et entend rester "le dernier chômeur"

S'ensuit un combat à grande échelle e à froid, une politique-fiction qui pose certaines bonnes questions...

Le dernier chômeur,  DJF Audebert, roman, Ed. Albin Michel, février 2017, 366 pp

08 mars 2017

Reine des Lumières

 Couv_Hann_ReineOk.jpg

S'il est majeur  exploit dont Jeanne-Antoinette POISSON, célèbre marquise (et même duchesse) de Pompadour (1721-1764) peut se targuer, c'est d'être restée dans le coeur, les faveurs du Roi - Louis XV- plus de vingt ans durant.  La première rencontre avec le souverain date de 1743; leur amitié ne s'éteint qu'au décès de la Reine des Lumières,  mi-avril 1764.

Mariée au disgracieux Charles-Guillaume Le Normant d'Etiolles  lorsqu'elle s'éprend du Roi,  Jeanne-Antoinette sera royalement déliée de cette union encombrante, dotée du marquisat, puis du titre, de Pompadour, de châteaux, ermitages, hôtels successifs... dont  l'élégant hôtel d'Everux, futur palais de l'Elysée.  Belle, pétillante, éprise d'arts, de philosophie et de littérature, la marquise soutient ses amis Jean-Jacques (Rousseau), Voltaire, ... favorise la publication des deux premiers tomes de L'Encyclopédie ( Diderot et d'Alembert), ...tandis qu'elle tente de préserver son statut ô combien précaire de favorite.

Jalousée de nombreuses parts pour son ascension sociale fulgurante, la marquise entretient avec la Reine (Marie Leszynska) des relations correctes, sinon relativement cordiales. Cette dernière sait qu'elle peut trouver pire rivale...

Conclu d'une précieuse annexe, ce roman historique nous mène au coeur d'une femme mythique, somme toute sympathique

Reine des Lumières, Karin Hann, roman historique, Ed. du Rocher, mars 2017, 426 pp

07 mars 2017

Lettre à une femme aimée

alexisjenni.jpg

 

 

Le nom d'Alexis Jenni vous évoquera, à coup sûr, le Prix Goncourt 2011 pour son roman, L'art français de la guerre ( Ed Gallimard) 

Nous le retrouvons dans un contexte différent. ...

Parce qu'il ne trouve pas les mots, l'expression juste, pour qualifier les sensations qu'il éprouve  à la vue, au contact de la femme qu'il aime, le narrateur lui écrit une longue lettre, convoquant la peinture -  Pierre Bonnard (et Maria Boursin..) , Pablo Picasso, Georges  de la Tour, Jean-Honoré Fragonard et même quelque esquisse d'Auguste Rodin, .... au secours de sa plume .

Et de la beauté

"Le sentiment de la beauté est très particulier, il donne à boire et étanche la soif, il entretient la soif et il redonne toujours à boire. La beauté emporte dans un ravissement profond et paradoxal, qui reste identique à lui-même, et n'arrête jamais."

Dans l'attente de toi, Alexis Jenni,  Lettre, Ed L'iconoclaste, sept.2016, 272 pp

06 mars 2017

Gouvernement prévisionnel


legard.jpg

" Gouverner, c'est prévoir. Celui qui gagne la guerre est celui qui a imaginé la défaite"

Gilles Legardiner, Ca ne peut pas rater, roman, Ed Fleuve noir, oct 2014

Une sentence qui résonne d'une troublante actualité, d'une troublante coïncidence en une période pré-électorale des plus ...troublée..

Apolline, Les pensées troublées du Lundi

05 mars 2017

Désorientale

Désorientale.jpg

L'escalator

   À Paris, mon père, Darius Sadr, ne prenait jamais d'escalator.

  La première fois que je suis descendue avec lui dans le métro, le 21 avril 1981, je lui en ai demandé la raison et il
m'a répondu: «L'escalator, c'est pour eux.» Par eux, il entendait vous, évidemment. Vous qui alliez au travail en ce mardi matin d'avril. Vous, citoyens de ce pays, dont les impôts, les prélèvements obligatoires, les taxes d'habitation, mais aussi l'éducation, l'intransigeance, le sens critique, l'esprit de solidarité, la fierté, la culture, le patriotisme, l'attachement à la République et à la démocratie, avaient concouru durant des siècles à aboutir à ces escaliers mécaniques installés à des mètres sous terre.

Ains'Incipit un roman fabuleux, de la rentrée littéraire d'août.  Il paraît le 22 mars en version audiolivresque. Nous vous en ferons compte rendu

Désorientale, Négar Djavadi, roman, Ed Liana Levi, août 2016, 352 pp

04 mars 2017

Quatrième de couverture(2/2)

Second volet de nos "quatrièmes de couverture" avec un flot de parutions, ce jeudi 2 mars

Nous vous en révélons les arguments, extraits des sites des éditeurs.

Ensuite vous revenons avec quelques parutions antérieures

 un seul parmi.jpg

 « Un seul parmi les vivants, c’est un peu comme si Cormac McCarthy et William Faulkner réécrivaient ensemble le scénario de la série Boardwalk Empire, aidés dans leur inspiration existentialiste par un bon alcool fort. »

      Richmond Times Dispatch Caroline du Sud, 1932. Par un soir d’été caniculaire, le vieux shérif Furman Chambers est tiré de son sommeil par un coup de téléphone : deux hommes ont été froidement abattus à la sortie d’une ancienne auberge qui sert désormais de couverture au trafic d’alcool de Larthan Tull, le « magnat du bourbon ».

   Quand Chambers arrive sur les lieux, le nom du coupable circule déjà : Mary Jane Hopewell, un vétéran de la Grande Guerre, qui vit en marge de la société. Mais le shérif décide de mener l’enquête et se retrouve plongé dans une spirale de violence qui va bouleverser le destin de personnages inoubliables. Alliant exigence littéraire et talent de conteur, Jon Sealy ressuscite avec brio l’époque de la Grande Dépression. Il y mêle noirceur et moments de grâce inattendus, créant une intensité dramatique saisissante autour des relations familiales, de la folie du pouvoir et des limites de la justice.

L’AUTEUR Jon Sealy, jeune auteur de 28 ans au talent stupéfiant, a publié de nombreuses nouvelles dans plusieurs magazines et revues littéraires. Originaire de Caroline du Sud, il vit aujourd’hui à Richmond, en Virginie. Avec Un seul parmi les vivants, son premier roman qui a été salué par une presse unanime, il s’impose comme une nouvelle voix particulièrement prometteuse.

***************

« costa brava.jpgJe repense à toutes ces vacances d’été. Je me souviens que nous les attendions toute l’année. Elles avaient l’air de ne jamais vouloir finir. A partir de 1960, nous sommes allés sur la Costa Brava. Cela a duré des années. Nous ne verrons plus jamais ça revenir. »

Costa Brava, Eric Neuhoff, roman, Ed. Albin Michel, mars 2017, 300 pp

******************

 comme des feux.jpg

Dernier volet d’une grande fresque épique et flamboyante, le nouveau roman de Guy Vanderhaeghe nous fait revivre les derniers feux de la conquête de l’Ouest. Pour échapper à l’influence d’un père autoritaire, magnat de l’industrie du bois, Wesley Case quitte les rangs de l’armée canadienne et part vers les régions sauvages de la Frontière. Arrivé à Fort Benton, dans le Montana, où il compte acheter un ranch et repartir de zéro, il se voit confier une mission qu’il ne peut refuser : assurer la liaison entre les militaires américains et canadiens, au moment où les tensions avec les Sioux sont à leur comble depuis la défaite du général Custer à Little Bighorn. Mais une jeune Américaine mariée à un avocat véreux, dont il tombe fou amoureux, va réveiller les démons de son passé et enflammer la jalousie d’un dangereux rival.

L’AUTEUR :Lauréat du prestigieux Prix du Gouverneur général, Guy Vanderhaeghe, dont l’œuvre est traduite dans une vingtaine de langues, est considéré depuis longtemps comme l’un des plus grands écrivains canadiens. Après La Dernière Traversée (2006) et Comme des loups (2008), Comme des feux dans la plaine – sélectionné en 2011 pour le Prix Giller – vient clore une trilogie inaugurée en 1997 et intégralement publiée chez Albin Michel.  

Comme des feux dans la plaine, Guy Vanderhaege, roman, Ed. Albin Michel, mars 2017, 370 pp

**************

136198_couverture_Hres_0.jpg

 

En 1996, la cour d’assises du Jura condamne deux réfugiés kurdes, Ahmet A. et Unwer K., à trente ans de prison pour l’un, à la réclusion à perpétuité pour l’autre, pour faits de viol aggravé, assassinat en concomitance, tortures et actes de barbarie sur la personne d’Annie B., une jeune aide-soignante. Seize ans plus tard, le narrateur, jeune avocat souffreteux, se voit chargé par une vieille amie de porter assistance à « ce pauvre Ahmet » qui purge toujours sa peine à la prison de Clairvaux. Celui-ci craint d’être expulsé vers la Turquie après sa libération, ce qui selon lui le condamnerait à une mort certaine. Pas tout à fait sûr de ce qu’on exige de lui, notre narrateur prend connaissance du dossier, sans savoir qu’il met ainsi le pied dans une affaire qui va très vite le dépasser.

Si Récit d’un avocat débute à la manière d’un rapport juridique, le roman glisse rapidement vers une enquête sous le signe de l’inquiétante étrangeté, pour ne pas dire de l’angoisse pure. Bien au-delà du fait divers, ce sont des questions politiques qui émergent : les zones de guerre au Proche-Orient, Daech, l’éternel conflit entre l’État turc et les rebelles du PKK, la migration des populations qui en découle. « “Les sociétés ont les criminels qu’elles méritent”, observait en son temps Lacassagne. Se doutait-il que la corporation des criminels peut être assez large pour englober ceux qui les jugent ? » Toujours sur le fil entre fiction et réalité, Antoine Brea signe ici un thriller juridique implacable.

Récit d'un avocat, Antoine Brea, roman noir, Ed. Seuil, mars 2017, 112 pp

 

*************


elle voulait juste.jpg 1946. La guerre est finie depuis quelques mois lorsqu’Alice, huit ans, rencontre pour la première fois sa mère. Après des années à vivre cachée dans une ferme auprès de sa nourrice, la petite fille doit tout quitter pour suivre cette femme dont elle ne sait rien et qui lui fait peur, avec son drôle de tatouage sur le bras.
C’est le début d’un long voyage : de Paris à New York, Alice va découvrir le secret de son passé, et quitter à jamais l’enfance.
 
Comment trouver son chemin dans un monde dévasté par la guerre ? Avec une sensibilité infinie,  Sarah Barukh exprime les sentiments et les émotions d’une enfant prise dans la tourmente de l’Histoire.
 
Un premier roman magistral.

Elle voulait juste marcher tout droit, Sarah Barukh, roman, Ed. Albin Michel, janvier 2017, 430 pp

*************

enterreeùen,t.png

 

Lui, le Juif hongrois né en 1922 dans les quartiers pauvres de Budapest a connu à 20 ans les horreurs du nazisme. Miraculé de la Shoah il décide en 1946 de s’expatrier et de rejoindre Paris.
Elle, la Française de vieille souche née en 1926 dans le village d’Aulaines est restée attachée à sa terre sarthoise. Devenue écrivain elle dit d’elle-même qu’elle a toujours été un arbre enraciné au carrefour des quatre vents de l’esprit, ayant pour vocation de prêter l’oreille au discours des oiseaux venus s’abriter dans ses feuillages.
Ils se sont rencontrés à Paris et pendant plus de trente ans ne se sont plus quittés.

A 90 ans Catherine Paysan avec l’énergie de plume, la force d’évocation, la luxuriance d’écriture qui la caractérise, évoque ce que fut cette union hors normes qui a su triompher des affrontements identitaires, des différences culturelles et des grands traumatismes de l’histoire du XXe siècle, qu’elle sait faire revivre avec une acuité inégalée.

L'enterrement d'un juif hongrois, Catherine Paysan, roman, Ed. Albin Michel, janvier 2017, 512 pp

********************

bem avenir.jpgIls étaient jeunes et promis à un bel avenir. C’était avant que l’une de leurs camarades, étudiante comme eux dans une prestigieuse fac américaine, ne soit assassinée sur le campus. Cette tragédie, et le scandale médiatique qu’elle a provoqué, hante toujours Georgia, Charlie et Alice. D’autant que les soupçons visant l’un de leurs professeurs, un homme charismatique et brillant, n’ont jamais prouvé sa culpabilité. Tandis qu’ils sont confrontés aux défis de l’âge adulte et cherchent une explication aux mystères qui entourent le meurtre, ils découvrent peu à peu que leur amitié est faite de secrets et de mensonges. Un premier roman magistral où Robin Kirman saisit parfaitement les conflits moraux de ses personnages. Comparé à Le Maître des illusions, il plaira notamment aux lecteurs de Donna Tartt donc, mais aussi de Meg Wolitzer (Les Intéressants) et Jeffrey Eugenide (Virgins Suicides). L’AUTEUR Robin Kirman a fait ses études à Yale où elle a obtenu un diplôme en philosophie. Elle est désormais professeur à Columbia University, et partage sa vie entre New York et Tel Aviv. Le Bel avenir est son premier roman. N

Le bel avenir, Robin Kirman, roman traduit de l'anglais par Marina Boraso, Ed. Albin Michel , février 2017, 436 pp

********

Là où.jpg

Au nord de la Finlande, un village perdu au cœur de la taïga voit se nouer le destin d’une famille. Tout commence en 1895 avec Maria, qui élève seule sa fille et à qui la profession de sage-femme assure une certaine indépendance. Dans l’ombre de sa mère, Lahja cherche quant à elle à s’affirmer en réalisant son rêve : fonder un foyer. Mais Onni, l’homme qu’elle a choisi, revenu de la guerre en héros, cache un secret qui compromet toute promesse de bonheur. Des décennies plus tard, en s’installant dans la maison familiale, Kaarina, leur belle-fille, va faire tomber silences et non-dits transmis de génération en génération...

À travers la voix de ses quatre personnages, Tommi Kinnunen réussit une fresque intimiste bouleversante, véritable portrait de la société finlandaise au XXe siècle. Élu meilleur livre 2014 par le Finnish Grand Journalism Prize, ce premier roman remarquable révèle un immense talent.

Là où se croisent quatre chemins, Tommi Kinnunen, roman traduit du finnois par Claire Saint-Germain, Ed. Albin Michel , janvier 2017, 366 pp

***************

autour.pngAutour de la flamme est un roman vibrant qui nous emmène au plus près des mouvements intérieurs du narrateur. Récit en fragments qui traverse les années et retrace une géographie intime, celle de Georges. L'enfance et l'affection pour son grand-père, la découverte de la littérature, son premier travail de bureau, les aléas du couple, l'amitié, la maladie. Et la mort, dévoilée sans fard, nous offrant une expérience de lecture saisissante.

Daniel Charlez d’Autreppe signe ici son second roman. Il a précédemment publié sous un pseudonyme « Le deuil dans le miroir » aux Editions Baleine (France).

Autour de la flamme, Daniel Charlez d'Autreppe, roman, Ed. Diagonale, février 2017, 188 pp

03 mars 2017

Book the book days

BBD 1.jpg

Bruxelles sera, en mars, le théâtre de deux événements majeurs de la vie littéraire

- La Foire du livre de Bruxelles, qui ouvrira ses pages, du 9 au 13

- Le Festival Passa Porta qui accueillera en ses portes, du 22 au 24,  une centaine d'auteurs belges et étrangers, leur public, accro

 Les deux institutions ont décidé d'unir leurs forces et enthousiasme pour créer une passerelle entre les deux festivals et organiser,  dans leur intervalle, chaque jour,  à Bruxelles, un rendez-vous littéraire..

Vous en trouverez le programme sur le site : www.brusselsbookdays.be et son Facebook

Mars sera décidément... planant.

Je vous engage à enfourcher votre tapis volant.

A Elter

 

02 mars 2017

L'humour de Marcel Proust

product_9782070772599_195x320.jpgLe Dictionnaire amoureux de Proust ( Jean-Paul et Raphaël Enthoven, Ed. Plon, 2013)  avait déjà souligné l'humour du célèbre écrivain.  Vint Laure Hillerin et son fameux Proust pour rire (Ed Flammarion, mai 2016) , Hippolyte Wouters et son Humour du côté  de chez Proust ( Ed Glyphe, nov.2016), tandis qu'en septembre paraissait l'anthologie de Bertrand Leclair, aux éditions "Folio"

Si Laure Hillerin et Hippolyte Wouters étaient les extraits choisis d'une mise en contexte , au sein de La Recherche , Bertrand Leclair a, de son côté, opté pour une présentation thématique en 24 chapitres - "Fausses vertus, vraies douleurs", Fours et calembours", "De sgoûts et des couleurs", "Maîtres et serviteurs", etc..., distinguant d'une police particulière les passages humoristiques, sans les paraphraser. Au lecteur de les picorer, au gré des thèmes qui l'inspirent

La Recherche a déjà fait couler beaucoup d'encre, elle fera désormais jaillir beaucoup de rires

L'humour de Marcel Proust, anthologie réunie par Bertrand Leclair, illustrations de Philippe Pierrelée, Ed "Folio", septembre 2016, 204 pp

01 mars 2017

The Lion

363964.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx.jpg

Il est des films dont vous réalisez d'emblée qu'ils vous seront cultes.

Tel ce chef d'oeuvre, porté à l'écran par l'Australien Garth Davis, inspiré de l'histoire vraie de Saroo Brieley , de son ouvrage, Je voulais retrouver ma mère, témoignage traduit de l'anglais par Christophe Cuq, Ed City, nov. 2014, 256 pp516vzDkUavL._SY346_.jpg

 

446665.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx.jpg

Campé par le sublime Sunny Pawar (photo) , le jeune Saroo, de cinq ans, monte par inadvertance à bord d'un train qui l'emmène à Calcutta, à  mille miles de son village natal.Après plusieurs semaines d'errance, il est recueilli dans un orphelinat-prison avant d'être adopté par Sue (Nicole Kidman)  et John  ( David Wenham) Brieley , un couple d'Australiens qui lui offrent amour et enfance de rêve.

Mais toujours le poursuit et soudain le rattrape - par le biais "madeleine de proustien" d'une spécialité culinaire de son pays natal - la brutale coupure avec sa famille, sa mère, son frère Guddu et sa petite soeur, que lui a valu son égarement. Le mal de vivre le saisit, à la pensée que sa mère le cherche encore et toujours. C'est ainsi que, bientôt trentenaire, incarné par le très beau Dev Patel (le héros de Slumdog Millionaire) Saroo va fouiller, la toile de Google Earth jusqu'à l'obsession .... et la redécouverte de son village natal.

Porté par la belle musique de Dustin O' Halloran et Hauschka, le film est, à l'instar du mythique Va, vis et deviens, (Radu Mihaileanu) un ode sublime à l'amour parental (et filial), une leçon d'amour, d'humanité

Précipitez-vous dans les salles pour l'aller regarder

Apolline Elter

The Lion, Un film de Garth Davis

28 février 2017

Dans l'attente de toi- Lettre à une femme aimée

alexisjenni.jpg

"Les livres naissent de ce que l'on ne sait pas dire.

Si on savait,  on dirait, et il n'y aurait pas de livres;  on n’y penserait même pas. Mais voilà, on ne sait pas  dire, et c’est une inquiétude, puis très vite un manque,  et enfin un désir; et le livre vient, qui est tout entier l’effort pour dire, bien que l'on ne puisse pas. Cela  n’empêche pas d’essayer,  d'échouer toujours, et d'essayer encore ; le livre qui s'écrit est la trace de ces essais ."

Ains'INcipit une belle, picturale déclaration d'amour à la femme aimée . Nous y reviendrons mardi prochain

Dans l'attente de toi, Alexis Jenni,  Lettre, Ed L'iconoclaste, sept.2016, 272 pp

27 février 2017

Quatrième de couverture ((1/2)

La rentrée de janvier est sortie, lente,  tardive, de sa torpeur hivernale

Elle s'active à présent

Que mars et  printemps

Poignent de multiples festivals

 

Profitons de ce temps de Carnaval

Pour vous donner les arguments

D'ouvrages pour lesquels, faute de temps

Nous nous sommes portée pâle..

 

Apolline, Les pensées repenties du lundi

 9782253107811-001-X.jpeg

  "17 ans, Lionella, d’origine italienne, ne vit que pour le violoncelle, ce qui la distingue des autres adolescents de Seraing, la ville où elle habite en Belgique. Elle peine toutefois à trouver le morceau qui la démarquerait au prochain grand concours Arpèges. Jusqu’au jour où son meilleur ami lui apporte un coffret en métal, déniché dans une brocante. Lionella y découvre un journal intime, une médaille coupée et... une partition pour violoncelle qui ressemble étrangement à une sonate de Vivaldi. Elle plonge alors dans le destin d’Ada, jeune orpheline du XVIIIe siècle, pensionnaire de l’Ospedale della Pietà, à Venise, dans lequel "le prêtre roux", Antonio Vivaldi, enseignait la musique à des âmes dévouées.

Entremêlant les époques avec brio, ce premier roman vibrant nous fait voyager à travers la Sérénissime, rencontrer l’un des plus grands compositeurs de musique baroque, et rend un hommage poignant à ces orphelines musiciennes, virtuoses et très réputées au XVIIIe siècle, enfermées pour toujours dans l’anonymat."

La sonate oubliée, Christiana Moreau, roman, Ed Préludes, janvier 2017, 256 pp

*************

9782213685731-001-X.jpeg

Dans ce recueil de textes inédits, Ismail Kadaré, qui partage désormais son temps entre l’Albanie et la France, commence par décrire sa première arrivée à Paris, au début des années 1970, alors qu’il est encore recouvert des miasmes du régime qui l’a laissé sortir quelques jours.
La Ville lumière lui apparaît alors comme dans un songe. Cette « liaison », selon ses propres mots, va durer quatre décennies et perdure. Ce furent d’abord vingt années pendant lesquelles il vécut sous la chape communiste, puis vingt autres qu’il qualifie d’intemporelles. Années où l’écrivain, tous les matins, et encore aujourd’hui, a posé ses notes et son stylo sur une table du café Rostand, face au jardin du Luxembourg, puisant dans ce rituel le moyen d’évoquer tour à tour Tirana, Moscou, l’Académie française, Macbeth, le prix Nobel, mais aussi ses compagnons de jeunesse dans une Albanie muselée et les figures littéraires qui surgissent au gré de ses promenades dans Paris.
Refuge de l’écrivain et, pour lui, lieu d’inspiration, le café, véritable fil conducteur de ces courtsrécits, lui permet de livrer ici le ferment d’une vie d’écriture.
 
 
Ismail Kadaré est né en 1936 à Gjirokastër dans le sud de l’Albanie. Traduit dans une quarantaine de pays, il a publié l’essentiel de son œuvre aux éditions Fayard. En 2005, il a reçu le Man Booker International Prize, en 2009, le prix Prince des Asturies et, en 2015, le prix Jérusalem.

Matinées au café Rostand, Ismail Kadaré, essai, Ed Fayard, janvier 2017, 400 pp

***************

134052_couverture_Hres_0.jpg

C’est l’histoire d’une jeune fille qui désire repousser les limites de l’expérience humaine, d’un hacker qui veut optimiser la circulation mondiale des bananes et des coussins, d’une employée de la gendarmerie qui rêve d’en finir une bonne fois pour toutes avec la géographie, d’un conteneur fantôme qui sillonne les mers et les écrans d’ordinateurs, d’un septuagénaire qui perd un boulon, d’une acheteuse compulsive bipolaire, de six perruches et d’un chat intermittent, tous unis dans un jeu de société à l’échelle planétaire dont personne ne connaît les règles. En somme l’histoire d’un voyage qui échappe aux lois de la gravité, au-delà, bien au-delà, de ces six degrés de liberté.

Nicolas Dickner nous offre ici le grand roman de la mondialisation, brillant et hilarant, une ode à la liberté qui mêle la construction savante à l’énergie fantasque d’un polar poétique.

Nicolas Dickner est né à Rivière-du-Loup (Canada), a voyagé en Amérique latine et en Europe avant de jeter l’ancre à Montréal où il vit aujourd’hui avec sa famille. Il signe en 2005 Nikolski (Prix des libraires du Québec, Prix littéraire des collégiens, prix Anne-Hébert), puis Tarmac, en 2009. Six degrés de liberté (prix littéraire du Gouverneur général en 2016) est son troisième roman. Ses livres sont traduits dans une dizaine de langues.

 Six degrés de liberté, Nicolas Dickner; roman, Ed Seuil, janvier 2017, 320 pp

***********

Les duellistes.jpg

Pierre de Varages n’a que seize ans lorsqu’il entre au service du comte de Bouteville, l’un des plus valeureux soldats de Louis XIII, et l’un des plus turbulents. Au sortir des guerres de religions, les deux hommes plongent avec la fine fleur de la noblesse dans la folie des duels, éprouvant le délicieux frisson du danger, du sang versé et, peut-être, de la mort pour rien… En tirant l’épée, ils exposent deux fois leur vie car se battre en combat singulier, c’est affronter Richelieu. Le duel est un crime et le cardinal ambitionne de mettre fin à cette passion française.
Dans une langue virevoltante et avec esprit, Pierre Chavagné ranime un XVIIe siècle naissant, sauvage et raffiné, à travers le destin hors norme du comte de Bouteville-Montmorency, l’homme aux vingt-deux duels. À ses côtés on sillonne l’Europe au galop, on croise la sulfureuse Mme de Chevreuse, Descartes, les poètes libertins Théophile de Viau et Saint-Amand, l’infante d’Espagne et la belle Angélique...
 
Un roman plein de fougue où il est question d’honneur, d’amitié, d’insolence, et de la tragique vanité de ces « mâles vertus » face aux réalités politiques d’un monde qui change.

Les duellistes, Pierre Chavagné, roman, Ed Albin Michel, février 2017, 400 pp

*************

9782863743614-001-X.jpegBaltimore, 2014. Le laboratoire de recherches en neurosciences du professeur Joe Cheyefski est saccagé par des défenseurs de la cause animale. Peu après, Joe apprend que les menaces qui pèsent sur lui et sur sa famille sont liées au fils qu’il a eu avec sa première épouse, devenu militant extrémiste, qu’il n’a pas revu depuis qu’il a quitté la Finlande deux décennies plus tôt en abandonnant femme et enfant. Joe s’inquiète également pour sa fille, Rebecca. Une grande entreprise l’a choisie pour être son porte-étendard au lycée : en échange de vêtements, de maquillage et d’accessoires, Rebecca doit promouvoir les produits de cette compagnie auprès de ses camarades, notamment une drogue contre l’anxiété sociale, Altius. Elle se voit aussi remettre un engin hyperconnecté relié directement à ses neurones, l’iAm, qui capte toutes ses données 24 h/24 et oriente ses choix, ses goûts, ses activités. Joe découvre bientôt que la multinationale qui se trouve derrière tout ça a infiltré différents secteurs de la société, et que ses propres recherches ne sont peut-être pas pour rien dans son malheur.
Jussi Valtonen livre un roman d’une ampleur magistrale, à la croisée de la Pastorale américaine de Philip Roth et du Meilleur des mondes d’Aldous Huxley. Il y aborde avec audace et ingéniosité quelques grandes questions de notre temps : la perte de repères dans une société hyperconnectée et impersonnelle, les écueils du consumérisme, les problèmes éthiques posés par la recherche scientifique. La dimension dystopique du récit, qui confine pourtant au réalisme, la qualité de l’écriture et la profondeur psychologique des personnages en font un grand roman contemporain qui tend un miroir terrifiant à ses lecteurs.
 
Prix Finlandia 2014
 
Né en 1974, Jussi Valtonen est un écrivain et psychologue finlandais. Après avoir étudié la neuropsychologie aux États-Unis et vécu en Grande-Bretagne, il a travaillé comme journaliste scientifique pour différentes revues. Il est l’auteur de trois romans et d’un recueil de nouvelles. Ils ne savent pas ce qu’ils font, son premier livre publié en France, meilleure vente de l’année 2014 en Finlande et traduit dans une dizaine de pays, s’est vu décerner le prestigieux Prix Finlandia. 

Ils ne savent pas ce qu'ils font, Jussi Valtonen, roman traduit du finnois par Sébastien Cagnolli, Ed Fayard, janvier 2017, 668 pp

*********************

Le premier livre sur Roberto Alagna, soixante rôles, trente ans de carrière.

51EswQMuUGL._SX322_BO1,204,203,200_.jpg

Le ténor qui se révèle dans ces pages est celui que le public ne voit jamais.

Dans les loges, les coulisses, les studios, les plateaux des plus grands Opéras où se préparent les spectacles dans lesquels il triomphe, Roberto Alagna recherche les personnages qu'il incarne sur scène par la splendeur de son chant et la perfection de son jeu.

En compagnie de l'écrivain qui l'a suivi dans ces lieux interdits, vous découvrez ici le prodigieux travail en coulisses d'un artiste génial et la fabuleuse métamorphose du chanteur au divo.

Jacqueline Dauxois, Doctorat de Littérature, Études politiques, plus de trente livres traduits, adaptés, filmés, a accompagné Roberto Alagna pendant dix-huit mois pour raconter ces Quatre Saisons.

Quatre saisons avec Roberto Alagna, Jacqueline Dauxois, essai, Ed Rocher, février 2017, 260 pp

*************

image.jpg

Quakers de stricte observance, Hannah et Rufus Barnes déménagent dans le New Jersey sans imaginer un seul instant que ce départ sera à l'origine de tant de bouleversements.

Leur fils Solon, amoureux fou d'une jeune fille riche, Benecia Wallin, l'épouse malgré leur différence de milieu. Le jeune couple s'installe à Philadelphie où, grâce aux relations de sa belle-famille, il se voit offrir un emploi dans une banque dont les pratiques entrent rapidement en conflit avec son éthique. Il essaie d'intervenir contre l'immoralité et la rapacité de la banque, mais se heurte à un mur. Les valeurs morales issues de la tradition quaker sont également bafouées par ses propres enfants, son monde se désagrège... Publié à titre posthume, roman ultime, rageur et passionnant, Le Rempart clôt de manière magistrale l'oeuvre immense de Theodore Dreiser. 

Le Rempart, Theodore Dresier, roman traduit de l'américain par Paul Roche, Ed Motifs, janvier 2017, 382 pp

************

9782714474131.jpg

 
Une odyssée pleine d'humour, de mordant et d'originalité pour aborder l'American dream, l'ambition, le racisme, les conflits familiaux ou encore le snobisme de la scène artistique new-yorkaise. Portée par un style ravageur, une découverte irrésistible.
Dans la famille Wang, il y a le patriarche, Charles, tycoon du cosmétique aux États-Unis ; la belle-mère, Barbra, seconde épouse trop engoncée dans ses fourrures et ses carrés de soie pour trouver sa place ; Saina, l'aînée, artiste iconoclaste qu'un scandale de trop a exilée dans la campagne au nord de New York ; Andrew, le fils, obsédé par la perte de sa virginité et par sa future et très hypothétique carrière dans le stand-up ; Grace, la benjamine, fashion blogueuse/lycéenne intermittente, et Ama, la vieille nourrice chinoise.

Hélas, nous sommes en 2008, au plus fort de la crise financière, et, à la suite de placements pour le moins hasardeux, Charles Wang vient de tout perdre.

Mais le self-made-man n'a pas dit son dernier mot. Sa fortune, il sait où la récupérer : en Chine, sur les terres de ses ancêtres, confisquées par les communistes.
Et le voici qui embarque à leur corps défendant femme et enfants à bord de la seule rescapée des splendeurs passées : la vieille Mercedes très vintage.

Le début d'un périple sous haute tension à travers les États-Unis qui pourrait bien rompre les derniers liens qui rassemblaient encore les Wang...
 
Les Wang contre le monde entier, Jade Chang, roman traduit de l'américain par Catherine Gibert, Ed Belfond, janvier 2017, 480 pp
 
Rendez-vous samedi 4 mars pour le seconde volet de nos quatrièmes de couvertures... de mars.

26 février 2017

La ville en Europe

LaVILLEenEurope-C1(1000).jpg

 

theiere-design-eva-solo-1l-rouge-1.jpg

"Pouvoir cultiver sa singularité est le secret de la culture urbaine européenne."

 

La ville en Europe,  Monique von Westinghausen,  essai/beau livre, Ed Avant-Propos, janvier 2017, 160 pp (et illustration) 

25 février 2017

La ville en Europe

LaVILLEenEurope-C1(1000).jpgHistorienne et épouse d'un diplomate allemand, Monique von Westinghausen est aussi la fille de Jean-Charles Snoy,  un des signataires du célèbre  Traité de Rome, constitutif de l'Europe,  en 1957.  Une Europe au sein de laquelle elle a énormément voyagé, résidé.

D'un essai clair, structuré,  richement illustré, l'historienne nous révèle l'émergence de des cités, au Moyen Orient, la conception de "polis" grecque qui fondera notre perspective européenne, citoyenne et le rôle de la ville à travers l'Histoire et la constitution progressive des Etats.

Une réflexion utile pour lui restituer sa juste place, son rôle efficace, fédérateur de bien-être et de créativité pour ses habitants dans un contexte - actuel - de mondialisation.

La ville en Europe,  Monique von Westinghausen,  essai/beau livre, Ed Avant-Propos, janvier 2017, 160 pp (et illustration) 

24 février 2017

Jackson Bay

Le Théâtre Jean Vilar  (Louvain-la-Neuve-Belgique) accueille pour deux soirées encore, ces vendredi 24 et samedi 25 février, la création de Stéphanie Blanchoud, Jackson Bay

Nous avions pu admirer son  talent d'écriture lors de l'édition 2016 du  Festival  Paris des femmes (son texte, Le temps qu'il faut à un bébé girafe pour tenir debout, était interprété par la merveilleuse Marie-Sophie Ferdane) , son jeu d'actrice dans le rôle majeur de la série télévisuelle Ennemi public, nous lui découvrons un indéniable génie de mise en scène.

JB2.jpg

Huis clos entre quatre personnages - un couple, Jeanne et Norman, campés par les très convaincants Véronique Olmi et Philippe Jeusette, et deux jeunes gens, Mendy et Fish, incarnés avec une même justesse  par Adrien Barazzone et Pieara Beliato - coincés dans la cuisine d'un camping de Jackson Bay ( Nouvelle-Zélande) tandis que sévit une  tempète , la pièce installe un désarçonnant et subtil conflit entre les expressions verbale et non-verbale.

Arrivés chacun avec un lourd bagage de solitude, deuil, angoisse, les protagonistes ne s'expriment oralement que de banalités, obsessions personnelles et de soudains éclats. Une poétique de répétitions stigmatise ce malaise de communication, tandis que les corps et les non-dits prennent le relais, de superbes chorégraphies et langages gestuels. Le rythme est soutenu, la musique, belle, qui donne à cette partition une  tension idoine, une réelle  harmonie .

Une radioscopie réussie des différentes strates d'expression de l'âme, de la vie.

Apolline Elter 

Au Théâtre Jean Vilar (du 21 au 25 février) , rue du Sablon, 9 -1348 Louvain-la-Neuve

Réservations: 0800 25 325

23 février 2017

Au confluent des maths et de la logique

de Brabandere.jpg

 © Photo : grandes conférences namuroises

Les grandes conférences namuroises célébraient, ce mardi 21 février,  le double anniversaire de leurs cinq années d'existence et des cinquante printemps de la faculté de mathématiques de l'Université de Namur

Annie DEGEN et  Charles DELHEZ  (s.j.) avaient, à cette occasion, invité Luc de Brabandere pour une conférence traitant du plaisir des mathématiques.

 Et le spirituel  ingénieur civil - en mathématiques appliquées- philosophe, consultant d'entreprise, professeur, adepte inconditionnel de Bertrand Russell ( 1872-1970), tout frais grand-père d'une quatrième petite-fille, de tracer la genèse des mathématiques,  leurs degrés  évolutifs d'abstraction : arithmétique, géométrie, algèbre... et  tentatives de fusion à travers les siècles , par le prisme majeur des grands hommes (hélas, pas de femmes...) qui les incarnent.

Aux mathématiques, l'orateur préfère les mathématiciens, à la philosophie, les philosophes.

S'il entreprend, à 44 ans, des études de philosophie,  c'est que Luc de Brabandere est tout simplement persuadé que cette dernière "est le niveau d'abstraction supérieur des mathématiques"

Et de démontrer à un public dense, conquis et subjugué,  d'une toile de cartoon progressivement remplie au long de l'exposé,  la confluence des mathématiques et de  la logique, à travers l'histoire de l'Humanité et les théories complémentaires, voire efficacement contradictoires  de quelques penseurs majeurs: Platon, Aristote, Blaise  Pascal,  René Descartes, Leibniz,  Thomas Baye, Galilée, Euler, George Boole, Bertrand Russell, Norbert Wiener, Kurt Gödel,  Alan Turing, Claude Shannon, Benoît Mandelbrot ...,

conférence LdB.jpg

© Luc de Brabandere : www.cartoonbase.com

Ponctué d'anecdotes savoureuses, l'exposé n'a pas failli à sa vocation apéritive.

Il a, à coup sûr, "sorti les mathématiques du silo dans lesquels on les [avait] enfermés", convaincu que 'les mathématiques sont au coeur de notre vie quotidienne, plus que nous le croyons."

Nous vous reviendrons sous peu avec la chronique de Petite Philosophie des mots espiègles ( Luc de Brabandere, Ed Eyrolles, nov.. 2016) , acquise dans la foulée de cette rencontre mémorable

Apolline Elter